27/08/2015

Le pacte immoral (Sophie Coignard)

index.jpgQuand le ministre de l'Education Gilles de Robien, conscient des ravages causés par la méthode globale d'enseignement de la lecture, décrète le retour officiel de la méthode syllabique, il déclenche un tollé, la machine Education Nationale se grippe et reste braquée sur la solution bâtarde de la méthode mixte qui, telle le pâté d'alouette, comporte un cheval de global pour une alouette de syllabique. Quand Luc Chatel veut en finir avec les RASED, ces réseaux d'aides spécialisées aussi discriminants que contre productifs, le mammouth freine des quatre fers et la défaite du ministre est presque aussi complète que celle de son collègue...

« Le pacte immoral » est une enquête effectuée sur le fonctionnement de notre système éducatif par Sophie Coignard, grand reporter à l'hebdomadaire « Le Point ». A l'instar de la pléiade de bouquins publiés sur le même sujet, le constat de celui-ci est aussi terrifiant que décourageant. De plus en plus mal classée dans les études PISA de l'OCDE, la France, qui consacre son plus gros budget à l'Education, se retrouve au fin fond du classement des pays développés, aussi bien en efficacité qu'en réussite. Et pourtant tous les hommes politiques de droite comme de gauche n'ont cessé de proclamer qu'ils voulaient faire de l'Education la priorité des priorités ! On se demande ce qu'il serait arrivé si elle avait été le cadet de leurs soucis ! En sous-titrant l'ouvrage : « Comment ils sacrifient l'éducation de nos enfants », l'auteur annonce tout de suite la couleur. Il y a bien une volonté de dévoiement, de perversion sous prétexte d'égalité des chances, de non discrimination et autres sornettes du même tonneau. Depuis plus de 40 ans, en voulant la réformer, les puissants détruisent l'école de la République en se gardant d'ailleurs bien d'y placer leurs propres rejetons. Pour ces « héritiers », du solide, du sérieux du traditionnel, pas de méthodes fumeuses, d'éveil transversal et autres sensibilisations ludiques sorties des crânes d'oeufs des pédagogistes disciples de Meyrieu. Le livre regorge de faits avérés qui sont autant de condamnations sans appel. Il se termine par cette constatation : il suffirait de peu de choses pour que ça fonctionne. Oui, sans doute, beaucoup de courage politique et un grand nettoyage pour se débarrasser de tous les Diafoirus jargonnants et autres malfaisants qui pantouflent dans les hautes sphères. Là, d'ailleurs, réside une certaine faiblesse du livre. Sophie Coignard se cantonne un peu trop aux couloirs du ministère, aux magouilles diverses et variées, aux tractations et tripatouillages entre décideurs, hauts fonctionnaires et syndicalistes. Elle aurait pu donner un peu plus la parole aux soutiers et aux galériens, ces enseignants du terrain qui, la plupart du temps, en trichant avec les instructions délirantes, arrivent envers et contre tout à maintenir à flot ce radeau de la Méduse pris de folie. Pour en savoir plus sur la réalité du terrain, lisez plutôt Le Bris « Et vos enfants ne seront pas lire... ni compter » ou Viallet « Le mammouth m'a tuer ». Des témoignages, des vrais.

4/5

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26/08/2015

L'agriculture naturelle (Fukuoka Masanobu)

index.jpgPour Fukuoka, l'agriculture naturelle ne nécessite que très peu de travail, ne provoque aucune pollution et maintient les terres éternellement fertiles. Le paysan ne doit recourir à aucune machine agricole moderne et même pas à la traction animale. Son seul principe : suivre et respecter la nature car seule la nature est parfaite et rien ne peut égaler ses rendements. Pas de labourage. Pas de fertilisant. Pas de sarclage. Et pas de pesticides. Il oppose cette agriculture naturelle à l'agriculture scientifique et lui trouve même des rendements supérieurs. Elle garantit un véritable revenu au paysan et lui permet de répondre à tous ses besoins à condition qu'il sache se contenter des produits de saison bien entendu. Et pour cela, point n'est besoin de champs immenses, d'exploitations de plus en plus énormes qui, après avoir nourri de moins en moins de monde, en sont à ruiner purement et simplement le monde agricole. L'agriculture scientifique, n'étant qu'une déformation voire qu'un viol de la nature, ne peut être qu'inefficace et imparfaite.

« L'agriculture naturelle » est un véritable traité d'agronomie appliquée moins facile d'abord que la « Révolution d'un seul seul brin de paille », plus anecdotique et moins radical. D'une lecture un peu aride, ce livre laisse le lecteur intéressé par les questions agricoles on ne peut plus songeur. Aurait-on fait fausse route pendant toutes ces décennies de « modernisation » de l'agriculture ? Fukuoka aurait-il retrouvé à la fois la voie de la sagesse, le salut des agriculteurs et le moyen de nourrir la planète sans la ravager ? Même s'il est proche de démarches comme celles de la permaculture ou de la biodynamie, il en diffère par bien des côtés. Sa démarche est holistique, philosophique et très inspiré du bouddhisme zen. C'est même tout un mode de vie qu'il propose. Quand on sait qu'il a pratiqué avec grand succès toutes les méthodes qu'il préconise pendant de nombreuses années, on ne peut qu'être interpellé. De nombreux schémas illustrent une pensée claire et cohérente, très en avance sur son époque car basée sur l'observation et sur une sagesse très ancienne. Un livre majeur à conseiller même s'il demande un peu d'attention et reste très cantonné sur la culture du riz, de l'orge et de divers fruits et légumes japonais inconnus chez nous. La démarche est néanmoins transférable partout...

