21/12/2012

Ca m'agace ! (Jean-Louis Fournier)

ca m'agace.jpgEn une quarantaine de petits articles illustrés de dessins humoristiques, Jean-Louis Fournier nous présente à sa manière inimitable un inventaire à la Prévert de tout ce qui l'agace, l'énerve, l'ennuie, lui pourrit la vie. De la mite qui fait un gros trou sur le devant de son pull en cachemire au moustique qui l'empêche de dormir en passant par le désespéré qui se jette sous le TGV bloquant tous les passagers pendant cinq heures alors qu'il aurait pu choisir un train de marchandises. C'est amusant, décalé, plein de vérités pas toujours bonnes à dire comme : « J'aimais bien le préfet Poubelle, j'aime moins le préfet à Roulettes » ou « Pourquoi vous nous prenez pour des cons, Monsieur le Ministre ? » ou encore « Ne vous mettez pas à la place des gens intelligents, vous ne seriez pas à votre place. » Ca se lit en un rien de temps avec une grande délectation car c'est ciselé, plein d'humour et d'esprit, tout à fait dans la veine de « Mouchons nos morveux » et de « Les mots des riches, les mots des pauvres. » Ca pourrait sembler un peu jérémiade de vieux grognon, mais pas du tout. C'est présenté avec tant d'intelligence, d'élégance et de poésie qu'on en redemande.

5/5

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19/12/2012

Tout le monde fait l'amour (Pascale Clark)

Tout le monde fait l'amour.jpg« Tout le monde fait l'amour ». Même Maud, même trop. Même Gertrude, même mal. Même pas, comme Clara qui se demande comment font les autres. Ainsi résumée, on comprendra que l'intrigue tienne sur un seul timbre-poste. Trois jeunes femmes d'un milieu qu'on imagine aisé, bobo, et branché « Marais » ont trois approches différentes de la sexualité. Maud, la plus jolie, collectionne les amants avec une sorte de boulimie qui ressemble terriblement à de la nymphomanie. Gertrude, moins gâtée par la nature, tombe éperdument amoureuse d'un homosexuel et qui se retrouve enceinte et Clara, l'intello mal baisée, en dépit d'efforts aussi méritoires que dérisoires, ne parvient jamais à conclure. Trois personnages que l'on jurerait tirés de feuilletons télé style « Sex and the city » ou « Plus belle la vie »... De la chick-lit de série Z ! Le lecteur peine à s'intéresser à ces trois péronnelles travaillées par une sexualité virant à l'obsession. Si une enfance de « grosse » traumatisée par une première expérience particulièrement cruelle excuse le comportement de Maud, si la sottise crasse de Gertrude peut se comprendre, il n'en est pas de même du comportement de Clara, évident avatar de l'auteur. Son personnage reste agaçant, égoïste, nombriliste et lassant avec toutes ses interrogations, ses ricanements et sa vision aigrie du monde en général et des hommes en particulier. Elle semble avoir une si haute idée de sa valeur que personne n'est digne d'obtenir ses faveurs alors qu'elle ne cesse de se déclarer prête à céder au premier venu !

Avec un aussi maigre sujet et des personnages aussi navrants, une habile écrivaine aurait encore pu faire autre chose que cette médiocre littérature hormonale. L'ennui, c'est que Melle Clark n'est ni Millet ni Angot (elle n'en a pas la sensualité), ni Despentes ni Pancol ni Constantine (elle n'en a pas l'humour léger, décapant ou décoiffant). Tout juste l'aigre ironie grinçante et le ricanement agaçant. On ne lui déniera pas un joli brin de plume avec son style très « djeun », très parlé, pseudo-moderne, fait de très courtes phrases, de jeux de mots faciles et surtout de longs dialogues sur des sujets placés presque toujours bien au-dessous de la ceinture. Mais sans doute faut-il être indulgent pour un premier roman anodin, et sans doute publié pour surfer sur la célébrité de cette journaliste de radio et télé. Les deux autres opus qu'elle a commis ensuite sont peut-être plus réussis. A voir.

2/5

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17/12/2012

L'espace prend la forme de mon regard (Hubert Reeves)

L'espace prend la forme.jpgPetit livre de considérations et réflexions diverses et variées de l'astrophysicien canadien, cet « Espace qui prend la forme de mon regard » est une sorte de journal ou de carnet de bord rempli de notes écrites à la va-vite, de réflexions philosophiques ou morales plus ou moins profondes, ainsi que d'observations plus ou moins poétiques de la nature. Composé de quatre parties : « Le temps qui passe », « Au cimetière », « De la nature » et « La quête de sens », ce livre pose la plupart des questions essentielles. Qu'est-ce que la vie ? D'où vient-elle ? Une horloge peut-elle exister sans grand horloger ? Pourquoi l'homme a-t-il une conscience ? Y a-t-il une vie après la mort ? Que faisons-nous sur cette terre ? Autant de problématiques auxquelles le grand scientifique n'apporte aucune explication définitive, chacun s'en doutera. Alors quel peut bien être l'intérêt de publier ce genre de texte qui, s'il émanait du citoyen lambda, serait certainement resté douillettement niché au fond d'un tiroir ? L'indulgence naturelle du lecteur l'amènera à ne pas répondre à cette question tout en conseillant de faire un détour tant l'intérêt est réduit. Etre un astronome reconnu n'implique pas d'être également un grand poète ou un philosophe de haut niveau. Ingres jouait du violon, mais jamais personne ne l'a confondu avec Pagannini... Quelques photos d'art en noir et blanc dont une jolie reproduction d'un Giacometti illustrent ce petit opus assez quelconque.

2/5

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15/12/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 2/2ème partie)

Ce livre est disponible en version papier chez TheBookEdition et chez Lulu et en version e-book chez Amazon. Si ces extraits, vous ont plu, n'hésitez pas, cliquez dans les colonnes...

 

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13/12/2012

Constantin le Grand (Max Gallo)

Constantin le Grand.jpgAu début du IVème siècle, alors que les persécutions contre les chrétiens n'ont fait que les renforcer, monte au pouvoir Constantin Ier, fils de Constance 1er Chlore, César des Gaules, assez bienveillant avec les chrétiens et d'Hélène, chrétienne elle-même. Vaillant guerrier, capable d'affronter dans l'arène les plus terribles gladiateurs, Constantin devra batailler dur pour arriver au sommet et pour s'y maintenir. La veille d'un combat difficile, il remarque quelque chose dans le ciel. Une croix avec cette inscription : « Par ce signe, tu vaincras ». Toute sa vie, il s'appuiera sur les chrétiens pour conserver son pouvoir. Non seulement il fera cesser les persécutions, mais encore il fera construire des basiliques, maintiendra l'unité de l'église malgré le schisme d'Arius et fera de la nouvelle religion l'unique religion d'état. Et paradoxalement, il ne se convertira et ne se fera baptiser que sur son lit de mort. Habile et cruel, il sera resté païen toute sa vie et aura fait assassiner une grande partie de ses proches (fils égorgé, première femme ébouillantée). Il fera procéder à la fondation de Constantinopolis, la « Nova Roma », la ville de Constantin qu'il voulut encore plus belle, plus saine et plus prestigieuse que Rome.

