30/09/2015

Copyright (Nouvelle extraite du recueil "Dorian Evergreen")

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27/09/2015

Air Drone One (Guzlar Joby)

Airdrone one.jpegA Shanghaï, Francesca et Feng, suivis depuis le ciel par leur drone de service, achètent quelques souvenirs dont un énorme poulpe en peluche mauve. Alors qu'ils rentrent à leur hôtel en taxi sans chauffeur, ils sont pris dans un « concert express », sorte de « flash mob » organisé par de jeunes rebelles chinois. Au Japon, à l'heure du thé servi par un robot humanoïde, Omizu Senseï annonce à son épouse Kumiko qu'il a l'intention de demander le divorce pour la protéger de ce qui risque de lui arriver. En effet, il craint le pire de la part de la nouvelle junte militaire récemment montée au pouvoir. A Beijing, Madame D, la grande prêtresse des drones chinois reçoit un représentant américain de la socité Airdrone One pour lui faire une surprenante proposition de contrat commercial...

« Airdrone One » relève du thriller d'anticipation le plus basique. En effet, les inventions et nouveautés technologiques décrites, voiture sans chauffeur, drone d'observation ou de combat, robot humanoïde imitant parfaitement l'apparence humaine sont déjà notre réalité actuelle ou en passe d'être commercialisées. Autant dire que pour la projection dans le futur et pour l'originalité, on repassera. Plus gênant est l'invraisemblance de la réalité géopolitique imaginée. Elle est carrément uchronique, le Japon est retourné à ses vieux démons totalitaires. Quant à la Chine, ce n'est que la caricature de ce qu'elle est aujourd'hui. Si on y ajoute que cet épisode 1 n'est qu'une sorte de « teaser », de mise en appétit pour accrocher le lecteur se contentant de présenter le tout début d'un feuilleton sans grand intérêt, on pourra faire l'impasse sans aucun problème.

2,5/5

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25/09/2015

Pensées plus ou moins correctes (54)

index.jpgFIDELITE

« Il y a des femmes qui n'aiment pas faire souffrir plusieurs hommes à la fois, qui préfèrent s'appliquer à un seul : ce sont les femmes fidèles. »

(Alfred Capus)

FIERTE

« Ce qu'il y a de plus embarrassant quand on n'est pas né riche, c'est d'être né fier. »

(Vauvenargues)

« La fierté a rarement un juste milieu, on en a trop ou pas assez. »

(Comtesse de Blessington)

FILLE

« Il y a deux sortes de filles : les filles comme il faut et les filles comme il en faut. »

FILS

« Les fils continuent ce que les pères ont commencé. »

(Proverbe chinois)

FIN

« En toute chose, il faut considérer la fin. »

(Jean de La Fontaine)

FIN DES DEMOCRATIES

« La fin des démocraties est marquée par les mêmes symptômes : les libertés deviennent des crimes, les droits deviennent des privilèges, le bavardage remplace la pensée, le langage devient technique et rhétorique, les discours tiennent lieu d'action et les déjections de discours, les lois nourrissent les bureaucrates qui les votent et les administrent, l'état est à la fois omniprésent et impotent. »

(M.G. Dantec)

FIN DU MONDE

« La fin du monde a bien eu lieu. Elle n’a pas eu lieu un jour précis, mais s’est étalée sur plusieurs décennies. Le monde qui a disparu était un monde où la plupart des enfants savaient lire et écrire. Où l’on admirait les héros plutôt que les victimes. Où les appareils politiques n’étaient pas encore devenus des machines à broyer les âmes. Où l’on avait plus de modèles que de droits. Un monde où l’on pouvait comprendre ce que voulait dire Pascal quand il affirmait que le divertissement nous détourne d’être vraiment hommes. Un monde où les frontières garantissaient  à ceux qui y vivaient une façon d’être et de vivre qui leur appartenait en propre. C’était un monde qui avait aussi ses défauts et qui fut même parfois horrible, mais la vie quotidienne du plus grand nombre y était au moins réglée par des dispositifs de sens aptes à dispenser des repères. Par le truchement des souvenirs, ce monde reste familier à beaucoup. Certains le regrettent. Il ne reviendra plus. »

(Robert de Herte, « Eléments », numéro 146.)

