18/05/2015

Juillet en hiver (Françoise Bourdin)

index.jpgA la mort d'Aurélien, le patriarche respecté de la famille Laverzac, c'est Juillet, son fils adoptif qui se retrouve nommé administrateur du domaine viticole de Fonteyne dans la région bordelaise, non loin de Margaux. Si deux de ses frères trouvent la décision du père justifiée, ce n'est pas le cas d'Alexandre qui est très mécontent et va même jusqu'à décider d'attaquer en justice le testament de son père. Il engage une jolie et fringante avocate qui n'accepte l'affaire que pour entrer plus facilement en contact avec Juillet sur qui elle a des visées. Mais celui-ci est amoureux de Laurène avec laquelle il va se marier et qui est d'ailleurs enceinte de leur premier enfant. La hargne et la détermination d'Alexandre ne faiblissant pas, comment Juillet parviendra-t-il à maintenir la cohésion de la famille et la pérennité de l'exploitation, un des plus beaux fleurons des vignobles de Bordeaux ?

« Juillet en hiver » se présente comme un roman de terroir et malheureusement n'en est pas vraiment un. Le lecteur n'y apprendra pratiquement rien sur la culture de la vigne et sur les techniques de vinification car toute l'intrigue tourne autour des amours contrariées, des rivalités entre frères et de divers chassés croisés amoureux ou sexuels. On est donc plus dans le registre du roman sentimental, fleur bleue, eau de rose pour ne pas dire du roman de gare ou de la collection Harlequin. Madame Bourdin écrit bien, elle dispose d'une belle plume et pourtant la lecture de cet opus semble laborieuse, limite ennuyeuse. A quoi cela tient-il ? Sans doute au manque d'originalité de l'intrigue. Ce genre d'affaires de famille, a été cent fois décrit et même magistralement narré par Mauriac ou Bazin entre autres et pour ne citer que les plus célèbres. Mais il y a pire, les personnages masculins sont aussi peu intéressants qu'ils sont antipathiques. Ce conflit entre un violent cassant et autoritaire et un alcoolique aussi bête que méchant lasse très vite. Si on y ajoute une fin en forme d'éternel recommencement doublée d'un happy end peu vraisemblable, on est certain d'être très loin du chef d'oeuvre !

2,5/5

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14/05/2015

Accelerando (Charles Stross)

images.jpgAu début du XXIème siècle, Manfred Macx, courtier en trouvailles et inventions dans le domaine de l'informatique et des technologies de pointe, milite pour « l'open source », c'est à dire pour la totale liberté d'accès aux découvertes. Tout en se disant respectueux de la propriété intellectuelle. Totalement bénévole, il permet ainsi à pas mal de gens de s'enrichir. Lui-même vit très confortablement alors qu'il n'a officiellement aucun revenu. De discrets mécènes pourvoient à tous ses besoins. C'est la raison pour laquelle il est harcelé par un agent du fisc, en l'occurence son ex compagne, qui lui réclame une somme faramineuse... Un jour, Manfred se fait voler toute sa mémoire... Quelques années plus tard, sa fille Amber, conçue en éprouvette, vogue avec quelques amis vers une naine brune à la recherche d'un signal extraterrestre...

Avec « Accelerando », le lecteur se retrouve face à un OLNI (objet littéraire non identifié) tant l'ouvrage est étrange, inclassable et déroutant. Il ne s'agit pas à proprement parler d'un roman d'un seul tenant avec une intrigue construite et une histoire classique avec début, développement et fin, mais de neuf chapitres ou de neuf nouvelles sans autre lien que des personnages récurrents qui évoluent à des périodes et dans des contextes différents. Mais il y a bien pire que cette impression de grand foutoir sans queue ni tête, il faut aussi subir le jargon permanent, l'abus de termes techniques voire pseudo scientifiques qui obligent le lecteur à se référer presque à chaque page à un important glossaire qui peut sans doute éclairer informaticiens, astrophysiciens, chimistes et autres scientifiques de haute volée mais qui laisse le béotien dans une frustrante incompréhension. De nombreux thèmes sont abordés comme le clonage, la fécondation in vitro, la post humanité, l'invasion numérique, l'avenir de l'humanité, l'intelligence artificielle ou l'optimisation des performances du cerveau humain. Mais l'ennui, c'est qu'une idée chasse l'autre, qu'une théorie scientifique annihile l'autre, qu'une tentative d'explication disparaît ou se ramifie dans une autre et qu'au bout du compte, tout ce verbiage se révèle confus, embrouillé et abscons. « Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire en viennent aisément... » Avec Stross, c'est malheureusement loin d'être le cas et l'on a toutes les peines du monde à suivre les méandres d'un discours pour le moins obscur Très vite, Stross lasse la patience du lecteur le plus indulgent. Trop occupé à déballer toute cette esbrouffe scientifique, l'auteur devient vite pesant pour ne pas dire pédant tout en ne racontant rien de bien intéressant ni de bien original. La quatrième de couverture parle d'intelligence et d'humour. Le lecteur, s'il n'est ni snob ni geek, les cherchera en vain.

2,5/5

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11/05/2015

Rohel, le Chêne Vénérable (Pierre Bordage)

index.jpgAu Palais Episcopal, Fra Anjill s'apprête à abuser d'une jeune prostituée quand se produit une formidable explosion. Son supérieur, Pra Ging, fait irruption dans la cellule du moine et découvre la scène compromettante. Pour ne pas avoir été capable de rester chaste, Anjill mérite la mort dans d'atroces supplices. Et pourtant Pra Ging lui demande de le suivre. Pour l'heure, il s'agit d'abord d'aller porter secours aux blessés et d'évaluer l'ampleur des dégâts. Un survivant leur apprend que Su-pra Froll a réussi à mettre au point la formule mentale recherchée par des générations de chercheurs du Chène Vénérable. C'est l'application de cette formule dérobée par Rohel Le Vioter, un membre du Jahad considéré comme félon, qui a déclenché le cataclysme... Toute la puissance de l'église du Chêne Vénérable va être mise en œuvre pour retrouver Rohel et récupérer la précieuse formule...

« Rohel, le Chêne Vénérable » est le premier tome d'une saga qui n'en comporte pas moins de quatorze. Il est proposé gratuitement en e-book par l'éditeur, « L'Atalante », à l'occasion de la réédition de la série datant de 1992. L'ouvrage relève du « space opera » classique avec une bonne dose de fantaisie assez proche de celle d'Orson Scott Card, un des principaux inspirateurs du prolifique auteur français. L'intrigue est solide, bien construite, passionnante. Le style impeccable et plein de rythme. Inutile de dire qu'il est difficile d'arrêter la lecture avant la fin et qu'on ne s'ennuie pas une seconde. Fin ouverte car il faut donner envie de continuer avec le héros, pas spécialement sympathique d'ailleurs mais nettement plus intéressant que le ramassis de crapules qui reste en permanence à ses trousses. En un mot : de la littérature populaire d'excellente qualité avec une réflexion sur le totalitarisme et l'obscurantisme religieux. Que demander de mieux ?