Ce cinquième tome de la série « Les Romains » est sans doute le meilleur. Le personnage paradoxal et ambigu de Constantin y est certainement pour beaucoup. Max Gallo se sert de deux témoins, Marcus Salinator et Denys l'Ancien pour nous raconter par le menu ce destin exceptionnel. L'Empire romain est divisé, en proie à la pire des décadences. Les barbares sont aux portes, toujours prêts à l'invasion. Les luttes de pouvoir sont terribles et il faut un homme à la fois fort et providentiel. Ce sera Constantin. Il essaiera bien de faire en sorte qu'après sa mort son oeuvre devienne pérenne grâce à ses fils. Mais ce ne sera pas le cas. Julien l'Apostat tentera même de remettre au goût du jour les cultes anciens. Il restera deux ans sur le trône et sera assassiné. Son successeur, Jovien, rétablit la chrétienté mais ne règne qu'un an. Et en 476, ce fut la fin de l'Empire d'Occident. Un livre passionnant, très bien écrit, agréable à lire et qui donne envie d'en savoir encore plus sur cette période trouble de l'histoire de Rome.

5/5

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09/12/2012

Marc-Aurèle / Le martyre des chrétiens (Max Gallo)

marc-aurèle.jpgA la mort de l'empereur-philosophe Marc-Aurèle, Commode, son fils, en réalité un batard que sa femme a eu avec un gladiateur, lui succède. Sadique et dépravé, ce dernier va se comporter comme un nouveau Néron et persécuter sauvagement les chrétiens. Un noble romain, Julius Priscus, disciple et ami de Marc-Aurèle est désolé du tour que prennent les évènements. L'attitude des chrétiens lui semble incompréhensible. Comment ces gens font-ils pour aller à la mort en chantant et pour se laisser martyriser aussi facilement ? Il interroge longuement Eclectos, un grec chrétien qui croit que le royaume de Dieu est proche et qui affirme que bientôt un empereur se convertira et que de l'alliance entre romains et chrétiens sortira un monde et une ère nouvelle.

Un roman historique sur une période particulièrement troublée. Décadence romaine d'un côté et montée en puissance des Chrétiens de l'autre. Le sang des martyrs étant semence de nouveaux Chrétiens. Au début, ceux-ci passent pour des renégats car, objecteurs de conscience avant l'heure, ils refusent de prendre les armes et ne rendent pas le culte dû à l'Empereur divinisé. Ils sont accusés de tous les maux, fouettés, battus, torturés et jetés aux lions. Gallo décrit longuement le supplice de Blandine, de l'évêque Pothin et de leurs malheureux compagnons suppliciés dans les arènes de Lugdunum. Une des scènes les plus gore du livre. Heureusement, il a su contrebalancer ces horreurs par de longues discussions entre Julius et Eclectos et faire quelques flashbacks sur la pensée et les écrits de Marc-Aurèle (humaniste qui n'alla pas jusqu'à faire grâce aux chrétiens) ce qui permet de comprendre les enjeux et les problématiques de cette véritable « révolution culturelle ». Très facile et très agréable à lire, ce livre donne une bonne idée de l'ambiance de l'époque sous une forme de vulgarisation historique simple et légère. Ouvrage plus divertissant qu'universitaire.

4/5

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07/12/2012

Un parrain de cendre (Jean Anglade)

Un parrain de cendre.jpgA Treignac en 1924, dans le Limousin, un couple d'agriculteurs, Clémente et Thérèse Peyrissaguet, en est à son dixième enfant quand un notable du coin les propose pour le Prix Cognacq-Jay, créé pour récompenser les familles nombreuses. Ils le remportent et touchent la coquette somme de 20 000 francs qui leur permet d'acquérir partiellement leurs terres et d'acheter une jument, une carriole et un moulin à céréales. Au douxième enfant, une petite fille, ils obtiennent le parrainage du Président de la République, Gaston Doumergue, mais cette glorieuse distinction n'apportera quasiment rien à ces paysans modestes, tout juste un diplôme, une lettre et une toute petite somme d'argent. Et pourtant, ils baptiseront leur fille « Gastounette », enverront leurs voeux au Président et feront tout leur possible pour se rappeler à son bon souvenir. Dotée de ce parrain « de cendre », la petite Gastounette, dite « Tounette » après un début aussi glorieux, n'aura qu'un destin des plus communs...

Un joli roman de terroir comme sait si bien en écrire ce bon Jean Anglade qui nous fait suivre sur plus d'un demi-siècle la vie modeste d'une petite paysanne entre les prairies du haut Limousin et les coutelleries de la ville de Thiers. Occasion d'une plongée dans le monde de l'avant guerre avec la guerre d'Espagne, le Front Populaire, la montée en puissance d'Hitler, la Seconde Guerre Mondiale avec ses privations (pas pour tout le monde) et l'après-Guerre avec le début des Trente Glorieuses, l'arrivée de l'électricité, de la radio et enfin de la télévision jusqu'au fin fond des campagnes. Courageuse, malheureuse et fidèle, Tounette est un magnifique personnage attachant et bien représentatif des gens de cette époque. Famille et belle-famille sont particulièrement bien croquées et présentées avec humanité, tendresse et un soupçon d'humour et de malice. Ecriture fluide et agréable. Un petit bijou à consommer sans modération.

4,5/5

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05/12/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 2/1ère partie)

Ce livre est disponible en version papier chez TheBookEdition et chez Lulu et en version e-book chez Amazon. Si ces extraits, vous ont plu, n'hésitez pas, cliquez dans les colonnes...

 

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03/12/2012

La femme du futur (François Coupry)

la femme du futur.jpgDr Jekyll et Mister Hyde devisent en buvant quelques verres sur le thème de l'improbabilité et de l'incertitude d'un monde où rien ne se tient et où tout est fluctuant. Le révolutionnaire d'hier devient le réactionnaire de demain. Ce qui était d'arrière-garde voire du dernier ringard se retrouve soudain d'avant-garde et furieusement tendance... Un homme de trente ans qui se déclare fou n'arrive pas à se faire admettre à la crèche, ni à l'asile de d'aliénés, ni chez les gitans. Il veut rendre l'argent qu'il reçoit chaque mois et payer des impôts. Mais il n'y parvient pas car il n'existe pas, il ne figure sur aucun registre. Que devra-t-il faire pour devenir un homme comme tout le monde ?... Des microbes se promènent à l'intérieur d'un corps de femme qui leur semble immense et qui leur sert de garde-manger. De ci, de là, ils font toutes sortes de dégradations. Mais leur vie devient nettement plus compliquée quand des armées de rousses nues les pourchassent et réparent les dégâts causés... Après avoir été opéré de l'appendicite, un patient aggrave son cas pour pouvoir rester plus longtemps à la clinique... Anna Wooh vit dans un monde où l'on gagne de l'argent sans travailler, où tout les gens sont riches, où il n'y a pas de pauvres, où les machines se réparent toutes seules et où tout le monde est beau, insouciant et gentil. Mais Anna a des doutes. Elle cherche même à prouver que la réalité existe...