FLATTERIE

« La flatterie est une fausse monnaie qui n'a cours que par notre vanité. »

« On croit haïr la flatterie, mais on ne haït que la manière de flatter. »

(La Rochefoucauld)

« La flatterie est le miel et le condiment de toutes les relations entre les hommes. »

(Platon)

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24/09/2015

Feu (Collectif)

cover225x225.jpegUn forgeron doit redresser une clé tordue sertie de pierres précieuses... Alkinn, un jeune viking, doit passer l'épreuve du feu, un rituel initiatique nordique... Fréon part à la recherche de la flamme. Arrivé devant son sanctuaire, il retrouve Fréon, un ennemi qu'il a vaincu autrefois... Frei, 19 ans, fête son anniversaire en la seule compagnie de ses parents. Aucun de ses copains n'est venu... Englué dans un marécage, Athan en est sorti par l'intervention de Kymaeré, une très belle jeune femme... Altiya, la déesse du feu trouve que les hommes ne lui rendent plus le culte qui lui est dû. Elle décide de se venger d'eux... Prof, le grand-père de Lino, sorte de Geo Trouvetout diplômé, a inventé une machine à remonter le temps. Il propose à Lino de tester son invention... Dans le métro, une étudiante dérobe un briquet dans la poche d'un homme étrange...

« Feu » est un recueil de quinze nouvelles de quinze auteurs différents abordant toutes le thème du feu, de la flamme, de l'incendie. Ces textes, d'une grande variété d'inspiration et de registre, vont de la poésie au policier et à l'horreur en passant par l'érotique et la fantaisie. Ces deux derniers genres étant les plus représentés. Comme toujours dans ce genre d'ouvrage, le lecteur y trouvera le meilleur et le moins bon pour ne pas dire le médiocre et l'à peu près. Par indulgence, nous nous en tiendrons aux trois textes qui sortent nettement du lot : « Assis dans le noir » d'Isabelle Leblond, « Fille du feu » d'Eric Lysoe et « Altiya, déesse du feu ». A eux seuls, ils méritent le détour. Originalité de l'intrigue, intérêt de la problématique, qualité de l'écriture. Trois pépites, trois belles découvertes, trois auteurs à suivre...

4/5

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20/09/2015

Montburgonde (Chapitres 1 à 7)

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17/09/2015

Petit Piment (Alain Mabanckou)

images.jpgNon loin de Pointe Noire (Congo), Moïse, jeune orphelin au nom imprononçable et affublé du surnom de « Petit Piment », a été recueilli à la naissance dans un orphelinat dirigé par l'autoritaire et très corrompu Dieudonné Ngoulmoumako qui a engagé ses nombreux cousins pour faire office de « surveillants de couloir ». Avec son unique ami, Bonaventure Kokolo, fils naturel et abandonné d'un fonctionnaire du service des eaux, ses rares plaisirs sont les leçons de catéchisme atypique pour ne pas dire loufoque de l'aumônier Papa Moupelo. Mais un jour, celui-ci disparaît mystérieusement alors que la « révolution socialiste » commence à bouleverser le pays. Une section de jeunes pionniers de la Révolution est même créée dans l'orphelinat...

« Petit Piment » est à la fois un roman social et un témoignage sur la vie des orphelins du Congo, enfants abandonnés car souvent fruits d'amours illicites qui sont élevés durement, « à la chicote » et qui, quelquefois, deviennent enfants des rues avant de terminer leur vie comme SDF ou comme handicapés mentaux. La composition du livre est assez particulière. Il démarre sur un ton détaché, truculent et même picaresque et finit par un drame qui semble aussi surprenant qu'inattendu. Le lecteur qui s'est pris d'empathie et de compassion pour le petit héros se retrouve obligé de reconsidérer son jugement, déçu qu'il est de l'absence de happy end. Mais cette petite ombre au tableau mise à part, il en reste un ouvrage délicieux qui se dévore plus qu'il ne se lit tant la plume d'Alain Mabanckou est légère et élégante et tant ses personnages sont originaux, attachants et pleins d'humanité. Quelle merveilleuse plongée sans concession dans la réalité du Congo ! Avec une grande lucidité et une belle honnêteté, l'auteur ne craint pas d'énoncer des vérités qui dérangent comme le fait que l'esclavage était présent en terre africaine bien avant l'arrivée des Blancs ou que toute la politique actuelle du pays est conditionnée par les pesanteurs tribales et ethniques. Un roman passionnant à ne pas manquer.

