10/03/2012

Délinquante (Martine Pouchain)

Délinquante.jpgEdna a 16 ans. En pleine crise d'adolescence, elle cultive un genre gothique avec cheveux en pétard noir corbeau, piercing dans l'oreille et blouson de junkie. Gustave, un plus grand, s'intéresse à elle et lui propose de la prendre en photo. Il commence par des poses artistiques puis en vient aux tenues plus déshabillées. Edna accepte parce qu'elle est tombée amoureuse de Gustave, mais ce n'est pas réciproque. Pour se rendre intéressante aux yeux des membres de sa petite bande, elle vole dans les supermarchés. Elle s'offre de belles giclées d'adrénaline jusqu'au jour où elle se fait prendre.

Ce mini roman ou novella pour ados a le mérite de raconter une situation si réaliste qu'elle en devient banale. Problème d'une jeune fille en recherche d'identité, famille recomposée, désir de s'affirmer, besoin d'amour et de reconnaissance et désir de sensations fortes. C'est bien analysé et un peu (beaucoup) démonstratif. On voit bien quel usage peut en tirer une pédagogue ou une psychologue scolaire. « Petit manuel de psychologie et de morale élémentaire » pourrait en être le sous-titre.

4/5

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08/03/2012

Nostradamus (Michel Zévaco)

Nostradamus.jpgA Paris, à la fin du règne de François Ier, Gerfaut de Croixmart, prévôt des hautes et basses oeuvres, est lancé dans une chasse aux sorcières impitoyable. Sa fille Marie est amoureuse d'un certain Renaud qui n'est autre que le fils d'une magicienne et sorcière de renom. Il deviendra plus tard célèbre sous le nom de Nostradamus. Le Comte de Saint André et le baron de Roncherolles servent d'intermédiaires pour les fils du roi qui s'intéressent de très près à la jolie Marie et veulent en faire leur maîtresse. La mère de Renaud annonce à Marie que son père doit impérativement rester chez lui car s'il paraît en public, il finira tragiquement. Croyant bien faire, la jeune fille prévient Gerfaut qui réagit en faisant arrêter et brûler la magicienne et en enclenchant une longue série de catastrophes : assassinats, arrestation de Marie, accouchement en prison, enfant récupéré par un spadassin chargé de le tuer qui y renonce au dernier moment. Vingt ans plus tard, devenu adulte, il réapparait bien décidé à assouvir sa vengeance...

On l'aura compris « Nostradamus » relève de ces romans d'aventures historiques rocambolesques qui eurent un immense succès au début de l'autre siècle quand ils paraissaient en feuilletons dans tous les grands quotidiens. De nos jours, c'est encore un plaisir de lire ce genre d'histoire basée sur une vraie trame historique avec un mélange de personnages ayant réellement existé comme Catherine de Médicis, François Ier ou Henri II et de personnages inventés comme le quatuor de spadassins truculents entourant le héros, Royal de Beaurevers, avatar du chevalier sans peur ni reproche, bâtard flamboyant, capable d'en remontrer en noblesse, courage et probité à tous les princes et nobliaux qui croisent sa route. Les rebondissements, les coups de théâtre, les traitrises, les escarmouches et les batailles à un contre dix ne manquent pas. Le suspens est si intelligemment entretenu que le lecteur a de la peine à lâcher ce livre écrit par un maître du genre « cape et épée », célèbre pour sa série des Pardaillan et autre Capitan, digne héritier du grand Alexandre Dumas et accessoirement de sensibilité anarchiste ce qui explique le tableau très sombre qu'il donne du règne d'Henri II et de la Régence de Catherine de Médicis. A noter quelques entorses avec la « vérité » historique : mort de François de France par empoisonnement alors que les historiens penchent pour une pleurésie et tour de passe passe au moment de la fameuse joute dans laquelle le roi reçut le coup de lance dans l'oeil qui lui fut fatal. Mais c'est la loi du genre et il n'y aurait pas de roman historique sans un peu d'invention et de romanesque. Un livre passionnant. A lire ou relire...

4,5/5

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06/03/2012

Jack (Alphonse Daudet)

Jack.jpgJack (avec un k) est un blondinet doux et gentil qui n'a jamais connu son père. Sa mère, Ida de Barancy, fausse comtesse mais vraie « cocotte » plutôt écervelée veut le placer dans un pensionnat pour avoir les coudées franches et profiter de la vie. Refusé par un établissement sélect, il échoue au Gymnase, piètre internat spécialisé dans l'accueil des « Petits pays chauds », enfants de notables, potentats ou roitelets d'Afrique ou d'Asie, désireux de donner à leur progéniture une éducation à la française. Sa mère tombe follement amoureux du professeur de français du Gymnase, un certain Vicomte d'Argenton, raté notoire et ombrageux poète qui va s'acharner à rendre la vie infernale à l'enfant. Et ce n'est que le tout début d'un long calvaire...

Un roman social et émouvant qui permet de suivre le sinistre déroulement d'une vie gâchée par l'insouciance d'une mère indigne et la méchanceté d'un beau-père sadique. Le malheureux Jack d'Alphonse Daudet peut dignement tenir la comparaison avec les autres enfants souffre douleur de la littérature comme Olivier Twist, David Copperfield, Poil de Carotte ou le Petit Chose. En plus d'une analyse particulièrement fine des caractères et des situations sociales d'une époque (condition des filles-mères subissant la honte et le déclassement), Daudet nous fait découvrir le travail ou plutôt l'exploitation honteuse des enfants dans la sidérurgie où Jack souffrira quatre années et dans les entrailles des grands bateaux à vapeur où il sera « chauffeur ». Sur ce registre naturaliste et social, Daudet rejoint Zola. Avec sa fin dramatique, ce livre peut paraître un peu mélo pour un lecteur d'aujourd'hui alors qu'il n'est que dramatique et surtout réaliste. Daudet, auteur apparemment léger, aimable et distrayant, ne se faisait aucune illusion sur la nature humaine et sur les rapports sociaux de son temps. Un grand classique.

