28/02/2016

La conquête des sables (David Ball)

41K6YTZMA0L._AA160_.jpgDans la France du XIXème siècle, le comte Henri de Vries s'est marié avec Serena une princesse d'origine touarègue. Leur jeune fils Moussa coule des jours heureux dans leur château proche du Bois de Boulogne en compagnie de son cousin Paul. Mais au cours d'une chasse donnée dans le domaine, un vieux sanglier blessé charge les deux enfants. Il percute Moussa et le blesse grièvement… Dix ans plus tôt, Henri et son fidèle serviteur Gascon ayant posé leur ballon dirigeable en plein désert du Sahara, avaient été secourus par un groupe de touaregs aux ordres de Serena qui était vite tombée amoureuse d'Henri. Mais en 1870, suite à la défaite et au siège de Paris, les évènements tournent au drame et toute la famille de Vries se retrouve entrainée dans la tourmente…

« La conquête des sables » se présente comme un grand roman historique doublé d'une saga familiale s'étalant sur deux générations. David Ball est un écrivain voyageur américain qui a fait plusieurs séjours au Hoggar chez les hommes bleus. Il est donc très bien placé pour parler avec nuance et justesse de ce peuple particulier et pour nous raconter cette épopée pas toujours glorieuse de l'exploration du Sahara (le massacre de la mission Flatters est un des moments forts du roman). Très bien documenté historiquement (en fin de volume, Ball a l'honnêteté de faire la part entre l'authentique et le romancé), ce livre dense permet d'en apprendre beaucoup sur une période troublée de notre Histoire au travers d'une longue suite d'aventures, péripéties, rebondissements, coups tordus et trahisons. Choc des civilisations avant l'heure, affrontement orient-occident, colonisation, expansion du monde moderne (le projet de construction d'une ligne de chemin de fer dans le désert se révèle n'être qu'une folie). Deux approches différentes des notions d'honneur et d'esprit chevaleresque s'affrontent tout comme se percutent deux religions antagonistes, deux peuples et deux traditions. Dans son épilogue, Ball évoque le destin des Touaregs, ces anciens « rois du désert » qui ne sont « plus que l'ombre de leur magnificence disparue ». Un ouvrage à la fois divertissant et instructif. Bien écrit quoique très descriptif. A conseiller à tous ceux que l'Histoire du XIXème et celle des hommes du désert intéressent.

4/5

 

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27/02/2016

Opération Baucent (Chapitre 1)

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Bienvenue sur Déliciosa (Chapitres 1/ 2ème partie)

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25/02/2016

Pensées plus ou moins correctes (62)

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GOÛT

« En fait de goût, chacun doit être maître chez soi. »

(Voltaire)

« Entre le bon sens et le bon goût, il y a la différence de la cause à l'effet. »

(La Bruyère)

« Le bon goût vient plus du jugement que de l'esprit. »

(La Rochefoucauld)

GOUVERNEMENT

« Le gouvernement est stationnaire. L'espèce humaine est progressive. Il faut que la puissance du gouvernement contrarie le moins possible la marche de l'espèce humaine. »

« Le gouvernement a un bras long et un bras court. Le long sert à prendre et arrive partout, le court sert à donner mais il n'atteint que les plus proches. »

(Coluche)

« Toute nation a le gouvernement qu'elle mérite. »

(Joseph de Maistre)

« Le gouvernement est une institution au sein de laquelle le son se propage plus vite que la lumière. »

« Je ne débite pas de plaisanterie. Je me contente d'observer le gouvernement et je rapporte les faits. »

(Will Rogers)

« Il y a des temps où le gouvernement perd la confiance du peuple mais je n'en connais pas où le gouvernement puisse se fier au peuple. »

(Rivarol)

 

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23/02/2016

Hôtel Arcadia (Sunny Singh)

Hôtel Arcadia.jpgSam, photographe de presse, vient d'arriver à l'hôtel Arcadia, magnifique palace où elle compte bien passer une bonne nuit après avoir pris un bon bain. Mais voilà qu'elle est réveillée par des cris et des tirs d'armes automatiques. Son téléphone intérieur sonne. Le concierge la supplie de bien verrouiller sa porte et de n'ouvrir à personne sous aucun prétexte. Il raccroche immédiatement. Pendant ce temps, dans le grand hall d'entrée, Abhi, le patron de l'hôtel doit se cacher derrière le comptoir pour survivre aux rafales d'une bande de terroristes qui sont en train de prendre d'assaut son établissement...