4/5

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25/08/2015

Pensées plus ou moins correctes (52)

index.jpgFANATISME

« Nous avons connu le fanatisme de la foi ; nous connaîtrons peut-être un jour le fanatisme de la raison et ce sera bien pire. »

(Frédéric le Grand à Voltaire)

« Du fanatisme à la barbarie, il n'y a qu'un pas. »

(Denis Diderot)

FANTAISIE

« La fantaisie est un perpétuel printemps. »

(Schiller)

FAT

« Qu'est-ce qu'un fat sans fatuité ? Otez les ailes à un papillon : c'est une chenille. »

(Chamfort)

« Un fat est celui que les sots croient un homme de mérite. »

(Henri de Régnier)

FAUTE

« Les fautes des autres, c'est toujours réjouissant. »

(André Gide)

« Nos fautes sont comme des grains de sable en face de la grande montagne des miséricordes de Dieu. »

(Curé d'Ars)

FAVORITISME

« C'est par favoritisme qu'on entre au paradis. Si c'était au mérite, mon chien y entrerait tout de suite et moi, je resterais dehors. »

(Mark Twain)

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22/08/2015

L'Histoire en question (Alain Decaux)

index.jpgLe 29 octobre 1965, Mehdi Ben Barka, principal opposant au régime du roi Mohammed V du Maroc est enlevé en plein Paris par un commando composé de policiers français, d'un agent du SDECE et de gangsters spécialisés dans la lutte contre l'OAS. Qui a commandité l'enlèvement de ce leader tiers-mondiste, grand ami de Fidel Castro ? Le roi lui-même qui souhaitait le voir rentrer au pays pour lui confier un poste important ? Le général Oufkir et la fraction la plus radicale qui régime qui craignent d'être écarté du pouvoir ? Les truands Boucheseiche, Dubail, Le Ny, Palisse, manipulés par un certain Figon qui cherche à tirer un maximum de profit des Marocains ? Ou encore la CIA qui instrumentalise Oufkir pour se débarrasser de cet opposant radical et encombrant ?

Le 27 novembre 1942, les Alliés ayant débarqué en Afrique du Nord et détruit dans les ports les navires de guerre français, après que les Anglais aient coulé la flotte française dans le port de Mers el Kébir, les Allemands décident d'envahir la zone libre pour empêcher un débarquement sur la côte méditerranéenne. Ils risquent de s'emparer du reste de la flotte française basée à Toulon. Celle-ci est prête à appareiller. L'amiral Laborde attend juste un ordre du maréchal Pétain, ordre qui ne viendra jamais. Pour respecter la parole donnée à Winston Churchill de ne jamais passer sous contrôle allemand, tous les vaisseaux se sabordent dans la rade. Seuls trois sous-marins parviendront à s'échapper...

Dans ce recueil basé sur l'émission de télévision éponyme, Alain Decaux tente d'élucider un certain nombre d'affaires plus ou moins troubles ou méconnues de l'histoire contemporaine. Il nous raconte avec brio et intelligence l'enlèvement d'Eichmann, la tentative d'assassinat au Petit Clamart, la tragédie de Budapest, les travaux scientifiques effectués sur le suaire de Turin, l'affaire Cicéron et les missiles de Cuba. L'historien s'est basé sur ses propres recherches et sur celles de ses pairs. Il est allé enquêter sur le terrain, a su retrouver des témoins négligés et même des acteurs comme le fameux Cicéron, ce valet de chambre de l'ambassadeur d'Allemagne qui avait fourni des informations stratégiques de première qualité aux nazis qui non seulement ne l'avaient pas cru mais encore l'avaient payé en fausses livres sterling. Un ouvrage intéressant pour les passionnés d'Histoire.

4,5/5

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20/08/2015

Montburgonde (Chapitres 1 à 6)

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19/08/2015

Le nez d'un notaire (Edmond About)

index.jpgSous le Second Empire, Alfred L'Ambert, héritier fortuné d'une longue lignée de notaires, est un des habitués du foyer de l'Opéra de Paris où il fait une cour platonique et assidue à une petite danseuse de 14 ans en lui offrant sucettes et bonbons. L'ennui c'est qu'il a un rival, un certain Ayvaz-Bey, secrétaire à l'ambassade de Turquie, qui est en passe de le supplanter dans le cœur de la belle enfant. Au cours d'une bousculade, Alfred percute involontairement le nez de l'Ottoman. Le sang coule. Ayvaz-Bey veut venger son honneur bafoué par un duel. D'un grand coup de yatagan, il ampute le pauvre notaire de son appendice nasal. La médecine pourra-t-elle réparer les dégâts ? La greffe du nouveau nez du notaire tiendra-t-elle ?

« Le nez du notaire » est un charmant conte philosophique qui donne à réfléchir sur les limites de la chirurgie réparatrice, sur les solidarités humaines et sur la vanité de certains préjugés sociaux. C'est une formidable parabole pleine d'humour, d'ironie et parfois même de dérision. Donneur et receveur placés aux deux bouts de l'échelle sociale sont beaucoup plus liés qu'ils ne le croient. Ils se cherchent, se trouvent, se perdent, se rejettent et le plus dépendant n'est pas forcément celui que l'on pourrait s'imaginer au départ... Le style de cet auteur, malheureusement un peu oublié de nos jours, est magnifique, enlevé, rythmé, sans description ennuyeuse et d'une modernité étonnante. Ce texte n'a pas pris la moindre ride et mérite mieux que de disparaître dans les limbes de l'oubli. Si lassé des sottises convenues et mal écrites que les éditeurs nous infligent trop souvent, vous avez envie de retrouver de bonnes histoires, de belles plumes et des esprits ouverts, intelligents et sarcastiques, lisez Daudet, Allais, Jarry, Mirbeau ou About. Vous ne serez jamais déçu ! C'est facile, ça ne coûte pas un kopeck, il suffit de télécharger les fichiers sur « Ebooks libres et gratuits » (entre autres).

5/5

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17/08/2015

Les infâmes (Jax Miller)

index.jpgElle dit s'appeler Freedom Oliver et avoir tué sa fille. En réalité, son nom est Nessa Delanay. Mise sous protection policière, elle a dû changer d'identité. Elle est alcoolique et serveuse dans un bar pour bikers du fin fond de l'Oregon. Elle est mère de deux enfants, Mason et Rebekah que les services sociaux ont placés, suite au drame qu'elle a vécu, dans une famille d'accueil, celle d'un pasteur responsable d'une secte assez louche, les Aventistes du troisième jour. Elle se cache car elle a été impliquée dans l'assassinat de Mark, son mari policier. Matthew, son beau-frère, qui vient de purger une peine de 18 années de prison pour le meurtre en question, regagne le foyer familial, bien décidé à se venger de l'injustice qu'il a subie. Il retrouve Lynn, sa mère obèse et cocaïnomane et ses trois frères. Il s'agit maintenant de traquer Freedom, laquelle aimerait bien retrouver ses enfants qu'elle n'a pas revu depuis tout ce temps.