4/5

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05/03/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 1 / 2ème partie)

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04/03/2012

Du pouvoir et des femmes (Jean-Pierre Friedman)

Du pouvoir et des femmes.jpgSept femmes politiques célèbres, Martine Aubry, Ségolène Royal, Rachida Dati, Marine Le Pen, Rama Yade, Christine Lagarde et Eva Joly se retrouvent dans ce livre analysées surtout sous l'angle de leur caractère par Jean-Pierre Frydman, docteur en psychologie, psychanalyste et psychothérapeute. Autant dire que leurs personnalités sont passées aux rayons X ! Le lecteur y fera certaines découvertes ou confirmera certaines de ses intuitions. « Martine Aubry avait besoin de l'approbation que son père lui refusait ; Ségolène Royal voulait se venger d'un père brutal en affirmant sa supériorité ; Rachida Dati savourait d'être admiré du sien « bien qu'elle ne soit qu'un femme » ; Christine Lagarde, qui n'en a certainement pas très envie, veut seulement réussir pour être digne du sien et Rama Yade, probablement pas plus motivée, afin de lui prouver qu'elle n'a pas besoin de lui. Marine Le Pen veut remplacer le fils dont « le Chef », homme traditionnel par excellence, aurait rêvé pour lui succéder. » Rapport au père. Divorce. Prépondérance de la mère...

Un livre passionnant pour qui s'intéresse à ces « monstres » aux egos sur-dimensionnés que sont nos femmes politiques qui, pour arriver à réussir, cultivent leur côté masculin au point de sembler parfois plus viriles que les mâles (cf Eva Joly). Ces études de caractères, présentées avec finesse, perspicacité, humour et intelligence, ne sont presque jamais méchantes (excepté pour Rachida Dati, mais il faut dire que le personnage s'y prête particulièrement). L'auteur a su éviter les ragots et autres potins type presse people pour en rester à l'essentiel, la motivation profonde qui pousse ces femmes à s'embarquer dans un milieu où ne réussissent que les plus tenaces, les plus autoritaires et les plus retors. Et là, les explications limite « psychanalytique » ne manquent pas. (cf Marine Le Pen, trainant son diable de père comme un boulet...) Très facile et très agréable à lire. A recommander à ceux qui aiment la psychologie et la politique. A noter une conclusion assez surprenante sur l'avenir du féminisme et sur le matriarcat en politique qui serait le nouvel avatar du patriarcat. Et cette ultime phrase : « Quel imbécile a parlé de sexe faible ? »

4,5/5 

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02/03/2012

La vampire (Paul Féval)

La vampire.jpgEn 1804, à Paris, il se passe des faits étranges quai de la Tournelle. Personne n'y a vu de poissons aussi gros et gras. Un pêcheur prend même un énorme brochet qui cache dans ses entrailles un doigt humain portant une baguette de grande valeur. Trois jeunes et riches étudiants allemands disparaissent mystérieusement. Une comtesse hongroise se marie plusieurs fois dans diverses églises. René de Kervoz, jeune étudiant en droit, neveu du célèbre Cadoudal, délaisse sa fiancée pour suivre une belle inconnue blonde. La capitale bruit de mille rumeurs, les complots se multiplient et tout un chacun se demande qui est cette « Vampire » que l'on rend responsable de tout. Est-ce une femme ou deux ? Une bande de conspirateurs ou de brigands ? Ou tout simplement l'allégorie de la ville elle-même ?

Ce roman fantastique sur fond historique reste assez surprenant. Le lecteur y croisera Bonaparte au moment où il n'est pas encore empereur et où il échappe à la mort lors de l'attentat à la machine infernale de la rue Saint Nicaise. Il suivra également Georges Cadoudal, le chouan qui vient défier Bonaparte jusqu'à Paris et qui finira tragiquement. Sur cette trame historique bien réelle, Paul Féval, le romancier du célèbre « Bossu », brode une sombre histoire de vampire en s'inspirant de la terrible légende du comte Szandor. Tous les ingrédients sont donc réunis pour obtenir une histoire palpitante et terrifiante. A un détail près. Le style qui a pas mal vieilli. Répétitions, descriptions et explications deviennent vite lassantes et nuisent au rythme et au suspens. Dommage.

3/5

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29/02/2012

Jessica Blandy /Tome 16 "Buzzard Blues" (Renaud-Dufaux)

Jessica Blandy 16.jpgJessica Blandy débarque dans une petite ville du fin fond de la Louisiane où elle est venue rencontrer Earl Memphis, dit « Le Buzzard », un ancien bluesman qui a eu son heure de gloire et qui est maintenant assez oublié. Plusieurs faits inquiétants se produisent dans le pays : un cheval blanc comme neige apparaît et disparaît; un homme est retrouvé pendu, un autre égorgé dans sa voiture à l'arrêt; Ta Bepo, une vieille femme noire diseuse de bonne aventure, est assassinée, une caravane explose... Et ce n'est que le tout début d'une longue suite de catastrophes...

Ce 16ème tome des aventures de Jessica Blandy se distingue par une ambiance très « Deep south » particulièrement bien rendue autant par les vignettes magnifiquement soignées que par l'intrigue pleine de mystère, de sorcellerie, de vaudou et d'éléments hostiles (bayous impénétrables, cyclones dévastateurs). Le lecteur a même droit à une tornade en direct ! Mais, une fois de plus, l'histoire se termine dans la confusion : réapparition furtive du fameux Razza (déjà présent quoique invisible dans le tome précédent). Il s'agit bien sûr de maintenir le suspens et l'intérêt, mais la ficelle est un peu grosse. Cela mis à part, une belle réussite à savourer avec de vieux blues de Sam Cooke, Muddy Waters ou Lightning Hopkins en fond sonore...

