25/08/2014

Bureau des spéculations (Jenny Offill)

Bureau des spéculations.gifLa narratrice, professeur de littérature à l'université est également documentaliste dans une revue scientifique chargée de la rubrique « Le Saviez-vous ? » Elle essaie ou a essayé de vivre de sa plume en servant de nègre à un riche qui veut écrire un livre sur la conquête de l'Espace. Elle vit dans un appartement infesté de souris. Après une première fausse couche, elle met au monde un bébé, une petite fille qui pleure beaucoup et très fort. Elle se dispute de plus en plus souvent avec son mari. Petit à petit son couple part à vau-l'eau. Son mari commence par lui proposer une séparation provisoire. La narratrice se doute bien qu'elle finira par se retrouver un jour seule avec sa fille...

De l'autofiction au nombrilisme, il n'y a qu'un pas que Jenny Offill franchit allégrement. Avec un sujet aussi quelconque et aussi peu original, il lui aurait fallu être une narratrice et une styliste de haute volée pour dépasser le niveau du journal intime juste bon à aller dormir au fond d'un tiroir. Le lecteur se demande d'ailleurs quelle vilaine mouche a piqué l'éditeur pour oser proposer pareille somme d'insignifiance et de faiblesse narrative. Commencée à la première personne du singulier, cette juxtaposition de notes, anecdotes et impressions jetées à la va vite et sans ordre ni soupçon d'intrigue vraiment construite, se termine à la troisième personne du singulier avec pour personnage « la femme » ! De qui parle-t-elle ? D'elle-même ? D'une autre ? De l'éternel féminin ? Un flou pas très artistique règne dans ce texte assez ennuyeux et déplaisant autant par le fond que par la forme. Seul point positif : une relative brièveté du discours (132 pages) avec quand même quelques redîtes et répétitions. Vite lu, vite oublié...

2,5/5

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23/08/2014

EXPRESSO LOVE (Chapitre 3)

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20/08/2014

Mambo, mambo (Ysabelle Lacamp)

Mambo, mambo.jpgAlors qu'elle n'a que six ans, la petite Louise voit son père partir à la guerre pour n'en pas revenir. Fait prisonnier et placé dans une ferme, il a préféré en mai 1945, rester avec la fermière allemande plutôt qu'aller retrouver sa famille française. Puis c'est au tour de sa mère d'abandonner Louise quand elle a une vingtaine d'années et qu'elle suit des cours d'art dramatique. Elle veut suivre « Le Shérif », son nouveau compagnon qui a décidé de retourner vivre aux Etats-Unis. Se sentant libre et sans attache, Louise accepte une proposition mirobolante : acheter avec son amie Zoé et deux autres jeunes gens une hacienda en Equateur. Il s'agit en fait d'une pure escroquerie qui les laisse sans argent mais n'empêchera pas Louise de monter un restaurant français qui rencontrera un joli succès jusqu'à ce qu'un certain Ramirez en fasse son quartier général et entraîne Louise dans une nouvelle galère...

« Mambo, mambo » démarre sur les chapeaux de roues comme un haletant roman d'aventures dans une inspiration assez proche de celle de pointures anciennes comme Georges Arnaud, Jacques Perret, Blaise Cendrars ou MacOrlan avant de s'achever sur une note nettement plus sentimentale et mélancolique. Féminité oblige. Quelle aventurière hors pair que cette charmante petite Louise ! Elle accumule sur sa tête les péripéties, coups du sort et catastrophes en tous genres. Elle participe sans le vouloir à une tentative de coup d'état, elle se retrouve dans une horrible prison en pleine jungle, elle s'improvise cuisinière, chanteuse, chercheuse d'or, dame de compagnie d'une danseuse étoile caractérielle, patronne de restaurant et même négociante en langouste surgelée... Elle est en butte à la mafia, survit à un tremblement de terre, se fait voler, escroquer et dépouiller à plusieurs reprises et redémarre ruinée mais toujours battante ! Cela fait un peu beaucoup côté vraisemblance mais ça passe grâce au style simple, efficace et rythmé d'une romancière sympathique qui n'a pas son pareil pour faire partager cette rage de vivre contagieuse et enthousiasmante.

4/5

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18/08/2014

Les grandes mystifications de l'Histoire (Patrick Pesnot)

Les grandes mystifications de l'Histoire.jpgLa fête du 14 juillet ne célèbre pas la prise de La Bastille de 1789, mais le souvenir de la fête de la Fédération de 1790... Une vaste opération d'intoxication menée par les services secrets britanniques est à l'origine de la folle escapade de Rudolf Hess en mai 1941... De jeune Tunisiennes auraient été enrôlées pour accomplir un djihad sexuel auprès des islamistes en Syrie. Info ou intox ?... Depuis 2003, personne n'a encore trouvé trace des armes de destruction massive stockées en Irak par Saddam Hussein... Jeanne d'Arc n'a jamais été bergère et n'a jamais gardé de moutons... Roland, le neveu de Charlemagne a sans doute été tué par des Vascons (Basques) et non par des Sarrazins et peut-être ailleurs qu'au col de Roncevaux... Le masque de fer n'aurait été qu'un valet coupable de l'empoisonnement de son maître et non le frère jumeau de Louis XIV... Les soldats transportés par les taxis de la Marne n'ont été pour rien dans la victoire du même nom... Guillaume Tell n'a jamais existé. Benjamin Franklin n'a pas inventé le paratonnerre pas plus qu'Edison la lampe à incandescence ni le baron Bich le stylo à bille...

Tels sont quelques-unes des révélations de ce livre qui prend l'Histoire par le petit bout de la lorgnette, celui des aménagements, des mythes, des idées reçues, des forgeries et autres mystifications enseignés aux écoliers. Au total, 38 faits ou évènements qui ne furent pas exactement ce qu'on en a raconté pour toutes sortes de raisons dont celle de la propagande politique n'est pas la moindre. Bien entendu, cette compilation à la Prévert est loin d'être exhaustive. Le lecteur ne trouvera rien sur d'autres affaires plus inquiétantes et moins anecdotiques comme l'attaque sur Pearl Harbour ou toutes les opérations menées sous fausse bannière par exemple. Au bout du compte, un livre amusant, divertissant, vite lu, mais, par son principe même, sans grande profondeur sinon celle de faire toucher du doigt que l'Histoire doit rester une perpétuelle recherche et non une science exacte bâtie sur des dogmes coulés dans le bronze.

3,5/5

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16/08/2014

Pensées en chemin (Axel Kahn)

Pensées en chemin.jpgDu 8 mai au 1er août 2013, le médecin, généticien et, dans une moindre mesure, politicien Axel Kahn a traversé la France à pied du nord au sud, de Givet dans les Ardennes à Ascain au Pays Basque. Il en a profité pour arpenter toute la partie française du chemin de Saint Jacques de Compostelle du Poy en Velay à Saint Jean Pied de Port, mais en prenant soin d'éviter les hébergements collectifs et en se sustentant dans des auberges et des restaurants. Dans de nombreuses villes, des délégations d'élus et de journalistes locaux ou nationaux l'attendent. Il donne des conférences très suivies et informe chaque soir ses « followers » de sa progression grâce aux photos prises par son smartphone dernier cri et à l'aide de compte-rendus envoyés depuis sa tablette tactile. Ni véritable pèlerin, ni randonneur de base, Axel Khan, qui se déclare ouvertement agnostique, marche pour rencontrer la France d'en bas. Ce qu'il découvre au fil de sa lente progression le fera-t-il changer d'avis sur ce qu'il appelle « sa France », celle qu'il aime et qui ne ressemble pas tout à fait à l'image qu'il s'en était faite au départ ?

