09/06/2014

Benoît Le Borgne, maharadjah (Ghislaine Schoeller)

Benoît le borgne.jpgBenoît Leborgne, plus connu sous le nom de comte de Boigne ou encore général-comte de Boigne, né le 24 mars 1751 à Chambéry et mort dans la même ville, le 21 juin 1830, est un aventurier savoyard qui fit fortune aux Indes. Il fut également nommé président du Conseil général du département du Mont-Blanc par l'empereur Napoléon Ier. Fils d'un commerçant pelletier bien établi, il fit une carrière militaire dans diverses armées. Formé au sein de régiments européens, il rencontra le succès en Inde en se mettant au service de Mahâdâjî Sindhia, qui régnait sur l'empire marathe. Celui-ci lui confia la création et l'organisation d'une armée. Devenu général, il entraîna et commanda une force de près de cent mille hommes organisée sur le modèle européen qui permit à la Confédération marathe de dominer l'Inde du nord et de rester le dernier État autochtone de l'Hindoustan à résister aux Anglais. Parallèlement au métier des armes, Benoît de Boigne exerça également des activités commerciales et administratives. Il fut, entre autres, titulaire d'un jaghir. Après une vie mouvementée, Benoît de Boigne revint en Europe, d'abord en Angleterre, où il se remaria avec une émigrée française après avoir répudié sa première épouse d'origine persane, puis en France, à Paris durant le Consulat, et enfin en Savoie, sa terre d'origine.

L'ouvrage de Ghislaine Schoeller, se présente comme un roman est très fidèle à la réalité de ce destin exceptionnel, à cette vie aventureuse sur ce sous-continent ravagé par les luttes de pouvoir et les guerres, dans une époque où les soldats de fortune, pourvu qu'ils soient dotés d'intelligence et de courage, pouvaient se bâtir un petit empire à la pointe de l'épée et surtout à grands coups de canon. Il n'en est pas tout à fait de même avec les amours du personnages. Il se maria en Inde avec une dénommée Nour qu'on ne retrouve pas sous ce nom dans l'histoire. De même, l'auteure lui prête bon nombre d'autres conquêtes féminines ainsi qu'un mariage raté en fin de vie avec Adèle, une très jeune aristocrate issue d'une famille désargentée. Tout le livre est surtout axé sur les innombrables batailles et sur la vie sentimentale compliquée du héros. Peu de mise en relief du contexte politique de l'époque et du travail de sape des Britanniques pour nous évincer de l'Inde, très peu sur son mariage avec Adèle et rien du tout sur ses oeuvres de bienfaisance à Chambéry. Nous n'avons donc pas affaire à une véritable biographie, bien que presque tout soit étayé par une documentation sérieuse, mais à un simple roman dans la mesure où l'accent est mis sur certains aspects du personnage. Livre intéressant, mais d'une lecture un tantinet laborieuse.

3/5

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07/06/2014

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 3/ 3ème partie)

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05/06/2014

Le fabuleux secret de l'alchimiste (Gilbert Prouteau)

Le fabuleux secret de l'alchimiste.jpgDe nos jours, à Paris, un très vieil homme se présente chez Maître Raymond Belin, avocat d'Assises. Il dit s'appeler Nicolas Flamel et vouloir, à près de six siècles de distance, rétablir la vérité sur ce qu'on a raconté sur lui dans des centaines de livres, tous plus remplis d'erreurs les uns que les autres. Prophète ou imposteur, Flamel, l'alchimiste capable de transformer le plomb en or et de découvrir la pierre philosophale ou l'élixir de longue vie, va tenter de répondre à toutes les questions le concernant en reprenant le problème à la source, c'est à dire ses propres textes, livres et déclarations.

Dans cet ouvrage qui n'est ni une biographie ni un roman, Gilbert Prouteau prend le parti d'écrire sous la dictée de Nicolas Flamel, procédé littéraire habile et tout à fait capable de séduire la grande majorité des lecteurs. Bien entendu, il ne convaincra ni les rationalistes ni les cartésiens, même s'il convoque Helvétius, Leibniz et Spinoza pour étayer ses thèses... Plus troublants sont les liens qu'il réussit à établir entre la démarche du faiseur d'or et les découvertes de Pierre et Curie Curie. La découverte du radium et la fabrication de la bombe atomique ne seraient qu'un nouvel et monstrueux vol du feu de Dieu qui, d'ailleurs ne serait pas le premier. On notera également la participation sans doute involontaire d'Edmond Rostand, d'Henri Laborit et de quelques autres. Un ouvrage de vulgarisation, facile à lire, qui passionnera certainement quiconque cherche à explorer les arcanes de l'hermétisme qui ne serait qu'une science conscientisée et interdite au vulgaire, ce qui aurait longtemps mis l'humanité à l'abri d'expériences d'apprentis-sorciers.

3,5/5

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03/06/2014

Le système de guérison du régime sans mucus (Arnold Ehret)

Le système de guérison (Ehret).jpgSous-titré « La méthode scientifique pour croquer la santé à pleines dents », cette nouvelle édition d'un ouvrage datant du début de l'autre siècle contient l'intégralité de l'oeuvre originale, elle-même présentée sous forme d'un cours en 25 leçons données par Ehret à ses étudiants, le tout complété par une introduction du docteur Benedict Lust et par une très intéressante biographie de l'inventeur d'une méthode de guérison révolutionnaire pour l'époque. A l'âge de 31 ans, Ehret fut déclaré incurable car atteint d'une maladie rénale, le mal de Bright. Il essaya de se soigner par de nombreuses cures, traitements et autres thérapies sans jamais obtenir le moindre soulagement. Il reprit ses études et s'intéressa particulièrement à la diététique en partant du principe que nous étions ce que nous mangions et que tous nos maux venaient d'une nourriture inadaptée et encrassante. Le végétarisme, le végétalisme, le crudivorisme et finalement un régime à base de fruits frais (cure de raisin ou autre) lui permirent d'approcher d'une guérison qu'il rendit totale et irréversible par de longues séquences de jeûne.

