30/11/2014

Le retour du petit homme (Chapitre 4)

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27/11/2014

Seize (Seize nouvelles par seize auteurs américains)

Seize.jpgDeux jeunes gens pauvres et affamés s'invitent à l'enterrement d'un commerçant dans le but de se remplir le ventre et de ramener un peu de nourriture chez eux... Deux fans d'un jeune chanteur de rock font le siège de l'hôtel de luxe où il est descendu. Ils désirent obtenir un autographe de leur idole... Deux gamins ramassent dans les poubelles des restes de fruits et légumes pour aller les distribuer à quelques gracieuses licornes réfugiées dans les couloirs du métro... Tracy se rend à l'enterrement de son père qui venait de quitter sa mère pour aller vivre avec une femme plus jeune qu'elle... M. Smith, le nouveau professeur de littérature demande à ses élèves de rendre une rédaction portant sur une journée ordinaire au lycée. Gary décrit son prof sous les traits d'un extra-terrestre... Une adolescente attend fébrilement qu'un camarade se décide à lui téléphoner pour l'inviter à l'accompagner à la boum d'une amie...

Comme son titre l'indique, « Seize » est un recueil de seize nouvelles écrites par seize auteurs américains. La grande majorité de ceux-ci est composée de gens peu connus si l'on excepte Diane Duane (SF pour ados), Robert F. Brancato (scénariste de cinéma), Joan Aiken (policiers pour ados) ou Robert Cormier. L'ensemble est assez disparate autant dans les styles (SF, fantastique, polar, sentimental etc...) que dans les niveaux d'écriture trop souvent assez médiocres. Un seul texte sort vraiment du lot. Il s'agit de « Casse-croûte à minuit » de Diane Duane, un petit bijou d'étrange et d'originalité poétique. Le reste est le plus souvent fort terne, ennuyeux, quelconque et sans la moindre originalité. L'éditeur visait un public adolescent. Ce n'est pas une raison pour proposer une compilation d'aussi piètre qualité.

2/5

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25/11/2014

Lord Byron et les femmes (Pierre Humbourg)

Lord Byron.jpgLord Byron (1788-1824), l'un des plus célèbres et des plus sulfureux poètes anglais, n'eut pas une enfance particulièrement douce. Handicapé à la naissance, suite à un accouchement difficile, il restera boiteux toute sa courte vie (il mourra de la malaria à l'âge de 36 ans). Enfant potelé et complexé par sa petite taille, il sera toujours la risée de ses camarades de classe. 6ème lord de la dynastie Byron, il sera très loin de nager dans l'aisance car son père, qui avait épousé en secondes noces sa mère pour sa dot, la dilapida très vite après en avoir fait autant de sa propre fortune. Et, pour ne rien arranger, sa mère sombrera très vite dans l'alcoolisme et se montrera d'une extrême sévérité avec l'enfant qui ne trouvera autour de lui qu'abandon et méchanceté même auprès de l'unique servante. Toute sa vie, il accumulera les conquêtes féminines, croyant à chaque fois trouver le grand amour et se lassant très vite de toutes ses partenaires souvent mariées d'ailleurs. Ainsi en fut-il de la fuyante Mary-Ann, de la trépidante Caroline, de l'incestueuse Augusta (sa demi-soeur mariée), de la trop complaisante Annabelle, de la consentante Lady Oxford, de nombre de filles de joie vénitiennes, de l'insultante Marianna, de la violente Fornarina et de l'excitante et lassante Teresa pour ne citer que les plus marquantes de son palmarès. Figure romantique et romanesque s'il en fut, Lord Byron ne s'intéressa pas uniquement aux très jeunes femmes. Il eut également un penchant très marqué pour les beaux éphèbes. Il resta très discret sur le sujet (époque oblige) et l'auteur estime le fait peu établi. Très jeune, il remporta un très grand succès littéraire en Angleterre, fréquenta Shelley, rencontra Stendhal et vécut toujours sur un grand pied, accumulant les dettes et n'atteignant à la vraie richesse qu'en fin de vie par la grâce d'un héritage qui tomba à point.