Et la suite au prochain numéro. Cet épisode 1, offert pour d'évidentes raisons commerciales par les éditions Galaade, n'est qu'un teaser, un préquel, destiné à accrocher l'éventuel lecteur qui voudrait bien se laisser tenter par toute la série. Dans ce cas précis, le procédé semble particulièrement efficace. Quoi de plus dramatique que ce genre de situation qui nous rappelle d'ailleurs un tragique événement récent survenu dans un palace de Bombay. Le lecteur ne peut que trembler en suivant de braves gens aux prises avec des tueurs impitoyables. Le style de l'auteure est simple, efficace et percutant. On attend la suite avec impatience. Bien sûr.

4/5

 

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22/02/2016

Objet culturel (Nouvelle)

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21/02/2016

Un kimono pour linceul (Jean-Michel Leboulanger)

 

index.jpgGutxi, ancien membre de l'ETA militaire, débarque à Tokyo après huit années passées en prison à Madrid et douze autres d'exil en Argentine. Une fois libéré, un médecin lui a annoncé sans ménagement qu'il ne lui restait que fort peu de temps à vivre. Tamae, son épouse japonaise, est morte dans des circonstances troubles alors qu'il était encore incarcéré. Désireux de retrouver le cadre de son ancien bonheur, Gutxi n'aspire qu'à en terminer dans une certaine sérénité. L'ennui, c'est que dès son deuxième jour dans la capitale japonaise, il est contacté par des yakusa parfaitement au courant de son passé de terroriste. Il apprend également que Tamae a eu un enfant dont il serait le père et qui aurait une vingtaine d'années aujourd'hui.

« Un kimono pour linceul » est un authentique thriller dans la mesure où les cadavres s'accumulent au fil de cette sombre et douloureuse histoire. Il a néanmoins la particularité d'être atypique tout d'abord pour son cadre exotique (l'auteur semble avoir une connaissance approfondie de la société japonaise en général et de la mafia en particulier) et ensuite pour son personnage principal, un basque, ancien complice des terroristes de l'ETA, qui ressort broyé de la machine répressive espagnole et auquel la vie n'a pas fait de cadeau. D'où une empathie immédiate pour son destin tragique. L'intrigue de qualité est menée habilement. On y trouve du suspens, des rebondissements et des questions pendantes qui ménagent l'intérêt tout au long du livre et jusqu'à une fin assez surprenante. Le style est souvent descriptif et parfois un peu lent mais ce n'est pas vraiment un défaut vu que cela permet d'apprendre tant de choses sur un Japon peu connu et une réalité yakusa plutôt terrifiante.

4/5

 

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20/02/2016

Le retour du petit homme (Chapitres 1 à 9)

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19/02/2016

Le premier homme sur Mars sera une blonde (G.M.Giudicelli)

cover150x250.jpegDivorcé il y a huit mois, Matsya tient un blog dans lequel elle raconte qu'elle a brunché avec le très populaire Peter Kering. Tout le petit monde des médias en a conclu qu'ils étaient devenus amants alors qu'il ne s'est rien passé vu que Peter est un des ex de Matsya. Selon une autre rumeur, si son mariage n'a pas tenu un an, ce serait en raison de ses irrépressibles tendances lesbiennes. Elle laisse dire car l'important c'est qu'on parle d'elle. Pour l'heure, cette pop-star américaine multi-millionnaire et assez allumée est en route pour le Khazakstan en compagnie d'une dizaine de top-models, de deux grands couturiers hyperbranchés et d'une cohorte de journalistes et de photographes de la presse people internationale...

Ce charmant petit opus qui ne représente que les deux premiers épisodes d'une sorte de roman feuilleton chick-lit et branchouille se lit avec plaisir et sans la moindre prise de tête. Le style en est simple, naturel et bien rythmé. Du langage parlé de people sans complexe. L'intrigue ou plutôt le début d'intrigue accroche bien autant par la description du milieu impitoyable du show-biz à l'américaine que par l'originalité du propos : une idole de la pop music veut s'offrir un voyage sur Mars, excusez du peu. Au bout du compte, l'ensemble est amusant et divertissant. Nul doute qu'arrivés(ées) au terme de ces deux épisodes, les amateurs (trices) de ce genre de littérature aussi légère que futile seront suffisamment accrochés(ées) pour se précipiter sur la suite. Diabolique opération de marketing que ce système de préquel offert !