4,5/5

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09/05/2015

Sommets det dépendances (Collectif)

index.jpgUne alpiniste de niveau moyen part pour une course en montagne en compagnie d'un co-équipier inconnu qui se déclare alpiniste tout à fait fiable et chevronné. Mais très vite, elle s'aperçoit qu'il est plutôt bizarre et même dangereux. Que faire ?... François et Bernard gagnent péniblement un refuge où ils pensent rester trois jours , le temps d'escalader toutes les faces d'un sommet. Mais les informations qu'il obtient sur une des voies inquiètent grandement François. Comment pourra-t-il franchir une paroi verticale présentée comme un véritable mur parfaitement lisse et non aménagé ?... Une skieuse emportée par une avalanche sauve sa vie de justesse alors que deux de ses amis y laissent la vie... Un sac à dos se plaint qui manque d'égards et de considération de son propriétaire. Il est même jaloux de l'arva qui ne sert à rien mais qui est bien plus chouchouté que lui...

« Sommets et dépendances » est une compilation d'une vingtaine articles écrits par 16 auteurs différents et précédemment parus sur le site camptocamp.org. Il s'agit souvent de compte-rendus d'escalades ou autre expéditions, de billets d'humeur voire de nouvelles de science-fiction comme « Presles 2025 » ou de récit étrange et picaresque comme « Albert Micpreux, gardien de refuge ». L'ensemble fait un peu fourre-tout ou bric à brac sympathique. Les textes sont de niveau littéraire et d'intérêt assez inégal ce qui est tout à fait normal pour une telle formule. Les témoignages d'ascension sont finalement moins passionnants pour le béotien (emploi de jargon technique, nostalgie des anciens pour le temps où les coinceurs, descendeurs et autres bloqueurs n'existaient pas...) que les billets d'humeur ou d'humour. Le lecteur appréciera certainement beaucoup « Escapade du côté des topos », billet où l'auteur critique l'abus d'euphémismes qui entache ce genre de littérature. Ainsi « malcommode » signifie en réalité merdique ou casse-gueule, « passage délicat », véritable galère et « rocher inégal » rocher pourri et varappe détestable ! Il rira de l'humour que plusieurs déploieront pour décrire les frimeurs et autres superpros de l'alpinisme qui paradent dans les refuges tout en regrettant l'abus de jeux de mots, calembours et contrepèteries dans « Frime et châtiment ». A réserver aux aficionados de l'alpinisme !

3/5

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07/05/2015

La silhouette sur la plage (Jean-Pierre Artin)

11187925_10204181875455313_729436238_o.jpgMarc vient d'avoir quinze ans. A part Damien, il n'a pas d'ami. Sa mère Odette est devenue alcoolique pour « accompagner » son père. Enfant non désiré, Marc est peu à peu devenu un enfant martyr. Une nuit, un incendie ravage la maison familiale. Marc parvient à sauver sa vie de justesse alors que ses parents périssent dans les flammes. Il est recueilli par ses grands parents. Il voudrait pouvoir travailler dans une exploitation viticole alors qu'il n'a pas suivi les études nécessaires et s'est arrêté après le bac. Son avenir semble problématique d'autant plus qu'il peut parfois être sujet à des accès de violence totalement imprévisibles.

« La silhouette sur la plage » est un roman noir et quasiment un thriller assez surprenant car il ne reprend pas l'ensemble des codes du genre. Toute l'intrigue est centrée sur Marc, ce nouveau « Docteur Jeckill et Mister Hyde », qui sème les cadavres sur son chemin comme d'autres les canettes de bière ou les mégots. Le lecteur croit tout d'abord que Marc tue pour venger les humiliations de son enfance, qu'il assassine pour prendre une revanche sur la vie ou sur les femmes et qu'il continue à trucider presque par habitude et même de plus en plus gratuitement. Mais un dénouement (qu'il ne faut pas déflorer) finit par faire découvrir une toute autre version de l'histoire et d'autres facettes du héros. Finalement, le lecteur ressort plutôt déstabilisé et même déboussolé de cette « expérience » qui aborde de nombreux thèmes comme l'enfance martyrisée, l'euthanasie ou l'ultra violence. Cet ouvrage aurait donc pu se situer à la limite du gore et du glauque insupportable. Mais, heureusement, la plume délicate et légère de Jean-Pierre Artin réussit à évoquer toutes ces horreurs avec élégance et efficacité. En effet, le style minimaliste de l'auteur suggère plus qu'il ne décrit et raconte beaucoup en peu de pages (157 seulement, un format proche des novellas anglo-saxonnes). Certaines scènes importantes auraient sans doute mérité de plus amples développements. L'avantage, c'est que le rythme est soutenu et que le livre se dévore d'une traite. Donc jamais d'ennui dans cette lecture qui pose plus de problèmes qu'elle n'en résout. Malheureusement, le lecteur déplorera la présence d'un trop grand nombre de coquilles et fautes d'orthographe qui déparent un ouvrage aussi intéressant qu'original.

3,5/5

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05/05/2015

Porterhouse / Extrait (Tom Sharpe)

images.jpg"Au château de Coft, le Doyen et sir Cathcart étaient assis dans la bibliothèque, une carafe de brandy à moitié vide sur le guéridon à côté d'eux, à remâcher amèrement le souvenir de bien des gloires passées.

- La ruine de l'Angleterre. Ces foutus socialistes ! Gronda sir Cathcart. Ils ont fait de ce pays une société de bienfaisance. On ne gouverne pas une grande nation avec de bonnes intentions. Foutue folie ! De la discipline, voilà ce qu'il faut au pays. Une bonne dose de chômage pour ramener la classe ouvrière à la raison.

- Ca n'a plus l'air de marcher en ce moment, dit le Doyen avec un long soupir. Autrefois les dépressions avaient un effet très salutaire.

- C'est la faute des Allocations. On gagne plus à ne rien faire qu'à travailler. Grossière erreur. Qu'on leur fasse un peu tirer le diable par la queue et tout rentrera dans l'ordre.

- Ce qu'on dit toujours, c'est que les femmes et les enfants souffrent, dit le Doyen.

- Je ne vois pas ce qu'il y a de mal à ça, continua le général. Rien de tel qu'une femme qui a faim pour donner du courage à un homme. Ca me rappelle un tableau que j'ai vu autrefois. Tout un tas de chasseurs autour d'une table qui attendent pour dîner, et la dame de la maison qui rentre et qui soulève le couvercle du plat. Sacré bon sang de bonsoir ! Belle femme, belle peinture ! Un peu de brandy ?

- C'est très aimable à vous, dit le Doyen, en tendant son verre.

- L'ennui avec ce... Godber Evans, c'est qu'il est d'origine modeste, dit sir Cathcart, après avoir rempli leurs verres. Ne comprend rien aux hommes. Pas de vieille famille de campagne derrière lui. Pas de qualités de chef. Il faut avoir vécu avec les animaux pour comprendre les hommes, les travailleurs, il faut savoir les entraîner. Un coup de cravache sur le derrière quand ils font mal, une caresse dans le cou s'ils font bien. Pas la peine de leur bourrer le crâne avec des idées qu'ils sont incapables de comprendre. Pas le sens commun, toute cette éducation.