Cette compilation de cinq titres peut surprendre le lecteur autant par ses thèmes que par son style. Le format des quatre textes principaux est plus proche de celui de la novella que de celui de la nouvelle à proprement parler. A elle seule, chaque histoire aurait pu être un véritable roman et aurait d'ailleurs gagné à rester publiée séparément. En effet, Coupry cultive très soigneusement le paradoxe, l'incohérence et surtout l'inversion des valeurs et des réalités. Avec lui, l'argent fait le malheur et est inutile, le travail n'est pas la santé, les banques ne sont que des bâtiments vides et les bourses sont toutes virtuelles... L'ennui, c'est que sur la longueur, cela tourne au répétitif et à l'exercice de style. Il n'en demeure pas moins que l'univers de Coupry, particulièrement dans le titre éponyme, « La femme du futur », est hautement déstabilisant et a quelque chose à voir avec celui des plus grands auteurs de l'absurde et de l'étrange comme Lewis Carroll, Ionesco, Italo Calvino et même Kafka, par certains côtés. Néanmoins le style reste un peu lourd et cumulatif, voire agrégatif, ce qui demande un peu d'effort de la part du lecteur. Un ensemble étonnant et non dépourvu d'une certaine poésie. Cartésiens s'abstenir !

3,5/5

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29/11/2012

La plantation de Bois-Joli (Alain Dubos)

la plantation de bois-joli.jpgA la fin du XVIIIème siècle, après le « Grand Dérangement », véritable épuration ethnique avant l'heure au cours de laquelle les Acadiens se retrouvèrent déportés par les Anglais et traités comme des bagnards à croupir et à mourir de faim sur des pontons insalubres, une poignée d'entre eux se sont regroupés à Nantes en attendant de repartir vers le nouveau monde et cette fois non plus vers le Canada mais vers la Louisiane. Parmi eux, la jeune Lalie Cormier qui n'eut pas un démarrage facile dans la vie, ayant été violée par un bourgeois. A vingt-cinq ans, elle débarque à La Nouvelle-Orléans en compagnie d'Amand, son amoureux acadien qu'elle trouve frustre et mal dégrossi et pour lequel elle n'éprouve pas de véritable penchant. Après une installation difficile avec sa famille sur les rives du delta du Mississippi dans une nature luxuriante et sauvage, elle rencontre le beau Denis de Canizy, un aristocrate créole propriétaire de la plantation de Bois-Joli. C'est le coup de foudre et le début d'une relation compliquée. Belle-famille hostile, crise de l'indigo, dettes de jeu et duels...

Ce beau roman historique retrace une tentative d'immigration et de réimplantation qui se révèle assez loin de l'image d'Epinal du rêve américain. En effet, l'héroïne, sympathique au demeurant, se retrouve en butte à mille difficultés autant sociales (elle est issue d'un milieu pauvre et méprisé) que relationnelles (Denis, adepte impénitent de la « poque », l'ancêtre français du poker, accumule les dettes de jeu et met en péril la santé financière de son petit domaine). Très bien écrit, ce roman intimiste assez axé sur le sentimental, offre néanmoins une description intéressante de la société louisianaise de l'époque avec ses pauvres colons acadiens, ses riches aristocrates créoles et ses esclaves noirs dont Lalie, très en avance sur son temps, tente de soulager les souffrances. Le lecteur apprendra beaucoup également sur la vie quotidienne des uns et des autres au pays des maringouins et des ouaouarons...

4,5/5

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27/11/2012

Si je t'oublie, Bagdad (Inaam Kachachi)

Si je t'oublie Bagdad.jpgDe 2003 à 2008, Zeina se retrouve en Irak (à Tikrit puis à Bagdad dans la zone verte) interprète pour l'armée américaine. Son père, journaliste et présentateur de télévision arrêté et torturé par la police secrète de Saddam Hussein, s'est réfugié au Etats-Unis avec toute sa famille. Arrivée toute jeune, Zeina se sent autant américaine qu'irakienne de confession chrétienne chaldéenne. Elle accepte de s'engager dans l'armée à la fois pour le salaire mirobolant et par reconnaissance vis à vis de son pays d'adoption. Mais le retour au pays d'origine se révèle aussi amer que décevant. Sa grand-mère la reçoit très mal et lui fait bien sentir qu'elle est devenue une collabo. Les autochtones se montrent plus qu'hostiles et ses propres convictions s'effritent face à la réalité d'une guerre particulièrement sale. (Attentats suicides, enlèvements, égorgements, interrogatoires brutaux et humiliants).

Présenté sous la forme d'un témoignage très crédible, ce roman nous présente le portrait d'une jeune femme immigrée tiraillée entre ses deux « niches » : le pays natal qui la rejette et le pays d'adoption dont elle ne comprend pas bien les motivations. L'ambiance de l'Irak en guerre est très bien rendue avec sa chaleur de fournaise, ses menaces permanentes et à travers les drames d'une guerre sale et sans grand panache. Au départ, Zeina est convaincue de prêter la main à une juste cause : déboulonner le tyran responsable du malheur de sa famille. A la fin, elle n'est plus sûre de rien et se demande même si l'on n'a pas remplacé une dictature par une autre, une torture par une autre et une oppression par une autre. Un livre qui donne à réfléchir sur les horreurs de la guerre, sur l'identité, les racines, le patriotisme et sur la définition même de la résistance. Le terroriste des uns étant toujours le résistant des autres. L'écriture est fluide et agréable à lire et le lecteur peut aisément s'identifier au personnage tiraillé de la sympathique Zeina.

4,5/5

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25/11/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 1/3ème partie)

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24/11/2012

Abraham, le messager d'Harân (René Guitton)

Abraham.jpgD'abord nommé Abram, Abraham est un descendant de Sem, fils de Noé. Fils de Terah, un riche sculpteur d'idoles, il a deux frères, Nahor et Haran. Haran meurt en laissant un fils, Loth. Abram épouse sa demi-sœur Saraï, qui est stérile. Un jour pour échapper à la colère de Nemrod qui ne veut pas entendre parler de dieu unique, Abram quitte Ur avec Terah, Saraï et Loth, son neveu. Ils s'installent à Haran, où Terah meurt. À l’âge de 75 ans, sur ordre de Dieu, Abram quitte Haran avec Saraï, Loth, ses bergers et ses troupeaux, et va dans le pays de Canaan, à Sichem puis au chêne de Mambré, où Dieu lui promet de donner ce pays à sa descendance. Abram y construit un autel, puis atteint le Néguev d’où une famine le chasse vers l’Égypte...