« Pensées en chemin » est un peu le journal de bord ou le carnet de route de cette traversée originale de la France. Axel Kahn ne cache pas avoir trouvé l'idée chez Jacques Lacarrière en lisant « Chemin faisant », magnifique ouvrage qui marqua son époque. Si l'inspiration et l'itinéraire sont voisins, l'esprit et la réalisation en sont assez éloignés. Près d'un demi-siècle sépare les deux « intellectuels », le pays a bien changé, les mentalités également. Les friches industrielles abondent maintenant, les villes sinistrées également. Dans chaque bassin d'emploi, la mondialisation a entraîné des délocalisations, des fermetures d'usines et de sites de production et au bout du compte du chômage. Même la filière bois nous a échappé. Les arbres de nos forêts sont abattus pour être transformés en parquets ou en meubles en Chine avant d'être revendus chez nous ! Kahn cherche désespérément les fameuses « destructions constructives » et ne trouve que les destructions, les créations étant réservées aux pays émergents et peu susceptibles de revenir là où elles ont disparu. Pour ne rien arranger, le mois de mai 2013 voit une météo particulièrement défavorable pour le marcheur : pluie, froid, vent, neige ou glace. Mais rien n'arrête le vaillant narrateur qui aligne les étapes avec un courage remarquable. Bien que moins charmant et moins poétique que « Chemin faisant », cet ouvrage est néanmoins fort agréable et fort intéressant à lire. Le passionné de voyages à pied le dévorera sans aucun problème.

4/5

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11/08/2014

L'effroyable tragédie (Marie-Pierre Rey)

L'effroyable tragédie.jpgEn 1812, alors que presque toute l'Europe continentale est sous sa domination, Napoléon 1er rassemble la Grande Armée qu'il a renforcée par de nombreux contingents venus de Pologne, Suisse, Autriche, Allemagne et autres lieux et se lance à l'assaut de la Russie. Face à lui, le tsar Alexandre 1er organise la résistance avec des forces comparables en nombre sous les ordres de Barclay de Tolly, de l'impétueux prince Bagration et surtout du vieux général Koutousov. Mis à part la sanglante et inutile bataille de Borodino, peu de véritables affrontements titanesques mais plutôt une guerre d'usure et de partisans faite de replis stratégiques et surtout de l'emploi systématique de la terre brûlée. Alexandre 1er profite de l'immensité de son territoire pour prendre peu à peu le dessus sur son adversaire avancé loin de ses bases et confronté à d'insolubles problèmes de logistique et de ravitaillement. Il organise l'incendie gigantesque de Moscou, sa sainte capitale, qui marque le point d'arrêt de la campagne de Russie et le début de la fin de l'Empire français.

« L'effroyable tragédie » est un document de recherche historique qui mérite bien son titre. On y découvre que cette campagne peu glorieuse dépassa en horreur toutes les précédentes. Des centaines de milliers de braves grognards partis vers l'est ne revinrent de cet enfer glacé que quelques pauvres milliers d'éclopés et de traumatisés. On assista aux plus abjectes manifestations de la méchanceté humaine, le froid, la faim, la peur ou la haine poussant les gens aux pires extrémités : anthropophagie, torture, exécutions sommaires, lynchages, viols, incendies, pillages et autres. Bien que décrivant indifféremment les deux camps en présence la plupart du temps au plus haut niveau (grâce à un remarquable travail de recherche dans les archives, les pages de notes et la riche bibliographie en attestent), l'auteur arrive également, grâce à des témoignages émouvants, à faire partager les souffrances incroyables des combattants. La campagne de Russie fut peut-être la première des guerres vraiment modernes, car elle fut totale, sans pitié aucune, elle tua autant de civils que de militaires et elle utilisa tous les moyens de destruction possible. Ouvrage sérieux, bien construit et intéressant pour qui se passionne pour cette période de l'histoire qui vit la fin du long et douloureux cycle des guerres révolutionnaires. En conclusion, le lecteur découvrira les conséquences proches et lointaines de cette cruelle et folle expédition. Il y apprendra également qu'Alexandre 1er se montra plus humain, plus magnanime et peut-être plus démocrate (en paroles et sans doute en intentions) que son adversaire plus soucieux de sa gloire et de son pouvoir...

4/5

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07/08/2014

Le testament de Galilée / Tome 2 Le parchemin (Sébastien Tissandier)

Le testament de Galilée2.jpgEn sortant du sarcophage de pierre fabriqué autrefois par Galilée, Anna a découvert qu'elle disposait maintenant d'un pouvoir tout à fait exceptionnel. Elle est capable d'accaparer à son seul profit les capacités de tous les autres mutants par simple contact de la main. Après avoir absorbé la puissance d'Hector le colosse, homme à tout faire des Originels, elle s'attaque à Carry, la bibliothécaire capable de mémoriser n'importe quel livre. Celle-ci l'implore de lui rendre la liberté maintenant qu'elle a obtenu ce qu'elle voulait. Anna comprend la requête dans un sens un peu particulier. Elle laisse Hector briser la nuque de Carry. Pour atteindre son rêve fou d'omnipotence, il ne lui restera plus qu'à s'emparer de la liste des trente deux mutants du Professeur Lombard, opération qui va se révéler plus compliquée que prévue.

Ce deuxième tome du « Testament de Galilée » se caractérise par une certaine brièveté (156 pages seulement) et par le fait qu'il ne permet toujours pas de découvrir le fin mot de cette histoire. Certes l'action se développe dans une quête aux pouvoirs un peu répétitive et dans l'évolution des principaux personnages. Jules, amoureux d'Emma, a trouvé en elle la femme de sa vie. Elle termine enceinte l'épisode et l'on nous promet d'ailleurs un troisième tome intitulé « L'enfant ». Un grand nombre de personnages secondaires passent de vie à trépas, quelques agents des services secrets américains travaillant en « free-lance » interviennent sans que l'auteur ne nous éclaire sur le contenu de ce fameux testament de Galilée ni sur la composition de la société secrète des Originels ni sur le but final de toute cette agitation... Un ensemble agréable à lire et divertissant mais que le lecteur aurait nettement préféré présenté d'un seul tenant ! A noter quelques répétitions, faiblesses lexicales et coquilles, heureusement peu nombreuses.

3,5/5

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04/08/2014

L'enquête Campbell (Colin & Thomas Campbell)

L'enquête Campbell.jpgIl y a deux mille cinq cent ans déjà, Hippocrate déclarait : « Que l'aliment soit ton seul médicament », postulant par là qu'une bonne santé restait irrévocablement liée à une bonne alimentation. De nos jours, Colin Campbell, en s'appuyant sur de nombreuses études scientifiques et expériences en laboratoires, apporte la preuve définitive de ce lien de cause à effet. Il démontre que manger de la viande et boire du lait augmentent nettement les risques de cancer et de maladies cardio-vasculaires sans oublier le diabète, l'ostéoporose et autres douloureuses maladies auto-immunes.