Selon Ehret, il ne suffit pas de se nourrir de fruits et de légumes crus (nourriture idéale préconisée par les pythagoriciens, les esséniens et clairement prônée par la Bible), encore faut-il procéder à un grand nettoyage des déchets accumulés depuis des années dans le corps et particulièrement dans le tube digestif, d'où l'importance des phases de jeunes, des lavements et des bains de soleil, d'air et d'eau. Très clairement expliquée et très simple d'accès, cette méthode peut représenter une des pierres angulaires de la naturopathie (le terme n'existait même pas à l'époque) et se placer au niveau des ouvrages d'autres précurseurs comme les docteurs Shelton, Carton voire Dextreit dans une moindre mesure. Des personnes ayant à long terme expérimenté ces procédés ont vu leur obésité et leurs maux disparaître, leur santé s'améliorer et leurs performances physiques se retrouver décuplées. Un ouvrage important écrit par un précurseur qui va bien au-delà du régime de l'été cher à nos magazines féminins.

4,5/5

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30/05/2014

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 3/2ème partie)

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28/05/2014

Les Français, mode d'emploi (Jean Amadou)

Les Français mode d'emploi.jpgA Paris, Robert Stilvens, attaché d'ambassade américain, demande à rencontrer Jean Amadou pour qu'il l'aide à décrypter le comportement, les habitudes et les réflexes des Français qui lui semblent paradoxaux. Le chansonnier accepte à condition qu'ils se rencontrent dans ses diverses « cantines », de bons restaurants, devant quelques spécialités culinaires bien de chez nous. Ainsi l'Américain découvrira-t-il l'andouillette et le roquefort ainsi que la description de toutes sortes d'étrangetés assez uniques régnant dans le « plus beau pays du monde » lequel est habité comme chacun sait par le peuple « le plus spirituel de la terre ». A ce propos, Amadou dit de Voltaire et de De Gaulle : « Ces hommes ont eu une influence néfaste. Le premier nous a dit que nous étions le peuple le plus intelligent de la planète ; le second nous a dit que nous étions encore une grande puissance. Et nous les avons crus. » En fait, les Français sont un peuple sceptique, riche de son patrimoine, rempli d'esprit de contradiction, champion de la revendication et de la grève avec des services publics que le monde entier leur envie tellement qu'il prend tout son temps pour prendre modèle sur eux...

« Il est sans doute le seul sur terre à se vanter de ses défauts, proclamant haut et fort avant que les autres le lui reprochent, qu'il est le plus difficile à saisir, le plus délicat à comprendre et le plus impossible à gouverner », note l'humoriste qui aime bien et châtie bien ! Moraliste un tantinet anar, philosophe détaché, penseur taquin, Jean Amadou profite de ce livre et de ce cadre déjà largement utilisé par Ted Stanger (« Sacrés Français ») pour nous livrer sa vision des travers et faiblesses de nos compatriotes qui, étrangement, se sont trouvés, tout au long d'une très longue histoire, face à toutes sortes d'experts qui se sont toujours trompés, de prévisionnistes si nuls qu'ils prévoient le contraire de ce qui arrive ou de généraux si sots qu'ils sont incapables d'évaluer correctement les potentialités des nouveautés comme un certain Foch qui voyait dans les avions « de beaux jouets à l'efficacité militaire nulle » ou comme Pétain qui pensait que les tanks étaient d'une « inaptitude flagrante aux combats qui nous attendent. » Un bouquin amusant, tonique, sympathique, roboratif et réconfortant. Une charmante et indulgente description de cet esprit français qui est fait d'humour, de bon sens, de fronde et de regard critique ou décalé proposée par un humaniste de talent. On conseille vivement car il est toujours bon de rire de soi-même.

4/5

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26/05/2014

Detroit (Arthur Hailey)

Detroit 2.jpgA Detroit, Emerson Vale, un journaliste de renom, accuse les constructeurs automobiles de tout faire pour empêcher l'arrivée sur le marché des voitures propres (à propulsion électrique ou à vapeur) et d'en rester aux véhicules polluants pour des raisons bassement mercantiles. Les responsables des trois majors, General Motors, Ford et Chrysler, n'apprécient pas d'être ainsi dénoncés dans les medias. Matt Zaleski, ancien pilote et héros de l'US Air Force pendant la Seconde Guerre Mondiale, maintenant sous-directeur, doit intervenir sur une chaîne de montage au bord du débrayage suite à un incident dû au racisme ordinaire et quotidien. Adam Trenton, le directeur des services de recherche, est si occupé par le lancement de l'Orion, le tout nouveau modèle, qu'il en néglige sa femme Erica, laquelle ne tarde pas à aller voir ailleurs...

« Detroit » est un roman réaliste et social sur le monde de l'automobile analysé dans la capitale de son empire, son lieu le plus mythique et le plus emblématique, surnommé d'ailleurs « Motor City ». En apparence, tout semble imaginaire et romancé, mais pourtant tout est vraisemblable et même solidement basé sur une enquête d'investigation quasiment journalistique. Le résultat donne un livre foisonnant, plein de personnages hauts en couleur et bien pétris d'humanité. Il s'en passe des choses bizarres à tous les niveaux de cette pyramide ! Depuis le sommet, avec ses dirigeants qui, du haut de leurs luxueux bureaux, prennent des décisions capitales et engagent des sommes si énormes « qu'on joue plus gros jeu à Detroit qu'à Las Vegas », jusqu'à la base où l'on embauche d'anciens taulards fort peu fiables pour travailler sur des chaînes inhumaines et abrutissantes en passant par toutes les strates intermédiaires, celle des concessionnaires, véritables margoulins qui arrivent à rouler le client tout autant que le constructeur ou celle des sous-traitants pris entre le marteau et l'enclume. Avec en toile de fond, les problèmes de racisme, les adultères de luxe, les femmes richement entretenues, sans oublier le plus terrible et le plus insupportable, le fardeau de l'omniprésente mafia qui règne par la terreur, l'appât du gain ou la corruption et qui organise les jeux, le trafic de drogue et jusqu'au pillage systématique des stocks de pièces détachées du constructeur. Tous les aspects et tous les problèmes de cet univers très particulier sont traités avec finesse, intelligence et sans la moindre complaisance. Du roman-vérité de grande qualité tel celui pratiqué par un certain Tom Wolfe et d'un niveau stylistique équivalent, c'est dire ! La traduction de Max Roth est impeccable. Ce livre qui, bien que paru en 1972, n'a pas pris une seule ride, apprendra bien des choses à qui veut en savoir un peu plus sur la vie dans ce milieu très particulier.

