22/10/2014

Le règne des Illuminati (Giacometti & Ravenne)

Le règne des Illuminati.jpgDe nos jours, à Paris, au siège de l’Unesco, l’abbé Emmanuel, grande figure de l’humanitaire, est abattu par un certain Damien Heller. En 1794, à Paris, après avoir inspiré puis soutenu la Révolution Française, les francs maçons se retrouvent interdits et persécutés. Un policier, Annibal Ferragus, est arrêté et condamné à mort pour avoir tenté de reconstituer une loge d ans une ancienne abbaye… Antoine Fargas, policier franc maçon, est contacté par Hélène Gardane, dite « la juge de fer », laquelle ayant d’abord conclu à la présence d’un tireur isolé dans l’attentat de l’Unesco, commence à avoir des doutes quand elle découvre qu’il a fait partie d’une obédience maçonnique éphémère et marginale, la « Loge du Grand Lunaire ».

« Le règne des Illuminatis » est un thriller historique à la Dan Brown ou à la Steve Berry, genre situé au croisement du roman noir, du polar et du roman historique. Il est construit en parallèle sur deux époques, aujourd’hui à Paris et aux Etats-Unis et sous la Convention vers la fin de la Terreur. Tous les ingrédients du genre y sont présents : rebondissements, énigme, symboles, accumulation de cadavres et scènes grand-guignolesques. Outre le fait que les deux auteurs, l’un journaliste (Giacometti) et l’autre « maître franc maçon » (Ravenne), s’ingénient au fil des pages à donner la meilleure image possible de leurs « frères » et à renvoyer aux catacombes de l’Histoire, les fameux « Illuminatis », les « Illuminés de Bavière » et leurs successeurs, ils nous infligent la lecture d’un long ouvrage (550 pages) plein de redîtes et de répétitions. Croient-ils le lecteur assez sot ou assez amnésique pour avoir oublié les péripéties de cette histoire et pour avoir besoin de perpétuels résumés des épisodes précédents ? Et le pire reste l’invraisemblance de toute cette histoire avec son dénouement aussi convenu que décevant. Et quelles privautés avec la réalité historique les auteurs se sont-ils permis ! Des énormités ! Mort sacrificielle du petit Dauphin Louis XVII, complot mené par Guillotin et Saint Just sans oublier une version assez ébouriffante de l’assassinat de J.F.Kennedy à Dallas. Autant de distorsions pour étayer une thèse conformiste à souhait ne peuvent qu’indisposer les amateurs d’Histoire tout comme les lecteurs de thrillers de qualité. A trop chercher la « Lumière », on ne trouve souvent que ténèbres…

3/5

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20/10/2014

L'oeuf de dragon (George R.R. Martin)

L'oeuf de dragon (G.R.R. Martin).jpgAprès des semaines de voyages à la petite semaine, Dunk, un chevalier errant bâti en colosse mais complètement désargenté et l'Oeuf, son jeune écuyer, de son véritable nom Aegon, de lignée royale, se retrouvent invités aux noces de Lord et Lady Beurpuits au château de Murs-Blancs, belle occasion pour eux de boire jusqu'à plus soif et de bien se remplir la panse. A l'issue du premier soir, le fringant Jehan le Ménétrier propose à Dunk de l'aider à parvenir au grade le plus élevé de la chevalerie, celui des porteurs de la cape blanche. Dunk se laisse tenter. Il devra participer le lendemain à un grand tournoi doté d'un prix fabuleux, un oeuf de dragon. Mais bien vite, il apparaît que ces festivités rassemblant le ban et l'arrière-ban de la chevalerie servent en réalité de prétexte à toutes sortes de complots et d'intrigues et que de grands évènements sont en préparation. Dunk et l'Oeuf parviendront-ils à tirer leur épingle du jeu ?

Situé dans la chronologie de la saga, quatre vingt dix ans avant les péripéties du « Trône de Fer », « L'oeuf du dragon » plonge immédiatement le lecteur dans le grand bain d'une oeuvre foisonnante, d'un monde complexe aussi violent que médiéval. Pas moins d'une quarantaine de personnages interviennent dans ce court épisode de 175 pages, enlevé, bien écrit et très agréable à lire. Une sorte de teaser qui donne envie de se plonger dans les quinze tomes d'une saga devenue référence cultissime et déjà adaptée en série télé.

4/5

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18/10/2014

Le retour du petit homme (Chapitre 2)

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16/10/2014

Les infirmières de la mort (Michaël Palmer)

Les infirmières de la mort.jpgSans espoir de rémission, une mourante supplie sa fille de mettre fin à son supplice en lui écrasant un oreiller sur le visage. Un peu plus tard, une infirmière blonde injecte une dose létale à un riche diabétique. Puis c'est le tour d'une patiente du docteur Huttner d'être confiée au docteur David Shelton et de mourir de manière étonnante, soulagée de la vie grâce à l'intervention de Christine, une infirmière qui ne supporte plus de la voir souffrir et qui a demandé conseil à une mystérieuse organisation « La Communauté de Vie », laquelle lui a fourni le poison. L'ennui, c'est qu'Huttner a des doutes et cherche à faire porter le chapeau à Shelton qui n'y est pour rien...

« Les infirmières de la mort » se présente comme un thriller de facture parfaitement classique avec une demi douzaine de crimes, une confrérie aussi mystérieuse que néfaste, un détective pointilleux, un tueur sans le moindre état d'âme et un couple improbable qui se forme contre vents et marées. Tous les ingrédients étant là, la sauce prend grâce à un rythme et un style de belle qualité. L'auteur aborde un thème brûlant, celui de l'aide à la mort dans la dignité, autrement dit l'euthanasie, sans tomber dans les habituels poncifs compassionnels chers au politiquement correct. Si les infirmières de base se transforment en donneuses de mort pour des raisons de pitié fraternelle, il n'en est pas de même pour les donneuses d'ordre de l'organisation dont les mobiles ne sont que tristement crapuleux et vénaux. Un très bon thriller qui permet un agréable moment de détente et rien de plus.

4/5

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14/10/2014

EXPRESSO LOVE (Chapitre 5)

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12/10/2014

Voyages d'un simple marin (Roger Taylor)

Voyages d'un simple marin.jpgDans les années soixante dix, le jeune routard britannique Roger Taylor, après quelques voyages en Asie, se retrouve en Australie sans un sou en poche. Il se fait admettre dans l'équipage d'un trois mats de la marine en bois, l'Endeavour II, supposée réplique du bateau de James Cook. Au moment d'atteindre la Nouvelle Zélande, suite à une mauvaise observation des conditions météo de la part du capitaine, l'Endeavour se trouve pris dans une tempête tropicale qui le drosse à la côte sans possibilité d'échapper à son sort. Il échoue sur un banc de sable. L'équipage en réchappe de justesse alors que le trois mâts est finalement complètement déchiqueté. Taylor décide alors de ne plus jamais reprendre la mer autrement que seul et sur un petit bateau laissant le moins possible de prise au vent et aisément manoeuvrable par un solitaire. En trois ans, il construit de ses propres mains « Roc », un sloop de 19 pieds en ferro-ciment avec lequel il traversera la mer de Tasmanie. Puis il s'alignera à bord de « Mongming », un minuscule Caribee gréé en jonque et rendu insubmersible par ses soins, au « Jester Challenge », une traversée de l'Atlantique nord sans assistance.

