09/01/2016

Voleurs de lumière (Sylvie Kaufhold)

voleurs de lumière.jpgDans une cité-bulle des territoires de l'Ombre où la lumière est comptée aux pauvres gens, la jeune Gwen, 12 ans, est accusée de sorcellerie en raison de sa chevelure rousse. La populace déchainée veut même improviser un bûcher pour la brûler vive car elle s'imagine qu'elle a fait périr père et mère dans un incendie. Un capitaine de la garde consulaire s'interpose juste à temps. Sur ordre du consul Leroy, il la tire des griffes de la foule et la conduit à la Tour Froide, prison de fort mauvaise réputation...

« Voleurs de lumière » est une nouvelle (ou novella d'une centaine de pages) de fantaisie fantasmagorique pleine de poésie, de symbolisme et d'images oniriques surprenantes. Ce texte magnifique est porteur de thèmes aussi intéressants que celui du passage de l'ombre à la lumière, ou celui de l'opposition entre l'oppression et la liberté, sans parler de la haine et l'amour ou de la mort et la vie. D'où un aspect conte philosophique qui donne à réfléchir et pas juste à rêver comme cela peut être trop souvent le cas dans ce genre de littérature. Le personnage de Gwen est attachant et sympathique, une vraie héroïne que l'on quitte à regret en se disant que cette histoire dévorée trop vite appelle à une suite dans cet univers particulièrement étrange et original. La plume est alerte et agréable, le style limpide et efficace. Un vrai régal pour amateurs (trices) de fantaisie de qualité.

5/5

 

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08/01/2016

Vouloir toucher les étoiles (Mike Horn)

 

index.jpgMike Horn est un aventurier de l'extrême, une référence en matière de survie et de défis impossibles à relever. Un palmarès hors norme. Il a descendu l'Amazone en hydropseed, suivi sur 40 000 km la latitude zéro sans la moindre utilisation de moteur à explosion, bouclé le tour de l'Arctique et effectué un nombre important de tours du monde à la voile. Dans cet ouvrage, en plus de nous révéler quelques pans moins connus de sa vie, il nous raconte en détail son nouveau pari : gravir à la suite, en compagnie de trois amis montagnards chevronnés, quatre sommets de plus de 8000 mètres dans l'Himalaya. Sans porteurs, sans oxygène et sans voie préparée par des cordes, juste à la force de la volonté...

Ce témoignage, écrit avec trois co-auteurs cités en fin d'ouvrage, laisse le lecteur aussi partagé qu'admiratif. En effet, avec beaucoup d'honnêteté et de modestie, Mike Horn lui fait découvrir la réalité de la fameuse zone de mort entre 7500 m et 8000 m d'altitude où un rien, un faux pas, une hallucination, quelques minutes de trop peuvent déclencher la catastrophe fatale. On est assez loin des sagas flamboyantes de certains grimpeurs plus soucieux de cultiver leur légende que de dépeindre la cruelle réalité. Horn ne cache pas que chaque année il perd plusieurs amis aventuriers victimes de leur passion. Un livre agréable à lire, qui se dévore même. Plus généraliste que ses précédents car au récit des escalades (celle du Makalu est particulièrement dramatique) répondent des flashbacks sur sa jeunesse, sa vie militaire, son passé de trader dans le commerce de fruits et légumes, son présent d'aventurier sponsorisé, de coach sportif et de défenseur de la biodiversité sans oublier quelques pages sur sa vie privée. Le lecteur referme le livre en se disant que l'auteur aurait pu en raconter sans doute le triple. A conseiller aux amateurs de grands espaces, aux conquérants de l'impossible et même aux aventuriers en pantoufles !

4/5

 

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06/01/2016

Belle-Rose (Amédée Achard)

index.jpgAu début du règne de Louis XIV, Guillaume Grinedal, dit « le père Guillaume », fauconnier de son état et ancien militaire, s'est retiré avec ses trois enfants, Jacques, Claudine et Pierre, à la campagne non loin de Saint Omer, dans une petite maison léguée par son ancien maître. Un jour de 1658, un homme qui se dit commerçant confie une mission délicate à Jacques qui s'en acquitte avec un brio remarquable. A son retour, Jacques demande en mariage Suzanne, fille d'un nobliau des environs lequel refuse car le prétendant est pauvre et sans nom. Complètement dégoûté, Jacques quitte la région pour aller tenter sa chance à Paris. Détroussé en chemin par des brigands et se retrouvant sans un sou, il ne lui reste plus d'autre alternative que de s'enrôler dans l'armée...

« Belle-Rose » est un roman populaire de style « cape et épée » comme on savait si bien en écrire au XIXème siècle. Tous les ingrédients du genre sont présents : multiples rebondissements, duels, batailles, coups tordus, machinations diverses et variées, méchants très répugnants (Louvois a un très vilain rôle dans cette histoire foisonnante), bons particulièrement courageux et chevaleresques, amours contrariés. Au long de ce gros pavé de 691 pages, le héros passera son temps à faire contre mauvaise fortune bon cœur, à se battre contre une destinée contraire et n'arrivera à ses fins qu'avec une dose de constance et de courage hors du commun. Avec ce héros, ce chevalier prolétarien sans peur et sans reproche, on se retrouve à mille lieues des personnages de la littérature actuelle. Mais quel plaisir de goûter la langue magnifique, le style élégant et le panache d'un auteur sachant mener son histoire tambour battant. Selon le principe du roman feuilleton, l'intérêt est relancé systématiquement à chaque chapitre. Contemporain de Ponson du Terrail, de Paul Féval et d'Alexandre Dumas, Amédée Achard, auteur prolifique et estimé en son temps même par Dumas est injustement oublié de nos jours et c'est bien dommage. Espérons que le libre accès de ce texte permettra aux amateurs de bons romans historiques de le découvrir (ou de le redécouvrir).

4/5

 