- Je suis tout a fait d'accord avec vous dit le Doyen. Donner aux gens une éducation au-dessus de leur condition a été une des grandes erreurs de ce siècle. Ce dont le pays a besoin, c'est d'une élite éduquée. Celle qu'il a pu avoir, en fait, au cours des trois cents dernières années.

- Trois repas par jour, un toit au-dessus de leur tête, et les manants n'ont rien à demander de plus. C'est des gars solides qu'il nous faut. Dans ce système, il n'y a que des lavettes. La société de consommation, c'est bien ça. Comment consommer ce qu'on a pas fabriqué ? Foutue chienlit."

 

(Porterhouse ou la vie de collège. Tom Sharpe – Ed. Belfond)

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04/05/2015

Le tour de France des alternatives (Emmanuel Daniel)

index.jpgUn jeune journaliste indépendant a passé plusieurs mois à sillonner la France du nord au sud et d'est en ouest pour y dénicher une douzaine d'initiatives originales et innovantes comme cette épicerie coopérative dont les clients sont les héros, cette jardinière qui veut sauver les semences anciennes, cette entreprise sans patron, ce village breton en autonomie énergétique grâce à des éoliennes, cet habitat collectif de la Drôme, cette banque solidaire, ce collège différent des autres ou cette étrange communauté des zadistes de Notre Dame des Landes.

Il a découvert qu'un peu partout éclosent toutes sortes de projets alternatifs qui sont comme autant de petites parcelles d'espérance, de minuscules étoiles brillant dans la nuit de l'individualisme forcené et du consumérisme abrutissant. Ils permettent d'entrevoir un monde plus coopératif, plus démocratique, plus solidaire et plus respectueux de l'environnement que le nôtre. S'engager à plus grande échelle sur cette voie pourrait peut-être permettre de faire pièce au capitalisme libéral et amoral, à la mondialisation totalitaire et inhumaine et à un système politique oligarchique dévoyé et discrédité. Ainsi pourrait émerger une société plus conviviale, plus participative et plus autonome simplement en relocalisant l'économie, en mangeant plus sainement, en luttant contre le gaspillage et l'obsolescence programmée et en fabricant soi-même le plus possible de choses. Reprendre son destin en main, changer le présent et imaginer d'autres futurs, c'est ce que nous propose ce petit livre bien sympathique et porteur d'espoir. A conseiller aux rêveurs et aux utopistes.

4/5

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02/05/2015

Queue du bonheur (Alexandre Silenus)

images.jpgLe premier orgasme d'Alexandre minutieusement décrit... Le torride retour d'une ex d'Alexandre un tantinet dépressive qui s'offre quand même un petit revenez-y pas piqué des hannetons. Rendez-vous dans un hôtel borgne. Les yeux bandés, Alexandre attend la venue d'une inconnue rencontrée sur le net... Premiers émois, amours enfantines, adolescentes ou tardives. Toute première fois et toute dernière fois... Rencontres d'un week-end ou d'une nuit. Défense et illustration de la masturbation, de l'emploi des godemichés, du sexe anal et autres pratiques sado-maso... Le merveilleux et inépuisable vivier des sites de rencontre sur internet...

« Queue du bonheur » se présente comme une compilation de 35 notes, posts et billets d'abord publiés sur le blog éponyme de l'auteur. Tous, excepté l'avant-dernier, tournent autour du sexe (hétéro) et des plans cul sous toutes leurs formes. Malgré de pathétiques efforts pour traiter du sujet avec un certain humour et un certain détachement, très vite l'ennui et la lassitude s'emparent du lecteur tant ces descriptions de scènes pornographiques sont monotones et répétitives. Seuls deux chapitres sortent un peu du lot « Partir en beauté » et « La chasseuse de sperme ». Silenus s'y est essayé à la science-fiction avec un très relatif succès. On mettra à part le 34ème post où l'auteur parle un peu de la réalité de sa vraie vie. Son nom n'est qu'un pseudonyme. Il se cache et sévit donc sous un avatar dans un monde de virtualité onirique (Twitter, Facebook et autres Meetic). Sa vie n'a pas grand chose à voir avec ce qu'il raconte. Sa petite amie l'a plaqué il y a deux ans. Quand à son boulot, il dit ne plus en avoir pour bien longtemps. Tout ceci relativise un peu la portée de ces textes et les ramène à ce qu'ils sont vraiment, une série de fantasmes pornographiques sortis principalement de l'imagination (?) d'un obsédé sexuel. L'ennui, c'est qu'il faut beaucoup de talent pour produire de la bonne littérature à partir de ce genre de matériel. Avec « Queue du bonheur » on n'en est très loin. N'est pas Pierre Louys ou le marquis de Sade qui veut...

2/5

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30/04/2015

SOS MACHOS (Nouvelle extraite du recueil "Dorian Evergreen")

SOS MACHOS publié par cc.rider

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28/04/2015

Autres contes populaires de Bretagne (Gérard Lomenec'h)

index.jpgUn pauvre paysan demande à sa femme de grimper au sommet d'un arbre magique pour aller frapper à la porte du paradis. La femme rencontre Dieu et lui demande de réaliser sa promesse, c'est à dire de donner à sa famille son pain de chaque jour, si possible avec un pichet de cidre pour accompagner. Ne souffrant plus de la faim et ayant la vie facile, les deux paysans présentent de nouvelles exigences jusqu'à atteindre les limites de la bienveillance de leur Créateur... Un pêcheur attrape un poisson doré qui lui dit être le roi des poissons et qui lui demande de le relâcher immédiatement. En échange, il assure au pêcheur qu'il ramènera toujours de grandes quantités de poisson. Mais un jour, le pêcheur fait naufrage... Une fée donne trois objets à Jean : un bâton qui lui permettra de se rendre invisible à volonté, un anneau pour toujours rester en contact avec elle et une médaille pour pouvoir obtenir une chose qu'il n'a pas à sa disposition...

Ce second tome des « Contes populaires de Bretagne » est un recueil de plus de cinquante textes de tailles variées et d'inspirations diverses. Certains contes tiennent sur une demi-page ou une page alors que d'autres sont nettement plus longs et plus développés. Ils sont tirés de journaux anciens ou de documents laissés par d'authentiques conteurs. Tous sont référencés et sourcés avec nom d'auteur ou de conteur et date de parution. La magie, le merveilleux et l'imaginaire le plus débridé est partout présent. Les animaux ont quasiment autant d'importance que les hommes. On retrouve d'ailleurs dans des versions un peu différentes des histoires connues comme celle du Petit Poucet ou du Chaperon Rouge, sans parler de celles du Roman de Renard (revisité) ou de personnages comme Blanche-Neige, Cendrillon, les nains, les fées, les sorcières et autres korrigans ou blanches hermines. Tout un folklore, toute une vie campagnarde saine et souvent pauvre qui parle d'un temps lointain, oublié, celui d'une France rurale, finaude, triste ou joyeuse mais toujours pleine de ressource et d'imagination. Gérard Lomenec'h, musicien, musicologue et chercheur à Vannes qui avec ces deux ouvrages a produit un travail de compilation remarquable, a classé ces histoires en quatre grands chapitres, histoire de donner une unité thématique à l'ensemble. Ainsi passe-t-on du coq à l'âne, puis aux animaux fantastiques, et au bestiaire amoureux avant de terminer par les fables et les facéties. Un bel ouvrage très agréable à lire.