4,5/5

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24/05/2014

Fiorinda la belle (Michel Zévaco)

Florinda la belle.jpgLe jeune Vicomte de Ferrière, ami et défenseur du Comte de Louvre (pseudonyme du très jeune François II) est tombé éperdument amoureux de Fiorinda, la belle gitane diseuse de bonne aventure rencontrée dans le premier tome (« Le Pré aux Clercs »). Il veut à tout prix la revoir. La maison qu'elle habitait n'est plus qu'un amas de décombres fumants. Il finit par la retrouver au détour d'une rue. Il lui déclare sa flamme et la demande en mariage. Presque aussitôt, elle est enlevée par l'horrible Rospignac, âme damnée de Catherine de Médicis...

Toujours dans le style « cape et épée » feuilletonnesque, mais avec une nuance plus sentimentale et plus politique que le tome précédent, « Fiorinda la belle » permet de connaître le dénouement des aventures du vaillant et imbattable Beaurevers, de la charmante et fragile Fiorinda et de Ferrière, son amoureux transi. On passera sur le côté fleur bleue qui date un peu et semble même désuet de nos jours pour apprécier le contexte historique plus travaillé dans cette suite : importance du rôle des Guise dans les prémisses des guerres de religion qui se profilent à l'horizon, attitude machiavélique de Catherine de Médicis, sans doute caricaturée à dessein par l'auteur et intervention de Nostradamus dans le rôle du père du Vicomte. Dans ce bon roman de détente et divertissement qui se lit aussi facilement et agréablement qu'un roman de gare, il ne faudra pas se montrer trop exigeant sur la vérité historique et ne pas s'attarder sur les effets convenus d'une intrigue pleine de rebondissements assez téléphonés. Un honnête Zévaco, mais pas vraiment le meilleur. Pour les inconditionnels du genre.

3,5/5

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22/05/2014

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 3/1ère partie)

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20/05/2014

Le Pré aux Clercs (Michel Zévaco)

Pré aux clercs.jpgDans une taverne parisienne un peu louche se retrouvent attablés le Vicomte de Ferrière et cinq de ses compagnons qui, ayant beaucoup trop abusé de la boisson, s'en prennent à Fiorinda, une jolie fille des rues qui exerce la profession de diseuse de bonne aventure. L'un d'eux lui manque particulièrement de respect. Le Comte de Louvre et le Chevalier de Beaurevers sont témoins de la scène. Mais très vite, Ferrière règle cela sur le pré, seul face aux cinq bretteurs avinés qu'il ramène bien vite à la raison. Et pendant ce temps, Rospignac rassemble deux groupes de spadassins pour tendre une embuscade au Comte de Louvre et au Vicomte. Une intervention musclée de Beaurevers fera rater cette première tentative.

« Le Pré aux Clerc », premier tome d'une dyptique qui s'achèvera avec « Fiorinda la belle », est un vrai roman de cape et d'épée sur contexte historique très romancé, genre dans lequel s'illustrèrent des Dumas, Gautier et Féval. Ici, nous nous trouvons sous le règne de Catherine de Médicis laquelle voit d'un très mauvais oeil l'accession au trône de François, son fils aîné. Elle lui préfère nettement son cadet, Henri. Heureusement pour lui, le jeune François bénéficie de l'appui inconditionnel de deux jeunes chevaliers aussi braves que loyaux qui n'auront de cesse de faire échouer un à un tous les complots, traitrises et coups tordus manigancés en sous-main par cette reine-mère indigne. Les combats, guet-apens et batailles rangées ne manquent pas et se succèdent à un rythme soutenu dans ce premier épisode bien agréable à lire et peut-être un peu moins manichéen et orienté que d'autres opus de Michel Zévaco. Il n'est ici question que de courage, de droiture et de fidélité au service d'un roi qui prend un main plaisir à aller se promener dans Paris déguisé, sous une fausse identité et encadré par les meilleures lames du royaume, lesquelles ont un petit côté invincible qui peut agacer. Pour les inconditionnels du genre.

4/5

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17/05/2014

Histoires à ne pas fermer l'oeil de la nuit (Présenté par A.Hitchcock)

Histoires à ne pas fermer l'oeil.jpgLa vieille Mrs Brady vient de perdre sa soeur Alice. Elle décide de mener elle-même l'enquête car ce décès lui semble suspect... Pour faire plaisir à sa grand-mère, le jeune Ed, 6 ans, a l'habitude d'aller voler des fleurs dans le cimetière tout proche. Mais un jour, les services sociaux le retirent à l'affection de la vieille femme et de ses étranges amis pour le placer dans un orphelinat... En Malaisie, Paul Vernier est sur les traces de Jérôme Steeks, un meurtrier américain. Il s'adresse à un certain Heert Koert, contrôleur civil à Bornéo, pour qu'il lui signale les rares américains présents dans son secteur. Ainsi pense-t-il facilement trouver son homme... Un bouquiniste laisse à l'abandon le jardin situé derrière la maison qui lui sert de boutique. Il semble de plus en plus fasciné par ce coin de nature où règnent ronces et herbes folles. Dans un casino de Las Vegas, un joueur malchanceux ne fait que perdre au blackjack. Il fait un scandale et insiste pour obtenir un nouveau jeu de cartes et pour qu'on change de croupier...

« Histoires à ne pas fermer l'oeil de la nuit » est un recueil de nouvelles de divers auteurs plus ou moins célèbres (on notera au passage la contribution de Jack London dans une histoire de chien-loup assez cruelle et celle de Theodore Sturgeon dans un registre de science-fiction illustrant bien ses qualités de visionnaire) qui sont simplement présentées par Alfred Hitchcock et rien de plus. Le « grand maître du suspens » n'a pas rédigé une seule ligne de ce livre et peut-être même pas sélectionné ces textes très disparates et de qualité fort inégale. Toutes sortes de genres sont représentés. De la nouvelle policière classique style Agatha Christie au thriller aux ambiances noires, au gore en passant par le fantastique le plus échevelé comme « Tribut floral » ou « Canavan et son terrain », peut-être une des deux meilleures de cette compilation. « Mort sur décision du tribunal » est sans doute celle qui mérite le plus le détour par son intrigue (une histoire d'altruisme quasi christique), son thème (une machination qui se retourne contre son auteur) et par son style narratif impeccable. Un petit bijou à lui tout seul. Ainsi en va-t-il de ce genre de bouquin de détente qui attire le chaland surtout par le nom prestigieux inscrit sur la couverture.