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05/01/2016

Le merveilleux ménétrier (Conte picard légèrement remanié)

images.jpgIl était une fois un ménétrier qui avait un violon un peu grinçant d'avoir trop longtemps fait danser filles et garçons pour les bals et les mariages dans tous les coins de Picardie. Un peu las et dégoûté par le peu d'enthousiasme qu'il rencontrait au village, ce pauvre ménétrier se rendit un jour tout seul dans une forêt, se creusant la tête pour savoir ce qu'il pourrait bien faire pour retrouver la faveur du public. Et comme il ne trouvait rien, il se dit: "Le temps commence à me sembler long à rester à ruminer comme ça, tout seul dans cette forêt noire et profonde; je devrais faire en sorte de trouver un bon compagnon pour jouer de la musique avec moi." En conséquence, il prit son violon qu'il portait sur le dos, et se mit à jouer un air qui réveilla mille échos dans le feuillage. Il n'y avait pas longtemps qu'il jouait, lorsqu'un loup vint en tapinois derrière les arbres. "Ciel! voilà un loup! Ce n'est point là le compagnon que je désire," pensa le ménétrier. Cependant le loup s'approcha, et lui dit: "Eh! cher ménétrier, que tu joues bien! Ne pourrais-je pas aussi apprendre ton art?"
    – La chose est facile," répondit le ménétrier, "il suffit pour cela que tu fasses exactement tout ce que je te dirai."
   "Oh! cher ménétrier," reprit le loup, "je veux t'obéir, comme un écolier obéit à son maître."
    Le musicien lui enjoignit de le suivre, et lorsqu'ils eurent fait un bout de chemin, ils arrivèrent au pied d'un vieux chêne qui était creux et fendu par le milieu. "Tu vois cet arbre," dit le ménétrier, "si tu veux apprendre à jouer du violon, il faut que tu places tes pattes de devant dans cette fente." Le loup obéit; mais le musicien ramassa aussitôt une pierre et en frappa avec tant de force les deux pattes du loup, qu'elles s'enfoncèrent dans la fente, et que le pauvre animal dut rester prisonnier. "Attends-moi jusqu'à ce que je revienne, ajouta le ménétrier." Et il continua sa route. Il avait à peine marché pendant quelques minutes, qu'il se prit à penser de nouveau: "Le temps me semble si long dans cette forêt, que je vais tâcher de m'attirer un autre compagnon." En conséquence, il prit son violon, et joua un nouvel air. Il n'y avait pas longtemps qu'il jouait, lorsqu'un renard arriva en tapinois à travers les arbres. "Ah! voilà un renard," se dit le musicien, "ce n'est pas là le compagnon que je désire." Le renard s'approcha, et lui dit: "Eh! cher musicien, que tu joues bien! Je voudrais bien apprendre ton art." -
    "La chose est facile," répondit le musicien, "il suffit pour cela que tu fasses exactement tout ce que je te dirai."
    - "Oh! cher musicien," reprit le renard, "je te promets de t'obéir, comme un écolier obéit à son maître."
    - "Suis-moi," dit le ménétrier. Quand ils eurent marché pendant quelques minutes, ils arrivèrent à un sentier bordé des deux côtés par de hauts arbustes. En cet endroit, le musicien s'arrêta, saisit d'un côté du chemin un noisetier qu'il inclina contre terre, mit le pied sur sa cime; puis de l'autre côté, il en fit de même avec un autre arbrisseau; après quoi, s'adressant au renard: "Maintenant, camarade, s'il est vrai que tu veuilles apprendre quelque chose, avance ta patte gauche." Le renard obéit, et le musicien lui lia la patte à l'arbre de gauche. "Renard, mon ami," lui dit-il ensuite, "avance maintenant ta patte droite." L'animal ne se le fit pas dire deux fois, et le ménétrier lui lia cette patte à l'arbre de droite. Cela fait, il lâcha les deux arbustes qui se redressèrent soudain, emportant avec eux dans l'air le renard qui resta suspendu et se débattit vainement. "Attends-moi jusqu'à ce que je revienne," dit le musicien. Et il continua sa route. Il ne tarda pas à penser pour la troisième fois: "Le temps me semble long dans cette forêt; il faut que je tâche de me procurer un autre compagnon." En conséquence, il prit son violon, et les accords qu'il en tira retentirent à travers le bois. Alors arriva, à bonds légers, un levraut. "Ah! voilà un levraut," se dit le musicien. "Ce n'est pas là le compagnon que je désire." - "Eh! cher musicien," dit le levraut, "que tu joues bien! je voudrais bien apprendre ton art." - "La chose est facile," répondit le ménétrier, "il suffit pour cela que tu fasses exactement tout ce que je te dirai." - "Oh! cher musicien," reprit le levraut, "je te promets de t'obéir comme un écolier obéit à son maître." Ils cheminèrent quelque temps ensemble, puis ils arrivèrent à un endroit moins sombre du bois où se trouvait un peuplier. Le musicien attacha au cou du levraut une longue corde qu'il noua au peuplier par l'autre bout. "Maintenant ami levraut, fais-moi vingt fois en sautant le tour de l'arbre." Le levraut obéit; et quand il eut fait vingt fois le tour commandé, la corde était enroulée sur toute sa longueur, si bien que le levraut se trouva captif, et il eut beau tirer de toutes ses forces, il ne réussit qu'à se meurtrir le cou avec la corde. "Attends-moi jusqu'à ce que je revienne," dit le musicien. Et il poursuivit sa route. Cependant à force de tirer, de s'agiter, de mordre la pierre et de travailler en tous sens, le loup avait fini par rendre la liberté à ses pattes en les retirant de la fente. Plein de colère et de rage, il se mit à la poursuite du musicien qu'il se promettait de mettre en pièces. Lorsque le renard l'aperçut qui arrivait au galop, il se prit à gémir et à crier de toutes ses forces: "Frère loup, viens à mon secours! Le musicien m'a trompé." Le loup inclina les deux arbustes, rompit les cordes d'un coup de dent, et rendit la liberté au renard qui le suivit, impatient aussi de se venger du musicien. Ils rencontrèrent bientôt le pauvre levraut, qu'ils délivrèrent également, et tous les trois se mirent à la poursuite de l'ennemi commun. Or, en continuant son chemin, le ménétrier avait une quatrième fois joué de son violon merveilleux; pour le coup il avait mieux réussi. Les accords de son instrument étaient arrivés jusqu'aux oreilles d'un pauvre bûcheron, qui, séduit par cette douce musique, abandonna sa besogne, et, la hache sous le bras, s'empressa de courir vers l'endroit d'où partaient les sons. "Voilà donc enfin le compagnon qu'il me faut!" dit le musicien, celui-là pourra m'accompagner un jour à la scie musicale." Puis il se remit à jouer d'une façon si harmonieuse et si magique, que le pauvre homme resta là immobile comme sous l'empire d'un charme, et que son coeur déborda de joie. C'est à ce moment qu'arrivèrent le loup, le renard et le levraut. Le bûcheron n'eut pas de peine à remarquer que ses camarades n'avaient pas les meilleures intentions. En conséquence, il saisit sa hache brillante et se plaça devant le musicien, d'un air qui voulait dire: "Celui qui en veut au ménétrier fera bien de se tenir sur ses gardes, car il aura affaire à moi." Aussi la peur figea sur place les animaux conjurés. Le loup cependant raconta au bucheron le mauvais tour que lui avait joué le musicien. Le renard se plaignit d'avoir été pendu dans un noisetier et le levraut en ajouta une couche avec son histoire de corde enroulée autour d'un peuplier.
– Ca change tout ! fit le bûcheron qui se retrouvait grâce à la puissance de sa hache à devoir rendre la justice tel le bon roi Saint Louis sous son chêne de Vincennes. Ménétrier, tu as gravement lésé ces trois honnêtes habitants de la forêt. Tu mérites une bonne sanction...
– Je cherchais juste quelques aimables compagnons pour fêter dignement la pleine lune, rétorqua le violoneux. Ces trois-là veulent me faire la peau... Je leur ai causé du tort, j'en conviens, mais ça ne mérite pas la mort.
– Sans doute, fit le bûcheron. Je délibère et je vous annonce ma sentence. Le ménétrier ici présent devra jouer toutes les musiques qu'il connait sans jamais s'arrêter et ça jusqu'au lever du jour.
Les animaux trouvèrent juste et équitable la décision du juge improvisé. Le musicien prit son violon et se mit à jouer une gavotte bien entrainante. Le loup et le renard se mirent à danser. Le levraut assis sur ses pattes arrière marquait joyeusement le rythme.
C'est alors qu'attirés par la merveilleuse musique et les chants un peu moins mélodieux des trois animaux, des centaines de lutins de Picardie envahirent la clairière pour se mêler à la danse. Il y avait là tout le ban et l'arrière-ban des « gobelins », des « houppeux », des « fillottes » et des « herminettes », de toutes sortes et de toutes tailles, vêtus d'oripeaux aussi bizarres que bariolés qui tournaient et tournaient en s'en donnant à cœur joie. Le bucheron, les animaux et les lutins des bois se mirent à danser une folle sarabande. Jamais le ménétrier n'avait été à pareille fête. Jamais le bucheron n'avait ressenti autant de joie dans son cœur. Les lutins étaient si beaux et ils dansaient si bien ! Et toute la compagnie était si joyeuse et si fraternelle !
Mais au bout d'une heure de danse échevelé, le loup, le renard et le levraut tombèrent sur l'herbe, complètement épuisés et se mirent à ronfler en choeur et en rythme. La fête battait son plein. Comme le ménétrier, les lutins semblaient ne ressentir aucune fatigue. Pourtant, juste avant l'aube, Charivari, le chef des lutins, s'arrêta net en plein milieu d'une danse, fit un signe aux autres et tous se figèrent. Le ménétrier éloigna son archet de son violon
– Amis, l'aurore va bientôt paraitre et il nous faut songer à regagner nos demeures. Sans la gentille herminette, qui a pris le soin de m'avertir de la proche venue du jour, nous courions le risque d'être ici surpris par la lumière et de disparaître à jamais. Mais avant de quitter cette forêt, il nous faut récompenser ce brave ménétrier, qui a bien voulu nous faire passer ici une nuit si agréable. Je sais que c'est un pauvre homme et que quelques pièces d'or dans son escarcelle ne sauraient lui nuire. Donnons-lui donc tout ce que nous avons sur nous.
- Oui! Oui ! C'est cela ! Crièrent les lutins.
Et chacun d'eux donna quelque chose à l'homme; pour l'un ce furent des pièces d'or ou d'argent, pour d'autres un diamant; l'un donna une belle veste brodée d'or pour le fils du violoneux, un autre une robe d'un travail exquis pour sa fille ou un bonnet pour sa femme. Ceux d'entre eux qui n'avaient rien lui confièrent quelque important secret ou lui dévoilèrent la vertu de quelque plante ou de quelque fleur. Mais le plus beau présent fut celui du roi des lutins. Il offrit au ménétrier un violon tel que jamais n'en avait possédé aucun violoneux dans tout le royaume. Ce violon, fait d'un bois inconnu et enfermé dans un charmant étui fait de la main des fées sans doute, rendait des sons véritablement divins.
– Encore une ronde ! demanda une jolie petite fillotte.
– Encore une ronde ! Répétèrent les autres lutins.
Le ménétrier prit son nouveau violon et joua la dernière ronde. Les lutins, sans se tenir par la main, cette fois, se mirent à danser à nouveau sur les branches, les feuilles et les fleurs des buissons bordant le sentier, mais si doucement, si légèrement que branches, feuilles et fleurs ne remuaient en aucune façon sous le poids des gentils petits êtres. Au commandement de leur chef, le violoneux s'arrêta et les lutins se dispersèrent après avoir remercié à nouveau le ménétrier. Resté en la seule compagnie du bucheron, le musicien lui donna quelques pièces pour le remercier pour son jugement digne du roi Salomon. Sans réveiller les trois animaux qui dormaient toujours, il salua son nouvel ami, rassembla les présents des petits hommes et prit la route de son village. Peu après, il y retrouva sa famille en proie à la plus grande inquiétude. Il rapporta ses aventures de la nuit dans la forêt et ce ne fut qu'après avoir montré le violon merveilleux, la veste, la robe, le bonnet et les pièces d'or, qu'ils acceptèrent de le croire. Riche désormais, il vécut fort heureux, car considéré par tout le monde comme le meilleur ménétrier de la Picardie et même de tout le royaume.