Comme le titre l'indique, Taylor est un « simple marin », un navigateur de base, un monsieur tout le monde de la voile. Il est loin de pouvoir se targuer d'exploits prestigieux comme un Tabarly ou un Kersauson. Il n'utilise aucun moyen technique moderne et refuse jusqu'au moteur auxiliaire. Il n'a pas non plus le panache et les envolées lyriques d'un Bernard Moitessier ni la nonchalance hédoniste d'un Antoine. Ces deux là font rêver et suscitent (ou ont suscité) bien des vocations de navigateurs. Taylor est juste à l'opposé. Il ne cache rien des galères et des misères de la voile à l'ancienne. Son récit bien écrit quoi que très technique (autant dans le vocabulaire que dans la description des manoeuvres et des conditions météo) n'est qu'une longue suite de calmes plats, de vents contraires, de tempêtes terrifiantes, de grains glacés, de courants opposants et de jusants contrariants donnant l'impression d'une pénibilité permanente. Et que d'échecs ! Il arrive en Tasmanie bon dernier et plusieurs jours après la fin officielle de l'épreuve. A cause de l'annonce d'un cyclone sur les Caraïbes, il fait demi tour après avoir parcouru péniblement mille miles nautiques dans l'Atlantique nord pour rentrer piteusement au bercail, à Burnham on Crouch. La quatrième de couverture nous promet une bonne dose d'humour et « un rien d'auto dérision So British ». Le lecteur les a cherchés en vain. Ouvrage sympathique et agréable à lire néanmoins mais qui n'intéressera sans doute que les vrais fans de récits d'aventures au grand large.

4/5

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10/10/2014

De la brousse à la jungle (Général Bigeard)

De la brousse à la jungle (Bigeard).jpgPetite explication du titre : la brousse, ce sont tous les combats qu'a mené Bigeard tout au long de ses trente années de carrière et la jungle, cela représente les douze années de vie politique comme secrétaire d'état à la défense, président de la commission éponyme et député à l'Assemblée Nationale. L'auteur ne se cache pas pour écrire que la jungle où personne ne meure jamais, avec ses coups fourrés, ses petitesses, ses combats des chefs sans oublier toutes les « affaires » déjà peu ragoûtantes à l'époque est bien pire que la brousse où l'on se bat d'homme à homme, où l'on vit et où l'on meurt dans de sales guerres perdues d'avance (Indochine, Algérie) mais avec panache et pour l'honneur. Né à Toul en 1916, Bigeard combat dans les corps francs pendant la Seconde guerre mondiale. Prisonnier en 1940, il s'évade en 1941 et rejoint la France Libre. Volontaire parachutiste, il est largué en qualité de chef du département de l'Ariège qu'il libère en 1944. Il effectue ensuite trois longs séjours en Indochine qui s'achèvent à Dien Bien Phu où il est fait prisonnier et voit des milliers de ses camarades mourir de faim dans les monstrueux camps de concentration viet-minh. Il se retrouve ensuite en Algérie où il participe activement à la pacification. Il refuse de se joindre au fameux « quarteron de généraux factieux » par fidélité au général de Gaulle. Il poursuivra son action en Afrique noir et à Madagascar avant d'être appelé au gouvernement par Valéry Giscard d'Estaing en 1975 et de démarrer une belle carrière politique, sujet des trois quart du livre.

« De la brousse à la jungle » est le troisième témoignage du général Bigeard qui fait suite à « Pour une parcelle de gloire » et à « Aucune bête au monde », ouvrages consacrés aux opérations militaires auxquelles il participa. Pas de langue de bois dans ce texte, mais une grande franchise, une belle honnêteté et des convictions fortes. Mais quel intérêt trouver à la lecture d'un livre datant d'une vingtaine d'années ? Celui du recul historique tout simplement et le plaisir ou la tristesse de pouvoir faire toutes sortes de parallèles et de comparaisons avec ce que nous vivons aujourd'hui. Ainsi découvrira-t-on que bien des maux dont nous souffrons prennent leur source à cette époque-là. Déjà dans les années 80, le chômage grimpait, grimpait, la dette commençait à devenir ingérable, les délocalisations devenaient inquiétantes et le pays n'en pouvait plus de l'amateurisme et de la corruption de ses dirigeants... Nihil novi sub sole ! (Rien de nouveau sous le soleil)

4/5

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08/10/2014

Guide alimentaire frugivore (Patrice Robert & Sylvie Sauvé)

Guide alimentaire frugivore.jpgBien écrit, passionnant et exhaustif, ce petit guide représente une parfaite introduction à une alimentation saine car uniquement basée sur des éléments vivants, non cuits et non transformés, c'est à dire des fruits mûrs, des légumes, des graines et des noix. Les autres produits que nous consommons comme les protéines animales, les laitages et les céréales contenant du gluten sans parler de la bouffe industrielle, les sucreries, charcuteries, viennoiseries et autres sodas ne sont que des sources d'acidification et de troubles de tous ordres. A l'origine, la physiologie humaine n'a jamais été adaptée à ce type d'alimentation. Le lait est bon pour les veaux. Comme le grand singe, l'homme est frugivore et non carnivore. Il suffit d'examiner sa dentition et de comparer la forme et la longueur de ses intestins pour s'en persuader. Il est vaguement omnivore, mais tout autant que la vache qui peut absorber des farines animales et, à court ou moyen terme, être atteinte par la fameuse maladie de Kreutzfeld-Jacob, dite maladie de la vache folle. L'humain avec toute sa violence, ses rejets de l'autre et ses divers fanatismes religieux ou politiques n'est-il pas un peu dérangé lui aussi ? De là à penser qu'une alimentation inadéquate en serait l'origine, il n'y a qu'un pas à franchir...

Si vous avez envie de savoir comment regagner et conserver la bonne santé qui devrait être l'état habituel et naturel de l'être humain, il faut absolument lire ce livre (disponible gratuitement sur le site « Vivre cru ») ne serait-ce que pour se faire une idée sur la question avant de (peut-être) tenter l'expérience frugivore.

4,5/5

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06/10/2014

Et si on arrêtait un peu de manger... de temps en temps (Bernard Clavière)

Et si on arrêtait un peu de manger.jpgCet ouvrage bien écrit et agréable à lire est une très louable tentative de vulgarisation des bienfaits du jeûne thérapeutique. Bernard Clavière le présente comme « quelques réflexions sur le jeûne à l'usage des paresseux de la cuisine et autres rebelles de la dictature agro-industrielle médicale... et gastronomique (mais néanmoins épicuriens) et de ceux qui en ont assez de souffrir inutilement. » L'auteur a un véritable don pour synthétiser et clarifier des notions qui peuvent sembler compliquées voire absconses au commun des mortels souvent rebutés par les ouvrages de diététiques et toujours tentés de « manger un peu de tout... raisonnablement ». En réalité, nous n'en avons pas toujours conscience, mais, comme dirait Alain Souchon « On est foutus, on mange trop ! » ce qui est doublement injuste. Surabondance avec toutes les conséquences pathologiques que l'on connaît (obésité, maladies cardio-vasculaires, diabète, cholestérol, cancers et autres maladies de civilisation) dans les pays riches et famine et dénutrition dans les pays pauvres. Nous mourons de trop manger, souvent dans de grandes souffrances, alors que, par ailleurs cinq cent millions d'êtres humains se trouvent en permanence au seuil de la mort parce qu'ils n'ont pas, eux, assez à manger et quelque trente cinq millions d'autres succombent chaque année, dans la quasi-indifférence des nantis et des privilégiés que nous sommes.