4/5

 

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18/02/2016

Contes populaires et légendes de Provence (Collectif)

index.jpgUn paysan veut aller vendre une peau de vache à la ville. En chemin, il découvre un trésor abandonné par des voleurs effrayés... Personne n'a jamais pu tromper le diable à l'exception de la femme du savetier... Vers 980, les Maures Sarrasins qui occupaient la Provence repartent en abandonnant dans des grottes et des souterrains d'immenses richesses fruits de leurs vols et de leurs rapines. Ils espèrent revenir un jour pour les récupérer. Une chèvre d'or en reste la fidèle gardienne... A Arles, une terrible Tarasque, sorte de dragon mythique des âges anciens, ravage toute la région. La très sainte Marthe arrive à l'enchaîner avec de simples rubans comme si elle n'était qu'un petit agneau...

Ce recueil bien fourni et de belle facture comporte une bonne soixantaine de contes, légendes, historiettes, récits, fabliaux ou poésies, en un mot, toute une mémoire folklorique de la Provence. L'étrange et le merveilleux côtoient la sorcellerie et la diablerie tout comme la vie des petites gens celle des bourgeois, des nobles et des rois. On y rencontre monstres, fées, magiciens et sorciers tout aussi bien que laboureurs, savetiers ou marchands, sans oublier les curés, les ermites, Saint Pierre et même le diable et le Bon Dieu ! L'ensemble donne une impression de fourre-tout sympathique bien que tout soit classé par thèmes. Certains textes sont de véritables petits chefs d’œuvre qui méritent à eux seuls le détour (« Le fin voleur », « L'ingratitude », « Le médecin de Cucugnan », « La chèvre », « Le Bon Dieu et Saint Pierre » ou « Le coq »), d'autres sont d'un intérêt un peu moindre car souvent trop connus comme la fameuse histoire du poisson qui bouchait le port de Marseille. L'ensemble est néanmoins fort agréable à lire pour qui veut se replonger dans l'ambiance naïve et bon enfant qui régnait il y a bien longtemps sous le beau ciel de Provence.

4/5

 

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17/02/2016

Copyright (Nouvelle extraite du recueil "Ulla Sundström")

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16/02/2016

Star Wars : mythologies (Jim Rousseau)

 

51dwQO+KhGL._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-v3-big,TopRight,0,-55_SX324_SY324_PIkin4,BottomRight,1,22_AA346_SH20_OU08_.jpgStar Wars est un phénomène cinématographique qui a fortement marqué ce demi-siècle. En effet, le premier volet de la saga, d'abord présentée comme une trilogie, est sorti en 1977. Trente neuf ans plus tard, nous en sommes au septième opus et à la troisième trilogie ! L'épisode 4, premier de la première série, se présenta à l'époque comme un film de science-fiction, type space-opera, réalisé par George Lucas, metteur en scène quasiment inconnu, ne disposant que d'un budget médiocre. Et pourtant, « La guerre des étoiles » suscita immédiatement toutes les passions et bascula très vite dans le hors-norme, le cultissime, l'indépassable. D'après l'auteur, cela ne peut s'expliquer que par la mythologie qui lui sert de base.

En préambule, il présente rapidement la liste des personnages principaux, un résumé de l'intrigue et une approche des sources. Littéraires avec « Histoire du déclin et de la chute de l'Empire Romain » de Gibbon et le cycle de « Fondation » d'Isaac Asimov. Cinématographiques avec « La forteresse cachée » du cinéaste japonais Kurosawa. En analysant plus finemant l'oeuvre et en risqua des parallèles avec la mythologie arthurienne et japonaise, il devient évident que Luke, c'est Arthur, Obi-Wan, Merlin, Han Solo, Lancelot, Darth Vader, Uther Pendragon, le sabre-laser, Excalibur et la Force, le Graal mais également le Zen ou le Tao. Le fond celte se vérifie avec l'importance donnée aux reines (Princesse Leia) alors que l'influence japonaise reste évidente avec les Jedis qui sont une nouvelle version des samouraïs... Un court essai aussi intelligent que passionnant qui ravira les fans de Star Wars et les confortera dans l'idée d'un chef d'oeuvre capable de résister à l'épreuve du temps, ne serait-ce que par la richesse de ses possibles lectures. Cerise sur le gâteau, cet ouvrage très réussi est disponible gratuitement sur la plupart des plate-formes.

