30/08/2015

Monsieur Louis (Nouvelle extraite du recueil "Dorian Evergreen")

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29/08/2015

L'étrange secret de Marie Cloarec (Alex Nicol)

index.jpgA Sainte Marine sur l'embouchure de l'Odet, Gwenn Rosmadec, ancien grand reporter, exerce maintenant le métier d'écrivain public. Maître Lefort, notaire honorablement connu à Quimper, fait appel à ses services. Il lui demande de bien vouloir rédiger l'histoire de sa vie qui semble comporter pas mal de parts d'ombre. Son père, après avoir participé à la guerre d'Indochine avec les fusiliers marins, aurait acquis une plantation de caoutchouc et fait fortune d'une manière assez mystérieuse. Pour l'aider à dénouer les fils de cette étrange affaire, Gwenn pourra compter sur l'aide de son épouse Soazic fort douée en sophrologie et en hypnotisme...

« L'étrange secret de Marie Cloarec » est un roman policier de facture parfaitement classique qui garantit un bon moment de divertissement. Le style est rapide, précis et fluide. Les découvertes étonnantes s'enchainent si parfaitement que lecteur a de la peine à poser le livre. Le plus de cette histoire réside dans les lieux très bien décrits. Notre enquêteur est breton. Le suivre est l'occasion de visiter en sa compagnie, la vallée de l'Odet, le pays bigouden, l'île de Sein, la ville de Quimper. Les amoureux de la Bretagne apprécieront.

4/5

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27/08/2015

Le pacte immoral (Sophie Coignard)

index.jpgQuand le ministre de l'Education Gilles de Robien, conscient des ravages causés par la méthode globale d'enseignement de la lecture, décrète le retour officiel de la méthode syllabique, il déclenche un tollé, la machine Education Nationale se grippe et reste braquée sur la solution bâtarde de la méthode mixte qui, telle le pâté d'alouette, comporte un cheval de global pour une alouette de syllabique. Quand Luc Chatel veut en finir avec les RASED, ces réseaux d'aides spécialisées aussi discriminants que contre productifs, le mammouth freine des quatre fers et la défaite du ministre est presque aussi complète que celle de son collègue...

« Le pacte immoral » est une enquête effectuée sur le fonctionnement de notre système éducatif par Sophie Coignard, grand reporter à l'hebdomadaire « Le Point ». A l'instar de la pléiade de bouquins publiés sur le même sujet, le constat de celui-ci est aussi terrifiant que décourageant. De plus en plus mal classée dans les études PISA de l'OCDE, la France, qui consacre son plus gros budget à l'Education, se retrouve au fin fond du classement des pays développés, aussi bien en efficacité qu'en réussite. Et pourtant tous les hommes politiques de droite comme de gauche n'ont cessé de proclamer qu'ils voulaient faire de l'Education la priorité des priorités ! On se demande ce qu'il serait arrivé si elle avait été le cadet de leurs soucis ! En sous-titrant l'ouvrage : « Comment ils sacrifient l'éducation de nos enfants », l'auteur annonce tout de suite la couleur. Il y a bien une volonté de dévoiement, de perversion sous prétexte d'égalité des chances, de non discrimination et autres sornettes du même tonneau. Depuis plus de 40 ans, en voulant la réformer, les puissants détruisent l'école de la République en se gardant d'ailleurs bien d'y placer leurs propres rejetons. Pour ces « héritiers », du solide, du sérieux du traditionnel, pas de méthodes fumeuses, d'éveil transversal et autres sensibilisations ludiques sorties des crânes d'oeufs des pédagogistes disciples de Meyrieu. Le livre regorge de faits avérés qui sont autant de condamnations sans appel. Il se termine par cette constatation : il suffirait de peu de choses pour que ça fonctionne. Oui, sans doute, beaucoup de courage politique et un grand nettoyage pour se débarrasser de tous les Diafoirus jargonnants et autres malfaisants qui pantouflent dans les hautes sphères. Là, d'ailleurs, réside une certaine faiblesse du livre. Sophie Coignard se cantonne un peu trop aux couloirs du ministère, aux magouilles diverses et variées, aux tractations et tripatouillages entre décideurs, hauts fonctionnaires et syndicalistes. Elle aurait pu donner un peu plus la parole aux soutiers et aux galériens, ces enseignants du terrain qui, la plupart du temps, en trichant avec les instructions délirantes, arrivent envers et contre tout à maintenir à flot ce radeau de la Méduse pris de folie. Pour en savoir plus sur la réalité du terrain, lisez plutôt Le Bris « Et vos enfants ne seront pas lire... ni compter » ou Viallet « Le mammouth m'a tuer ». Des témoignages, des vrais.