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04/01/2016

Antoine Blondin (Alain Cresciucci)

index.jpgAntoine Blondin, né le 11 avril 1922 à Paris et mort le 7 juin 1991 à Paris, fils d'une poétesse et d’un correcteur d’imprimerie, lui-même écrivain raté, est un brillant sujet à l'école, qui collectionne prix et récompenses. Sous l'Occupation, il est envoyé en Allemagne dans le cadre du Service du travail obligatoire (STO), ce qui lui inspire son premier ouvrage, « L'Europe buissonnière ». Le livre obtient le Prix des Deux Magots. D'autres romans suivent (« Les Enfants du bon Dieu », « L'Humeur vagabonde », « Un singe en hiver » qui sera adapté au cinéma et « Monsieur Jadis »). Avec Roger Nimier, Jacques Laurent et Michel Déon, il fait partie du mouvement littéraire des Hussards. Egalement journaliste sportif, il est l'auteur de nombreux articles (plus de mille) parus notamment dans le journal L'Équipe. Il suit vingt-sept éditions du Tour de France et sept Jeux olympiques. Buvant souvent plus que de raison, il a marqué le quartier de Saint-Germain-des-Prés de ses frasques, jouant à la « corrida » avec les voitures, multipliant les visites dans les bars et collectionnant les arrestations.

Ce livre, pavé de 533 pages, est une biographie particulièrement fouillée de la vie et de l'oeuvre de Blondin. Le ton et le style en est assez lourdement universitaire avec tout ce que cela comporte de précision et de minutie (le corpuscule de notes représente à lui seul plus de cinquante pages en petits caractères), mais aussi de manque de fantaisie et de lourdeur amenant une lecture un peu laborieuse. Grand spécialiste de l'auto-fiction, ce genre littéraire reposant sur le témoignage d'une vie rêvée, transcendée et devenue légendaire, Blondin a plus laissé de questions et de zones d'ombre que de certitudes sur sa vie. L'auteur a cherché à s'éloigner de la mythologie, de la notoriété douteuse de l'alcoolique, franc compagnon et bagarreur notable, pour s'attacher au personnage mélancolique et désabusé ayant toutes les peines du monde à écrire et à produire une œuvre littéraire importante. Intéressant pour qui aime encore cet auteur malheureusement déjà un peu oublié de nos jours.