4,5/5

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15/09/2015

Pensées plus ou moins correctes (53)

index.jpgFEINDRE

« Nous sommes des créatures tellement mobiles que les sentiments que nous feignons, nous finissons par les éprouver. »

(Benjamin Constant)

« Il a été convenu que les femmes feraient semblant d'être faibles et timides et que les hommes feindraient d'être forts et courageux. »

(Alphonse Karr)

FEMME

« Il n'y a pire mal qu'une mauvaise femme, mais rien n'est comparable à une femme bonne. »

(Euripide)

« La modération n'a pas de sens pour les femmes. »

(Plaute)

« La femme est comme la nèfle : sitôt mûre, sitôt sûre. »

(Th. Dekker)

« Prenez le temps comme il vient, le vent comme il souffle et la femme comme elle est. »

(Alfred de Musset)

« Les femmes seraient charmantes si l'on pouvait tomber dans leurs bras sans tomber dans leurs mains. »

(Ambrose Bierce)

« Les faiblesses de hommes font la force des femmes. »

(Voltaire)

« Le triomphe des femmes est de nous faire adorer leurs défauts et jusqu'à leurs vices. »

(Th. Jouffroy)

« Une fois qu'une femme vous a donné son coeur, on ne peut plus se débarrasser du reste. »

(John Vanbrugh)

« Dans les premières passions, les femmes aiment l'amant ; et dans les autres, elles aiment l'amour. »

(La Rochefoucauld)

« Tout ce que les femmes peuvent raisonnablement promettre, c'est de ne pas chercher les occasions. »

(G. de Lévis)

« Les femmes pardonnent parfois à celui qui brusque l'occasion, mais jamais à celui qui la manque. »

(Talleyrand)

« Une femme n'est puissante que par le degré de malheur dont elle peut punir son amant. »

(Stendhal)

« Si la femme était bonne, Dieu en aurait une. Si elle était de confiance, le diable n'aurait pas de cornes. »

(Coluche)

« La femme infidèle a des remords, la femme fidèle a des regrets. »

(Proverbe chinois)

« La première femme est une esclave, la deuxième une compagne et la troisième un tyran. »

(Proverbe polonais)

« On a les femmes dans les bras puis un jour sur les bras et bientôt sur le dos. »

(Sacha Guitry)

« Il y a deux ans que je n'ai pas parlé à ma femme ; c'était pour ne pas l'interrompre. »

(Jules Renard)

« Certains hommes aiment tellement leur femme que, pour ne pas l'user, ils se servent de celles des autres. »

(Coluche)

« Les femmes ne voient jamais ce qu'on fait pour elles. Elles ne voient que ce qu'on ne fait pas. »

(Georges Courteline)

« Les femmes mentent pour cacher ce qu'elles éprouvent, les hommes pour dissimuler ce qu'ils n'éprouvent pas. »

(Stendhal)

« Faire l'amour avec une femme qui ne vous plaît pas c'est aussi triste que de travailler. »

(Jean Anouilh)

« La femme est l'addition des ennuis, la soustraction du porte-monnaie, la multiplication des ennemis et la division des hommes. »

(Sacha Guitry)

« Une belle femme, c'en est une que je remarque. Une femme charmante, c'en est une qui me remarque. »

(John Erskine)

« Les brigands vous demandent la bourse ou la vie tandis que les femmes exigent les deux »

(Ambrose Bierce)

« Quand une femme dit qu'elle lit en vous comme dans un livre, vous êtes fichu. »

(W.G. Comer)

« La femme est une créature humaine qui s'habille, qui babille et qui se déshabille. »

(D'Arlincourt)

« Celui qui tient la femme tient tout, d'abord parce qu'il tient l'enfant, ensuite parce qu'il tient le mari. »

(Jules Ferry)

« Je n'aime pas voir la femme émuler l'homme dans son adhésion à la civilisation du gâchis, de la concurrence, du commercialisme et de l'industrialisme exacerbés, malfaisants et futiles. Que les circonstances économiques l'y obligent, je le veux bien, encore qu'il y ait beaucoup de choses à dire là-dessus. La civilisation à laquelle j'aspire n'aurait pas de place pour le féminisme militant, non plus que pour l'agressive masculinité. Et tout le reste ne me paraît qu'ajouter à notre chaos, pour ne pas dire à notre désastre. »