4,5/5

 

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15/02/2016

Pensées plus ou moins correctes (61)

index.jpgGERME

« Tous les germes de la destruction sociale sont dans la religion de Mahomet. »

(Chateaubriand)

GLAISE

« La glaise ne devient terre à mouler qu'après avoir été pétrie. »

(Proverbe grec)

GLOIRE

« Ainsi passe la gloire en ce monde. » (Sic transit gloria mundi)

(Locution latine)

« La gloire des grands hommes tient pour un quart à leur audace, pour deux quarts au hasard, pour le dernier quart à leurs crimes. »

(Ugo Foscolo)

« La gloire se paie cher mais ne se garde pas. »

GOURMAND

« Les gourmands creusent leur fosse avec leurs dents. »

 

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14/02/2016

La passion du Dr Christian (Colleen McCullough)

51W+kloGqcL._AA160_.jpgEn 2032, à Holloman, petite ville de la côte Est des Etats-Unis, le Docteur Joshua Christian dirige une clinique psy avec l'aide de toute sa famille. Sa sœur Mary fait office de secrétaire. Miriam et Martha, les épouses de ses deux frères, James et Andrew, y sont respectivement ergothérapeute et psychotechnicienne tandis que sa mère tient la maison commune reliée par une passerelle permettant un accès direct au centre de soins. Un jour, le docteur Judith Scarriott, haut fonctionnaire au ministère de l'environnement, lui propose de l'aider à écrire un livre dans lequel il pourrait développer ses idées humanistes. Toujours soucieux d'aider son prochain, Joshua accepte...

« La passion du Docteur Christian » est un roman d'anticipation qui tient beaucoup de la parabole et du conte philosophique. Cette histoire de manipulation politique assez tordue pose un certain nombre de problématiques comme la nécessité d'une spiritualité pour l'homme moderne, ou les limites du matérialisme, sans oublier la fabrication artificielle d'idoles, l'adulation des foules, la démence et le rôle de catalyseur du bouc émissaire. Le lecteur ne peut qu'être pris de compassion pour ce pauvre Docteur Christian dont on suit l'incroyable ascension et la monstrueuse passion. Un parcours totalement christique qui s'achève en apothéose aussi gore que monstrueuse. Malgré une lecture un tantinet laborieuse et quelques légères invraisemblances (à 8 km/h, on ne marche plus, on court, par exemple), ce livre reste un ouvrage majeur sur toutes sortes de sujets comme la politique de l'enfant unique, le refroidissement climatique (l'auteure des « Oiseaux se cachent pour mourir » ne prévoit pas de réchauffement !) et surtout la désespérance de la société occidentale n'ayant plus d'autre but que celui de survivre et de se protéger du froid.

4/5

 

Citations :

« Il fallait toujours un Judas ! Sans Judas, l'humanité n'aurait pas besoin d'être sauvée. Car Judas était le rouage qui justifiait la souffrance de la naissance et celle de la mort et toutes les souffrances, encore, toujours qui peuplaient l'entre deux, c'est à dire la vie. Judas était celui ou celle qui nourrissait de hautes ambitions, mais avait besoin du talent d'autrui pour atteindre le succès. Judas était celui ou celle qui fonctionnait sur le génie d'un autre. Judas incarnait les profits et pertes, le chantage au sentiment, la manipulation, le désespoir, le pharisaïsme, la perversité des intentions, les méthodes les plus viles. Judas n'était pas l'exception, Judas était la norme. »

« Je vous livre un credo pour ce troisième millénaire. Un credo aussi vieux que lui. Un credo qui se résume en trois mots : foi, espoir, amour. Foi en vous-même ! Foi en votre force et votre endurance. Espoir de lendemains meilleurs. Espoir pour vos enfants et les enfants de vos enfants. Quant à l'amour (…) ? Aimez-vous vous-mêmes ! Aimez votre prochain ! Aimez ceux que vous ne connaissez même pas ! »

 

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13/02/2016

Fox-trot (Michel-Quint)

 

index.jpgParis 6 février 1934 : suite au scandale de l'affaire Stavisky, une manifestation organisée par les ligues tourne à l'émeute. La police et l'armée tirent sur la foule. Une quinzaine de morts et des centaines de blessés... Peu après, à Lille, la danseuse et trapéziste Lisa Kaiser, qui cherche un engagement dans un cabaret, s'installe dans l'hôtel de Lyon où une grande bourgeoise belge vient d'être retrouvée morte étouffée sous un oreiller. Charles Bertin, instituteur de la classe de fin d'études rencontre Nelly, jeune et charmante couturière peu farouche. Un receveur de tramway est assasiné par balles dans l'exercice de ses fonctions.