L'auteur sait de quoi il parle. Tout ce qu'il avance est basé sur sa propre expérience et sur les recherche de nombreux médecins spécialistes de la réduction alimentaire ( la plupart du temps étrangers, russes, allemands, espagnols ou américains, les Français, bien que précurseurs dans ce domaine avec Carton et Berthollet entre autres sont beaucoup plus réticents). Lui-même, après une enfance marquée par de nombreux problèmes de santé, découvre toute l'efficacité et tous les bienfaits du jeûne à l'âge de 18 ans. Il décide alors de prendre sa santé en main et de ne plus jamais retourner se faire « soigner » par un médecin. Aujourd'hui, à près de 60 ans, il a encore le poids de ses 18 ans, il jouit d'une santé éclatante, pratique le sport de haut niveau et n'a jamais revu un médecin pour cause de maladie. Il pratique une hygiène de vie simple et efficace dont il souhaite faire profiter le plus grand nombre : il ne mange qu'une seule fois par jour et uniquement des aliments végétaux, vivants et variés (la règle des 3 V). Cet ouvrage fourmille de conseils pratiques et de références fort utiles du genre « Boire nos aliments et manger nos boissons » (importance d'une bonne mastication) ou « Ce que ne guérit pas le jeûne, rien ne pourra le guérir » sans oublier le fameux précepte d'Hippocrate : « Que l'aliment soit ton unique médicament. » Un livre essentiel à conseiller à tous ceux qui ne veulent pas mourir idiots et malades...

5/5

Citations : « Vous ne guérissez pas de vos maladies, ce sont vos maladies qui vous guérissent. »

(K.G.Jung)

« Attendre d'être malade pour se soigner, c'est attendre d'avoir soif pour creuser un puits. »

(Proverbe chinois)

« Toute innovation passe par trois stades : d'abord elle est ridiculisée ; ensuite elle est violemment combattue ; et finalement, elle est considérée comme ayant toujours été évidente. »

(Arthur Schopenhauer)

« Ne faîtes jamais rien contre votre conscience, même si l'Etat vous le demande. »

(Albert Einstein)

« Le monde ne sera sauvé, s'il peut l'être, que par des insoumis.)

(André Gide)

« Il est plus difficile de désagréger un préjugé qu'un atome. »

(Albert Einstein)

« Un quart de ce que l'on mange nourrit le corps, le reste nourrit le médecin. »

(Inscription égyptienne, 3800 av. J.C.)

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04/10/2014

Nouveaux mystères et aventures (Conan Doyle)

Nouveaux mystères et aventures.jpgJohn Thurston, un jeune chimiste, invite un ami étudiant en médecine dans la propriété familiale de Dunkelwhaite dans le Yorkshire. Celui-ci fait la connaissance de Miss Warrender, une anglo-indienne fille du chef des Thugs, une tribu de cruels rebelles fanatiques et de Coppertone, le secrétaire de l'oncle Jérémy, vieux graphomane farfelu. Les rapports entre ces deux personnages semblent assez étranges... A l'Ecluse de Harvey, petite ville minière australienne, Abe Durton, un jeune et solide gaillard, s'est construit une petite cabane où il vit avec son ami et « patron ». Un jour, tous deux réussissent à stopper le cheval emballé de la jolie Miss Carrie. Pour le remercier, son père invite chez lui Abe lequel tombe très vite amoureux de la belle. Mais un rival et quelques collègues malicieux mettent au point une méchante blague pour le ridiculiser... En Afrique du Sud, ceux aventuriers, Tom Donahue, dit « Tom le chançard » et son ami Jack ont joué jusqu'à présent de malchance quand un jour, enfin, ils font une bizarre découverte... Revenu à la vie civile après quelques années dans l'armée pendant la guerre d'Afghanistan, Jack Hawthorne revient au pays où il retrouve ses deux amis, Bob et Nelly Montague. Nelly a grandi et est devenue une ravissante jeune femme que courtise déjà son cousin Salomon. La belle n'arrive pas à se décider entre ses deux prétendants...

Ce recueil de cinq nouvelles (ou plutôt « novelas », vu leur longueur proche d'un court roman) reste à cheval sur plusieurs registres : policier, aventure et mystère. Chaque histoire est fort bien écrite ce qui ne surprendra pas venant d'un maître comme Conan Doyle. Il ne faudra pas trop chercher de fantastique ni même de grande originalité mais plutôt une fine étude de sentiments, de belles descriptions de personnages intéressants et quelques histoires d'amour bien sentimentales comme on en écrivait à l'époque. Se déroulant dans tous les azimuts de l'Empire britannique, ces textes sont d'inégal intérêt. Le texte intitulé « Les os » sort du lot et mérite amplement le détour ne serait-ce que pour le magnifique personnage d'Abe Durton, ce colosse simplet au coeur d'or, qu'on croirait sorti d'un roman d'Hemingway ou de Steinbeck. Bien que marqué « vieilleries », ces textes n'ont pas pris une ride et se lisent toujours avec un très grand plaisir.

4/5

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02/10/2014

La ballade de Calamity Jane (Larry McMurtry)

La ballade de calamity Jane.jpgA Miles City (Montana), quelque part dans les grandes plaines de l'Ouest américain, le temps n'est plus à la grande ruée et aux sanglantes fusillades. Les guerres indiennes sont terminées depuis longtemps. Les trappeurs comme Bartle Bone et Jim Ragg se désolent car ils trouvent de moins en moins de castors. Les bisons ont presque tous disparu des vertes prairies et les chercheurs d'or ne trouvent plus la moindre pépite dans le sable des rivières. L'Ouest en est réduit à vivre sur son passé qui devient peu à peu légendaire surtout depuis qu'un certain William Cody, dit « Buffalo Bill »promène son incroyable cirque, le « Wild West Show », à travers tout le pays et rencontre un franc succès. Il prépare même une tournée en Angleterre qui devrait être triomphale. Dora, une agréable blonde dans la quarantaine, tient un hôtel de passe dans la ville. Elle y a recueilli Calamity Jane (de son véritable nom Martha Jane), une paumée aussi caractérielle qu'alcoolique qui s'habille en homme, vit comme un cow-boy, jure comme un charretier et commence à scandaliser les bourgeoises. Autour d'elles, transitent quelques autres personnages hauts en couleurs comme Annie Oakley, une championne de tir ou Pas-d'Oreilles, un vieux Sioux naïf et attachant.