Best-seller international, cet essai majeur se présentant comme un gros pavé relativement facile d'accès a été traduit dans plus de trente pays. Il fait l'implacable démonstration de la nocivité de la malbouffe occidentale qui n'est pas faite que de donuts, hamburgers et autres hotdogs mais aussi d'une part trop importante donnée aux protéines animales et aux laitages. Il prône une alimentation végétarienne basée sur les légumes, les fruits et les céréales complètes, seul régime permettant de réduire de façon impressionnante les risques de cancer et autres. Le lecteur s'étonnera que personne ne lui ait diffusé plus tôt pareilles informations, mais quand il découvrira la puissance et les manoeuvres des lobbies pharmaceutiques et agro-alimentaires, il comprendra pourquoi l'argent qui mène le monde n'a aucun intérêt à ce qu'une telle information se diffuse. A lire absolument si l'on veut en savoir un peu plus sur les voies de la bonne santé et surtout si l'on ne veut pas « creuser sa tombe avec ses dents ! »

5/5

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01/08/2014

La guerre invisible (Minano & Pascual)

La guerre invisible.jpgEn 2010, dans l'armée américaine, un viol était commis toutes les trois heures... Dans l'armée australienne, en 1995, 62% des soldates se disaient victimes de harcèlement... Dans l'armée suédoise, 35,9% des femmes déclaraient avoir été victimes de harcèlement sexuel... Dans l'armée britannique, c'est deux tiers. Dans l'armée israélienne, 500 soldates ont déposé plainte pour harcèlement et agressions sexuelles en 2012... Et dans l'armée canadienne, en 1997, la police militaire était saisie de 145 plaintes pour agression sexuelle... Et dans l'armée française ? Silence radio ! Circulez, y a rien à voir ! Ne pouvant pas y croire, deux journalistes ont mené l'enquête, épluché la presse, consulté les archives et découvert une soixantaine d'affaires jugées ou en passe d'être jugées. Elles ont également recueilli une centaine de témoignages de victimes. Cet ouvrage en est le résultat. Dans les écoles militaires, et même à Saint Cyr, au sein de l'armée de terre, de l'armée de l'air, de la Marine ou de la gendarmerie, c'est partout la même histoire. Depuis la fin du service militaire et l'ouverture aux femmes des métiers des armes, les femmes sont vécues comme des intruses, rejetées, moquées et parfois traitées comme des objets sexuels. Harcèlement, grivoiseries, rumeurs, photomontages pornographiques, attouchements, propositions indécentes et agressions pouvant aller jusqu'au viol en réunion peuvent à tout moment se produire et dans une proportion beaucoup plus importante que l'on peut s'imaginer. En effet, moins de dix pour cent des victimes portent plainte. Si elles ont le courage de s'y résoudre, la hiérarchie le prend très mal. En général, c'est la plaignante qui est déplacée alors que l'agresseur est maintenu dans son poste. Quand elles ne sont pas purement et simplement enterrées, les procédures sont interminables et les sanctions souvent minimes.

Une enquête de grande qualité. Tous ces témoignages font froid dans le dos. Ils permettent de se rendre compte que l'armée française, la plus féminisée d'Europe (avec 15% de femmes), n'est pas exempte des tares de ses consoeurs. Elle serait juste un peu plus hypocrite et même un peu moins disposée à lutter contre ce fléau. Livre utile et même indispensable pour lever un coin de l'omerta. Permettra-t-il de faire évoluer les choses ? On peut toujours l'espérer...

4/5

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29/07/2014

Parrains de cités (Jérôme Pierrat)

Parrains de cités.jpgJérôme Pierrat, journaliste de presse écrite et de télévision, a mené l'enquête dans le monde assez opaque des caïds du trafic de stupéfiants. Il a remonté les filières d'approvisionnement en cannabis depuis le Rif marocain jusqu'aux milliers de plate-formes de distribution de nos banlieues ou d'ailleurs en passant par les plaques tournantes d'Espagne comme la Costa del Sol. Il a découvert une noria impressionnante de centaines de kilos voire de tonnes de marchandise qui passent chaque jour le détroit de Gibraltar sur des hors-bords aux moteurs ultra-puissants avant de traverser l'Espagne puis la France à bord des fameux « go-fast », ces convois de voitures ultra-rapides qui arrivent la plupart du temps à déjouer la vigilance de la douane et de la police. Il décrit également, en suivant le parcours de gangsters comme Rédoine Faïd, Saïd Ahmed Yousfi, Moustapha Djilali Boufla, Jamel Belchir dit « Le Moustique » et tant d'autres, comment le grand banditisme d'autrefois, après quelques déboires dans les attaques de fourgons blindés ou les hold-ups de banque, s'est reconverti dans le H et la cocaïne en s'alliant avec les jeunes trublions des cités sensibles.

Un ouvrage basé sur un nombre impressionnant d'affaires (la plupart portant la mention « cette affaire n'ayant pas été jugée au moment de la parution de cet ouvrage, les personnes évoquées sont présumées innocentes des faits supposés) qui se ressemblent toutes et finissent plus ou moins de la même manière c'est à dire soit en prison, soit avec une rafale de kalachnikov généreusement envoyée. Quand il réalise que les volumes saisis représentent à peine un dixième de la totalité de la drogue en circulation, le lecteur peut prendre conscience de l'énormité du problème. Reste dans l'ombre et sans doute est-ce le point faible de cette enquête, le sommet de la pyramide, les « big boss », les grands patrons, banquiers, financiers et autres blanchisseurs d'argent sale. Pierrat se contente d'évoquer l'affaire El Maleh et ses ramifications au plus haut niveau de l'Etat et dans les banques suisses. C'est un peu court et le lecteur reste sur sa faim. Il aurait aimé en savoir nettement plus que ce qu'il avait déjà pu lire au fil des jours dans son journal. Enquête compilation intéressante quand même.

3,5/5

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26/07/2014

Africafrance (Antoine Glaser)

Africafrance.jpgPendant des années, depuis le temps des indépendances, la France a mené une politique africaine qu'elle croyait toute-puissante, paternaliste et dominatrice. Sous la houlette de Jacques Foccard, les chefs d'état africains défilaient dans le bureau du général de Gaulle si nombreux et si souvent pour repartir avec instructions et enveloppes bien garnies que l'homme de Colombey ne cachait pas son agacement. C'était le temps de la Françafrique qui se poursuivit jusqu'à François Mitterand qui plaça son fils comme conseiller et dans une moindre mesure sous Jacques Chirac. Mais depuis Nicolas Sarkozy et François Hollande, il semble que les choses aient évolué, que la donne aie changée et que Françafrique se soit transformée en Africafrance tant le continent qui regorge de richesse et de potentiel autant matériel qu'humain (1 milliard d'habitants et bientôt 2 milliards vers 2050 !) intéresse tout le monde, Chine, Etats-Unis, Israël, Inde, Qatar, Brésil etc... et même les loges les plus huppées ! Seules nous resteraient dévolues, et pour combien de temps, les opérations militaires (Mali, Centrafrique) réalisables grâce à la présence de bases dans divers pays et de forces stationnées aux points stratégiques. Pour tout le reste, nous serions en perte de vitesse et même en position de demandeur et d'obligé. Etrange retour des choses, mais qui paie commande...