« Les infâmes » est plus un roman noir qu'un thriller à proprement parler. Présenté comme le premier ouvrage de Jax Miller, il semble pourtant une œuvre de vrai routier du polar tant est grande la maîtrise de la narration, l'art du rebondissement et le maintien du suspens d'un bout à l'autre de la lecture de cette terrible histoire. Le lecteur ne peut qu'être en empathie avec cette malheureuse Freedom à qui il arrive tant de malheurs et qu'être révulsé par la galerie de monstres et de dégénérés qui croisent sa route ou qui la persécution. Cette plongée dans la réalité de l'Amérique profonde a quelque chose d'assez dérangeant. Heureusement qu'elle pourra bénéficier du soutien de Mattley, le flic honnête et de Peter, le seul frère Delanay bien équilibré mentalement. Une belle réussite. Un vrai bouquin de divertissement qu'on ne peut plus lâcher une fois qu'on en a commencé la lecture.

4,5/5

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15/08/2015

Pensées plus ou moins correctes (51)

FAIM

« Toutes les angoisses passent sauf celles de la faim. »

(Proverbe afghan)

index.jpg« Si ce que tu manges ne te grise pas, c'est que tu n'as pas assez faim. »

(André Gide)

FAIRE

« Fais ce que tu fais ! »(Age quod agis !)

(Locution latine)

« Qui veut faire quelque chose trouve un moyen. Qui ne veut rien faire trouve une excuse. »

(Proverbe arabe)

« Pour bien faire, mille jours ne sont pas suffisants. Pour mal faire, un jour suffit amplement. »

(Proverbe chinois)

« Bien faire et laisser dire. »

« Faire et défaire, c'est toujours travailler. »

« Ce qui mérite d'être fait mérite d'être bien fait. »

FAMILLE

« Dans l'épreuve, la famille reste la seule valeur sûre. »

« Lorsque la famille est unie, l'âme est en paix. »

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12/08/2015

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitres 1 à 6)

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10/08/2015

Les Faux As (Chapitres 1 à 23)

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07/08/2015

1917, la révolte des soldats russes en France (Rémi Adam)

index.jpgEn 1916, un corps expéditionnaire russe composé de deux brigades, soit environ 20 000 hommes, est envoyé par le Tsar sur le front de l'ouest pour épauler l'effort de guerre français. Ces hommes échangés contre des fusils, des canons et des munitions sont très vite engagés en Champagne où ils paieront un très lourd prix du sang. Mais en 1917, dès qu'ils apprennent que le Tsar a été détrôné et qu'un gouvernement provisoire a pris les rênes du pouvoir, ils se sentent déliés de leur serment de fidélité envers l'empereur et demandent à être libérés et à rentrer en Russie. Des soviets de soldats sont créés partout. Une grande majorité décide de mettre la crosse en l'air et de cesser de se sacrifier dans une guerre qui ne profite qu'aux banquiers et aux bourgeois. Les gradés ne sont plus ni salués ni respectés. Craignant que ce vent de mutinerie ne gagne les troupes françaises, l'état-major éloigne du front les deux brigades et les installe avec leurs armes dans le camp militaire de La Courtine dans la Creuse. Les esprits ne se calmant pas, les revendications étant toujours les mêmes, on passe aux ultimatums et à l'épreuve de force, ce qui ne résout rien. Finalement, les Russes « loyalistes », encadrés par 5000 soldats français prêts à intervenir en cas de débordement, s'emparent du camp après une importante préparation d'artillerie et trois jours de combats acharnés. Que faire des survivants ? Juger les meneurs, renvoyer les « loyalistes » au front, faire travailler à l'arrière les volontaires ou déporter en Algérie ceux qui refusent tout compromis ?

Cet ouvrage très sérieux et parfaitement documenté sort de l'oubli un fait calamiteux mais beaucoup moins connu que les autres mutineries de 1917. A ma connaissance, seuls Pierre Poitevin en son temps et Jean Anglade dans son livre « Y a pas de bon Dieu ! » l'avaient évoqué. Il faut dire que l'attitude de l'état-major russe qui pratiquait encore systématiquement les brimades et les châtiments corporels et celle des politiques et militaires français qui, s'ils ne participèrent pas physiquement au massacre (les historiens restent divisés sur le nombre de morts lequel varie de quelques dizaines à quelques milliers, tous les documents ayant été détruits...), firent tout pour qu'il se produise en fournissant matériel, armes, logistique et encadrement militaire. La révolution ne devait à aucun prix faire tache d'huile ! Et pour ne rien arranger, les conséquences de cette révolte furent aussi calamiteuses sinon encore pires que la répression elle-même, aussi bien du côté des mutins que de celui des « loyalistes ». Très bon travail d'historien que celui de Rémi Adam qui ne cache pas son parti pris favorable aux insurgés et reste d'une discrétion de violette sur l'après, c'est à dire sur le retour en URSS sous Lénine et Trotsky des hommes de ces brigades sacrifiées. Tout juste dit-il qu'un seul des meneurs intégra l'Armée Rouge et put grimper dans la hiérarchie jusqu'à devenir général pendant la Seconde Guerre Mondiale. Quid des autres ? Goulag, balle dans la nuque, procès truqué ou asile psychiatrique ? Le lecteur averti se doute bien que ce ne fut certainement pas un chemin semé de pétales de rose. Mais là-dessus, motus. Le livre, en plus d'une abondante bibliographie, bénéficie également d'annexes intéressantes et d'une chronologie détaillée. A lire pour qui s'intéresse aux côtés sombres ou cachés de l'Histoire.