(Marguerite Yourcenar)

« La femme est le chef d'oeuvre de Dieu surtout quand elle a le diable au corps. »

« Lorsqu'une femme vous parle, souriez-lui mais ne l'écoutez pas. »

« Les femmes se servent de leur intelligence pour étayer leurs intuitions. »

« Une femme seule et toujours suspecte. »

« Une femme fidèle commande à son mari en lui obéissant. »

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12/09/2015

Mon retour à la terre : guide du néo-rural (Nicolas Fabre)

index.jpgNombreux sont les citadins lassés de la vie trépidante des grandes villes qui rêvent de retourner à la terre, de s'installer à la campagne et, tels Candide, d'y cultiver leur jardin et de vivre de ses productions. Mais du rêve à la réalité, il peut y avoir plus que de la coupe aux lèvres. D'où l'intérêt de ce guide qui présente avec une grande honnêteté et avec une belle expertise tous les aspects du problème d'un reconversion de ce type. Nicolas Fabre ne cache pas qu'il n'est pas évident pour un citadin candidat au néo-ruralisme de se faire accepter par les autochtones du cru. Toute sa vie, il restera l'étranger, le « Parisien » ou le « horsain » (en Normandie). De même, la recherche de l'autonomie intégrale ou partielle est un long chemin plus semé d'embûches que de roses. Les élevages de chevaux, vaches, chèvres, moutons et autres sont abordés sans en cacher toutes les difficultés. Nicolas Fabre est un fervent adepte de la permaculture basée en premier lieu sur l'arboriculture, les plantations en brise-vent et en piège à chaleur. Il prône également les plantes vivaces, les variétés anciennes plus résistantes aux parasites et plus adaptées aux terrains de chez nous. De nombreux dessins, croquis et notes ainsi qu'une bibliographie et une sitothèque accompagnent cette édition de qualité. Le meilleur ouvrage du genre depuis l'inégalable « Revivre à la campagne » de John Seymour, lequel était nettement plus encourageant et plus optimiste. Mais un homme averti n'en vaut-il pas deux ?

4,5/5

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10/09/2015

Les Faux As (Chapitres 1 à 26)

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08/09/2015

L'enfant rebelle (Christian Laborit)

index.jpgEn 1897, la jeune Adèle Vigan, 17 ans, orpheline, travaille comme fileuse dans une usine de Saint Jean du Gard pendant la semaine et à la ferme de ses parents adoptifs le dimanche. Leur fils aîné, Martin Bonnal, abuse d'elle. Elle se retrouve enceinte de ses œuvres. Saisie par la honte, elle s'enfuit de chez elle et gagne Alès puis Nîmes. En janvier 1898, elle accouche d'un enfant qu'elle abandonne quelques jours plus tard à Arles, au couvent des Soeurs de la Charité. Elle le prénomme Raphaël en souvenir du jeune pasteur dont elle est toujours amoureuse. Très vite, Raphaël est adopté par un couple d'âpres paysans cévenols...

« L'enfant rebelle » est un roman à la limite du terroir (les Cévennes, le protestantisme, les magnaneries), de l'historique (l'auteur nous promène de 1897 à 1934 avec une séquence se déroulant pendant la Première Guerre Mondiale au Chemin des Dames), du sentimental (le fond est assez mélodramatique, on suit deux personnages au destin triste à pleurer) et de la saga familiale (sans être une suite du précédent roman de Laborie « Les Rochefort », celui-ci reprend certains personnages et renvoie à des évènements racontés précédemment). Bien écrit, ce long ouvrage de plus de 500 pages assez agréable à lire pose le problème de l'adoption, de l'exploitation des enfants à la campagne et de l'usurpation d'identité (surtout sur la fin). Ce dernier rebondissement donne d'ailleurs une fin un peu « fabriquée ». Quant à l'échange d'identité qui est le nœud central de l'intrigue, il laisse le lecteur sur sa faim vu que l'auteur ayant traité le destin de Vincent dans le précédent livre, s'attache surtout à celui de Raphaël. Un ensemble en demi-teinte qui peut plaire aux amateurs du genre et laissera de marbre les autres.