« Fox-trot » est un roman aux limites du sentimental, de l'historique et du policier. La liste importante de cadavres pourrait aussi le classer comme thriller, mais il n'en est rien. Le rythme narratif lent et très descriptif et la part belle donnée au social et au politique l'en éloigne définitivement. Le personnage de Charles, velléitaire mal à l'aise dans son rôle d'infiltré au sein d'une ligue, semble assez peu attachant alors que celui de Nelly, amante sincère, bafouée et rejetée, attire empathie et compassion. Dans un style assez particulier, Michel Quint s'affranchit quelquefois de la ponctuation ou des prépositions et parsème son discours de mots et d'expressions chtimis qui auraient pu être traduits en notes de bas de page. Au-delà d'une enquête policière qui semble tout à fait secondaire et d'histoires d'amours contrariées qui occupent une grande partie du récit, c'est le tableau historique magnifiquement rendu d'un Nord en pleine effervescence avec les troubles sociaux, la montée du fascisme, la mobilisation des gauches et toutes les prémices d'une guerre à venir qui semble le plus intéressant en dépit d'une présentation un tantinet manichéenne. Ainsi le lecteur en apprendra moins sur Stavisky que sur Roger Salengro, son suicide et ses funérailles nationales, lesquelles clôturent en apothéose un livre un peu ennuyeux.

3/5

 

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12/02/2016

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitres 1/ 1ère partie)

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11/02/2016

Pisser dans un violon / Squeeze N°12 (Collectif)

index.jpgLes employés d'une société assistent à l'effondrement de la tour amiantée dans laquelle ils avaient longtemps travaillé... Deux chasseurs, braconniers et bouilleurs de cru, découvrent une très étrange prise en relevant un de leurs collets... Un couple croit avoir trouvé un violon rare et précieux. Pour en être sûrs, ils se livrent à un test des plus bizarres... Quand décoller du papier peint tourne au cauchemar et à l'histoire de fous... Tous les habitants d'un hameau sont retrouvés morts. Leur supposé gourou se serait immolé par le feu... Un golden boy commence sa journée d'une manière particulièrement saine et tonique...

« Pisser dans un violon » est un recueil de dix nouvelles rédigées par autant d'auteurs différents autour du thème de la vacuité, du futile voire de l'inutile proposé par la revue « Squeeze ». Comme presque toujours dans ce genre d'ouvrage, le lecteur y trouvera un peu de tout, du bon et du moins bon, de l'excellent et de l'abscons pour ne pas parler de verbiage ou de logorrhée. On ne s'intéressera donc qu'aux meilleurs textes : « Palimpseste » de Julien Boutreux pour son côté étrange et fantastique, « Gros gibier » d'Albino Franckie pour son ton picaresque et gouleyant et « Le meilleur » de Philippe Azar, peut-être la nouvelle la plus réussie de toutes. En effet, elle démarre sur un registre joyeux et guilleret et s'achève d'une manière tout à fait surprenante. Un accessit pour « Poète prend ton luth » de Georgie de Saint Maur pour avoir osé prendre le thème au pied de la lettre !

4/5

 

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10/02/2016

Les Faux As (Chapitres 1 à 30)

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09/02/2016

Guerres, pétrole et radicalisme (Marc Fromager)

index.jpgDans la fournaise des conflits au Moyen-Orient, les chrétiens se retrouvent pris dans un véritable étau qui risque de les broyer définitivement. De moins en moins nombreux suite aux persécutions, leur nombre se réduit comme peau de chagrin depuis l'arrivée de Daesch, l'Etat Islamique, qui n'envisage pour eux que deux solutions : la conversion à l'Islam whahabite ou la mort. Le résultat a été un véritable nettoyage religieux de la région de Mossoul, entre autres, avec la fuite de milliers de chrétiens au Kurdistan ou au Liban. Alors quel peut bien être leur avenir dans la région ? Et quelles conséquences pourrait avoir pour notre Occident déjà fortement islamisé une totale mainmise du fondamentalisme sur l'arc méditerranéen avec liaison directe entre tous les différents mouvements djihadistes d'Afrique noire (Boko Haram, Aqmi et autres) ? Les chrétiens d'Orient craignent que le même funeste sort soit également un jour le lot de leurs frères occidentaux...