4/5

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14/05/2014

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 2/3ème partie)

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08/05/2014

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 2/2ème partie)

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04/05/2014

Le sang des sept rois / Livre Premier (Régis Goddyn)

Le sang des sept rois.jpgAu pays des sept royaumes, un vieux paysan a été victime d'une étrange agression. Des hommes armés ont enlevé sa petite fille ainsi que le jeune fils de sa bru. Ils se sont enfuis vers les crêtes perdues des montagnes environnantes après avoir laissé une bourse remplie de pièces d'or sur le lit de l'enfant. Alerté, le vicomte Edmond de Hautterre décide de lancer une expédition aux trousses des kidnappeurs. Il place à sa tête le capitaine-ambassadeur Orville, guerrier redoutable car doté du pouvoir d'outre-vision. Le jeune Léo voudrait l'accompagner mais cette mission va se révéler bien plus longue, bien plus compliquée et source de beaucoup plus de conséquences que prévu.

« Le sang des sept rois » n'est que le premier tome d'une saga qui devrait en comporter pas moins de sept ! C'est déjà un gros pavé de 400 pages, dense, touffu qui non seulement sert de présentation des personnages principaux comme Orville, sorte de super-héros quasi invincible ou comme l'énigmatique Rosa, sauvée in extremis du bûcher par un théocrate mais également de mise en place de l'action. Toutes sortes de pistes ou d'ébauches d'intrigues sont esquissées comme la création ab nihilo, sur un archipel aride, d'un huitième royaume qui n'est pas du goût de tout le monde. Le lecteur achève la lecture de ce premier opus dans une sorte de confusion assez déstabilisante. Il a été plongé dans un monde fort complexe, aux règles bizarres, aux us et coutumes étranges (machisme, droit de cuissage, primauté du sang, de la race, eugénisme, rudesse primitive pour ne pas dire sauvagerie ou barbarie) et il a l'impression de n'avoir pas tout compris. Même en lisant et relisant le glossaire situé en fin de volume qui précise fort utilement le rôle de chacune des strates de cette société assez particulière. Sans doute l'auteur en garde-t-il sous le coude pour alimenter les six autres tomes et pour fidéliser son lectorat. L'ennui c'est que, même si tous les ingrédients de la bonne fantaisie sont présents (magie, sorcellerie, clairvoyance, sociétés secrètes, castes, « résurgents »,highlanders etc...), même si le style est bon quoique très descriptif, la narration manque énormément de rythme, de suspens et de rebondissements. Il faut parfois se faire violence pour ne pas décrocher. Il est vrai que s'agissant d'une sorte de marathon de lecture (7X400 pages, soit 2800 pages pour une seule histoire, une sorte de record !) il reste quand même à savoir qui se lassera le premier, l'auteur ou le lecteur.

3/5

(Livre chroniqué pour le jury du Prix Futuriales d'Aulnay sous Bois)

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30/04/2014

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 2/1ère partie)

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28/04/2014

Aux frontières de la soif (Kettly Mars)

Aux frontières de la soif.jpgA Haïti, un an après la catastrophe du grand tremblement de terre de 2010, Fito, auteur d'un unique mais très rémunérateur best-seller, se laisse conduire par un maquereau auprès de Mirline, une petite fille que sa mère prostitue sous une tente du camp de réfugiés de Canaan. Dans cet endroit désolé, les gens sont si pauvres et si démunis que tous les moyens sont bons pour parvenir à survivre. Le lendemain, Fito va accueillir à l'aéroport Tatsumi, une journaliste japonaise avec qui il a longuement correspondu via Internet.

« Aux frontières de la soif » est un court roman (160 pages) qui se situe entre le sentimental et le social. Les conséquences du malheur qui a frappé Haïti ne sont envisagées que sous un angle particulier, celui du sexe autant dire par le petit bout de la lorgnette. Les mères poussent leurs petites filles à coucher avec des hommes riches qui viennent ainsi raviver une sexualité souvent défaillante et assouvir leurs pires fantasmes. Plus les gamines sont jeunes, mieux c'est. Et si elles sont vierges, elles n'en ont que plus de valeur. Kettly Mars a choisi un ton distancié et parfaitement neutre pour raconter les « exploits » de Fito qui n'en demeure pas moins un vieux pédophile pervers pour lequel il est difficile voire impossible d'éprouver la moindre empathie. Pire, Tatsumi, personnage sans épaisseur et réduite à sa seule dimension d'androgyne érotique, laisse également indifférent. Et pour ne rien arranger, une intrigue qui tiendrait sur la surface d'un timbre poste. Un style assez agréable, bien entrelardé de phrases et d'expressions créoles (heureusement traduites), mais sans originalité particulière. Heureusement, qu'on ne perd pas trop de temps avec ce livre qui sera donc vite lu et vite... oublié.

3/5

(Livre chroniqué pour le jury du Prix Océans de France Ô)

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25/04/2014

La grâce des brigands (Véronique Ovaldé)

La grâce des brigands.jpgAu début des années 70, Maria Cristina Väätonen a quitté Lapérouse, une bourgade perdue du grand nord canadien pour venir s'installer en Californie à Santa Monica. Elle a laissé derrière elle une mère dérangée, un père alcoolique et une soeur jalouse et handicapée suite à un accident. Elle s'est installée en colocation avec Joanne, une jeune hippie qui est enceinte. Maria Cristina rêve de devenir écrivain. Pour subvenir à ses besoins, elle accepte un poste de secrétaire auprès de Rafael Claramunt, un auteur célèbre en lice pour le prix Nobel de littérature. Sera-t-il le Pygmalion ou le mauvais génie de la jeune fille ?

