18/07/2015

Le journal du docteur Tom Dooley (Tom Dooley)

index.jpgEn 1954, suite au désastre de Dien Bien Phu, l'Indochine se retrouve coupée en deux entre le nord communiste et le sud nationaliste. Un corps expéditionnaire américain est chargé de faire respecter les accords de cessez le feu. Mais très vite, des centaines de milliers de réfugiés traumatisés par les massacres et autres tortures fuient le nord et viennent s'entasser dans des camps de transit, non loin d'Haïphong, zone provisoirement démilitarisée et encore protégée. C'est là que le jeune Tom Dooley, médecin de marine, commence à soigner toutes sortes de pathologies, blessures et tortures diverses. Il organise un centre médical qui se transforme peu à peu en hôpital de fortune. A ce petit peuple martyrisé, il se dévoue corps et âme, nuit et jour, sans jamais compter sa peine. Peu à peu, les premiers assistants, américains d'abord, puis indochinois, viennent l'aider. L'évacuation de milliers de malheureux réalisée et la zone passée derrière le rideau de bambou, Tom Dooley repart aider et soigner ses frères humains dans le nord du Laos. Son extraordinaire dévouement est célébré dans toute l'Amérique. Mais la maladie aura raison du grand homme. Il mourra d'un cancer en 1961.

« Le journal du docteur Tom Dooley » est un témoignage émouvant, bouleversant et passionnant à bien des égards. Il se compose en fait de trois livres : « Délivrez-nous du mal », relatant l'expérience indochinoise, « L'aube du lendemain », sur le Laos et « La nuit où la montagne brûla » sur la seconde implantation toujours au Laos et sur sa maladie. Dooley fut un émule du célèbre Docteur Schweitzer qui l'avait d'ailleurs encouragé et avait accepté la présidence honoraire de « Medico », son mouvement caritatif. Dans cet ouvrage qui n'a pas pris la moindre ride, le lecteur découvrira ou redécouvrira certains aspects de l'horreur des exactions communistes dans le sud-est asiatique, page d'histoire si calamiteuse que les médias se sont empressée de la glisser avec la poussière sous le tapis des dommages collatéraux de l'avancée glorieuse du progressisme mondial. Il se retrouvera également à la source même de la démarche humanitaire, celle de l'ingérence au nom de la solidarité humaine dans laquelle s'engouffreront plus tard les premières ONG comme « Médecins sans frontières ». Mais en 1954, ce n'était pas encore du « charity business », juste une main tendue vers les plus pauvres et les plus persécutés... En plus de tous ses biens, Dooley y laissa d'ailleurs sa santé et sa vie. Une belle figure exemplaire des temps modernes qui bouleversa l'Amérique au point de lui consacrer films, émissions et même une très célèbre chanson. A lire et qui mériterait d'être réédité !

4,5/5

19:54 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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