4,5/5

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28/02/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 1 / 1ère partie)

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25/02/2012

Vivre en forme (Jeannie Longo)

Vivre en forme.jpgDans ce livre, la championne cycliste à la longévité et au palmarès unique se propose de nous livrer ses secrets de santé et de bonne forme générale. Elle considère qu'elle doit ses performances non seulement à ses capacités physiques et à son entrainement mais aussi à une vie saine et à une alimentation correcte. Sous ce terme, elle entend : d'éviter toute nourriture industrielle, de privilégier les légumes, fruits et céréales biologiques, de veiller à ne pas encrasser son organisme avec trop d'additifs, de produits chimiques, de sucre, de sel ou de graisses. « A mi-chemin entre le manifeste écologique et l'ouvrage de diététique, ce livre permettra au lecteur soucieux de sa forme d'organiser son alimentation grâce aux nombreux tableaux et aux conseils pratiques », lit-on sur la quatrième de couverture.

Et en effet, le lecteur trouvera dans ce livre toute une vulgarisation de principes de diététiques qu'il pourra lire un peu partout (magazines féminins, Rika Zaraï ou autres) et sur lesquels une sorte de consensus s'est établi maintenant alors que leurs inspirateurs, comme le Docteur Carton ou l'hygiéniste Dextreit actuellement oubliés, passèrent en leur temps pour des hurluberlus. Comme toujours dans ce type d'ouvrage, Longo propose une série de recettes et de menus ainsi que quelques anecdotes personnelles en encadré (sans doute sa seule véritable contribution à l'ouvrage, ne soyons pas naïfs !), mais fort peu de choses sur le maintien de la santé par le sport. Peut intéresser quiconque n'a jamais rien lu sur le sujet et veut s'initier à la diététique. Les autres feront mieux de passer leur chemin.

3,5/5

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11/02/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Video d'introduction)

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07/02/2012

Sept Yakuzas (Morvan - Ikaru)

7 yakuzas.jpgA Tokyo, le très vieux chef d'un gang de yakuzas (équivalent japonais de la mafia sicilienne) est victime d'un attentat lors d'un grand rassemblement populaire. Particulièrement craint et respecté, Ichiro est hissé sur une sorte de pavois et se lance dans un long discours devant ses troupes lorsque des tirs éclatent de tous côtés. D'une étonnante vivacité pour ses 95 ans, il arrive à échapper de justesse à la mort. Seul et abandonné de tous, il s'enfuit pour être recueilli et caché par un vieil ami qui s'est racheté une conduite en devenant une célébrité de la télévision. Mais comme il veut à tout prix se venger pour sauver son honneur, Ichiro va recruter six hommes et les entraîner dans un effroyable carnage...

Etrange et assez monstrueuse BD que ces « Sept Yakuzas » qui font partie d'une collection basée sur le nombre 7, comme celui des mercenaires ou des samouraïs, mais là il s'agit plutôt de voleurs, pirates, guerriers voire prisonniers ou psychopathes. Ces gangsters tatoués, voleurs, proxénètes, trafiquants d'armes ou de drogue et surtout racketteurs, qui font régner leur loi d'airain sur leurs territoires et finissent par représenter le pouvoir occulte de tout un pays, se considèrent comme les derniers garants de la tradition japonaise. Ce bel album nous en apprend beaucoup sur leur compte et sur leur code de l'honneur qui consiste à se dénoncer pour des crimes non commis pour permettre à leur auteur de continuer à exercer librement. Beaucoup d'hémoglobine répandue dans des scènes très gore (on éclate des têtes, on coupe des mains et on finit par se faire seppuku au sabre) qui pourront choquer les âmes sensibles. Un livre noir donc, auquel le lecteur fera un léger reproche : un emploi important de mots japonais non traduits sur la page elle-même mais dont il faut aller chercher le sens dans un glossaire placé en page intérieure de couverture.

3/5

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29/01/2012

Les Tanathophores (Nouvelle de B.Viallet)

Acheter Dorian Evergreen

Cette nouvelle (incomplète dans la vidéo) est extraite du recueil "Dorian Evergreen" version papier disponible sur TheBookEdition.com (cliquer sur l'image), version e-book sur Amazon Kindle (cliquer sur le menu déroulant)

(Tous droits réservés)

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25/01/2012

Pensée Inique (Video)

Acheter Dorian Evergreen

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21/01/2012

Le loup et le renard

Cette nouvelle fait partie du livre "Dorian Evergreen" une recueil de 10 nouvelles qui est disponible sur TheBookEdition.com pour la version papier et sur Amazon Kindle pour version ebook (Cliquer sur l'icone)

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14/01/2012

Anatomie du désordre (Emmanuel Moynot)

Anatomie du désordre.jpgEn 1904, à Paris, Eugène Pigot, un jeune peintre désargenté essaie de survivre en vendant une toile de ci de là. Un jour, son ami Philippe Lechat qui le suit pour le compte de la famille Stern découvre une toile curieuse qui retient son attention car elle ne ressemble à rien de connu à l'époque et pour cause, elle semble préfigurer de plusieurs années le cubisme. L'ennui, c'est que Bigot ne se souvient pas de l'avoir réalisée et quand on le pousse à recommencer dans ce style avec le même modèle, il n'y parvient pas. Ami du jeune Picasso auquel le succès commence déjà à sourire, Bigot, dont la première exposition est un échec, se laisse peu à peu aller à tous ses fantasmes et à toutes ses obsessions délirantes.