« La ballade de Calamity Jane » est un joli roman un peu nostalgique et désenchanté sur le quotidien d'une brochette de petites gens pas très ordinaires mais plein d'humanité. Le lecteur ne devra y chercher ni le souffle de l'épopée des grands livres racontant la Conquête de l'Ouest ni l'esprit pionnier et aventurier des westerns des années cinquante mais plutôt une forme de blues et de compassion très réaliste, un regard tendre sur un rêve brisé, une époque révolue, une vie jadis exaltante tombée dans la banalité, la sécurité et une certaine forme d'ennui. Beaucoup de personnages et même de héros sont âgés, fatigués, usés. Les femmes n'ont que peu de perspectives dans cet environnement particulier : prostituées ou fermières se tuant au travail et mères de familles nombreuses risquant de mourir à chaque accouchement. Malgré les lettres qu'elle ne cesse d'envoyer à sa fille, Calamity Jane n'est pas tout à fait ce qu'elle fait croire qu'elle est et pas non plus vraiment le personnage principal de ce livre dont le titre original était « Buffalo Girls », c'est à dire « Les filles de Buffalo », ce qui avait le mérite d'être plus clair. Il n'en demeure pas moins que cet ouvrage très agréable à lire est passionnant et fort bien écrit, l'auteur ayant d'ailleurs obtenu un prix Pulitzer pour « Lonesome Dove ». Une référence.

4/5

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30/09/2014

Crimes de sang (Bellemare & Nahmias)

Crimes de sang.jpgA Padoue, un gardien de square, grand invalide de guerre, manchot et unijambiste, est retrouvé assassiné. Très apprécié dans le quartier, personne ne comprend pourquoi quelqu'un s'en est pris à lui... Dans un cirque américain, George Ribbon, un dompteur de fauves particulièrement audacieux, se retrouve dévoré par ses lions et ses tigres. Le directeur qui soupçonne un crime demande à un détective privé de mener l'enquête... En juin 1940, sur les routes de France, c'est la débâcle. Raoul Richard, canonnier de 2ème classe, marche avec son régiment depuis des jours et des jours. Il est épuisé. Et voilà qu'un gradé lui donne l'ordre de mettre en batterie une pièce d'artillerie et de se lancer dans un ultime et inutile baroud d'honneur. Autant dire un suicide avec des conséquences terribles pour les civils alentour... A Narvik, Olaf Nilsen est déçu par le comportement de Margret, sa fiancée qu'il juge un peu volage. Il rompt immédiatement avec elle et part droit au nord juste muni d'une hache et d'un fusil. Il se construit une cabane de rondins et mène une vie d'homme des bois jusqu'au jour où deux prospecteurs lui demandent de les accueillir...

« Crimes de sang » est une compilation de faits divers authentiques, remontant à des époques plus ou moins lointaines et qui se sont déroulés dans plusieurs pays (France, Italie, Grande-Bretagne, Allemagne et Etats-Unis principalement). Chaque anecdote est rapportée très brièvement, en quatre à six pages dans un style simple et journalistique. Toutes ces affaires sont plus étranges, plus surprenantes les unes que les autres. Bien souvent le coupable est loin d'être celui auquel on s'attend. Le lecteur s'aperçoit une fois que plus que la réalité dépasse largement la fiction et que l'homme mérite largement d'être considéré comme un loup pour l'homme. L'ennui c'est que cette suite d'une quarantaine d'anecdotes assez répétitives (qu'attendre d'autre d'un tel concept ? ) pourrait sembler lassante si on la lisait d'une seule traite. Comme le poison, il vaudra donc mieux la déguster à petites doses !

4/5

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28/09/2014

Du tour du monde à la transat (Eric Tabarly)

Du tour du monde à la transat.jpgDans ce livre, Eric Tabarly nous raconte quelques-unes de ses courses mythiques à bord de Pen Duick VI. Il commence par un tour du monde assez peu réussi et continue par diverses victoires : la Transat avec équipage et surtout le « Triangle de l'Atlantique » où il a brillamment officié avec quatorze hommes à bord. Il s'agit maintenant pour lui de s'aligner pour la Transat en solitaire avec un bateau solide et performant, mais prévu pour être manoeuvré à plusieurs. Eric a sous le coude un projet de multicoque à hydrofoils plus pratique et plus adapté pour un solitaire. L'ennui c'est qu'il ne pourra pas être prêt à temps. Il en est donc réduit à adapter Pen Duick VI autant que faire se peut. Ce sera une course exceptionnellement difficile, il essuiera cinq très fortes dépressions, cassera son pilote automatique et réussira l'exploit d'être le premier à l'arrivée malgré tout...

Avec « Du tour du monde à la transat », le lecteur se retrouve en compagnie d'un des plus valeureux navigateurs français et sans doute le plus modeste si ce n'est le plus prestigieux. Datant de 1976, ce livre qui n'a pas très bien vieilli, reste un document brut de décoffrage, une sorte de journal de bord très technique et sans le moindre pathos, sans doute édité à l'époque pour surfer sur le succès. L'ennui c'est que le texte reste assez terne et plat. Avec Tabarly le discret et secret taiseux, on est loin de la fougue, de l'emphase et du lyrisme d'un Moitessier ou même dans une moindre mesure d'un Bardiaux. A noter la présence de nombreux documents photographiques, de divers classements, de la liste impressionnante des abandons et même de celle des disparus en mer. Ils furent deux, Flanagan et Mac Mullen, à perdre la vie dans cette Transat qui fut l'une des plus dures. Livre qui peut intéresser aujourd'hui pour des recherches sur l'histoire de la course au large.

3/5  

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26/09/2014

Johnny Milou (Guillaume Vincent)

Johnny Milou.jpgJohnny Milou est un jeune homme un peu paumé qui subit une agression alors qu'il va vérifier ses plantations d'herbe dans un coin perdu de la campagne. Il perd connaissance et se retrouve à bord d'une soucoupe volante. D'aimables créatures extra-terrestres le soignent et il se rendort. A son réveil, il se demande si tout cela est bien la réalité. Il essaie de témoigner. Personne ne le croit et pourtant il est sûr d'avoir entendu quelque chose. Pour en avoir le coeur net, il décide de consulter un psychiatre qui le fait immédiatement hospitaliser pour examens. Ce qui ne donne rien de probant non plus. Sans attendre l'autorisation de sortie qui tarde à venir, Johnny Milou s'échappe et part en cavale à la recherche de l'être qui lui a donné rendez-vous dans le désert de l'Atacama...

Ceci n'est qu'un court résumé du début des aventures de Johnny Milou autour du monde. En effet, le héros de cette histoire va passer son temps à courir de l'Europe à l'Amérique du Sud, puis l'Espagne et bien d'autres lieux toujours à la recherche de rencontres du troisième type. Il se posera beaucoup de questions, dissertera sur toutes sortes de sujets politiques ou économiques comme la démocratie, le libéralisme, le mondialisme et fera accessoirement quelques voyages dans l'espace... L'ennui, c'est que ce roman un peu bavard manque de rythme et de rebondissements. L'intrigue ne brille pas par son originalité et la fin ne surprend pas du tout. En fait, l'auteur n'a pas plus respecté les codes du genre « science-fiction » que ceux du roman d'aventures ou de divertissement. C'est dommage car il dispose d'un style fluide et agréable, de qualités narratives indéniables et d'une plume d'assez belle qualité en dépit de trop nombreux dialogues. Un ensemble moyen.