« La grâce des brigands » est un roman sentimental dans lequel, comme souvent chez Véronique Ovaldé, les femmes ont le beau rôle, même si elles ont des vies difficiles et se retrouvent souvent dans des situations dramatiques. Maria Cristina est un joli personnage plein de traumatismes et de contradictions auquel on s'attache facilement et qui, à elle seule, maintient l'intérêt pour cette histoire douce-amère. On n'en dira pas autant de Claramunt, le vieux jouisseur qui, après avoir collectionné les conquêtes, se prend d'affection pour cette très jeune fille dont la pureté réanime une sexualité chancelante. Il n'écrit plus depuis longtemps et envisage même un instant de s'approprier le travail de Maria Cristina. Le style de l'auteure est agréable même si celle-ci se permet certaines privautés avec les règles de ponctuation. (Quel besoin de se servir de la virgule en lieu et place des deux points/ guillemets ?) Bien que ce roman reste quelques crans en dessous de « Ce que je sais de Véra Candida », il n'en demeure pas moins de belle qualité et d'un intérêt certain à la condition de se montrer indulgent sur la faiblesse de personnages masculins plutôt caricaturaux.

3,5/5

(Livre chroniqué pour le Prix Océans de France Ô)

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22/04/2014

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 1/2ème partie)

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20/04/2014

Il faut beaucoup aimer les hommes (Marie Darrieusecq)

Il faut beaucoup aimer les hommes.jpgA Los Angeles, Solange, jeune actrice française cantonnée dans les seconds rôles et les utilités pour le cinéma hollywoodien, rencontre Kouhouesso, un bel acteur d'origine camerounaise, qui débute dans la mise en scène et voudrait tourner son premier film au Congo. C'est vite le coup de foudre entre cette blanche et ce noir. Solange ne vit plus que dans l'attente du retour de Kouhouesso lequel semble un peu moins emballé que sa nouvelle partenaire tout occupé qu'il est par la préparation de son film. Il lui propose néanmoins un petit rôle aux côtés de George (Clooney ?) et de Vincent Cassel. Sur quoi débouchera leur relation ?

Roman sentimental à fort potentiel introspectif, « Il faut beaucoup aimer les hommes » présente surtout l'intérêt de dépeindre à petites touches, de façon impressionniste et aléatoire, les moeurs du petit milieu du cinéma américain, un monde un peu (beaucoup) frelaté, faisandé, hypocrite et snob avec ses fêtes, ses excès (sex, drugs & rock n' roll) et ses paillettes. Trompe l'oeil, miroir aux alouettes et convivialité artificielle avec de cruelles déceptions à l'arrivée. Solange et Kouhouesso donnent l'image d'un couple « beau, riche et heureux », mais est-ce bien la réalité ? Qu'y a-t-il derrière tout ce glamour ? La présentation de la quatrième de couverture donne dans le minimalisme : « Une femme rencontre un homme. Coup de foudre. L'homme est noir, la femme est blanche. Et alors ? » Elle se veut provocatrice et choquante. L'éditeur a dû se tromper de siècle. En 2014, un thème comme celui-là est d'une parfaite banalité. Il suffit de mettre le nez dehors pour s'en convaincre. Nous ne sommes plus dans les années 60 de l'autre siècle quand un certain Guy des Cars décrivait les amours d'un noir et d'une blanche et choquait le bourgeois bien pensant. Alors qu'est-ce qui distingue vraiment ce livre ? Sans doute le style particulier de l'auteure. Il sort de l'ordinaire par la magie d'une suite de maladresses voulues, de répétitions, de lourdeurs et de redondances assumées. L'ennui c'est que l'intrigue et les personnages laissent relativement indifférents. Plus intéressantes sont les difficultés que rencontre le héros pour réaliser son film. Sans doute faut-il être très fleur bleue et très sensible à la psycho style « Biba » ou « Cosmopolitan » pour crier au chef d'oeuvre. Pourtant ce livre a déjà obtenu le Prix Médicis.

3/5

(Livre chroniqué pour le jury du Prix Océans France Ô)

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17/04/2014

Point Zéro (Antoine Tracqui)

Point Zéro.jpgEn Mars 1938, Ettore Majorana, un jeune scientifique de l'équipe de Fermi, tente d'échapper aux sbires de la police secrète de Mussolini. Il parvient à monter à bord d'un bateau ancré dans le port de Palerme. Il emporte avec lui une mallette qui semble exciter toutes sortes de convoitises...

En Février 2018, au Zimbabwe, un tremblement de terre provoque l'effondrement de plusieurs galeries d'une mine d'or. Parmi les mineurs survivants mais prisonniers dans les entrailles de la terre se trouve un certain Caleb Mackay, mercenaire spécialiste des opérations sensibles. Poppy Borghese va tout mettre en oeuvre pour tenter de le ramener à la surface sain et sauf.

« Point Zéro » se présente comme un thriller historique et technologique très légèrement teinté d'anticipation vu que le plus important de l'action se situe en 2018. La première chose qui saute aux yeux du lecteur c'est l'importance et le poids de l'ouvrage, un véritable pavé de près de 900 pages dont l'action part dans tous les sens aussi bien dans l'espace que dans le temps. L'auteur le promène de l'Afrique à la Sicile en passant par l'Antarctique, la Terre Adélie, les Etats-Unis etc... Il le ballade également entre plusieurs époques : de celle de l'avant-guerre dans le monde du fascisme mussolinien à celle du vingt et unième siècle pleine de technologies extraordinaires comme les nano-particules, ou la régénération des tissus humains. Il est frappant de remarquer que tout le contexte historique est respecté (Majorana et quelques autres personnages plus ou moins célèbres ont réellement existé et ont bien vécu ce qui est raconté, c'est facilement vérifiable), les données géographiques, scientifiques, astronomiques ou médicales se révèlent tout aussi exactes. On mesure l'extraordinaire travail de recherche et de documentation qu'a dû fournir l'auteur. Et sur cette base solide comme le roc, il a bâti une histoire abracadabrante dans la lignée des plus incroyables élucubrations d'un Clive Cussler avec hydravion géant des années 30 en parfait état de marche, arme de destruction massive et base secrète abandonnées en un lieu improbable. Un cocktail étrange et pas désagréable de sérieux et de fantaisie débridée. Beaucoup de combats, d'embuscades, de suspens et de rebondissements. On se retrouve en réalité avec un scénario de blockbuster hollyoodien ou de BD remplie de superhéros aussi invincibles que caricaturaux. C'est si bien écrit et professionnellement si abouti qu'on a de la peine à croire qu'il s'agisse vraiment d'un premier roman.