4/5

08:29 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/08/2015

L'épervier d'Amérique (Claude Chebel)

index.jpgEn 1803, à Nantes, le capitaine Jean Audubon, héros de l'Indépendance des Etats-Unis et ancien planteur spolié de Saint Domingue, envoie de l'autre côté de l'Atlantique son fils Jean-Jacques, 18 ans, avec un faux passeport pour lui éviter la conscription. Celui-ci est un beau jeune homme aux longs cheveux, rêveur, plutôt artiste et qui aime passer son temps dans les marais à observer les oiseaux et à les dessiner. Il fut un temps élève du peintre David mais il ne le resta pas longtemps car il refusait de dessiner des plâtres et ne s'intéressait qu'aux modèles posant nues. Durant la traversée, il attrape la fièvre jaune. Débarqué à Philadelphie, il est soigné par les sœurs Bingham puis recueilli par la famille Fisher dont il séduit la fille, Mary... Ainsi débute une longue épopée jalonnée de bonnes fortunes féminines, de périodes de vaches maigres et d'explorations le long du Mississippi, en Louisiane et aux quatre coins des Etats-Unis, épopée qui se terminera glorieusement quarante ans plus tard quand il sera considéré comme un des plus grands artistes de son temps. Aujourd'hui encore, Audubon est, avec La Fayette, le Français le plus célèbre aux USA.

« L'épervier d'Amérique » est présenté comme une « extraordinaire biographie romancée ». Claude Chebel a fait la part belle aux nombreuses légendes attachées à la vie de l'artiste (épisode de l'apprentissage chez David, possibilité qu'Audubon, enfant naturel ait été en réalité Louis XVII, l'enfant de la prison du Temple...) et surtout à ses nombreuses conquêtes féminines. Le lecteur, au-delà de la vie du naturaliste, trouvera surtout son compte dans la description de l'Amérique du tout début du XIXème siècle, jeune nation encore en construction. Le Texas ne fait même pas encore partie de l'Union ainsi que plusieurs autres états encore sous domination espagnole. Le grand Ouest est à peine exploré et les guerres indiennes ne sont pas encore terminées. Le pays est sauvage, immense, secret et plein de promesses. Il est à l'échelle de cet aventurier pittoresque, libre, grand séducteur et peintre de génie. Dommage que cet ouvrage soit plus un roman, bien écrit et intéressant d'ailleurs, qu'une véritable biographie.

3,5/5

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30/07/2015

Dorian Evergreen (Nouvelle extraite du recueil "Dorian Evergreen")

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20/07/2015

Montburgonde (Chapitres 1 à 5)

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18/07/2015

Le journal du docteur Tom Dooley (Tom Dooley)

index.jpgEn 1954, suite au désastre de Dien Bien Phu, l'Indochine se retrouve coupée en deux entre le nord communiste et le sud nationaliste. Un corps expéditionnaire américain est chargé de faire respecter les accords de cessez le feu. Mais très vite, des centaines de milliers de réfugiés traumatisés par les massacres et autres tortures fuient le nord et viennent s'entasser dans des camps de transit, non loin d'Haïphong, zone provisoirement démilitarisée et encore protégée. C'est là que le jeune Tom Dooley, médecin de marine, commence à soigner toutes sortes de pathologies, blessures et tortures diverses. Il organise un centre médical qui se transforme peu à peu en hôpital de fortune. A ce petit peuple martyrisé, il se dévoue corps et âme, nuit et jour, sans jamais compter sa peine. Peu à peu, les premiers assistants, américains d'abord, puis indochinois, viennent l'aider. L'évacuation de milliers de malheureux réalisée et la zone passée derrière le rideau de bambou, Tom Dooley repart aider et soigner ses frères humains dans le nord du Laos. Son extraordinaire dévouement est célébré dans toute l'Amérique. Mais la maladie aura raison du grand homme. Il mourra d'un cancer en 1961.

« Le journal du docteur Tom Dooley » est un témoignage émouvant, bouleversant et passionnant à bien des égards. Il se compose en fait de trois livres : « Délivrez-nous du mal », relatant l'expérience indochinoise, « L'aube du lendemain », sur le Laos et « La nuit où la montagne brûla » sur la seconde implantation toujours au Laos et sur sa maladie. Dooley fut un émule du célèbre Docteur Schweitzer qui l'avait d'ailleurs encouragé et avait accepté la présidence honoraire de « Medico », son mouvement caritatif. Dans cet ouvrage qui n'a pas pris la moindre ride, le lecteur découvrira ou redécouvrira certains aspects de l'horreur des exactions communistes dans le sud-est asiatique, page d'histoire si calamiteuse que les médias se sont empressée de la glisser avec la poussière sous le tapis des dommages collatéraux de l'avancée glorieuse du progressisme mondial. Il se retrouvera également à la source même de la démarche humanitaire, celle de l'ingérence au nom de la solidarité humaine dans laquelle s'engouffreront plus tard les premières ONG comme « Médecins sans frontières ». Mais en 1954, ce n'était pas encore du « charity business », juste une main tendue vers les plus pauvres et les plus persécutés... En plus de tous ses biens, Dooley y laissa d'ailleurs sa santé et sa vie. Une belle figure exemplaire des temps modernes qui bouleversa l'Amérique au point de lui consacrer films, émissions et même une très célèbre chanson. A lire et qui mériterait d'être réédité !

4,5/5

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10/07/2015

Les Faux As (Chapitres 1 à 20)

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08/07/2015

Tempête sur la ville d'Ys (Henri Queffélec)

index.jpgAux temps lointains des débuts du christianisme en Bretagne, la ville d'Ys, située à la pointe du Finistère, non loin de l'emplacement actuel de Douarnenez, vit ses dernières heures d'insouciance et de volupté. Plusieurs secousses sismiques l'ont déjà ébranlée sans faire trop de dégâts mais chacun sent que la nature ne va pas en rester là. Son seigneur et maître, le roi Gradlon, est en route vers elle pour évaluer la situation. Sa fille, la belle et volage Ahès, se réveille entre les bras de Gudolf, son amant du moment. Elle le quitte pour aller chevaucher dans la campagne. Ce qu'elle y voit est loin de la rassurer : les quais du port sont délabrés, la grande écluse perd ses clous, les digues se fissurent et se rompent un peu partout. Comment Ys pourra-t-elle résister aux assauts furieux de la mer ?

