04/05/2012

Le chant des adolescentes (Richard Millet)

le chant des adolescentes.jpg« Le chant des adolescentes » est une imposante galerie de portraits de 70 jeunes filles de 15 à 16 ans environ, croqués sur le vif et non sans un certain humour (amour) par leur professeur, le sieur Millet en personne. Cette collection pourrait ressembler de près ou de loin à un tableau de chasse de dragueur infantile, mais cela reste improbable dans la mesure où la différence d'âge et de position sociale font que les rapports ou tentatives de rapports restent toujours symboliques ou platoniques. Ces nymphettes, plus vraiment des enfants et pas encore des femmes, sont toutes jolies et, si elles ne le sont pas vraiment, ont toujours quelques parcelles de beauté parfaitement décrites en fort peu de mots (chaque portrait tient sur une ou deux pages maximum) par la grâce de l'incontestable talent littéraire de Millet.

L'ensemble est frais, sensuel et un tantinet équivoque. En effet, toutes ces lolitas cherchent par mille moyens à capter son attention, à mesurer leur potentiel de charme et de séduction en se servant du seul adulte qui soit à la fois à leur portée et qui ne risque pas de les entraîner trop loin, leur prof. Lequel subit une sorte de supplice de Tantale délicieux car la seule réponse qu'il peut leur apporter est forcément réduit à de petites privautés bien innocentes. Cet ensemble de descriptions d'une précision d'entomologiste aurait pu lasser à la longue, ne serait-ce que par la répétition. Il n'en est rien car toutes sont uniques, différentes et très bien campées. Bien entendu, un tel exercice de style, car il s'agit bien de cela, même mené avec la plus formidable maestria littéraire, reste néanmoins d'un intérêt assez limité.

4/5

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02/05/2012

Le dépaysement (Jean-Christophe Bailly)

le dépaysement.jpg« Le dépaysement », sous-titré « Voyages en France », n'est en aucun cas un guide touristique ni même le récit du périple personnel d'un voyageur attaché à rencontrer lieux, monuments et habitants. Reste à définir ce qu'il est et là ce n'est pas si facile. L'auteur lui-même, semble ne pas trop savoir où il voulait en venir. Les lieux choisis arbitrairement sont pour la plupart improbables et assez peu « touristiques » : Culoz, Varennes, Barr, Salins, Font de Gaume ou Origny Saint Benoît. Mais pas uniquement, car l'auteur s'intéresse également à des sites classés et reconnus comme Fontainebleau, le Pont du Gard ou des villes aussi importantes que Bordeaux, Toulouse, Nîmes ou Paris. Mais s'il s'intéresse à ces lieux, c'est toujours pour les présenter par leurs côtés les plus insolites ou les plus improbables : une fabrique de filets et de pièges à Bordeaux, une passe à poisson à Toulouse, la cité universitaire de Paris, les jardins ouvriers de Saint-Etienne ou le familistère de Guise (un des chapitres les plus intéressants d'ailleurs). L'ennui c'est que l'ensemble donne une impression de complet fouillis. Un micro-évènement historique succède à une description géographique, à des considérations sur les Eduens, à une méditation sur la poésie de Rimbaud ou à une analyse des paysages peints par Courbet.

On ne contestera ni l'érudition ni le travail de recherche de l'auteur, respectable universitaire, mais on lui reprochera un style qui se veut élégant, précieux et ciselé et qui n'est malheureusement que pédant, tarabiscoté et amphigourique au point qu'il faille relire souvent deux fois certaines phrases pour vaguement comprendre la pensée de l'écrivain. « Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire en viennent aisément » ! Et là ce n'est pas le cas, d'où une impression d'ennui qui saisit très vite le lecteur. Et comme si cela ne suffisait pas, le texte est truffé de mots anglais non traduits (downtown, skyline, nextdoor et j'en passe) et de toutes sortes de vocables pompeux ou sophistiqués (certains sont d'ailleurs des néologismes particulièrement barbares) comme individuation, photonique, obituaire, délinéation, serlienne, prépanoptique, figural, muséal ou véridicité. Un jargon universitaire qui est loin d'être un plus. Ah ! Avec Bailly, comme on est loin des récits de voyage des grands de la littérature (Stendhal, Stevenson, Chateaubriand ou Nerval) et comme ce monsieur nous les fait regretter ! Un livre à éviter ne serait-ce que parce qu'il ne donne à personne l'envie de visiter notre beau pays.

1,5/5

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28/04/2012

Les noces de soie (Jean-Paul Malaval)

les noces de soie.jpgAu printemps 1875, en Ardèche, Théodore Andromas est fou de joie car sa femme Mariette vient de mettre au monde Silvius, son premier fils. Le couple avait déjà eu deux filles, Pauline et Eugénie. Il s'imagine que leur magnanerie a son avenir assuré grâce à la venue de cet héritier qui pourra reprendre son bien. Son ami, Barthélémy Sitbon, vigneron, venu pour le féliciter est assez mal reçu. En effet, une vieille rancune reste tenace entre les Andromas, protestants, et les Sitbon, catholiques. Elle remonte à fort loin, au temps des persécutions, des Camisards etc... Tout devrait se présenter sous les meilleures augures et pourtant rien ne va se passer comme il faudrait. Mariette, qui a été engrossée contre sa volonté, commence par se refuser à son mari. Et ce n'est que le tout début d'une longue suite d'incidents et de catastrophes.

Ce roman de terroir qui se déroule dans le milieu des éleveurs de vers à soie lance le premier épisode d'une saga familiale très représentative du monde paysan de cette époque. En effet, l'éditeur annonce une suite, « La villa des térébinthes », pour août prochain. Ce premier tome est déjà très prometteur. Les personnages sont bien campés : un paterfamilias dur, égoïste et dont on découvre toutes les turpitudes au fil de l'histoire, une mère Courage, une tante et une fille broyées par les évènements et une autre fille et un fils qui trouvent leur salut dans la fuite hors du « cocon » familial. L'intrigue est rondement menée et le style impeccable. Tout est soigneusement décrit et minutieusement étudié jusque dans les plus infimes détails techniques. Le lecteur apprendra donc énormément de choses sur culture des vers à soie et également sur le monde impitoyable des soyeux lyonnais. Un excellent ouvrage à conseiller aux amateurs du genre.