3/5

 

 

 

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03/01/2016

Mourir en août (Jean-Baptiste Ferrero)

index.jpgAncien universitaire devenu détective et conseiller pour les entreprises, Thomas Fiera est contacté par un inconnu qui lui recommande de refuser toute enquête sur la société MC4 qui pourrait lui être proposée par un ami. Quelques minutes plus tard, il reçoit un appel de son ami Fabrice Pontecorvo qui lui propose justement de s'intéresser à une histoire de cadre de la MC4 qui balancerait toutes sortes de révélations gênantes à un journal local. Bien doté en matière d'esprit de contradiction et très motivé par un compte en banque dans le rouge, Fiera, en bon « paratonnerre à emmerdements » qu'il est, accepte une mission qui va l'amener à se confronter à une fausse secte druidique, vraie mafia néo-nazie assez peu philanthropique. Mais heureusement pour lui, il pourra compter sur l'appui d'une équipe de marginaux tout ce qu'il y a de motivée.

« Mourir en août » est un roman noir et même très noir où les morts s'accumulent autant sinon plus que dans les meilleurs thrillers américains. Il faut dire que Thomas Fiera et sa fine équipe de pirates décarpilleurs n'y vont pas par quatre chemins ! Les « faux druides, vrais fachos, authentiques tarés » et autres « ramollis du bulbe » n'ont qu'à bien se tenir ! Le temps d'une lecture qui se pratique au galop (impossible de lâcher le bouquin...), ils sont réduits en bouillie, éclatés, dégommés, quasiment transformés en pâtée pour chats. L'intérêt de ce polar fort divertissant ne tient pas trop à son intrigue plutôt basique et reposant sur « un malentendu, un incident, un carambolage » mais plutôt au style particulier de l'auteur, émule des très grands et très regrettés Boudard, Audiard et Dard. Même gouaille, même truculence, même ton décalé, même humour (très noir) et même maîtrise de l'argot et des expressions imagées voire choquantes (parfois un peu scato...) Et que dire de la galerie de personnages improbables voire caricaturaux sans déflorer cette histoire totalement ébouriffante ? Le plus représentatif en est le héros, Thomas Fiera, (avatar de l'auteur ?), maniaco-dépressif aussi pleurnichard qu'arrogant, à la fois déplaisant car hyper violent et bardé de certitudes et en même temps émouvant car fragile psychologiquement, attaché à jamais à une femme qui n'en finit pas de mourir et capable de bosser pour la gloire et les grands principes. Plus pétri d'humanité que ça, tu meurs ! Allez, il faut lire Fiera pour Ferrero à moins que ce ne soit Ferrero pour Fiera. Dans quelque sens qu'on le prenne, on ne regrettera pas le détour !

4,5/5

 

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02/01/2016

Les arènes de Vasane la rouge (Richard Forest)

cover225x225.jpegPour obtenir le titre envié de Peyor, les plus impitoyables guerriers s'entretuent tous les trente ans dans l'arène de Vasane, la ville rouge. Le gagnant sera promu immortel. Il deviendra le bras armé de Nergal, la redoutable divinité aux cornes noires, et sera l'égal d'un dieu. Choisi parmi une centaine d'autres jeunes gens, Karim doit représenter son peuple dans ces joutes particulières. Il doit d'abord affronter un gros Vasanien d'une trentaine d'années au visage porcin qui n'est que le premier de la longue série d'adversaires qu'il devra battre. Mais Karim y parviendra-t-il  ?

« Les arènes de Vasane la rouge » est une longue nouvelle ou novella qui sert en réalité de préquel pour inciter le lecteur à s'intéresser aux autres épisodes de la série. Cette version fantaisie des jeux du cirque avec leurs gladiateurs impitoyablement achevés s'ils sont perdants n'est pas d'une grande originalité. Les combats succèdent aux combats. Seuls varient l'aspect des combattants et les armes qu'ils utilisent. C'est un peu juste pour maintenir l'intérêt de bout en bout. Ceci dit, le style est agréable et enlevé. Petit bouquin distrayant comme un péplum ou un jeu video. Rien de plus.

3/5

 

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29/12/2015

(deplasma) 1 (Joshua W. Cotter)

index.jpgLors d'un talk-show de trash télévision, l'animatrice Summer interroge le docteur Bertrand Earnest au sujet de sa nouvelle invention, l'intrin-net, un procédé de communication qui devrait bientôt permettre à toute personne équipée d'une puce à l'arrière du crâne de diffuser et de recevoir toutes sortes d'informations par télépathie. Dans un vaisseau spatial en route vers la station où officie Earnest, la jeune Melody McCabe, chercheuse en neurométrie, voyage aux côtés de Beulah Biggins, une veuve âgée et plutôt bavarde. Arrivée à destination, Melody est bloquée par une hôtesse qui ne lui permet pas d'accéder à son laboratoire car elle est arrivée trois jours trop tôt... Quelque part sur une planète désertique, une sorte de Robinson Crusoe de l'espace semble perdu dans l'immensité et sans grand espoir de rejoindre la civilisation.

(deplasma)1 est une bande dessinée de science-fiction qui se veut ultra-moderne et décoiffante. Après un démarrage abscons et plutôt incohérent, le lecteur débouche assez vite sur une narration plus classique quoique toujours un peu décousue. L'intrigue est intéressante mais semble inachevée. Peut-être est-ce pour ménager une possibilité d'autres épisodes. Les personnages et les dialogues sont sans grande originalité. Le graphisme en noir et blanc n'est pas désagréable tout en restant assez rudimentaire. Le lecteur notera une recherche certaine et de belles réussites esthétiques surtout dans les planches consacrées au naufragé de l'espace, nettement plus travaillées que les autres et dépourvues de dialogues.

3,5/5

 

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27/12/2015

De Spiritis (Tesha Garisaki)

cover225x225.jpegA Paris, en 1860, Eugène Chambois, jeune étudiant en philosophie plutôt rationaliste et incrédule, veut mener une enquête sérieuse sur l'ésotérisme et le paranormal. Après quelques expériences peu concluantes auprès de Messieurs Mesmer, Kardec et quelques autres, il contacte la jeune et jolie Violette Cochand, une spirite qui veut lui démontrer l'existence des esprits en lui faisant visiter une maison hantée.

« De Spiritis » est une longue nouvelle, ou novella, d'inspiration fantastique relativement bien menée selon une intrigue des plus classiques. Le lecteur suit les tribulations du jeune chercheur qui se perd dans des illusions assez cauchemardesques jusqu'à une fin bien amenée et laissant place au doute et aux interprétations. Le style est classique et agréable. Les personnages sont bien campés. Le lecteur passe un bon moment de divertissement. Mais cela ne va pas plus loin. Il aurait fallu un peu plus d'humour et d'originalité pour atteindre un niveau supérieur.