« Guerres, pétrole et radicalisme » est un essai plein d'objectivité et de bienveillance sur une situation fort complexe vue de chez nous. Marc Fromager nous présente la réalité de l'implantation chrétienne dans les premiers siècles, l'arrivée de l'Islam et le progessif déclin des communautés. « Au fil des siècles, entre la tension permanente du statut discriminant de la dhimmitude et la violence ponctuelle des pogroms, la présence chrétienne se sera progressivement effondrée. », écrit-il. Effondrée au point de ne représenter aujourd'hui plus qu'une douzaine de millions d'âmes dont 8 millions de coptes égyptiens. 4% de la population du Moyen-Orient, une toute petite minorité. Puis, il nous explique les causes nombreuses des conflits (rivalités ancestrales entre sunnites et chiites, radicalisation de l'Islam, responsabilité de l'Arabie Saoudite, du Qatar et de la Turquie, implantation des gazoducs, printemps arabes et implication des Etats-Unis et de ses alliés, stratégie du chaos, le fameux « diviser pour régner »). Il termine par quelques raisons d'espérer, de toutes petites lueurs au fond d'un tunnel très noir qui sont cependant bien agréables à découvrir. Le pire n'est jamais certain, dit-on. Un excellent ouvrage, sérieux et parfaitement documenté, à conseiller à qui cherche à décrypter les évènements inquiétants du Moyen-Orient.

5/5

 

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08/02/2016

Chat perché (Nouvelle extraite du recueil "Dorian Evergreen")

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07/02/2016

La Fosse aux loups (Bertrand Carette)

index.jpgDans la Brenne, territoire marécageux du Berry, la belle, libre et séduisante Virginie se consacre à plein temps à son élevage de chevaux de courses. Célibataire endurcie, elle vit sur sa grande propriété, « la Fosse aux louves » avec Hélène, sa mère et ses deux filles et ne laisse rien à espérer à Alexandre, son ami voisin et amouroux platonique de toujours. Fin cavalier, le pianiste de renommée mondiale Tristan de l'Escuyer est un passionné de dressage alors que sa fille Elise, amie et voisine l'été, préfère nettement le saut d'obstacles. Paresseux et alcoolique, Antoine Vauriacourt tire le diable par la queue sur sa petite propriété qui lui semble ridicule par rapport aux 500 hectares de celle de Virginie. Il n'en faut pas plus pour exacerber sa jalousie, son envie et sa haine...

« La fosse aux louves » se classe naturellement dans la catégorie des romans de terroir ne serait-ce que par son enracinement dans la campagne berrichonne, par son cadre équestre (le lecteur apprendra certaines choses sur le dressage en douceur, le fameux murmure à l'oreille des chevaux) et par les problèmes de gestion des petites ou grandes exploitations agricoles. Mais il peut également relever du roman noir, social et même naturaliste avec son intrigue magnifiquement bâtie autour d'une sombre affaire d'héritage avec passions exacerbées, secrets de famille et machination bien crapuleuse. Dans cette campagne profonde, les haines fermentent, les passions rancissent, les amours déçues se transforment en haines mortelles. Tout cela est magnifiquement décrit. L'auteur ne tombe jamais ni dans le pathos, ni dans le manichéisme, ni dans le convenu. Il sait dépeindre avec une grande finesse psychologique des caractères tranchés et souvent ambigus. Sa plume est si alerte, son style si fluide, son histoire si prenante et ses personnages (surtout les femmes bien entendu) si attachants que le lecteur a dévoré l'ouvrage d'une traite et n'a pas pu aller se coucher avant de savoir le fin mot (très surprenant) de cette lamentable histoire. Excellent. A conseiller fortement aux amateurs (trices) du genre.