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26/04/2012

L'abîme (Dickens & Collins)

L'abîme.jpgElevé dans l'orphelinat des « Enfants trouvés » jusqu'à l'âge de onze ans, le jeune Walter Wilding pense avoir ensuite été repris par sa mère qui, lorsqu'il atteignit l'âge adulte, l'a lancée dans la vie en lui confiant ses parts dans un négoce de vins et spiritueux. Plein d'idées philanthropiques, altruistes et paternalistes, Walter engage une gouvernante, Madame Goldstraw, ancienne employée de l'orphelinat, qui lui apprend qu'il s'est produit un échange d'enfants au moment de la récupération par les parents. Il se sent donc dans la peau d'un usurpateur qui a pris la place d'un autre et l'a même spolié de son héritage car il jouit du petit patrimoine de sa mère décédée. Il n'aura de cesse de retrouver le véritable Wilding et mourra avant que ses recherches n'aboutissent. L'affaire en serait restée là, si son associé, George Vendale, n'était tombé amoureux de la belle Marguerite, nièce sous tutelle d'un certain Obenreizer, négociant helvétique peu scrupuleux.

Un roman assez bizarre et assez difficilement classable car il oscille entre le roman social type « David Copperfield » (principalement dans la première partie où l'on reconnaît bien patte de Dickens, son style et ses thèmes habituels), le roman sentimental avec cette amourette très fleur bleue de George et Marguerite et le roman policier mal fagoté. L'ensemble semble donc à la fois fouillis, ennuyeux et disparate. L'intrigue est souvent invraisemblable et s'emboîte assez mal avec la première partie. Il faut préciser que ce roman a été écrit à quatre mains et qu'on a vraiment l'impression que chacun a tiré à hue et à dia et non travaillé en synergie. Le résultat, écrit dans un style vieillot et selon des codes archaïques, ne peut en aucun cas être classé dans les chefs d'oeuvres éternels. Comme quoi, même de grands auteurs peuvent parfois produire des titres de qualité très inférieure.

2,5/5

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24/04/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 3 / 4ème partie)

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22/04/2012

Cet été-là (Véronique Olmi)

cet été-là.jpgComme chaque été depuis seize ans, trois couples d'amis passent ensemble le week-end du 14 juillet, au bord de la mer, à Coutainville (Cotentin) dans la maison des plus aisés d'entre eux, Denis, PDG et sa femme Delphine, un couple bien proche de la séparation mais qui fait tout pour donner le change. Les invités sont Nicolas et Marie, intermittente du spectacle en fin de droits, Lola, grand reporter dans la quarantaine, très instable sentimentalement, et son nouveau compagnon Samuel qui met beaucoup de bonne volonté à se faire admettre dans la tribu ce qui semble être le meilleur moyen pour en être exclu. Tout ce petit monde passe agréablement son temps entre baignade, bronzette, tennis, badminton, cheval et voile... Jusqu'à ce que Jeanne, la fille de Delphine et Denis, et son amie Rose rencontrent sur la plage Dimitri, un jeune de 20 ans un peu bizarre.

Ce roman intimiste est une sorte de chronique familiale concentrée dans une unité de temps restreint (les trois jours d'un week-end où les passions s'exaspèrent et où les amours à différents stades de leurs évolutions se délitent) et dans une unité de lieu (le huis clos de cette maison de famille fière de son grand pin centenaire menacé de mort par un parasite, tout un symbole). Les personnages sont intéressants et emblématiques de la classe des bobos privilégiés. Dommage que l'intrigue soit aussi banale. La petite énigme représentée par Dimitri ne sauve pas l'histoire. Ce livre reste néanmoins intéressant ne serait-ce que par la fluidité d'un style agréable et surtout par la finesse et l'intelligence des analyses psychologiques. De quoi passer un bon moment de détente sans en demander plus.

3,5/5

 

Citations : « Et Lola l'avait choisi pur se débarrasser de ce fardeau encombrant qu'elle se traînait depuis plus de seize ans : sa virginité. Il s'appelait Eric, venait d'une famille de communistes qui se disaient intellectuels, parce que communistes, et qui militaient dans leur salon avec d'autres gens instruits de tout, sauf de la réalité. (Ils avaient fêté le vingtième anniversaire du Printemps de Prague, en buvant du champagne, toujours dans leur salon.) »

« Elle sut qu'il avait raison : ce qu'elle avait à lui dire était déplacé ici, et maintenant. Alors pour ne pas perdre la face elle lui demanda simplement de l'argent. »

« Elle enviait Delphine : les hommes se retournaient encore sur son passage, et là sur la digue, leurs regards ne lui échappaient pas, ils disaient qu'elle était une femme qu'on avait envie d'aborder, une femme à qui on ne demanderait pas plus que ce qu'elle pouvait donner, et qu'on se contenterait de peu. »

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20/04/2012

Le sillage de l'oubli (Bruce Machart)

Le sillage de l'oubli.jpgA Lavaca County (Texas) en 1895, Vaclav Skala, propriétaire terrien d'origine tchèque, perd la seule femme qu'il ait jamais aimée alors qu'elle met au monde Karel, leur quatrième fils. A partir de ce moment, pour Vaclav rien ne comptera plus que ses chevaux de courses qui vont lui permettre d'agrandir son domaine au fil des paris et des victoires remportées par Karel qui est un excellent cavalier. Mais tout va basculer quand Villasenor, un riche éleveur d'origine mexicaine, propose un nouveau pari qui engage tout l'avenir des quatre frère. Cette course décisive, Karel ne va pas la gagner. Il sera même battu par la fille de Villasenor...