4/5

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24/04/2015

Chesstomb (John Ethan Py)

CVT_Chesstomb_8496.jpegDe nos jours, dans la petite ville de Chesstown (Massachussetts), se déroule un premier drame. Un bucheron, Terry Sheldon est retrouvé mort dans la forêt écrasé par un arbre. Peu de temps après, rebelote, c'est toute sa famille, c'est à dire sa femme Deborah et ses trois enfants Swann, Cathy et Paul qui sont retrouvés morts, atrocement mutilés par des coups de tronçonneuse, dans leur petite maison. La police ne sait quoi en conclure. La famille était honorablement connue et personne ne lui connaissait le moindre ennemi. Quelque temps plus tard, un journaliste célèbre, William Shelby arrive en ville pour enquêter à son tour. Il commence par s'intéresser à une drôle de maison, une demeure victorienne fermée depuis de longues années et affublée de l'étrange nom de « Myseri ». Le jardin est abandonné, tout est verrouillé comme un coffre-fort et pour ne rien arranger, elle jouxte un cimetière plutôt lugubre. Puis il fouille dans le passé jusque dans les années 20.

« Chesstomb » démarre très fort, un peu comme un thriller style Stephen King, mais dérive très vite vers le fantastique, le gore et l'horreur. John Ethan Py, pseudonyme de Sébastien Péguin, nous propose un récit choral avec changement fréquent de narrateur et même de vecteur de narration. Ainsi passe-t-on d'articles de journaux à des comptes rendus ou procès verbaux en passant par des transcriptions de videos, des lettres, des extraits d'archives et divers documents. Cela pourrait déstabiliser le lecteur et lui faire perdre le fil conducteur, mais ce n'est pas le cas tellement le procédé est bien maitrisé. On s'y fait d'ailleurs assez vite et on est même content d'avoir l'impression de participer à l'enquête. Laquelle s'avère être un leurre mais seulement une fois que l'on a échafaudé des tas d'hypothèses qui ne collent jamais. Tout est révélé dans une fin surprenante en forme de pirouette un peu facile mais qui laisse la part belle au rêve, enfin au cauchemar. Au total, une histoire bien écrite, bien menée, avec du suspens, des paroxysmes dans le monstrueux et le malsain (les âmes sensibles feront bien de s'abstenir) qui surfe sur les tendances actuelles (satanisme, sadisme, relativisme et goût pour les scènes de grand guignol). On notera l'importance donnée à Lovecraft qui joue un petit rôle dans cette affaire et l'influence d'oeuvres cultes comme « La nuit des morts vivants », « Je suis une légende » ou « World War Z ». « Chesstomb » qui est une véritable réussite et même un coup de maître ne dépare pas dans cette liste. Compliment pour la magnifique couverture du talentueux Alexandre Dainche. Mais mauvais point à « L'homme sans nom » pour les trop nombreuses coquilles présentes dans ce texte.

4,5/5

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22/04/2015

Jours tranquilles à Manhattan (Marilyn French)

Jours_tranquilles_Manhattan .jpgA New-York, Elsa Shutz, qui a écrit des dizaines de romans à l'eau de rose sous le pseudonyme d'Hermione Beldame, se retrouve à 55 ans à la croisée des chemins. Partie de rien, elle a réussi au-delà de ses espérances. Elle est riche, célèbre, deux fois veuve et deux fois divorcée. Elle pensait ne plus rien avoir à espérer de l'amour quand elle rencontra un certain George qui fit battre son cœur, qui l'attira fortement mais qui sembla assez décevant dès le début. Il lui donnait des rendez-vous, les annulait, lui préférant des réunions de travail et des séminaires. Il discutait avec elle mais n'avait jamais un geste tendre. Il finit même par l'abandonner pour retourner dans le Sud des Etats-Unis. Cette brève rencontre, cet amour frustrant et inachevé troubla Elsa au point de l'amener à replonger dans ses souvenirs et à se repasser toute l'histoire de sa vie. De son enfance pauvre auprès d'une mère aimante mais tyrannique jusqu'à ses succès littéraires en passant par son court passage à l'Université avec sa première expérience amoureuse.

« Jours tranquilles à Manhattan » est un roman psychologique et sentimental qui ne tombe jamais dans l'eau de rose et dans la mièvrerie. Avec finesse et intelligence, Marilyn French nous y conte la vie d'une femme depuis les années 50 jusqu'à nos jours avec ses joies, ses peines, ses compagnons, ses amies, les accouchements, la maladie, les divorces, la mort de deux conjoints. La vraie vie à la fois belle et moche, facile et difficile, exaltante et morne. L'écriture est agréable à lire, simple et efficace. Le personnage d'Elsa est attachant car il est facile de s'identifier à lui. De plus, le cadre et la réalité de la vie plutôt difficile vers le milieu de l'autre siècle est fort bien rendu tout comme le contraste avec l'ambiance survoltée de New-York. Un roman très réussi qui se lit avec plaisir car il pose les questions essentielles, la vie, la mort, la jeunesse, la vieillesse, l'amour, l'amitié, etc...

4/5

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20/04/2015

Montburgonde (Chapitres 1 & 2)

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18/04/2015

La femme de Brighton (Rosalind Laker)

index.jpgEn 1825, à Brighton, Daniel Warwyck, aristocrate ruiné et boxeur professionnel prometteur, se retrouve par hasard témoin d'une étrange vente aux enchères, celle d'une jolie femme, prénommée Kate dont un fermier veut se débarrasser comme d'une tête de bétail sans intérêt. Daniel se retrouve obligé de surenchérir sur son frère Harry qui est tombé amoureux de Kate au premier regard. Daniel finit par l'emporter. Mais lui, a une autre idée derrière la tête : se présenter « marié » devant un vieil oncle cacochyme, rentrer dans ses bonnes grâces et ainsi avoir une chance de récupérer le domaine familial. Mais quand il arrive, l'oncle est déjà décédé. Il a eu le temps de se marier avec une servante, de lui faire un enfant, de l'avoir couché sur son testament et ainsi d'avoir déshérité Daniel. Kate ne représentant plus le moindre intérêt pour lui, il la renvoie avec une petite somme en dédommagement, au grand désespoir de son frère cadet.