« Tempête sur la ville d'Ys » est un roman dramatique ou mélodramatique basé sur une ancienne légende mythologique qui a assez peu de fondements historiques. Le lecteur pouvait s'attendre à ce que Queffélec fasse preuve d'imagination et nous retrace les dernières heures de la cité dans un contexte sociologique et anthropologique plus large. Il se contente de raconter cette version bretonne de Sodome et Gomorhe ou d'Herculanum et Pompéï en ne s'attachant qu'à un nombre restreint de personnages, la plupart peu sympathiques comme Ahès, fille gâtée, égoïste et meurtrière, Gradlon, roi veule et pas à la hauteur de la situation quand il laisse l'initiative à un homme peu recommandable, etc. Seuls Guénolé, l'ermite et son confrère druide représentent les héros positifs, ceux qui tentent de calmer la folie des hommes et d'apaiser la fureur de la nature à leurs dépens bien entendu. Beaucoup de descriptions peu utiles et un certain manque de rythme rendent la lecture un tantinet laborieuse. Il faut dire également que le style de ce livre un peu ancien (1962) a assez mal vieilli et que, dans ce registre « catastrophiste », d'autres auteurs plus « punchy » comme Richard Harris et quelques autres ont brillé. Cet ouvrage ne supporte malheureusement pas très bien la comparaison.

2,5/5

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05/07/2015

Une invitation à dîner (Luigi Pirandello)

index.jpg(…) – À table, annonça mollement Santa.

Schiribillo, à table ! cria Mauro. Et laissez-vous faire. Nous allons vous faire grandir... Vous allez tellement manger que vous ne pourrez plus passer par la porte. Nous vous descendrons par la fenêtre quand vous serez gavé.

Je mange très peu, très peu, avertit Don Diego.

Quelle est la place de l’invité, demanda Titta à voix basse à ses soeurs.

Entre Rosario et Lisa, proposa Mauro. Mais Lisa se révolta : – Nous autres femmes, nous nous assiérons à part.

Don Diego s’assit entre Rosario et Nicola. Les huit Borgianni à peine en place, remplirent de vin les gros verres à eau.

Le signe de la croix ! dit Rosario solennellement.

Et de boire !

Don Diego, vous ne buvez pas, demanda Titta.

Merci, jamais avant le repas, s’excusa l’hôte timidement.

Allons donc, pour ouvrir l’appétit, suggéra Nicola en lui mettant le verre en main.

Don Diego l’approcha de ses lèvres par politesse et le découronna à peine d’une petite gorgée prudente.

Cul sec, cul sec, criaient les huit Borgianni.

Je ne pourrais pas, merci, je ne pourrais pas...

Mauro se leva de sa chaise :

Attendez, je vais le mettre à la raison...

Et saisissant le verre d’une main, de l’autre la tête de Don Diego, il dit : – Laissez-vous faire...

Et il lui fit avaler son verre de force.

Oh ! mon Dieu ! hoquetait Don Diego, à demi asphyxié, les yeux pleins de larmes. – Oh ! mon Dieu !

Il s’était levé et essuyait son front trempé de sueur, au milieu des rires de toute la tablée.

Regardez ! Le vin lui ressort par les yeux ! raillait Angelica.

On servit le cochon de lait farci... Rosario se leva, découpa ; la plus grosse portion fut pour Don Diego.

C’est trop, beaucoup trop, répétait l’invité, l’assiette à la main.

Ne commencez pas, cria Nicola. Ce n’est pas trop.

La moitié seulement, je vous en prie, insistait Don Diego. Je ne pourrais pas. Je mange très peu.

Mangez, cria Mauro et il se leva de nouveau.

Don Diego, épouvanté, baissa le front vers son assiette et commença à manger en silence.

Tous d’ailleurs mangeaient en silence. Mais chaque fois que l’invité faisait le geste de poser sa fourchette, les huit géants reprenaient d’une seule voix :

Mangez, jusqu’à la dernière bouchée !

Maintenant je ne pourrais vraiment plus rien manger, protesta Don Diego, avec quelque énergie et un grand soupir de soulagement, quand il eut vidé son assiette. J’ai dîné comme un prince.

Mauro s’insurgea :

Vous dites ?... Nous ne faisons que commencer...

Vous autres, évidemment, repartit en souriant Don Diego. Vous avez, Dieu merci, la capacité qu’il faut... Je parle pour moi...

Pour qui nous prenez-vous ? fit Titta, en fronçant les sourcils. Vous vous figurez qu’on vous a invité pour manger un seul plat et c’est tout ? Occupez-vous de manger et faites ce que vous devez, comme nous avons fait ce que nous devions. Nous vous avons des obligations, laissez-nous les remplir.

Ne vous fâchez pas, je disais simplement que je...

Vous mangerez, coupa court Rosario. Voilà la chasse de Mauro.

Un lièvre et cinq alouettes pour moi seul, s’écria Don Diego atterré. Mais c’est impossible. Mais voyons, comment pouvez-vous croire que je...

Pas d’histoire, n’est-ce pas ! fit Nicole.

Mais regardez-moi un peu, implorait Don Diego. Où voulez-vous que je les mette ? Vous ne voulez pas que j’y laisse la peau...

Rosario ne comprit pas :

Quelle peau ? Vous n’avez rien à laisser. Le lièvre est écorché !

Je parle de la mienne, de ma peau ! Où voulez-vous que je mette un lièvre ?

Je vous ai mis aussi cinq alouettes.

Mais je n’ai pas le ver solitaire... Permettez-moi de manger seulement les alouettes.

Écoutez, hurla Mauro, en brandissant une cuisse de lièvre qu’il déchiquetait à belles dents. C’est moi qui ai tué tout ce gibier. Je me suis cassé les jambes pour vous, trois jours de suite. Si vous ne mangez pas tout, je prendrai la chose comme une injure personnelle.

Ne vous fâchez pas, je vous en supplie. Je vais essayer.

Et le pauvre Don Diego recommandait son âme au Dieu de miséricorde. Il mangeait et la sueur commençait à lui couler du front. Il levait les yeux et il voyait ces huit démons de l’enfer qui entonnaient du vin, du vin et encore du vin.

Jésus, viens à mon aide, gémissait-il tout bas.

Le repas n’en finissait pas. Don Diego aurait voulu pleurer, se rouler à terre de désespoir, se griffer la figure, se décrocher la mâchoire de rage. On n’avait jamais vu pareille cruauté. Même pas du temps de Néron. Il n’avait même plus la force de soulever son assiette. Les couverts, les verres, les bouteilles tourbillonnaient devant lui sur la table ; ses oreilles bourdonnaient. Ses paupières se fermaient seules, tandis que les huit Borgianni, déjà saouls, hurlaient, gesticulaient comme des énergumènes, tantôt debout, tantôt assis et sans cesser de s’injurier.