4/5

 

(Livre chroniqué pour le Prix Futuriales d'Aulnay sous Bois)

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14/04/2014

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 1)

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11/04/2014

Dominium mundi (François Baranger)

Dominium Mundi.jpgEn 2202, le « Saint Michel », un immense vaisseau spatial d'une capacité d'un million de personnes est en partance pour une lointaine planète, Akya du Centaure. A son bord montent Liétaud et Engelbert Tournai, deux guerriers flamands, engagés volontaires qui serviront sous les ordres de Tancrède de Tarente, un terrible méta-guerrier au caractère on ne peut plus fougueux ainsi qu'Albéric Villejust et son ami Pascal Jalogny, deux « inermes », c'est à dire conscrits ou enrôlés de force, qui feront partie des informaticiens et autres programmeurs. C'est tout un peuple qui se retrouve embarqué pour cette expédition lancée par le pape Urbain X et prêchée par un fanatique appelé Pierre l'Ermite. Il s'agit d'aller punir les Atamides, un peuple qui a osé trucider les premiers missionnaires envoyés du nouvel Empire Chrétien Moderne et de délivrer le tombeau du Christ. Godefroy de Bouillon est le chef de cette croisade d'un genre nouveau. L'Histoire ne serait-elle qu'un perpétuel recommencement ?

« Dominium Mundi » est à la fois un véritable roman de science-fiction avec un très long voyage dans l'espace, une uchronie ou une dystopie avec cette improbable et anachronique nouvelle croisade, un thriller avec un mystérieux tueur en série qu'on n'en finit pas de rechercher et un roman sentimental avec les amours du super-guerrier et de la belle amazone. Un cocktail original et pas désagréable du tout. L'ennui c'est que ce livre n'est que le premier tome d'une série qui devrait en compter deux et que toute l'intrigue se passe à l'intérieur du vaisseau spatial et qu'on ne sait rien de ce qui arrivera sur Akya du Centaure. Obligation de lire le deuxième tome pour le découvrir ! D'où une impression de simple mise en place avec parfois un peu trop d'exercices militaires, d'entrainements et de simulations de combats. Heureusement le style est excellent et d'une totale fluidité, les personnages sont intéressants et les péripéties suffisamment nombreuses pour maintenir l'intérêt sur la longue distance de ce pavé de plus de 600 pages qui a le mérite de l'intelligence, de l'originalité et du dépaysement même si l'Histoire paraphrasée finit par peser nettement plus lourd que la projection dans ce futur étrangement archaïque.

4/5

 

 

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09/04/2014

La première colonie (Gaëlle Dupille)

La première colonie.jpgAlice Baron, linguiste, et ses quatre compagnons scientifiques, un archéologue, un anthropologue, un immunologiste et un médecin, sont les membres d'une expédition spatiale chargée d'explorer une lointaine planète qui aurait pu receler certaines formes de vie. Ils finissent par découvrir un site abandonné ressemblant à un lieu de culte celtique avec menhirs et dolmens. En cherchant des indices, Alice découvre une petite jarre, sans doute précieuse, la casse par inadvertance ce qui ne sera pas sans conséquence dans ses rapports avec Alex, le médecin de l'équipe, qui ne souhaite qu'une chose, aller avec elle au-delà des simples rapports professionnels.

« La première colonie » est un court roman ou une longue nouvelle, en fait une « novella », format très apprécié dans le monde anglo-saxon, qui ouvre sur un préambule de type science-fiction tout ce qu'il y a de classique pour dériver assez rapidement vers les sombres territoires du fantastique et de l'ésotérique. Ce mélange des genres reste assez réussi et, en tous cas, ne choque pas. C'est sans doute dû au style agréable et enlevé de Gaëlle Dupille qui ne se contente pas de nous faire revisiter le mythe du génie dans la bouteille sans exaucer de voeu, mais pour nous précipiter immédiatement dans le monde sulfureux des succubes et des incubes. Le résultat donne une histoire de possession à fort coefficient érotique qui pourra plaire aux amateurs du genre. L'auteure a eu l'art de faire du neuf avec de l'ancien et de l'étrange avec du recyclé. Sans être d'une stupéfiante originalité, l'ensemble ne semble pas inintéressant quand même.

3,5/5

 

 

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07/04/2014

Arimaspes (Alice Pervilhac)

Arimaspes.jpgClémence Escoffier, jeune médecin légiste se voit offrir par un groupe d'Arimaspes, créatures mythiques pourvues d'un seul oeil comme les cyclopes et cachant le manque par un bandeau, une offre d'emploi si alléchante (gros salaire plus prime de 100 000 euros en cas de réussite de la mission) qu'il lui est impossible de refuser. Elle devra séjourner dans un joli appartement de la station des Arimaspes située à Paris, sur la butte Montmartre. Mais ce que Aiakos Ioannis lui fait découvrir dans un des tiroirs de la morgue la terrorise à un tel point qu'elle veut abandonner avant même d'avoir commencé son travail. Mais on ne quitte pas aussi facilement ce genre de personnes. D'ailleurs qui sont-ils vraiment ? Des êtres supérieurs, élégants et plein de charme ou de simples monstres sans aucun scrupule ?

« Arimaspes » est un court roman ou une longue nouvelle (une novella) sur le thème de la monstruosité, de l'étrange et même de l'horreur, surtout vers la fin. L'héroïne et le lecteur qui s'identifie fort bien à elle oscillent en permanence entre un sentiment naturel de répulsion et une attirance un peu étrange voire malsaine. Alice Pervilhac sait très bien nous faire partager tous les ressentis de Clémence, candidate-cobaye choisie parce qu'elle est sans famille et que personne ne s'inquiétera si elle disparaît. Ainsi le lecteur est-il fixé dès le début de l'histoire. Il y a fort peu de chance que cette sombre et perverse affaire finisse sur un happy end ! L'intrigue est rondement menée, sur un style enlevé et bien rythmé au point qu'il est difficile voire impossible de lâcher la lecture avant la fin. On notera toutefois quelques (rares) expressions malheureuses ou phrases un peu bancales. La chute est aussi logique que terrifiante. Elle clôt une histoire qui plaira sans nul doute à celles et à ceux qui aiment lire pour se faire peur !

