30/04/2015

SOS MACHOS (Nouvelle extraite du recueil "Dorian Evergreen")

SOS MACHOS publié par cc.rider

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28/04/2015

Autres contes populaires de Bretagne (Gérard Lomenec'h)

index.jpgUn pauvre paysan demande à sa femme de grimper au sommet d'un arbre magique pour aller frapper à la porte du paradis. La femme rencontre Dieu et lui demande de réaliser sa promesse, c'est à dire de donner à sa famille son pain de chaque jour, si possible avec un pichet de cidre pour accompagner. Ne souffrant plus de la faim et ayant la vie facile, les deux paysans présentent de nouvelles exigences jusqu'à atteindre les limites de la bienveillance de leur Créateur... Un pêcheur attrape un poisson doré qui lui dit être le roi des poissons et qui lui demande de le relâcher immédiatement. En échange, il assure au pêcheur qu'il ramènera toujours de grandes quantités de poisson. Mais un jour, le pêcheur fait naufrage... Une fée donne trois objets à Jean : un bâton qui lui permettra de se rendre invisible à volonté, un anneau pour toujours rester en contact avec elle et une médaille pour pouvoir obtenir une chose qu'il n'a pas à sa disposition...

Ce second tome des « Contes populaires de Bretagne » est un recueil de plus de cinquante textes de tailles variées et d'inspirations diverses. Certains contes tiennent sur une demi-page ou une page alors que d'autres sont nettement plus longs et plus développés. Ils sont tirés de journaux anciens ou de documents laissés par d'authentiques conteurs. Tous sont référencés et sourcés avec nom d'auteur ou de conteur et date de parution. La magie, le merveilleux et l'imaginaire le plus débridé est partout présent. Les animaux ont quasiment autant d'importance que les hommes. On retrouve d'ailleurs dans des versions un peu différentes des histoires connues comme celle du Petit Poucet ou du Chaperon Rouge, sans parler de celles du Roman de Renard (revisité) ou de personnages comme Blanche-Neige, Cendrillon, les nains, les fées, les sorcières et autres korrigans ou blanches hermines. Tout un folklore, toute une vie campagnarde saine et souvent pauvre qui parle d'un temps lointain, oublié, celui d'une France rurale, finaude, triste ou joyeuse mais toujours pleine de ressource et d'imagination. Gérard Lomenec'h, musicien, musicologue et chercheur à Vannes qui avec ces deux ouvrages a produit un travail de compilation remarquable, a classé ces histoires en quatre grands chapitres, histoire de donner une unité thématique à l'ensemble. Ainsi passe-t-on du coq à l'âne, puis aux animaux fantastiques, et au bestiaire amoureux avant de terminer par les fables et les facéties. Un bel ouvrage très agréable à lire.

4/5

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24/04/2015

Chesstomb (John Ethan Py)

CVT_Chesstomb_8496.jpegDe nos jours, dans la petite ville de Chesstown (Massachussetts), se déroule un premier drame. Un bucheron, Terry Sheldon est retrouvé mort dans la forêt écrasé par un arbre. Peu de temps après, rebelote, c'est toute sa famille, c'est à dire sa femme Deborah et ses trois enfants Swann, Cathy et Paul qui sont retrouvés morts, atrocement mutilés par des coups de tronçonneuse, dans leur petite maison. La police ne sait quoi en conclure. La famille était honorablement connue et personne ne lui connaissait le moindre ennemi. Quelque temps plus tard, un journaliste célèbre, William Shelby arrive en ville pour enquêter à son tour. Il commence par s'intéresser à une drôle de maison, une demeure victorienne fermée depuis de longues années et affublée de l'étrange nom de « Myseri ». Le jardin est abandonné, tout est verrouillé comme un coffre-fort et pour ne rien arranger, elle jouxte un cimetière plutôt lugubre. Puis il fouille dans le passé jusque dans les années 20.