« La femme de Brighton » est un roman aux limites de l'historique, du social, du terroir et du sentimental. L'intrigue est intéressante, pleine de péripéties et fort bien menée dans une écriture classique et agréable à lire. Tout le monde se cherche dans cette histoire. Untel aime unetelle qui ne l'aime pas et qui en aime un autre lequel est plutôt attiré par une autre... On l'aura compris, le milieu de la boxe au dix neuvième siècle, la condition des ouvriers et des paysans restent en toile de fond et presque secondaires, car au bout du compte ce qui importe ce sont les amours contrariées. Ainsi se retrouve-t-on rapidement dans le classique roman sentimental, limite roman de gare et presque collection Harlequin. Il s'en fallait de peu pour que cet ouvrage soit une totale réussite. Juste d'un meilleur dosage, celui qui fait la différence entre le livre de qualité et le tout venant divertissant sans plus. Pour les amateurs (trices) du genre uniquement. Les autres pourront s'abstenir...

3/5

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16/04/2015

Dominium Mundi livre 2 (François Baranger)

9791090648180.jpgL'expédition de l'Empire Chrétien Moderne a enfin atteint sa destination finale, la planète Akya du Centaure sur laquelle est censé se trouver le tombeau du Christ. Le débarquement des troupes est à peine effectué, l'immense camp militaire juste installé et la première ville presque sortie de terre et déjà les premiers incidents surviennent. Profitant du rassemblement provoqué par une bénédiction holographique du pape Urbain IX, Albéric de Villejust et un fort parti de soldats et techniciens inermes désertent avec armes et bagages pour aller s'installer dans des grottes cachées des confins de la planète. Tancrède de Tarente et la belle Clorinde filent le parfait amour. Mais les premiers combats contre les Atamides leur apportent de cruelles déconvenues. Les guerriers autochtones se révèlent mieux organisés et bien plus redoutables que prévu. Les Croisés se retrouvent dos au mur. De plus, ils découvrent vite qu'ils ne sont pas engagés dans une simple guerre de conquête ou de colonisation mais plutôt dans une guerre d'extermination. Que peuvent-ils espérer dans des circonstances pareilles ?

« Dominium Mundi » est le second volet d'une saga de science-fiction qui en comporte deux. Le premier retraçait uniquement le voyage vers Akya du Centaure, fonctionnait sous forme de huis clos et laissait espérer quelque chose de plus flamboyant pour la suite. L'auteur dit s'être inspiré du poème épique « La Jérusalem délivrée » de Le Tasse. En réalité, il ne fait que transposer dans l'espace et dans le futur sa propre vision de la première Croisade. Il va jusqu'à utiliser les noms, caractères et même actes d'un certain nombre de personnages historiques bien connus. Il ne s'agit pas vraiment d'une uchronie quoiqu'il y ait bien une époque imaginée et une absence de correspondance dans le temps ni d'une dystopie car il ne s'agit ni d'une contre utopie ni d'une anti utopie, mais plutôt d'une sorte de pamphlet anachronique, d'une déconstruction de l'histoire de la première croisade à la lumière des postulats philosophiques de la pensée actuelle. L'église du futur est une sorte de monstre totalitaire imposant son dogme et sa volonté de puissance sur une base totalement fallacieuse. A contrario, les indigènes atamides sont des êtres doux, respectueux, dotés pour certains de pouvoirs incroyables comme ceux de causer d'égal à égal avec le plus puissant des ordinateurs ou de pratiquer le voyage immédiat, c'est à dire franchir en une seconde les années-lumières. Dans ce genre littéraire basé sur l'imaginaire le plus débridé, le lecteur doit pouvoir accepter bien des choses, même le manichéisme le plus simpliste, mais en aucun cas l'ennui qui finit par le saisir au cours de la laborieuse lecture de cet énorme pavé (800 pages) finalement assez indigeste et pas si original que cela. Si on y ajoute une fin décevante, controuvée et fort invraisemblable, une grande quantité de coquilles voire de mots manquants (impression d'une insuffisance de relecture), on ne peut qu'en conclure que l'on est assez loin du chef d'oeuvre attendu et « impressionnant de maîtrise » comme l'indique la quatrième de couverture. Déception.

3/5

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14/04/2015

Le retour du petit homme (Chapitres 7 & 8)

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12/04/2015

Chroniques de l'Après-monde (Geoffroy Claustriaux)

51K8nCKc5KL._AA160_.jpgLa jeune Casca, 12 ans, dite également « la Marcheuse », « l'Etrangère », « L'ombre furtive » ou « l'Errante » a passé toute son enfance dans les dédales d'un abri souterrain en compagnie de sa mère, scientifique, et de son père, mécanicien. Vivant en vase clos, elle a toujours rêvé de pouvoir profiter de la lumière du soleil et de se rouler dans l'herbe verte des prairies de la surface. Mais depuis déjà plusieurs générations, les survivants d'une guerre terrible entre l'ATAN (puissances de l'Ouest) et la CARA (forces de l'Est et du Sud), doivent rester sous terre pour échapper aux dangers de la radioactivité et des autres pollutions qui contaminent la terre. Une nuit, sa mère, appelée en urgence, disparaît et son père meurt victime d'un virus inconnu. Casca se retrouve seule et unique survivante dans une station bien trop grande pour elle. Peu à peu, les machines permettant la survie tombent en panne les unes après les autres. Une dizaine d'années plus tard, Casca n'a plus d'autre alternative que de quitter les lieux et de partir chercher sa mère dans le vaste monde...

C'est un pur roman de science-fiction post apocalyptique que nous propose Geoffroy Claustriaux avec ses « Chroniques de l'Après-monde ». Nous suivons Casca, la jeune héroïne courageuse, dans une quête qui la mène de ville en ville et presque d'univers en univers. Ainsi par exemple, passe-t-on avec elle d'une ambiance western avec convoi de troupeaux dans le désert à la fureur de jeux du cirque dignes de la Rome la plus décadente. Chaque visite de site donne lieu à une sorte de nouvelle indépendante, ce qui donne une intrigue séquentielle avec un fil rouge des plus ténus, la recherche de la mère. La chute, qu'on se gardera de dévoiler, est assez surprenante et suffisamment ouverte pour permettre sans doute l'écriture d'autres épisodes autour de ce personnage récurrent. Le style de l'auteur est efficace, ramassé et même compact. Il lui suffit de 200 pages pour déployer ce « roadbook » là où la plupart des auteurs auraient besoin du double ! Les descriptions de décor et d'états d'âme sont réduites au minimum ce qui peut plaire aux amateurs de minimalisme et déplaire à ceux qui veulent qu'un auteur explique tout par le menu. Intéressant malgré une intrigue un peu faible. Se lit très vite et s'oubliera tout autant.

4/5

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10/04/2015

Les Faux As (Chapitres 1 à 14)

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08/04/2015

Maman a tort (Michel Bussi)

index.jpgQuand Vasile, psychologue scolaire dans le secteur du Havre, découvre que Malone, écolier de 3 ans et demi, considère que sa mère n'est pas sa véritable mère et que Gouti, son doudou en peluche, lui raconte chaque soir une nouvelle histoire, il alerte la commandante Marianne Augresse qui peine à croire à cette histoire. Il faut dire qu'elle a d'autres chats à fouetter et des affaires bien plus importantes à régler comme un hold-up à Deauville qui a mal tourné avec deux morts et deux ou trois malfaiteurs en cavale qu'elle n'arrive pas à coincer. Mais le psychologue est si charmant et si convaincant que la commandante accepte quand même de l'aider. Ainsi s'enclenche un engrenage bizarre qui n'en finira pas de surprendre tout le monde.