4,5/5

 

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06/02/2016

Affaire 13257 (Nouvelle)

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05/02/2016

Clochard d'éternité

images.jpgIl git, dépoitraillé,
La joue au sol, les cheveux dans la poussière,
Heureux sur sa flaque de lumière.
Une chemise en loques couvre difficilement
Ses épaules d'enfant
Lâchement abandonné.
Un vieux jean sale,
Une paire de sandales,
Il dort sur son rêve de lumière...

Toi bourgeois bedonnant,
Que ton mépris et ton dégoût
Ne le réveillent pas.
Et toi, flic rampant,
Que ta matraque et tes coups
N'atteignent pas
Ce clochard d'éternité,
Mon ami, ton frère,
Qui gît à terre.

 

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04/02/2016

Vivre sans argent (Benjamin Lesage)

vivre sans argent.jpgÉtudiant fêtard et un peu paumé, Benjamin trouve de moins en moins d'intérêt à la vie futile qu'il mène et redoute l'avenir rangé et conforme qui se profile. En compagnie de deux amis, il décide d'entreprendre un voyage autour du monde avec empreinte écologique minimum. Un aller-retour New-York en avion usant autant de carbone qu'un Européen pendant six mois, il opte pour l'auto-stop et le bateau-stop. Pour se nourrir, ce sera la récup' (fins de marché, poubelles, dons de commerçants...) et pour dormir, l'hébergement chez l'habitant hospitalier ou à la belle étoile. Seules concessions à la modernité, il se munit d'un filtre à eau et d'un sac à dos solaire pour pouvoir recharger ses appareils électroniques. Mais, quand au Brésil un routier lui vole son sac à dos, Benjamin devient tout à fait ce qu'il prétendait être : un voyageur sans le sou...

« Vivre sans argent » est le sympathique témoignage de cinq années passées sans utiliser d'argent d'abord à voyager des Pays-Bas au Maroc puis du Brésil au Mexique et finalement aux États-Unis avec retour par l'Allemagne. Pour s'apercevoir qu'il est plus facile de vivre ainsi qu'en étant sédentaire. Benjamin fait partager avec une grande honnêteté intellectuelle ses découvertes et ses doutes. Il s'agit de faire confiance et même de croire à la bonté des gens, à leur empathie. « Si tu souris au monde, le monde te sourira en retour. » Mais d'un autre côté, donner, c'est aussi manifester sa supériorité. Et accepter sans rendre, c'est se subordonner. Le lecteur trouvera dans ce petit livre (135 pages) en accès gratuit de quoi réfléchir sur nos sociétés de gaspillage et d'épuisement de la ressource naturelle et comprendra qu'on ne peut en aucun cas être bien avec soi-même dans l'incohérence. Mais l'utopie finit par trouver ses limites. Après cette expérience radicale de 5 années, Benjamin, qui aujourd'hui a charge d'âme et ne vit plus totalement sans argent, s'est lancé un nouveau défi : créer un éco-village dans le Béarn. Un livre agréable à lire (malgré quantité de coquilles et fautes en tous genres), optimiste et roboratif qu'il faut conseiller à tous ceux qui se posent des questions et/ou veulent vivre autrement.

4/5

 

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03/02/2016

Les mondes oubliés / L'enfant des étoiles (Corinne de Vailly)

index.jpgMathilde et Arnaud Langevin ont découvert Emrys, un jeune garçon étendu à même la rue, inconscient et à demi mort de froid. Après un court séjour à l'hôpital, Emrys est recueilli par les Langevin qui obtiennent des services sociaux le droit de l'héberger en attendant qu'une place en foyer d'accueil lui soit attribuée. Matteo et Alixe se réjouissent de l'arrivée dans leur famille de ce beau garçon qui, plus qu'un ami, deviendra vite une sorte de frère aîné alors qu'il est plus jeune. En effet, Emrys est un étrange adolescent particulièrement doué dans toutes sortes de domaines. Il peut courir à une vitesse incroyable, lire dans les pensées des gens, parler plusieurs langues étrangères et se permettre des démonstrations mathématiques magistrales. Mais qui est-il vraiment ? D'où vient-il ? Quel est son destin ?