Cette biographie totalement inventée d'un peintre de la grande école de Paris ne manque pas d'un certain intérêt dans la mesure où elle semble inspirée de la vie de plusieurs artistes maudits n'ayant obtenu de notoriété que bien longtemps après leur mort, tels Van Gogh, Modigliani ou tant d'autres. Cette BD pose le problème de la création artistique, de la transposition du réel, du complexe de Pygmalion, du basculement dans la folie et même du business de l'art. Pendant que certains meurent de froid et de faim, d'autres spéculent et s'enrichissent sur leur travail. Plastiquement parlant, cet ouvrage assez brut de décoffrage (couleurs primaires, dessin à la hache) ne manque pas d'un certain charme surtout dans le rendu des états d'âmes délirants de l'artiste.

3/5 

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10/12/2011

Veuf (Jean-Louis Fournier)

Veuf.jpgL'auteur vient de perdre sa femme, victime d'une crise cardiaque. Il entame un processus de deuil particulièrement douloureux. Il se souvient des temps heureux, de l'amour qu'elle lui portait, de toutes ses qualités, de son attachement. Ils vécurent quarante années ensemble. Elle l'aida à élever ses deux garçons handicapés. Elle était script au cinéma puis à la télévision et venait juste de terminer un livre intitulé « Les retraités sont débordés ».

Un livre court, nostalgique et doux-amer en forme d'hommage à une compagne bien-aimée et trop tôt disparue. C'est écrit avec beaucoup de finesse, d'intelligence et de délicatesse et sans fleur bleue, pathos ni apitoiement sur soi. Jean-Louis Fournier est un homme discret qui sait faire partager avec élégance des sentiments qui pourraient être morbides. Comme il sait faire preuve de beaucoup d'humour et de détachement, il n'en est rien. « Il est poli d'être gai », dit-il en citant Voltaire. L'écriture est toujours aussi magnifique, faite de petites touches délicates, de formules paradoxales ou à l'emporte-pièce et de phrases courtes qui arrivent à dire énormément avec un minimum de mots. Un texte poétique, émouvant et beau. Tout mari qui aime sa femme se reconnaîtra en lisant ces lignes.

« On était complémentaires, j'avais les défauts, elle avait les qualités. »

« Elle m'a décapé, elle m'a poli, elle m'a fait briller. En échange, je l'ai fait rire. Pleurer, aussi. »

« Tu aurais pu avoir un peu de patience, attendre qu'on parte ensemble. On dit que la fin du monde est proche. »

« J'ai été amputé de toi sans anesthésie. On m'a retiré ma moitié, ce que j'avais de mieux. Je m'arrose de ton parfum pour que tu repousses. »

5/5

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08/12/2011

Opium Poppy (Hubert Haddad)

Opium Poppy.jpgAlam est un jeune afghan d'une douzaine d'années qui, avant de débarquer à Paris, n'a pas eu un parcours facile. N'ayant pas supporté sa circoncision, il est tombé dans les pommes et tout le monde au pays l'a appelé « l'Evanoui ». Alam était le nom de son frère aîné qui avait rejoint les rangs des talibans. Il est tout jeune quand, suite à une attaque des rebelles, son village est détruit, son école et sa ferme sont brûlés et son père est blessé. La famille se réfugie alors à Kaboul. A la mort du père, il rejoint son frère et devient enfant soldat jusqu'au jour où l' otage gardé par son frère s'évade. De la plus monstrueuse des manières, Alam va devoir prouver sa fidélité à la cause et ceci ne représente que le tout début de ses tribulations.

Un roman d'actualité plein d'ambition et de réalisme sur le thème de la guerre, de l'immigration et de la drogue. Ce destin d'enfant est rempli de tant de souffrances et d'horreurs que le lecteur ne peut que se dire que ce n'est pas juste, que la guerre et le fanatisme ont des conséquences bien pires que tout ce qu'il peut imaginer surtout quand c'est un enfant qui se retrouve broyé par une telle série d'engrenages aveugles. Et encore, il n'y aurait que moindre mal si l'arrivée en Europe était synonyme de rédemption et fin de ses épreuves, mais il n'en est rien, loin de là. Livre dur, fort et qui laisse un goût d'autant plus amer qu'il n'est pas du tout écrit comme un thriller ni comme un roman coup de poing mais avec énormément d'élégance stylistique, de raffinement et même de poésie. Fulgurances, tournures paradoxales, descriptions minutieuses ne manquent pas. Il est impossible que cet ensemble détonnant laisse quiconque indifférent. Personne ne ressortira indemne d'une lecture à déconseiller aux âmes sensibles...

4/5




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26/11/2011

Jim Glass (Tony Earley)

jim glass.jpgJim Glass est un orphelin âgé de dix ans qui habite à Aliceville, une toute petite bourgade de Caroline du Nord. Son père est mort d'un arrêt cardiaque en plein champ une semaine avant sa naissance. Aidée de trois oncles bourrus mais bienveillants, Zeno, Coran et Al, sa mère Cissy l'élève dans le souvenir d'un père dont il porte le même prénom et selon des valeurs d'honnêteté et de travail bien fait. Nous sommes dans les années trente au moment où la dépression économique commence à frapper les campagnes. La vie simple et frugale de Jim est marquée par un premier essai de travail de sarclage des maïs avec ses oncles, par l'édification d'une nouvelle école, premier édifice pourvu du courant électrique, par des parties de base-ball avec ses partenaires de la montagne, par un voyage à la mer, une fête de village et une visite au grand-père mourant après une vie de distillateur clandestin puis de taulard...