À présent, si Don Diego écartait un peu son assiette en disant comme en rêve : « Je n’en peux plus... je n’en peux plus... » les huit géants se jetaient sur lui et le couteau sur la gorge :

Mangez, grand imbécile. C’est pour vous que nous avons fait tous ces frais.

Don Diego n’était déjà plus de ce monde, lorsqu’à travers ses paupières mi-closes il lui sembla apercevoir sur la table une énorme meule de remouleur. Il fit alors une suprême et vaine tentative pour se lever et s’enfuir :

Oh ! mon Dieu ! ils m’ont attaché à ma chaise, gémit-il, et il fondit en larmes.

C’était faux, mais le pauvre Don Diego se croyait attaché. Rosario se leva de toute sa hauteur, le tranchoir à la main. Don Diego eut l’impression qu’il touchait le plafond de sa tête et qu’il tenait en main un sabre pour l’exécuter.

La moitié pour Don Diego, cria Rosario, en partageant l’énorme pâté que le pauvre homme avait pris pour une meule.

L’autre moitié à ses deux voisins, proposa Angelica.

Et nous alors, fit Mauro. Nous rien ? Je veux ma part.

Mais Luca prenait parti pour Angelica.

Non, non, aux deux voisins.

Don Diego, épouvanté, voyait grossir la dispute.

Et moi, alors, par droit du plus fort, je prends ma part, cria Mauro. Il se leva et étendit la main vers le pâté.

Mais Luca fut plus prompt : il saisit le pâté et, poursuivi par toute la famille, parmi les cris et les bourrades, il le jeta par la fenêtre. Une rixe furieuse suivit : frères et soeurs s’étaient pris aux cheveux : hurlements, gifles, coups de poings et coups d’ongles, chaises renversées, bouteilles, verres et plats en miettes, le vin répandu sur la nappe, la fin de tout. Rosario monta debout sur une chaise et de sa voix de stentor il cria :

Vous n’avez pas honte de donner pareil spectacle... Avec un invité à votre table !

À cet énergique rappel à l’ordre, les furieux se figèrent comme pétrifiés. Ils cherchèrent leur invité : où était-il passé ? Où diable s’était-il fourré ?

Sur la chaise, le manteau ; sous la table, une paire de souliers. Le malheureux s’était sauvé pieds nus pour courir plus vite.

En somme, tout a bien marché, constataient entre eux un moment plus tard les huit Borgianni, enfin calmés. – Tout a bien marché, sauf le dessert.

17:07 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/07/2015

Services discrets (Vernon A. Walters)

index.jpgDe 1941 à 1975, Vernon Walters poursuivit une carrière militaire brillante qui, du grade de simple seconde classe le mena à celui de général de corps d'armée et de conseiller particulier de cinq présidents américains : Harry Truman, Dwight Eisenhower, Richard Nixon, John F. Kennedy et Gerald Ford. En 1942, il débarqua au Maroc avec le corps expéditionnaire américain et commença une extraordinaire carrière d'interprète en interrogeant les prisonniers français. Capable de parler plusieurs langues, il accompagna les présidents dans leurs déplacements à l'étranger, put ainsi rencontrer la plupart des dirigeants de cette époque (De Gaulle, Pompidou, Khrouchtchev, Tito, Franco etc...) et participer aux négociations les plus secrètes comme celles devant mettre fin à la guerre du Viet-Nam ou celles permettant de renouer des relations diplomatiques avec la Chine. Il termina sa carrière comme directeur adjoint de la C.I.A à un moment crucial de son histoire, celui de l'affaire du « Watergate ».

« Services discrets » est une autobiographie et un témoignage de première main d'une grande franchise. Le général Walters fut un témoin privilégié qui se retrouva placé, grâce à ses talents de polyglotte, au centre névralgique des plus grandes affaires internationales de l'époque. Il nous fait partager une expérience unique des hommes et des évènements qui ont marqué l'histoire du vingtième siècle. Nous y découvrons la grande amitié qui régnait entre De Gaulle et Eisenhower, la fabuleuse mémoire de De Gaulle, les talents de comédien de Mossadegh, le courage de Nixon pris dans des émeutes à Lima et Caracas, la haine des Nord-vietnamiens réclamant avec une froide détermination la tête du général Thieu etc, etc... Un livre un peu ancien car publié en 1978 mais qui intéressera tous ceux que l'Histoire récente passionne et tous ceux qui cherchent des clés pour comprendre notre présent.

4/5

09:00 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30/06/2015

Chat perché (Nouvelle extraite du recueil "Dorian Evergreen"

08:55 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/06/2015

Des millions de regrets (Aurélien Poilleaux)

cover225x225.jpegDans un village du nord de la France, Sébastien Levieux passe son temps à boire au café du « Rendez-vous » en compagnie de quelques amis chômeurs. Chaque semaine, ils se cotisent pour jouer à l'Euromillions. Les numéros qu'ils ont cochés ne sortent jamais. Et pourtant, un jour, un miracle se produit, leurs numéros s'affichent ! Ils laissent éclater leur joie. Mais il y a un petit ennui, Lucie, la buraliste, qui chaque semaine est chargée de valider le billet, n'est pas là. L'ennui devient un énorme problème quand on découvre Lucie assassinée. D'abord blessée à la tête puis poignardée de 27 coups de couteau de boucher. Un par million perdu. En compagnie du capitaine de gendarmerie Boneuil, Sébastien mène l'enquête... Il y a quatre ans que Magali Beaumont a disparu. Quand on sait qu'au-delà de huit jours, il n'y a pratiquement aucune chance de retrouver un mineur vivant, on se demande pourquoi Boneuil s'acharne à vouloir poursuivre les recherches...

« Des millions de regrets » est un court recueil de nouvelles policières de facture assez classique proposé par les éditions « L'anthologiste » à titre de « teaser » ou de « préquel » destiné à inciter les lecteurs à poursuivre la lecture des enquêtes des personnages récurrents de cette série. L'ennui, c'est que l'intérêt est très relatif, les personnages mal campés et l'intrigue quelconque avec une fin sans surprise. Le format novella ou longue nouvelle a ses impératifs particuliers. Il demande du rythme, de l'originalité, de la fantaisie et une qualité d'évocation puissante et rapide. Ce qui n'est pas le cas de cet ouvrage. La seconde nouvelle est présentée inachevée, ce qui ne permet pas de savoir si ces défauts sont récurrents. Quoi qu'il en soit, on pourra éviter. N'est pas Agatha Christie qui veut...

