20/02/2013

OPERATION BAUCENT (Chapitre 2/1)

OPERATION BAUCENT Chap 2/1

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18/02/2013

Le pôle intérieur (Jean-Louis Etienne)

Le pôle intérieur.jpgJean-Louis Etienne est né en 1946 dans un petit village du Tarn où son père exerçait le métier de tailleur. Ayant toujours vécu à la campagne, il ne peut concevoir sa vie loin de la nature. D'abord intéressé par le bricolage et la menuiserie, il passe pourtant un CAP de tourneur-fraiseur, puis un bac pro. Il entre ensuite en fac de médecine, se spécialise même en chirurgie. Mais à la suite d'un échec au concours d'entrée à l'internat, il change de spécialité, s'installe à Grenoble, tente la radiologie tout en commençant à pratiquer l'alpinisme. Après un nouvel échec à ce concours, il part au service militaire et se lance dans une première expédition lointaine, au Fitz Roy (Patagonie). C'est l'échec en raison du mauvais temps. Sur le retour, il rencontre par hasard Eric Tabarly à l'aéroport de Rio. Il traverse ensuite l'Atlantique sur le Bel Espoir du père Jaouen et peut participer à la Grande Armada à New-York en l'honneur du bicentenaire de la création des Etats-Unis. Il retraverse l'Atlantique comme médecin de l'équipage du quatre-mâts d'Alain Colas. Et ceci n'est que le tout début d'une longue suite d'aventures.

« Le pôle intérieur », écrit après « Le marcheur du pôle » et « Transantarctica » est un récit intimiste dans lequel le docteur Jean-Louis a voulu témoigner de l'ensemble de son parcours. Son enfance campagnarde et un peu solitaire expliquant son goût pour les défis impossibles à relever. Ses rencontres improbables avec les plus grands aventuriers des temps modernes et sa capacité à intégrer aussi bien les équipes d'alpinistes dans l'Himalaya que de marins pratiquement sur toutes les mers du monde ou que de vulcanologues comme lors de son expédition vers l'Erebus en font un digne successeur de Paul-Emile Victor, Haroun Tazieff ou du Commandant Cousteau, qu'il a tous connu d'ailleurs. Dans cet ouvrage fort bien écrit et tout à fait passionnant (comme il reconnaît avoir bénéficié d'une « aide » littéraire pour « Le marcheur du pôle », on peut en déduire qu'il en a été de même pour celui-ci), l'auteur revient sur les deux aventures polaires qui l'ont rendu célèbre et sur les raisons qui l'ont poussé à se retirer trois années dans sa région pour y vivre simplement dans une cabane de rondins avec Elsa, sa compagne. Ce livre datant de 1999, chacun sait que notre aventurier des glaces, du feu et des mers est reparti depuis. A conseiller aux passionnés d'aventure et de grands espaces.

4,5/5

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16/02/2013

Du début à la fin (Franck Labat, alias Kanata)

Du début à la fin.jpgAu commencement du monde, dans la « soupe primordiale », deux unicellulaires s'attirent, se rencontrent et se repoussent. Un éclair inverse leurs polarités et provoque l'union puis la naissance du premier organisme multicellulaire... Qu'est-ce qui peut pousser une jeune cadre dynamique apparemment heureuse et équilibrée à monter sur le toit d'un immeuble et à sauter dans le vide ?... Un bloggeur découvre stupéfait que le compte à rebours de son propre décès a été placé dans les commentaires de son blog... Frappée par d'innombrables pandémies, l'espèce humaine est en voie de disparition. Les Sapiens chassent les Naturalis, mutants mieux adaptés et qui risquent de leur survivre... Sur une lointaine planète, la civilisation eldienne vit ses derniers jours. Un droïde est envoyé en direction de la terre en vue d'une éventuelle colonisation de la dernière chance... Louis Cifer et Gabriel se rencontrent dans un bar mal famé de Chicago pour discuter des modalités d'organisation de la fin du monde...

Ceci ne résume que très partiellement la teneur de ce court recueil (107 pages) proposant 9 nouvelles fantastiques révélant à la fois de belles qualités d'imagination, des intrigues bien menées avec des fins surprenantes et un réel talent d'écriture. Autant dire que leur auteur a su maîtriser l'art si difficile de la nouvelle ou du court récit. Si tous les textes proposés ne sont pas du même niveau, certains s'égarant un peu trop dans la simple vulgarisation scientifique (micro-biologie, astronomie ou astrophysique), trois nouvelles sortent très nettement du lot : « Le blog » dans un registre fantastique classique, « Naturalis » dans celui de l'anticipation apocalyptique et « Maverick 5 » dans celui de la pure science-fiction. Elles apparaissent pour ce qu'elles sont : de petites pépites, des joyaux presque totalement extraits de leur gangue. En effet, le style élégant, vif et rythmé de Franck Labat (Alias Kanata) peut parfois être entaché de quelques faiblesses orthographiques, de scories dans la concordance des temps et même de confusions lexicales (« incartade » employé à la place « d'incursion » ou « deviser » pour « envisager » par exemple); en gros, des bricoles qui pourraient être aisément corrigées. L'ouvrage de ce jeune auteur très prometteur devrait faire passer un agréable moment aux amateurs de fantastique, d'anticipation et de science-fiction.

4/5

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14/02/2013

Les flammes du paradis (Michel Peyramaure)

Les flammes du paradis.jpgAux confins du Périgord, au bord de l'Auvézère, se trouve la forge du Paradou tenue de main de maître par Martin Laveyssade, également propriétaire d'un austère château qui domine la vallée. Les temps sont durs sous le règne de Louis-Philippe, mais cette modeste industrie arrive à faire vivre une trentaine d'ouvriers, tous anciens paysans. Martin disparu sans avoir procédé aux investissements indispensables, ses deux frères devenus respectivement militaire et archéologue, c'est à sa fille Séverine que revient la lourde tâche de reprendre la direction du Paradou. Parviendra-t-elle à redresser une situation rendue de plus en plus difficile par l'ouverture des frontières et par la rude concurrence des aciers étrangers ?

Un roman de terroir et d'histoire qui permet de découvrir la vie de ces vallées sauvages qui basculent brusquement d'un univers patriarcal à un monde industriel résolument tourné vers l'avenir avec toutes ses inventions révolutionnaires (vélocipède, chemin de fer, automobile). Une période troublée du point de vue politique et social : Restauration, Conquête de l'Algérie, Révolution de Juillet 1848 et Coup d'état de Louis Napoléon Bonaparte. Au fil des pages, le lecteur pourra croiser la route d'Eugène Le Roy, l'auteur du célèbre roman « Jacquou le Croquant », d'Antoine de Tounens, l'aristocrate, voyageur et aventurier nostalgique, futur roi de l'improbable royaume de Patagonie et du terrible maréchal Bugeaud à la fois homme d'ordre et de répression et innovateur sur son propre domaine agricole. Les personnages sont attachants comme Séverine, cette femme courageuse qui fait un mariage de raison avec Sylvain en sacrifiant Pierre, son amoureux platonique, avant de tromper son infidèle mari avec un pianiste, puis divorcer, retrouver Pierre pour finalement revenir avec Sylvain à la mort de Pierre. Des amours compliqués et un peu romanesques. Les autres personnages sont hauts en couleurs : un père noceur, jouisseur et coureur de jupons, un frère joueur, une soeur quasi-nymphomane et une mère raide comme la justice. L'ensemble, qui peut sembler un peu caricatural tout comme la fin mélodramatique, est racheté par le style et la verve de Peyramaure qui distille son histoire à petites touches, sans se préoccuper d'ordre chronologique et en parlant par la bouche de Séverine. Un très bon moment de lecture pour celles et ceux qui aiment ce genre bien particulier.

4/5

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12/02/2013

Le voyageur intemporel (Jean-Marie Manson)

Le voyageur intemporel.jpgLors d'une promenade solitaire sur une plage bretonne, Richard, 60 ans, archéologue en retraite, découvre un chapeau de femme, sorte de capeline apparemment très ancienne, une paire de gants de fine dentelle et un très vieux livre. Ces objets vont lui permettre de résoudre un certain nombre d'énigmes aimablement distillées par une certaine Jeanne Lacordière, aristocrate ayant vécu et souffert à l'époque de la révolution française et qui vit dans une autre dimension. Très vite, Richard sera contacté par Marie, 50 ans, lointaine descendante de Jeanne. Autant intéressé par la beauté et la gentillesse de Marie que par le mystère entretenu par Jeanne, notre retraité tristounet ira de surprises en surprises dans une quête de la fameuse « Connaissance » qui, finalement, lui fera découvrir l'amour.

Ce roman de fantaisie sous-titré « Tout le royaume d'Osiris dans le chapeau de tante Berthe » (sacré programme !) démarre sur d'excellentes prémisses, le voyage temporel, les mondes parallèles, les mystères cachés. Il promet même beaucoup avant de mollement sombrer dans de pesantes descriptions de théories bien connues comme le mythe d'Isis et Osiris, l'Atlantide, les civilisations disparues, les Mayas, les Hyperboréens, les Titans voire les Celtes des origines. Tous ces peuples auraient été influencés par des voyageurs venus de l'espace et même été issus de croisements avec des géants extra-terrestres. Un fatras new-age, composé d'ésotérisme, d'occultisme, de paranormal et de philosophie maçonnique, le tout assez mal cuisiné par l'auteur et vite trouvé indigeste par le lecteur. Pour faire passer la pilule, Manson y a ajouté une grosse louche d'amour entre seniors (dommage que ses descriptions de scènes torrides soient plus pornos qu'érotiques...) L'auteur semble en effet ne pas savoir se contenter de suggérer quand c'est nécessaire. Le lecteur n'en donnera pour preuve que d'inutiles dérives triviales comme « envie de faire pipi » ou « satisfaire un petit besoin naturel », les menus complets des repas, goûters, collations et autres sans oublier la manière dont Richard a dormi chaque nuit, ce dont le lecteur se moque éperdument... Bon public, il acceptera volontiers les invraisemblances d'une intrigue convenue et sans surprise, les apparitions de fantômes ou d'Highlanders immortels comme Hiram (avatar d'Osiris) ou Jeanne, mais certainement pas l'absence d'intrigue construite ni le nombre incalculable de fautes d'orthographe, de syntaxe ou de conjugaison, ce qui donne l'impression d'inachevé et d'amateurisme. Une bonne correction, une complète relecture et une drastique remise en forme aurait été nécessaire. Un point positif quand même : ce texte est illustré par de très jolis et très élégants dessins en noir et blanc. J.M.Manson, qui révèle donc un très bon coup de crayon, se dit d'ailleurs « écrivain » et « dessinateur ». Il devrait surtout cultiver son second talent...

2,5/5

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10/02/2013

OPERATION BAUCENT (Chapitre 1/5)

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08/02/2013

L'or de Sparte (Clive Cussler)

L'or de Sparte.jpgEn 1800, alors qu'il se lance à la tête de son armée dans sa seconde expédition vers l'Italie, Napoléon Bonaparte fait une découverte prodigieuse dans une caverne proche du col du Grand Saint Bernard... En cherchant dans les marécages du Maryland le trésor de Patty Cannon, une tueuse du temps du Far West, Remi et Sam Fargo tombent sur un sous-marin de poche allemand qui date de la seconde guerre mondiale et renferme une bouteille de vin provenant de la cave personnelle de l'empereur... Bondarouk, un milliardaire ukrainien plus ou moins mafieux et d'origine persane, s'imagine être un lointain descendant du grand empereur Xerxès. Il veut à tout prix mettre la main sur le mystérieux trésor qui a échappé à son ancêtre...

Dans « L'or de Sparte », Clive Cussler nous entraine dans une suite d'aventures totalement improbables tout au long du périple suivi par le couple de héros (dont la femme porte un prénom masculin, Remi) allant des bayous américains jusqu'aux labyrinthes d'une grotte des Alpes françaises en passant par Monaco, Venise, l'île d'Elbe, la Bavière, Sébastopol et autres lieux. Nous sommes donc invités à suivre une course au trésor laborieuse et semée d'énigmes qui se résolvent au fur et à mesure de la découverte d'indices habilement dissimulés. Historiquement, le scénario est plus qu'improbable. Xerxès, après sa victoire des Thermopyles, aurait cherché à s'emparer d'un trésor caché dans le temple de Delphes. Mais des soldats spartiates auraient habilement déjoué ses plans en faisant disparaître le dit trésor. Entre temps, Napoléon, en 1800, puis quelques sous-mariniers allemands, en 1944 seraient intervenus pour diverses raisons. Le lecteur comprend vite que l'auteur se permet les plus grandes libertés avec la vérité historique et, se moquant totalement de la vraisemblance, lui distille une histoire si rocambolesque qu'il n'arrive pas à y croire même en y mettant de la bonne volonté. Le style de cet ouvrage n'est pas désagréable. Vivant, enlevé, rythmé, émaillé de nombreux dialogues mais avec un certain nombre de formules répétitives agaçantes à la longue. (Qu'est-ce donc que ces « vignes grimpantes » que l'on retrouve dans la plupart des descriptions de paysages et sous toutes les latitudes ?) On passe aussi beaucoup trop de temps sous l'eau et sous terre, dans des grottes, des souterrains, des caves et autres dédales troglodytes. Au total, une intrigue un peu infantile digne d'une BD ou d'une série Z, des situations convenues, des personnages caricaturaux, toujours en noir et blanc. Les gentils d'un côté, les méchants de l'autre. Le lecteur reste souvent sur la réserve car la magie du roman d'aventures opère rarement. A réserver aux amateurs de... spéléologie et encore... ?

2,5/5

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06/02/2013

Soslan le lumineux (Gilles Bizouerne / Hugues Micol)

soslan le lumineux.jpgDans le Caucase, en Ossétie du nord, vivait un peuple illustre : les Nartes. Ils étaient batailleurs et friands de belles histoires. Fiers pillards, à la fois barbares et raffinés, ils défendaient farouchement leur liberté... Un jour, Satana, la plus belle des femmes de leur peuple, vient laver son linge au bord d'une rivière. Elle conçoit un enfant né d'une pierre fécondée par un berger. Il s'appelera Soslan et sera si grand et si fort que tous le croiront indomptable et imbattable. Mais, suite à une intervention du diable, il aura un demi-frère Syrdon qui vouera sa vie au mal et à la destruction de Soslan. Lequel a une faiblesse. Si son corps a partout la dureté du roc, ses genoux sont restés de chair... Epreuves et tribulations ne manqueront pas au héros à la brillante épée...

Cette épopée traditionnelle dédiée à la mémoire de Georges Dumézil dont les recherches sur les mythologies anciennes (Alains, Scythes) ont permis à Bizouerne de découvrir les légendes ossètes est relativement originale. Soslan se bat contre les géants, descend jusqu'en enfer chercher quatre feuilles pour pouvoir se marier avec sa belle et trouve même le moyen de se venger après sa mort. Le lecteur pourra faire des parallèles avec d'autres mythes ou légendes (Isis et Osiris, Roland de Roncevaux, Ulysse, le Minotaure et bien d'autres...) par tel ou tel détail en reconnaissant que les différences sont néanmoins plus importantes que les ressemblances. Reste que dans l'esprit les valeurs véhiculées (force, courage, honnêteté et droiture) sont les mêmes. Le mal est inséparable du bien. Il est en lutte permanente avec lui. Et même s'il triomphe à la fin, cette victoire n'est qu'un leurre. Un texte, joliment illustré par les dessins d'Hugues Micol, qui peut se lire à plusieurs niveaux de sens et par tout public.

4,5/5

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04/02/2013

Avant toi (Jojo Moyes)

avant toi.jpgLouisa Clark, une jeune anglaise de 27 ans, se plait dans son travail de serveuse au café « Au petit pain beurré » mais un jour elle se retrouve au chômage quand son patron est obligé de mettre la clé sous la porte. Vivant encore chez ses parents, prolétaires qui tirent le diable par la queue, elle se voit proposer un poste d'auxiliaire de vie auprès d'un handicapé, Will Traynor, riche et beau trader, devenu tétraplégique suite à un très grave accident de la circulation. Mais dès sa prise de fonction, Louisa se sent fort mal reçue et même rejetée. Will semble aigri, négatif et très sarcastique. Il vit très mal le fait d'être cloué dans son fauteuil roulant, dépendant d'un soignant, Nathan, et incapable de pratiquer toutes les activités (parapente, saut à l'élastique, escalade, plongée) qui donnaient à sa vie antérieure tout son piment. Et pour ne rien arranger, Alicia, sa fiancée, vient même lui annoncer son mariage avec Rupert, un de ses amis... La mission de Louisa est d'autant plus difficile que Will a déjà attenté à ses jours et ne s'est laissé que six mois de sursis. Louisa parviendra-t-elle à lui redonner goût à la vie et à le faire revenir sur sa décision ?

Un roman à la fois sentimental et dramatique d'une telle intensité et d'un tel rythme qu'il est difficile de le quitter avant la fin. Beaucoup d'émotions, des personnages attachants, profondément humains avec lesquels le lecteur entre immédiatement en empathie. Des thèmes graves comme le handicap lourd et l'euthanasie traités avec intelligence, honnêteté et délicatesse. Ce livre, pendant littéraire (en plus grave) du célèbre film « Intouchables » va certainement permettre aux valides de mieux comprendre le drame que vivent certains handicapés. Un récit touchant, émouvant et même déchirant sur la fin, et -merveille- qui ne tombe jamais dans le mélo, l'eau de rose voire le sentimental grâce à l'humour, l'acuité du regard et la générosité de l'auteure, excellente observatrice et psychologue. Enfin, cerise sur le gâteau : un style impeccable, très vivant, rapide, fluide et rendu très vivant par de nombreux dialogues. Un petit bijou que cette rencontre improbable...

5/5

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02/02/2013

Un tunnel sous l'été (Henry Eynard)

Un tunnel sous l'été.jpgUn journaliste, Pierre-Marie Lettrin, ancien patron d'un journal local, se retrouve placé en détention préventive à la prison de la Santé après une perquisition à son domicile. Un juge d'instruction l'accuse d'avoir participé à une escroquerie consistant à toucher des chèques pour des prestations n'ayant jamais existé. Lettrin, qui a démissionné de ce poste après avoir renvoyé le subordonné indélicat, vit d'autant plus mal cet embastillement qu'il se sent totalement innocent... Au bout d'un mois dans cet environnement hostile, il espère être libéré. Le juge persiste et signe, rejette ses demandes, reculant de plus en plus son retour vers la liberté. L'été se profile avec la perspective d'une longue traversée du désert pour cause ds vacances judiciaires. Pierre-Marie devra-t-il attendre l'automne pour pouvoir enfin retrouver sa femme Catherine et ses deux enfants ?

Ce livre, présenté comme un récit et vendu comme « inspiré d'une histoire vraie » a le grand mérite de poser le problème de la « détention préventive » qui malheureusement est plus souvent qu'on croit, totalement arbitraire. Du fond de sa cellule humide et vétuste, notre journaliste se lamente beaucoup, trop à notre goût, multiplie les déclarations d'amour à sa femme et à ses enfants, tout en révélant vers le milieu du bouquin qu'elle l'a trompé et qu'il la soupçonne de ne pas vraiment l'aimer. Les séquences de pleurnicheries étant assez monotones et répétitives, l'ennui s'installe rapidement. Ainsi partage-t-on la lourde et sinistre ambiance du quotidien de la détention. On aurait aimé que l'affaire qui a provoqué tout ce gâchis soit présentée un peu moins succinctement et surtout que le style soit un peu plus enlevé. L'auteur utilise alternativement les première et troisième personnes du singulier. Tantôt lit-on une sorte de journal intime tristounet, tantôt découvre-t-on le personnage vu de l'extérieur comme dans un reportage. Effet littéraire qui n'apporte pas grand chose. Et pour ne rien arranger, la fin se révèle décevante car assez peu vraisemblable. Un ouvrage qui ne marque pas et ne laisse pas grand souvenir.

3/5

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30/01/2013

OPERATION BAUCENT (Chapitre 1/4)

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28/01/2013

Les femmes d'à bord (France Guillain)

Les femmes d'à bord.jpgLa navigatrice polynésienne, France Guillain, s'est fait connaître à travers un précédent livre « Le bonheur sur la mer » écrit avec son compagnon. Cet ouvrage rencontra un grand succès. Il relatait les aventures d'un couple parti pour un tour du monde improbable car avec des enfants en bas âge et sur un voilier de 9 mètres de long, autant dire une coque de noix. Dans « Les femmes d'à bord », le lecteur a le plaisir de retrouver France, mère de cinq filles et qui maintenant voyage seule mais sans se séparer de sa progéniture et sur des voiliers de plus grande taille. Mais son propos est moins de parler d'elle que de présenter quelques portraits de navigatrices voyageant seules ou accompagnées et de s'interroger sur le rôle de la femme sur un bateau et sur son autorité plus ou moins mal reconnue, même quand elle se trouve dans la peau du capitaine. Dans les temps anciens, il était fort mal vu d'emmener une femme en mer. La superstition voulait même que cela porte malheur. Heureusement, les mentalités ont évolué mais notre narratrice trouve qu'il reste encore pas mal de chemin à parcourir avant d'atteindre l'égalité...

Un livre sympathique, agréable à lire et d'esprit soixante-huitard qui permet de prendre un bon bol d'air pur et une giclée d'embruns revigorants en compagnie d'une série de femmes atypiques. Cela va de la pirate malaise à Titou, compagne et mousse du célèbre Antoine, à July, la militante MLF, en passant par Géraldine, l'épouse et la mère accomplie et par Françoise Moitessier, la courageuse compagne du grand navigateur hélas disparu. Et tant d'autres plus intéressantes, touchantes, intrigantes ou agaçantes les unes que les autres, chacune croquée en quatre ou cinq pages. Un bouquin à réserver pour celles et ceux qui aiment la mer et les gens de mer...

4/5

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26/01/2013

Confidences auvergnates (Jean Anglade)

Confidences auvergnates.jpgNé en 1915 à Thiers, capitale de la coutellerie auvergnate, Jean Anglade s'est retrouvé orphelin à l'âge de un an, son père ayant été tué sur le front de la Somme. Issu d'un milieu très modeste (sa mère était femme de ménage et son beau-père charretier), il est bon élève et devient d'abord instituteur après une formation classique à l'école normale. Il fait son service militaire dans un corps de météorologie et est mobilisé en 1939 lors de la drôle de guerre. Sa seule blessure sera un arrachage de dent un peu pénible. Son unité s'étant retrouvée en Bigorre au moment de l'armistice, il est démobilisé sans problème. Il n'a plus qu'à rentrer chez lui, à rejoindre sa femme et sa fille et à reprendre son métier d'enseignant. Il poursuivra encore des études afin de devenir professeur d'italien d'abord à Tunis puis à Clermont-Ferrand avant d'entamer la longue et prolifique carrière littéraire que l'on sait.

Ces confidences sont un long témoignage plein de vie et de tendresse pour la longue galerie de personnages qu'Anglade nous fait découvrir : le père prématurément disparu et qu'il recherche toujours, l'oncle coutelier dans son petit atelier, la grand-mère gâteau et tant d'autres. Des pages vivantes, captivantes, des périodes troublées, de la Première guerre mondiale aux évènements de Mai 68 en passant par l'entre-deux guerres, la Seconde guerre mondiale et l'Epuration. Le principal intérêt réside peut-être dans l'évocation de cette Auvergne d'autrefois avec ses coutumes, son patois, son mode de vie si particulier et ses mille activités de petites gens pauvres et besogneux. Tout un monde disparu et recrée par ces souvenirs vécus. Bien sûr, cet ouvrage très intimiste n'est certainement pas le meilleur du grand écrivain, mais il permet de mieux connaître le parcours de l'auteur.

4/5

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24/01/2013

L'ombre du grand mur (Léo Malet)

L'ombre du grand mur.jpgLewis Ted Crawford, honnête chirurgien new-yorkais, se retrouve condamné pour le meurtre d'une jeune femme qu'il n'a pas tuée. Tout l'accuse. Des indices, des témoins et un manque d'alibi flagrant. Mais pour ne pas compromettre une femme dont il est l'amant, de guerre lasse, il finit par avouer. Il purge une peine de trois ans derrière les barreaux de la prison d'Ossining. A sa sortie, impossible de reprendre une vie normale. L'ombre du grand mur plane toujours sur lui. Une visite à la femme d'un codétenu le ramène vers le monde des gangsters. Il devient médecin de la pègre et complice d'un parrain, Ralph Stryke. Petit à petit, par paliers successifs, il descendra tous les échelons de la déchéance.

Ecrit en 1942, alors que les autorités d'occupation interdisaient la diffusion du moindre texte d'origine anglo-saxonne, ce faux roman noir américain est en réalité un roman policier « made in France », mais avec une intrigue, des personnages et des décors américains, publié par Léo Malet sous le pseudonyme de Franck Harding. C'est à la fois une sorte d'OVNI littéraire et une oeuvre de précurseur puisqu'à l'époque, les grands auteurs de ce genre (Chandler, Himes, etc...) étaient encore inconnus en France. Nous sommes ici dans la tragédie, la fatalité dont on ne peut jamais se détacher quelque effort que l'on puisse faire. L'écriture est efficace, simple, enlevée, facile à lire. Encore un texte de Malet qui n'a pas pris une ride, même s'il est proposé dans un style simple assez différent des « Nouveaux mystères de Paris ». On trouve d'ailleurs en fin d'ouvrage, une nouvelle également très noire et désespérée « Le sang innocent » sur le thème d'un règlement de compte qui tourne si mal qu'un enfant de cinq ans en est la victime collatérale. Ce récit terrible pour un conte de Noël s'achève d'ailleurs sur une chute aussi horrible que surprenante. Si la vision pessimiste du monde est la même, le style est différent. La langue verte, l'argot, la gouaille du titi parisien, absente de « L'ombre du grand mur » réapparait pour notre plus grand plaisir bien sûr.

4/5

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22/01/2013

M'as-tu vu en cadavre ?

M'as-tu vu en cadavre ?.jpgUn certain Auguste Colin, dit « Nicolss », artiste lyrique sur le retour, se présente dans les bureaux de l'agence Fiat Lux de Nestor Burma. Il vient solliciter ses services mais d'une manière évasive. Il lui donne rendez-vous chez lui avec un luxe de précautions des plus bizarres. Et voilà que Colin disparaît sans laisser de traces. Peu après, l'imprésario de Gil d'Andréa, le chanteur à la mode, demande à Burma de surveiller son poulain qui lui semble filer un mauvais coton. C'est le début d'une enquête difficile avec son lot de cadavres. Une jeune fan du chanteur s'est suicidée, l'imprésario sera étranglée, des gangsters sud-américains se retrouveront pris dans une fusillade et un cadavre sera caché sous un tas de charbon. Avec sa chance habituelle, Nestor Burma aura son lot habituel : passage à tabac en règle et cuite carabinée pour la bonne cause, cela va de soi.

Publié en 1956, ce roman se déroule principalement dans le dixième arrondissement, Malet respectant le plan de création de ses « Nouveaux Mystères de Paris » avec un livre par quartier. Faisant écho à « Corrida aux Champs Elysées » qui traitait des milieux du cinéma, ce roman policier d'ambiance explore l'univers du music-hall (de nos jours on parlerait de show-biz) pour en dénoncer les apparences trompeuses. La description du club de fans servant de vivier ou de harem au chanteur de charme de ces dames et celle de l'agence de tournées en province et à l'étranger avec ses ramifications style « traite des blanches » ne sont pas piquées des vers. Léo Malet y déploie tout son esprit critique, son ironie et son cynisme désabusé. Combien de naïfs et naïves ne se sont-ils pas brûlés les ailes, combien se sont laissés prendre à ce miroir aux alouettes, combien admirent des bellâtres, jouisseurs, chanteurs de pacotille et finissent par tomber dans l'alcool comme la chanteuse qui lui a fait la courte échelle ou dans la prostitution comme ces sottes qui croient qu'il suffit de coucher pour arriver en haut de l'affiche ? On apprend au passage que les faveurs de Burma et donc de l'auteur vont plutôt vers Brassens, Patachou et Piaf. Un roman pas complètement noir mais qui dégage quand même une impression de malaise et de tristesse. L'énigme est résolue. La justice va passer mais dans les dernières pages, on sent que le détective ne se fait plus aucune illusion sur l'intérêt de son action. Livre intéressant ne serait-ce que pour le style et l'humour féroce.

4,5/5

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20/01/2013

OPERATION BAUCENT (Chapitre 1/3)

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18/01/2013

Au fil du temps (Arthur Miller)

Au fil du temps.jpgFils d'émigrants juifs d'origine polonaise, Arthur Miller a été élevé dans un milieu de classe moyenne aisée. Son père qui possédait une usine de confection florissante, dut fermer boutique et se retrouva dépourvu lors de la crise de 1929. La famille dut alors quitter Brooklyn et la proximité de Central Park pour s'installer dans le quartier moins favorisé de Harlem qui, à l'époque, n'avait pas grand chose à voir avec ce qu'il est devenu maintenant. Miller ne participa pas à la deuxième guerre mondiale car il fut réformé suite à une blessure sur un terrain de base-ball. Auteur dramatique majeur, il écrivit et monta un grand nombre de pièces de théâtre à succès comme « Les sorcières de Salem » ou « Mort d'un commis voyageur » qui sont toujours jouées un peu partout dans le monde. Il fut marié trois fois. Sa deuxième épouse fut l'actrice Marilyn Monroe avec laquelle il ne resta en couple qu'environ quatre ans. Il s'apprêtait à se marier une quatrième fois quand il est mort en février 2005. Il était considéré comme un membre influent du monde littéraire et artistique américain, couvert d'honneurs et classé à gauche, soupçonné de communisme pendant le maccarthisme (ce dont il se défend dans le livre, se considérant lui-même comme progressiste modéré) et, en réalité, sympathisant démocrate.

Que penser d'une autobiographie en général ? Ecrit par l'auteur lui-même, le récit d'une vie peut être passé au filtre de lunettes roses et le résultat final peut facilement dériver en hagiographie, ce qui n'est pas tout à fait le cas pour « Au fil du temps », même si le lecteur peut relever de ci de là une certaine indulgence voire une réelle complaisance de cet homme brillant qui se regarde dans le miroir et qui se désole quand il s'observe avant de se consoler quand il se compare aux autres. Ainsi nous fait-il croiser Lucky Luciano et Elia Kazan (qui lui fera rencontrer Marilyn), John Huston et Clark Gable, Steinbeck et Tennessee Williams, Norman Mailer et Malraux, Kennedy et Reagan. Né en 1915, il a traversé toutes sortes de drames comme la guerre d'Espagne qu'il a entr'aperçue de très loin, la seconde guerre mondiale à laquelle il n'a pas participé et surtout la grande crise économique des années trente qui a, pour un temps, déclassé sa famille. Dense, touffu, rempli d'anecdotes croquées sur le vif, de personnages hauts en couleurs, célèbres ou non, toujours décrits à la volée, comme au fil de la plume, cette énorme biographie (plus de 500 pages en petits caractères) un peu indigeste retrace presque toute la vie d'un intellectuel qui a brillamment réussi. A conseiller aux fans d'Arthur Miller et à ceux que l'histoire des Etats-Unis et celle de son théâtre intéressent.

3,5/5

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16/01/2013

Les rats de Montsouris (Léo Malet)

Les rats de Montsouris.jpgAncien voyou rangé des voitures, Ferrand rencontre Burma devant un billard dans un cercle de jeu. Les deux hommes se sont connus quand ils étaient prisonniers de guerre en Allemagne. Ferrand fait une drôle de proposition au détective privé parisien. Participer à une opération qui peut rapporter plusieurs millions. Il précise qu'il n'y a rien de malhonnête dans cette affaire. L'ennui c'est que Ferrand est retrouvé égorgé quelque temps plus tard et que la jeune femme rousse qu'on soupçonnait du meurtre se suicide en se jetant sous un train. Un démarrage plutôt louche pour une enquête qui s'annonce difficile et qui a un rapport avec un vol de perles qui aurait eu lieu avant guerre...

Cette enquête de Nestor Burma se déroule dans le XIVème arrondissement, quartier Montsouris avec son parc, la villa des Camélias, l'hôpital psychiatrique Sainte-Anne et le grand réservoir d'eau souterrain qui permet de ravitailler en eau une grande partie de la capitale. Autant de lieux pittoresques et importants fort minutieusement décrits et d'une grande importance pour cette histoire. Publié en 1955, ce roman policier de facture classique permet à Léo Mallet de multiplier les clins d'oeil et de prêter de nombreux éléments biographiques personnels à son personnage, ce qui lui donne encore plus d'épaisseur tout en maintenant le flou et l'équivoque. Si on y constate également une certaine évolution du style vers plus de poésie, voire d'onirisme, on sait qu'on tient là, un ouvrage particulièrement réussi et qui n'a d'ailleurs pas pris une ride.

4,5/5

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14/01/2013

Corrida aux Champs-Elysées (Léo Malet)

Corrida aux Champs-Elysées.jpgL'actrice Grace Stanford dont il était le garde du corps (et un peu plus) étant repartie à Hollywood, Nestor Burma se retrouve seul dans le quartier des Champs-Elysées. Il profite de l'appartement que la star a laissé à sa disposition au Cosmopolitan Hôtel et décide de s'accorder un temps de repos à visionner des films lors de premières en compagnie de Marc Covet, un ami journaliste et d'un certain Rabastens. Mais rien ne se passe comme prévu. Alors qu'elle venait de réussir un come-back des plus surprenants, Lucie Ponceau, une étoile sur le déclin est retrouvée morte suite à l'ingestion d'une grande quantité d'opium, une starlette se retrouve dans le lit de Nestor et un producteur lui demande de surveiller un certain Tony Charente, acteur spécialisé dans les rôles de truands et drogué notoire.

Quand Burma intervient dans quelque milieu que ce soit, il faut s'attendre au pire. C'est du moins ce que pense son vieux partenaire , le commissaire Florimond Faroux. Et là, une fois de plus, le lecteur est servi. Les crimes, agressions et rebondissements s'accumulent dans cette sombre affaire de guerre entre trafiquants de drogue. « Corrida aux Champs-Elysées » fait partie des « Nouveaux mystères de Paris » tous centrés sur un quartier particulier de la capitale. Ici, nous sommes dans le milieu du cinéma avec sa faune interlope, ses étoiles montantes, ses vieilles gloires sur le retour, ses metteurs en scène besogneux, prétentieux ou inspirés. C'est croqué sur le vif, ça sent le vécu et n'a pas pris une ride. Bien que daté de 1956, ce roman est encore bien agréable à lire de nos jours ne serait-ce que par le style fleuri et enlevé de Malet. Un bon moment de divertissement. Un style de littérature policière comme on n'en écrit plus.

4/5

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12/01/2013

Opération Baucent (Chapitre 1/2)

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10/01/2013

Casse-pipe à la Nation (Léo Malet)

casse-pipe à la nation.jpgSon amie et assistante Hélène devant rentrer en train de la Côte d'Azur, Nestor Burma l'attend à la gare de Lyon. La jeune femme n'étant pas au rendez-vous, le détective privé va prendre un peu de bon temps à la foire du Trône. Comme il aperçoit une très jolie femme qui s'installe dans le Scenic Railway, il la suit et s'asseoit juste derrière elle. Mais, alors qu'il se trouve au plus haut de cette attraction à sensation, un inconnu tente de le précipiter dans le vide. Burma voit la mort de près. Il parvient néanmoins à se débarrasser de son agresseur qui finira écrasé au sol. Ainsi débute cette enquête du fin limier parisien qui se retrouve mêlé à une affaire qui n'a pas grand chose à voir avec les fêtes foraines.

Un roman policier de facture classique, bien mené, bien enlevé et encore très agréable à lire aujourd'hui en dépit de son grand âge (1957). Malet nous décrit un monde qui date un peu, le microcosme un peu interlope du quartier de la Nation, avec ses forains, ses voyous et ses pinardiers de Bercy. Bien sûr, tout cela a depuis longtemps disparu, tout autant que le Londres de Sherlock Holmès, mais ne lit-on pas encore les aventures du héros de Conan Doyle avec un grand plaisir ? Il en va de même pour cet ouvrage de Malet, fine plume s'il en fut et grand artisan de la langue verte, du parler « titi parisien » humoristique et décalé (malheureusement plus ou moins disparu de nos jours). Le lecteur passe un bon moment de détente avec ce livre et en profite pour s'offrir une jolie plongée dans le passé. Soit deux bonheurs pour le prix d'un : polar et histoire. Pourquoi s'en priver ?

4/5

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08/01/2013

Du Rébecca rue des Rosiers (Léo Malet)

Du rebecca rue es rosiers.jpgDans l'île Saint Louis à Paris, suite à une petite fête très copieusement arrosée, le peintre Fred Baget découvre à son réveil le cadavre d'une jeune femme poignardée dans son appartement. Craignant que cette affaire ne ruine sa réputation et ne l'empêche d'obtenir la Légion d'honneur, Baget demande l'aide de Nestor Burma qui se retrouve avec une affaire assez louche sur les bras. La victime est une jeune juive que le peintre ne connait pas mais qui a un lien avec le milieu communautaire de la rue des Rosiers en plein émoi à cause d'un certain Bramovici, gangster juif, trafiquant et collaborateur responsable de l'arrestation et de la déportation d'un grand nombre de ses coreligionnaires.

Publié pour la première fois en 1958, ce roman policier de facture classique est, encore aujourd'hui, fort agréable à lire pour toutes sortes de raisons. D'abord pour l'ambiance d'un Paris et d'une France d'une autre époque, celle des films de Lautner, des dialogues d'Audiard et des chansons de Piaf. Ensuite, pour le petit monde du Sentier qui est fort bien décrit. Malet se réfère à mots couverts à une affaire qui fit grand bruit à l'époque. Et enfin et surtout, pour le style enlevé, vif, agréable, porté par des dialogues percutants et par une langue fleurie de titi parisien avec cette truculence merveilleuse faite d'argot et de langue verte qui rapproche Malet des Frédéric Dard, des ADG et autres Blondin. Un bon moment de détente garanti.

4,5/5

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06/01/2013

La conjuration de la Rose Noire (Anne-Marie et Jean Mauduit)

La conjuration de la rose noire.jpgSous la régence d'Anne d'Autriche, alors que le Dauphin, futur Louis XIV n'est encore qu'un tout jeune garçon, la présence au pouvoir du cardinal Mazarin suscite tous les rejets. La Fronde des Princes vient d'être mâtée suite à l'arrestation des principaux meneurs. Celle du Parlement continue, attisée par Gondi. Et voilà que pour ne rien arranger, une série de crimes étranges se produit en divers endroits du royaume. Et sur chaque cadavre, on trouve une rose noire en tissu. Guilio de Beauclair, jeune protégé italien du cardinal se retrouve propulsé dans les cercles les plus fermés de Paris pour mener l'enquête et découvrir qui sont ces étranges conjurés prêts à tout pour renverser le trône. Pourra-t-il sauver la royauté chancelante ?

Un roman historique qui prend pas mal de liberté avec l'Histoire (avec un grand H). Vrai-faux enlèvement du jeune Louis XIV, intervention des Rose-Croix en la personne d'Andreae, alliance improbable entre les nobles et le peuple de Paris, fuite de Mazarin à Saint Germain. En réalité, le lecteur a plus affaire à un grand roman d'aventures style cape et épée dans lequel il doit se laisser emporter par les nombreux rebondissements en général fort bien amenés sans se soucier de leur manque de vraisemblance. Un gros roman bien écrit dans la lignée des oeuvres de Dumas, Féval ou Zévaco, ce qui n'est pas un mince compliment.

4/5

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05/01/2013

Opération Baucent (Chapitre 1/1)

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03/01/2013

Nouvelle année, nouveau bouquin...

J'ai le plaisir de vous annoncer la sortie de mon nouveau livre « Opération Baucent », un thriller décalé, dans un registre totalement différent de mes précédents ouvrages. En espérant qu'il vous plaira, voici un aperçu de la quatrième de couverture...

 

"Un bouquiniste, spécialisé dans le paranormal et l'ésotérisme, se voit proposer une somme mirobolante pour l'achat de son commerce alors qu'il ne l'a même pas proposé à la vente... Une jeune femme se retrouve enlevée par deux psychopathes tout juste sortis d'un hôpital psychiatrique... Une confrérie de Templiers, en quête du Graal, suit aveuglément son chef, un notable respecté... Et, en invité surprise, débarque une jeune et riche américaine, travaillant pour un mystérieux sous traitant des services secrets.

En se ralliant au « Baucent », le célèbre oriflamme noir et blanc des Templiers, tout ce petit monde se retrouve entraîné dans une course au trésor aussi haletante qu'effrénée où tous les coups sont permis. Autant thriller que livre d'espionnage et d'aventures, « Opération Baucent » fait partie de ces ouvrages que l'on ne peut plus quitter une fois qu'on les a ouverts tant le rythme est soutenu, l'action trépidante et les péripéties surprenantes. A découvrir absolument !"

 

La version papier est déjà disponible sur TheBookEdition.com et, pour celles et ceux qui ont fait le grand saut vers le numérique (PC, tablettes et autres liseuses), une version e-book est également proposée sur Amazon Kindle.

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02/01/2013

900 jours, 900 nuits dans l'enfer d'une prison équatorienne (Daniel Tibi)

900 jours 900 nuits.jpgA Guayaquil (Equateur), alors qu'il s'apprête à embarquer dans un avion pour Paris, Daniel Tibi, jeune négociant en pierres précieuses, est arrêté par la police qui le soupçonne de faire partie d'un cartel de narco-traficants colombiens. Il subi un interrogatoire « musclé » mais n'avoue rien car il est innocent et simplement victime d'un coup monté par un ancien ami, concurrent envieux de sa réussite et désireux de se venger de l'inconstance de son amie. Daniel Tibi est incarcéré dans la « quarantaine » de la monstrueuse prison de la ville. Un véritable enfer où la vie d'un homme n'a pas le moindre prix, où voleurs, tueurs et autres drogués font la loi. Il lui faudra payer pour tout : repas, protection, simple accès à la promenade. Il sera battu, agressé, volé, torturé par la police à plusieurs reprises. Un calvaire qui durera 848 jours et 848 nuits (de septembre 1995 à janvier 1998), le laissant aux frontières de la mort et de la folie. Malade, blessé gravement et ne pesant plus que 46 kg, il devra subir plusieurs opérations et une longue convalescence lors de son retour en France. Il mettra 12 ans avant d'arriver à se décider à écrire ce livre.

Témoignage aussi poignant qu'émouvant, digne des récits des prisonniers du Goulag russe ou du Lao Gaï chinois avec cette injustice supplémentaire d'être emprisonné pour rien, sans raison et cette impression d'être la victime d'une administration kafkaïenne, arbitraire (Tibi n'a jamais été interrogé par un juge d'instruction, il n'a pas eu l'aide d'un avocat et tous ses droits ont été bafoués) et totalement corrompue (sa voiture ainsi qu'une mallette pleine de pierres précieuses lui ont été dérobées par la police et à chaque niveau, on lui a toujours demandé de l'argent pour tout). Dans ce dernier cercle de l'enfer, sa survie n'a tenu qu'à un fil. Il lui a fallu une rage de vivre exceptionnelle pour en réchapper. Il se surprend d'ailleurs lui-même par certaines de ses réactions d'une violence quasi insensée . Il doit se battre comme un fauve pour s'emparer d'une cellule, pour ne pas se faire détrousser et même pour respirer autre chose que du crack. Un document hallucinant qui montre que l'homme peut vraiment être un loup pour l'homme et que dans l'univers carcéral il existe bien des degrés dans l'horreur. A déconseiller aux âmes sensibles.

4,5/5

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29/12/2012

Les bons Samaritains (Nouvelle extraite du recueil "Dorian Evergreen")

Le froid pinçait dur quand Pabo le clodo, sortit de l’escalator du Forum des Halles sur le coup de 22 heures. Un vent glacé balayait la rue Saint Denis. Un tas de gens marchaient en tous sens, vaquant sans doute à leurs derniers achats de Noël. Cette année, on allait encore dévaliser les marchands de jouets, piller les supermarchés, engloutir des tonnes de riches nourritures et avaler des hectolitres de boissons pleines de bulles. Personne ne se souciait de Pabo. Pour être honnête, il faut préciser que Pabo n’avait pas grand-chose d’attirant. Il portait de grosses godasses crasseuses et éculées et un pantalon sans forme ni couleur définie qui recouvrait un jean dépassant un peu en bas. Il protégeait sa tête à l’aide d’un bonnet péruvien si sale et si usé qu’on n’en distinguait plus les dessins ni les couleurs et son torse paraissait énorme en raison des chemises, pulls troués, veste et blouson qu’il portait les uns sur les autres… Malgré cette accumulation de couches de vêtements, Pabo se sentit saisi par le froid glacial de cette fin décembre et se mit à grelotter. Avec son baluchon de misérables affaires entassées dans un sac plastique, il se mit à remonter la rue, histoire de se réchauffer un peu…

Sur les marches du parvis de la petite église Saint Leu, il aperçut quelques miséreux de son acabit. Il s’en approcha. Dans le coin, il était impossible de faire un pas sans rencontrer de SDF. Pabo n’appréciait pas spécialement leur compagnie surtout depuis qu’il avait été frappé puis dépouillé d’une belle paire de bottes par deux d’entre eux. Ceux-là avaient l’air assez inoffensif. La porte de l’église était ouverte. On entendait de la musique et des chants qui venaient de l’intérieur.

- C’est la Madone qui chante avec ses anges, fit une vieille aussi puante qu’édentée…

Pabo tendit l’oreille. Les voix étaient douces, les chants beaux et rythmés, mais on ne pouvait pas vraiment en profiter à cause du bruit de la rue.

- Pourquoi qu’on n’entre pas ? demanda Pabo.

- Faut pas déranger la Madone. Elle est trop belle, on est trop sales, lui répondit un vieux vêtu d’un caban et d’une casquette de marin. Pabo fut immédiatement incommodé par son haleine avinée. Il remarqua la bouteille de rouge qui dépassait de sa poche. «Ils font ça tous les samedis soirs et quand ils sortent, ils oublient jamais de me donner un p’tit soleil ! » précisa le clodo de la marine.

Ce n’était pas la pièce de un ou deux dolros qui intéressait Pabo, mais plutôt l’abri et la chaleur relative qu’il aurait pu trouver à l’intérieur de l’église Saint Leu. Comme il n’osait pas se montrer plus inconvenant que les autres, il s’assit sur les marches et attendit. A l’intérieur, Violaine, une magnifique brune aux traits délicats et Jérôme, son ami qui l’accompagnait à la guitare, animaient de leurs chants la veillée hebdomadaire du groupe de prière charismatique qu’ils venaient de fonder. Le curé avait accepté de prêter son église à ce groupe de jeunes chrétiens à la condition expresse qu’ils n’oublient pas de se consacrer par la même occasion aux plus démunis de sa paroisse. Il ne voulait surtout pas que cette célébration ne soit qu’un caprice de gosses de riches. Il avait eu les plus grandes craintes quand Jérôme lui avait annoncé tout de go que son unique but dans la vie était de devenir « saint » et quand Violaine lui avait calmement assuré qu’elle se marierait vierge…

Pour une veillée de Noël, l’assemblée était encore moins nombreuse que d’habitude. Seuls Pierre et Paul, les plus fidèles du groupe de jeunes, étaient venus et chantaient à s’époumoner pour compenser les défections. Ils venaient de terminer les habituels cantiques de louange quand Jérôme déclara : « Je ne peux pas continuer ainsi… alors qu’il y a tant d’enfants du Seigneur dans le froid… Nos invités ne sont pas venus ce soir… Convions les vrais amis du Seigneur, les pauvres, les malheureux, tous ceux qui souffrent, à partager avec nous ce moment de bonheur… »

Pierre et Paul se regardèrent, interloqués. Un doux sourire illumina le beau visage de Violaine. Elle avait compris. En se tenant par la main, les deux amoureux platoniques quittèrent le chœur et se présentèrent à la porte donnant sur la rue. D’une voix claire et joyeuse, ils invitèrent le petit groupe de clochards qui battaient la semelle à se joindre à eux : « Entrez, entrez, frères et sœurs, le Seigneur vous appelle, vous aussi ! » Jérôme reprit sa guitare et attaqua les premiers accords de « Venez, chantons notre Dieu ». Le chant de louange s’éleva d’abord timidement, puis une voix, puis deux se joignirent au chœur et tout le monde suivit le groupe à l’intérieur de l’église. Venus d’un peu partout, les pauvres, les passants, les badauds se mirent à entrer petit à petit, les uns entraînant les autres. Les travées remplies, la célébration devint joyeuse et magnifique, fervente et recueillie. Dans la pénombre à peine éclairée par les cierges et les bougies, on ne distinguait plus vraiment qui venait de la rue, qui était issu des beaux quartiers. Pendant une heure, on assista à la communion spirituelle d’un joyeux groupe d’enfants de Dieu qui chantaient et priaient ensemble…

Perdu dans la foule, Pabo était aux anges. Il y avait tellement longtemps qu’il n’avait pas entendu de musique, qu’il n’avait pas ressenti pareille impression de sérénité et de recueillement. Il ne savait plus vraiment s’il chantait, s’il priait ou s’il planait. Cela devait être ça, le paradis… Les yeux de Violaine et de Jérôme brillaient. Ils exultaient de joie. Jamais ils n’avaient animé une aussi belle célébration… « Merci, Seigneur ! Amen… Halleluyah ! », s’exclamèrent-ils. « Et surtout, Joyeux Noël à tous ! »

Le curé de Saint Leu s’approcha du micro et après avoir remercié ses jeunes animateurs, s’adressa à la foule : « Amis de la rue, la fête ne fait que commencer ! Nous vous invitons tous à rejoindre la place de l’Hôtel de Ville où on vous attend pour vous servir un vrai repas de réveillon sous un chapiteau chauffé. Ne ratez surtout pas ça !... » Puis la foule s’écoula lentement dehors, toute à sa joie de pouvoir continuer les festivités. Seul Pabo restait assis sur sa chaise, voulant sans doute encore prolonger un peu cet instant de bonheur. La douce Violaine s’approcha de lui… « Frère, vous ne suivez pas le mouvement ? »

- Non, répondit le clochard. Je n’en ai pas envie. Je veux rester encore un peu ici. J’ai l’impression d’entendre encore votre belle musique…

- C’est trop aimable, mon ami… Merci ! Mais vous devriez quand même vous rendre au réveillon du Secours Cahotique comme vous l’a conseillé le père Claude… C’est Noël, restons tous dans la joie du Seigneur !

Et elle retourna vers les trois garçons qui rangeaient le matériel et s’apprêtaient à partir. Ils discutèrent un moment et revinrent vers Pabo.

- Qu’allez-vous faire l’ami, si vous n’allez pas au banquet avec les autres ? lui demanda Jérôme.