 

4/5

 

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05/04/2014

Les contes du Grand Veneur (Romain Billot)

Les contes du grand veneur.jpgJack n' a que deux amis, son voisin Eliot et son chat Keats. Mais un jour, l'affreux Tommy dit « Boule de Suif » lui subtilise son animal de compagnie... Chloé et de ses amies partent se promener dans le bois du Grand Veneur. Elles profitent de l'absence de Lady Crowley, une vieille femme laide et solitaire qui passe pour une sorcière, pour aller fouiner chez elle... Adrien Beaumond, adolescent rêveur, rencontre dans une clairière du bois du Grand Veneur, Lou, une belle jeune fille qui lui joue de la flûte. Tombé sous son charme, il ne voit pas le temps passer... Après une agréable baignade, Otis, Michaël et quelques copains passent la nuit dans le bois pour observer les étoiles... Danny, un petit malfrat, fait régner la terreur parmi les enfants du village de Malcombe... Kévin Longemain part explorer la cave de la maison familiale... Yann, Georges et Allan organisent une expédition nocturne dans la propriété d'un certain Van Strasser, un original qui vit seul et qui a une très mauvaise réputation... Pour Halloween, Anton veut faire une mauvaise blague à son frère... Baptiste, garçon maltraité, fait une fugue et se retrouve perdu dans la forêt du Grand Veneur... Joshua et ses copains décident de passer une nuit entière dans la maison hantée et abandonnée de la famille Grey...

« Les contes du Grand Veneur » est un recueil de dix contes pourvus d'une grande unité et d'une belle cohérence. Unité de lieu : tout se passe dans le bois du Grand Veneur ou dans le village de Malcombe. Unité de temps : un bel été propice aux baignades, aux jeux, à la rêverie et certainement pas aux horreurs. La cohérence vient des personnages, tous jeunes entre 11 et 14 ans, que l'on retrouve au détour de chacun des contes, même si, au fil de la lecture, certains malchanceux disparaissent tragiquement. Ce recueil pourrait être destiné aux adolescents et porter comme sous-titre « Terreurs enfantines » car il y a un petit côté « Club des Cinq » chez Dracula ou Frankenstein dans tous ces textes qui forment un ensemble et (presque) un roman complet. Romain Billot possède une jolie plume et un très réel talent. Il nous propose des textes agréables à lire et divertissants, même si certains sont plus forts ou plus passionnants que d'autres (« Phantasmagoria », par exemple, m'a semblé un tantinet plus faible et moins travaillé que les autres). Donc, rien à reprocher sur le fond ou sur la forme à ceci près que le lecteur se demande pourquoi l'auteur utilise systématiquement des noms et prénoms anglo-saxons alors que ses histoires se déroulent apparemment en France ou dans un pays francophone. Du fantastique dans le quotidien, bien écrit et bien présenté, dans la lignée d'Edgar Poe ou de Conan Doyle, c'est dire la qualité de l'ensemble.

4/5

 

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02/04/2014

Le sang que l'on verse (Yann de Saint-Rat)

Le sang que l'on verse.jpgEtréham, 19 ans, est un jeune guerrier des troupes d'élite du puissant Empire de Pryamée qui est très fier de ce qu'il appelle son « Art » de tuer. Sur tous les champs de bataille, il est capable de semer la mort et de faire un grand carnage parmi ses ennemis. Il les tue sans jamais faiblir et semble y trouver un plaisir aussi immense que malsain. Il est même persuadé d'être invincible. Mais au soir d'une bataille décisive contre les Véjuniens, il rencontre Asa, une très étrange jeune femme, envoyée par Mérydès, son père, le dernier des dieux, qui lui annonce tout de go qu'elle est venue pour le protéger, le sauver et lui permettre d'accomplir de grandes choses. Sans elle, il pourrait être mort demain. En effet, Mérydès a envoyé Eyll, une créature maléfique particulièrement cruelle, pour en finir avec Etréham. Mais le jeune homme doit-il se fier aux apparences ? Asa n'a-t-elle pas un projet secret en tête ?

« Le sang que l'on verse » est un roman de dark fantasy particulièrement violent et particulièrement glauque. Aucun héros positif, aucun personnage attachant, rien que des monstres, des traitres, des dieux psychopathes et dégénérés. Tous sont si caricaturaux dans leur violence et leur méchanceté qu'on peine à s'y intéresser. L'intrigue est simpliste, basique, tout juste digne d'un scénario de bande dessinée de faible niveau. Très vite, on se lasse de cette interminable suite de combats, batailles et tueries, de ces répétitions, de ce manque de rythme et d'inspiration. Le lecteur a l'impression de se retrouver dans un jeu video pour minus habens. Le seul intérêt étant de tuer, tuer et encore tuer. Le style est assez bon encore que l'on puisse regretter l'emploi de la première personne du singulier pour tous les personnage et relever ici ou là quelques coquilles oubliées comme l'énorme erreur de conjugaison de la page 224 (« dévêtit »). Un ensemble simpliste, ennuyeux et d'une lecture laborieuse. On est très loin du « véritable tour de force » promis en quatrième de couverture !

2,5/5

(Livre chroniqué pour le Prix Futuriales d'Aulnay sous Bois)

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30/03/2014

Monsieur Louis (Nouvelle extraite du recueil "Ulla Sundström"

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27/03/2014

La machine pour parler avec l'au-delà (Philip José Farmer)

La machine à parler avec l'au-delà.jpgA Los Angeles, Gordon Carfax, professeur d'histoire à l'Université Traybeil de Busiris Illinois et ancien détective privé, fait une déclaration fracassante dans un journal, le National Questioner à propos du Médium, un appareil censé permettre de dialoguer avec l'au-delà. Il pense qu'il permet d'entrer en contact avec un autre monde, mais que pour expliquer ce phénomène, il est inutile de recourir au surnaturel. Comme Western, le propriétaire de cette extraordinaire invention, en tire un énorme profit, un sénateur demande qu'on en étende l'usage à l'homme de la rue. Et Western va encore plus loin, il brandit l'immortalité sous le nez des hommes politiques et des milliardaires et propose même d'en faire une sorte d'assurance « éternité » grâce à diverses manipulations et transferts d'identités. Mais très vite, Patricia, la nièce de Carfax, débarque avec armes et bagages chez son oncle. Elle est persuadée que Western en veut à sa vie...