3/5

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06/09/2015

La femme en Inde

images.jpgUne interview de Sampat Pal Devi.

Native de l'Uttar Pradesh, région rurale et pauvre du nord-est de l'Inde, elle a créé en 2006 le Gulabi gang, le « gang des saris roses ».

Comment a commencé votre combat contre les injustices ?
Quand ma belle-soeur est venue vivre avec nous, elle avait 12 ans. Comme moi à l'âge où je me suis mariée. Je l'entendais se faire battre à travers la cloison. Violemment, régulièrement. Je ne pouvais rien dire car la femme, en Inde, doit faire ce que son mari dit. Et le mien me disait que ce n'était pas nos affaires. J'ai quand même décidé d'agir et suis allée voir mon beau-frère pour qu'il cesse. J'étais révoltée et c'est ainsi que j'ai commencé à aider d'autres femmes.

Votre constat de la condition féminine en Inde est alarmant...
Des femmes souffrent. Humiliées, battues, mises plus bas que terre. Elles passent leur vie à enfanter. Si elles ne font plus l'affaire, elles sont mises à la porte par leur mari. Dans ma région, les femmes ne mangent pas à leur faim. N'ont parfois pas de couvertures pour dormir. Doivent aller faire leurs besoins dans les champs alors que des bandits rôdent et menacent de les violer.

Comment est né le Gulabi gang, le gang rose en hindi ?
J'ai commencé à créer des groupes d'entraide dans les années 80 : j'ai compris que si une seule personne demande justice, elle a moins de chance de se faire entendre que si elle est accompagnée de cinquante manifestants. Dans mon gang, je leur permets d'être autonomes en leur apprenant la couture mais aussi à épargner.
Cela dynamise l'économie locale. Nous avions besoin d'une identité pour obtenir une vraie résonance. D'où le sari rose et le bâton à la main. Le sari rose est féminin. Le bâton, c'est pour terroriser les hommes qui ne nous écoutent pas. Et je n'ai pas peur de m'en servir !

Où puisez-vous ce courage ?
J'ai obtenu le soutien de mon mari, de mes enfants, qui me laissent désormais mener mes actions. J'ai assisté à mes premiers meetings en cachette. J'ai parfois des craintes, des peurs, mais je ne peux pas rester les bras croisés. Même si des menaces pèsent sur ma tête. En Inde, les avocats sont corrompus, ils exploitent leurs clients ! Si les policiers et les ministres ne font pas leur travail, je les rappelle à l'ordre. Quand on me dit que je vais trop loin, je leur dis qu'ils n'ont qu'à bien faire ce pour quoi on les paie !

Vous n'avez pas été à l'école. Cela constitue-t-il un frein à votre action ?
J'ai la capacité de persuader, de convaincre et unir les gens pour une cause. A-t-on besoin d'avoir fait des études pour protéger quelqu'un qui souffre ? Je sens que mon niveau de confiance s'améliore chaque jour. Que je deviens plus forte au fur et à mesure que les rangs de mon gang s'épaississent.

Les mariages d'enfants sont-ils toujours d'actualité ?
Oui. Et l'état de santé de ces enfants qui enfantent est désastreux. Nous sensibilisons les jeunes filles au sexe, sujet tabou dans notre région afin qu'elle ne le découvre pas, comme moi, au moment de la nuit de noces. Nous distribuons aussi des pilules contraceptives, parfois en cachette des maris. Pour qu'elles aient le choix.
Le 12 octobre, j'ai interrompu un mariage d'enfants avec mes femmes. Le ministre du Développement rural m'a téléphoné pour me dire que je mettais mon nez dans une affaire privée. Que cela ne me regardait pas. Je lui ai répondu que le jour où sa fille serait mariée de force, ce serait lui qui viendrait à ma porte pour réclamer mon aide !

On vous compare souvent à Phulan Devi, passée du statut de « chef de bande » à celui de députée. Envisagez-vous une carrière en politique ?
Je n'ai pas encore décidé. Mais si je dois me présenter, je le ferai : pour la justice et les femmes. Je ne suis pas intéressée par la politique traditionnelle.
Phulan Devi a été assassinée, je ne veux pas d'un tel dénouement, j'ai encore trop à faire. Pour l'instant, je pense qu'il est plus respectable d'intégrer mon gang que de faire de la politique. Les politiciens commencent à avoir la frousse ! Je gère mon groupe de manière non conventionnelle mais je ne succomberai jamais à la pression.