« Chesstomb » démarre très fort, un peu comme un thriller style Stephen King, mais dérive très vite vers le fantastique, le gore et l'horreur. John Ethan Py, pseudonyme de Sébastien Péguin, nous propose un récit choral avec changement fréquent de narrateur et même de vecteur de narration. Ainsi passe-t-on d'articles de journaux à des comptes rendus ou procès verbaux en passant par des transcriptions de videos, des lettres, des extraits d'archives et divers documents. Cela pourrait déstabiliser le lecteur et lui faire perdre le fil conducteur, mais ce n'est pas le cas tellement le procédé est bien maitrisé. On s'y fait d'ailleurs assez vite et on est même content d'avoir l'impression de participer à l'enquête. Laquelle s'avère être un leurre mais seulement une fois que l'on a échafaudé des tas d'hypothèses qui ne collent jamais. Tout est révélé dans une fin surprenante en forme de pirouette un peu facile mais qui laisse la part belle au rêve, enfin au cauchemar. Au total, une histoire bien écrite, bien menée, avec du suspens, des paroxysmes dans le monstrueux et le malsain (les âmes sensibles feront bien de s'abstenir) qui surfe sur les tendances actuelles (satanisme, sadisme, relativisme et goût pour les scènes de grand guignol). On notera l'importance donnée à Lovecraft qui joue un petit rôle dans cette affaire et l'influence d'oeuvres cultes comme « La nuit des morts vivants », « Je suis une légende » ou « World War Z ». « Chesstomb » qui est une véritable réussite et même un coup de maître ne dépare pas dans cette liste. Compliment pour la magnifique couverture du talentueux Alexandre Dainche. Mais mauvais point à « L'homme sans nom » pour les trop nombreuses coquilles présentes dans ce texte.

4,5/5

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22/04/2015

Jours tranquilles à Manhattan (Marilyn French)

Jours_tranquilles_Manhattan .jpgA New-York, Elsa Shutz, qui a écrit des dizaines de romans à l'eau de rose sous le pseudonyme d'Hermione Beldame, se retrouve à 55 ans à la croisée des chemins. Partie de rien, elle a réussi au-delà de ses espérances. Elle est riche, célèbre, deux fois veuve et deux fois divorcée. Elle pensait ne plus rien avoir à espérer de l'amour quand elle rencontra un certain George qui fit battre son cœur, qui l'attira fortement mais qui sembla assez décevant dès le début. Il lui donnait des rendez-vous, les annulait, lui préférant des réunions de travail et des séminaires. Il discutait avec elle mais n'avait jamais un geste tendre. Il finit même par l'abandonner pour retourner dans le Sud des Etats-Unis. Cette brève rencontre, cet amour frustrant et inachevé troubla Elsa au point de l'amener à replonger dans ses souvenirs et à se repasser toute l'histoire de sa vie. De son enfance pauvre auprès d'une mère aimante mais tyrannique jusqu'à ses succès littéraires en passant par son court passage à l'Université avec sa première expérience amoureuse.

« Jours tranquilles à Manhattan » est un roman psychologique et sentimental qui ne tombe jamais dans l'eau de rose et dans la mièvrerie. Avec finesse et intelligence, Marilyn French nous y conte la vie d'une femme depuis les années 50 jusqu'à nos jours avec ses joies, ses peines, ses compagnons, ses amies, les accouchements, la maladie, les divorces, la mort de deux conjoints. La vraie vie à la fois belle et moche, facile et difficile, exaltante et morne. L'écriture est agréable à lire, simple et efficace. Le personnage d'Elsa est attachant car il est facile de s'identifier à lui. De plus, le cadre et la réalité de la vie plutôt difficile vers le milieu de l'autre siècle est fort bien rendu tout comme le contraste avec l'ambiance survoltée de New-York. Un roman très réussi qui se lit avec plaisir car il pose les questions essentielles, la vie, la mort, la jeunesse, la vieillesse, l'amour, l'amitié, etc...

4/5

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20/04/2015

Montburgonde (Chapitres 1 & 2)

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18/04/2015

La femme de Brighton (Rosalind Laker)

index.jpgEn 1825, à Brighton, Daniel Warwyck, aristocrate ruiné et boxeur professionnel prometteur, se retrouve par hasard témoin d'une étrange vente aux enchères, celle d'une jolie femme, prénommée Kate dont un fermier veut se débarrasser comme d'une tête de bétail sans intérêt. Daniel se retrouve obligé de surenchérir sur son frère Harry qui est tombé amoureux de Kate au premier regard. Daniel finit par l'emporter. Mais lui, a une autre idée derrière la tête : se présenter « marié » devant un vieil oncle cacochyme, rentrer dans ses bonnes grâces et ainsi avoir une chance de récupérer le domaine familial. Mais quand il arrive, l'oncle est déjà décédé. Il a eu le temps de se marier avec une servante, de lui faire un enfant, de l'avoir couché sur son testament et ainsi d'avoir déshérité Daniel. Kate ne représentant plus le moindre intérêt pour lui, il la renvoie avec une petite somme en dédommagement, au grand désespoir de son frère cadet.