« Maman a tort » est un thriller particulièrement astucieux et bien tourné. Bussi part d'un fait banal, presque anodin comme cette histoire de gamin imaginatif qui se raconte des histoires puis, de fil en aiguille et souvent par toutes sortes de chemins détournés, nous entraine dans une intrigue pleine de suspens et de rebondissements jusqu'à une fin plutôt surprenante. Du grand art. L'auteur sait rester au niveau de l'enfant, voir par ses yeux et tout ressentir comme lui. D'où l'originalité de l'approche qui change des romans habituels, la plupart du temps axés sur les adultes. Ici, c'est l'enfant qui est le pivot central, lui qui est au cœur de l'énigme et qui est lui-même un mystère. En plus d'être un très bon roman de divertissement, ce livre peut faire réfléchir sur les problèmes de la mémoire chez le tout jeune enfant ainsi que sur les rapports avec les adultes, la suggestion, la soumission à l'autorité et quelques autres sujets psychologiques. Original, intelligent et bien écrit, que demander de plus à un ouvrage de ce genre ?

4,5/5

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06/04/2015

La voix de l'empereur / le corbeau et la torche (Nabil Ouali)

516GRA7zaNL._AA160_.jpgUne compagnie d'une cinquantaine de vétérans commandée par un certain Lorgeam est en marche vers la Cité de Pierre, bastion des Seigneurs de Fervadora. Ils accompagnent deux diplomates, Aymeric et Tirsand... Frimas fige dans la glace une bande de brigands de grands chemins... Le paladin Ravel sauve son frère, un nourrisson, et part le confier aux bons soins des clercs qui devront se charger de son éducation... Victime d'un empoisonnement lent, Brisard, l'empereur de Ferva n'en finit pas de mourir. Son fils, le prince Elin, soutenu par Gweleth, le grand chancelier chargé de son éducation, s'apprête à prendre la succession de son père alors que toutes sortes de conspirateurs s'agitent dans l'ombre.

« La voix de l'empereur » se présente comme le premier tome d'une saga de fantaisie que l'éditeur, qui ne doute de rien, nous annonce comme proche de Robin Hobb mais que le lecteur hésitera à classer entre « dark » et « heroïc » tant son esprit n'en est que pseudo moyennâgeux, pseudo poétique et pseudo raffiné. En dehors de quelques combats, de quelques dialogues souvent inutiles, de longues descriptions quelquefois bien ennuyeuses (quatre pages pour un simple crochetage de serrure par exemple!), il ne se passe pas grand chose dans ce premier tome. Ouali se contente de présenter toute une galerie de personnages sans grande consistance et plutôt antipathiques. Dans de courts chapitres maniérés, il saute de l'un à l'autre sans trop se préoccuper de les relier les uns aux autres. Le résultat donne une intrigue atomisée, mal construite, une histoire où le lecteur peine à se retrouver. Un fouillis qui oblige très souvent à repartir en arrière pour essayer de comprendre qui est qui, qui fait quoi et où tout cela mène. A ce handicap majeur, s'ajoute celui d'un style que d'aucuns au premier abord, pourraient trouver raffiné voire sophistiqué ne serait-ce que par l'emploi de mots recherchés ou par l'utilisation systématique du subjonctif passé. Si on l'analyse plus finement, on notera quelques pléonasmes, pas mal de coquilles, de nombreuses approximations lexicales et autres erreurs de syntaxe qui ne peuvent en aucun cas passer pour des licences poétiques. L'inclusion de poèmes plus ou moins longs, plus ou moins abscons et plus ou moins travaillés dans un texte en prose vendu comme roman d'aventures n'est pas non plus du meilleur effet. En raison d'un manque de rythme permanent et sans doute voulu, d'une absence d'originalité, de fantastique et de merveilleux (ennuyeux pour de la fantaisie!), ce premier tome tombe vite des mains et ne donne pas envie de continuer avec cette saga. Et pourtant, l'éditeur a le culot de noter en quatrième de couverture cette publicité mensongère : « Un roman rare, une histoire flamboyante comme un voyage à travers des lieux merveilleux où règne une atmosphère d'éternité. » Péniblement parvenu à l'ultime page cette oeuvrette, le lecteur averti comprendra mieux quand il découvrira cette mention : « Ouvrage publié avec le soutien de la région Rhône-Alpes ». Astuce qui permet à l'éditeur, qui semble s'être fait une spécialité de la chasse aux subventions, de publier n'importe quoi au frais du contribuable. Chaque fois que le lecteur est tombé sur une mention de ce genre, l'ouvrage était mauvais. Etrange, n'est-ce pas ? Nos régions feraient sans doute mieux de ne plus s'occuper de littérature...

2,5/5

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04/04/2015

Duane est amoureux (Larry McMurtry)

41z18-b5N1L._AA160_.jpgDuane Moore, âgé de 64 ans, rentre d'un voyage en Egypte. Il retrouve la petite ville de Thalia au Texas où il a toujours vécu. Autrefois patron d'une petite société pétrolière dont son fils Dickie a pris la direction, il est maintenant à la retraite et assez déboussolé. En effet, tout est loin d'être rose pour Duane. Il a perdu sa femme dans un accident de la circulation. Une de ses filles veut quitter son mari et se faire nonne. L'autre vient de découvrir son homosexualité et a tout plaqué pour aller vivre avec une autre femme. Lui-même suit une thérapie avec Honor Carmichaël, une psy lesbienne qu'il aime platoniquement depuis longtemps. Solitaire, un peu dépressif et incapable de revivre dans la maison familiale désertée, Duane s'est replié dans une cabane en bois perdue au sommet d'une colline. Il a abandonné son 4X4 au profit d'un modeste vélo et son cœur donne des signes de faiblesse. Il ne sait plus trop où il en est lorsqu'il croise la route d'Annie Cameron, pétillante géologue californienne qui pourrait être sa fille et qu'il trouve parfaitement capable de réveiller sa sexualité endormie. Mais parviendra-t-il à l'intéresser et à susciter son désir ?

« Duane est amoureux » se présente au premier abord comme un roman sentimental et psychologique classique mais si l'on va un peu au delà des amours et des coucheries du héros, on s'aperçoit que c'est aussi un roman social, abordant la vie de braves gens dans un coin paumé du Texas, sans oublier les problèmes des seniors, de la retraite, les rapports entre les générations, le vide causé par le veuvage, l'angoisse de la mort et le sentiment d'abandon ressenti par les parents quand les enfants sont partis. Le tout raconté avec délicatesse, élégance et intelligence. Sans aller jusqu'à tomber dans les éloges dithyrambiques du bandeau « Un talent démesuré ! » ou de la quatrième de couverture « Un style inimitable ! », le lecteur se contentera de parler d'un style agréable, léger et facile à lire, d'une histoire originale, humoristique et assez romanesque et de personnages sympathiques, pétris d'humanité et très proches de nous. L'ensemble est une belle réussite qui ne pourra que plaire au plus grand nombre. « Duane est amoureux » est le quatrième roman où apparaît Duane, héros récurrent de McMurtry. On espère qu'il y en aura d'autres tellement ce sexagénaire dépressif et amoureux attire la sympathie.