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04/09/2015

Le silence des bombes (Jason Hewitt)

index.jpgEn juillet 1940, Lydia, une petite Anglaise de onze ans, portant une grosse valise et un masque à gaz, descend du train dans la petite gare d'une ville désertée du Suffolk. Elle cherche à rejoindre Greyfriars, l'endroit où elle a grandi et où elle espère retrouver sa mère et les autres membres de sa famille. Comme la zone a été évacuée, elle trouve la maison vide, abandonnée. Un peu plus tard, un inconnu vêtu d'un uniforme de l'armée anglaise s'y introduit. Il est blessé à l'épaule et, sous la menace de son arme, oblige Lydia à rester en sa compagnie.

« Le silence des bombes » est un face à face dans un huis clos oppressant sur un arrière fond historique inquiétant. Deux personnages qui n'auraient jamais dû se rencontrer vont s'affronter, dialoguer, et même s'entraider sur un registre assez théâtral et mélodramatique. Comme le reconnaît l'auteur dans la postface, ce n'est qu'une œuvre de fiction. Tout est inventé et finalement assez improbable. Le thème est usé jusqu'à la corde. Tous les habituels poncifs et idées reçues sur cette guerre s'y retrouvent et ne peuvent qu'agacer quiconque est un peu connaisseur de la période. La seule originalité et le seul intérêt de ce roman réside dans son écriture de grande qualité et dans cette façon particulière de tisser par petites touches impressionnistes deux histoires parallèles pas très vraisemblables et nous faire peu à peu découvrir les pans cachés de la réalité des deux malheureux protagonistes de ce drame. Mais autant c'est dur et surprenant du côté de Heiden, autant c'est faible et assez peu convaincant du côté de Lydia. La quatrième de couverture parle de livre « envoûtant et déchirant », ce qui n'est pas faux et de mélange entre « petite et grande histoire ». Le lecteur y verra surtout une tranche d'Histoire vue par le petit bout de la lorgnette et au lieu de « rédemption » et de « part d'humanité », la rencontre d'une gamine et d'un salopard. Ne serait-on pas en train de nous refaire le coup d'un certain Jonathan Littell ?

3/5

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02/09/2015

Meurtres du côté de chez Proust (Serge Le Gall)

index.jpgEn 1895, le jeune Marcel Proust, à l'aube de sa carrière de romancier, et son ami Reynaldo Hahn, musicien déjà célèbre, prennent le train à vapeur pour se rendre à Quiberon. Ils doivent y embarquer pour rejoindre Belle-Ile en mer où ils souhaitent passer saluer la grande actrice Sarah Bernhardt en villégiature dans son fortin face à l'océan. Dans le train, ils font la connaissance d'un certain Tin Kerel, un jeune marin brut de décoffrage et au passé plutôt douteux. Arrivés à Belle-Ile, ils apprennent que des bagnards se sont échappés en tuant un gardien, assistent à l'incendie de l'église paroissiale et apprennent la mort du sacristain et du vicaire. Un vol de chandeliers en argent semble être le mobile de ces crimes. Un dénommé Pinkerton, détective privé de son état, cherche à les rencontrer pour pouvoir démarrer ses investigations...

Ainsi débute une difficile enquête ponctuée d'un nombre impressionnant de meurtres. Le roman ne se situe pourtant pas dans le registre du thriller, ni dans celui du roman policier classique, ni même dans celui du roman noir. On est plutôt dans le style « feuilleton rocambolesque » des bouquins de Gaston Leroux ou de Maurice Leblanc. Il semble que Serge Le Gall s'en soit grandement inspiré et qu'il soit un connaisseur de l'oeuvre et de la vie de Proust, ce qui n'est pas désagréable en dépit du petit côté kitsch et suranné de l'ensemble qui peut surprendre. Beaucoup de descriptions minutieuses de cette région de Bretagne enlèvent un peu de rythme à la narration. L'enquête se suit pas à pas, sans rebondissement ni fausse piste, ce qui est un peu dommage. Le style est de grande qualité ce qui permet une lecture agréable et donne même parfois l'impression de lire un véritable auteur du XIXème... Cette dernière remarque est à prendre comme un compliment bien sûr.

4/5

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