Un premier roman relativement réussi, mais pas au point de mériter les dithyrambiques éloges de la quatrième de couverture : « épopée mythique et hypnotique », « écriture vertigineuse », « Le Sillage de l'oubli a valu à son auteur d'être comparé à Faulkner » et « des accents de Cormac MacCarthy ». Pour ce dernier, les accents n'ont rien à voir avec ceux de la période « La route », mais peut-être avec la période « Suttree », c'est à dire quand le maître écrivait encore avec une plume de plomb. Voir du Faulkner chez Machart est totalement controuvé, car à part la période décrite et les personnages de paysans américains, les deux auteurs n'ont pas grand chose d'autre en commun. « L'écriture vertigineuse » semble en réalité plutôt lourde et ennuyeuse car manquant de rythme. Se prenant pour un entomologiste, l'auteur s'évertue à décrire de nombreuses scènes sans intérêt et se perd dans un tas de détails inutiles, ce qui donne un style pompeux et vieillot à ce livre. « Epopée » est un bien grand mot pour cette histoire. Nous avons plutôt affaire à une saga familiale assez calamiteuse racontée de façon non chronologique avec d'incessants retours en arrière et des progressions en zigzag dans le temps qui n'aident guère à la compréhension. On apprend néanmoins pas mal de choses sur l'élevage des chevaux et en particulier sur leur castration qui est contée deux fois et dans tous les détails. Espérons que Machart, à l'instar de Cormac McCarthy, saura, dans ses prochains ouvrages, épurer son style et aller à l'essentiel. Là on pourra crier au génie...

3/5

Citations : « Et donc, quand cette fille – Graciela – s'avance vers Karel sous la faible lumière flottant dans l'écurie, déboutonne son chemisier et étend une couverture de selle sur des balles de foin, il est frappé, comme le sont souvent les jeunes hommes lors du moment de grâce qui les met pour la première fois en présence du miracle délicatement révélé d'un corps de femme, par sa propre gaucherie, par l'inexactitude et l'insuffisance de ce que lui avait suggéré sa faible imagination adolescente."

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18/04/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 3 / 3ème partie)

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17/04/2012

Au coeur des forêts (Christian Signol)

au coeur des forêts.jpgA Servières, sur le haut plateau au-dessus de Tulle, Bastien Fromenteil, exploitant forestier vit seul depuis qu'il a perdu son épouse Louise. Pour rien au monde il ne quitterait ses bois. Son père Aristide lui a appris dès son plus jeune âge que les arbres vivent, parlent et rêvent. Un jour, sa petite fille Charlotte gravement atteinte d'une tumeur cancéreuse vient se réfugier auprès de lui, espérant se remettre plus vite au grand air. Nous sommes un peu plus d'un an après la grande tempête de 1999 qui fit tant de dégâts dans les forêts françaises. Il y a tant d'arbres abattus que le bois ne vaut plus rien et que les bucherons croulent sous le travail. Bastien est persuadé que Charlotte va pouvoir guérir s'il se bat à ses côtés et s'il lui fait partager tous ses secrets. Et ils sont nombreux car la vie n'a pas toujours été facile pour cette famille isolée au milieu des bois.

Un poétique roman de terroir dans lequel les arbres ont autant d'importance que tous les personnages de la famille Fromenteil qui se retrouva prise dans la tourmente de la Seconde Guerre Mondiale, puis qui vécut un drame familial, la disparition inexpliquée de la soeur de Bastien dans les années 60. Dans ce livre plus intéressant par son contexte que par son intrigue, le lecteur apprendra beaucoup sur l'exploitation forestière ancienne et moderne, les dangers d'un métier difficile, ingrat et peu rémunérateur (il faut 350 hectares de bois pour en vivre...) et l'importance des nouvelles machines comme le Timber Jack, cet engin canadien qui ébranche, écorce, coupe et transporte les troncs en deux temps trois mouvements. Il suivra le combat de Charlotte contre son cancer et découvrira par pans non chronologiques assortis de nombreux retours en arrière l'histoire d'un famille sur trois générations. Le style de Christian Signol est solide et agréable et ne manque pas d'un certain lyrisme.

3,5/5

Citations : « Nous écouterons notre père nous expliquer pourquoi les arbres, dans l'immensité de leur coeur, rêvent d'atteindre le ciel : c'est pour mieux nous hisser vers lui, nous les hommes, si petits, si perdus, si étrangers aux secrets merveilleux de nos vies. »

« Regarde bien les arbres. Ils savent, comme nous, qu'ils doivent mourir un jour, mais ils ne pensent qu'à une chose : grandir, monter le plus haut possible. »

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15/04/2012

Nuit noire, étoiles mortes (Stephen King)

nuit noire, étoiles mortes.jpgDans les années 20, la femme d'un pauvre fermier du Middle West envisage de vendre une terre lui appartenant personnellement pour aller s'établir en ville. Ne parvenant pas à la raisonner, le fermier qui refuse de partir en ville, n'a plus qu'une solution : l'assassiner avec la complicité de son fils... Une femme, écrivain de romans policiers pour vieilles dames est invitée pour une conférence. Sur le chemin du retour, un pneu de sa voiture crève. Un conducteur s'arrête et propose de l'aider. Il en profite pour la violer et pour la laisser pour morte dans une conduite d'égoût... Un homme atteint du cancer n'a plus que quelques mois à vivre quand il rencontre un étrange marchand qui lui propose « une extension de vie » en échange d'une commission de 15% sur tous ses revenus... Après 27 années de vie conjugale réussie, une femme fait une découverte bouleversante en fouillant dans les affaires de son mari : les papiers d'identité soigneusement cachés d'une femme assassinée...

« Nuit noire, étoiles mortes » est un recueil de quatre nouvelles (dont deux novellas, véritables petits romans) tournant autour du fantastique au quotidien, style dans lequel l'ami Stephen King est passé maître depuis fort longtemps. L'auteur part d'un fait assez anodin ou d'une rupture dans le déroulement normal d'une existence et pousse au paroxysme les conséquences d'une suite de catastrophes s'enchaînant en cascade. Comme souvent dans ce genre de recueil, si tous les textes sont bons, bien écrits et forts intéressants, l'un est nettement supérieur aux autres, « 1922 », de loin le plus réussi car à la fois le plus étrange, le plus fantastique et le plus monstrueusement gore des quatre. Un très bon cru de King !