4/5

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26/08/2015

L'agriculture naturelle (Fukuoka Masanobu)

index.jpgPour Fukuoka, l'agriculture naturelle ne nécessite que très peu de travail, ne provoque aucune pollution et maintient les terres éternellement fertiles. Le paysan ne doit recourir à aucune machine agricole moderne et même pas à la traction animale. Son seul principe : suivre et respecter la nature car seule la nature est parfaite et rien ne peut égaler ses rendements. Pas de labourage. Pas de fertilisant. Pas de sarclage. Et pas de pesticides. Il oppose cette agriculture naturelle à l'agriculture scientifique et lui trouve même des rendements supérieurs. Elle garantit un véritable revenu au paysan et lui permet de répondre à tous ses besoins à condition qu'il sache se contenter des produits de saison bien entendu. Et pour cela, point n'est besoin de champs immenses, d'exploitations de plus en plus énormes qui, après avoir nourri de moins en moins de monde, en sont à ruiner purement et simplement le monde agricole. L'agriculture scientifique, n'étant qu'une déformation voire qu'un viol de la nature, ne peut être qu'inefficace et imparfaite.

« L'agriculture naturelle » est un véritable traité d'agronomie appliquée moins facile d'abord que la « Révolution d'un seul seul brin de paille », plus anecdotique et moins radical. D'une lecture un peu aride, ce livre laisse le lecteur intéressé par les questions agricoles on ne peut plus songeur. Aurait-on fait fausse route pendant toutes ces décennies de « modernisation » de l'agriculture ? Fukuoka aurait-il retrouvé à la fois la voie de la sagesse, le salut des agriculteurs et le moyen de nourrir la planète sans la ravager ? Même s'il est proche de démarches comme celles de la permaculture ou de la biodynamie, il en diffère par bien des côtés. Sa démarche est holistique, philosophique et très inspiré du bouddhisme zen. C'est même tout un mode de vie qu'il propose. Quand on sait qu'il a pratiqué avec grand succès toutes les méthodes qu'il préconise pendant de nombreuses années, on ne peut qu'être interpellé. De nombreux schémas illustrent une pensée claire et cohérente, très en avance sur son époque car basée sur l'observation et sur une sagesse très ancienne. Un livre majeur à conseiller même s'il demande un peu d'attention et reste très cantonné sur la culture du riz, de l'orge et de divers fruits et légumes japonais inconnus chez nous. La démarche est néanmoins transférable partout...

4/5

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25/08/2015

Pensées plus ou moins correctes (52)

index.jpgFANATISME

« Nous avons connu le fanatisme de la foi ; nous connaîtrons peut-être un jour le fanatisme de la raison et ce sera bien pire. »

(Frédéric le Grand à Voltaire)

« Du fanatisme à la barbarie, il n'y a qu'un pas. »

(Denis Diderot)

FANTAISIE

« La fantaisie est un perpétuel printemps. »

(Schiller)

FAT

« Qu'est-ce qu'un fat sans fatuité ? Otez les ailes à un papillon : c'est une chenille. »

(Chamfort)

« Un fat est celui que les sots croient un homme de mérite. »

(Henri de Régnier)

FAUTE

« Les fautes des autres, c'est toujours réjouissant. »

(André Gide)

« Nos fautes sont comme des grains de sable en face de la grande montagne des miséricordes de Dieu. »

(Curé d'Ars)

FAVORITISME

« C'est par favoritisme qu'on entre au paradis. Si c'était au mérite, mon chien y entrerait tout de suite et moi, je resterais dehors. »

(Mark Twain)

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22/08/2015

L'Histoire en question (Alain Decaux)

index.jpgLe 29 octobre 1965, Mehdi Ben Barka, principal opposant au régime du roi Mohammed V du Maroc est enlevé en plein Paris par un commando composé de policiers français, d'un agent du SDECE et de gangsters spécialisés dans la lutte contre l'OAS. Qui a commandité l'enlèvement de ce leader tiers-mondiste, grand ami de Fidel Castro ? Le roi lui-même qui souhaitait le voir rentrer au pays pour lui confier un poste important ? Le général Oufkir et la fraction la plus radicale qui régime qui craignent d'être écarté du pouvoir ? Les truands Boucheseiche, Dubail, Le Ny, Palisse, manipulés par un certain Figon qui cherche à tirer un maximum de profit des Marocains ? Ou encore la CIA qui instrumentalise Oufkir pour se débarrasser de cet opposant radical et encombrant ?