Le récit simple mais non simpliste d'une année de la vie d'un enfant de la campagne racontée sans fioritures et en donnant la part belle aux dialogues. La quatrième de couverture parle d'un « retour aux sources du classicisme américain, du côté de Tom Sawyer ». On nous permettra d'être nettement moins dithyrambique et de faire remarquer que ce premier « petit » roman est loin de l'imagination, de la verve et du style du grand auteur américain. N'est pas Mark Twain qui veut. Cette histoire de gamin repose malheureusement sur une intrigue plate et peu originale et, pire, le contexte historique n'est absolument pas traité, ni même évoqué ou suggéré, ce qui est bien regrettable. Déception au bout du compte.

2,5/5

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18/11/2011

Le complot Romanov (Steve Berry)

Le complot romanov.jpgMiles Lord, un jeune et talentueux avocat américain, est chargé par son chef Hayes de chercher dans les archives secrètes des documents permettant d'étayer devant la commission tsariste la candidature d'un certain Baklanov qui se présente comme étant le dernier descendant des Romanov. En effet, le gouvernement russe aux abois, les principaux chefs de la mafia et quelques businessmen américains prêts à investir des millions de dollars dans l'affaire, ont décidé de restaurer la monarchie en plaçant un fantoche à la tête de l'état. Mais voilà que Miles met la main sur des documents troublants : une étrange prophétie de Raspoutine et surtout une lettre de Lénine dans laquelle celui-ci se demande si tous les membres de la famille royale ont bien été exécutés dans la maison Ipatiev à Ekaterinbourg. Mais très vite, Lord devient la cible d'une terrible chasse à l'homme, il n'a alors plus d'autre solution que de se battre pour rester en vie à tout prix et pour mener son enquête jusqu'à sa fin logique : démasquer Baklanov et retrouver le véritable descendant s'il en existe réellement un.

Un thriller sur fond historique dont il est difficile de lâcher la lecture en dépit d'une certaine longueur (509 pages) qui n'est pas gênante tant le sujet est passionnant, le rythme narratif enlevé et le style fluide et agréable. Tout comme son devancier Dan Brown qui déclare que c'est le genre de livre qu'il aime « brillant, ingénieux, séduisant », Steve Berry utilise exactement la même recette. Celle du pâté d'alouette : une alouette de vérité historique et un cheval de fantaisie débridée ! Une solide documentation historique astucieusement assaisonnée d'une bonne partie d'inventions plus ou moins fantaisistes (lignée secrète, prophéties bizarres, méchants comploteurs et une douzaine de cadavres en prime) . Il part de deux éléments indéniables : l'exhumation des cadavres de la famille du tsar Nicolas II, au cours de laquelle on n'en retrouva que neuf sur les onze. Les deux manquants seraient le petit tsarévitch Alexis et la fameuse Anastasia et la fameuse lettre de Lénine. Et là-dessus, son imagination fertile extrapole en nous brodant tout un complot et une improbable remise sur le trône d'un descendant sauvé par Youssoupov. Mis à part ce côté invraisemblable qui peut agacé les puristes de Clio, le lecteur trouvera un grand plaisir à lire cet excellent ouvrage de divertissement auquel on souhaite le même succès qu'à un certain « Code ».

5/5

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12/11/2011

Vertige (Franck Thilliez)

Vertige.jpegJonathan Touvier, un ancien alpiniste d'une cinquantaine d'années, se réveille au fond d'un gouffre. Il est retenu prisonnier par une longue chaine qui lui enserre le poignet et qui est solidement fixée à la roche. Il ne comprend pas pourquoi il se retrouve dans cette désagréable position. Mais il n'est pas seul, il y a aussi Pokhara, son chien, Farid un jeune beur enchaîné par la cheville et Michel Marquis, un grand costaud du même âge que lui, qui semble libre de ses mouvements mais qui porte un masque de fer solidement verrouillé. Une lettre les prévient qu'au cas où Marquis s'éloignerait de plus de cinquante mètres des deux autres, le masque garni d'explosifs sauterait. De plus, les trois malheureux découvrent ce message sibyllin : «  Qui sera le menteur ? Qui sera le voleur ? Qui sera le tueur ? »

Ainsi débute une aventure de survie absolument démoniaque. Les nerfs du pauvre lecteur sont soumis à rude épreuve. La tension dramatique de ce huis clos improbable et le suspens sont insoutenables. Comment ces hommes vont-ils pouvoir survivre dans les terribles conditions où ils se trouvent ? Pourquoi leur a-t-on tendu ce piège abominable ? Il va sans dire qu'une fois la lecture commencée, le lecteur ne peut plus lâcher ce thriller particulièrement original qu'il faudra réserver aux amateurs (trices) de sensations fortes. Les âmes sensibles pourront s'abstenir car cette affaire frise souvent l'horrible, le gore. Quand l'homme se retrouve en mode survie, les pires horreurs se deviennent possibles. Et Thilliez ne s'est pas gêné pas pour mettre le paquet dans ce registre particulier. Peur et frissons garantis...

5/5

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21/10/2011

Gataca (Franck Thilliez)

Gataca.jpgL'assassin d'une des jumelles de Lucie Henebelle se donne la mort au fond du mitard en s'arrachant une artère à la main... Une étudiante en biologie est retrouvée le crâne défoncé et avec une morsure profonde au cou à l'intérieur d'une cage occupée par un chimpanzé dans un centre de primatologie... Une momie d'homme de Cro-Magnon est dérobée dans l'enceinte hyper-sécurisée d'un laboratoire de recherche... Deux randonneurs sont monstrueusement massacrés alors qu'ils campaient dans la forêt de Fontainebleau... Dans une lointaine tribu amazonienne les femmes sont systématiquement sacrifiées dès qu'elles ont accouché d'un enfant mâle... La suite de l'enquête entamée dans « Le Syndrôme E » s'annonce compliquée pour Lucie Hennebelle et pour Franck Sharko, eux-mêmes victimes d'une violence aveugle dont le secret se trouve peut-être nichée au coeur du génome humain...