4,5/5

Citations : « Ma spécialité, ce sont les extensions, un produit typiquement américain. J'ai vendu des extensions d'amour, qu'on appelle aussi potions, aux âmes en peine, des extensions d'emprunt aux fauchés comme les blés – il n'en manque pas dans l'économie actuelle-, des extensions de temps à ceux qu'une échéance quelconque pressurait, et même une fois une extension oculaire à un type qui voulait devenir pilote de l'US Air Force et savait qu'il ne réussirait jamais le test de vision. »

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13/04/2012

Itinéraire bis (Pépito Matéo)

Itinéraire bis 2.jpegTrès vaguement inspirée des Mille et une nuits, l'histoire commence par « Il était une fois un Sultan... » qui doit punir un voleur en lui faisant couper la tête par son bourreau. Au moment où la hache va trancher son cou, le condamné déclare qu'il a un secret à faire connaître au Sultan. Et il sauve une première fois sa tête par la magie d'un mot. En une nuit, une graine, si elle est plantée par une main innocente, peut donner un arbre et tous ses fruits. Le Sultan fait donc planter une graine de coing, mais, au matin, pas plus d'arbre que de fruit. Comment le voleur pourra-t-il s'en tirer cette fois ?

Dans un registre plus proche du conte classique, Matéo brode sur la magie, le fantastique et même sur les univers parallèles et les destins qui s'entrecroisent. Il use et abuse des digressions, des retours en arrière et autres histoires croisées selon le principe de l'escalier ou du coq à l'âne. Ainsi libère-t-il l'imaginaire, la poésie et promène-t-il le lecteur et surtout le spectateur car « Itinéraire bis » ainsi que l'amusant court sketch « Le trou de mémoire, histoire en rappel », ajouté en bonus en fin d'ouvrage, sont des textes destinés à être joués sur scène. C'est frais, amusant, baroque et un peu absurde. Ca se situe quelque part entre Ionesco et Raymond Devos. Un vrai régal !

4,5/5

 

Citation : « Non, il faudrait un monde, où chacun aurait les moyens... Mais il faudrait quand même un juste milieu et il faudrait se donner les moyens d'éliminer les gens du milieu, un peu sur les bords, mais sans faire l'amalgame avec le centre... Enfin, faudrait pas faire les choses à moitié... je veux dire un monde parfait, un monde... (…) Oh, c'est chiant le paradis !

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12/04/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 3 / 2ème partie)

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11/04/2012

Survie (Pépito Matéo)

Survie.jpegPépito, le conteur, a bien des soucis avec ses personnages. Roger-Roger, par exemple, collectionne les trains miniatures et transforme son séjour en gare de triage. Félicien, tête de chien comme on l'appelle, vit tout seul dans un immeuble abandonné jusqu'au jour où une famille africaine venue squatter l'adopte. Rémi et Colette montent une boutique de frites sur le bord de la RN12. Et le commissaire à la cour des contes est toujours en quête de cadavres exquis. Avec tout ce petit monde qui apparaît puis disparaît sans crier gare, il a bien de la peine à inventer une histoire qui tiennent à peu près la route...

Une amusante pièce de théâtre en un acte et pour un seul acteur, lequel interprète tous les rôles, qui est un véritable petit bijou d'intelligence et d'humour. Pépito Matéo possède un style inimitable. Il jongle avec les mots, les expressions, les allusions. Il arrive à nous faire prendre des vessies pour des lanternes. C'est drôle, absurde, délirant mais également léger et poétique. A déguster sans modération. Déjà excellent à lire, c'est encore mieux quand c'est joué sur scène par l'auteur lui-même !

5/5

 

Citation : « C'est ainsi qu'elle apprend la terrible nouvelle : l'auteur du feuilleton s'est donné la mort. Il a avalé trois stylos-plumes, son fax et une photocopieuse de marque ancienne. Conclusion intestinale : elle ne connaîtra jamais la suite du feuilleton. »

« Et de cette nuit-là sont nées les histoires. Des histoires en pagaille que la Terre nourrissait de ses rêves. Au début, c'était bien. Ils faisaient bon ménage, la Terre avait bon fond, au fond. Le Monde lui, cultivait son petit jardin secret, et la Terre lui apprenait tous ses mystères... Mais au bout d'un moment, le Monde a commencé à avoir la bougeotte.

Il a voulu vivre sa vie...

Il s'est mis à sortir dans les cavernes, à boire, à se battre, et, à jouer au 421. Ce qui fait que, quand il rentrait au petit matin ( dans la forêt de Brocéliande), il faisait les yeux doux à la Lune... »

(…) Je me suis dit : bon, cette histoire, je peux peut-être lui donner sa chance, après tout. Seulement, elle manquait de fond, et moi je n'avais pas la forme...

Alors j'ai essayé de remanier la forme... mais...

J'avais plus de fond. Je suis parti à la dérive... prêt à toucher le fond.

(J'étais prêt à jeter l'encre.)

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09/04/2012

Les opinions de M. Jérôme Coignard (Anatole France)

Les opinions de M.Jérôme Coignard.jpgAncien professeur d'éloquence, ancien bibliothécaire d'un évêque, ex-écrivain public et simple précepteur du jeune Jacques Tournebroche, fils d'un rôtisseur, l'abbé Jérôme Coignard est une sorte d'érudit, de philosophe et de penseur populaire qui aime à faire partager ses idées au cercle d'amis qu'il retrouve à la taverne ou dans la librairie d'un certain Blaizot, sise rue St Jacques à Paris. Ainsi doit-il trancher de toutes sortes de questions comme celles-ci : une dévote doit-elle faire jeûner son chien pendant le carême ? La nature est-elle athée ? Une jolie servante peut-elle user de ses charmes pour faire libérer un voleur ? Un échevin a-t-il raison de proposer une pompe à incendie à une école construite en bois et qui risque de brûler ? Quelle est l'utilité du service militaire ? Comment fonctionne la justice ? Etc...