Le 27 novembre 1942, les Alliés ayant débarqué en Afrique du Nord et détruit dans les ports les navires de guerre français, après que les Anglais aient coulé la flotte française dans le port de Mers el Kébir, les Allemands décident d'envahir la zone libre pour empêcher un débarquement sur la côte méditerranéenne. Ils risquent de s'emparer du reste de la flotte française basée à Toulon. Celle-ci est prête à appareiller. L'amiral Laborde attend juste un ordre du maréchal Pétain, ordre qui ne viendra jamais. Pour respecter la parole donnée à Winston Churchill de ne jamais passer sous contrôle allemand, tous les vaisseaux se sabordent dans la rade. Seuls trois sous-marins parviendront à s'échapper...

Dans ce recueil basé sur l'émission de télévision éponyme, Alain Decaux tente d'élucider un certain nombre d'affaires plus ou moins troubles ou méconnues de l'histoire contemporaine. Il nous raconte avec brio et intelligence l'enlèvement d'Eichmann, la tentative d'assassinat au Petit Clamart, la tragédie de Budapest, les travaux scientifiques effectués sur le suaire de Turin, l'affaire Cicéron et les missiles de Cuba. L'historien s'est basé sur ses propres recherches et sur celles de ses pairs. Il est allé enquêter sur le terrain, a su retrouver des témoins négligés et même des acteurs comme le fameux Cicéron, ce valet de chambre de l'ambassadeur d'Allemagne qui avait fourni des informations stratégiques de première qualité aux nazis qui non seulement ne l'avaient pas cru mais encore l'avaient payé en fausses livres sterling. Un ouvrage intéressant pour les passionnés d'Histoire.

4,5/5

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20/08/2015

Montburgonde (Chapitres 1 à 6)

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19/08/2015

Le nez d'un notaire (Edmond About)

index.jpgSous le Second Empire, Alfred L'Ambert, héritier fortuné d'une longue lignée de notaires, est un des habitués du foyer de l'Opéra de Paris où il fait une cour platonique et assidue à une petite danseuse de 14 ans en lui offrant sucettes et bonbons. L'ennui c'est qu'il a un rival, un certain Ayvaz-Bey, secrétaire à l'ambassade de Turquie, qui est en passe de le supplanter dans le cœur de la belle enfant. Au cours d'une bousculade, Alfred percute involontairement le nez de l'Ottoman. Le sang coule. Ayvaz-Bey veut venger son honneur bafoué par un duel. D'un grand coup de yatagan, il ampute le pauvre notaire de son appendice nasal. La médecine pourra-t-elle réparer les dégâts ? La greffe du nouveau nez du notaire tiendra-t-elle ?

« Le nez du notaire » est un charmant conte philosophique qui donne à réfléchir sur les limites de la chirurgie réparatrice, sur les solidarités humaines et sur la vanité de certains préjugés sociaux. C'est une formidable parabole pleine d'humour, d'ironie et parfois même de dérision. Donneur et receveur placés aux deux bouts de l'échelle sociale sont beaucoup plus liés qu'ils ne le croient. Ils se cherchent, se trouvent, se perdent, se rejettent et le plus dépendant n'est pas forcément celui que l'on pourrait s'imaginer au départ... Le style de cet auteur, malheureusement un peu oublié de nos jours, est magnifique, enlevé, rythmé, sans description ennuyeuse et d'une modernité étonnante. Ce texte n'a pas pris la moindre ride et mérite mieux que de disparaître dans les limbes de l'oubli. Si lassé des sottises convenues et mal écrites que les éditeurs nous infligent trop souvent, vous avez envie de retrouver de bonnes histoires, de belles plumes et des esprits ouverts, intelligents et sarcastiques, lisez Daudet, Allais, Jarry, Mirbeau ou About. Vous ne serez jamais déçu ! C'est facile, ça ne coûte pas un kopeck, il suffit de télécharger les fichiers sur « Ebooks libres et gratuits » (entre autres).