Ainsi débute la formidable épopée du père fondateur des trois religions monothéistes. L'Eternel lui ayant promis une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel, il devra cependant attendre d'avoir 99 ans pour être le père d'Ismaël que lui donnera son esclave égyptienne Agar et quelques années de plus pour qu'un miracle rende fertile Saraï (devenue Sarah) et lui permette d'enfanter Isaac alors qu'elle a dépassé les 100 ans. Dans cette histoire fort agréablement racontée à travers la correspondance entre deux témoins Elias et Eliézer, secrétaire et serviteur d'Abraham, les prodiges et les miracles ne manquent pas. Même si l'historicité du personnage reste discutée en l'absence de preuves archéologiques, René Guitton a pris le parti de rester relativement fidèle au livre de la Génèse ainsi qu'au Coran, ce qui n'en rend son livre que plus passionnant. Le lecteur remarquera au passage combien le message d'amour d'Abraham, diffusé 19 siècles avant notre ère reste plus que jamais d'actualité. Une très agréable plongée dans le Moyen Orient sauvage et perturbé des premiers temps.

4,5/5

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21/11/2012

Le dernier rappel (Pépito Matéo)

Le dernier rappel.jpgDans une maison de retraite imaginaire, Monsieur Korsakov erre dans les couloirs, attendant la mort. Pépito Matéo, dans son propre rôle assiste trois fois à son propre enterrement, s'entretient avec sa mère décédée, s'interroge sur le phénomène du vieillissement et se demande comment aborder la fin de vie et la mort. Il illustre son propos en évoquant le mythe de Gilgamesh, ce héros à la recherche de l'immortalité et en rappelant qu'avec ses 3500 ans d'ancienneté, ce texte gravé sur des tablettes d'argile est le plus ancien du monde...

Par son inspiration plus grave et plus personnelle, « Le dernier rappel » peut être considéré comme le troisième volet d'une trilogie nettement plus sociale voire plus philosophique. Après le séjour au service des urgences (« Urgence ») puis en prison (« Parloir »), il s'attaque au problème de la sénescence sans le placer dans un contexte de condamnation caricaturale des maisons de retraite ou de l'acharnement thérapeutique (mais non sans oublier de rappeler que si la vieillesse coûte à la société, elle rapporte également beaucoup en faisant vivre toutes sortes de professions). En fait, son spectacle, beaucoup plus sérieux que ceux de sa période humoristique et surréaliste, cherche, à travers son cas personnel (comment quitter la scène et prendre une retraite méritée ? ) à atteindre une sorte de philosophie positive. Comment rester en phase avec le monde ? Comment vivre plus ou autrement en disposant de moins ? Tout un programme. Certains pourront regretter les facéties, pirouettes et trouvailles littéraires de l'humoriste première version, d'autres (dont je suis) apprécieront le courage qu'il faut pour aborder pareil sujet avec autant d'élégance, de poésie et d'humanisme.

5/5

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19/11/2012

La Marion du Faouët (Yvonne Chauffin)

Au XVIIIème siècle, aux confins du Morbihan et du Finistère sévit une troupe de brigands de grands chemins menée par une jeune et jolie rousse, Marie Tromel, dite « Marion du Faouët ». Fille de pauvres paysans, elle a passé une partie de sa jeunesse dans une maison bourgeoise ce qui lui a donné des goûts de luxe et l'a éloigné de sa condition d'origine. Pas question pour elle de trimer pour des salaires misérables. En compagnie de son amant, Henry Pezron, et de quelques compagnons, elle détrousse, sans jamais verser le sang, de riches maquignons au retour de la foire tout comme un pauvre curé en train de prier dans son presbytère. Capturé le premier, Henry finit pendu et étranglé. Marion échappera-t-elle à un sort identique ?

La marion du Faouët.jpgPrésenté comme « un grand roman historique », « La Marion du Faouët » est loin de tenir ses promesses. En effet, ce personnage atypique de brigande au grand coeur dans la lignée des Mandrin, Cartouche et Robin des bois a réellement existé et bénéficie encore de nos jours d'une certaine sympathie dans la mesure où elle prit aux riches pour donner aux pauvres, ce qui semble un embellissement de la réalité. L'ennui, c'est qu'avec un tel sujet, le lecteur pouvait s'attendre à une histoire romanesque, pleine de rebondissements et de rythme. Il n'en est rien. Excepté dans les dernières pages, les plus dramatiques, l'intrigue est menée de manière lente, l'action s'englue dans la mièvrerie et l'eau de rose. Que de pages et de temps perdu à nous démontrer son amour indéfectible pour Henry ou à analyser les sentiments et autres états d'âme de l'héroïne ! Et pour ne rien arranger, le style est très quelconque et parfois même un peu verbeux, voire filandreux. N'est pas Dumas ou Féval qui veut...

3/5

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17/11/2012

Laisser courir 2 (Philip Roth)

Laisser courir 2.jpgGabe, malade, se fait héberger par Martha qui le dorlote et qui voudrait bien qu'il élise domicile chez elle. Mais Gabe n'arrive pas à se décider. Pourtant, Martha fait tout pour se rendre disponible. Elle se sépare de sa colocataire et autorise son ex-mari à reprendre ses deux enfants. De son côté, Libby, suite à une maladie des reins, pense ne pas être en mesure d'avoir un enfant. Elle fait appel à une mère porteuse, Théresa, qui doit lui céder son bébé dès la naissance. Gabe joue les « Messieurs Bons Offices » en servant d'intermédiaire entre Théresa et Libby. Mais tout se complique quand le mari de Théresa intervient avec l'intention de tirer un maximum d'argent des Herz. Le couple en sortira-t-il consolidé ? Quelle décision prendra Gabe ?

Ce deuxième tome de « Laisser courir » ne rachète en aucun cas le premier. Etant plus long, il semble encore plus indigeste que le premier. L'intrigue est d'une grande banalité. Les dialogues sont quelconques et sans intérêt. Le personnage de Gabe aurait pu être intéressant par son côté serviable et attentionné aux autres. L'ennui c'est que le lecteur a très nettement l'impression que le côté velléitaire l'emporte un peu trop. Libby est une sorte de caricature ou de stéréotype de la fille capricieuse et égocentrique qui s'imagine que la venue d'un enfant va résoudre tous ses problèmes de couple et lui permettre de s'assumer totalement en tant que femme. Et là, on tombe dans le cliché. Martha reste la seule femme crédible et attachante. C'est quand même très peu pour motiver une lecture laborieuse et ne pas abandonner un bouquin qui n'est pas loin de tomber des mains. Premier roman de Roth, mais pas le meilleur.