2/5

08:50 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/06/2015

Montburgonde (Chapitres 1 à 4)

09:41 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/06/2015

Quoi de neuf en 2015 ? (Lonely Planet)

cover225x225.jpegVoulez-vous escalader les 541 mètres du plus haut gratte-ciel de New-York ? Plonger avec les baleines en Argentine ? Randonner sur le vertigineux Caminito del Rey restauré récemment en Espagne ou faire un treck en Tasmanie le long du mythique Three Capes Track ? Suivre les traces du chanteur Johnny Cash en visitant sa maison-musée en Arkansas ? Découvrir le nouveau musée du chocolat belge, le musée Picasso de Paris récemment rouvert après rénovation, la National Gallery de Singapour ou le musée d'art moderne de Florence ? Faire des parcours acrobatiques en tyrolienne dans la jungle africaine ou à Jaïper (Taïwan) ? Parcourir un tunnel de glace de 500 m de long en Islande ? Observer les étoiles dans le ciel sans pollution de l'outback australien ? Vivre avec la tribu Korafe au fin fond de la Papouasie ? Vous divertir dans le Poudlard Express dans le Parc attraction récemment agrandi d'Universal à Orlando ? A moins que vous ne préfériez visiter de nouvelles distilleries de whisky ou de gin en Ecosse, la brasserie « The Smithwick Expérience », la collection Whitney ou d'étranges sphères mégalithiques au Costa Rica ?

Telles sont quelques-unes des propositions étonnantes qui sont présentées dans cet e-book présenté par Lonely Planet. A proprement parler, cet ouvrage n'est ni un guide touristique ni un catalogue, mais plutôt une compilation d'articles illustrés de photos présentant des sites mystérieux, des destinations insolites, des curiosités encore peu connues car juste dénichées, de nouvelles possibilités de sports extrêmes, etc. Histoire de ne pas voyager idiot, de sortir des sentiers battus et de vivre de nouvelles expériences. Les adresses, les modalités et toute l'organisation pratique de ces voyages ne sont pas fournies dans le livre. Pour ce faire, il suffit de cliquer sur les nombreux liens qui renvoient au site de Lonely Planet. C'est astucieux, commercial à souhait bien sûr, et cependant très intéressant pour qui a l'envie et les moyens de parcourir la planète à la recherche de véritable nouveauté touristique.

4/5

01:00 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/06/2015

Les vacanciers (Emma Straub)

images.jpgA Manhattan, une famille américaine aisée, les Post, se préparent à partir en vacances en Europe. Ils doivent passer une quinzaine de jours à Majorque dans la magnifique villa d'une amie artiste branchée. C'est l'occasion pour Franny, la mère qui organise tout, de rassembler autour d'elle sa petite famille : son mari Jim, sa fille Sylvia fraîchement diplômée et bientôt étudiante à l'Université, son fils aîné Bobby, agent immobilier résidant à Miami, et sa compagne Carmen, prof d'aérobic. Charles et Lawrence, deux amis homosexuels doivent rejoindre sur place la petite famille. Pour qu'ils passent tous un agréable séjour, Franny a tout prévu, baignades, visites de musées et même un jeune et charmant professeur d'espagnol pour que Sylvia ne bronze pas idiote.

« Les vacanciers » est un roman intimiste, familial et social dans lequel tous les ingrédients sont réunis pour obtenir une recette agréable au plus grand nombre. L'ennui, c'est qu'on est plus près de l'oeuvrette que du chef d'oeuvre. Les personnages ? Une bande de bobos new-yorkais branchés mais ni particulièrement intéressants ni spécialement sympathiques. Chacun des sous-groupes représente une tranche d'âge avec des problèmes bien dans l'air du temps. De l'ado au portable greffé dans la main qui ne pense qu'à perdre sa virginité aux deux sexagénaires torturés par le démon de midi en passant par le jeune couple en train de se détricoter sans oublier les deux homos proches de l'extase car en passe de devenir parents, il y en pour tous les goûts. L'originalité de l'intrigue ne va pourtant pas au-delà de quelques histoires de tromperies, de coucheries et de réconciliations sur l'oreiller. On cherche en vain l'humour et le ton décalé qui auraient dû pétiller à chaque page. Si on y ajoute les clichés politiquement corrects usés jusqu'à la corde et une psychologie de magazine féminin, l'agacement finit par l'emporter. A réserver aux fans de ce « genre littéraire » particulier.

3/5

17:33 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/06/2015

Les Faux As (Chapitres 1 à 17)

11:47 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/06/2015

Le déshonneur d'Ann Campbell (Nelson DeMille)

51K2RK71DJL._AA160_.jpgA Fort Hadley, base de l'armée américaine en Géorgie, Anne Campbell, militaire de carrière et fille du général « Battling » Campbell, est retrouvée nue, ligotée, violée et assassinée sur le champ de tir. Paul Brenner, officier du C.I.D, division d'investigation criminelle de la police militaire, se voit chargé de l'enquête avant que le F.B.I ne s'en mêle. L'affaire est extrêmement délicate car elle touche à l'honneur et à la réputation de plusieurs hauts gradés de l'armée. Paul pourra bénéficier de l'aide de Cynthia Sunhill, enquêtrice spécialisée dans les affaires de harcèlement et de viol, qui est également son ancienne maîtresse et surtout la dernière personne qu'il aurait souhaité trouver à ses côtés. Mais qui a bien pu trucider la très belle et très désirable Anne Campbell, à la fois militaire irréprochable et femme fatale aux liaisons multiples ?