Ce Jérôme Coignard, sympathique homme de sagesse et de bon sens, qui se situe quelque part entre Diogène et Socrate, disserte sur tout et n'importe quoi. Ses avis sont tranchés, parfois paradoxaux, mais toujours intéressants et pragmatiques. Le lecteur devine qu'Anatole France a beaucoup mis de lui-même dans ce personnage. C'est brillant et souvent décoiffant. Les institutions, politiques, religieuses, judiciaires et militaires en ressortent joliment étrillées par ce pacifiste, anticlérical et plus ou moins anarchiste qui devait être très en avance sur son temps. Mis à part le contexte historique, ce texte classique n'a guère vieilli. Il surprend même par le modernisme d'idées qui semblent intemporelles. A ne pas oublier.

4/5

Citations : « Dans une démocratie, disait Monsieur l'abbé Coignard, le peuple est soumis à sa volonté, ce qui est un dur esclavage (…) car la volonté commune ne se trouve que peu ou point dans chaque personne, qui pourtant en subit la contrainte toute entière. Et le suffrage universel n'est qu'un attrape-nigaud, comme la colombe qui apporta le Saint Chrême dans son bec. »

« Je crains un empire dans sa première verdeur. Je crains l'âpre nouveauté d'une république. Et, puisqu'il faut être mal gouverné, je préfère des princes et des ministres chez qui les premières ardeurs sont tombées. »

« Le monarque apporte à ses sujets deux présents funestes, la guerre et la dîme. »

« Le service militaire me paraît la plus effroyable peste des nations policées. »

« Les hommes se font tuer volontiers pour des mots. »

« On est rebelle quand on est vaincu. Les victorieux ne sont jamais rebelles. »

« Le serpent de la Genèse est le plus antique des philosophes et leur prince éternel. »

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07/04/2012

Le géant Yéous (George Sand)

le géant yéous.jpgDans les Pyrénées, le berger Miquelon possède une rencluse, c'est à dire une petite propriété d'altitude qui lui permet de faire paître son troupeau pendant les mois d'été. Un jour, un énorme bloc de pierre, personnalisé sous le nom de « Géant Yéous », s'abat sur la maison, détruisant tout sous un terrible éboulement. Miquelon en réchappe de justesse avec un bras mal ressoudé et une jambe en moins. Ayant tout perdu, il n'a plus d'autre solution pour survivre que de partir mendier sur les routes avec sa femme, son fils Miquel et ses filles. A sa mort, Miquel veut reprendre le flambeau et remettre en état la propriété familiale. Sa ténacité et son courage viendront-ils à bout de l'obstination du géant de pierre ?

Une histoire du terroir montagnard en forme de conte moral illustrant le proverbe « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage » avec un arrière-plan quasi fantastique dans la mesure où le géant réapparaît la nuit et parvient même à se reconstituer en dépit de tout ce que lui inflige Miquel. C'est bien écrit, encore agréable à lire et plein de fraîcheur. Ce classique écrit pour un public jeune n'a presque pas vieilli. Il reste une belle ode à l'humble travail des montagnards et à la beauté pleine de rudesse des sommets.

4/5

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06/04/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 3 / 1ère partie)

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05/04/2012

Premières mesures/ Pacush Blues (PtiLuc)

Premières mesures.jpgAssis sur leur tas d'ordures, quelques rats noirs fort peu sympathiques se morfondent au fond d'une répugnante décharge publique. Quelques-uns trompent leur ennui en creusant des trous , d'autres font du toboggan dans une vieille gouttière, d'autres encore transforment vaches et taureaux en souffre douleur. Un seul veut repousser ses limites et partir découvrir le monde. Il s'arrêtera à une autoroute pleine de dangers insurmontables. Tous envient le sort des gros rats blancs qui profitent de leur sinécure de rats de laboratoire pour s'empiffrer. Ils sont si bien nourris par les humains, leur chair semble si tendre que les rats noirs n'ont plus de scrupules à devenir anthropophages.

Une BD assez étrange qui oscille entre le glauque tristouille et l'humoristique grinçant sans jamais vraiment trouver son style. Le texte que le lecteur lit dans les bulles reste un peu approximatif car il se veut la transcription du langage plutôt basique de ces petits rongeurs. Majoritairement dans les sépias, le graphisme est loin d'être du plus bel effet. Cela donne un ensemble assez primitif, caricatural, sans grande originalité ni vraie drôlerie et au bout du compte plutôt décevant.

2,5/5 

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03/04/2012

Le grillon du foyer (Charles Dickens)

Le grillon du foyer.jpgTackleton est un riche fabricant de jouet, vieux, égocentrique et désagréable qui doit se marier suite à un arrangement avec la jeune et jolie May Fielding. Son employé, Caleb Plummer, s'occupe avec un grand dévouement de sa fille Berthe qui est aveugle. Il a également un fils appelé Edouard que tout le monde croit disparu en mer. Son voisin, John Perrybingle, un pauvre voiturier, est très amoureux de Dot, sa femme qui est de vingt ans plus jeune que lui. Le couple vit heureux avec leur enfant et sous la protection d'un petit grillon qui chante dans leur cheminée et porte bonheur à leur foyer. Mais un jour, John surprend Dot en compagnie d'un vieil homme et se trompe sur les rapports qu'ils entretiennent...

Ce conte de Noël est un classique de Dickens avec les qualité et les défauts du genre. Tackleton ressemble étrangement à M. Scrooges. Les autres personnages sont un peu des archétypes du roman social du XIXème: le gentil employé exploité, le méchant patron, le pauvre voiturier qui se tue à la tâche, la mauvaise mère qui vend sa fille, l'innocente jeune fille, etc... Les situations sont également un peu controuvées : mariage arrangé, amour contrarié, quiproquo et réapparition inopinée d'un personnage qui permet de tout remettre en place et d'arriver à un happy end. Si on y ajoute un vaste étalage de bons sentiments (père culpabilisant de présenter un tableau édulcoré du monde à sa fille aveugle, mari se reprochant de n'être pas assez attentionné avec sa femme et même méchant avare et égoïste se transformant en généreux philanthrope), on pourrait un peu rapidement en conclure que ce classique a assez mal vieilli. Et pourtant, un certain charme parcourt encore cette histoire. Il provient du fantastique et du merveilleux que Dickens a su y ajouter.