2,5/5

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24/09/2014

EXPRESSO LOVE (Chapitres 1 à 4)

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22/09/2014

Scènes de la vie de jeunesse (Henry Murger)

Scènes de la vie de jeunesse.jpgA Paris, quatre jeunes et riches aristocrates s'apprêtent à souper avec quatre jolies femmes quand l'un d'entre eux, un nommé Tristan leur annonce qu'il a invité un mort, Ulric de Rouvres parti se suicider en Angleterre suite à un chagrin d'amour... Théodore, jeune étudiant en médecine plutôt volage, séduit Clémence, jeune couturière de milieu modeste. Mais très vite, il se lasse et l'abandonne à son triste sort... Octave est un jeune homme trop sérieux. Il loue une petite chambre dans un immeuble modeste et fait la connaissance d'un vieux jardinier, ancien grognard de Napoléon qui s'étonne qu'Octave n'ait toujours pas de petite amie... Olivier aime Marie qui lui préfère Urbain. Mais un jour, Marie se retrouve emprisonnée. Olivier est inconsolable... Melchior, poète sans talent, va jusqu'à simuler la maladie pour se faire hospitaliser. Il veut se mettre dans la peau d'un écrivain phtisique et maudit... A la mort de sa maîtresse, Jacques un sculpteur inconsolable, veut garder un souvenir de son amour perdu. Il réalise un moulage du visage bien-aimé...

« Scènes de la vie de jeunesse » est un recueil de cinq nouvelles toutes sur le thème des amours de jeunesse. Magnifiquement écrites, elles sont quand même assez datées XIXème siècle. Murger (1822-1861), écrivain populaire et issu du peuple, qui obtint un joli succès à son époque (Puccini se servit de ses « Scènes de la vie de Bohème » pour le livret de « La Bohème » est tombé ensuite dans un oubli un peu injuste. D'inspiration réaliste, sociale et un tantinet fantastique (« Le souper des funérailles » avec son petit côté étrange mérite à lui seul le détour, les autres nouvelles sont autant de petits romans charmants mais un peu trop romantiques et même parfois un peu trop mièvres pour nos temps d'ultra moderne fureur), cet auteur ouvrait pourtant la voie au réalisme social d'un Jules Vallès ou au naturalisme d'un Emile Zola. Cette unique raison justifie que l'on s'intéresse à ce petit maître oublié !

3,5/5

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20/09/2014

EXPRESSO LOVE (Chapitre 4)

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18/09/2014

Cycle Beta (Frédéric Fabri)

Cycle Beta.jpgDans un futur très lointain, les Terriens ont peu à peu colonisés de nombreuses planètes dont certaines se trouvent à des distances phénoménales. Le progrès technologique permet aux vaisseaux spatiaux de se déplacer à une vitesse proche de celle de la lumière. Pour réduire le temps des voyages hors du système solaire, il faut procéder à des désintégrations/réintégrations des astronautes. Une armée galactique veille à la sécurité de toutes les colonies... Au cours d'une opération de débarquement sur la planète B112, le jeune Reno, bidasse maladroit et timide, débusque Glyon et Alsyen, deux créatures venues de Myrna pour récupérer du Philloxène, une plante hallucinogène très recherchée. Presque par réflexe, Reno dégaine son « fracasseur », tue Glyon à l'allure de gros monstre à tentacule et neutralise Alsyen, gentil petit être rappelant un petit singe, qui sera embarqué dans le vaisseau spatial. Il ne sait pas qu'Alsyen est un être beaucoup plus avancé que lui-même...

Malgré son contexte ouvertement « science-fiction » à prétentions techniques (les descriptions de technologies, d'appareillages, d'armements ou de modes de déplacement futuristes sont aussi nombreuses que fantaisistes), « Cycle Beta » reste avant tout un roman sur les grandeurs et servitudes de la vie militaire. Ce premier tome d'une trilogie annoncée s'évertue à nous raconter dans tous les détails (entrainement, exercices divers, combats virtuels et même épreuves réelles) le parcours et la formation d'une jeune recrue des temps futurs. En dehors du décor SF/space-opéra, tout est pareil qu'aujourd'hui pour le bidasse lambda. Il crapahute, fait ses classes, patauge dans la jungle, trimballe son barda et se sustente de rations peu appétissantes... L'auteur, ancien militaire lui-même, semble avoir largement puisé dans son expérience personnelle. Tout cela sent bon le vécu. L'ennui, c'est que l'intrigue laisse plutôt à désirer. Il ne se passe pas grand chose de bien palpitant dans cette histoire. Ca manque d'originalité, de rythme et de suspens. Les relations entre Reno et sa mascotte sont assez médiocrement exploitées tout comme l'idylle quasi platonique qu'il commence à nouer avec Élisa, une jeune soldate. Si on y ajoute un certain nombre de coquilles, d'erreurs lexicales, une conjugaison approximative et des tournures de phrases parfois maladroites, la lecture d'abord laborieuse finit même par devenir carrément pénible. C'est un peu dommage, mais vouloir rivaliser avec Orson Scott Card (Cycle Beta fait immédiatement penser à « La stratégie Ender ») demande tant de talent et de génie que cela reste hors de portée de la plupart. Les connaisseurs de ce genre littéraire pourront donc s'éviter la fatigue et la déception d'un pédalage sur ce Cycle...

2,5/5

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16/09/2014

SDECE Service 7 (Philippe Bernert)

SDECE Service 7.jpgDès la Libération, la France se dote de services secrets plus performants. Avec la création du SDECE, la grande centrale française de l'espionnage, rivale du KGB et de la CIA, les civils prennent le pas sur les militaires du Deuxième Bureau. Au coeur du dispositif, un organisme ultra-secret, le Service 7, qui réussit un nombre incroyable d'exploits comme d'emprunter aux Russes un moteur de Tupolev, le démonter pièce par pièce, tout microfilmer, le remonter et le remettre en place sans que personne ne s'aperçoive de rien... comme d'aller fouiller les poches d'un ministre endormi dans sa chambre de l'hôtel Majestic à Cannes... comme cambrioler l'ambassade d'Egypte et repartir avec une camionnette bourrée de documents compromettants... comme ouvrir des milliers de valises diplomatiques ou faire exploser un à un tous les bateaux transportants des armes destinées au FLN.

Sous-titré « L'extraordinaire histoire du colonel Leroy-Finville », ce livre présente à la fois le témoignage de l'homme qui fut l'âme et le moteur de ce service et le récit de vingt années d'actions d'espionnage assez étonnantes. Le lecteur y découvre que les agents secrets du Service 7 n'ont pas grand chose à voir avec des personnages de roman comme James Bond ou OSS 117. Ils ne roulent pas sur l'or, ne tombent pas les filles mais sont dévoués, patriotes, corvéables à merci, d'une fidélité et d'une abnégation exemplaire et ne reçoivent en retour que fort peu de reconnaissance. Bien commencée, cette histoire se termine de façon dramatique. A la fin de la présidence de Charles de Gaulle, les services secrets commencent à être infiltrés et pervertis par toutes sortes de barbouzes du SAC. Pour leurs actions « mouillées », les responsables font appel à des gangsters comme Jo Attia, Boucheseiche, Nottini la béquille et autres. Leroy-Finville y est fermement opposé car ces malfrats en plus d'être vénaux et de ne pas être fiables sont également terriblement inefficaces. Avec l'affaire Ben Barka, il sera d'ailleurs victime d'une machination d'une totale injustice et d'un complet arbitraire avant que son service ne finisse par disparaître vers la fin des années soixante. Un livre passionnant et tout à fait instructif pour qui s'intéresse à l'histoire de la guerre secrète.