« Africafrance » est un essai de bonne qualité, illustré de nombreuses anecdotes et révélations sur les coulisses de la politique africaine. La montée aux pouvoirs de nombre de ces potentats est particulièrement intéressante. On y voit très souvent la main de la France. Tel qui plaisait un jour, déplait le lendemain. Tel qui était rejeté se retrouve premier personnage suite à un coup d'état « appuyé » pour ne pas dire fomenté par l'armée française. Chacun des chapitres étudie un pays en particulier. Ainsi sont passés en revue le cas de l'Ivoirien Alassane Ouattara, du Congolais Sassou Nguesso, du Nigérien Mahamadou Issoufou, du Tchadien Idriss Déby, du Camerounais Paul Biya, du Burkinabé Blaise Compaoré, du Sénégalais Macky Sall, du Guinéen Alpha Condé et du Gabonais Ali Bongo. Certains pays d'Afrique francophone passent donc au travers des mailles du filet (Mali, Centrafrique, Bénin...). Les prises d'otages français ne sont abordées que très superficiellement. Même chose pour la corruption, les prises d'intérêts et les enrichissements personnels. Livre intéressant, bien documenté mais non exhaustif sur le sujet.

4/5

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23/07/2014

Je veux être futile à la France (François Morel)

Je veux être futile à la France (Morel).jpgFrançois Morel, révélé par les « Deschiens », acteur de cinéma et de théâtre, metteur en scène, chanteur et écrivain couvert d'honneurs (Prix Alphone Allais 2012, Prix Raymond Devos 2013, Nomination aux Molière 2014...) aime Sempé et Stéphane Guillon. Ses chanteurs favoris sont Trenet, Brassens, Moustaki, Barbara et Higelin. Et ses faveurs politiques vont à Jean-Luc Mélenchon et à Stéphane Hessel. On comprend pourquoi Jean Rochefort le traite de ruralo-prolo-gaucho un peu ringard dans sa très aimable préface. Son livre, « Je veux être futile à la France » est la simple retranscription/compilation des chroniques qu'il donna chaque vendredi matin sur France Inter de 2011 à 2013 plus quelques inédits pour faire le compte. En dehors du côté trivialement commercial de cette édition, on ne voit pas bien quel intérêt littéraire peut se cacher dans ces textes manifestement écrits sur un coin de table et qui ont déjà vieilli car trop axés sur l'actualité vue par le petit bout de la lorgnette, le fait divers, le micro-évènement aussi vite connu qu'oublié... Un brin taquin, un tantinet Jean de la Lune, amusant, léger, futile (sans doute le meilleur adjectif pour le décrire), Morel ne cache pas ses sympathies de gauche. Il amuse la galerie et reste bien conforme à la pensée dominante. Il est autant le gentil que Guillon est le méchant idiot utile de nos médias abrutissants. Au bout du compte, ces petits textes restent assez inégaux, plus souvent laborieux que franchement géniaux, parfois poétiques mais souvent lourdingues. Avec Morel, amuseur ni rebelle ni moraliste, on patauge plus souvent dans la guimauve que dans le vitriol et c'est bien dommage. N'est pas Coluche ou Desproges qui veut...

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20/07/2014

Notre Dame des Landes (Hervé Kempf)

Notre Dame des Landes.jpgQue s'est-il passé à Notre Dame des Landes ? Qu'en était-il réellement de ce projet controversé ? Cet aéroport nantais supplémentaire était-il vraiment nécessaire ? Et qui étaient ces opposants qui ont forcé le pouvoir socialiste à suspendre provisoirement la pression après s'être déconsidéré par une absence de concertation et des violences policières indignes d'une démocratie apaisée ?

Ce livre propose toute une enquête bien documentée, bien écrite, qui n'a pas grand chose à voir avec le traitement présenté par les médias « mainstream ». Notre Dame des Landes est en fait un très vieux projet datant des années 70, reposant sur des expertises erronées ou obsolètes. On croyait par exemple qu'avec 1 million de voyageurs, l'ancien aéroport serait saturé. On en était en 2012 à 3,6 millions et certaines infrastructures étrangères de même envergure arrivent à en accueillir 10. Plus inquiétant encore, le projet a été concédé à la société Vinci qui a obtenu en prime la gestion de l'autre aéroport de Nantes et qui lorgne sur la privatisation d'Aéroports de Paris. Quand on se rappelle que cette société s'est vue attribuée la gestion des autoroutes pour des sommes ridicules (ASF acquis pour 6 milliards d'euros alors qu'elle en rapporte 1 par an !), quand on découvre que le Qatar est le principal actionnaire de ladite société et que le préfet qui fut en première ligne pour soutenir le projet et tenter de déloger les squatters, après un court séjour à la Cour des Comptes s'est retrouvé Conseiller du Président de Vinci, quand on imagine la mine de pots de vin que peut représenter cette affaire, il est difficile de ne pas avoir de doutes sur la pertinence de ce projet et sur la sincérité du pouvoir.

Un très bon travail d'investigation, une enquête sérieuse menée par un journaliste qui fut dessaisi de l'affaire par le journal Le Monde. Toute l'histoire d'un soulèvement populaire (d'une cinquantaine au début, les opposants se retrouvèrent 40 000 sur le site après la brutale répression policière) vue du côté des « Zadistes » (néologisme bâti sur l'acronyme « ZAD, détourné en Zone à Défendre) avec beaucoup d'empathie assumée pour les opposants. Dans ce bocage boueux, deux mondes s'affrontent, deux visions de l'avenir et deux conceptions de la démocratie. Oligarques puissants et corrompus contre petites gens sans grands moyens. Conservateurs progressistes et mondialistes contre paysans, anarchistes, écologistes, ou décroissants. Démocratie « représentative », autiste et hautaine contre démocratie participative, auto-gestionnaire et autarcique... Un livre qui va bien au-delà de cette lutte locale pour atteindre à l'universel, aux enjeux majeurs de notre époque. A lire absolument.

4,5/5

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17/07/2014

Le tour de la France, exactement (Lionel Daudet)

Le tour de la France.jpgC'est un pari fou, un exploit hors du commun qu'a réalisé en quinze mois Lionel Daudet, l'alpiniste aux huit orteils gelés et amputés, celui de suivre scrupuleusement tous les contours de notre Hexagone, en suivant la frontière sur ses lignes de crêtes, ses fleuves, ses rivières, ses littoraux et même ses îles. Cela nécessita une logistique impressionnante : un important matériel d'alpinisme plus un camping-car pour son épouse qui l'a suivi la plupart du temps, de nombreux points de ravitaillement, un voilier, des kayaks, un parapente ou des vélos (aucune utilisation d'énergie fossile), mais également une détermination de tous les instants et surtout la coopération, l'entraide et la participation de plus de deux cent bénévoles, alpinistes, kayakistes, vététistes et autres pour permettre la réalisation de ce « Dodtour » totalement démentiel. Ceci n'enlève rien à la valeur de l'exploit. Plus de dix mille kilomètres parcourus quasiment jamais sur un sentier ni sur une route. 500 000 mètres de dénivelés soit l'équivalent de cinquante fois l'ascension de l'Everest sans parler de deux ascensions du Mont Blanc (point de départ et d'arrivée), du tour de la Corse ou de l'île d'Ouessant en kayak, la plupart du temps dans des conditions météo difficiles.