5/5

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17/08/2015

Les infâmes (Jax Miller)

index.jpgElle dit s'appeler Freedom Oliver et avoir tué sa fille. En réalité, son nom est Nessa Delanay. Mise sous protection policière, elle a dû changer d'identité. Elle est alcoolique et serveuse dans un bar pour bikers du fin fond de l'Oregon. Elle est mère de deux enfants, Mason et Rebekah que les services sociaux ont placés, suite au drame qu'elle a vécu, dans une famille d'accueil, celle d'un pasteur responsable d'une secte assez louche, les Aventistes du troisième jour. Elle se cache car elle a été impliquée dans l'assassinat de Mark, son mari policier. Matthew, son beau-frère, qui vient de purger une peine de 18 années de prison pour le meurtre en question, regagne le foyer familial, bien décidé à se venger de l'injustice qu'il a subie. Il retrouve Lynn, sa mère obèse et cocaïnomane et ses trois frères. Il s'agit maintenant de traquer Freedom, laquelle aimerait bien retrouver ses enfants qu'elle n'a pas revu depuis tout ce temps.

« Les infâmes » est plus un roman noir qu'un thriller à proprement parler. Présenté comme le premier ouvrage de Jax Miller, il semble pourtant une œuvre de vrai routier du polar tant est grande la maîtrise de la narration, l'art du rebondissement et le maintien du suspens d'un bout à l'autre de la lecture de cette terrible histoire. Le lecteur ne peut qu'être en empathie avec cette malheureuse Freedom à qui il arrive tant de malheurs et qu'être révulsé par la galerie de monstres et de dégénérés qui croisent sa route ou qui la persécution. Cette plongée dans la réalité de l'Amérique profonde a quelque chose d'assez dérangeant. Heureusement qu'elle pourra bénéficier du soutien de Mattley, le flic honnête et de Peter, le seul frère Delanay bien équilibré mentalement. Une belle réussite. Un vrai bouquin de divertissement qu'on ne peut plus lâcher une fois qu'on en a commencé la lecture.

4,5/5

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15/08/2015

Pensées plus ou moins correctes (51)

FAIM

« Toutes les angoisses passent sauf celles de la faim. »

(Proverbe afghan)

index.jpg« Si ce que tu manges ne te grise pas, c'est que tu n'as pas assez faim. »

(André Gide)

FAIRE

« Fais ce que tu fais ! »(Age quod agis !)

(Locution latine)

« Qui veut faire quelque chose trouve un moyen. Qui ne veut rien faire trouve une excuse. »

(Proverbe arabe)

« Pour bien faire, mille jours ne sont pas suffisants. Pour mal faire, un jour suffit amplement. »

(Proverbe chinois)

« Bien faire et laisser dire. »

« Faire et défaire, c'est toujours travailler. »

« Ce qui mérite d'être fait mérite d'être bien fait. »

FAMILLE

« Dans l'épreuve, la famille reste la seule valeur sûre. »

« Lorsque la famille est unie, l'âme est en paix. »

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12/08/2015

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitres 1 à 6)

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10/08/2015

Les Faux As (Chapitres 1 à 23)

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07/08/2015

1917, la révolte des soldats russes en France (Rémi Adam)

index.jpgEn 1916, un corps expéditionnaire russe composé de deux brigades, soit environ 20 000 hommes, est envoyé par le Tsar sur le front de l'ouest pour épauler l'effort de guerre français. Ces hommes échangés contre des fusils, des canons et des munitions sont très vite engagés en Champagne où ils paieront un très lourd prix du sang. Mais en 1917, dès qu'ils apprennent que le Tsar a été détrôné et qu'un gouvernement provisoire a pris les rênes du pouvoir, ils se sentent déliés de leur serment de fidélité envers l'empereur et demandent à être libérés et à rentrer en Russie. Des soviets de soldats sont créés partout. Une grande majorité décide de mettre la crosse en l'air et de cesser de se sacrifier dans une guerre qui ne profite qu'aux banquiers et aux bourgeois. Les gradés ne sont plus ni salués ni respectés. Craignant que ce vent de mutinerie ne gagne les troupes françaises, l'état-major éloigne du front les deux brigades et les installe avec leurs armes dans le camp militaire de La Courtine dans la Creuse. Les esprits ne se calmant pas, les revendications étant toujours les mêmes, on passe aux ultimatums et à l'épreuve de force, ce qui ne résout rien. Finalement, les Russes « loyalistes », encadrés par 5000 soldats français prêts à intervenir en cas de débordement, s'emparent du camp après une importante préparation d'artillerie et trois jours de combats acharnés. Que faire des survivants ? Juger les meneurs, renvoyer les « loyalistes » au front, faire travailler à l'arrière les volontaires ou déporter en Algérie ceux qui refusent tout compromis ?