4,5/5

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14/09/2014

L'infidèle (Catherine Hermary-Vieille)

L'infidèle.jpgEn 1976, à Beyrouth, c'est la guerre ; les Syriens bombardent les camps palestiniens et par la même occasion l'aéroport international. Toutes les voies d'accès à la ville sont bloquées. Aucun avion ne peut plus décoller. Un homme d'affaire américano-libanais, Samir Khoury, qui devait rentrer aux Etats-Unis, se retrouve prisonnier dans l'aéroport. Il rencontre Joumana et Maha, deux infirmières qui lui proposent de le ramener à son hôtel. Samir croise le regard de Joumana et c'est le coup de foudre immédiat et la passion torride peu après. L'ennui c'est qu'il est marié avec Carol et qu'il a trois enfants...

« L'infidèle » est un pur roman sentimental sans autre véritable intérêt que son contexte fort bien rendu : la guerre du Liban avec en point d'orgue l'assassinat du leader druze Walid Joumblatt et son cortège de représailles sur les chrétiens du Chouf. Sinon cette histoire de double adultère et de triple tromperie (si l'on compte le collègue et ami passant au statut d'amant une unique fois) laisse plutôt de marbre. Le mari trompe sa femme. La femme a un amant. L'amant se languit de ne pas arriver à faire divorcer la femme. La maîtresse n'en peut plus d'attendre le mari lequel ne supporte plus sa vie à New-York. En un mot, à tellement courir après le bonheur, tout le monde est malheureux ! Et on passera sur la fin tragique et sans la moindre originalité. De cette bluette assez quelconque ne surnage que le style très agréable et très maîtrisé de Catherine Hermary-Vieille. Insuffisant pour crier au chef d'oeuvre.

3/5

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12/09/2014

Une vie d'emprunt (Boris Fishman)

Une vie d'emprunt.gifLe dimanche 26 juillet 2006 à 7 heures du matin, le téléphone sonne dans l'appartement new-yorkais de Slava Guelman. Sa mère le dérange pour lui annoncer le décès de sa grand-mère. Ainsi, Slava, simple collaborateur du magazine « Century » qui aimerait tant que son talent d'écrivain soit reconnu et qu'au moins un article de lui y soit enfin publié, renoue-t-il avec sa famille d'émigrés juifs biélorusses originaires de Minsk. Alors qu'il ne rempli aucun des critères requis, le grand-père cherche à obtenir une indemnisation de l'ambassade d'Allemagne au titre de déporté, d'interné dans le ghetto de Minsk ou de transféré en commando de travail ou d'extermination. Il demande à Slava de lui rédiger un faux CV. Il est tellement satisfait du résultat qu'il propose à tous ses amis et connaissances de bénéficier, moyennant finance, des services de son petit-fils dont le coeur balance entre deux femmes, Arianna et Vera. Tout va pour le mieux jusqu'au jour où un enquêteur allemand, croulant sous des dossiers peu crédibles, s'intéresse à son cas...

« Une vie d'emprunt » est un roman qui sent le vécu. Quasi auto-biographique, on peut le classer dans l'auto-fiction dans le sens où la réalité semble fort peu romancée. Le milieu juif russe new-yorkais y est fort bien décrit dans toutes ses caractéristiques et pour cause. L'auteur s'en explique d'ailleurs dans une postface où il reconnaît qu'il s'est inspiré de faits réels vécus par lui-même, sa famille ou ses proches. « La fiction, dit-il, est souvent de la non-fiction déformée par l'artifice et la non-fiction inévitablement une réinvention de ce qui s'est vraiment passé. » Malheureusement, assez vite l'ennui s'empare du lecteur qui a l'impression de s'imposer une lecture laborieuse voire rébarbative tant l'intrigue est quelconque et inintéressante (cette histoire d'escroquerie à l'indemnisation est tellement petite, mesquine et minable qu'on s'en désintéresse très vite), tant ces personnages d'éternelles victimes, menteurs, tricheurs et toujours à la recherche de petits avantages n'attirent ni empathie ni sympathie, ce qui est quand même un comble. On aurait pu espérer que ce brouet fadasse et indigeste aurait pu être édulcoré par de grandes giclées du célèbre humour juif new-yorkais, il n'en est rien. L'ensemble est plat, quelconque, banal et même un tantinet nombriliste. Fishman, qui se présente comme un poulain de Joyce Carol Oates (rien que cela !) et un protégé de diverses fondations littéraires américaines et françaises aussi généreuses que prestigieuses, aurait mieux fait de s'inspirer de David Safier, Shalom Auslander ou même Woody Allen avant de tremper sa plume dans cet ennuyeux encrier mémoriel.

2,5/5

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10/09/2014

Retour à Little Wing (Nickolas Butler)

Retour à Little Wing.jpgLittle Wing est une toute petite ville du fin fond du Wisconsin, autant dire un trou perdu de l'Amérique profonde. Le personnage le plus emblématique de l'endroit est certainement Lelland Sutton que tout le monde appelle Lee et que le show-biz connaît sous le pseudo de « Corvin », guitariste et chanteur qui parvint à une certaine célébrité avant de revenir d'où il était parti. On y trouve également Kip, ancien trader, marié avec Felicia, qui a la folle idée d'investir sur place en réhabilitant un ancien silo à grains, Ronny, cow-boy de rodeo, qui a sombré dans l'alcoolisme suite à un grave accident, Eddy Moffitt, agent d'assurance capable de jouer les avocats et surtout Hank, l'agriculteur qui n'a jamais quitté Little Wing et son épouse Beth, la plus belle fille du patelin. Tout le monde se connait depuis l'école, tout le monde se fréquente et tout le monde se soutient. Il fait bon vivre à Little Wing à un point tel que ceux qui sont partis chercher fortune au loin rêvent tous d'y revenir un jour... Et pourtant, les jeux de l'amour, les errements sentimentaux des uns et des autres peuvent finir par gâcher les plus belles ambiances et obscurcir les cieux les plus radieux...

« Retour à Little Wing » est un très joli roman social et intimiste, rempli de personnages pétris d'humanité et d'histoires simples mais fortes racontées avec finesse, intelligence et délicatesse. Butler montre une grande empathie pour ses personnages qui, à première vue, pourraient passer pour des ratés, des ploucs, ou, à tout le moins, pour des gens quelconques, voire médiocres. Tous cachent une fêlure, un remords ou une faiblesse et en cela, ils nous apparaissent bien proches, humains, très humains. Le style narratif est assez particulier. Butler fait parler un à un tous ses personnages et toujours à la première personne du singulier, ce qui brouille un peu les cartes, demande au lecteur un léger effort intellectuel pour savoir qui parle, mais permet aussi de se retrouver au plus près de l'histoire et des gens. C'est une plongée au coeur de l'Amérique d'en bas, celle des grandes plaines, de la campagne, des petites villes qui s'enfoncent doucement dans la crise et dans l'oubli méprisant des gens des grandes métropoles. Le résultat final est assez bluffant mais toujours très agréable à lire. On se dit même que Butler est peut-être un émule de l'excellent Richard Russo (« Le déclin de l'empire Whiting », « Mohawk »), ce qui n'est pas un mince compliment quand on sait que ce dernier s'est vu décerner un Prix Pulitzer fort mérité pour le premier titre.