Un livre magnifique. Une formidable leçon de courage. Un défi magnifique et parfaitement inutile au cours duquel l'auteur risqua plusieurs fois sa vie (foudroyé en pleine montagne et sauvé par son sac à dos, rattrapé par les mains lors d'une chute dans le vide, échappant de justesse à la noyade...), mais fit aussi toutes sortes de belles rencontres et put constater combien la France est belle et combien ses habitants sont la plupart du temps de braves gens qui se sentent bien là où ils se trouvent en dépit de tous les problèmes actuels, ainsi conclut-il cette aventure extraordinaire. Plus qu'une simple relation d'aventure sportive hors normes, ce texte très bien écrit est une véritable oeuvre littéraire de grande qualité stylistique remplie de fraîcheur, de sagesse et de poésie. Un très agréable moment de lecture et d'évasion à ne manquer sous aucun prétexte.

4,5/5

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14/07/2014

EXPRESSO LOVE (Chapitre 2)

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12/07/2014

Soral et Dieudonné, la tentation antisémite (Jean Robin)

Soral et Dieudonné.jpgUn humoriste adulé par les médias à l'époque Elie et Dieudonné puis détesté et taxé d'antisémitisme suite à un sketch raté sur un colon israélien. Obligé de jouer dans un vieil autobus et continuant de rassembler un public de plus en plus important avant d'être carrément interdit de spectacle. Un intellectuel national socialiste (« droite des valeurs, gauche du travail ») ancien jet-setter, chouchou des médias et dragueur impénitent classé « bête immonde » et ennemi public numéro un. Deux individus peu recommandables ayant présenté une liste anti-sioniste financée par l'Iran pour une somme allant de 6000 à 3 millions d'euros. Des Zéniths pleins à craquer, des vidéos vues des centaines de milliers ou plus d'un million de fois. Un phénomène qui a de quoi intéresser si ce n'est inquiéter fortement.

Le livre de Jean Robin est une enquête sans concession, parfaitement documentée et étayée (nombreuses notes et sites en bas de page sans oublier les copié-collés de Wikipédia) qui mène le lecteur nettement plus loin que la surface des choses ou que l'écume des jours. Le plus intéressant étant sans aucun doute l'analyse des causes de cet antisémitisme qui semble prospérer dans notre pays paradoxalement depuis la mise en place de structures comme SOS Racisme, la Licra et autres associations de lutte contre une plaie qu'elles ne font en réalité que faire croitre et prospérer. Sans parler d'une loi Fabius-Gayssot si scélérate et si contre-productive qu'elle transforme deux histrions sans grande épaisseur en boucs émissaires, en martyrs, en victimes du système et au bout du compte en héros d'une certaine forme de rébellion et de transgression. Ne serait-ce que pour cette courageuse dénonciation, il faut lire ce livre avant qu'il ne soit trop tard.

3,5/5

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09/07/2014

Miracleman Tome 1 (Mick Anglo)

Miracleman.jpgA Londres, Mike Moran mène une vie paisible de journaliste en compagnie de sa femme Liz. Mais un jour, touché par une technologie dépassant l'entendement, il se transforme en prononçant le mot magique « Kimota! » en « Miracleman », le seul surhomme capable de protéger l'humanité en faisant usage de ses super pouvoirs. Il ne reste pas seul bien longtemps. En deux ans, il est rejoint par deux assistants, Young Miracleman et Kid Miracleman. Ensemble, ils combattent pour la justice dans un monde où les ténèbres s'épaississent. Ils se font appeler la « Famille Miracleman ». Ils semblent invincibles avant de disparaître dans les ténèbres du cosmos. Une vingtaine d'années plus tard, en 1985, Miracleman réapparaît pour se retrouver en butte aux assauts de Kid Miracleman, le dernier survivant de la famille qui a complètement oublié qu'il a été humain et qui oeuvre maintenant pour les forces du mal.

Ce très bel album co-édité par Marvel et Panini Comics est une compilation de quatre titres parus entre 1956 et 1983 à l'initiative d'un éditeur anglais qui souhaita créer un nouveau superhéros au moment où, suite aux démêlés judiciaires entre Fawcett Comics (Captain Marvel) et DC Comics (Superman), ce dernier accusant son concurrent de plagiat, il se retrouvait privé de droits de diffusion. Le résultat tient lui-même du plagiat ou de l'inspiration voisine. Billy Batson se transforme en Captain Marvel en murmurant la formule magique « Shazam », acronyme formé par les initiales des divinités ou héros suivants : Salomon (sagesse), Hercule (force), Atlas (endurance), Zeus (puissance), Achille (courage) et Mercure (vitesse). Mike Moran devient Miracleman en criant « Kimota » (« atomic » en verlan). Le collant bleu horizon et rouge ressemble assez à la célèbre tenue de Superman sans parler du concept lui-même. Tout ceci a plutôt mal vieilli, ce genre de science-fiction basique et populaire gardant ses aficionados sans plus jamais atteindre les tirages incroyables de la grande époque (1,4 million d'exemplaires par numéro pour Captain Marvel !). Le mérite de cet album est peut-être de pouvoir constater l'évolution du personnage au fil des ans autant pour les scenarii que pour les graphismes. On part du trait simple et naïf de son créateur Mick Anglo à toutes sortes de déclinaisons plus ou moins heureuses, sophistiquées, voire carrément psychédéliques. En effet, il faudra la bagatelle de sept auteurs et coloristes pour faire vivre ce « Miracleman » au fil du temps. Si tous ont essayé de respecter une unité de style, chacun a sa patte personnelle. Gary Leach semble avoir été le plus talentueux. Ouvrage à réserver aux amateurs du genre.

3/5

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04/07/2014

Le vent des moissons (Jean-Pierre Jaubert)

Le vent des moissons.jpgNon loin d'Orléans, Alexandre Leclerc règne en patriarche sur son domaine de « La Rose des vents ». Veuf très jeune, il ne s'est jamais remarié et a élevé ses trois enfants avec sa soeur Angélina restée vieille fille pour pouvoir seconder son frère. Le fils aîné a pu faire de bonnes études, devenir chirurgien, faire un beau mariage et se retrouver responsable de la clinique privée de son beau-père, comblant Alexandre de joie et de fierté. Il n'en a pas été de même avec Sylvie, fille-mère à 17 ans qu'il a chassé de la ferme en la maudissant et avec Maurice, champion cycliste en herbe qui s'est fait prendre pour dopage et a été interdit de compétition pendant deux ans. Sans oublier que l'exploitation agricole est trop petite et que son extension vire à l'obsession dans l'esprit d'Alexandre.