3/5

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15/11/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 1/2ème partie)

Ce livre est disponible en version papier chez TheBookEdition et chez Lulu et en version e-book chez Amazon. Si ces extraits, vous ont plu, n'hésitez pas, cliquez dans les colonnes...

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14/11/2012

Laisser courir 1 (Philip Roth)

Laisser courir.jpegLe jeune Gabe Wallach, fils d'un riche dentiste new-yorkais, après des études sans problèmes, trouve une place de professeur d'anglais à l'Université de Chicago. Il a fait la connaissance de Paul Herz, un jeune et mélancolique collègue plutôt fauché qui se veut romancier et de Libby, sa jeune épouse envoûtante et capricieuse. Libby a abandonné ses études. Elle travaille pour le doyen, se retrouve enceinte et semble pas très heureuse dans son couple. Gabe lui sert de confident et peut-être plus si affinités. Il y a également Martha Reganhart, une divorcée au grand coeur, à l'esprit pratique et au franc parler qui n'est pas indifférente à Gabe. Comment ce pauvre garçon pourra-t-il concilier vie facile et un peu égoïste, aide à son prochain et amours contrariées ?

Ce roman du grand Philip Roth n'a pas grand chose à voir avec ses principaux titres (« Portnoy et son complexe », « Le grand roman américain » ou « Zuckerman délivré ») publiés ultérieurement. Pour un roman d'apprentissage, il est relativement achevé. Le style est affirmé quoiqu'un peu lourd et répétitif, les dialogues vivants, mais le fond et l'intrigue déconcertent un peu. Le lecteur découvre une sorte de chronique universitaire basée sur la description de saynètes de la vie de tous les jours de quelques personnages de profs plus ou moins sympathiques. A cela s'ajoute une construction non linéaire et non chronologique dans laquelle s'accumulent les points de vue et les angles d'attaque différents. Le « je » ne correspond pas toujours au même personnage, ce qui ne simplifie pas une lecture un tantinet laborieuse et, au bout du compte, pas spécialement passionnante. En conclusion, pas le meilleur de Roth et de loin...

3,5/5

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11/11/2012

L'écureuil des vignes (Jean Anglade)

L'écureuil des vignes.jpgVers 1830, en Auvergne, le jeune Sylvain Sahut aide son père carrier et tailleur de pierres de lave en travaillant comme « écureuil », c'est à dire en marchant à l'intérieur d'une roue qui servait de grue ou de monte-charge fonctionnant grâce à cette traction humaine. Malheureusement, la poussière de lave lui occasionne de graves crises d'asthme qui lui interdisent de prendre la suite de son père. Après de courtes études de médecine à Clermont Ferrand, il deviendra « officier de santé », sorte de sous-médecin, au Mont-Dore, centre de cures thermales, avant d'ouvrir un cabinet médical à Saint Gervais, un bourg des Combrailles. Il devra faire face à la concurrence des rebouteux, magnétiseurs, sages-femmes et même du curé, tant les superstitions et les croyances étaient vivaces à cette époque. Assez tardivement, il prendra pour épouse une artiste peintre parisienne. Le brave Sylvain trouvera-t-il le bonheur ?

Un roman de terroir bien écrit et fort intéressant. Une intrigue plutôt originale basée sur la biographie d'un médecin de campagne dévoué à ses patients dans une contrée où les gens cherchaient à éviter au maximum les recours au médecin et préféraient se soigner eux-mêmes ou avoir recours à toutes sortes d'expédients. Le lecteur en apprendra beaucoup sur le sujet. On n'imagine pas combien pouvait être archaïque la médecine d'avant Pasteur. Anglade a également beaucoup étudié la vie des carriers, le travail des sculpteurs de pierre et les moeurs des campagnes auvergnates encore très arriérées et loin de tout. Le personnage de Sylvain est particulièrement attachant. On n'en dira pas autant de celui d'Hermine qui n'intervient d'ailleurs que dans le dernier tiers de l'ouvrage. Rien que pour le style vif et agréable d'Anglade, pour l'étrangeté des balbutiements de la médecine et pour l'ambiance très bien rendue de l'Auvergne du XIXème siècle, ce livre mérite amplement d'être lu.

4,5/5

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09/11/2012

Contes et récits fabuleux du Gers (Ginette Dubosc)

Contes et récits fabuleux du gers.jpgUn soldat de bronze fraîchement repeint profite de cette nouvelle jeunesse pour quitter le socle de son monument aux morts et aller se dégourdir les jambes dans la campagne... Une petite fille chasse de vilaines sorcières en se servant d'un bâton magique... Bacchus dispute à Lucifer le jardin d'une gamine... Une revenante fait de l'auto-stop pour avertir deux automobilistes du danger représenté par un mauvais virage et leur éviter d'être victimes d'un accident ; puis elle disparaît mystérieusement... Un pauvre paysan doit se tuer au travail pour subvenir aux besoins de sa très nombreuse famille pendant que son fils aîné passe son temps à lire des livres toute la journée... Pour conjurer l'arrivée de la fin du monde qui doit ravager le triangle Auch-Condom-Mirande le 6 juin 1999, une jeune femme doit construire une maquette représentant la région et se répandre en prières... Une femme très laide et très pauvre voudrait bien s'acheter la beauté que peut lui obtenir un magicien qui la vend à prix d'or. Un jour, une fée lui permet de faire un voeu. Négligeant la beauté, la femme préfère demander la richesse, espérant ainsi faire coup double. Mais...

Tels sont les débuts de quelques-uns des dix huit contes et récits qui composent ce recueil. Un ensemble assez disparate rassemblant des histoires remontant au Moyen-Age et des textes plus ou moins anciens de la tradition ou non. Beaucoup relèvent de la fantaisie, de l'étrange et du paranormal. L'auteur dit vouloir s'adresser aussi bien aux enfants qu'aux adultes et c'est là que le bât blesse. Si quelques contes sont assez réussis, une grande majorité demeure quelconque, avec des chutes attendues et surtout mièvre voire un peu simplet. Le lecteur reste souvent sur sa faim en ce qui concerne le surprenant, le pétillant ou l'humoristique, ingrédients indispensables du genre. A cela s'ajoute un style d'une simplicité voulue et d'une approximation certaine, ce qui n'améliore nullement un ensemble plutôt inégal.