4,5/5

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09/09/2014

Les Faux As (Chapitres 1 à 10)

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08/09/2014

Peine perdue (Olivier Adam)

Peine perdue.gifDans une station balnéaire de la Côte d'Azur, Antoine, un jeune homme instable, gloire du football local, est abandonné par un inconnu sur un banc devant l'hôpital. Il est dans le coma. On lui a fracassé le crâne à coups de battes de base-ball... Pour ne rien arranger, un raz de marée ravage tout le littoral, provoquant noyades et disparitions... Une vingtaine de personnages (personnel hospitalier, retraités, familles de victimes, petits mafieux, barmaids, techniciennes de surface et autres saisonniers) vivent cette catastrophe dans ce décor de ville désertée et de plages à l'abandon. Grindel, le flic dépressif va avoir pas mal de pain sur la planche avec tous ces drames.

« Peine perdue » est à la fois un roman social, un roman noir et un roman intimiste de très belle facture. Chaque chapitre est centré sur un personnage, lequel a sa propre vision des choses et permet de faire avancer l'intrigue par petites touches. Ainsi passe-t-on en revue l'ensemble des protagonistes de cette histoire assez foisonnante même si elle est composée de faits assez ordinaires voire triviaux et de situations d'un grand réalisme. Olivier Adam arrive, dans un style dépouillé et souvent familier, à parfaitement décrire tout un microcosme de petites gens, de paumé(e)s et autres personnages bien pétris d'humanité. Aucun artifice, aucune distance, le lecteur a l'impression d'observer la vie de ces êtres d'une banalité proche de la sienne par le biais du microscope de l'entomologiste. Du grand art avec une chute à double détente assez surprenante par sa brièveté mais toutefois parfaitement logique. Nul doute que ce texte aura l'intérêt de représenter une sorte de photo ou de métaphore de l'état de notre société dans ce début de XXIème siècle.

4/5

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06/09/2014

Nous faisions semblant d'être quelqu'un d'autre (Shani Boianjiu)

Nous faisions semblant....gifDans un village perdu d'Israël, non loin de la frontière libanaise, la (ou les) narratrice(s) (Yaël, Avishag ou Léa) et quelques-unes de ses camarades de classe de terminale tentent en vain d'organiser une petite fête. Elles auraient besoin d'inviter du monde par téléphone mais il n'y a pas de réseau et de disposer d'une maison vide mais personne ne veut leur en prêter une. Une fois l'examen passé, toutes partent faire leur service militaire. Certaines dans la police militaire, d'autres sur un improbable check-point au milieu de nulle part sur une route interdite et fermée à la circulation où quasiment personne ne passe.

« Nous faisions semblant d'être quelqu'un d'autre » n'est pas vraiment un roman au sens classique du terme et pas non plus un témoignage, mais plutôt une suite de notes, d'impressions, d'anecdotes ou des extraits de journal intime écrits au fil de la plume. Cette composition un peu aléatoire, ces scènes proposées en vrac, sans ordre ni véritable logique peuvent dérouter le lecteur et même finir par sérieusement l'agacer. D'autant plus que le style laisse également beaucoup à désirer. L'auteure emploie la première personne du singulier pour plusieurs personnages, puis passe à la troisième et revient à la première au fil des paragraphes et selon son bon plaisir, ce qu'elle trouve peut-être original mais qui ne facilite pas la compréhension du pauvre lecteur lequel peine à se retrouver dans une lecture laborieuse. L'absence d'une intrigue sérieuse, la construction à la Dubout, le style approximatif et les personnages de jeunes filles finalement assez peu intéressantes donnent un résultat très proche de la médiocrité. Il faut se forcer pour finir ce bouquin qui fait presque regretter le temps passé à sa lecture. C'est dire...

2/5

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04/09/2014

Le règne du vivant (Alice Ferney)

Le règne du vivant.jpgPour Magnus Wallace, grand défenseur des requins et des baleines, tous les moyens sont bons pour protéger ces animaux en voie de disparition. Il est capable de tout, même de couler un baleinier comme le « Léviathan ». Désireux de suivre la nouvelle campagne de protection de « Gaïa », le groupe d'écologistes activistes qui l'entoure, Gérald, le narrateur, un journaliste et photographe globe-trotteur, embarque à bord de leur navire amiral « l'Arrowhead ». Au large des Galapagos, Wallace et son équipage composé d'une vingtaine de personnes de toutes nationalités et de toutes origines sociales et professionnelles, s'interposent lorsque des pêcheurs équatoriens se mettent à braconner impunément à l'intérieur même d'une réserve naturelle. L'échauffourée est plutôt violente. Mais quand la police maritime intervient, c'est pour donner tort aux défenseurs de l'environnement.

Difficile de classer « Le règne du vivant » dans la catégorie roman tant tout ce qui est raconté semble inspiré de situations réelles et rappelle les grandes heures des débuts héroïques de « Greenpeace » quand de frêles zodiacs venaient se placer devant les canons-harpons des baleiniers japonais pour sauver les baleines en prenant tous les risques. Les années, les décennies ont passé et le problème reste entier et encore bien plus prégnant qu'à l'époque. Certains comme les militants de l'association « Noe » ont tout misé sur le dialogue, les conférences, les parlottes qui ne servent à rien. Ils sont devenus respectables et respectés. D'autres, comme Magnus Wallace se sont radicalisés. Leurs méthodes violentes et spectaculaires semblent plus efficaces mais elles les relèguent au niveau des terroristes et autres hors la loi. Sur ce thème intéressant, le lecteur s'attendait à un livre fort et enthousiasmant. Il n'en est rien. Trop de dialogues et de longs discours théoriques. Une intrigue convenue qui dès le début laisse deviner la fin tragique. Des personnages sans épaisseur ni charisme... Heureusement, le texte est court (171 pages seulement) et vite lu grâce à la plume vive et alerte de Mme Ferney. Mais n'est pas Melville ou Hemingway qui veut.

2,5/5

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02/09/2014

La condition pavillonnaire (Sophie Divry)

La condition pavillonnaire.gifM.A a tout pour être heureuse, un gentil mari, trois beaux enfants, un bon travail et un petit pavillon dans une jolie banlieue. Et pourtant, il lui manque toujours quelque chose. Il lui semble que son bonheur n'est pas absolu. Alors, elle multiplie les expériences, les tentatives et les échappatoires : elle trompe son mari, se lance dans l'humanitaire, le yoga, les sorties culturelles et même la rédaction de petits poèmes. Toute petite, déjà, elle s'ennuyait ferme... Velléitaire, frustrée et inassouvie, trouvera-t-elle un jour plénitude et accomplissement ?