Cet ouvrage très sérieux et parfaitement documenté sort de l'oubli un fait calamiteux mais beaucoup moins connu que les autres mutineries de 1917. A ma connaissance, seuls Pierre Poitevin en son temps et Jean Anglade dans son livre « Y a pas de bon Dieu ! » l'avaient évoqué. Il faut dire que l'attitude de l'état-major russe qui pratiquait encore systématiquement les brimades et les châtiments corporels et celle des politiques et militaires français qui, s'ils ne participèrent pas physiquement au massacre (les historiens restent divisés sur le nombre de morts lequel varie de quelques dizaines à quelques milliers, tous les documents ayant été détruits...), firent tout pour qu'il se produise en fournissant matériel, armes, logistique et encadrement militaire. La révolution ne devait à aucun prix faire tache d'huile ! Et pour ne rien arranger, les conséquences de cette révolte furent aussi calamiteuses sinon encore pires que la répression elle-même, aussi bien du côté des mutins que de celui des « loyalistes ». Très bon travail d'historien que celui de Rémi Adam qui ne cache pas son parti pris favorable aux insurgés et reste d'une discrétion de violette sur l'après, c'est à dire sur le retour en URSS sous Lénine et Trotsky des hommes de ces brigades sacrifiées. Tout juste dit-il qu'un seul des meneurs intégra l'Armée Rouge et put grimper dans la hiérarchie jusqu'à devenir général pendant la Seconde Guerre Mondiale. Quid des autres ? Goulag, balle dans la nuque, procès truqué ou asile psychiatrique ? Le lecteur averti se doute bien que ce ne fut certainement pas un chemin semé de pétales de rose. Mais là-dessus, motus. Le livre, en plus d'une abondante bibliographie, bénéficie également d'annexes intéressantes et d'une chronologie détaillée. A lire pour qui s'intéresse aux côtés sombres ou cachés de l'Histoire.

4/5

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04/08/2015

L'épervier d'Amérique (Claude Chebel)

index.jpgEn 1803, à Nantes, le capitaine Jean Audubon, héros de l'Indépendance des Etats-Unis et ancien planteur spolié de Saint Domingue, envoie de l'autre côté de l'Atlantique son fils Jean-Jacques, 18 ans, avec un faux passeport pour lui éviter la conscription. Celui-ci est un beau jeune homme aux longs cheveux, rêveur, plutôt artiste et qui aime passer son temps dans les marais à observer les oiseaux et à les dessiner. Il fut un temps élève du peintre David mais il ne le resta pas longtemps car il refusait de dessiner des plâtres et ne s'intéressait qu'aux modèles posant nues. Durant la traversée, il attrape la fièvre jaune. Débarqué à Philadelphie, il est soigné par les sœurs Bingham puis recueilli par la famille Fisher dont il séduit la fille, Mary... Ainsi débute une longue épopée jalonnée de bonnes fortunes féminines, de périodes de vaches maigres et d'explorations le long du Mississippi, en Louisiane et aux quatre coins des Etats-Unis, épopée qui se terminera glorieusement quarante ans plus tard quand il sera considéré comme un des plus grands artistes de son temps. Aujourd'hui encore, Audubon est, avec La Fayette, le Français le plus célèbre aux USA.

« L'épervier d'Amérique » est présenté comme une « extraordinaire biographie romancée ». Claude Chebel a fait la part belle aux nombreuses légendes attachées à la vie de l'artiste (épisode de l'apprentissage chez David, possibilité qu'Audubon, enfant naturel ait été en réalité Louis XVII, l'enfant de la prison du Temple...) et surtout à ses nombreuses conquêtes féminines. Le lecteur, au-delà de la vie du naturaliste, trouvera surtout son compte dans la description de l'Amérique du tout début du XIXème siècle, jeune nation encore en construction. Le Texas ne fait même pas encore partie de l'Union ainsi que plusieurs autres états encore sous domination espagnole. Le grand Ouest est à peine exploré et les guerres indiennes ne sont pas encore terminées. Le pays est sauvage, immense, secret et plein de promesses. Il est à l'échelle de cet aventurier pittoresque, libre, grand séducteur et peintre de génie. Dommage que cet ouvrage soit plus un roman, bien écrit et intéressant d'ailleurs, qu'une véritable biographie.

3,5/5

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