« Le vent des moissons » se présente comme un très classique et très bien ficelé roman de terroir alors qu'il s'agit au départ d'un feuilleton télé réalisé pour TF1 par Jean Sagols. L'intrigue est très bien menée, les péripéties, coups du destin et catastrophes en tous genres ne manquent pas de telle sorte que ce livre se lit très vite et qu'on peut difficilement le lâcher avant la fin. Les personnages bien campés sont tous pétris d'humanité depuis Alexandre le vieux patriarche bourru, autoritaire qui finit par faire le vide autour de lui jusqu'au fils de Sylvie, petit gamin attachant, en passant par les portraits de femmes avec leurs amours, leurs dévouements, leurs rebellions, leurs déceptions... Tout est finement observé même les problèmes du monde agricole, mécanisation à outrance, agrandissement exponentiel de la taille des exploitations et difficultés de plus en plus grandes à tirer un revenu de l'agriculture. Une belle réussite si on excepte une fin trop en « happy end » assez peu vraisemblable. Bonne expérience de lecture quand même. A conseiller aux aficionados du genre.

4/5

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Compte à rebours (Alan Weisman)

Compte à rebours.jpgSous-titré « Jusqu'où pourrons-nous être trop nombreux ? », cet essai-reportage annonce ouvertement la couleur. La population de notre planète en est à 7 milliards d'habitants, ce qui représente déjà un record unique dans son histoire ainsi que le résultat d'une croissance exponentielle qui fait froid dans le dos. Toutes les projections des démographes tendent à prouver que nous nous acheminerons assez rapidement vers les 10 milliards de terriens et même plus. Il semble que cette perspective proche (entre 2050 et 2100) ne soit pas supportable eu égard aux ressources limitées de la Terre. L'eau potable, les terres arables, les capacités halieutiques vont se révéler insuffisantes pour un tel afflux de population. Déjà aujourd'hui, plus d'un milliard d'humains ne mange pas à sa faim. L'eau commence à manquer dans plusieurs régions (Sahel, Inde, Pakistan et même aux Etats-Unis avec le triste bilan du Colorado). Du fait de la monoculture extensive, des intrants chimiques, insecticides et autres pesticides, des milliers d'hectares de terres agricoles sont devenus stériles et retournent peu à peu au désert. Qu'en sera-t-il demain ? Famines, guerres, migrations, émeutes de la faim. Si nous ne faisons rien, tout est envisageable et surtout le pire.

Pour étayer ce triste constat, l'auteur fait voyager son lecteur d'Israël, une terre « lasse », surpeuplée au bord de l'explosion ou de l'épuisement, en Inde en passant par le Pakistan, les Philippines, le Japon, l'Iran, les Etats-Unis, la Thaïlande, le Royaume-Uni et quelques autres. Un tour du monde des problèmes, des aberrations, des folies qui pose toujours les mêmes questions : Comment convaincre les gens qu'il est de leur intérêt bien compris de limiter les naissances au strict renouvellement des générations ? Comment faire évoluer notre mode de vie et de consommation pour ne pas épuiser les ressources de notre planète et qu'un avenir soit possible pour la race humaine ? Si les découvertes sont la plupart du temps dramatiques à un point tel que le lecteur se demande s'il n'est pas déjà trop tard, (L'Inde va dépasser la Chine. L'Afrique noire est en route pour le milliard de bouches à nourrir etc... ), quelques embryons de solution apparaissent ici où là. La meilleure prévention de la démographie galopante reste toujours l'éducation des petites filles. L'abandon de la consommation de viande permettrait de nourrir deux fois plus de monde. Pour ne citer que deux exemples. Un livre important, un brin aride et déprimant, mais indispensable car il montre à quel point la situation est grave... mais peut-être pas désespérée...

3,5/5

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02/07/2014

Voyages en absurdie (Stéphane de Groodt)

voyages en absurdie.jpgCe livre, sous-titré « Chroniques » est la simple transcription des interventions que depuis la rentrée 2012, Stéphane de Groodt présente tous les dimanches dans l'émission de Canal+ Le Supplément dans une chronique de quelques minutes intitulée « Retour vers le futur. » Il y raconte ses rencontres imaginaires et loufoques avec des personnages célèbres sur un ton humoristique mêlant jeux de mots, plaisanteries et calembours. Son humour absurde et très littéraire ainsi que le rythme effréné de ses jeux de mots le rapprochent d'humoristes comme Raymond Devos ou Pierre Desproges. Toutefois, lui-même se dit plutôt influencé par Pierre Repp. Véritable consécration, le 31 mai 2014, Aurélie Filippetti lui a remis le prix Raymond-Devos. L'ennui, c'est que lire ces amusettes toutes à la suite et se les voir distiller à petite dose une fois par semaine ne donne pas du tout le même résultat. Le lecteur s'aperçoit que l'amuseur a une petite recette déclinée ad lib. Chaque chronique débute systématiquement par quelque chose du genre : « Comme vous le savez sûrement et, si vous ne le savez pas, vous allez le savoir... », se poursuit par un voyage improbable, à dos de chameau ou de grand-mère, en pédalo ou en tire-tire (l'équivalent à l'envers du pousse-pousse), puis par une rencontre quasiment sans contenu et s'achève sur un retour à la maison en catastrophe. L'humour se veut léger, sans fond, sans ironie, ni méchanceté ni moquerie sur la personne, excepté quelques fines ou lourdes allusions musicales (Jacques Brel) ou littéraires (Céline). Mais la meilleure recette, quand elle est répétée cinquante fois, amène forcément une certaine lassitude. Dommage, car de Groodt est certainement un des humoristes les plus brillants de l'année. A quand une vraie oeuvre littéraire ? Là, ce serait un défi nettement plus difficile à relever. Même l'immense Devos, qui lui s'y risqua plusieurs fois, ne convainquit pas.

3/5

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30/06/2014

La révolution d'un seul brin de paille (Masanobu Fukuoka)

La révolution d'un seul brin de paille.jpgIl suffit de lire le sous-titre « Une introduction à l'agriculture sauvage » pour se faire une idée du propos de ce livre. L'agriculture industrialisée moderne avec machines, engrais, pesticides, insecticides, intrants divers et OGM mène l'humanité dans une impasse. Ni le producteur, ni le consommateur n'en tirent vraiment profit. Seuls les commerçants, les semenciers, les industriels de la chimie et autres constructeurs de machines agricoles sont gagnants alors que notre santé se dégrade et que le problème de la faim dans le monde, loin d'être résolu, risque encore de s'aggraver. Et là, Fukuoka, avec ses méthodes révolutionnaires de culture, pourrait bien détenir la solution. Depuis des dizaines d'années, il ne laboure plus, sème à tous vents, se contente de récolter le riz puis de resemer des céréales locales d'hiver en laissant la paille sur le sol. Tout repose sur le respect et l'imitation de la nature. Fukuoka n'utilise aucun engrais si ce n'est quelques fientes de ses poules et obtient des rendements équivalents aux meilleurs de l'agriculture moderne, mais sans épuiser la terre et en la rendant d'années en années de plus en plus fertile. En fait, il prône un retour au traditionnel, aux méthodes d'avant les machines, et même d'avant la traction animale. Pour lui, il suffit d'observer la nature, d'être moins intrusif et de toujours lui restituer tout ce qu'on lui prend. Toujours rejeté, méprisé ou moqué par l'institution, il a fait pourtant de nombreux adeptes. Des étudiants du monde entier viennent en stage sur sa ferme pour observer cette révolution tranquille et apprendre pour reproduire chez eux. Il fut l'inspirateur de la permaculture, technique qui rencontre de plus en plus d'écho dans le monde.