« Le déshonneur d'Anne Campbell » est un roman policier classique avec meurtre, enquête, suspects et découverte du coupable au dernier chapitre. Vu son départ sur les chapeaux de roues, le lecteur s'attend à une histoire menée tambour battant avec de nombreux rebondissements, des personnages hauts en couleurs, des fausses pistes etc... La réalité est un peu différente. L'enquête se révèle poussive et tatillonne ; très vite les soupçons se portent sur le responsable et par conséquent, la fin apparaît plutôt décevante. Le récit se perdant dans des détails sans grand intérêt et des redites nombreuses, la lecture en devient assez vite laborieuse d'autant plus que les deux personnages principaux que l'on s'attendait à voir s'entredéchirer ou au moins à se chicaner se laissent embarquer dans l'option inverse c'est à dire un retour de flamme un peu mièvre. Au total, un polar presque médiocre ayant pour seul mérite une description des conditions de vie sur une base militaire US. On rêve de ce qu'auraient pu en faire une Agatha Christie ou un Simenon.

3/5

08:32 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/06/2015

Récits d'un pélerin russe (Extrait)

index.jpgComme la nuit tombait, je sentis soudain une douleur violente dans les jambes et je me rappelai qu'elles étaient mouillées. (…) Lorsque au matin, je voulus me lever, je ne pouvais plus remuer les jambes. Elles étaient sans force et aussi molles qu'une mèche de fouet; le garde me tira en bas du banc et je restai ainsi deux jours sans bouger. Le troisième jour, le garde me chassa de la baraque en disant : « Si tu meurs ici, il faudra encore courir et s'occuper de toi. »

J'arrivai à me traîner sur les mains jusqu'au perron de l'église où je restai couché. Je demeurai là environ deux jours. Les gens qui passaient ne faisaient pas la moindre attention ni à moi ni à mes demandes.

Enfin, un paysan s'approcha de moi et commença la causette. Au bout de quelque temps, il dit : « Que me donneras-tu ? Je vais te guérir. J'ai eu exactement la même chose et je connais un remède. »

- Je n'ai rien à te donner, lui répondis-je.

- Et qu'est-ce qu'il y a dans ton sac ?

- Rien que du pain sec et des livres.

- Eh bien, tu travailleras chez moi pendant un été si je te guéris.

- Je ne peux pas non plus travailler. Tu vois que je n'ai qu'un bras de valide.

- Alors que sais-tu donc faire ?

- Rien, sinon lire et écrire.

- Ah ! Ecrire ! Eh bien, tu apprendras à écrire à mon garçon, il sait un peu lire et je voudrais qu'il écrive. Mais les maîtres demandent cher, vingt roubles pour savoir toute l'écriture.

Je m'arrangeai donc avec lui et, avec l'aide du gardien, ils me transportèrent chez le paysan où l'on me mit dans un vieux bain au fond de l'enclos. Il commença alors à me soigner : il ramassa dans les champs, dans les cours et dans les trous à ordures une pleine mesure de vieux os d'oiseaux et de toutes sortes d'animaux; il les lava, les brisa en petits morceaux avec une pierre et les mit dans une grande marmite; il la coiffa d'un couvercle avec un trou et retourna le tout au-dessus d'un vase qu'il avait enfoncé en terre. Il enduisit soigneusement le fond de la marmite d'une couche épaisse de terre glaise et la couvrit de bûches qu'il laissa brûler pendant plus de vingt-quatre heures. En installant les bûches, il disait : « Tout ça va faire un goudron d'os. » Le lendemain, il déterra le pot, dans lequel avait coulé par l'orifice du couvercle environ un litre d'un liquide épais, rougeâtre, huileux et sentant comme la viande fraîche; les os restés dans la marmite, de noirs et pourris qu'ils étaient, avaient maintenant une couleur aussi blanche et transparente que la nacre ou les perles. Cinq fois par jour, je me frictionnai les jambes avec ce liquide. Et croyez-vous ? Le lendemain, je sentis que je pouvais remuer les doigts; le troisième jour, je pouvais plier les jambes, et le cinquième, je me tenais debout et marchais dans la cour appuyé sur un bâton. En une semaine, mes jambes étaient devenues normales...

Des os desséchés ou pourris, déjà presque revenus à la terre, gardent en eux la force vitale, une couleur et une odeur; ils exercent une action sur les corps vivants auxquels ils peuvent rendre la vie...

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30/05/2015

Les Thanatophores (Nouvelle extraite du recueil "Dorian Evergreen")

08:57 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/05/2015

Arlequin (Morris West)

index.jpgA Zurich, le banquier d'affaires Georges Arlequin est victime d'un coup monté frauduleux. Les ordinateurs de sa société ont été piratés et un important découvert a été opéré en sa faveur alors qu'il se trouvait à l'hôpital souffrant d'un mal mystérieux. Presque immédiatement « Creative Systems Incorporated », une société américaine dirigée par le sulfureux Basil Yanko fait une proposition alléchante en vue de racheter Arlequin. Georges est d'abord tenté et, à la réflexion, décide de refuser. Parviendra-t-il à résister aux assauts de Yanko, homme sans scrupule, brutal, efficace, ambitieux et capable des pires vilenies pour parvenir à ses fins ? Nul doute qu'il devra forcer sa nature d'Européen cultivé, élégant et respectueux des lois et des usages. Il pourra bénéficier de l'aide du narrateur, Paul Desmond, son bras droit et son meilleur ami.

« Arlequin » est un thriller fort bien construit dévoilant les coulisses peu reluisantes du monde des affaires. Tous les coups y sont permis pourvu que l'on utilise des tiers pour les porter et donc qu'on ne se salisse jamais les mains. Jamais Arlequin ne pourra prouver devant la justice la culpabilité de Yanko. L'honnête homme qu'il est se retrouve donc obligé d'utiliser les mêmes méthodes que son adversaire autant dire qu'il doit se rabaisser à son niveau. Un livre qui fait réfléchir sur le thème des multinationales sans foi ni loi, de l'argent roi, des bulles financières et de méthodes mafieuses pour venir à bout de turpitudes. Mais la fin justifie-t-elle les moyens ? Quand le lecteur pense à Yanko, il imagine facilement de quels grands banquiers Morris West a pu s'inspirer pour créer son personnage. Et là encore la réalité dépasse la fiction, ces gens-là sont encore pires que lui. La plume de West est fluide et agréable, l'intrigue bien menée et pleine de rebondissements montant crescendo et amenant à une fin plutôt surprenante. Un bon moment de lecture pour un roman un peu ancien (1974) mais qui n'a pas pris une ride.

4/5

08:36 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/05/2015

Montburgonde (Chapitres 1, 2 & 3)

09:08 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |