12/07/2013

Roues carrées (Philippe Muray)

Roues carrées.jpgUn reportage surprenant nous présente la première « Grande parade de la Fierté adultère, adultère et adultère » comme une immense réussite. Cette belle manifestation n'aurait jamais existé sans l'initiative d'une certaine Marjolaine Lebarbier, de son amant Alain Senez et de son mari Paul-Louis Lebarbier, tous trois lassés de devoir dissimuler leur état et de se sentir perpétuellement rejetés, ostracisés et discriminés par d'infâmes réactionnaires rétrogrades atteints de clandestinophobie pathologique... L'association des « Vrais amis de Jean-Patrick Cerestes » vient de lancer sur Internet une grande pétition de soutien en faveur de l'auteur de deux romans « Enculés » et « Enculées », ouvrages ayant déclenché une polémique chez les esprits obtus qui menacent de réclamer des mesures de censure par voie judiciaire... Lassé de ses choix de vie qui vont tous dans la ligne générale et habituelle des bien-pensants, un écrivain décide d'arrêter de moderner. Mais ce n'est pas une mince affaire. Le modernisme est une drogue dure et la désintoxication risque d'être délicate...

« Roues carrées » se présente comme un recueil posthume composé de trois nouvelles ou plutôt de deux nouvelles et d'un roman inachevé (ou une novella vue le format) du très regretté Philippe Muray, esprit caustique et coruscant s'il en fut qui n'avait de cesse de fustiger son époque avec un brio tout particulier. Lire ces textes est un véritable régal pour l'esprit, une dégustation de caviar pour neurones. Tous les travers de nos contemporains, toutes les folies de notre temps, toutes les dérives, toutes les déviances sont égratignés avec élégance, finesse, mine de rien, l'air de n'y pas toucher et au bout du compte, l'ultra-moderne « connerie » s'y retrouve laminée, écrabouillée et ridiculisée comme ce n'est pas possible. Muray sait à merveille user du calembour, du paradoxe, du second degré (quand ce n'est pas du troisième ou du quatrième...), sans oublier l'oxymore, son arme favorite. Sa dérision désabusée, son humour noir ravageur font merveille dans ces trois charges contre le monde de ces bobos bizounours qui passent leur temps à se voiler la face, à nier la réalité et à donner des leçons de morale à tout le monde. Un petit bijou d'intelligence et d'esprit frondeur à ne rater sous aucun prétexte.

5/5

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09/07/2013

Pour un pacte écologique (Nicolas Hulot)

pour un pacte écologique.jpgParu en 2006, présenté par le célèbre « journaliste » Nicolas Hulot et ratifié par la plupart des candidats aux élections présidentielles de 2007, ce « pacte », véritable programme environnemental transcourant recueillit un accueil enthousiaste dans tous les grands médias. Montagne accouchant d'une souris, le « Grenelle pour l'environnement » de l'inénarrable Borloo en fut la concrétisation et la taxe carbone le fiasco. Quel intérêt peut-on trouver, sept années plus tard, à lire aujourd'hui un programme que peu de gens avaient lu à l'époque ? Apparemment aucun, ce genre de littérature est bien connue pour ne durer que ce que durent les roses, l'espace d'un matin, celui du rêve, des espoirs déçus et des promesses qui n'engagent que celui qui les écoute...

Et pourtant, dans le cas de ce pacte, il en va différemment. A croire qu'avec le temps qui passe et les occasions manquées, les problématiques posées, les catastrophes annoncées et les erreurs commises sont toujours là, bien visibles, bien prégnantes et toujours sans solution. Même si l'on ne souscrit pas totalement aux analyses de ce Comité de veille écologique surtout quand elles se laissent aller aux dérives catastrophistes type Al Gore (en climatologie, va-t-on vers un réchauffement, un refroidissement ou un dérèglement complet, nul ne le sait vraiment...), il n'en demeure pas moins que l'épuisement des ressources, la mondialisation et ses circuits fous de production et distribution, la pollution, le danger des OGM, de l'utilisation abusive des pesticides, herbicides et autres fongicides laissent à penser que nos civilisations mercantiles et consuméristes vont dans le mur sans crier gare. Mais là où le bât blesse et où l'on comprend pourquoi les politiques traînent un peu la semelle pour mettre en application les belles idées de Monsieur Hulot, c'est quand on découvre « les cinq propositions concrètes pour tout changer » dans la seconde partie de ce livre très bien documenté et relativement bien écrit : création d'un poste de vice-Premier ministre chargé du développement durable, instauration d'une taxe carbone progressive jusqu'à en devenir totalement confiscatoire, réforme de la Pac en faveur d'une agriculture de qualité, multiplication des débats publics pour impulser les nouvelles orientations et promotion d'une grande politique d'éducation à l'environnement en y mettant les moyens bien sûr. Tout cela fleure bon son vilain relent totalitaire, fiscaliste, directif et sectaire qui fait froid dans le dos et amène à conclure que l'enfer étant pavé de bonnes intentions, il n'est finalement pas si mal que ce genre de programme reste encore à décanter quelques années ou décennies de plus sur une étagère oubliée...

2,5/5

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06/07/2013

Des pions sur l'échiquier (William Guy Carr)

Des pions sur l'échiquier.jpgPublié en 1948 en langue anglaise et très récemment traduit en français, « Des pions sur l'échiquier », livre majeur de W.G.Carr, ancien haut gradé des services secrets canadiens, est une étude historique sérieuse et approfondie de la conspiration internationale menée depuis plusieurs siècles par un groupe de gens puissants agissant dans l'ombre, les « Illuminatis ». Cette société secrète, fondée en Bavière en 1776 par un certain Weishaupt, s'était donné comme but de renverser ou de neutraliser tous les rois puis tous les gouvernements nationaux, d'en finir avec la propriété privée, l'héritage, le patriotisme, la famille et la religion. Elle a perduré à travers les siècles et, de nos jours, montre ses effets et réalisations à travers les grands organismes internationaux comme l'ONU, la mondialisation, l'Union Européenne et le « nouvel ordre mondial ». Pour parvenir à ses fins, la dictature universelle d'un groupe de banquiers tout-puissants, tous les moyens, même les plus immoraux sont bons : campagnes de calomnies, assassinats (Lincoln fut assassiné sur ordre de Rothschild car il refusait que l'Etat soit obligé de passer par une banque privée pour battre monnaie), grèves, révoltes, révolutions, endettement des états, main mise sur les hommes politiques et sur l'économie, campagnes de presse, perversion de la jeunesse, marchandisation des corps, diffusion de la pornographie, promotion des déviances et exacerbation des haines et des envies.

Chacun peut avoir une opinion personnelle sur cette thèse bien connue et souvent moquée, dite de « la théorie du complot ». Il va de soi que Carr considère qu'une « main cachée dirige » et que les peuples, tout comme les individus, ne sont que de simples « Pions sur un échiquier ». Pour Carr, tant que l'opinion publique n'aura pas compris dans quel mécanisme pervers ces néfastes l'entraînent, le monde s'enfoncera chaque jour un peu plus dans la pauvreté, le malheur et l'asservissement généralisé. L'auteur s'attache à présenter les différentes révolutions (anglaise, française, russe ou chinoise), les guerres mondiales ou civiles, les krachs boursiers, les crises économiques sous cet angle particulier. Et il faut bien reconnaître qu'une telle accumulation de faits historiques concordant de façon aussi répétitive, systématique et allant toujours dans le même sens devient troublante, même si elle ne parvient pas à convaincre à 100%. Ces forces du mal, identifiées comme une poignée de gros magnats de la finance cosmopolite (très souvent juive mais pas uniquement), sont capables de manipuler tout le monde sans exception, de financer aussi bien Staline qu'Hitler, de promouvoir d'une main de nazisme et de l'autre le communisme pour mieux organiser le chaos et la destruction, pour s'enrichir toujours plus et accroître leur pouvoir de façon exponentielle. Une fois le but atteint, une fois les protagonistes utilisés, on s'en débarrasse tout aussi facilement qu'on aura ridiculisé ou sacrifié les opposants, dissidents et autres personnages gênants. On n'en donnera que quelques exemples. Pour en finir avec la prédominance de l'Europe et pour mettre à bas les Romanov et déboulonner les empires centraux, la conspiration avait absolument besoin de déclencher non pas une mais deux guerres mondiales. Elle arma autant de tueurs qu'il fut nécessaire. L'Archiduc François-Ferdinand d'Autriche, Jean Jaurès, qui aurait pu empêcher ce conflit, et bien d'autres furent assassinés sur leur ordre. En Grande-Bretagne, le gouvernement du premier ministre Lord Asquith, soupçonné de vouloir mettre un terme trop rapide à la guerre, fut renversé. De même, en mai 1940, Chamberlain, averti des manigances de ces fauteurs de guerre, dut subir une terrible campagne de dénigrement dans tous les médias avant d'être évincé du gouvernement et de céder la place à Churchill, va en guerre notoire totalement inféodé aux Illuminati. Le jour même de son accession au pouvoir, le « grand » homme donnait l'ordre des premiers bombardement de populations civiles en Allemagne, lançant la guerre à outrance. De même, en 1945, l'explosion de bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki fut décidé alors que le Japon avait déjà demandé l'armistice. On sacrifia des centaines de milliers de gens (la population la plus catholique de l'archipel) sans autre raison que de démontrer à Staline la puissance de feu des Etats-Unis et mettre en place la guerre froide dans l'attente de la troisième guerre mondiale, celle qui devrait définitivement asseoir cette monstrueuse dictature universelle. Un livre si dérangeant pour le politiquement correct qu'on comprend qu'il ait fallu aussi longtemps avant que les francophones puissent en disposer. A lire pour soulever un tout petit coin du voile qui cache les coulisses de ce grand jeu de dupes et pour prendre conscience, par le biais de l'Histoire secrète du monde, que tout n'est peut-être pas aussi simple qu'il n'y paraît.

4/5

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03/07/2013

Louis Aragon, "La chanson de France"

louis aragon.jpgTant qu’un enfant rêvera de l’aurore,
tant qu’une rose embaumera la nuit,
tant qu’un coeur quelque part éprouvera le vertige,
tant qu’un pas chantera sur la chaussée,
tant que l’hiver quelqu’un se souviendra du printemps,
tant qu’il y aura dans la tête d’un seul homme
une manière de musique,
et dans le silence une douceur comparable à la femme aimée,
tant qu’il flottera un peu de jour sur le monde et sa destinée …
 
… on entendra la chanson de France.
 
Tant qu’il y aura dans la dernière maison de l’univers
un restant de chaleur et de tendresse,
tant que dans la dernière chambre humaine dévastée
un bout de miroir encore se souviendra de la beauté,
tant qu’une trace de pied nu attestera le passage
d’un être de chair et de sang sur une plage,
tant qu’un livre sera pour des yeux la porte des songeries,
tant que de la cathédrale à l’audace des ponts,
de la fresque à la carte postale,
et de la prose de Sainte-Eulalie
à la parole enregistrée d’un poète qui naîtra,
toute forme de la mémoire n’aura pas été saccagée,
anéantie …
 
… on entendra la chanson de France.
 
Tant qu’une petite fille bercera sa poupée,
tant qu’on aura plaisir à Peau d’Ane
ou à la Belle au bois dormant,
tant que les garçons lanceront des pierres plates
sur l’eau des rivières,
tant qu’on s’appellera tout bonnement Marie ou Jean,
tant qu’on jouera à la main chaude, aux billes,
aux barres, à chat-perché,
tant qu’on cachera des fèves dans la brioche au jour des Rois
et qu’on fera des crêpes en carnaval,
tant que les tout-petits s’essaieront à retrouver sur les pianos
l’air d’Au clair de la Lune,
tant qu’on dira d’Yseut, de Manon, de Nana …
 
… on entendra la chanson de France.
 
Mais surtout, mes amis,
quels que soient les péripéties de l’immense troupeau,
les catastrophes des continents,
les aléas monstrueux de l’histoire,
surtout, surtout,
quelles que soient les transformations imprévisibles
d’une humanité en proie aux miracles de son esprit,
aux conséquences infinies de l’immense partie d’échecs
qui va donner la clé de l’avenir,
quels que soient les développements de ce qu’elle enfante,
et l’apocalypse commencée,
ô mes amis surtout,
tant que s’élèvera la double harmonie aux répons merveilleux,
qui de deux noms dit tout un peuple,
et c’est Jeanne d’Arc et Fabien,
soyez-en sûrs, on l’entendra …
 
… car c’est la chanson de France.
Le crève-coeur (1941)

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30/06/2013

OPERATION BAUCENT (Chapitre 3)

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28/06/2013

Oser ne pas penser comme les autres (E. Ionesco)

ionesco.gifNe pas penser comme les autres vous met dans une situation bien désagréable. Ne pas penser comme les autres, cela veut dire simplement que l'on pense. Les autres, qui croient penser, adoptent, en fait, sans réfléchir, les slogans qui circulent, ou bien, ils sont la proie de passions dévorantes qu'ils se refusent d'analyser. Pourquoi refusent-ils, ces autres, de démonter les systèmes de clichés, les cristallisations de clichés qui constituent leur philosophie toute faite, comme des vêtements de confection ? En premier lieu, évidemment, parce que les idées reçues servent leurs intérêts ou leurs impulsions, parce que cela donne bonne conscience et justifie leurs agissements. Nous savons tous que l'on peut commettre les crimes les plus abominables au nom d'une cause  "noble et généreuse". Il y  a aussi les cas de ceux, nombreux, qui n'ont pas le courage de ne pas avoir "des idées comme tout le monde, ou des réactions communes". Cela est d'autant plus ennuyeux que c'est, presque toujours, le solitaire qui  a raison. C'est une poignée de quelques hommes, méconnus, isolés au départ, qui change la face du monde. La minorité devient la majorité. Lorsque les "quelques-uns" sont devenus les plus nombreux et les plus écoutés, c'est à ce moment là que la vérité est faussée.
 
 
Depuis toujours, j'ai l'habitude de penser contre les autres. Lycéen, puis étudiant, je polémiquais avec mes professeurs et mes camarades. J'essayais de critiquer, je refusais "les grandes pensées" que l'on voulait me fourrer dans la tête ou l'estomac, il y a à cela, sans doute, des raisons psychologiques dont je suis conscient. De toute manière, je suis heureux d'être comme je suis. Ainsi donc, je suis vraiment un solitaire parce que je n'accepte pas d'avoir les idées des autres.
 
 
Mais qui sont "les autres" ? Suis-je seul ? Est-ce qu'il y a des solitaires ?
 
En fait, les autres ce sont les gens de votre milieu. Ce milieu peut même constituer une minorité qui est, pour vous, tout le monde. Si vous vivez dans cette "minorité, cette "minorité" exerce, sur celui qui ne pense pas comme elle, un dramatique terrorisme intellectuel et sentimental, une oppression à peu près insoutenable. Il m'est arrivé, quelque fois, par fatigue, par angoisse, de désirer et d'essayer de "penser" comme les autres. Finalement, mon tempérament m'a empêché de céder à ce genre de tentation. J'aurais été brisé, finalement, si je ne m'étais pas aperçu que, en réalité, je n'étais pas seul. Il me suffisait de changer de milieu, voire de pays, pour y trouver des frères, des solitaires qui sentaient et réagissaient comme moi. Souvent, rompant avec le "tout le monde" de mon milieu restreint, j'ai rencontré de très nombreux "solitaires " appartenant à ce qu'on appelle à juste raison, la majorité silencieuse. Il est très difficile de savoir où se trouve la minorité, où se trouve la majorité, difficile également de savoir si on est en avant ou en arrière. Combien de personnes, de classes sociales les plus différentes, ne se sont-elles reconnues en moi ?
 
 
Nous ne sommes donc pas seuls. Je dis cela pour encourager les solitaires, c'est-à-dire ceux qui se sentent égarés dans leur milieu. Mais alors, si les solitaires sont nombreux, s'il y  a peut-être même une majorité de solitaires, cette majorité a-t-elle toujours raison ? Cette pensée me donne le vertige. Je reste tout de même convaincu que l'on a raison de s'opposer à son milieu.
( Eugène Ionesco - Antidotes 1977)
 

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26/06/2013

Les scripteurs de temps (Alain Delplanque)

Les scripteurs de temps.jpgDans un austère château d'un monde lointain et moyenâgeux, le roi Therendell s'inquiète d'étranges perturbations dans le déroulement du temps. Guenardell, le plus jeune chevalier de sa cour, est désigné comme seigneur faiseur. A ce colosse inexpérimenté revient la lourde tâche de remettre en ordre les rouages d'un temps pris de folie... Au même moment, à notre époque, à Bergen, Geoffrey, un reporter et son ami Gregory participent à un congrès scientifique perturbé par une terrible explosion. Bien vite, les deux amis vont se retrouver perdus dans une dimension inconnue. Ils ne seront pas seuls car Cynthia, une intrigante de leur temps et Lyz, une belle jeune femme venue d'un monde plus évolué que le nôtre, les accompagneront dans une aventure étrange où ils affronteront les forces du mal et profiteront de l'aide de Lliwanae, l'elfe et des pouvoirs de Danaësle, la Protectrice...

« Les scripteurs du temps » est un pur roman de fantaisie proche de l'esprit Tolkien, la grande référence, et néanmoins original. Le lecteur s'y retrouve entraîné dans des aventures assez époustouflantes se déroulant dans des dimensions et des mondes plus fantastiques les uns que les autres. L'imagination de l'auteur est remarquable même si l'on peut la soupçonner d'être souvent un peu psychanalytique. Que de parcours labyrinthiques dans des souterrains inquiétants, que de monstres baveux et puants, que de recherches et que de chutes où l'on atterrit sans se faire le moindre mal ! On l'aura compris, l'intrigue est marquée par le rêve, l'onirisme et même par une certaine poésie toujours agréable pour les amateurs du genre. Ce livre se dévore, jamais on ne s'y ennuie tant on est pris par cette histoire échevelée racontée avec rythme et brio. Seuls petits défauts : de ci de là, quelques coquilles, répétitions, lourdeurs et autres pléonasmes (« unies ensemble », par exemple) qui auraient pu disparaître grâce à une bonne révision. Mais c'est vraiment peu de chose par rapport au plaisir de lecture que ce livre apporte.

4/5

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23/06/2013

Le chant des veilleurs

Espérance

Le front penché sur la terre

J’allais seul et soucieux,

Quand résonna la voix claire

D’un petit oiseau joyeux.

Il disait : « Reprends courage,

L’espérance est un trésor

Même le plus noir nuage

A toujours sa frange d’or. » (bis)

Lorsque le soir se fait sombre

J’entends le petit oiseau

Gazouiller là-haut, dans l’ombre,

Sur la branche au bord de l’eau.

Il me dit : « Reprends courage,

L’espérance est un trésor,

Même le plus noir nuage

A toujours sa frange d’or. » (bis)

Mais il partit vers le Père

Et jamais ne le revis.

Je me penchai sur la terre

Et la contemplai, ravi.

Car il n’est que l’espérance

Pour animer notre cœur

Qui de nos plus noires souffrances

Sait toujours être vainqueur. (bis)

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21/06/2013

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 3/1ère partie)

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19/06/2013

Je suis un Maasaï (Xavier Péron)

Je suis un maasaï.jpgTout jeune, Xavier Péron fait un rêve récurrent : un homme noir drapé de rouge lui sauve la vie et l'entraine dans un monde inconnu. Et en 1982, un peu par hasard, il arrive, juché sur une simple mobylette, dans le village d'Entepesi en plein territoire maasaï. Il s'y sent d'autant mieux que toute la tribu l'adopte sans arrière pensée. Il y fera un premier long séjour, suivra les initiations des hommes de sa classe d'âge et fera la rencontre de la belle Selenoï. De retour à Paris où son travail de chercheur en anthropologie finira par être reconnu, il n'aura de cesse de revenir au Kenya puis en Tanzanie, en territoire Samburu, et de se comporter en ardent défenseur de la cause de ces peuples « premiers » dont l'existence est menacée par les sombres menées du monde moderne.

Un très beau témoignage en forme de plaidoyer pour une vie plus proche de la nature, plus humaine, moins mercantile et moins coupée des réalités de la bio-diversité. Le plus grand mérite de ce livre est de nous faire comprendre que l'enfer étant pavé de bonnes intentions, les grandes instances internationales, les gouvernements et même les ONG ne rendent pas service à ces peuples nomades et pastoraux en créant de plus en plus de réserves naturelles, en transformant leurs grands espaces en véritables peaux de chagrin de moins en moins compatibles avec leur mode de vie. Il démontre avec brio que seuls les Maasaï, s'ils peuvent continuer à vivre selon leurs traditions ancestrales, sont les seuls véritables protecteurs de la nature. Grâce à eux, la faune et la flore peuvent prospérer et s'épanouir ce qui n'est pas le cas s'ils sont remplacés par des paysans sédentaires ou des touristes en mal de safaris. Malheureusement, le lecteur achève ce livre avec la mélancolique impression que Xavier Péron et son ami Kenny, tels Don Quichotte et Sancho Pança, luttent contre des moulins à vent et qu'ils ont peu de chance de réussir dans leur croisade pour une prise de conscience de leurs contemporains, tant l'argent, le mondialisme et les intérêts économiques sont tout-puissants. Un livre important surtout par son côté spirituel, écologique et humain.

4,5/5

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17/06/2013

Poussière de diamant (Anita Desaï)

Poussière de diamant.jpgUn couple de paisibles retraités hindous s'apprête à quitter la touffeur estivale de la Nouvelle Delhi pour gagner la fraîcheur de leur résidence secondaire à la montagne quand un ami d'autrefois débarque à l'improviste... Deux soeurs rendent visite au fils de l'une qui a été élevé par l'autre. Il a suivi de bonnes études à l'étranger et s'est installé au Canada. Les vieilles dames découvrent, émerveillées, les étrangetés du monde occidental avant d'avoir de plus en plus envie de rentrer au pays... Monsieur Das, fonctionnaire irréprochable, éprouve une véritable passion pour Diamant son petit chien qui n'est en réalité qu'un vulgaire corniaud qui n'a de cesse de pourrir la vie de Mme Das et de tous les habitants du quartier... Bob McTaggart est le gérant d'un hôtel désespérément vide alors qu'il est bien placé au bord de la mer et que la saison bat son plein. Il faut dire que perturbé par l'état de santé de sa femme, il ne fait rien pour pour donner aux touristes envie de séjourner chez lui...

« Poussière de diamant » est un recueil composé de neuf nouvelles de style à la fois intimiste et impressionniste qui bénéficie d'un style agréable tout en souffrant d'intrigues insipides, sans rythme, ni rebondissement, ni originalité. Il ne se passe pas grand chose de remarquable dans ces petites histoires de la vie quotidienne. Certaines sont même franchement ennuyeuses. Une seule sort du lot et mérite d'être remarquée particulièrement. Il s'agit de « L'homme qui s'est noyé deux fois ». Anita Desaï s'est risquée là dans un registre un peu plus fantastique, un peu plus angoissant mais sans développer ouvertement ce thème. Elle pose la problématique suivante : que faire de sa vie quand tout le monde vous croit mort y compris vous-même ? Le lecteur se retrouve pas loin de l'inspiration d'Edgar Poe, Lovecraft voire des romantiques du XIXème. Une petite pépite qui reste malheureusement un peu esseulée.

3/5

09:01 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/06/2013

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 1/3ème partie)

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10/06/2013

Rose (Martin Cruz Smith)

Rose.jpgAu début de l'autre siècle, le chercheur d'or Jonathan Blair, de retour d'Afrique, se retrouve dans la sinistre petite ville minière de Wigan au fin fond du Lancashire. Employé de la riche famille Hannay qui possède la totalité des infrastructures minières, il se voit confier une mission un peu étrange par son patron, Lord Hannay, également évêque du lieu : retrouver la trace du révérend Maypole mystérieusement disparu depuis des semaines. L'enquête se révèlera d'autant plus difficile que cette disparition a coïncidé avec une explosion de gaz dans les galeries, laquelle a entraîné la mort de plus de soixante dix mineurs. Intrus mal accepté dans ce monde patriarcal clos, Blair sera rejeté par les mineurs et traité en paria par la famille des propriétaires à commencer par Charlotte, la fiancée du disparu. Une seule exception, Rose Molyneux, une belle et étrange rouquine qui travaille sur le carreau de la mine...

Ce livre, d'une lecture un tantinet laborieuse, n'est pas vraiment un roman policier, ni un roman social, ni même un roman historique, mais un peu de tout cela. L'intrigue ne brille pas par les rebondissements excepté à la fin qui tient de la pirouette et flirte avec les limites du vraisemblable. Que de pages passées à chercher en vain ce malheureux révérend qu'on ne trouve jamais ! Que de descriptions de paysages sans grand intérêt et de digressions inutiles ! Pour ne rien arranger, les personnages sont souvent à la limite de la caricature. L'aventurier digne d'un héros de BD, juste bon à se faire casser la figure à tous les coins de rue, l'évêque et sa famille de nantis paternalistes et puants de prétention, Charlotte, la pimbêche et surtout Rose, la jeune femme émancipée avant l'heure, aux attitudes troubles et troublantes qui ne s'expliqueront que lors du dénouement. Seul réel intérêt : la description des conditions de vie et de travail des mineurs anglais de cette époque. Au total, un ensemble décevant voire ennuyeux. Cruz Smith nous avait habitué à mieux. (Parc Gorki)

3/5

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03/06/2013

Le shérif de Bombay (H.R.F.Keating)

Le shérif de Bombay.jpgA Bombay, l'inspecteur Ghote se voit confier une mission un peu particulière par le préfet de police adjoint : escorter Douglas Kerr, un acteur anglais connu pour ses films d'aventures exotiques sous le nom du « Rodomont », dans une tournée des « Cages », les fameux bordels des quartiers chauds de la ville. Après la décevante découverte d'un personnage pleutre, ventripotent et fort éloigné du héros de cinéma qui avait enchanté sa jeunesse, Ghote doit encore subir la vision d'une jeune prostituée assassinée presque sous ses yeux par une célébrité qui n'est autre que le très respectable shérif de Bombay, ex-raja, ex-capitaine de l'équipe nationale de crocket. Autant dire un intouchable qu'il ne saurait être question d'incriminer alors que tout semble l'accuser...

Malgré un cadre exotique et une situation de départ qui semble pliée, « Le shérif de Bombay » reste un roman policier de facture classique, c'est à dire avec énigme, fausse piste, longue enquête et chute surprenante. L'ennui c'est que l'auteur reste très (voire beaucoup trop) longtemps sur la piste du shérif pour ne la quitter que dans les toutes dernières pages, ce qui donne une impression de lourdeur voire de lenteur dans le déroulement de l'intrigue. Au total une lecture de simple divertissement, pas loin du polar de gare, mais heureusement agrémentée par une plongée dans le monde de la prostitution indienne qui, au bout du compte, n'est pas si différent du nôtre. Pas vraiment un chef d'oeuvre...

3/5

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30/05/2013

OPERATION BAUCENT (Chapitre 2)

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22/05/2013

Portrait du père Lagrange (Jean Guitton)

portrait du père Lagrange.jpgLe Père Marie-Joseph Lagrange (né le 7 mars 1855 à Bourg-en-Bresse – mort le 10 mars 1938 à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume), est un dominicain exégète et théologien, fondateur de l'École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem et de la Revue biblique. En février 1889, le prieur provincial de Toulouse décide de l'envoyer au couvent de Saint-Étienne à Jérusalem pour la fondation d'une école d'Écriture sainte.

L'inauguration de l'École pratique d’études bibliques a lieu le 15 novembre 1890. Le Père Lagrange crée ensuite la Revue biblique en 1892, initie le congrès de Fribourg en 1897, lance en 1900 la collection des Études bibliques, et les conférences de Toulouse en 1902.

Le Père Lagrange applique la méthode historico-critique à l'étude de la Bible. Plusieurs ordres et instances religieuses s'en émeuvent. Soupçonné de modernisme et de rationalisme, il reçoit des interdictions de publication et des blâmes, en 1907 et 1911. Il demeure humblement soumis. Sa méthode est condamnée par l'encyclique « Spiritus Paraclitus » du pape Benoît XV en 1920.

En 1914, la Palestine étant sous domination ottomane, il est expulsé par les Turcs. Il continue à Paris ses recherches et ses publications. Les cours reprennent à l'École après la guerre, avec le renfort des professeurs que le Père Lagrange a formés. L'Académie des inscriptions et belles-lettres projetant de créer une école archéologique à Jérusalem, constate que l'École biblique a les compétences pour tenir ce nouveau rôle. L'École devient École archéologique française en 1920 et prend le nom d'École biblique et archéologique française.

Ce livre qui retrace la vie de cet intellectuel religieux de manière furtive et esquissée ne se veut en aucun cas une véritable biographie, mais plutôt un portrait avec ce que cela suppose d'anecdotes disparates (Guitton a bien connu le père Lagrange), de digressions et de considérations philosophiques diverses et variées. Lagrange s'est trouvé au coeur du problème de l'historicité du Christ, humanité ou de sa divinité, de la réalité factuelle des « miracles » et, en un mot, de la dichotomie grandissante entre la religion et la science. En se consacrant à l'archéologie et à l'exégèse, à la fois humble, rigoureuse et pointilleuse de chacune des propositions de l'Evangile et de la Bible, Lagrange a ouvert la voie à un renouveau des études bibliques et a contribué à réconcilier la science et la foi. Ouvrage facile et rapide à lire qui fut une commande de Jean-Paul II en vue de la canonisation du savant, ce livre reste intéressant, mais pour un public particulier.

3/5

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20/05/2013

Ciel orange (Andreï Rubanov)

Ciel orange.jpgA Moscou, à la fin des années 90, Matveï Matveev, semble être un petit patron au sommet de la réussite. Importateur de vins français, il a une femme élégante, une belle voiture, un luxueux appartement et des bureaux cossus. En réalité, à force de graisser la patte aux douaniers, aux politiciens véreux et à quelques malfrats, il ne s'est pas vraiment enrichi et il a même emprunté de l'argent dont il peine à rembourser les intérêts. Un jour, il disparaît brusquement de la circulation. Marina, sa femme, fait appel à Plombov, un flic, ancien de la guerre de Tchétchénie, qui travaille également pour son compte, histoire d'arrondir ses fins de mois. Elle lui demande de mener l'enquête...

« Ciel orange » est plus une plongée mélancolique dans l'univers faisandé de l'ère post-communiste qu'un roman policier ou qu'un thriller à proprement parler. Aucun suspens, aucune hécatombe, aucun rythme haletant, mais plutôt de longues descriptions de petits faits (Rubanov réussit l'exploit littéraire de décrire la trajectoire d'une balle de révolver pénétrant dans le front d'un homme, traversant le cerveau et ressortant par la nuque, dégâts et conséquences physiologiques compris, en rien moins de cinq très longues pages !), voire d'interminables digressions et autres flashbacks remontant à l'enfance de quasiment tous les personnages. L'ensemble qui n'est pas inintéressant si l'on s'en tient au contexte, peut très vite devenir lassant du fait de la faiblesse de l'intrigue qui tient au dos d'un timbre-poste et du style faussement vivant avec une profusion de dialogues. Plus livre d'ambiance (glauque et désabusée bien évidemment) qu'ouvrage de divertissement et d'action (on est à mille lieues des Coben, Thilliez et autres Chattam), « Ciel orange » rappelle vaguement les oeuvres de Georges Simenon ou de Tom Wolfe, mais plusieurs crans en dessous. Un gros pavé de 474 pages en petits caractères qui, par moment, tombe un peu des mains...

2,5/5

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18/05/2013

Un violon sur la mer (Gilbert Bordes)

Un violon sur la mer.jpgEn septembre 1869, Eric Beaurelec, capitaine respecté du « Beau René » fait naufrage avec tout son équipage suite à une tempête au large de Terre-Neuve. Il laisse une veuve et deux jeunes enfants qui, à l'âge adulte, choisiront des métiers n'ayant aucun rapport avec la mer. En 1908, Yann, petit-fils d'Eric et fils d'un médecin de Paimpol, tombe amoureux de Francesca, la fille d'un émigré italien accusé d'un crime qu'il n'a pas commis. Après s'être donnée à lui, la belle s'enfuit avec sa famille et disparaît sans laisser d'adresse. Yann est désespéré. Lui qui se destinait à une carrière militaire erre sur les quais de Paimpol et force la main du brave capitaine Caupiac qui, en souvenir de son grand-père, lui permet d'embarquer sur le « Reine-Marie » et de faire ses premières armes dans le « Grand métier ». Avec pour tout bagage le violon que lui a laissé en souvenir Francesca, il va découvrir le dur et ingrat labeur des terre-neuvas, ces forçats de la mer qui partent pour de longs mois de campagne de pêche sur des trois-mâts, très loin dans l'Atlantique nord sur des flots dangereux à la recherche des bancs de morues.

Bien qu'ancré sur la vie quotidienne des marins-pêcheurs du début de l'autre siècle, ce livre, remarquablement documenté, et, de ce point de vue passionnant, l'est beaucoup moins quand l'intrigue dérive dans le sentimental et les amours tragiques, contrariées voire un peu ridicules des deux personnages principaux, par ailleurs bien campés et fort attachants. Gilbert Bordes, auteur prolifique spécialisé dans le roman de terroir et également dans le roman purement historique (« La peste noire »), a voulu cette fois se lancer sur les traces de Pierre Loti (« Pêcheur d'Islande ») et de Victor Hugo (« Les travailleurs de la mer »). Il ne semble pas que le résultat soit à la hauteur de ces grands ancêtres. Néanmoins cet ouvrage permettra au lecteur de découvrir ou de redécouvrir un métier oublié et totalement disparu et d'avoir une pensée émue pour le courage de ces gens qui prenaient autant de risques juste pour nourrir leurs compatriotes. Un honnête ouvrage, intéressant par son volet historique et sociologique, mais pas le meilleur de Bordes.

3,5/5

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16/05/2013

Mille milliards de pas (Michel Gardère)

Mille milliards de pas.jpgEn 1828, suite à une humiliante défaite, le shah de Perse Fath Ali se retrouve condamné à verser un lourd tribut au Tsar de toutes les Russies. Il ne trouve rien de mieux que d'exiger des plus pauvres de son peuple de très lourds impôts tellement impossibles à payer que les habitants du petit village chrétien arménien de Khosrew-Abad doivent faire un énorme emprunt auprès d'usuriers musulmans. Après quelques années passées à ne rembourser que les intérêts, ils réalisent qu'ils vous finir par perdre leurs terres, être vendus comme esclaves et que leurs femmes risquent de se retrouver enfermées dans les bordels de Téhéran ou d'Istanbul. Leur seul et unique espoir : demander de l'aide à la France dont ils connaissent la générosité, ayant rencontré quelques années auparavant un émissaire de Napoléon Bonaparte. Trois hommes se déclarent volontaires pour rallier Paris à pied...

Ce roman, qui n'en est pas vraiment un puisque c'est la reprise du récit d'un authentique exploit réalisé par trois arméniens, Chahèn le vieux sage, Bartev le colosse sculpteur sur bois et Gaïdzad le filou, fourmille de péripéties et de rebondissements. Rien ne sera épargné au trio ni les attaques de bêtes sauvages, ni les agressions, ni les vols, ni les emprisonnements, ni les détours à n'en plus finir. Au total, presque un an d'une marche épuisante à travers l'Arménie, la Georgie, la Russie, la Pologne, l'Allemagne et la France via l'Angleterre. Des milliers de kilomètres à pied sous le soleil, dans le froid, le vent, la pluie, la neige ou la poussière. Une odyssée qui laisse le lecteur admiratif et un peu attristé devant l'attitude des églises, aussi cyniques que l'orthodoxe qui promène nos trois héros de patriarches en métropolites, les obligeant à se rallonger de centaines de kilomètres supplémentaires ou aussi cupide que la catholique qui organise une gigantesque tombola et fait disparaître les fonds recueillis par les généreux fidèles. L'écriture de Gardel, journaliste, est rythmée, agréable et facile à lire. Le récit est émaillé de considérations historiques et géographiques intéressantes et heureusement pas trop nombreuses. Les trois personnages principaux sont attachants par leur courage et leur candeur. Un magnifique récit de voyage qui démontre une fois de plus que la réalité dépasse toujours la fiction !

4,5/5

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14/05/2013

Le temple de Jérusalem (Steve Berry)

Le temple de Jérusalem.jpgEn Floride, Tom Sagan, ancien grand journaliste d'investigation et prix Pulitzer, est prêt à se donner la mort, désespéré qu'il est d'avoir vu sa carrière brisée suite à un reportage bidonné sans qu'il s'en aperçoive et de découvrir sa vie sentimentale détruite par le départ de son épouse. Au moment où il va appuyer sur la détente, un inconnu fait irruption chez lui, l'arme au poing. Il lui montre une video de sa fille Alle retenue prisonnière quelque part et qui mourra s'il n'obéit pas à une étrange injonction : demander l'ouverture de la tombe de son père Averam... Et voilà Tom embarqué dans une étrange affaire de course au trésor des plus rocambolesques. Des reliques sacrées (une ménorah, une table de sacrifice et deux trompettes) prises lors de la destruction du second temple de Jérusalem auraient été cachées par Christophe Colomb dans une grotte de la Jamaïque.

Un roman d'aventures dans un registre thriller à dominante historique selon la recette bien connue des best-sellers type Dan Brown ou Khoury à ceci près que, si Berry se permet quelques privautés avec la réalité historique, il annonce très honnêtement la couleur dans un ultime chapitre qui présente le bilan du vrai et du faux, qui démêle l'historique de l'inventé, ce que cet auteur est le seul à pratiquer. L'hypothèse selon laquelle Christophe Colomb aurait été un converti juif (un converso ou un marrane) repose sur plusieurs faits troublants : l'expédition a été financée par de riches commerçants juifs. Il n'y avait pas de prêtre à bord mais un traducteur d'hébreu. Colomb protégea les juifs tout le temps où il gouverna la Jamaïque. Comme les historiens ne disposent que de fort peu de documents sur les origines du grand navigateur, l'intrigue romanesque de Berry, même si elle relève du révisionnisme historique le plus échevelé, reste plausible. Comme toujours, cette histoire divertissante est intéressante et même souvent passionnante (on apprend beaucoup de choses en particulier sur les Marrons, ces Noirs qui se rebellèrent contre les Anglais et trouvèrent refuge dans les montagnes et les forêts), agréable à lire, bien qu'un peu longuette (552 pages). N'en déplaise au Washington Post, ce n'est quand même pas « le meilleur Berry ».

4/5

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12/05/2013

Par le sang d'un Prince (Paul Lombard)

par le sang d'un prince.jpgEn 1804, Bonaparte, alors Premier Consul, envoie de l'autre côté du Rhin plusieurs commandos de gendarmes d'élite (au total plus de mille hommes) pour s'emparer de la personne du Duc d'Enghien, dernier descendant de l'illustre famille des Condés. Sur les conseils de Talleyrand, Napoléon piétine toutes les conventions internationales, viole l'intégrité du territoire de l'électeur de Bade et tous les traités de paix pour kidnapper un présumé comploteur, lui faire subir une parodie de justice (il ne disposera d'aucun avocat) et le faire aussitôt fusiller dans les douves du château de Vincennes. Cette exécution de sang-froid mettra fin à toutes les tentatives de restauration monarchique, placera le Premier Consul sur un pied d'égalité avec les jacobins les plus enragés, assoira définitivement son pouvoir et lui permettra même de le transformer en empire légitime autant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Cet assassinat politique fut donc tout bénéfice pour Napoléon.

« Par le sang d'un prince » est un excellent livre d'histoire plus passionnant qu'un roman historique. Le célèbre avocat Paul Lombard y produit un formidable travail d'historien basé sur une documentation sérieuse, des citations innombrables et un croisement de sources éclairant non seulement un fait historique qui put être controversé mais également une période particulièrement troublée. Le lecteur découvrira la personnalité rétrograde, pleine de bravoure et de panache du jeune duc, toujours en première ligne pour combattre « la Gueuse » sans ignorer son côté léger, irréfléchi et hédoniste. Au moment de sa capture, il ne s'occupe plus guère que de chasse et d'amour après avoir guerroyé pendant une quinzaine d'années sous divers étendards et dans l'armée du Grand Condé. Et, comme toujours, la réalité dépasse la fiction. C'est particulièrement vrai dans cette histoire qui se produit juste après l'attentat à la machine infernale rue Saint Nicaise (qui permettra d'ailleurs à Bonaparte de se débarrasser à la fois des jacobins et des royalistes), des complots de Moreau, Pichegru, Dumouriez et des ultimes tentatives d'assassinat de Georges Cadoudal. L'accusation impliquera le petit duc qui n'avait pourtant aucune connexion avec eux et le seul tort de se trouver trop près des frontières, de recevoir de l'argent anglais et d'être allé s'amuser au carnaval de Strasbourg. Un livre passionnant bien que d'une lecture un peu laborieuse, le style de Lombard manquant un peu de rythme et de vie comme tout traité historique sérieux qui se respecte.

4/5

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10/05/2013

Adagio pour une ombre (Marion Zimmer-Bradley)

adagio pour une ombre.jpgA San Francisco, Leslie Barnes, une jeune psychologue, est également voyante et médium. Elle a collaboré avec la police et permis d'arrêter des criminels, mais ne souhaite plus qu'on la sollicite car elle est perturbée par les manifestations plus ou moins agaçantes d'un poltergeist. Avec sa soeur cadette Emily, pianiste surdouée, elle achète une vieille maison de l'autre côté de la baie. L'ennui c'est que cette demeure un peu vieillotte a appartenu à Alison Margrave, une vieille dame retrouvée décédée près de son piano dans des circonstances étranges. Leslie découvre qu'Alison pratiquait la magie et que la maison semble fort peu accueillante. De nombreux phénomènes inquiétants s'y produisent : apparition furtive d'un chat blanc, bruits bizarres, odeurs étranges, portes et fenêtres qui s'ouvrent toutes seules, etc...

Un roman plus basé sur l'étrange et le paranormal que sur le fantastique ou l'horreur. Mme Zimmer-Bradley prend tout son temps pour instiller la peur, l'anxiété et la crainte que le destin des deux héroïnes ne basculent dans le drame. L'ennui c'est que l'ensemble manque un peu de rythme et d'originalité. Les ficelles semblent un peu grosses et même carrément usées. Le dénouement ne surprend absolument pas si ce n'est par certains points totalement invraisemblables de l'intrigue. Cette forme de fantastique du quotidien reste assez difficile à mettre en oeuvre. Tant de bien meilleurs textes ont déjà été écrits... N'est pas Edgar Poe ou Jay Anson qui veut. L'auteure, par ailleurs fabricante de best-sellers dans le registre fantaisie médiévale avec la série fameuse des « Dames du lac », aurait sans doute mieux fait de ne pas se fourvoyer dans un genre où manifestement, elle réussit moins bien.

3/5

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08/05/2013

Dark room - Mémoires en noirs et blancs (Lila Quintero Weaver)

Dark room.jpgEn 1965, Lila a cinq ans, son père est un pasteur argentin d'origine métisse et sa mère est une américaine d'origine européenne, professeur de dessin. Depuis quelques années, le couple n'a cessé de faire des aller et retours entre Buenos Aires et les Etats-Unis. Lila a un peu de difficulté à s'acclimater à sa nouvelle vie dans le sud des Etats-Unis, en pleine « Black Belt ». Pour ses camarades blancs de la petite ville de Marion (Alabama), elle reste inclassable : elle n'est pas vraiment blanche mais pas noire non plus. La ségrégation raciale vit ses derniers jours. Les Afro-américains commencent à revendiquer de plus en plus pour obtenir leurs droits civiques et vont finir par les obtenir. Lila découvre des préjugés qui sont à mille lieues de ce qu'elle vit dans sa famille...

Un très gros (255 pages) et très bel album de bandes dessinées entièrement exécuté au crayon noir sur un registre à la fois historique et intime. On suit avec tendresse et affection le parcours de cette petite immigrante qui découvre avec effarement la réalité de ce « home of the free », cette terre de la liberté, cette patrie recevant tous les peuples de la terre qui se comporte si différemment selon la couleur de la peau des gens. Avec le recul, il est intéressant de remarquer qu'en l'espace d'à peine une décennie, les mentalités évoluèrent rapidement, passant de l'apartheid le plus strict à l'égalité la plus totale (plus en apparence, sans doute, que dans la réalité des faits) grâce à l'action des marches pour l'égalité, des grèves, des mobilisations de masse, des médias, de grands hommes comme Martin Luther King ou de simples artistes comme Joan Baez, Bob Dylan et tant d'autres. Un combat culturel qui porta de beaux fruits. Mais tout reste relatif. Les dernières pages sont là pour le prouver. A son retour en Argentine, trente ans plus tard, Lila découvre un tout autre pays. Homogène ethniquement, il était devenu multiracial et les tensions entre les communautés inconnues jusque alors apparaissaient. Doit-on en conclure que le racisme, tout comme la sottise, serait éternel et universel ? Un ouvrage d'une grande qualité plastique et esthétique à conseiller aux jeunes qui n'ont pas connu cette époque troublée et aux autres... pour s'en rappeler.

4,5/5

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06/05/2013

Il ne fait jamais noir en ville (Marie-Sabine Roger)

Il ne fait jamais noir en ville.jpgUne jeune femme recueille un petit chat abandonné. Elle est si heureuse d'avoir cette compagnie que, d'employée modèle, serviable, obéissante et ne comptant pas ses heures de travail, elle se transforme en rebelle, revendicatrice et n'accepte plus qu'on lui marche sur les pieds ou qu'on abuse de sa bonne volonté... Quelques personnes marginales vivant dans un gourbi misérable décident de réaliser le voeux le plus cher de l'une d'entre elles, une vieille dame un peu dérangée qui veut absolument rencontrer le Père Noël avant de mourir... Deux jeunes mariés se retrouvent, comme tous les amoureux, seuls au monde, même le jour de leur mariage... Une jeune femme a de plus en plus peur de son vieux voisin pourtant fort serviable, mais légèrement bizarre... Une vieille paysanne quitte la maison où elle a passé toute sa vie, ses rares amis et son village de plus en plus désert, pour s'installer dans un appartement moderne en pleine ville...

« Il ne fait jamais noir en ville » est un recueil de dix petites nouvelles rédigées d'une écriture légère et quasi minimaliste et, comme souvent, de qualité assez inégale. Pour ma part, j'ai surtout retenu deux petites pépites (« La loi de Murphy » et « Ce soir, c'est fête ») qui méritent vraiment le détour. Le reste va du faible au moyen en passant par l'improbable (« Il ne fait jamais noir en ville ») et relève plus du croquis, de l'esquisse voire de la scène de vie quotidienne. L'auteure va jusqu'à s'éloigner de la structure classique de la nouvelle sans grand bénéfice pour l'intérêt des intrigues. L'ensemble manque un peu d'imagination et d'originalité avec une exception pour « Ce bon Monsieur Mesnard » qui aborde aux limites du fantastique en n'osant malheureusement pas y accéder vraiment, ce qui laisse le lecteur sur sa faim bien sûr. Ce petit recueil reste néanmoins intéressant pour le style, le regard un peu décalé de son auteure et pour l'ambiance toujours un peu diffuse ou étrange

3/5

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04/05/2013

L'homme de Porquerolles (William Luret)

L'homme de Porquerolles.jpgFrançois Joseph Fournier naît le 6 décembre 1857 à Clabecq en Belgique dans une famille modeste. Son père, batelier, transporte le charbon de la vallée de la Sambre. Sa mère est serveuse dans un estaminet. Il entre aux chemins de fer belges comme manœuvre. À 15 ans il est aide-chauffeur conduisant les locomotives dans la gare de triage. A l'âge de 20 ans, il part pour Paris où il exerce plusieurs métiers : livreur aux Halles, ouvrier dans une entreprise de mécanique, garçon de laboratoire au Museum d'Histoire Naturelle. En 1883, il part au Canada sur le chantier du Canadian Pacific Railway puis il se rend à Panama pour travailler au creusement du canal. Il participe à la ruée vers l'or comme ouvrier. Il est envoyé par sa compagnie au Mexique dans la région du Chiapas pour prospecter les bois précieux, le pétrole et l'or. Rapidement il se met à prospecter à son compte et fonde sa propre société : "Las dos estrellas" (Les deux étoiles). Le 30 mars 1901 il découvre une importante veine de quartz aurifère dans les montagnes de Tlalpujahua ce qui lui permet de faire fortune. Il ne se contente pas de l'exploitation minière et veut réaliser une entreprise agricole modèle dans la région du Tabasco : la Colonizadora. Quittant un Mexique en crise, il rentre en Europe sans attache. Le 22 février 1912, lors d'une vente par adjudication, il achète l'île de Porquerolles qu'il met en valeur sur le modèle qu'il avait utilisé à la Colonizadora : développement des cultures viticole et fruitière, création d'une coopérative, mise en place d'une flottille de bateaux assurant la liaison avec la Tour Fondue sur la presqu'île de Giens.

Quel destin extraordinaire que celui de ce petit Belge devenu « l'homme aux 400 millions de francs-or » qui vécut au moins dix vies avant de se retirer sur son île pour en faire une sorte de havre de paix, une enclave de sérénité dans laquelle toute une petite communauté pouvait vivre dans l'aisance et la sérénité du simple fruit de son travail. Utopiste et aventurier, Fournier saura ne point dévier de son cap et ne sacrifiera jamais son idéal de rêve et de paix. Homme secret, il a laissé pas mal de lacunes dans son parcours. Que revenait-il faire en Belgique alors qu'il n'y avait plus vraiment de famille ? Luret reconnaît avoir rempli de manière romanesque toutes les zones d'ombre que sa recherche bibliographique avait laissées. Que pouvait-il faire d'autre ? Ce qui n'est pas estampillé authentique reste totalement vraisemblable. Seul reproche, un style quelconque, souvent lourd et parfois trop descriptif et un déséquilibre entre les longues années d'aventures dans le monde largement détaillées et la période de mise en valeur de Porquerolles qui semble elle, à peine survolée. Intéressant quand même ne serait-ce que pour le récit de cette vie hors du commun.

3,5/5

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02/05/2013

Le monde en 2030 vu par la CIA

Le monde en 2030.jpgQuel va être l'avenir du monde ? Quelles grandes tendances peut-on déjà entrevoir aujourd'hui ? Les analystes de la CIA prévoient un accroissement de la population mondiale d'environ un milliard d'êtres humains. Les flux migratoires vont s'accélérer et entrainer un enrichissement important des pays d'origine, la population va devenir de plus en plus urbaine, de nouvelles mégalopoles vont surgir avec l'arrivée d'une beaucoup plus importante classe moyenne dans les pays émergents. Le développement de nouvelles technologies de l'information, une meilleure éducation et une amélioration des accès à la santé devraient permettre une plus grande émancipation des individus. La Chine atteindra le rang de première puissance économique du monde. L'Europe risque l'implosion. La Russie, de par son isolement et par la baisse de sa démographie, sera sur le déclin. Les Etats-Unis devraient s'en sortir nettement mieux grâce aux apports de l'immigration et à l'exploitation des gaz et pétroles de schistes lui permettant d'obtenir une véritable indépendance énergétique. Ce qui, avec l'hégémonie militaire qui ne devrait pas lui être contestée, représente trois atouts essentiels en une période où la demande en eau, en nourriture et en énergie devraient s'accroître de 35 à 40%.

Ce rapport censé, si l'on se réfère à la couverture, être « dévoré par tout le monde, pas seulement pas les Américains » qui regorge d'analyses, de schémas et autres statistiques certainement basés sur des travaux de chercheurs très sérieux laisse néanmoins une assez étrange impression de manque d'ouverture d'esprit. Même si la prévision géopolitique à relativement longue échéance est un art fort difficile et toujours sujet à caution, elle ne devrait jamais consister à se contenter de prolonger les courbes sans vraiment envisager de ruptures, d'incidents ou d'aléas divers et variés. Et là, le manque d'imagination est flagrant. Même dans le dernier chapitre, le plus intéressant, celui qui propose les quatre scénarios les plus probables, on reste dans le convenu et le train-train habituel très légèrement revisité. Bien des possibles ne sont même pas envisagés. Et le pire, cette vision reste totalement américano centrée. Jamais l'hégémonie américaine n'est remise en question. Pour la CIA, la mondialisation, entendons l'américanisation, ne peut que croître et embellir quels que soient les cas de figure. Aucun autre futur n'est crédible. Dormez sur vos deux oreilles, braves gens. Tout ira toujours pour le mieux dans le meilleur des mondes. Un peu agaçant surtout quand on se rappelle certaine déconfiture « d'empire qui devait durer mille ans » ou « d'internationale qui serait le genre humain ! »

2,5/5

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30/04/2013

OPERATION BAUCENT (Chapitre 1)

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28/04/2013

La légende du rouge-gorge (Marie-Christine Vincent-Jeandenand)

la légende du rouge-gorge.jpgDans le grand nord canadien, un jeune inuit nommé Nutaq a atteint l'âge où il doit tuer un ours blanc pour pouvoir devenir un homme. Accompagné de son père, Maatsiaq et de huit chiens de traineau, il se met en route pour une longue expédition. Assez rapidement, il découvre des traces du grand animal, mais comme il semble hors de portée, le père et le fils décident de monter la tente pour passer la nuit. Il va falloir surveiller le feu sans s'endormir, ce qui ne va pas être facile pour Nutaq. Heureusement pour lui, un drôle de petit oiseau va intervenir tout au long de la nuit et même lui prêter main forte lors de sa confrontation avec le terrible ours blanc...

Une jolie légende qui s'adresse plutôt aux tous petits niveau maternelle. Elle les emmènera loin dans les territoires glacés de la banquise au temps où les Inuits chassaient encore avec des lances. Elle ne manquera pas de les faire rêver tout en leur distillant une philosophie du respect de la nature et de soi-même. Son père lui ayant imposé de laisser la vie sauve à l'ours, Nutaq réalise, déçu, qu'il ne sera jamais un grand chasseur comme lui. « Il n'est pas de plus grand chasseur que celui qui sait renoncer. » s'entend-il répondre. Ce gentil petit conte est également illustré par son auteure à l'aide d'aquarelles assez naïves voire même quasi enfantines, très fraîches et très agréables. Belle édition avec couverture rigide et papier de bonne qualité.

4,5/5

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26/04/2013

1001 secrets de jardiniers (Jean-Michel Groult)

1001 secrets de jardiniers.jpgCe très joli et très complet traité de jardinage aborde tous les problèmes que l'on peut rencontrer au verger, au potager voire simplement sur son balcon pour entretenir une simple potée ou quelques bacs à fleurs. Jean Michel Groult nous propose toutes sortes de trucs et de ficelles souvent simples et écologiques pour mieux cultiver sans rencontrer trop de déception. Avoir la main verte relève du mythe et cache plutôt un savoir-faire, une observation humble et efficace de la nature. Tous ces trucs et astuces ont été testés par lui-même ou par les anciens. Il ne livre que des conseils efficaces et tord le cou à toutes sortes de billevesées qui trainent partout et peuvent se révéler fort décevantes comme « l'ail éloigne la cloque du pêcher », par exemple. Il faut préciser que tous ces trucs sont écologiques et ne passent bien entendu par l'usage d'aucun pesticide ou autre produit chimique.

Cerises sur le gâteau : une très belle édition, soignée, de magnifiques illustrations à l'ancienne sans oublier un glossaire et un index, histoire de rendre ce livre consultable à tout moment. Un livre indispensable à toute jardinière ou jardinier qu'il soit débutant ou chevronné, occasionnel ou permanent.

5/5

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24/04/2013

Fin de l'Occident, naissance du monde (Hervé Kempf)

Fin de l'Occident.jpgLe monde arrive-t-il à la fin d'un cycle, celui du progrès technique exponentiel, de la croissance sans fin et de la finance triomphante se repaissant de bulles spéculatives de plus en plus énormes et de plus en plus incontrôlées ? Oui, répond l'auteur, en ce début de XXIème siècle, l'humanité se trouve bien à un tournant de son existence. Les contraintes écologiques, le dérèglement climatique et l'épuisement des ressources et particulièrement celle des énergies fossiles non renouvelables ne permettront jamais que le niveau de vie de type occidental se généralise partout. Il faudra donc par la force des choses réduire l'empreinte écologique de chacun ainsi que l'écart sans cesse grandissant entre les riches et les pauvres. En clair, cela signifie que la paupérisation de l'Occident est en marche et n'est pas prête de s'arrêter.

Mais comment allons-nous nous adapter à cette évolution ? En changeant volontairement de mode de vie, en réduisant volontairement nos émissions de gaz à effet de serre, en gaspillant moins, en relocalisant nos productions, en donnant une part plus importante à l'agriculture biologique, c'est à dire en nous comportant intelligemment ou en nous opposant violemment à toute remise en question, au prix des pires troubles et des pires violences ? Cette étude géopolitique a le mérite de parfaitement poser le problème et de bien montrer les deux voies possibles. L'auteur, bien qu'un peu idéaliste bisounours à mon goût personnel, ne cache pas les immenses difficultés d'une évolution sereine. L'Europe pauvre en énergie donc bien placée pour assumer la « décroissance » est engluée dans le marasme. La cause : la trahison par les élites de l'idéal européen qui se fondait sur les principes démocratiques de souveraineté des citoyens. « En réalité, écrit-il, l'Union a été progressivement remise aux mains du système financier. ». Parlant du rejet du projet de Traité constitutionnel par les peuples français, irlandais et néerlandais et validé par les parlements, il ajoute : « L'oligarchie a violé la souveraineté populaire pour un résultat pitoyable. » Les pages sur les Etats-Unis sont encore plus inquiétantes. « Cette psychologie quotidienne de la violence, la force du contrôle médiatique, le poids de l'armée, tout cela signifie que la tentation sera grande pour l'oligarchie des Etats-Unis de répondre par la violence aux problèmes qui ne peuvent que s'aggraver. Les Etats-Unis deviennent un risque pour la paix. Mais peut-être se déchireront-ils eux-mêmes. Ou changeront-ils pour embrasser la sobriété heureuse... » Et quand on sait que leur adversaire naturel est la Chine, dont l'auteur minimise d'ailleurs la dangerosité écologique, politique et sociale, le lecteur ne peut avoir que les pires craintes. Un livre pour bien comprendre les enjeux et ne pas être surpris par ce qui nous attend dans un avenir relativement proche !

4/5

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