« L'enfant des étoiles » est le premier tome de la saga de fantaisie contemporaine « Les mondes oubliés ». Plutôt destiné au public adolescent, ce roman peut être lu sans problème par des adultes. Rien n'y est simpliste, ni niais, ni binaire. Au contraire, le lecteur y découvrira toutes sortes de choses sur les fameux « mondes perdus », le Gondwana, l'Aggartha, le continent de Mu, l'Atlantide, Shamballa etc..., autant de mythes, légendes et autres théories assez peu établies scientifiquement mais si étranges... Il sourira de découvrir quelle utilité l'auteure propose d'attribuer aux menhirs et dolmens et quel peuple a vraiment peint les fresques rupestres des cavernes préhistoriques... L'intrigue est intéressante et bien menée mais elle laisse sur sa faim vu que l'histoire n'est pas complète. Il faut quitter le livre au pire moment, sur un point d'orgue de suspens, en se demandant ce qui va bien pouvoir arriver aux pauvres parents. On comprend qu'il s'agit d'un truc pour rendre le lecteur accro à une série qui s'annonce passionnante !

4/5

 

08:06 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/02/2016

Calvaire à Plougastel (Serge Le Gall)

index.jpgNon loin de Plougastel, Geneviève, fraîche jeune fille se promenant à vélo au bord d'une falaise, est retrouvée morte sur une plage. Dès le lendemain, René, repris de justice un peu simple d'esprit est arrêté. Des pêcheurs l'ont vu trainer à côté du cadavre. Déclaré coupable du meurtre, il purgera une longue peine de prison en dépit de toutes ses protestations d'innocence. Quelques années plus tard, un homme est découvert dans son lit, embroché par la bouche avec une tige métallique de brochette. Quelqu'un lui a attaché une photo de calvaire breton à même la peau avec une épingle de nourrice...

« Calvaire à Plougastel » est un thriller à la française avec son lot de meurtres tous plus répugnants les uns que les autres. Le roman démarre plutôt lentement puis l'horreur monte crescendo assez progressivement pour finir en apothéose dans un dénouement aussi surprenant que réussi. Au niveau intrigue, c'est drôlement bien ficelé, chapeau l'artiste ! Pour le style, le lecteur sera un peu plus réservé. Quelques coquilles et lourdeurs peuvent aisément agacer. De nombreuses répétitions, rappels des épisodes précédents et descriptions inutiles (listes de courses, menu des repas, etc...) ralentissent parfois le rythme et font retomber l'intérêt. Une narration un peu plus ramassée, un peu plus « close to the bone », aurait fait gagner de l'efficacité à cet ouvrage tout à fait honnête et divertissant et l'aurait peut-être propulsé dans la catégorie « chefs d’œuvre ».

3,5/5

 

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01/02/2016

Les enfants du dôme (Chris Mallory)

 

index.jpgJosh, 24 ans, travaille sur un programme spatial de colonisation de la planète rouge. Avec un petit groupe humain très organisé sous la houlette d'une IA bienveillante appelée « Mère », il vit à l'intérieur d'un dôme, sorte d'oasis artificielle isolant ses occupants d'une terre devenue invivable suite à sa collision avec deux astéroïdes 90 ans plus tôt. Josh est tombé virtuellement amoureux d'Isabel, une charmante blonde de son âge. L'ennui, c'est que celle-ci réside dans un autre dôme où Josh n'a pas le droit de se rendre et que les deux amoureux n'ont que fort peu de chances de se retrouver dans le cadre des expéditions prévues sur Mars...

« Les enfants du dôme » est une longue nouvelle (117 pages) ou une novella de science-fiction post-apocalyptique qui traite de la survie en milieu hostile, du clonage, des matrices et intelligences artificielles et surtout du totalitarisme poussé au paroxysme par un haut niveau de technologie et de manipulation des masses. L'intrigue, qui aurait pu être passionnante, laisse le lecteur un peu sur sa faim malgré tout. Une telle histoire, assez bien menée d'ailleurs, aurait mérité un plus ample développement ce qui aurait peut-être évité une impression d'à peu près et parfois de manque de vraisemblance. Les personnages sont intéressants et presque attachants s'ils avaient bénéficié d'un peu plus d'épaisseur. Le style, fluide et agréable à lire, aurait pu être un peu plus travaillé. Quelques coquilles, phrases mal bâties, répétitions et autres lourdeurs l'entachent de-ci de-là. Petit détail à noter au passage : les sportifs pratiquent toujours leurs exercices d'étirement après l'effort physique. Avant, ils font des échauffements...

3/5

 

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