Après un premier tome particulièrement réussi, Thilliez réédite l'exploit en s'appuyant sur des données scientifiques sérieuses (recherches sur l'ADN, découvertes en paléontologie, anthropologie et biologie) dont il tire une histoire qui chevauche les limites du fantastique voire quelquefois de l'improbable. Il poursuit la même problématique : D'où vient la violence ? Est-elle innée ou acquise ? Inscrite dans les gènes depuis la nuit des temps ou réactivée par la grâce (ou plutôt par le maléfice) d'un rétrovirus nommé « Phénix » ? Devons-nous nous méfier des gauchers intolérants au lactose qui seraient plus violents que la moyenne ? Le lecteur averti comprendra aisément que l'auteur pousse parfois le bouchon un peu loin... Mais il sera beaucoup pardonné à Thilliez tant son travail de documentation, sa maîtrise du suspens et son imagination sont grands. Un bon moment de lecture pour celles et ceux que le gore et les flots d'hémoglobine n'effraient pas. Un thriller intelligent et bien mené.

4/5

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16/09/2011

La mère (Yves Viollier)

La mère.jpgAu début du siècle dernier, en Vendée, Reine, orpheline de mère à l'âge de sept ans, se retrouve à la charge de sa belle famille qui la transforme très vite en servante. Très jeune, on la marie à un survivant de la guerre de 14 qui ne l'aime pas et ne songe qu'à l'humilier et à lui imposer sa volonté. D'abord métayer sur un domaine où il survit difficilement, il décide d'acheter une ferme en ruine en Charente en prenant un crédit et en vendant le pauvre héritage de Reine sans même lui en parler. La malheureuse aura treize enfants, travaillera comme une bête de somme et se dévouera sans jamais se plaindre alors que son bellâtre de mari, non content de tyranniser sa famille, échouera dans la plupart de ses tentatives d'élevage ou de culture. A toutes les épreuves, Reine saura toujours opposer son amour pour sa famille et sa foi en Dieu.

Un portrait de femme absolument magnifique. Un itinéraire quasi christique, proche d'une sorte de long chemin de croix que ce roman de terroir (dans l'esprit du grand Giono) fort intéressant qui nous décrit la vie besogneuse de petites gens courageux dont les souffrances sont muettes et l'espoir en un au-delà meilleur immense. La vie de Reine aurait pu la broyer et l'aigrir et c'est tout l'inverse qui se produit. Au bout du compte, elle sera récompensée : elle est à l'origine d'une belle famille honnête, unie et prolifique. La fin du livre, touchante et généreuse, évacue le côté un peu mélodramatique des années trente et quarante. Le style de Viollier est toujours aussi agréable et facile à lire. Une histoire positive, un hymne à l'amour maternel, au courage et au dévouement d'une femme exceptionnelle dans son incroyable modestie, ce qui nous place aux antipodes des thèmes actuels. Emouvant et revigorant.

5/5 

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14/09/2011

Carnets d'Orient/ Dernière demeure (Jacques Ferrandez)

Carnets d'Orient dernière demeure.jpgDégoûté de la tournure prise par la guerre, Octave est parti se réfugier au Canada en compagnie de Samia. Quand il apprend que celui qui s'est toujours considéré comme son père est mourant, il rentre en Algérie sur le domaine géré par sa mère. La propriété vinicole est loin de sa splendeur des années trente. Elle est lourdement hypothéquée et appartient presque totalement aux banques. La situation est tellement critique qu'une fois les funérailles achevées, la famille doit rentrer à Alger sous escorte militaire. Les pieds-noirs commencent à prendre conscience que luttant à un contre dix et abandonnés par le pouvoir, l'issue qui se profile devant eux ne pourra être que « la valise ou le cercueil ».

Excellent épisode de cette belle saga, « Dernière demeure » revient aux fondamentaux c'est à dire à l'histoire de la famille d'Octave. Cela permet au lecteur de mieux comprendre quel drame vivent les Algériens qu'ils soient arabes, juifs ou français, pro-indépendance ou pro « Algérie Française ». En toile de fond, la montée au pouvoir de De Gaulle suite au 13 Mai, le discours de Mostaganem, « la paix des braves », et une ligne politique ambiguë et fluctuante amenant à l'« l'auto-détermination », surprenant infléchissement pour ceux qui avaient placé tous leurs espoirs dans le général. Nous ne sommes qu'en 1960 et l'affaire est déjà quasiment pliée quels que soient les succès sur le terrain. Ferrandez revient aussi sur le décret Crémieux accordant aux Juifs la nationalité française et la refusant aux Arabes, créant ainsi, de par cette vieille loi injuste, des citoyens de seconde zone. Livre toujours aussi passionnant et aussi objectif.

4,5/5 

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19/06/2011

Poison (Ed McBain)

Poison.jpgUn représentant en systèmes d'alarmes est retrouvé mort, victime d'un empoisonnement à la nicotine. En appuyant sur la touche de rappel de son répondeur, les inspecteurs Willis et Carella tombent sur une jeune femme, Marylin Hollis qu'ils suspectent très vite. D'autant plus que deux autres meurtres se produisent et que les victimes sont d'autres amis de celle-ci. L'affaire se complique quand Carella découvre que Marylin a un passé de prostituée et que Willis est en train de tomber amoureux d'elle.

Un roman noir particulièrement bien ficelé. Le lecteur découvre, bribe par bribe, le destin terrible et misérable de Marylin qui commence à 16 ans comme danseuse nue dans un bar d'Austin (Texas), échappe une première fois à la prostitution puis se retrouve condamnée à douze années de prison au Mexique pour trafic de drogue. La description de la réalité pénitentiaire et des humiliations subies est hallucinante tout autant que l'horreur de la prostitution en Amérique latine. Ames sensibles s'abstenir. Les autres apprendront beaucoup. Un livre prenant, très bien documenté, qui va bien au-delà du simple polar et pose de véritables problèmes de société. (Prostitution, drogue, condition de la femme, esclavage moderne).