3,5/5

 

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25/12/2015

Pensées plus ou moins correctes (59)

marc-aurèle.jpgFRANCHISE

« Avant que tu ne parles, on doit pouvoir lire sur ton visage ce que tu vas dire. »

(Marc-Aurèle)

« La franchise ne consiste pas à dire tout ce que l'on pense, mais à penser tout ce que l'on dit. »

(H. de Livry)

« La franchise est le moyen le plus déguisé d'être malveillant à coup sûr. »

(Henry Bataille)

FRANC-MACONNERIE

« Pour moi, le grand danger de la franc-maçonnerie en ces temps difficiles, c'est que c'est une école de modération, car on en vient à l'idée qu'il n'y a pas de noir, pas de blanc, que du gris. Toutes les idées se valent et à partir de là, les idéaux maçonniques amènent petit à petit les gens à faire partie du marais. »

(Emmanuel Ratier)

FREQUENTER

« Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es. »

FRERE

« Nous devons apprendre à vivre comme des frères, faute de quoi nous périrons comme des imbéciles. »

(Martin Luther King)

FUTUR

« Le futur appartient à celui qui a la plus longue mémoire »

(F.Nietzsche)

 

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23/12/2015

Les bons samaritains (Nouvelle extraite du recueil "Dorian Evergreen")

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20/12/2015

Expresso Love (Chapitres 1 à 7)

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18/12/2015

Services spéciaux 1935 - 1945 (Paul Paillole)

index.jpgEn 1935, alors que tout commence à mal tourner en Europe (Nuit des longs couteaux, Incendie du Reichstag, plébiscite d'Hitler, entrainement en URSS de la Luftwaffe et scandales financiers en France), le jeune lieutenant Paillole, frais émoulu de Saint-Cyr et sortant d'un stage dans la Gendarmerie, se retrouve nommé au 2ème Bureau, sous les ordres du commandant de Robien. Très vite, il découvre les agissements de l'Abwehr, service secret militaire allemand dirigé par l'amiral Canaris. Des agents infiltrés lui apprennent le projet d'Hitler de réoccuper la rive gauche du Rhin. Et ce n'est que le tout début d'une carrière de dix années qui le mènera de Paris à Marseille en zone non occupée, puis à Alger en passant par Madrid et Londres.

Que de découvertes ne fait-on pas en lisant ce gros livre aussi touffu que passionnant. Souvent l'histoire officielle ignore l'autre, l'histoire secrète, celle que se livrent les services secrets, qui n'est pas moins cruelle et moins importante que l'autre. Le contre-espionnage français de l'époque, sans grands moyens et avec des directions aussi chaotiques que celles de Darlan puis de Giraud puis de de Gaulle, ne déméritera jamais et portera même de très rudes coups à l'ennemi. Lequel parviendra d'ailleurs à craquer tous les codes secrets de la Marine de Toulon alors que de notre côté la machine « Enigma » des nazis n'avait plus de secret. L'Abwehr sera également en possession des plans de la ligne Maginot alors que nos services connaissaient le plan de contournement mis au point par la Wehrmacht. Que d'erreurs auraient pu être évitées, que de vies auraient pu être sauvées si les responsables politiques et militaires avaient mieux tenu compte des rapports de leurs services spéciaux ! Lesquels durent payer un lourd tribut (300 morts) pour la libération du territoire. De notre côté, les exécutions, condamnations à mort pour trahison et autres opérations de liquidation de collabos furent fort nombreuses. La force de ce livre, outre sa grande précision, est sa totale honnêteté. Paillole balance tout, même l'arrivisme de de Gaulle, c'est dire. Livre indispensable à qui veut découvrir la réalité des services secrets de cette époque terrible.

4/5

 

Citations :

« J'ai vu la guerre se faire sans être déclarée ; la subversion, produit perfide de la propagande, violer sans violence ; le sabotage négliger le plastic pour attaquer le moral ; l'espionnage se faire sans espion ; la politique masquer la trahison ; les nations maîtrisées sans combat. »

« – Je vous l'ai dit. Il sera bien difficile de nous entendre. Nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde. Ici : "Un seul but : la victoire !" Là-bas : "Un seul but : le pouvoir !" »

 

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12/12/2015

Les mélodies de la chasse d'eau (Philippe Azar)

Untitled 1.pngIntermittent du spectacle, c'est à dire humoriste courant le cachet, Alexandre essaie de gagner sa vie en exerçant toutes sortes de petits boulots minables et mal rémunérés comme manutentionnaire au marché gare ou serveur dans une grande brasserie. En attendant le jour béni où il pourra percer comme comédien, il lui faut aider Nina, la femme qu'il aime, à faire bouillir la marmite et à élever leur enfant qu'il appelle « le microbe ».

« Les mélodies de la chasse d'eau » est un roman d'auto-fiction relatant les galères d'un homme qui se voit obligé de travailler dans des secteurs qui lui déplaisent souverainement. Le lecteur y trouve un intérêt certain ne serait-ce que par la description du quotidien de métiers assez peu connus ainsi que des affres de la scène. Si l'auteur s'égare parfois un peu trop dans des tirades fulminantes sur l'exploitation de l'homme par l'homme, il n'en reste pas moins ferme sur un style de langage parlé, tonitruant, presque écrit au fil de la plume et pourtant fort agréable à lire. Dommage que ce texte bourré d'anecdotes amusantes ou attristantes mais toujours passionnantes soit entaché de très nombreuses coquilles. Un premier roman honnête et si attachant qu'il est difficile d'en abandonner la lecture. Un auteur à suivre.

4/5

 

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10/12/2015

Les Faux As (Chapitres 1 à 28)

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03/12/2015

Merci pour ce macchab' (Comte de Kerkadek)

cover225x225.jpegUn soir, lors d'une promenade sur le port, une personne de petite taille raconte à son ami, le comte de Kerkadek, qu'il l'a vu en rêve en train d'écrire un roman policier alors que l'assassin habitait chez lui. Mais Kerkadek est un écrivain maudit qui voit tous ses manuscrits refusés par les éditeurs. Finalement, tous deux décident de se lancer dans l'écriture à quatre mains dans la cabane de pêcheur du comte. L'ennui, c'est qu'il ne sort rien de bon de cette collaboration. Les chapitres pairs sont niais et ennuyeux alors que les impairs sont plus violents mais mal écrits. La servante bigoudène qui veille à leur confort finit par se laisser aller. Pour passer le temps, elle, qui n'a jamais rien lu, se met à se passionner pour un livre déniché chez un vieux bouquiniste...