« La condition pavillonnaire » retrace la totalité d'une vie de femme au sein de sa famille. Ainsi suit-on M.A de l'enfance à la mort. Une existence normale, banale, celle d'une Madame Tout le Monde de la classe moyenne. Avec un thème aussi peu porteur, Sophie Divry réussit le tour de force d'intéresser et même de passionner le lecteur grâce à son regard acéré ou décalé et à la pertinence de ses observations et constations. Au fil des pages, on ne peut que s'identifier aux principaux personnages, M.A. dans sa quête désespérée mais également François, le brave compagnon ou Philippe l'amant égoïste tellement ceux-ci semblent proches de nous. D'une certaine façon leur histoire c'est un peu notre histoire. Ou comment la banalité peut devenir surprenante et même originale. Nul doute que le style fluide et agréable de l'auteur ne gâche rien même si l'on peut regretter une navigation hasardeuse entre les temps de la conjugaison et quelques descriptions inutilement triviales (« comment faire un créneau » ou « comment programmer un magnétoscope ») que l'on classera dans la rubrique « fantaisie d'artiste » !

3/5

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31/08/2014

L'écrivain national (Serge Joncour)

L'écrivain national.gifDans une petite ville du centre de la France, un vieux maraîcher, ancien d'Indochine et soupçonné de disposer d'un joli magot, vient de disparaître sans laisser de traces. Aurélik et Dora, deux jeunes marginaux fort mal acceptés dans la région, sont soupçonnés de l'avoir assassiné et d'avoir fait disparaître son corps. Aurélik a été incarcéré et Dora laissée en liberté. Serge, surnommé autant par admiration que par dérision « l'écrivain national », a été invité dans le coin pour y écrire un feuilleton vantant les beautés de la région. Il s'intéresse à l'affaire et commence à mener une enquête très personnelle car il n'est pas insensible au charme de Dora, jolie hongroise de quinze ans sa cadette...

« L'écrivain national », même s'il a un volet « roman policier » ou « roman noir » n'en est pas seulement un tant la description de cette petite société villageoise, repliée sur elle-même et un peu endogame est soignée et réaliste. Joncour connaît bien la France profonde et la rend à merveille. L'intrigue policière est plutôt un prétexte. La résolution de l'énigme est assez convenue et au bout du compte assez secondaire. Les personnages, l'ambiance générale et les problèmes sociaux sous-jacents sont nettement plus intéressants. Ecrit à la première personne du singulier, ce texte donne l'impression d'être le témoignage sincère et honnête de l'auteur lui-même, enquêteur un peu gaffeur et fort peu perspicace qui accumule dans un premier temps bourdes et maladresses et n'est pas loin de se mettre tout le monde à dos... Très agréable à lire car écrit dans un style fluide et de fort belle facture, « L'écrivain national » est un livre passionnant autant par son réalisme et son naturalisme que par les confidences ou révélations sur la vie pas si exaltante que cela de l'écrivain moyennement connu. Joncour serait-il le Zola du XXIème siècle ?

4,5/5

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29/08/2014

L'affaire des vivants (Christian Chavassieux)

L'affaire des vivants.gifA la ferme de Saint Elme, quelque part entre Lyon et Roanne, à la fin du second Empire, l'aîné d'un couple de pauvres paysans, les Persant, se voit affublé par le grand père de l'impérial prénom de « Charlemagne ». Les brimades et les moqueries que cela lui vaudra à l'école, ainsi que sa forte corpulence et son caractère autorotaire lui forgeront une mentalité de battant auquel rien ne résiste. Ainsi prendra-t-il le dessus sur toute sa fratrie et sur ses parents. Très vite, il se lancera dans le commerce avec son oncle, puis dans l'industrie avec un certain succès. Cette réussite et ce début d'aisance lui permettront de se marier avec la belle Alma, fille de marchands de tissus, après avoir évincé son rival, le si beau et si séduisant Joseph Antoine Pajaud. Jusqu'où le destin de l'ambitieux Charlemagne le mènera-t-il ? Sera-t-il capable de faire le bonheur de sa famille ?

« L'affaire des vivants » est un roman à contexte historique (très bien expliqué dans une postface de l'auteur) avec une assez forte connotation « terroir ». Même si cette histoire illustre à sa manière l'évolution des campagnes, les débuts de l'industrialisation et la transformation des paysans en ouvriers avec quelques pages sur les luttes syndicales, les premières grèves et une intervention plutôt controuvée d'une certaine Louise Michel, le propos est surtout social, psychologique et un tantinet philosophique. Que de noirceur, que de personnages sombres, ridicules et antipathiques et que de situations dramatiques dans lesquelles la violence se déchaîne de façon assez inattendue voire artificielle. Avec Chavassieux, non seulement l'argent ne fait pas le bonheur mais en plus les patrons sont de vulgaires crapules et les paysans de parfaits abrutis. Seuls les ouvriers, et encore, échappent à la sombre vision de l'auteur. Pour faire bonne mesure et rester bien dans l'air du temps (le nôtre à défaut de celui de l'époque), le lecteur y trouvera une dose d'intolérance, de racisme et d'homosexualité avec une brave prostituée africaine et un ultime rejeton plus attiré par les garçons que pressé de se reproduire. Si on devine bien les influences de Zola, de Maupassant et de Hugo sur l'auteur, ce n'est que pour découvrir que cette pâle et insignifiante copie est loin d'être à la hauteur des ambitions affichées par celui-ci.

2,5/5

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27/08/2014

Fleur et sang (François Vallejo)

Fleur et sang.gifAu temps de Louis XIV, en Touraine, Urbain Delatour apprend le métier de chirurgien apothicaire auprès de son père, issu lui-même d'une longue lignée d'hommes de l'art. Il tombe amoureux de la pulpeuse et bizarre Isabelle de Montchevreüil, dont le père souffrant de calculs dans la vessie reste longtemps éloigné de son domaine pour tenter de prendre les eaux de toutes sortes de lointaines stations thermales... De nos jours, Etienne Delatour éminent cardiologue, prêt à tout pour sauver ses patients est fasciné par la fille de son patron, l'intrigante Irène de Saint-Aubin. Un certain nombre d'opérations ratées se produisent attirant l'attention des autorités sur le taux alarmant de décès dans sa clinique...

Roman historico-médical, « Fleur et sang » est construit en parallèle sur les deux époques. Chapitre après chapitre, on alterne les deux histoires qui semblent se répondre au-delà des siècles et même se reproduire presque à l'identique avec des personnages un peu différents mais ayant quand même une sorte de destin commun. L'intrigue se déroule avec une certaine lenteur pour ne pas dire lourdeur. Le lecteur qui espère un basculement dans l'étrange ou le fantastique en est pour ses frais. Vallejo ne quitte jamais le plancher des vaches du réalisme, ne monte ni en rythme ni en puissance, tout juste nous gratifie-t-il d'un dénouement un peu surprenant. Le texte est dépourvu de tout dialogue direct, ce qui est sans doute un parti pris stylistique un peu risqué car cela donne une impression de distance un peu hautaine et même de manque de chair et de vie. Le volet historique semble un peu plus intéressant que l'autre somme toute assez banal. Ensemble moyen et un peu décevant au bout du compte.

3/5  

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