« La femme de Brighton » est un roman aux limites de l'historique, du social, du terroir et du sentimental. L'intrigue est intéressante, pleine de péripéties et fort bien menée dans une écriture classique et agréable à lire. Tout le monde se cherche dans cette histoire. Untel aime unetelle qui ne l'aime pas et qui en aime un autre lequel est plutôt attiré par une autre... On l'aura compris, le milieu de la boxe au dix neuvième siècle, la condition des ouvriers et des paysans restent en toile de fond et presque secondaires, car au bout du compte ce qui importe ce sont les amours contrariées. Ainsi se retrouve-t-on rapidement dans le classique roman sentimental, limite roman de gare et presque collection Harlequin. Il s'en fallait de peu pour que cet ouvrage soit une totale réussite. Juste d'un meilleur dosage, celui qui fait la différence entre le livre de qualité et le tout venant divertissant sans plus. Pour les amateurs (trices) du genre uniquement. Les autres pourront s'abstenir...

3/5

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16/04/2015

Dominium Mundi livre 2 (François Baranger)

9791090648180.jpgL'expédition de l'Empire Chrétien Moderne a enfin atteint sa destination finale, la planète Akya du Centaure sur laquelle est censé se trouver le tombeau du Christ. Le débarquement des troupes est à peine effectué, l'immense camp militaire juste installé et la première ville presque sortie de terre et déjà les premiers incidents surviennent. Profitant du rassemblement provoqué par une bénédiction holographique du pape Urbain IX, Albéric de Villejust et un fort parti de soldats et techniciens inermes désertent avec armes et bagages pour aller s'installer dans des grottes cachées des confins de la planète. Tancrède de Tarente et la belle Clorinde filent le parfait amour. Mais les premiers combats contre les Atamides leur apportent de cruelles déconvenues. Les guerriers autochtones se révèlent mieux organisés et bien plus redoutables que prévu. Les Croisés se retrouvent dos au mur. De plus, ils découvrent vite qu'ils ne sont pas engagés dans une simple guerre de conquête ou de colonisation mais plutôt dans une guerre d'extermination. Que peuvent-ils espérer dans des circonstances pareilles ?

« Dominium Mundi » est le second volet d'une saga de science-fiction qui en comporte deux. Le premier retraçait uniquement le voyage vers Akya du Centaure, fonctionnait sous forme de huis clos et laissait espérer quelque chose de plus flamboyant pour la suite. L'auteur dit s'être inspiré du poème épique « La Jérusalem délivrée » de Le Tasse. En réalité, il ne fait que transposer dans l'espace et dans le futur sa propre vision de la première Croisade. Il va jusqu'à utiliser les noms, caractères et même actes d'un certain nombre de personnages historiques bien connus. Il ne s'agit pas vraiment d'une uchronie quoiqu'il y ait bien une époque imaginée et une absence de correspondance dans le temps ni d'une dystopie car il ne s'agit ni d'une contre utopie ni d'une anti utopie, mais plutôt d'une sorte de pamphlet anachronique, d'une déconstruction de l'histoire de la première croisade à la lumière des postulats philosophiques de la pensée actuelle. L'église du futur est une sorte de monstre totalitaire imposant son dogme et sa volonté de puissance sur une base totalement fallacieuse. A contrario, les indigènes atamides sont des êtres doux, respectueux, dotés pour certains de pouvoirs incroyables comme ceux de causer d'égal à égal avec le plus puissant des ordinateurs ou de pratiquer le voyage immédiat, c'est à dire franchir en une seconde les années-lumières. Dans ce genre littéraire basé sur l'imaginaire le plus débridé, le lecteur doit pouvoir accepter bien des choses, même le manichéisme le plus simpliste, mais en aucun cas l'ennui qui finit par le saisir au cours de la laborieuse lecture de cet énorme pavé (800 pages) finalement assez indigeste et pas si original que cela. Si on y ajoute une fin décevante, controuvée et fort invraisemblable, une grande quantité de coquilles voire de mots manquants (impression d'une insuffisance de relecture), on ne peut qu'en conclure que l'on est assez loin du chef d'oeuvre attendu et « impressionnant de maîtrise » comme l'indique la quatrième de couverture. Déception.