« Merci pour ce macchab' » est un très court roman ou une longue nouvelle policière amusante et assez imprégnée de fantastique. D'inspiration très bretonne, le lecteur y trouvera quelques farfadets, elfes et korrigans dont on se demande ce qu'ils font dans cette histoire distrayante car pleine de fantaisie barrée et surtout d'humour décalé. Les allusions et clins d'oeil raviront les amateurs de littérature. Quant à la biographie complètement loufoque qui se trouve en fin d'ouvrage, elle complète parfaitement un ensemble aussi agréable que divertissant. Mis gratuitement à disposition par les Editions de Londres. Pourquoi s'en priver ?

4/5

 

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01/12/2015

Le livre de la bonne humeur (Daniel Ichbiah)

cover225x225.jpegDes célébrités qui ont été des cancres à l'école aux grands esprits qui se sont trompés sur l'avenir du train, de la radio, du cinéma ou de l'ordinateur, en passant par les virelangues, ces phrases difficiles à prononcer mais si utiles pour les comédiens ou par des histoires de chats capables de parcourir des centaines voire des milliers de kilomètres pour rentrer chez eux, les rubriques, anecdotes, historiettes et autres citations (Alain, Warren Buffett et autres...) ne manquent pas dans cette sympathique anthologie de la bonne humeur.

Charmant fourre-tout de bizarreries amusantes, ce livre a pour but de divertir avec toutes sortes de curiosités sans grand lien les unes avec les autres. On apprend ainsi le véritable nom de chanteurs, chanteuses, comédiens et comédiennes célèbres tout comme on y découvre ou redécouvre la fameuse triple passoire de Socrate. Avant de raconter quelque chose à propos de quelqu'un toujours se demander si c'est vrai, bon et utile. Au bout du compte, un livre facile à lire qui fait passer un agréable moment sans prise de tête mais avec la possibilité d'apprendre diverses choses plus ou moins signifiantes pour le lecteur. Merci à l'auteur de l'offrir en libre accès sur toutes les plateformes.

3,5/5

 

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30/11/2015

L'enfant sage (Nouvelle)

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28/11/2015

Les enfants de Toulghar / La malédiction (Fabrice Jalwin)

Toulghar.jpgA Hemligstad, petit village tranquille du nord de la Suède, tous les enfants se mettent un jour à disparaître mystérieusement. Des battues sont organisées. La population, la police et l'armée sont mobilisées mais personne ne trouve rien. Quelques jours plus tôt, en arrachant la souche d'un arbre pluri-centenaire, un fermier a dégagé un énorme trou dans le sol dans lequel quelques enfants curieux ont découvert un coffret. En l'ouvrant, ils sont entrés en possession d'un ancien poignard orné de pierres précieuses. Dans les temps anciens, cette arme magique appelée Molvar aurait permis de défendre le monde de Toulghar contre Feulkhan, personnalisation des forces du mal maintenues inoffensives tant que le Molvar ne revient pas en leur pouvoir...

« Les enfants de Toulghar », est un roman de fantaisie dont l'intrigue semble librement inspirée du conte allemand « Le joueur de Flute de Hamelin » mais avec une intrigue nettement plus contemporaine et beaucoup plus gore. Avec ses peuples étranges, ses personnages et décors bizarres, le monde de Toulghar a quelque chose d'à la fois charmant et angoissant. Le mal y est omniprésent mais les « bons » peuples savent s'allier pour le combattre. Sur terre, les représentants de l'armée sont prêts à utiliser les moyens les plus extrêmes comme la bombe atomique pour éradiquer le mal. Le résultat est une improbable alliance d'un manichéisme un peu naïf. Ceci dit, on ne s'ennuie pas un instant à lire cette histoire pleine de suspens et de rebondissements. Dommage que ce texte n'ait pas bénéficié d'une bonne relecture. Les coquilles, erreurs grammaticales ou orthographiques, qui sont légion, gâchent un peu le plaisir du lecteur. A titre d'exemple, juste trois approximations parmi tant d'autres : « ce dont pourquoi... » (page 286), « une chance d'en venir à bout de... » (page 290), « la lumière les aveugles... » (page 336). Malgré tout, un auteur plein d'imagination et de talent qui mérite vraiment d'être encouragé et suivi car ce livre n'est que le premier tome d'une trilogie.

3/5

 

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26/11/2015

Horrible monde (Collectif)

Horrible monde.jpegJulien, jeune violoniste prodige, s'arrête de jouer en plein milieu d'un concert. Il s'est rendu compte qu'un homme est en train de mourir d'une crise cardiaque au fond de la salle. Vingt années plus tard, Julien abandonne la scène et les tournées... Raoul, 7 ans, détruit une toile d'araignée et écrase l'arthropode qui l'a tissée. Devenu adulte, il n'a plus que deux sources d'intérêt dans la vie : la guitare et les araignées... Contrefaçon, trafic d'organes, de drogue, prêt de tueurs à gage, Harvey Sozey s'occupe de tout dans la société spécialisée qu'il gère sans état d'âme, comme une multinationale « interlope ». Mais les concurrents ne manquent pas et tous les coups sont permis... Un groupe d'amis vient passer quelques jours dans une vieille ferme au fin fond de la Bretagne. Leur voiture tombe en panne. Une des filles disparaît mystérieusement... Gilles de Montmorency, le dernier des vampires, profite de la rédaction de son testament pour dénoncer une des plaies du monde moderne, la quasi impossibilité de se nourrir correctement quand on est un buveur de sang... Un père divorcé profite qu'il emmène ses enfants en vacances pour peaufiner une horrible vengeance à l'encontre de son ex... Grâce à une formule empruntée à un vieux grimoire, deux jeunes gens réussissent à faire revenir Pernelle, la femme du célèbre alchimiste Nicolas Flamel...

« Horrible monde » est un recueil de 19 nouvelles d'autant d'auteurs différents mis gracieusement à disposition sur les plateformes de téléchargement par les Editions Secrètes. La plupart sont de belle qualité, écriture soignée, absence de coquilles et imagination débordante. Les principaux registre de la littérature de l'imaginaire y sont représentés en particulier l'horreur, le gore et la terreur, mais aussi le fantastique, la fantaisie et la science-fiction (une unique mais excellente nouvelle « Hubris » de Florian Miconi). Pour moi, les meilleurs titres sont « La sourde oreille » d'Eddie Verrier, plutôt gore, « Kannerez Noz » de Christophe Sémont, fantastique, « Aoûtiens » de Ludovic Bonincontro, horreur au quotidien, « Tenebris Alchemia » de Martin Mutz, fantaisie, et « Mort silencieuse » de Kevin Eumont, fantastique. Une mention spéciale pour « Faim de race » de Fred Estérel pour son humour noir particulièrement grinçant. Donc au total, de chouettes nouvelles bien agréables à lire, des auteurs talentueux, autant de raison de ne pas manquer cet ouvrage.