4,5/5

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02/04/2015

Pukhtu / Primo (DOA)

41ZnxqoTPZL._AA160_.jpgEn janvier 2008, un responsable d'Al-Qaïda nommé Al-Libi est tué dans un village du Wazistan du Nord par un missile tiré depuis un drone américain. Auparavant, une fine équipe de mercenaires sans foi ni loi avait bien préparé le terrain. Convoqué sur les lieux assez bizarrement avec ses enfants, Sher Ali, un contrebandier pachtoun respecté dans la région, réchappe miraculeusement à cette terrible frappe mais y perd son fils et sa fille. C'est un homme meurtri et rempli de haine qui regagne son clan. Pour retrouver son honneur perdu, il va minutieusement préparer une terrible vengeance qui sera autant dirigée vers les Américains qu'il considère comme des lâches que contre les traitres afghans qui collaborent avec les « croisés ».

« Pukhtu » est un énorme pavé de près de 700 pages assez indigeste et de lecture un peu laborieuse. DOA (Dead On Arrival), son auteur anonyme (on se demande bien pourquoi) mène de front un grand nombre de personnages et de situations, il tisse et entremêle plusieurs histoires qui semblent ne pas avoir de lien évident entre elles et se maintient sur un registre descriptif type reportage de guerre. L'attention du lecteur finit par se relâcher assez vite d'autant plus que les attentats, combats, enlèvements et autres faits de guerre sont assez répétitifs et souvent doublés par des articles de journaux racontant la même chose. Ce côté foisonnant, dispersé aux quatre coins du monde s'explique peut-être par le fait qu'un second tome sous titré « Secundo » est prévu et permettra certainement de répondre aux questions que le lecteur se pose une fois le livre fermé. Une plongée bien documentée et assez ébouriffante dans un guerre sale et d'une cruauté inouïe ainsi que dans l'univers des trafiquants de toutes sortes sans oublier les coulisses des décideurs, autres arrières cuisines nauséabondes. Un livre à conseiller à toutes celles et tous ceux qui veulent en savoir plus sur cette guerre américaine contre « le terrorisme » avec ce bémol : âmes sensibles s'abstenir car les scènes choquantes (décapitations, égorgements, viols) ne manquent pas !

3,5/5

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31/03/2015

Le loup et le renard (Nouvelle extraite du recueil "Dorian Evergreen")

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28/03/2015

La maison ogre (Arnaud Prieur)

la maison ogre.jpgDans la région de Brest, le jeune Tom, 6 ans, est un orphelin pris en charge par une institution où il traine une vie des plus malheureuses. Un grand, Eddy Mezert, profite de sa force pour abuser de lui... A Brunoy, petite ville de la région parisienne, se produit un bizarre accident. Deux voitures se seraient pourchassées et une troisième, une grosse berline sombre, les auraient envoyées s'encastrer dans un arbre avant de disparaître mystérieusement. Etrangement passive, la police considère ce drame comme un banal accident de la route et classe immédiatement l'affaire. Ce que n'accepte pas Eric, un jeune généalogiste chercheur d'héritiers, qui décide de mener l'enquête avec quelques amis. Et ce qu'il va découvrir a de quoi faire se dresser les cheveux sur la tête.

« La maison Ogre » peut se classer comme thriller avec une dose d'horreur vaguement surréaliste. Il ne faut pas trop chercher de vraisemblance dans une intrigue un peu bizarroïde et qui se perd souvent dans les détails sans intérêt. Les thèmes des manipulations mentales, des dérives sectaires et autres soumissions à l'autorité sont plus suggérés et déviés vers le grand guignol qu'intelligemment exploités. Pour ne rien arranger, ce gros bouquin finit par lasser un peu à cause d'un manque de rythme, d'originalité, de peps et beaucoup par une abondance de coquilles, de fautes de frappe (mots en trop ou manquants) ou de vocabulaire (« bringuebalé de droite à gauche » en lieu et place de « brinquebalé » réussissant l'exploit d'ajouter un pléonasme à une belle erreur et ne parlons pas des confusions entre soufflet et soufflé ou palais et palet!!!). Les Editions du Riez n'auraient-elles pas les moyens de s'offrir les services d'un bon correcteur ? Sinon, le style de l'auteur n'a rien de particulier. Pour conclure, l'ouvrage est moyen et même un peu terne. Il ne relève pas vraiment des critères de la véritable littérature de l'imaginaire, le fantastique étant beaucoup trop éclipsé par le thriller.

2,5/5

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26/03/2015

Corpus Prophetae (Matt Verdier)

Corpus prophetae.jpgA Demvillle (Australie), dans un futur relativement proche, Vincent Montalescot, archéographe du World SPARC, société spécialisée dans les voyages temporels, doit faire face à une assemblée hostile lors d'une conférence de présentation du nouveau projet « Yeshua ». Il s'agit de repartir vers le passé pour trouver de nouveaux éléments permettant d'établir enfin la véritable biographie du Christ... Sur un mont des déserts glacés de l'Antarctique, un monastère cistercien datant du Moyen-Age est découvert en parfait état de conservation. Il aurait servi à cacher toute une bibliothèque de livres hérétiques en totale contradiction avec les dogmes professés par l'église catholique. Les premières découvertes du SPARC indiquent que le Christ, simple humain, aurait été écartelé et que ses membres auraient été disséminés en cinq endroits secrets de la planète. Montalescot se lance dans une nouvelle enquête alors que le Vatican veille au grain et place en embuscade la congrégation de la doctrine de la foi, avatar moderne de la terrible Inquisition.

Comment caractériser « Corpus Prophetae » ? Nous ne sommes pas dans la science-fiction quand bien même l'auteur nous promène de siècles en siècles de manière quasi aléatoire ce qui ne simplifie pas le travail de compréhension du lecteur. Ses incursions dans le futur sont datées de 2077. Les avancées technologiques sont assez restreintes de sorte qu'on est à peine dans l'anticipation. Restent le fantastique et surtout l'horreur. Verdier est généreux en fusillades, tueries et boucheries en tout genre. Avec lui, souvent l'hémoglobine coule à flot. Le lecteur aurait aimé qu'il en fut autant de l'intelligence, de la vraisemblance et de la tenue psychologique des personnages. Mais le pire est à venir. Il se niche dans le manque d'originalité. Encore une histoire de machine à remonter le temps. Encore des délires sur la vie de Jésus, sur une descendance physique du Christ, sur une puissance fantasmée d'une religion qui serait établie sur une longue série de mensonges et d'impostures. De ce fatras à la Dan Brown (en beaucoup plus mal ficelé), ne surnagent que les descriptions de créatures diaboliques bien répugnantes comme cet ange Gabriel revu et corrigé style Frankenstein ou Grand Guignol, une certaine lassitude car il faut se faire violence pour finir ce pavé ennuyeux et surtout l'impression qu'il ne suffit pas d'accumuler les ingrédients des best-sellers américains (voyages aux quatre coins de la planète, séquences coup de poing, violence plus ou moins gratuite et pseudo révélations historiques) pour rivaliser avec les maîtres du genre. Sans grand rythme, le style de Verdier est honnête et facile à lire si l'on ne tient pas compte de quelques coquilles et autres confusions lexicales (telles perpétrer et perpétuer, page 192), indignes d'une bonne maison d'édition.