3/5

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14/04/2015

Le retour du petit homme (Chapitres 7 & 8)

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12/04/2015

Chroniques de l'Après-monde (Geoffroy Claustriaux)

51K8nCKc5KL._AA160_.jpgLa jeune Casca, 12 ans, dite également « la Marcheuse », « l'Etrangère », « L'ombre furtive » ou « l'Errante » a passé toute son enfance dans les dédales d'un abri souterrain en compagnie de sa mère, scientifique, et de son père, mécanicien. Vivant en vase clos, elle a toujours rêvé de pouvoir profiter de la lumière du soleil et de se rouler dans l'herbe verte des prairies de la surface. Mais depuis déjà plusieurs générations, les survivants d'une guerre terrible entre l'ATAN (puissances de l'Ouest) et la CARA (forces de l'Est et du Sud), doivent rester sous terre pour échapper aux dangers de la radioactivité et des autres pollutions qui contaminent la terre. Une nuit, sa mère, appelée en urgence, disparaît et son père meurt victime d'un virus inconnu. Casca se retrouve seule et unique survivante dans une station bien trop grande pour elle. Peu à peu, les machines permettant la survie tombent en panne les unes après les autres. Une dizaine d'années plus tard, Casca n'a plus d'autre alternative que de quitter les lieux et de partir chercher sa mère dans le vaste monde...

C'est un pur roman de science-fiction post apocalyptique que nous propose Geoffroy Claustriaux avec ses « Chroniques de l'Après-monde ». Nous suivons Casca, la jeune héroïne courageuse, dans une quête qui la mène de ville en ville et presque d'univers en univers. Ainsi par exemple, passe-t-on avec elle d'une ambiance western avec convoi de troupeaux dans le désert à la fureur de jeux du cirque dignes de la Rome la plus décadente. Chaque visite de site donne lieu à une sorte de nouvelle indépendante, ce qui donne une intrigue séquentielle avec un fil rouge des plus ténus, la recherche de la mère. La chute, qu'on se gardera de dévoiler, est assez surprenante et suffisamment ouverte pour permettre sans doute l'écriture d'autres épisodes autour de ce personnage récurrent. Le style de l'auteur est efficace, ramassé et même compact. Il lui suffit de 200 pages pour déployer ce « roadbook » là où la plupart des auteurs auraient besoin du double ! Les descriptions de décor et d'états d'âme sont réduites au minimum ce qui peut plaire aux amateurs de minimalisme et déplaire à ceux qui veulent qu'un auteur explique tout par le menu. Intéressant malgré une intrigue un peu faible. Se lit très vite et s'oubliera tout autant.

4/5

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10/04/2015

Les Faux As (Chapitres 1 à 14)

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08/04/2015

Maman a tort (Michel Bussi)

index.jpgQuand Vasile, psychologue scolaire dans le secteur du Havre, découvre que Malone, écolier de 3 ans et demi, considère que sa mère n'est pas sa véritable mère et que Gouti, son doudou en peluche, lui raconte chaque soir une nouvelle histoire, il alerte la commandante Marianne Augresse qui peine à croire à cette histoire. Il faut dire qu'elle a d'autres chats à fouetter et des affaires bien plus importantes à régler comme un hold-up à Deauville qui a mal tourné avec deux morts et deux ou trois malfaiteurs en cavale qu'elle n'arrive pas à coincer. Mais le psychologue est si charmant et si convaincant que la commandante accepte quand même de l'aider. Ainsi s'enclenche un engrenage bizarre qui n'en finira pas de surprendre tout le monde.

« Maman a tort » est un thriller particulièrement astucieux et bien tourné. Bussi part d'un fait banal, presque anodin comme cette histoire de gamin imaginatif qui se raconte des histoires puis, de fil en aiguille et souvent par toutes sortes de chemins détournés, nous entraine dans une intrigue pleine de suspens et de rebondissements jusqu'à une fin plutôt surprenante. Du grand art. L'auteur sait rester au niveau de l'enfant, voir par ses yeux et tout ressentir comme lui. D'où l'originalité de l'approche qui change des romans habituels, la plupart du temps axés sur les adultes. Ici, c'est l'enfant qui est le pivot central, lui qui est au cœur de l'énigme et qui est lui-même un mystère. En plus d'être un très bon roman de divertissement, ce livre peut faire réfléchir sur les problèmes de la mémoire chez le tout jeune enfant ainsi que sur les rapports avec les adultes, la suggestion, la soumission à l'autorité et quelques autres sujets psychologiques. Original, intelligent et bien écrit, que demander de plus à un ouvrage de ce genre ?