- Je vais traîner tout seul, encore plus triste qu’avant… Vous savez je m’appelle Pablo et tous les autres, ils se moquent de moi en transformant mon nom en « Pabo ». C’est vrai que je suis sale, moche et puant, mais comment être autrement en vivant dans la rue…

- Eh bien, c’est simple, nous vous invitons à venir dîner avec nous… Ca vous convient ?

- Ah non, je suis trop dégueulasse, je ne peux aller nulle part…

- Aucun problème, on se chargera de tout…

Les quatre jeunes l’escortèrent jusqu’au petit studio de Jérôme où il fut lavé, rasé et facilement rhabillé de pied en cap car il avait à peu près la même taille que le jeune guitariste. En se regardant dans le miroir de la salle de bains, il eut l’impression d’être un autre ou plutôt d’être redevenu lui-même, c'est-à-dire Pablo Dos Santos, tourneur au chômage, divorcé et père de trois enfants. La soirée puis le réveillon lui semblèrent ni plus ni moins que magiques. Les quatre jeunes l’entraînèrent dans un bar à la mode pour prendre l’apéritif dans une joyeuse ambiance. Ils passèrent ensuite le réveillon dans un restaurant chic avec orchestre tsigane. Pablo goûta de tout, mangea de grand appétit, apprécia vins fins et champagne et s’endormit même une petite heure sur la banquette de maroquin rouge. Au moment de se quitter, Violaine et Jérôme lui proposèrent de l’héberger, histoire de lui éviter de dormir dehors par une nuit aussi glaciale. Il refusa fièrement. Il n’y eut rien à faire pour le décider…

Le froid de la rue venait de lui rappeler qu’il n’était et ne resterait toujours que Pabo, le clodo. Il venait de vivre une parenthèse de bonheur inespéré dont il les remercia chaleureusement. Mais il lui était impossible de se remettre dans la peau de celui qu’il avait été autrefois et qu’il ne pourrait plus jamais redevenir.

- Nous respectons ta décision, mon frère, lui dit Jérôme. Mais tu sais maintenant où nous nous trouvons. Viens nous voir quand tu veux… On verra ce qu’on pourra faire pour t’aider…

Vêtu de ses beaux habits de bourgeois, Pabo se dirigea à petits pas vers la Seine. Le froid avait encore pris de l’intensité. Il regretta un instant son accumulation de fripes pouilleuses. Il se dit qu’il irait dès que possible les récupérer chez ses bienfaiteurs…

Le lendemain, le SAMU social le retrouva sur le coup de huit heures. Mort de froid une nuit de Noël dans le square du Vert Galant…

(Le recueil de nouvelles "Dorian Evergreen" est disponible en version papier sur TheBookEdition.com)


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08:27 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/12/2012

Le tour du monde de la politesse (Collectif)

Le tour du monde de la politesse.jpgLa politesse, que certains peuvent juger proche de l'hypocrisie voire de l'obséquiosité, est une sorte de lubrifiant qui permet d'adoucir les rapports humains, de rendre ceux-ci supportables voire agréables à condition de bien en connaître les codes et usages. Et ceux-ci peuvent être fort différents d'un pays à l'autre. Ainsi se salue-t-on en Inde d'un « Namasté » en joignant les mains sur la poitrine, au Japon d'une courbette alors qu'en Russie il n'est pas de bon ton de sourire dans la rue ou de dire bonjour à un voisin... De même, il n'est pas toujours bienséant de distribuer des bises dans nombre de pays voire d'éternuer ou de se moucher en public... Les usages des uns peuvent être les insultes des autres. Certaines règles intangibles chez nous peuvent n'avoir ni sens ni utilité ailleurs. D'où l'intérêt de ce petit livre qui permettra bien des découvertes et des surprises au lecteur.

Pour chacun des vingt deux pays étudiés, un spécialiste des bonnes manières et un correspondant étranger du journal « Le Monde » nous dévoilent les arcanes des bons comportements, ceux qui permettront de se faire accepter dans chacun des pays traversés. Codes de politesse ou de courtoisie qu'il est toujours bon de connaître et de respecter pour éviter de commettre un impair et de s'attirer sottement des ennuis. « A Rome, vis comme un romain », disait un proverbe totalement confirmé par ce petit livre qui regroupe une série d'articles pleins d'humour publiés au cours de l'été 2011 par le quotidien en question et repris dans cet ouvrage. A noter également et à marquer d'un signet, le dernier chapitre. Et les Français ? Comment se comportent-ils à l'étranger ? Comment se comportent-ils avec les étrangers ? Pas si bien que cela pour des gens qui pensent être des parangons de politesse vu qu'ils l'estiment presque innée chez eux. Si l'on se réfère à un sondage pratiqué sur 40 000 hôteliers du monde entier, le touriste français serait presque le pire du monde juste devant le chinois et l'hindou. Il serait arrogant, imbu de lui-même, prétentieux, radin et ne faisant aucun effort pour dire deux mots dans la langue du pays ou en anglais. Sans parler du fait qu'il trouve toujours que tout est mieux chez lui. Autant dire qu'avec la politesse et les bons comportements en société, il y a encore et toujours du travail... Un livre intéressant même si l'on ne voyage qu'autour de sa chambre.

4,5/5

09:18 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/12/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 2/3ème partie)

Ce livre est disponible en version papier chez TheBookEdition et chez Lulu et en version e-book chez Amazon. Si ces extraits, vous ont plu, n'hésitez pas, cliquez dans les colonnes...

 

08:50 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/12/2012

Un lit d'aubépine (Jean Anglade)

Un lit d'aubépine.jpgEn 1902, Pancrace Cervoni, un gendarme d'origine corse, débarque à Viverols, petite commune sise aux confins de l'Auvergne, du Velay, du Forez et du Vivarais. Il tombe amoureux d'une paysanne quasi illettrée, Tiennette Farigoule, qui accepte de devenir sa femme plus par devoir que par sentiment. Le couple aura trois garçons, Annet, Jean et André. L'aîné perdra un oeil lors d'un jeu de gamins et deviendra prêtre. Le cadet entrera à Saint Cyr et se retrouvera officier en Algérie où il épousera une autochtone après s'être converti à l'islam. Quand au benjamin, après des débuts peu enthousiastes comme facteur, il sera tenté par des profits plus substantiels et moins fatigants et deviendra proxénète à Lyon. Tiennette, en bonne mère, gardera un égal amour pour ses trois garçons aux destins aussi dissemblables.

Cette humble saga familiale qui s'étend sur un demi siècle permet au lecteur de traverser la Belle époque, la Première Guerre mondiale, la Seconde, l'Occupation et de terminer par l'Epuration, tels que ces évènements majeurs furent vécus par de petites gens de la campagne profonde. Les personnages de Tiennette, cette mère courage pas très finaude, et celui d'Annet, le prêtre borgne qui ne profite que de la moitié des choses de la vie, sont particulièrement attachants. La fin de l'homme de Dieu, en forme de montée au calvaire, a même quelque chose de christique. Le père et les deux autres frères relèvent plus du picaresque voire de l'eau-forte mais traités avec compassion et humanité par un Anglade toujours aussi excellent dans la description des ambiances villageoises. Bien que l'histoire soit assez banale malgré quelques anecdotes surprenantes comme cette improbable descendance de Louis XVII, l'ensemble reste agréable à lire ne serait-ce que par le dépaysement dans l'espace et le temps.

3,5/5

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