2,5/5

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24/03/2015

Le tour du doigt (Jean Anglade)

51prG+B2AZL._AA160_.jpgFils d'un pauvre carrier, Jules Vendange est une jeune auvergnat affublé d'une particularité gênante : il déteste le fromage. A défaut d'être paysan, il sera donc maître d'école. Il n'en a pas fini avec l'école normale que déjà sonnent les clairons de la première guerre mondiale. Grièvement blessé et amputé d'une jambe au Chemin des Dames, il reprend ses études et rate le brevet supérieur, le béhesse comme il dit. Il n'en est pas moins affecté dans l'école à classe unique d'un tout petit village de montagne...

En quatre cent pages rééditées en l'honneur du centenaire du prolifique patriarche de la littérature dite de terroir, « Le tour du doigt » nous déroule toute la vie d'un personnage qui ressemble beaucoup à celle de l'auteur mais avec un décalage d'une vingtaine d'années. Le lecteur y découvrira combien la vie d'enseignant de base pouvait tout à la fois être différente et combien plus difficile que maintenant tout en n'étant pas si éloignée que cela, ne serait-ce que par les joies et les peines de ce métier si beau et si difficile. Les personnages sont pratiquement tous de petites gens, honnêtes, courageux et touchants avec un cas à part, celui d'Automne, la belle quarteronne antillaise, dont Jules est tombé amoureux et qui semble ne pas daigner répondre à son attente. Inutile de rappeler les immenses qualités narratives de Jean Anglade. Un destin, une vie simple d'honnête homme. Un très beau texte.

4,5/5

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22/03/2015

Vortex (Robert Charles Wilson)

index.jpgA Houston (Texas), Orrin Mather, un jeune vagabond attaqué par des inconnus qui veulent lui dérober la dizaine de carnets qu'il défend farouchement, est secouru par Jefferson Bose, un flic qui le conduit au State Care, un centre social pour personnes en détresse, où la doctoresse Sandra Cole doit statuer sur son cas et peut-être décider de son internement. Sandra est étonnée par l'attitude timide et soumise du jeune homme et surtout par ce que racontent ses carnets. Elle y lit que perdu dans un désert sur Equatoria, un certain Turk Finley aurait fait un bond de 10 000 ans dans le futur en passant par un arc temporel conçu par les « Hypothétiques ». Il aurait été capturé par les « Fermiers » puis transféré en compagnie d'une certaine Treya, dite Allison Pearl, sur Vox, un archipel artificiel destiné à rejoindre la Terre devenue toxique et inhabitable. Mais que faut-il croire dans ce qui ne semble être que des élucubrations dignes d'un roman de science-fiction ?

Après « Spin » et « Axis », « Vortex » vient clore une sorte de trilogie de science-fiction humaniste où chaque épisode peut se lire indépendamment car si un certain nombre d'éléments comme le Spin, les Hypothétiques ou les Arcs temporels se retrouvent dans les trois ouvrages, les personnages et les époques diffèrent. Nous n'avons pas affaire à une saga au sens habituel mais plutôt à trois volets d'un univers foisonnant et d'une extraordinaire originalité. La construction littéraire est originale puisqu'elle se développe sur deux plans avec mise en abyme : d'un côté une enquête menée par Sandra Cole et Jefferson Bose et de l'autre les récits de Turk Finley et d'Allison Pearl. Tous deux également passionnants. Il faut lire « Vortex » ne serait-ce que pour avoir les ultimes clés de compréhension des deux autres livres de Wilson. Sans les dévoiler, le lecteur remarquera seulement que le dénouement de cette histoire bizarroïde est proprement époustouflant, qu'il répond à toutes les interrogations laissées pendantes et que la vision globale de l'évolution de la vie sur Terre est quand même fortement pessimiste. A noter, la très intéressante métaphore du « Coryphée », cette sorte de conscience universelle à laquelle chacun est branché et qui régule à distance joies et peines de l'humanité. Une trilogie passionnante que ne doivent rater sous aucun prétexte les amateurs de science-fiction et d'anticipation intelligente, originale, puissante et surtout très bien écrite. Attention, chef d'oeuvre !

5/5

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20/03/2015

Montburgonde (Chapitre 1)

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18/03/2015

Les Faux As (Chapitres 1 à 11)

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16/03/2015

Le bâtard de Kosigan (Fabien Cerruti)

Le batard de losigan.jpgEn 1339, en Champagne, le chevalier bâtard Pierre Cordwain de Kosigan et sa bande de mercenaires tendent une embuscade à un cavalier elfe pour s'emparer du message secret qu'il transporte... Un peu plus tard, dans la ville de Troyes, Kosigan participe à un tournoi richement doté et déterminant pour l'avenir de la province et de ses anciens peuples...

En 1899, Michaël Konnigan, professeur d'archéologie médiévale est parti sur les traces du passage de l'armée d'Athalaric poursuivie par les hordes Khazars, non loin de la rivière Oka en Russie. Il espère découvrir la cachette de « l'oeil d'Odin ». Lettre après lettre, il informe ses amis de l'avancée de ses recherches...

« Le bâtard de Kosigan » relève du registre de la fantaisie médiévale, c'est à dire d'un mélange de fantastique avec les habituels sorciers, elfes, trolls et autres korrigans et d'histoire moyenâgeuse en fond de décor, le tout rappelant beaucoup l'univers des jeux video. Premier tome d'une série à venir, il laisse une impression d'inachevé et pas mal de lacunes surtout dans l'histoire de Konnigan. On devine que l'auteur s'est laissé des perspectives et des échappatoires pour développer la suite de sa saga. Mais le lecteur aura-t-il envie de continuer à suivre les aventures de ce personnage peu recommandable et finalement peu crédible historiquement ? Il raisonne et de se comporte d'une manière beaucoup trop moderne qui n'a strictement rien de chevaleresque. Si on y ajoute une accumulation d'anachronismes agaçants et une grossière erreur historique à propos de l'inauguration du musée Maxime Gorki de Moscou, on comprendra que les véritables passionnés d'Histoire pourront avoir quelques réticences d'autant plus que Cerruti est présenté comme « professeur d'Histoire ». Son héros, don juan doublé d'un super héros invincible, se sort des situations les plus improbables, est blessé et soigné dans la minute et dispose de super-pouvoirs grâce à une magie sur puissante. L'intrigue semble assez peu originale, pleine de combats, duels, joutes et tournois décrits par le menu au point de finir par lasser. L'ensemble peut même sembler un peu basique et un peu simpliste à un lecteur exigeant.

3/5

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