4,5/5

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06/04/2015

La voix de l'empereur / le corbeau et la torche (Nabil Ouali)

516GRA7zaNL._AA160_.jpgUne compagnie d'une cinquantaine de vétérans commandée par un certain Lorgeam est en marche vers la Cité de Pierre, bastion des Seigneurs de Fervadora. Ils accompagnent deux diplomates, Aymeric et Tirsand... Frimas fige dans la glace une bande de brigands de grands chemins... Le paladin Ravel sauve son frère, un nourrisson, et part le confier aux bons soins des clercs qui devront se charger de son éducation... Victime d'un empoisonnement lent, Brisard, l'empereur de Ferva n'en finit pas de mourir. Son fils, le prince Elin, soutenu par Gweleth, le grand chancelier chargé de son éducation, s'apprête à prendre la succession de son père alors que toutes sortes de conspirateurs s'agitent dans l'ombre.

« La voix de l'empereur » se présente comme le premier tome d'une saga de fantaisie que l'éditeur, qui ne doute de rien, nous annonce comme proche de Robin Hobb mais que le lecteur hésitera à classer entre « dark » et « heroïc » tant son esprit n'en est que pseudo moyennâgeux, pseudo poétique et pseudo raffiné. En dehors de quelques combats, de quelques dialogues souvent inutiles, de longues descriptions quelquefois bien ennuyeuses (quatre pages pour un simple crochetage de serrure par exemple!), il ne se passe pas grand chose dans ce premier tome. Ouali se contente de présenter toute une galerie de personnages sans grande consistance et plutôt antipathiques. Dans de courts chapitres maniérés, il saute de l'un à l'autre sans trop se préoccuper de les relier les uns aux autres. Le résultat donne une intrigue atomisée, mal construite, une histoire où le lecteur peine à se retrouver. Un fouillis qui oblige très souvent à repartir en arrière pour essayer de comprendre qui est qui, qui fait quoi et où tout cela mène. A ce handicap majeur, s'ajoute celui d'un style que d'aucuns au premier abord, pourraient trouver raffiné voire sophistiqué ne serait-ce que par l'emploi de mots recherchés ou par l'utilisation systématique du subjonctif passé. Si on l'analyse plus finement, on notera quelques pléonasmes, pas mal de coquilles, de nombreuses approximations lexicales et autres erreurs de syntaxe qui ne peuvent en aucun cas passer pour des licences poétiques. L'inclusion de poèmes plus ou moins longs, plus ou moins abscons et plus ou moins travaillés dans un texte en prose vendu comme roman d'aventures n'est pas non plus du meilleur effet. En raison d'un manque de rythme permanent et sans doute voulu, d'une absence d'originalité, de fantastique et de merveilleux (ennuyeux pour de la fantaisie!), ce premier tome tombe vite des mains et ne donne pas envie de continuer avec cette saga. Et pourtant, l'éditeur a le culot de noter en quatrième de couverture cette publicité mensongère : « Un roman rare, une histoire flamboyante comme un voyage à travers des lieux merveilleux où règne une atmosphère d'éternité. » Péniblement parvenu à l'ultime page cette oeuvrette, le lecteur averti comprendra mieux quand il découvrira cette mention : « Ouvrage publié avec le soutien de la région Rhône-Alpes ». Astuce qui permet à l'éditeur, qui semble s'être fait une spécialité de la chasse aux subventions, de publier n'importe quoi au frais du contribuable. Chaque fois que le lecteur est tombé sur une mention de ce genre, l'ouvrage était mauvais. Etrange, n'est-ce pas ? Nos régions feraient sans doute mieux de ne plus s'occuper de littérature...