5/5

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07/06/2011

Moine des Cités (Henry Quinson)

Moine des cités.jpgUn matin d'octobre 1989, Henry Quinson, un jeune trader franco-américain touché par la grâce, décide de quitter sa vie cossue et trépidante pour entrer à la Trappe de Tamié. Pour mieux répondre à l'appel du Christ, il choisit la vie austère des Trappistes avec les sept offices, la cellule inhospitalière et le travail à la fromagerie. Au bout de sept années d'observation puis de noviciat, il quitte Tamié très fatigué car il manque de sommeil. Après une longue recherche d'ordres correspondant mieux à son optique, il fonde sa propre Fraternité avec un autre moine et s'installe dans un appartement des quartiers nord de Marseille où il témoigne de sa foi en aidant les enfants à faire leurs devoirs d'école et en rendant toutes sortes de services à la population.

Un témoignage émouvant et surprenant sur un parcours on ne peut plus atypique. Aux yeux du monde, c'est folie que de quitter un emploi rémunérateur et gratifiant pour aller partager la vie des humbles et des exclus. « Je reviens à mes aspirations essentielles, dit-il : « Travail à mi-temps, soutien scolaire, catéchèse et prière. » Henry se considère comme un moine du XXIème siècle, ancré dans la réalité, non caché au fond d'un monastère. Il propose d'ailleurs en annexe « Les douze colonnes du nouveau monachisme ». Un livre intéressant qui propose une belle leçon de vie et de fraternité. Pour lui, les religions bien comprises se doivent de rapprocher les êtres et de jeter les bases d'une fraternité universelle. Malheureusement, tous les évènements du monde (assassinat des moines de Tibhirine, attentats divers, détournement de l'avion sur Marseille et attaques du 11 septembre) ne vont guère dans ce sens. On regrettera surtout le peu d'anecdotes illustrant la réalité de la vie de tous les jours dans les quartiers.

3,5/5 

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28/05/2011

Le Cherche-Bonheur (Michael Zadoorian)

le cherche-bonheur.jpgAtteinte d'un cancer en phase terminale, Ella, 80 ans, ne veut plus avoir affaire à la médecine. Elle se sent seule, en morceaux et au bout du rouleau, d'autant plus que John, son mari, atteint de la maladie d'Alzheimer, voit sa mémoire disparaître par lambeaux. Mais, comme il sait encore conduire, Ella l'entraîne dans un périple en camping-car le long de la mythique mais abandonnée Route 66 qui les amènera de Détroit à Santa Monica et leur permettra d'atteindre leur destination finale : Disneyland. Bien entendu, ce voyage buissonnier dans les territoires oubliés de l'Amérique profonde ne se passera pas sans incidents de toutes sortes...

Un « Road Story » se déroulant dans les décors grandioses ou misérables du célèbre « Sur la Route » de Jack Kérouac, mais avec d'autres personnages. Les beatnicks et les hippies ont vieilli. Ils se sont aimés, ils se sont mariés, ont eu des enfants, les ont élevés et ils se retrouvent en fin de vie dans cette escapade qui ressemble à une fuite en avant ou à une évasion à la recherche de leurs rêves anciens, des ultimes plaisirs de l'existence et des dernières étincelles de liberté. Ella et John forment un couple magnifique. Digne et fier dans l'épreuve. Leurs enfants les prennent pour des fous et songent à les faire rechercher par la police. Un livre touchant, émouvant, plein d'humanité qui donne à réfléchir sur la vieillesse, la maladie, la médecine et la mort dans la dignité. Une formidable leçon de vie que nous distille avec simplicité et honnêteté Michael Zadoorian dans son premier livre paru en français, véritable coup de maître. Bravo !

5/5

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20/05/2011

Dieu et nous seuls pouvons (Michel Folco)

Dieu et nous seuls pouvons.jpgEn 1683, à Bellerocaille dans le Rouergue, doit avoir lieu l'exécution d'un assassin d'enfant. Mais le seigneur du lieu, responsable de l'application des « hautes oeuvres », ne dispose pas d'un exécuteur. Pour recruter un volontaire, il propose une belle somme d'argent et comme personne ne se présente, il réussit à contraindre Justinien Pibrac, un prisonnier injustement condamné aux galères, d'en faire office. Son premier travail sera de briser dans le terrible supplice de la roue, les os du meurtrier, ce qui ne se passera pas sans quelques maladresses de débutant. Justinien, l'enfant trouvé et promu à cette haute fonction, sera le premier maillon d'une longue lignée de bourreaux qui exerceront dans le midi et bénéficieront d'une aisance certaine jusqu'aux décrets Crémieux qui mettront un terme à leur étrange épopée.

Roman historique et d'aventures particulièrement bien ficelé et documenté, ce livre ne manque pas de surprendre ne serait-ce que par l'enchaînement des causes et des effets. Une simple piqure de guêpe suffit à faire rater le plat d'un cuisinier, lequel se voyant vertement puni, trucide le très jeune fils de son maître et le lui donne à manger sous forme de boulettes... Toute la première partie du livre est de la même veine. Cruelle, sadique, glauque et sans tendresse ni pitié. On se retrouve dans une ambiance proche de celle du « Parfum » de Süskind. Puis on saute en 1901 et on passe au huitième et dernier exécuteur. Les temps ont changé. Tout doit se passer à Paris, on exécute à l'aube et même dans le secret des cours de prison. C'est le début de la fin, mais le lecteur aura quand même droit au passage à la guillotine d'une femme parricide et obèse. Autre moment bien gore ! Texte particulièrement soigné, intéressant, faisant souvent froid dans le dos et nous rappelant que le bon vieux temps ne l'était pas pour tout le monde...