Cette « machine pour parler avec l'au-delà » ne se contente pas de permettre d'entrer en contact avec les défunts. C'est beaucoup plus qu'une table tournante. Ses potentialités sont vraiment impressionnantes : résurrections, transferts et bien d'autres manipulations sont possibles. Et déjà là, le bât commence à blesser. Trop c'est trop. Le lecteur se retrouve dans une histoire qui ne tient plus debout, n'a quasiment aucune logique et pas la moindre pan de vraisemblance, ce qui serait acceptable si c'était fait avec légèreté, humour et style. Mais ce n'est pas le cas. Pour ne rien arranger, Farmer tente de jouer à la fois sur le terrain du fantastique et sur celui de l'intrigue policière comme s'il courait deux lièvres à la fois. Le résultat n'est pas loin d'être catastrophique. Avec un sujet aussi original, il est vraiment dommage de ne pas avoir su exploiter toutes les conséquences. La mafia, par exemple, voit d'un très mauvais oeil que l'on puisse dialoguer et même ramener à la vie des gens assassinés par ses soins... Ils pourraient parler... Ce pan de l'affaire (comme bien d'autres) est bâclé en une ou deux pages alors qu'il aurait mérité un long développement. Et pour ne rien arranger, trop de dialogues, aucune explication, des personnages sans consistance et une intrigue qui ne tient pas la route. On dirait une sorte de scénario pour le cinéma ou un brouillon assez peu compréhensible. Un ensemble décevant. Pas le meilleur livre du grand Philip José Farmer !

2,5/5

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25/03/2014

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (Jonas Jonasson)

Le vieux qui ne voulait pas (Jonas Jonasson).jpgC'est la fête dans cette maison de retraite suédoise. Les pensionnaires, le personnel et les autorités locales s'apprêtent à célébrer l'anniversaire d'Allan Karlsson qui vient d'avoir cent ans. Mais celui-ci ne tient pas du tout à participer aux agapes. En robe de chambre et charentaises, il saute par la fenêtre de sa chambre et file à la gare routière. Il y rencontre un jeune voyou qui lui demande de garder sa valise le temps qu'il aille aux toilettes. Mais voilà que l'autocar arrive. Allan monte à bord avec l'énorme bagage. Il part à l'aventure en demandant au chauffeur un billet équivalent à une somme de cinquante couronnes, autant dire qu'il va se retrouver au milieu de nulle part avec les voyous, la police et la justice aux trousses...

« Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire » est à la fois une sorte de conte philosophique et un roman d'aventures aussi picaresques que déjantées rempli de personnages hauts en couleurs et de situations aussi cocasses qu'improbables. En parallèle et en repartant de 1929, l'auteur raconte la vie extraordinaire de ce centenaire qui fit deux fois le tour du monde, réchappa toujours par miracle dans des circonstances dramatiques et croisa la route de Franco, Truman, Staline, Mao Tsé Toung et Churchill. Grand spécialiste des explosifs, il fit sauter la ville de Vladivostock pour échapper au Goulag et donna la formule de la bombe atomique aux soviétiques. Cela est tellement énorme et tellement invraisemblable que l'on marche à fond et que l'on gobe tout, à la condition d'être bon public et de laisser tout esprit critique et tout cartésianisme au vestiaire. Il faut dire que l'humour et l'esprit déjanté sont tellement présents qu'ils emportent tout sur leur passage pour le plus grand plaisir du lecteur. Un bouquin tonique et revigorant véritable antidote à la morosité ambiante. Il devrait être remboursé par la Sécurité Sociale.

4,5/5

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23/03/2014

Décadence (Sylas)

Décadence (Sylas).jpgCeinte de hautes murailles blanches, la cité de Twynte est devenu un monstre urbain qui ne peut plus s'étendre qu'en hauteur ou en profondeur. Elle a multiplié les coursives, les entassements, les enchevêtrements de constructions au point de se transformer en dédale labyrinthique fort inquiétant. A la demande d'un Remarquable, Fahim Lévi, un devin aidé de Carl son garde du corps, mène l'enquête sur une sombre affaire de trafic d'organes. Ses premiers soupçons se portent sur une certaine Agatha Print qui officie comme envoûteuse à la clinique de la ville. Elle serait partie prenante d'un complot organisé par La Bulle Rouge, une société secrète qui chercherait à procéder à des amputations sauvages sur des vivants pour pouvoir pratiquer des greffes sur des magiciens atteints de « Décadence ». En effet, à force de pratiquer leur art, tous finissent un jour ou l'autre par perdre l'usage d'un membre ou d'une faculté. Fahim pourra-t-il élucider ce mystère ? Et quel rôle jouera Badia, jeune fille disposant d'un PMI (Potentiel Magique Individuel) si exceptionnel qu'il intrigue le haut Conseil des Sorciers ?

« Décadence » est un roman de fantaisie qui ne manque pas d'originalité. L'auteur y a privilégié la conduite d'une enquête policière style Hercule Poirot ou Sherlock Holmès avec une fin aussi classique que surprenante, ce qui n'est pas très fréquent dans ce genre littéraire. Il s'est également intéressé à un thème qui n'a rien de médiéval ni de fantastique : celui du trafic d'organes et d'improbables greffes, ce qui ne manque pas de sel à une époque où la civilisation en est encore aux porteurs d'eau ! L'ensemble donne une intrigue intéressante, bien menée et avec des personnages crédibles quoi que souvent esquissés à trop grands traits. Le style est vivant et agréable à lire avec un petit bémol : quel besoin a eu l'auteur de se lancer dans une nouvelle façon de comptabiliser le temps avec des déciheures, des centiheures et des milliheures, ce qui n'apporte rien, sinon de la confusion et d'inutiles calculs chez le lecteur. Et bien entendu, fin ouverte pour pouvoir mettre en place une saga, graphisme ésotérique en couverture et l'inévitable glossaire permettant de traduire les inventions lexicales de l'auteur, originalité si répandue et si systématique qu'elle en devient parfaitement convenue. Sinon, un bon ouvrage de divertissement qui ne sera sans doute pas LE livre de fantaisie de l'année mais qui mérite quand même le détour.

3,5/5

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