3,5/5

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01/04/2012

Suite anglaise (Julien Green)

Suite anglaise.jpgIl s'agit de cinq courtes biographies d'auteurs anglais et américains, tous un peu excentriques ou étranges. Samuel Johnson, l'homme qui eut un grand succès de son vivant et qui fut une référence en son temps car il avait un esprit encyclopédique et était capable de disserter des heures sur n'importe quel sujet. « Un auteur que, dans les pays de sa langue, on lit encore, mais dans les collèges surtout, et avec beaucoup de préventions. On le cite en mauvais exemple, et l'on se détourne des pompeux ouvrages où cet homme chagrin a mis toute la gravité de son âme. »

William Blake, immense poète naviguant aux portes de la folie et passant toute sa vie dans la tristesse et le dénuement. « C'était un démon ou un ange ou une sorte de divinité. On croirait presque qu'il n'était homme que par erreur tant il ressemblait peu au reste de l'humanité. »

Charles Lamb fut beaucoup moins célèbre que les deux précédents. « On l'aimait, on l'appelait non pas Charles, mais Charles Lamb, parce qu'il était doux et que son nom lui allait si bien. » (un agneau) Simple employé de l'India House, il vivait avec sa soeur qui souffrait de crises de démence. Il fréquenta Keats, Carlyle et Thomas de Quincey, opiomane notoire. Sa grande oeuvre fut « Les Essais d'Elia » qui se succédèrent pendant cinq ans au rythme d'une parution par mois.

La vie de Charlotte Brontoë fut d'une tristesse infinie. L'auteur de « Jane Eyre » vit deux de ses soeurs mourir de tuberculose. Elle dut gagner sa vie comme gouvernante puis s'occuper de son père pasteur qui lui survécut mais l'empêcha d'épouser le seul homme qui s'intéressa à elle. Recluse dans un presbytère perdu, elle passa son temps à coudre et à écrire en compagnie de ses deux autres soeurs, auteurs des célèbres « Hauts de Hurlevent » et d'un frère violent, drogué et alcoolique. Elle mourut la dernière de sa fratrie.

Quant à Nathanaël Hawthorne, l'américain auteur de « La lettre écarlate », il travailla longtemps au service des douanes pour assurer la subsistance de sa famille. Alors que ses livres se vendaient assez bien, ses éditeurs oubliaient de lui verser ses droits d'auteur.

Cinq petits exposés fort intéressants et bien écrits qui peuvent servir d'introduction à un écrivain et donner envie de lire ses ouvrages. Excepté Johnson et Lamb, sans doute.

3,5/5

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30/03/2012

Un certain sens du réel (Graham Greene)

un certain sens du réel.jpgC'est parce qu'il a le sens du réel et même des réalités que le respectable Herr Doktor accepte d'enfreindre la loi en transformant sa belle demeure en casino d'un soir pour complaire à un général alors qu'il a refusé de le faire par pitié pour un malade. C'est parce qu'il a le sens du réel que le jeune Colin persiste à croire à l'existence du Père Noël depuis qu'il l'a vu débarquer d'un hélicoptère et être victime d'un improbable accident. Mais quel sens du réel peut avoir un jeune garçon à l'imagination enfiévrée par la lecture de « l'Ile au trésor » qui part explorer des souterrains et fait d'étranges rencontres ? Et qu'est-ce que le réel pour cet autre qui découvre, projeté dans un futur lointain, les vestiges devenus incompréhensibles de notre univers quotidien ?

Un recueil de cinq nouvelles de styles et de registres fort différents, n'ayant pour point commun que ce thème de la réalité. Trois d'entre elles sont plutôt sociales, paradoxales, humoristiques voire ironiques. Dans « La bénédiction », on trouve un archevêque bénissant des tanks et concluant : « Je n'ai jamais vu une bénédiction sauver une vie. » La dernière, « Découverte dans les bois », relève quasiment de l'anticipation ou de la science-fiction. Et la meilleure « Sous le jardin », fait nager le lecteur dans la fantaisie, la fantasmagorie et le monde onirique et magique de l'enfance. Des nouvelles intéressantes à lire si l'on veut découvrir de nouvelles facettes du talent de ce grand écrivain que fut Graham Greene.

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28/03/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 2 / 3ème partie)

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26/03/2012

Les séparées (Kéthévane Davrichéwy)

Les séparées.jpgAlice et Cécile sont deux jeunes femmes qui sont amies depuis qu'elles se sont rencontrées sur les bancs de leur classe de sixième. Inséparables, elles ont vécu ensemble leurs années d'adolescence, leurs premiers amours, leurs aventures diverses et variées. Plus sensuelle, Alice a multiplié les conquêtes alors que Cécile est restée plus réservée. Toutes deux se sont mariées, Alice avec David et Cécile avec Eric, puis ont divorcé. Ayant repris la boîte de son père, Cécile a engagé Alice qui a fini par se lasser et par reprendre son indépendance. Peu à peu la vie les a séparées jusqu'au jour où Cécile s'est retrouvée dans le coma suite à un grave accident de la route qui ressemblait d'ailleurs à un suicide.

Un roman sentimental bien ancré dans une époque, les années quatre vingt, la génération Mitterand, le disco, les paillettes. Une jeunesse nostalgique des années 68 qui découvrait le sida et qui ne pouvait avoir d'autre repères que la mort de Cloclo, celle de Tonton et le moonwalk de Mickaël Jackson. Une histoire bien ancrée dans un milieu aisé, insouciant, ignorant la précarité, le chômage et la vie difficile des classes inférieures. Uniquement intéressé par la vie facile, les petits plaisirs et les rencontres d'un soir. Au total, un ton léger, un peu superficiel mais pas désagréable (Madame Davrichewy a la plume rapide et légère), pour une intrigue sans grande originalité ni épaisseur particulière. A peine un cran au-dessus du roman de gare...