Qui veut s'informer sur cette agriculture « sauvage » doit lire ce livre finalement assez peu technique et en forme de témoignage touchant et poétique. Le message de paix et de respect de Fukuoka est aussi touchant que passionnant. Il nous fait toucher du doigt combien nous nous sommes éloignés de la nature et combien il est temps de s'en rapprocher. Produire sain, savoureux et local. Tout un programme... Magnifique objectif peut-être moins difficile à atteindre qu'on croît. Il suffit sans doute d'une bonne poignée de paille et d'un soupçon de bon sens.

5/5

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28/06/2014

Le jardinier-maraîcher (Jean-Martin Fortier)

Le jardinier-maraîcher.jpgJean-Martin Fortier et sa compagne Maude-Hélène Desroches ont fondé « Les jardins de la Grelinette » à Saint Amand, en Estrie (Québec), une microferme de moins d'un hectare qui est considérée comme un modèle de maraîchage biologique. Avec si peu de terrain et des conditions météos souvent difficiles, il parvient à produire suffisamment de légumes pour approvisionner deux cents familles, vivre de ses productions et même salarier un employé. Il fonctionne dans un système voisin des AMAP et pratique une agriculture respectueuse de l'environnement, s'inspirant de la permaculture et d'autres techniques naturelles mais en restant conscients de certaines limites. Ainsi ce qui est supportable (fruits ou légumes tachés, mal formés, biscornus) dans le jardinage familial ne l'est pas dans la vente aux particuliers et oblige à certains compromis. Et là se trouve la grande différence entre jardinage et maraîchage. Ce livre permet d'en mesurer toutes les joies et toutes les difficultés. De manière particulièrement concrète, l'auteur présente tous les aspects techniques et même financiers de ce genre d'entreprise, depuis l'étude de sol de départ jusqu'aux investissements, matériel et constructions indispensables en passant par les plannings de rotation de cultures et mille autres choses qui permettent de passer de l'amateurisme et le professionnalisme.

Si les puristes pourront reprocher certaines « adaptations » dans les méthodes de culture, les autres lui seront reconnaissants d'avoir très honnêtement mis cartes sur table et pourront plus facilement envisager leur reconversion en maraîchage biologique. Ils comprendront que ce n'est pas si simple et si merveilleux qu'ils se l'étaient peut-être imaginé. Cultiver des légumes et en vivre correctement est un vrai métier à plein temps qui ne supporte pas l'à peu près semble-t-il. Ce livre contrairement à tant d'autres, trop optimistes ou trop ésotériques, permettra aux postulants et aux passionnés de culture propre et saine de se faire une idée réaliste des choses. A noter également, une présentation soignée avec des tableaux de toutes sortes et de magnifiques illustrations de Marie Bilodeau.

4/5

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26/06/2014

Les cavaliers afghans (Louis Meunier)

Les cavaliers afghans.jpgEn 2002, enthousiasmé par la lecture des « Cavaliers » de Joseph Kessel, le jeune Louis Meunier, frais émoulu d'une grande école de commerce, décide de partir à l'aventure en Afghanistan plutôt que de se lancer dans le monde impitoyable des affaires. Employé par une ONG, il commence à découvrir le pays à Kaboul puis à Maïmaya, tout au nord du pays, aux confins du Turkménistan. Il est ébloui par la beauté des paysages et saisi par la dignité farouche de ses habitants. Il découvre un jeu (ou un sport équestre) ancestral, le « buzkashi », sorte de tournoi dans lequel s'affrontent des cavaliers qui doivent s'emparer d'une carcasse de veau bourrée de sable pour aller la jeter dans un « cercle de justice » et marquer le point. Tous les coups, même les plus rudes et les moins fair-play, sont autorisés. Les parties sont d'une violence et d'une sauvagerie si envoutantes que Louis Meunier n'aura de cesse de vouloir être le premier européen apte à y participer quel qu'en soit le prix à payer.

Témoignage aussi surprenant que saisissant, « Les cavaliers afghans » ne peuvent pas laisser indifférent tant y souffle un grand vent de passion et de liberté. Il nous fait partager, au fil de voyages et de périples mémorables en des lieux où aucun touriste ne se risque (et pour cause !), toutes ses découvertes dans un pays à la fois conforme aux clichés véhiculés par les médias (talibans, drogue, burka et guerres tribales) et également fort différent (mentalité aussi moyenâgeuse que chevaleresque, accueil de l'étranger mais aussi loi du plus fort et esprit clanique n'admettant aucune influence venue d'ailleurs). Jamais colonisé, l'Afghan est resté un peuple fier et intransigeant sur ses moeurs et ses valeurs. Au fil de pages qui se dévorent comme celle d'un excellent roman (et même mieux car tout ce qui est raconté est authentique), le lecteur découvrira qu'avec le temps et la dégradation des rapports entre les locaux et les occidentaux (américains principalement), le coup de foudre pour ce pays attachant puis la belle histoire d'amour équestre et humaine va malheureusement se déliter avant de devenir de moins en moins possible. Accueillis comme des libérateurs, les Occidentaux sont lentement passés au statut d'occupants avec le rejet et la résistance qui l'accompagne, ce qui désole Meunier bien évidemment... Un magnifique livre à lire absolument si l'on veut en savoir un peu plus sur l'Afghanistan et sur une discipline qui n'a rien à voir avec le concours complet ou avec le Derby d'Epsom...

4,5/5

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24/06/2014

EXPRESSO LOVE (Chapitre 1)

08:40 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/06/2014

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 3/ 5ème partie)

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20/06/2014

Le secret des rois (Steve Berry)

Le secret des rois.jpgDe nos jours, Cotton Malone espion devenu libraire, en transit à Londres en compagnie de son fils Gary, se retrouve mêlé de près à une étrange affaire impliquant la CIA et le MI6 britannique. Une mystérieuse organisation vient de profaner le tombeau du roi Henri VIII dans la crypte de la chapelle royale du château de Windsor. Divers documents historiques ont été volés. Apparemment tout le monde cherche à percer le secret des Tudor. Au même moment, le gouvernement écossais s'apprête à libérer le terroriste lybien responsable de l'attentat de Lockerbie. L'homme souffrirait d'un cancer en phase terminale. Mais les américains soupçonnent d'autres raisons moins humanitaires.

En 1547, au Palais de Whitehall, Henri VIII, sentant sa mort prochaine, convoque à son chevet sa dernière épouse et lui confie son fameux secret...