5/5

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14/05/2011

Comment écrire de la fantasy et de la SF (Orson Scott Card)

comment écrire de la fantasy.jpgLes fans et amateurs des littératures de l'imaginaire étant fort nombreux et les « wannabees »-auteurs avec manuscrit poussiéreux traînant au fond du tiroir presque autant, ce livre, qui se présente comme un guide rempli de conseils d'écriture et d'organisation d'une histoire, pouvait sembler pertinent d'autant plus que M. Card n'est pas n'importe qui dans ces deux genres littéraires puisqu'il s'est autant illustré dans le premier (« Les chroniques d'Alvin le Faiseur ») que dans le second (« Le cycle d'Ender »). L'ennui, c'est que ce texte date un peu (les choses ont pas mal évolué depuis 20 ans) et qu'il est très représentatif des moeurs littéraires américaines qui n'ont pas grand chose à voir avec les nôtres. Importance des agents littéraires, des ateliers d'écriture, présence de nombreuses revues SF/ Fantasy, de fanzines, possibilité de n'envoyer qu'un synopsis aux éditeurs... Bragelonne a tenté de compenser ce handicap en y ajoutant des notes ramenant à la situation hexagonale. Le plus intéressant dans ce texte réside moins dans la définition des différences entre genres (souvent artificielles) que dans les véritables conseils d'écriture (importance du point de vue, du personnage, de l'intrigue, du niveau de langage, de la cohérence de l'ensemble etc...) Nul doute qu'un écrivain en herbe y trouvera son miel !

4/5

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12/05/2011

La cour des dames / Madame Catherine (Franck Ferrand)

la cour des dames 3.jpgRien ne va plus au royaume de France, en proie à des guerres incessantes et à un conflit religieux prenant de plus en plus d'ampleur et devenant de plus en plus sanglant. Tiraillé entre les Guise et les Montmorency, deux familles ennemies représentant les deux factions jusqu'au sommet de l'Etat, le roi Henri II, mal conseillé par sa favorite Diane de Poitiers, ne parvient pas à calmer les passions. Humble et discrète, la reine, Catherine de Médicis, peine à asseoir son autorité. La mort du roi suite à un mauvais coup de lance reçu dans l'oeil lors d'un tournoi et l'avènement du jeune et éphémère François II, vont bouleverser la donne et placer Madame Catherine et les Guise sur le devant de la scène ce qui ne va pas arranger les choses...

Ce troisième volet de la saga de « La cour des dames » est celui qui fait le plus la part belle aux personnages secondaires et romanesques comme les deux demi-frères Gautier et Simon de Coisay devenus père et oncle de la jeune et belle Françoise sur la tête de laquelle s'accumulent tous les malheurs du monde ce qui fait basculer ce tome dans le pur roman historique. Les évènements réels sont encore là (désastre de Saint-Quentin, mort d'Henri II, conspiration de La Renaudie, répression féroce contre les Protestants), mais passent au second plan quand ils ne servent pas de simple toile de fond. Bien qu'intitulé « Madame Catherine », celle-ci n'occupe qu'une modeste place dans l'intrigue, ce que l'on peut regretter, le personnage historique étant aussi important sinon plus que Diane de Poitiers que l'on suit pourtant jusqu'à la fin. Livre intéressant, écrit dans un style vif et agréable qu'on ne peut que conseiller aux amateurs d'Histoire (en raison du sérieux et de la qualité de la documentation) même s'il semble un peu inférieur aux deux premiers.

3,5/5 

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10/05/2011

La cour des dames / Les fils de France (Franck Ferrand)

la cour des dames2.jpgLa seconde partie du règne de François Ier va s'avérer aussi troublée que la première. La rivalité et les conflits avec l'empereur Charles Quint ne font que croître et embellir même si les alliances commencent à fluctuer (Princes allemands, Grand Turc). A la cour, deux femmes à la tête de deux clans ennemis, sont entrées dans une compétition sans merci pour la suprématie. D'un côté, Anne de Pisseleu, la jeune maîtresse du vieux roi et de l'autre Diane de Poitiers, la vieille gouvernante et future maîtresse d'Henri, le cadet des trois fils de François Ier. Avec la mort étrange de ses deux frères (sans doute empoisonnés), il se retrouve dauphin alors qu'il n'est que le cadet. Le roi le marie avec Catherine de Médicis, laide nièce d'un pape défunt, qui a bien de la peine à enfanter... Toute la fin du règne sera d'ailleurs marquée par de tristes perspectives pour la suite de l'histoire...

Ce deuxième tome de « La cour des dames » est parfaitement dans la lignée du précédent, encore plus chronique historique fidèle à la vérité des faits que roman historique comme on l'entend en général. Simon et Gautier, les deux écuyers déjà présents dans « La régente noire » apparaissent de ci de là, à titre de témoins, mais sans réelle importance pour le déroulement de l'intrigue. Ferrand cite toujours ses sources en annexe et signale ses (minimes) entorses. Il se veut dans la lignée des célèbres « Rois maudits » de Maurice Druon et multiplie allusions et clins d'oeil. Il est exact en effet que les deux sagas se répondent. Après la malédiction des Valois côté hommes, voici leur décadence orchestrée par les femmes. Le livre est aussi passionnant pour sa description de cette période de la Renaissance à la fois raffinée (arts, lettres, architecture) mais aussi violente et cruelle. On assiste à l'écartèlement d'un « traitre » innocent avec un grand luxe de détails ou au fameux « Coup de Jarnac » tout en croisant des personnages comme Clément Marot, Jean Goujon, Jacques Cartier et autres Ambroise Paré.

4,5/5

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