3/5

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07/11/2012

Isaac le mystérieux (Jerome Charyn)

Isaac le mystérieux.jpgDans le Bronx, Isaac Sidel, dit « le brave » est le premier adjoint de Tiger John, vieux commissaire revenu de tout qui ne reste en place que par la grâce du maire de New York, Sammy Dunne. Dans ce quartier particulièrement chaud, flics ripoux, maquereaux et prostituées prolifèrent. La corruption est telle que tout le monde en croque et que les alliances les plus incroyables se nouent. Un certain Dermott Bride, un irlandais brun de poil et de peau, semble tirer les ficelles et tenir la place de parrain des parrains. Il est d'ailleurs surnommé « le Roi », est quasi invisible et ne se salit jamais les mains. Après le démantèlement du gang des Guzman où il a chopé un ver qui lui dévore les entrailles, Sidel se terre dans un hôtel minable, déguisé en clochard pour mieux surprendre les malfrats. Ainsi rencontre-t-il Annie Powell, un belle fille aux yeux verts dont la joue a été balafrée au couteau et marquée d'un gros « D ». Sidel veut savoir qui lui a fait cela et qui dirige tous les réseaux de prostitution. Son enquête le mènera jusqu'au fin fond de l'Irlande...

Un roman policier pas vraiment classique dans le sens où il est plutôt basé sur l'ambiance d'un quartier et la description d'une faune très particulière constituée de personnages totalement improbables. Aux limites du roman noir, ce livre est foisonnant, paradoxal et tonitruant. Juif lui-même, Isaac se sent presque irlandais, tant il baigne dans ce milieu très particulier avec ses vieux flics en retraite méchants, tordus et sadiques, ses filles publiques à moitié et parfois complètement folles et ses luttes de pouvoir autant pour garder la mairie de New-York que le trône de Roi de la pègre. On cherchera en vain un héros positif ou simplement un honnête homme dans ce grand ramassis de tarés, de profiteurs et d'arrivistes. L'intrigue est fort mince et semble parfois partir dans tous les sens. La lecture de cette histoire plutôt longuette reste un peu laborieuse. Charyn a voulu pratiquer toutes sortes d'allusions et de rapprochements avec le célèbre et peu lisible « Ulysse » de James Joyce, ce qui n'a malheureusement pas fluidifié son style. Au total, pas le meilleur ouvrage de ce prolifique auteur.

3/5

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05/11/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 1/1ère partie)

Ce livre est disponible en version papier chez TheBookEdition et chez Lulu et en version e-book chez Amazon. Si ces extraits, vous ont plu, n'hésitez pas, cliquez dans les colonnes...

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04/11/2012

Autour du fauteuil (Anthony Galifot)

autour du fauteuil.jpgUn coiffeur rêve qu'il se venge d'un client désagréable en le coiffant comme Louis XVI et en le menant à une petite guillotine dressée dans l'arrière-cour de son salon de coiffure... Une femme tente de prendre un rendez-vous chez le coiffeur pour son mari retraité. Celui-ci est tellement occupé qu'elle n'arrive pas à lui trouver un seul créneau... Lassé des mauvaises blagues de premier avril de son patron, un jeune coiffeur se lance dans un sabotage systématique des colorations des clientes, histoire de se venger une bonne fois pour toutes... Pour calmer un sale môme et donner une bonne leçon à sa mère qui est incapable de se faire obéir, un coiffeur malicieux propose un marché : pour chaque mèche coupée à l'enfant, il en coupera une à la mère... La chevelure d'une petite fille est infestée de poux. Le coiffeur trouve une solution ingénieuse pour régler ce problème...

Un tas de petites nouvelles ayant toutes pour décor un salon de coiffure ou un rapport proche ou lointain avec le système capillaire, souvent cocasses, amusantes, parfois étonnantes voire légèrement étranges ou fantastiques (comme celle du salon de coiffure de « satanistes ») et même de pure anticipation (avec la machine futuriste « Fastcoiff »). C'est croqué sur le vif. Ca sent le vécu. Anthony Galifot aime bien sa clientèle mais se surprend parfois à rêver un peu sadiquement de se venger de ce qu'elle lui fait endurer. L'écriture est simple, agréable, fluide et comme évidente. Comme quoi, même avec un thème aussi banal et des personnages aussi communs, il suffit d'un oeil acéré et d'un peu de talent pour produire un joli et court recueil de petits textes intéressants sans être tous géniaux bien sûr.

4/5

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02/11/2012

La peau de l'appeau (A.A.Fair)

la peau de l'appeau.jpgBarney Adams, patron d'une petite compagnie d'assurances automobiles fait appel au duo de détectives privés Bertha Cool et Donald Lam. En effet, Barney vient de découvrir dans un journal local une petite annonce qui lui semble très suspecte. Son auteur propose 300 dollars de récompense à toute personne qui voudrait bien témoigner dans un accident qui s'est produit entre une Ford Galaxie et une Cadillac un certain jour à un certain carrefour. L'affaire ayant déjà été soldée, Barney craint une escroquerie à l'assurance. Donald Lam répond à l'annonce. Sa candidature est immédiatement rejetée. Mais celle d'une jeune femme très charmante est acceptée. Croyant tenir un début de piste, Donald se rapproche d'elle et se retrouve embarqué dans une histoire plutôt rocambolesque.

Encore un roman policier à arrière plan judiciaire assez réussi. Le lecteur se retrouve vite perdu dans une intrigue particulièrement sophistiquée dans laquelle personne ne joue le rôle auquel on pourrait s'attendre. C'est très bien mené, intelligent et tarabiscoté à souhait. Du coup la curiosité du lecteur est titillée au point de ne pas pouvoir lâcher le bouquin avant d''avoir lu la clé de l'énigme. Le style de A.A.Fair qui n'est autre que Earle Stanley Gardner (ex-avocat et grand spécialiste des entourloupes judiciaires) est vif, agréable à lire et rempli de dialogues percutants et d'humour léger. Que demander d'autre pour une simple lecture de divertissement ?

4,5/5

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31/10/2012

J'ai rencontré des gens formidables (Gérard Klein)

j'ai rencontré des gens formidables.jpgL'animateur de radio et acteur Gérard Klein (surtout célèbre pour son rôle d'Instit' à la télévision) a décidé il y quelques années de tout quitter pour commencer une nouvelle vie. Aujourd'hui, il sillonne le monde pour faire connaître de minuscules associations caritatives. Très éloignées des pratiques des grosses ONG comme la Croix Rouge, l'Unicef ou Médecins sans frontières, elles privilégient les actions ponctuelles, les micro-réalisations dans lesquelles les autochtones s'impliquent vraiment. Elles ne mobilisent que des sommes dérisoires mais leurs actions sont beaucoup plus pérennes. Ainsi Gérard Klein nous emmène-t-il au Népal, au Cambodge, au Maroc, en Bolivie, au Pérou et un peu en France pour nous faire connaître ces « gens formidables » que sont ces humanitaires qui se consacrent à recueillir les enfants des rues, à impulser de nouvelles méthodes de culture, à distribuer des fours solaires, à améliorer des canaux d'irrigation voire à créer des centres d'accueil pour les autistes.

