10/03/2015

La République des roseaux (Jean Sera-Montès)

la république des roseaux.jpgAprès une trentaine d'années d'absence, l'auteur, issu d'une famille rapatriée d'Algérie, revient Cité des Grands Chênes sur les lieux où il a passé une enfance heureuse. Il y découvre que presque tout a changé. On a construit partout. Il y a de nouvelles routes, de nouveaux immeubles, de nouvelles maisons et le pire pour lui, c'est que La Frayère, la jolie petite rivière qui serpentait dans le vallon et qui servait de terrain de jeux à tous les gosses du coin, a été domestiquée, bétonnée, corsetée et transformée en un infâme cloaque... « La vision des fiers roseaux de jadis s'est substituée à celle du goudron et des bâches de plastique », note-t-il avec un brin de nostalgie. Et les souvenirs un à un l'assaillent... La guerre d'Algérie et ses horreurs, Agnès, la grande, qui est enceinte et doit se cacher dans la cité, son petit ami Jean-Louis qui a subtilisé de l'héroïne à des malfrats locaux et la bande de gamins qui s'organise pour leur venir en aide...

« La République des roseaux » est un joli roman assez difficile à classer, ce qui est peut-être le signe distinctif d'une œuvre originale. A la fois récit de souvenirs d'enfance, roman noir, conte philosophique, méditation poétique sur la vie, la jeunesse, la nature et l'amour, cet ouvrage possède une musicalité propre qui ne peut que séduire le lecteur.

On y trouve des personnages hauts en couleurs bien dans l'esprit d'une époque révolue dont ne peuvent se départir d'une certaine nostalgie celles et ceux qui l'ont connue. On y trouve aussi le côté charmant d'une « Guerre des Boutons » provençale avec les affrontements entre la bande des Roseaux et celle de l'Olivier. Les premiers émois amoureux aussi touchants qu'émouvants. On ne s'ennuie pas à lire ce livre car les péripéties ne manquent pas : incendie, chevaux accidentés, bagarres, mort d'un enfant et j'en passe. Le tout raconté de manière impressionniste, par petites touches qui laissent au lecteur toute sa part d'imagination. Le style est fluide, agréable, impeccable. A lui seul, il justifie la lecture. Jean Sera-Montès est vraiment un auteur à suivre de très près...

4/5

09:14 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.