3/5 

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24/03/2012

Rêve-errance (Pépito Matéo)

Rêve-errance.jpegDon Quichotte de la Manche a trop lu de livres. Il rêve de rééditer les exploits des chevaliers errants de la grande époque. Il part à l'aventure sur d'improbables chemins, rencontre des VRP de multinationales qui le révulsent avec leur slogan « Business time is money ». Il les défie, mais ne sort pas vainqueur de ce combat inégal. Alors il décide de faire les choses dans les règles. Il se fait adouber chevalier et il engage un écuyer, le bon gros Sancho Pança à qui il promet de devenir gouverneur d'une île à la condition qu'il s'en empare lui-même. Dans sa quête illuminée, rien n'arrêtera le diable d'homme, ni les géants, ni les moulins à vent, ni les tonneaux de vin des tavernes.

Cette pièce de théâtre en deux parties est la reprise burlesque du célèbre livre de Cervantès modernisé et surtout carrément passé à la moulinette par l'humoriste décalé Pépito Matéo. Le résultat donne un texte baroque, absurde, délirant, plein d'humour et même d'une certaine poésie. En ce qui concerne le style, l'homme fait feu de tout bois, utilise le jeu de mot, le calembour, le coq à l'âne, les citations en langue étrangère sans oublier les allusions les plus diverses, les plus saugrenues ou les plus anachroniques. Un vrai régal pour l'esprit...

4,5/5

Citation : « Espèce de tarte aux pommes ! Y va te d'mander d'êt' performant, d'faire des heures sup' ! Quel genre de patron c'est ? Ultra-libéral ancien'ment d'gauche, on connaît ça ! »

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22/03/2012

Borgia (Michel Zévaco)

Borgia.jpgLe jeune Ragastens, chevalier de fortune français, est en route vers Rome quand Primevere, une jeune fille enlevée par un mauvais moine l'appelle au secours. Aussi courageux que galant homme, il se précipite et met en fuite le kidnappeur. Il découvre que Primevere est la fille du Comte d'Alma, chef d'une faction de conjurés qui veulent débarrasser l'Italie des Borgia. Ceux-ci sont les maîtres détestés du pays. Le plus âgé, Rodrigue est le pape Alexandre VI. Il a trois enfants, François, César, homme de guerre sans foi ni loi et Lucrèce qui n'a pas plus de moralité que son frère. Tout commence quand César assassine François car il a couché avec sa soeur Lucrèce. Ragastens se retrouve au service des Borgia, puis est rapidement et injustement accusé de la mort de François...

Et ce n'est que le début d'une histoire rocambolesque, pleine d'action, de rebondissements et de suspens. Zévaco donne dans le genre cape et épée en prenant beaucoup de liberté avec la vérité historique. Introduction d'une sorcière, La Maga, qui aurait été enceinte des oeuvres de Rodrigue et véritable mère de Lucrèce, mort du pape par empoisonnement etc... Les Borgia sont présentés comme des criminels, des libidineux dégénérés qui abusent de leur pouvoir et ne s'y maintiennent que par une suite d'actions répréhensibles. Loin de les réhabiliter, Zévaco reprend à son compte toute la légende sulfureuse des Borgia non sans oublier une ou deux charmantes histoires d'amour pour lier la sauce. Un pur roman feuilleton comme on n'en écrit plus.

4/5

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21/03/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 2 / 2ème partie)

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20/03/2012

Danbé (Cissoko & Despléchin)

Danbé.jpgImmigrés installés dans le XXème arrondissement de Paris, les parents d'Aya ont eu bien de la peine à s'intégrer. Le père, malien, n'arrive pas à garder les rares petits boulots qu'il trouve et la mère courage ne parle pas un mot de français. De plus le sort s'acharne sur la famille sous la forme de l'incendie de leur immeuble qui provoquera la mort du père et de le petite soeur d'Aya, uis des insuffisances rénales de la mère qui doit subir dialyses puis transplantations. Aya devra surmonter avec courage toutes sortes d'épreuves et finalement se réaliser et se dépasser dans la boxe amateur, d'abord française puis anglaise. En une année, elle remportera tous les titres avant qu'un grave accident n'interrompe net une carrière des plus prometteuses.

Un témoignage émouvant et sans concessions écrit à quatre mains. Que de courage, de hargne et de rage de vivre chez cette petite fille rebelle qui arrive à se faire une belle place au soleil après un parcours scolaire des plus chaotiques et des succès pugilistiques fulgurants qui font penser au film de Clint Eastwood « Million dollar babies » (heureusement sans la fin dramatique, mais on passe pas très loin vu que la fracture des cervicales et l'opération avec la pose d'une plaque la fit échapper d'un cheveu à la tétraplégie) ! Le lecteur en reste pantois et admiratif. D'autant plus, qu'Aya est aujourd'hui, par la grâce de la Fondation Lagardère pour les athlètes de haut niveau, étudiante à l'Institut d'études politiques de Paris et donc promise à un très bel avenir professionnel. Livre roboratif et encourageant pour tous les enfants de la « diversité » qui pourront suivre ce magnifique exemple. Le style élégant et épuré de Mme Despléchin permet une lecture facile et agréable, ce qui ne gâte rien.

4/5

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18/03/2012

Héritage (Anne-Constance Vigier)

Gabriel Morel, cadre homosexuel d'une grande entreprise, se pose des questions sur le couple qu'il forme avec Vincent. Son partenaire le trompe-t-il ? L'aime-t-il toujours ? Il se prend de compassion pour Muriel, la secrétaire, que son fils Joris, jeune homme violent et asocial, bat régulièrement. Un soir, alors qu'il est resté au bureau après le départ de tout le personnel, il surprend Joris en train de forcer les serrures du bureau de Muriel dans l'espoir d'y trouver de l'argent. Gabriel veut l'en empêcher et, dans l'altercation qui suit, un geste malencontreux fait basculer leur destin...