Présenté comme « document », ce témoignage est aussi un beau récit de voyages, loin de la sotte consommation touristique (Klein n'est d'ailleurs pas contre le tourisme. Il lui trouve même certains avantages). Un livre sympathique, tonique, réconfortant qu'il dit avoir écrit pour « partager avec vous l'optimisme communiqué par nos rencontres. Au lieu de sombrer dans la sinistrose, regardons, mettons en avant, apprenons de ces milliers de petites actions. Mètre carré par mètre carré, individu par individu, elles transforment les grands équilibres. » De plus, après chaque chapitre, Klein donne toutes les références (adresses, sites internet) pour permettre au lecteur de poursuivre sa réflexion et, pourquoi pas, pour passer à l'action.

5/5

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29/10/2012

Pour ses beaux yeux (Charles Exbrayat)

pour ses beaux yeux.jpgL'agent secret Savières est convoqué par Duval, patron du SDECE, qui le charge de mener une enquête dans un laboratoire ultra secret où l'on travaille à la mise au point d'un nouveau carburant pour fusée, le wagstram. L'ennui, c'est que son dossier est déjà sur le marché à Berlin. D'où proviennent les fuites ? Qui est le traître ? Arrivé sur les lieux, à Auch dans le Gers, Savières se retrouve avec une équipe de braves gens qui lui semblent tous plus innocents les uns que les autres. Et la personne qui lui fait la plus forte impression c'est Christine Laloubère, la très belle épouse du patron du laboratoire en question...

Un roman d'espionnage de facture tout à fait classique assorti d'une énigme policière et d'une enquête très psychologique et accessoirement gastronomique. L'auteur promène le lecteur sur diverses pistes toutes plus fausses les unes que les autres avant de bien vouloir dévoiler la clé dans les toutes dernières pages de cette histoire. Ce n'est pas désagréable à lire, mais cela reste un peu plat et sans grande originalité. Ici, pas de picaresque ni d'humour grinçant, pas non plus de personnage tonitruant et haut en couleur comme d'habitude chez Exbrayat, mais plutôt une intrigue sentimentale avec une réflexion sur la trahison, l'amour, les apparences auxquelles il ne faut pas toujours se fier. Pas le meilleur ouvrage du prolifique auteur.

2,5/5

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27/10/2012

L'habit ne fait pas le moine (Philip Roth)

L'habit ne fait pas le moine.jpgRentré d'Europe en héros à la fin de la seconde guerre mondiale, le sergent Marx se retrouve formateur dans une compagnie d'instruction. Sheldon Grossbart, une jeune recrue juive ne cesse de lui réclamer des passe-droits pour ses deux coreligionnaires et pour lui-même : permission d'aller à la synagogue le vendredi, jour de corvée de nettoyage pour les goyim, meilleure nourriture au mess, permission pour Pâques un mois après la date et affectation loin du théâtre des opérations du Pacifique. Juif lui-même, Marx se sent solidaire, mais finit par en avoir assez... Dans une high school new-yorkaise, un jeune étudiant se lie d'amitié avec deux fils d'immigrés italiens, Albie Pelagutti et Duke Scarpa, déjà délinquants et futurs gangsters. Ils organisent un chahut dans la classe d'orientation et filent à l'anglaise pour échapper aux sanctions qui retombent sur l'étudiant naïf...

Ce recueil de nouvelles du grand auteur américain est assez amusant et peut éventuellement servir de première approche avant une lecture plus complète des grands titres de cet auteur comme « Portnoy et son complexe », « Pastorale américaine », « J'ai épousé un communiste » ou « Un homme ». Le lecteur y trouvera tout l'humour malicieux et toute l'intelligence pétillante de Roth, auteur toujours attaché à décrire avec subtilité et sans aucune complaisance les rapports ambigus de la société américaine et de la communauté juive. Une sorte d'agréable introduction et d'entrée en matière sous une forme raccourcie.

4/5

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25/10/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 7/5ème partie)

A cette époque, l’Angola se retrouvait au carrefour de terribles enjeux. Elle se faisait tirer l’oreille pour rejoindre notre Fédération Sud Africaine. L’Empire Africain qui avait une frontière avec lui se trouvait être la seule puissance subsaharienne capable de s’opposer à nous et d’intriguer pour le récupérer, le mettre dans son camp et finir par l'annexer. Pour ce faire, il créait des troubles dans un pays qui n’était jamais sorti de trente ans de guerres civiles diverses et variées. Déjà toute l’Afrique de l’ouest, du Sénégal au Cameroun avait fini par basculer dans ce camp en compagnie des anciennes contrées de Somalie, Soudan, Tchad, et Ouganda. Seule de tout le continent, notre Fédération du Sud résistait tant bien que mal à ce mouvement globalisant. Il était vital pour nous d’empêcher notre turbulent voisin de basculer dans le camp adverse…

Notre gouvernement commença par soutenir discrètement une faction qui nous était favorable. La guerre civile était donc enkystée depuis de nombreuses années quand enfin notre Présidente décida d’une intervention armée qui n’arrangea rien. Mes deux oncles se retrouvèrent dans le corps expéditionnaire qui entra sans grande difficulté dans le pays après une longue série de bombardements des sites stratégiques qu’on appelait à l’époque « frappes chirurgicales ». Ils foncèrent donc sur leurs véhicules blindés jusqu’à la capitale dont ils s’emparèrent pratiquement sans réels combats. Malheureusement, les autres réagirent par des attentats, des coups de mains, des explosions de bombes sur les marchés ou dans les bars et de voitures piégées lancées contre nos postes. Ils les entraînèrent dans une guerre de lâches, une guerre sans fin, sale, désespérante, calamiteuse… Et c’est à cause d’un de ces attentats suicide que les deux grands frères de ma mère trouvèrent la mort lors d’une patrouille de routine dans les rues de la ville… Lorsque le chef du village vint lui apprendre la nouvelle, ma grand-mère poussa un grand hurlement, puis retomba assise sur une chaise et resta comme ça pendant des heures, incapable de réagir. Sans un mot, sans un geste. Ma mère, qui n’était qu’une toute jeune fille, se demandait si elle n’avait pas perdu la raison ou si elle ne se mettait pas en condition pour attendre la mort…

 