2,5/5

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04/04/2015

Duane est amoureux (Larry McMurtry)

41z18-b5N1L._AA160_.jpgDuane Moore, âgé de 64 ans, rentre d'un voyage en Egypte. Il retrouve la petite ville de Thalia au Texas où il a toujours vécu. Autrefois patron d'une petite société pétrolière dont son fils Dickie a pris la direction, il est maintenant à la retraite et assez déboussolé. En effet, tout est loin d'être rose pour Duane. Il a perdu sa femme dans un accident de la circulation. Une de ses filles veut quitter son mari et se faire nonne. L'autre vient de découvrir son homosexualité et a tout plaqué pour aller vivre avec une autre femme. Lui-même suit une thérapie avec Honor Carmichaël, une psy lesbienne qu'il aime platoniquement depuis longtemps. Solitaire, un peu dépressif et incapable de revivre dans la maison familiale désertée, Duane s'est replié dans une cabane en bois perdue au sommet d'une colline. Il a abandonné son 4X4 au profit d'un modeste vélo et son cœur donne des signes de faiblesse. Il ne sait plus trop où il en est lorsqu'il croise la route d'Annie Cameron, pétillante géologue californienne qui pourrait être sa fille et qu'il trouve parfaitement capable de réveiller sa sexualité endormie. Mais parviendra-t-il à l'intéresser et à susciter son désir ?

« Duane est amoureux » se présente au premier abord comme un roman sentimental et psychologique classique mais si l'on va un peu au delà des amours et des coucheries du héros, on s'aperçoit que c'est aussi un roman social, abordant la vie de braves gens dans un coin paumé du Texas, sans oublier les problèmes des seniors, de la retraite, les rapports entre les générations, le vide causé par le veuvage, l'angoisse de la mort et le sentiment d'abandon ressenti par les parents quand les enfants sont partis. Le tout raconté avec délicatesse, élégance et intelligence. Sans aller jusqu'à tomber dans les éloges dithyrambiques du bandeau « Un talent démesuré ! » ou de la quatrième de couverture « Un style inimitable ! », le lecteur se contentera de parler d'un style agréable, léger et facile à lire, d'une histoire originale, humoristique et assez romanesque et de personnages sympathiques, pétris d'humanité et très proches de nous. L'ensemble est une belle réussite qui ne pourra que plaire au plus grand nombre. « Duane est amoureux » est le quatrième roman où apparaît Duane, héros récurrent de McMurtry. On espère qu'il y en aura d'autres tellement ce sexagénaire dépressif et amoureux attire la sympathie.

4,5/5

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02/04/2015

Pukhtu / Primo (DOA)

41ZnxqoTPZL._AA160_.jpgEn janvier 2008, un responsable d'Al-Qaïda nommé Al-Libi est tué dans un village du Wazistan du Nord par un missile tiré depuis un drone américain. Auparavant, une fine équipe de mercenaires sans foi ni loi avait bien préparé le terrain. Convoqué sur les lieux assez bizarrement avec ses enfants, Sher Ali, un contrebandier pachtoun respecté dans la région, réchappe miraculeusement à cette terrible frappe mais y perd son fils et sa fille. C'est un homme meurtri et rempli de haine qui regagne son clan. Pour retrouver son honneur perdu, il va minutieusement préparer une terrible vengeance qui sera autant dirigée vers les Américains qu'il considère comme des lâches que contre les traitres afghans qui collaborent avec les « croisés ».

« Pukhtu » est un énorme pavé de près de 700 pages assez indigeste et de lecture un peu laborieuse. DOA (Dead On Arrival), son auteur anonyme (on se demande bien pourquoi) mène de front un grand nombre de personnages et de situations, il tisse et entremêle plusieurs histoires qui semblent ne pas avoir de lien évident entre elles et se maintient sur un registre descriptif type reportage de guerre. L'attention du lecteur finit par se relâcher assez vite d'autant plus que les attentats, combats, enlèvements et autres faits de guerre sont assez répétitifs et souvent doublés par des articles de journaux racontant la même chose. Ce côté foisonnant, dispersé aux quatre coins du monde s'explique peut-être par le fait qu'un second tome sous titré « Secundo » est prévu et permettra certainement de répondre aux questions que le lecteur se pose une fois le livre fermé. Une plongée bien documentée et assez ébouriffante dans un guerre sale et d'une cruauté inouïe ainsi que dans l'univers des trafiquants de toutes sortes sans oublier les coulisses des décideurs, autres arrières cuisines nauséabondes. Un livre à conseiller à toutes celles et tous ceux qui veulent en savoir plus sur cette guerre américaine contre « le terrorisme » avec ce bémol : âmes sensibles s'abstenir car les scènes choquantes (décapitations, égorgements, viols) ne manquent pas !

3,5/5

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