4,5/5

 

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25/11/2015

Pensées plus ou moins correctes (57)

becque.jpgFORTUNE

« Les grandes fortunes sont faites d'infamies, les petites de saletés. »

(Henry Becque)

« Il y a des fortunes qui crient « Imbécile ! » à l'honnête homme. »

(E. et J. de Goncourt)

« La fortune se lasse de porter toujours un même homme sur son dos. »

(Baltasar Gracian)

FOU

« Tous les hommes sont fous et qui n'en veut point voir

Doit rester dans sa chambre et casser son miroir. »

(Attribué au Marquis de Sade)

« Les fous se précipitent où les anges craignent de poser les pieds. »

(A. Pope)

« Fou, toi ? Parce que tu comprends les arbres, parce que tu parles avec les choses ? Quelle bêtise ! Les fous, ce sont les hommes qui ont perdu la poésie de Dieu, qui ont endurci leur coeur et ne sont même plus capables de comprendre les hommes eux-mêmes. »

(J.M. Vansconcelos)

FOULES

« Les foules ont des opinions imposées, jamais des opinions raisonnées. »

« La puissance des foules est la seule force que rien ne menace et dont le prestige ne fasse que grandir. L'âge où nous rentrons sera véritablement l'ère des foules. »

« Le droit divin des foules va remplacer le droit divin des rois. »

« Les foules n'ont de puissance que pour détruire. »

« Les foules sont incapables d'avoir des opinions quelconques en dehors de celles qui leur sont imposées. »

« Les foules ont une telle soif d'obéir qu'elles se soumettent d'instinct à qui se déclare leur maître. »

« On conduit les foules en cherchant ce qui peut les impressionner et les séduire. »

« Dans les foules, c'est la bêtise et non l'esprit qui s'accumule. »

« La foule ne peut qu'être d'une crédulité excessive. »

(Gustave Le Bon, « Psychologie des Foules »)

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24/11/2015

Là-haut (Thierry Ledru)

index.jpgAttentat dans le RER à la station Saint Michel. De passage à Paris, Jean, guide de haute montagne, est grièvement blessé. Blandine, la femme qui l'accompagne, déchiquetée par l'explosion de la bombe, meurt immédiatement. Quand Jean se réveille sur un lit d'hôpital, c'est pour apprendre qu'il a été amputé sous le genou et qu'il ne reverra plus jamais celle qu'il aimait. Il est désespéré. Il sait, qu'avec une jambe en moins, il ne pourra plus jamais exercer son métier. Dès son retour en Savoie, il se remet à marcher et même à grimper avec sa prothèse. Un beau jour, il fait la connaissance d'Isabelle, jeune et charmante bibliothécaire blonde qui, comme lui, s'intéresse aux questions de spiritualité.

« Là-haut » est un roman émouvant et prenant qui aborde un thème difficile et assez rarement traité, celui du handicap et d'un handicap particulièrement cruel et injuste, celui qui est causé par un attentat terroriste. Le lecteur suit pas à pas le héros dans sa longue et lente progression pour échapper par le haut à l'enfer dans lequel il a été plongé. Tout est si minutieusement détaillé par l'auteur, si finement observé qu'on se dit que ça sent le vécu. Même si l'auteur dérive un peu beaucoup dans la métaphysique (recherche de preuves de l'existence de Dieu, citations de paroles de sagesse hindoue) et affiche un anticléricalisme militant, l'ouvrage reste un témoignage puissant qui ne pourra laisser personne indifférent. D'autant plus que Thierry Ledru, qui possède un style très personnel, très efficace et de très bonne facture, sait rendre son propos particulièrement percutant. Un très bel hymne à la résilience, au courage et à l'amour.

4/5

 

 

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22/11/2015

Etincelles d'éveil (Sogyal Rinpoché)

index.jpgDans ce livre, Sogyal Rinpoché, élève des plus grands maîtres bouddhistes tibétains, propose à ses lecteurs 365 méditations sur la vie et la mort. Pas moins d'une par jour de l'année. Sous des formes variées : courtes ou longues citations de maîtres bouddhistes ou non (Montaigne, par exemple est cité deux ou trois fois), enseignements, petites histoires en forme de paraboles voire poèmes, aucune ne dépassant jamais le format de la page. Chaque mois de l'année est représenté par un mantra particulier dans sa transcription originale toujours très épurée et esthétique. L'enseignement de Rinpoché tourne autour de quelques thèmes récurrents : la méditation (et tous les moyens de la pratiquer), la nécessité d'être bienveillant avec son prochain et l'obligation de se préparer à la mort à tout âge de la vie. L'ensemble donne à la fois l'impression d'une grande simplicité, d'une évidence et celle d'une terrible complexité intellectuelle et mystique. Certains termes ou notions peuvent sembler accessibles au premier abord comme « éveil » ou « nirvana » ou même plus exotiques comme « bardo », « samsara », « karma », « rigpa » ou « bodhisattva », en fait rien n'est simple et tout demanderait à être encore et encore éclairci et explicité.

Un livre à lire et à relire à petites doses, pas forcément à la suite, rempli d'une grande sagesse spirituelle qui peut apporter beaucoup à condition de faire sienne cette vision du monde, de la méditer, d'en entrevoir toute la richesse et toute la complexité. A réserver à celles et ceux que le bouddhisme intéresse ou passionne.

4/5

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20/11/2015

Montburgonde (Chapitres 1 à 9)

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18/11/2015

Fin de l'emploi pour les humains (Michel Nachez)

cover225x225.jpegL'automatisation et la robotique ont détruit, détruisent et détruiront nombre d'emplois et de métiers. Les robots ont remplacé, remplacent et remplaceront de plus en plus de travailleurs humains. Même chose pour l'informatique et la net-économie. Comment les millions de personnes qui sont sorties du marché du travail ou qui vont en sortir de plus en plus au fil des années vont-ils pouvoir vivre décemment sans avoir d'emploi salarié ? Jusqu'à quel niveau d'endettement, l’État qui se finance déjà à coût de milliards d'emprunts, pourra-t-il continuer à creuser le trou de sa dette ? Les organismes prêteurs pouvant fermer à tout instant le robinet de la dette représentent une épée de Damoclès suspendue en permanence au-dessus du pays. Chaque année, le nombre d'emplois détruits et donc celui des chômeurs augmente selon une courbe exponentielle. (De 2 756 000 en 2011, on est passé à 3 388 000 en 2014. D'où une paupérisation rampante de plus en plus importante en attendant une fin en forme de crash final. Certains métiers sont plus touchés que d'autres : caissières de supermarchés (remplacées par des caisses automatiques), conducteurs de bus, tramway, taxi, train etc, employés de banque (véhicules automatiques et intelligents), employés de maison (robots divers), emplois industriels (robotique), vendeurs en boutique (internet), enseignants (cours en ligne). La liste est longue et au bout du compte aucun secteur ne peut échapper à terme au phénomène. En contre partie, le nombre d'emplois créés, s'il est réel, est sans aucun rapport avec celui de ceux qui sont ou seront détruits car il se compose souvent d'un très petit nombre de bacs + 5 (programmeurs, ingénieurs etc...). Alors quelles solutions ?