Peu de temps après, nous vîmes débarquer dans le village d’étranges démarcheurs. Ils proposaient de nous racheter nos terres pour des sommes relativement intéressantes. L’un d’eux, un certain N’Komo, un grand black assez mince et toujours poli dans un joli costume gris clair de bonne coupe, s’intéressa au terrain de ma grand-mère. Il lui fallut beaucoup de persévérance et de persuasion avant de parvenir à lui faire signer l’acte de vente. Estimant sans doute qu’elle obtenait une somme suffisante pour vivoter jusqu’à sa mort, elle finit par céder. Ce qu’elle ignorait c’est que le charmant frère N’Komo travaillait pour un gros magnat chinois qui avait fait fortune dans la recherche pétrolière et dans l’extraction de métaux précieux et qui cherchait à se constituer un immense domaine. Petit à petit, morceau par morceau, paquet de dolros par paquet de dolros, il reconstituait minutieusement, en le sachant ou non, quelque chose qui ressemblait bizarrement à l’ancienne ferme Van de Welde. Sa propriété représentait à peu près les trois quart de ce que possédait le couple d’afrikaners, mais en plus morcelé, avec des enclaves, comme autant de pièces dans un vieux drap de lit. En effet, certains micros propriétaires avaient refusé de se dessaisir de leur unique bien. Huan Hing, le potentat asiatique, ne désespérait pas de finir par récupérer tôt ou tard ces morceaux de terre manquants. Se plaçant sur un créneau complètement différent de celui des anciens propriétaires, le chinois, lui, s’intéressait non pas à ce qu’on pouvait faire pousser à la surface, mais à ce qu’on pouvait tirer du sous sol. Il commença à faire creuser des puits et des galeries tout en laissant le territoire revenir à l’état sauvage et en entamant les démarches pour faire classer sa propriété en réserve naturelle privée… Il sut s’entourer d’une garde prétorienne composée de nervis chinois armés jusqu’aux dents et renforcée d’auxiliaires noirs, enrôlés uniquement parmi les Koyus, nos ennemis héréditaires. Pragmatique et rusé, il n’avait nulle envie de finir son existence comme les précédents propriétaires. Il chassa les occupants de la maison de maître, la rétablit dans sa splendeur et l’améliora en y ajoutant tous les attributs du nouveau riche : climatisation, robotisation, piscine lagon, jacuzzi, vidéo surveillance, home cinéma avec immense écran en néo-plasma, garage de taille adaptée pour y ranger ses navettes, shuttles et autres glisseurs. Pour parfaire la sécurité et garder les animaux de sa future réserve naturelle, il fit entourer le domaine d’une clôture de barbelés électrifiés de deux mètres de haut avec tours de guet et postes de garde, obligeant ainsi les derniers petits propriétaires piégés par l’emplacement de leurs enclaves à en passer par ses hommes pour pouvoir accéder à leurs biens…

A l’euphorie des débuts (jamais le village n’avait disposé d’autant d’argent), succéda la morosité des lendemains qui déchantent. Les villageois dilapidèrent très vite leurs petits pécules en boisson ou en bien de consommation aussi divers que peu utiles et eurent bien entendu l’impression de s’être fait spolier. Ils grognèrent longtemps autour de l’arbre à palabres. Les plus excités parlèrent d’aller régler son compte au gros nabab chinois. Mais cela n’alla jamais plus loin. Personne n’osa se frotter à la milice surarmée du nouveau colon. N’ayant même plus la possibilité de cultiver, les plus courageux durent se résoudre à se faire embaucher par l’asiatique pour aller travailler dans ses mines ou pour installer ses derricks de forage ! L’Histoire qui ne repasse jamais les plats aux mêmes bégayait étrangement…

- Oignez vilain, il vous poindra. Poignez vilain, il vous oindra, lança John, sentencieux.

(Disponible sur Amazon, Lulu & TheBookEdition)

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21/10/2012

L'été des Fontanilles (Jean-Luc Fabre)

L'été des fontanilles.jpgEn septembre 1945, au mas des Euzes, sur un plateau sec et rocheux du midi de la France, vit Lucien, un jeune paysan solitaire avec ses parents, son grand-père et une très vieille voisine, la Mangeaclou. Loin de tout, la vie est d'autant plus difficile pour cette petite communauté que l'été on manque d'eau car celle-ci disparaît dans les entrailles de la terre et s'accumule dans le sol avant de ressortir dans une source difficilement accessible et totalement inutile, aux Fontanilles. Des aménagements coûteux seraient nécessaires pour alimenter le mas et surtout le village en contrebas qui lui, souffre de la mauvaise qualité de l'eau du fleuve. Lucien en parle à Hélène, une riche héritière et propriétaire du village, la seule personne à qui il peut se confier. Tous deux parviendront-ils à faire profiter tout le monde de cette eau précieuse et même de l'électricité ?

Ce roman de terroir est marqué d'une certaine étrangeté autant du point de vue géographique, (l'auteur ne donne aucune indication de lieu et le lecteur en est réduit à penser qu'il s'agit du midi en raison de la présence d'oliviers), que du point de vue historique. L'histoire est sensée se passer à la Libération, période particulièrement troublée et très connotée, et là encore, rien, aucun événement, aucune anecdote illustrant ce contexte. Pire, on pourrait croire que cette histoire de village sans eau ni électricité et où tout le monde se déplace à pied ou en carriole à cheval aurait pu se dérouler 50 ou 100 ans plus tôt et qu'elle n'en aurait été que plus vraisemblable. Si on y ajoute, un style passe-partout, des situations peu originales, des personnages et des rapports humains assez improbables, on ne peut qu'en conclure qu'on est très loin du chef d'oeuvre. Sur ce thème, mieux vaut lire « Manon des sources ». N'est pas Pagnol qui veut...

2,5/5

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19/10/2012

Providence (Anita Brookner)

providence.jpgKitty Maule est une jeune enseignante en littérature qui mène une vie tout à fait monotone entre son petit appartement de Chelsea et la maison de ses grand-parents, Vadim, artiste en retraite et Louise, couturière tyrannique. A l'Université, elle anime un séminaire consacré à « Adolphe » de Benjamin Constant. Elle s'est fait une spécialité des auteurs romantiques et espère obtenir un poste fixe à la rentrée prochaine. Elle est amoureuse de Maurice, professeur d'architecture au physique avantageux, qui accepte de venir de temps en temps partager son lit sans s'engager plus. Lui est resté attaché à Lucy, une amie d'enfance qui l'a quitté pour travailler dans l'humanitaire aux côtés de Mère Thérésa. Kitty compte sur un séjour à Paris pour donner un nouvel essor à cette relation peu épanouissante. Y parviendra-t-elle ?

« Providence » est un roman sentimental avec tous les poncifs du genre : femme soumise et fidèle plus à une image fantasmée qu'à une réalité, homme volage et tourmenté, amours contrariés, bonnes copines plus ou moins compatissantes, cartomancienne auprès de qui l'héroïne cherche un illusoire réconfort et famille l'infantilisant en permanence. Heureusement que l'écriture est de grande qualité et que l'analyse ne manque pas d'une certaine finesse (quoiqu'un peu complaisante et facile), cela sauve un ensemble qui frise un peu trop à mon goût la ligne « Harlequin ».

3/5

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