Héritage.jpgSur un thème proche du fait divers et dans le cadre peu épanouissant des « open-space », Anne-Constance Vigier décrit avec une précision d'entomologiste des rapports humains complexes et campe avec finesse et intelligence des personnages intéressants et attachants. Le lecteur se retrouve quasiment dans la peau de Gabriel, nettement moins dans celle de Vincent qui garde du début à la fin un rôle ambigu et a même une petite faiblesse pour Maryvonne, la pittoresque technicienne de surface ou pour la turbulente grande famille de Vincent. Ainsi va la petite musique d'un livre qui aurait pu être une totale réussite s'il avait bénéficié d'une sérieuse relecture qui eut épargné au lecteur un certain nombre de répétitions, phrases emberlificotées, filandreuses ou à rallonges s'étalant sur des demi-pages... Entre l'effet de style facile (suppression de signes de ponctuation de dialogues ou autres) et le confort de lecture procuré par des phrases harmonieuses et bien équilibrées, le choix devrait pourtant aller de soi.

3,5/5

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16/03/2012

Un homme de tempérament

un homme de tempérament.jpgA Londres, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, H.G. Wells, vieil écrivain malade et passé de mode, survit alors que les V1 s'écrasent alentour occasionnant incendies et ravages. Le grand auteur n'a pas voulu se réfugier dans son manoir à la campagne. Il se remémore son incroyable parcours. Issu d'un milieu très modeste, il fut apprenti dans le textile, puis enseignant. De santé fragile, il se tourna très vite vers le journalisme et la littérature. Son premier roman « La machine à remonter le temps » rencontra immédiatement un immense succès, ce qui, très vite, lui assura aisance et admiration de la gent féminine. Visionnaire, il avait annoncé avec plus d'un demi-siècle d'avance, la montée des totalitarismes, la guerre aérienne et même la bombe atomique.

Cette biographie, particulièrement précise et bien documentée, s'articule sur trois axes. Tout d'abord l'oeuvre du célèbre romancier, ami de G.B. Shaw et Henry James, qui fut un écrivain aussi célèbre que prolifique et ne se cantonna nullement à l'anticipation et à la SF (« La guerre des mondes ») car il aborda pratiquement tous les genres : roman social, sentimental, politique et même vulgarisation scientifique et encyclopédique. Ensuite la politique : anarchiste, athée, libertin et anticlérical, Wells fut un membre influent de la Société Fabienne, creuset aristocratique du socialisme anglais, avant de se retrouver rejeté car minoritaire en raison de ses idées trop en avance pour son temps. En effet, il appelait de ses voeux le socialisme intégral avec redistribution de toutes les richesses, la création d'une société des nations, un gouvernement mondial et plaidait pour la libération de la femme par l'amour libre bien avant mai 68. Et enfin, le sexe, omniprésent dans cet ouvrage. Wells, marié deux fois avec des femmes qui ne le satisfaisaient pas sur ce plan, fut un séducteur compulsif et impénitent, eut une collection incroyable de maîtresses toutes belles, vierges et très jeunes. Oeuvre intéressante pour qui s'intéresse à Wells quoiqu'un peu indigeste, monotone et manquant singulièrement de la légèreté, de la drôlerie et de l'humour promis en quatrième de couverture et qui pourtant ne manquent pas dans les autres titres de Lodge.

Citation : « Le sexe pour Wells était idéalement une forme de récréation, comme le tennis et le badminton, quelque chose que l'on faisait quand on était venu à bout d'une tâche, pour se défouler et exercer un moment son corps plutôt que son esprit... »

3,5/5

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14/03/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 2 / 1ère partie)

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12/03/2012

Le monastère oublié (Steve Berry)

Le monastère oublié.jpgCassiopée Vitt est kidnappée après avoir dérobé une très ancienne lampe contenant du pétrole... Ni Yong, une vice-premier ministre chargé de la lutte contre la corruption, vient demander des comptes à Pau, un ancien dignitaire réfugié en Belgique. Leur rencontre se termine en fusillade. Le fils d'un géologue russe travaillant pour les Chinois dans le domaine de la recherche pétrolière disparaît mystérieusement. Ainsi débute une suite d'aventures compliquées qui entraînera Cotton Malone, ancien agent secret reconverti en libraire, et son amie Cassiopée au beau milieu de la Chine, sur le site de l'armée de soldats enterrés, puis au mausolée de l'empereur Qin Shi et finalement dans un monastère caché aux confins du Pakistan, siège de la confrérie secrète mais toute puissante du Ba...

Steve Berry a le don de concocter des thrillers « intelligents » selon une recette on ne peut plus originale : beaucoup d'aventures, d'action, de dépaysement géographique, une grande louche de réalité politique actuelle et une bonne dose d'éléments étranges ou paradoxaux de la petite Histoire d'un pays, ici, en l'occurrence la Chine. Il permet au lecteur d'apprendre beaucoup de choses sur les arcanes du pouvoir (l'opposition multi-séculaire entre le confucianisme et le légalisme, les changements de régimes ou de dynastie se pratiquant par l'élimination de tous les rivaux et par la pratique systématique de l'amnésie collective et de la table rase) et sur l'importance des eunuques à la cour impériale. Il aborde également le problème des enlèvements de petits garçons, calamité engendrée par la politique de l'enfant unique et celui de la double origine supposée du pétrole (biotique et abiotique) qui résoudrait le problème de la pénurie à venir. Bien entendu, à côté de tous ces grands sujets passionnants, les histoires de bagarres, poursuites et fusillades à la James Bond en deviennent presque secondaires. A noter, une démarche rare et pleine d'honnêteté de la part de l'auteur : en fin de volume, Berry précise ce qu'il y a de vrai et d'authentique et ce qui est inventé voire ésotérique dans son histoire. On aimerait que d'autres auteurs sévissant sur le même créneau (Dan Brown ?) aient le courage de l'imiter...

4/5

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