Manifestement, il n'y en a pas. En tout cas, l'auteur n'en a pas à proposer. Tout juste démontre-t-il la réalité du phénomène avec de nombreux chiffres, d'un grand attirail de notes et persuade-t-il le lecteur que la bataille de l'emploi est déjà perdue. Donc un défi est lancé. Il faudrait trouver impérativement quelque chose avant le grand effondrement final... Un livre reposant sur une étude sérieuse mais dont les conclusions font mal tant elles sont désespérantes. A lire par tous ceux qui veulent se sortir la tête du sable des mensonges médiatiques.

4/5

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16/11/2015

Caverne, les disparus du val (Bernard Afflatet)

Caverne.jpgSiméon Brocciante a décapité son père, sa mère, sa femme et ses deux enfants après avoir transformé ceux-ci en punching-ball et celles-ci en poupées gonflables. Trois gendarmes, le maréchal des logis chef Michel Crouzet, la suédoise de Strasbourg Marion Terboven et le « bleu bite » Josselin Cortignac ont mission de le convoyer de la prison de Nîmes à celle de Privas. Mais à la sortie d'un virage négocié trop vite, le fourgon cellulaire fait une embardée, quitte la chaussée et percute un arbre. Brocciante profite d'un moment d'inattention de ses gardiens pour disparaître à leur vue. Les battues pour le retrouver ne donnent rien. Vingt ans plus tard, l'évadé est toujours dans la nature et l'affaire enterrée. Mais elle obsède encore Josselin Cortignac devenu entre temps détective privé itinérant...

« Caverne » ou « Les disparus du val relève du thriller fantastique. Vaguement inspirée de la fameuse caverne de Platon, l'intrigue, avec ses mondes parallèles, ses disparitions incompréhensibles et ses failles dans l'espace-temps donne à fond dans le fantastique le plus échevelé ce qui ne pourra qu'irriter cartésiens et rationalistes et ravir tous les autres. Le volet « thriller » de l'affaire est nettement moins étoffé et c'est un peu dommage. Les « exploits » du monstre Brocciante, émule d'Hannibal Lecter, auraient mérité un large développement plutôt qu'une simple évocation. Les nombreux rebondissements et la fin assez surprenante font de la lecture de cet ouvrage un agréable moment si on fait abstraction d'un certain nombre de développements et de redîtes inutiles et de quelques petites lourdeurs narratives ou stylistiques. Il faut se montrer indulgent avec ce second roman d'un auteur dont l'originalité, l'imagination et la fantaisie méritent absolument le détour.

4/5

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14/11/2015

Noir et blanc (Lizzie Crawdagger)

crawdagger.jpgUn curé, Jonathan Delaur est assassiné dans son église. On le retrouve allongé par terre dans une flaque de sang avec un poignard planté dans l'estomac. C'est l'oncle maternel de Mélanie, jeune policière qui n'a pas l'intention de laisser ce crime impuni. Laura, voleuse et racketteuse, ex-camarade de classe de Mélanie, se fait prendre en stop par un inconnu si charmant qu'elle accepte de passer la nuit avec lui. Au matin, elle le retrouve assassiné. Le lieutenant Robert Lachon a été saisi de l'enquête. Celle-ci s'annonce d'autant plus difficile qu'une mystérieuse société secrète, « Lumière Blanche » semble être impliquée dans ces affaires.

En libre accès sur le Net, « Noir et blanc » est un court roman policier (102 pages) aux limites du thriller qui ne manque ni de rythme ni d'intérêt. L'intrigue est rondement menée mais aurait mérité d'être nettement plus développée en particulier sur la partie concernant les agissements des deux sociétés secrètes, la blanche et la noire, l'une tuant au nom des forces du bien, l'autre au nom de celles du mal. On voit tout de suite le côté manichéen et simpliste de l'affaire. Le style est relativement efficace et agréable à lire à ceci près qu'il semble quand même écrit au fil de la plume, c'est à dire sans recherche et avec coquilles, lourdeurs et répétions en prime. Au bout du compte, un bilan assez mitigé. Lizzie Crawdagger « peut sans doute mieux faire », comme on dit aux écoles...

2,5/5

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12/11/2015

Keep cool et reprends un verre (Collectif)

cover225x225.jpegTrois jeunes mamans blogueuses ont été sollicitées par les éditions Belfond pour contribuer à cet ouvrage. Il s'agissait pour elles de raconter une anecdote amusante sur leur expérience maternelle et de l'associer avec une recette de cocktail originale leur permettant de chasser le stress. Nul doute que de jeunes mères et des parents débordés se reconnaîtront dans ces trois témoignages et apprécieront la recette qui l'accompagne.

L'ensemble en accès gratuit est assez agréable à lire et sans la moindre prétention littéraire comme on peut s'en douter. A noter au passage : une trouvaille (à moins que ce ne soit qu'une coquille!), « faucher compagnie »... Les puristes apprécieront.

3/5

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10/11/2015

Les Faux As (Chapitres 1 à 27)

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09/11/2015

Quand le Panchen-Lama fut kidnappé (Eric Simard)

panchen lama.jpgEn 1995 au Tibet, Guendun Tcheukyi, 6 ans, a été désigné par le Dalaï-Lama comme étant le onzième Panchen-Lama. Selon la tradition du bouddhisme tibétain, à la mort d'un lama, il faut rechercher le jeune garçon en qui celui-ci s'est réincarné. Pour des raisons politiques, les communistes chinois l'enlèvent et font disparaître sa famille. L'enfant est enfermé dans une jolie propriété non loin de Pékin et placé sous la responsabilité de Madame Li qui joue le rôle de seconde mère et de Monsieur Heng qui doit le convaincre que le Parti le protège contre les « diables » tibétains. Au départ de Madame Li, la situation s'aggrave encore. Sans aucun contact avec le monde extérieur, Guendun commence à se poser bien des questions...

Inspiré d'un fait historique réel, cet ouvrage dérive rapidement vers la fiction et s'achève sur une fin aussi invraisemblable que rocambolesque. Nul doute qu'un lecteur averti pensera que le destin de ce « plus jeune prisonnier politique du monde » est ou a été beaucoup plus cruel que ce que nous raconte cette intrigue un peu trop optimiste. A cette réserve près, le livre a néanmoins le mérite de mettre en lumière un épisode peu glorieux de la vie politique chinoise et de le présenter à un jeune public lequel ne pourra en tirer profit qu'à la condition d'avoir quelques notions lui permettant de bien comprendre le contexte et les enjeux de cette affaire. Bien écrit, ce livre, agréable à lire, donne donc aussi pas mal à réfléchir sur le problème du totalitarisme et sur celui du respect des cultures et des religions. Que demander de plus ?

4,5/5

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