Une fois de plus (nous en sommes au onzième roman publié en France), Steve Berry, le plus sérieux concurrent de l'inénarrable Dan Brown nous délivre un thriller historico-politique sur fond d'élucubrations remontant au règne d'Henri VIII, le monarque aux six épouses, responsable du schisme anglican et de la spoliation des biens de l'église catholique. La plus énorme révélation, basée sur une légende rapportée par un certain Bram Stocker, concerne Elisabeth Ière, dernière reine de la dynastie Tudor, qui mourut sans descendance, ayant toujours refusé de se marier. Tous les ingrédients du genre sont présents : action, suspens, mystère et rebondissements, mais la mayonnaise ne prend plus très bien. Le lecteur se lasse de toutes ces poursuites dans Londres, de ces hécatombes (sept morts quand même) de comparses alors que les héros passent systématiquement à travers balles et explosions. Assez vite une certaine lassitude se fait sentir. On notera cependant au dernier chapitre, l'habituel exercice de décryptage dans lequel, très honnêtement, Steve Berry démêle le vrai du faux, l'historique du romanesque. Bien que présenté comme « fabuleux », « thriller palpitant » et autre « thriller vif et saisissant », cet opus n'est quand même pas le meilleur de l'auteur.

3,5/5

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17/06/2014

Face à eux (Jason Mott)

Face à eux.jpgA Arcadia, petite ville du Sud des Etats-Unis, deux septuagénaires, Harold et Lucille Hargrave, vivent une retraite mélancolique, l'un se réconfortant dans la fumée de ses chères cigarettes et l'autre dans les consolations de la religion. Leur vie a été cruellement marquée par la disparition de Jason, leur fils unique, noyé à l'âge de huit ans. Et voilà qu'un petit garçon du même âge vient sonner à leur porte. C'est le portrait craché de leur fils. Serait-il revenu de l'au-delà ? Les Hargrave le recueillent immédiatement. L'ennui c'est qu'un peu partout dans le pays et dans le monde d'autres revenants apparaissent un peu partout. Les gouvernements n'ont rien d'autre à proposer que des réponses brutales et totalitaires. Il s'agit d'endiguer le phénomène, de le cacher en enfermant ces êtres dans des camps de plus en plus importants...

Sur un thème classique mais particulièrement porteur, le retour sur terre des défunts, « Face à eux » développe une histoire sentimentale, intimiste et finalement assez peu fantastique. Quelques autres exemples de retours sont traités de façon rapide et subreptice, comme des pauses entre deux chapitres, sans suivi ni exploitation particulière, ce qui est un peu dommage et empêche de sortir du drame familial, et finalement du roman sentimental. L'intrigue est simple pour ne pas dire simpliste et traitée sans grand rythme ni rebondissement, excepté la fin qui sauve un peu un ensemble qui n'a pas grand chose à voir avec « Word war Z » ou « La nuit des morts vivants ». Dans une note de fin, l'auteur avoue lui-même s'être inspiré d'un rêve de sa maman décédée. Quand on sait que Mosaïc est un département des éditions Harlequin, on comprend mieux pourquoi ce fantastique a été autant baptisé à l'eau de rose.

3/5

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15/06/2014

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 3/ 4ème partie)

08:30 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/06/2014

Les chérubins électriques (Guillaume Serp)

Les chérubins électriques.jpgDans les années 80, à Paris, quelques jeunes fils et filles de famille traînent leur ennui, vont, viennent, se cherchent et ne se trouvent pas forcément. Il y a Philippe, dit Rodney ou Phoebus, qui se rêve une vie de chanteur punk et d'écrivain, ses copines et petites amies Cassandre, de son vrai nom Valérie, Ancilla, Déliciosa et ses copains Alexandre, X1 et X2, guitariste, bassiste et batteur avec lesquels il monte le groupe « Philippe et les chics types ». Les nuits de tout ce petit monde sont toujours marquées de sexe, drogues et rock n'roll. Tous les excès sont permis même la conduite alcoolisée et à tombeau ouvert d'un bolide dans les rues de la capitale.

Publié pour la première fois en 1983, « Les Chérubins électriques » trace le portrait cynique et désolé d'une jeunesse dorée se cherchant dans les chimères habituelles d'années d'apprentissage de plus en plus glauques et de moins en moins naïves. Quel intérêt de rééditer ce texte qui n'a pas très bien vieilli ? L'auteur est décédé d'un excès d'alcool et de médicaments. Nul doute que tous les protagonistes si rebelles sont devenus « flics ou fonctionnaires » et que plusieurs autres « nouvelles générations » ont renvoyés « punks et punkettes » au rayon des antiquités du Musée Grévin pas très loin des hippies, rockers et autres apaches. D'un point de vue purement littéraire, on notera une absence d'intrigue, des personnages pas vraiment attachants et un style nébuleux et très approximatif présenté, sur la quatrième de couverture, comme protéiforme ondulant « entre classicisme, psychédélisme et une sécheresse électrique annonçant un certain Bret Easton Ellis ! » Rien que cela incite fortement à lire le bouquin et à très vite rager de découvrir qu'on s'est fait rouler (une fois de plus) par de la publicité mensongère...

2,5/5

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11/06/2014

Le Monarque / Tome 1 (Julien Cabanel)

Le monarque.jpgDans un futur relativement lointain, le réchauffement climatique, l'épuisement des ressources et les rejets polluants ont rendu la vie pratiquement impossible sur la Terre dans des conditions normales. Les humains en sont réduits à se réfugier dans des villes gigantesques au milieu de zones protégées par des dômes. Suite à un accident biologique, un étudiant soupçonné d'être un des vecteurs de propagation d'un virus mortel est placé en quarantaine dans un stade en compagnie d'un grand nombre d'autres suspects avant de se retrouver abandonné hors de la zone de sécurité dans des territoires laissés à l'abandon. Le jeune Ethan se révèle vite comme le chercheur le plus performant du groupe alors que Pitt, venu du milieu médical, cherche un traitement pour juguler l'épidémie. Il se retrouve tout de suite dans le rôle du leader de la petite communauté qui commence à très bien s'organiser dans les souterrains de l'Université de la ville Prague complètement déserte.

Plus roman d'anticipation que de pure science-fiction, « Le Monarque » nous projette dans un monde qui, en dehors de quelques découvertes scientifiques improbables mais bienvenues comme la création de nourriture à partir de rien ou l'exploitation d'une énergie inépuisable grâce au « terradium », un élément chimique miraculeux, ressemble quand même étrangement au nôtre. L'intrigue repose sur un schéma simple et maintes fois utilisé : une vie en vase clos sous un champ de forces pour se protéger d'un monde hostile et des exclus, rejetés dans les ténèbres extérieures qui profitent d'un matériel abandonné depuis des dizaines d'années. Le lecteur est d'ailleurs émerveillé de s'apercevoir que non seulement tous ces appareils fonctionnent encore à merveille mais qu'en plus, les exilés en profitent pour réaliser de véritables exploits techniques... On pourrait accepter facilement ce manque d'originalité et ces facilités s'ils étaient compensés par une description poussée de la réalité de ce monde post-apocalyptique, par la présence de personnages intéressants et pétris d'humanité et par des péripéties et autres rebondissements allant au-delà d'une série de combats, batailles et embuscades. Un dernier mot sur la fin qui tombe comme un couperet et qu'on dirait tranchée à la hache ou taillée au sécateur. Le récit s'interrompt brusquement en plein milieu d'une bataille rangée entre machines de guerre. Cela laisse une impression d'inachevé même si c'est le début d'une saga.

3/5

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