Livre intéressant, bien écrit, qui permet de découvrir quelques-unes des facettes de la vie de cet auteur célèbre. Mais le parti pris d'étudier la vie de Lord Byron surtout sous l'angle de ses innombrables conquêtes féminines laisse un peu de côté le parlementaire, le révolutionnaire et le voyageur ce qui fait de cet ouvrage une biographie assez incomplète qui donne envie d'en lire d'autres, histoire d'en savoir un peu plus sur un personnage assez extraordinaire.

4/5

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23/11/2014

S (J.J.Abrams)

S (J.J.Abrams).jpgDans un port du nord, à une époque indéterminée, débarque un homme aux vêtements dégoulinants d'eau. Il entre dans un cabaret où il découvre des marins occupés à s'enivrer et Sola, une jeune femme assez belle qui lit un livre très tranquillement. Peu après, l'homme qui n'a pas de nom mais qu'on désignera par un « S » est assommé et embarqué de force sur un trois mâts qui vogue vers on ne sait où. « S » tentera d'échapper, se trouvera mêlé à une grande grève sévèrement réprimée par Vévoda, un patron sans pitié ni scrupule. « S » épousera la cause des ouvriers, ce qui l'entrainera dans bien des mésaventures.

Comment caractériser « S », ouvrage étrange s'il en est ? Il est certain que l'auteur a voulu se singulariser et a cherché à tout prix l'originalité autant par le fond que par la forme. Laissons tout de suite de côté l'édition luxueuse avec une foule de documents annexes (totalement inutiles à la compréhension de l'histoire), une présentation style « livre de prêt de bibliothèque de faculté américaine » annoté dans quasiment toutes les marges par Eric, un jeune chargé de cours et Jen, une étudiante en lettres qui se pose bien des questions sur un certain V.M.Straka, auteur aussi imaginaire que l'oeuvre qu'elle étudie. Ces notes et petits dessins sont autant de questions ou de paraphrases sans grand intérêt. Passons au livre lui-même, en fait au livre dans le livre « Le bateau de Thesée », gros pavé de 473 pages d'une lecture lente et laborieuse avec son intrigue tournant en boucle, ses personnages si peu définis qu'ils en deviennent proches des ectoplasmes, ses rebondissements répétitifs de cette trouble, et cette interminable et malsaine lutte entre « S » et Vévoda. Il faut s'armer de constance pour atteindre la fin de cette histoire qui donne l'impression d'une plate démarque de fantastique à la Kafka en trente fois moins inspirée et moins passionnante. A trop vouloir se montrer ambitieux, nébuleux et original, on finit par user la patience du lecteur. Un bouquin qu'il faut tenir bien fermement pour qu'il ne vous tombe pas des mains...

2,5/5

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21/11/2014

EXPRESSO LOVE (Chapitre 7)

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19/11/2014

Les grandes affaires criminelles de Paris (Sylvain Larue)

Les grandes affaires criminelles.jpgCette compilation d'assassinats plus crapuleux, sordides ou sadiques les uns que les autres ne concerne que des affaires ayant eu lieu à Paris et y ayant été jugées sur une période d'environ deux siècles. Au total, le récit d'une soixantaine d'affaires qui se soldèrent la plupart du temps par la peine de mort, sauf interventions de moins en moins rares de grâces présidentielles les commuant en départs au bagne, jusqu'à ce que François Mitterand à peine élu sauve la tête de Philippe Maurice pourtant coupable de plusieurs assassinats dont ceux de deux policiers en service... Il faut avoir le cœur bien accroché pour lire la totalité de ce pavé décrivant un Paris peu reluisant, celui de la violence souvent gratuite, de la mort des innocents et du crime odieux. Il commence par un rappel des lieux de supplice comme les gibets de Montfaucon ou l'échafaud de la barrière d'Arcueil sans oublier la place de Grève (place de l'Hôtel de ville aujourd'hui) de sinistre mémoire. Il se poursuit par une courte histoire des bourreaux qui furent souvent des lignées vivant sur place, largement détestées par le peuple qui pourtant ne ratait pas une seule exécution tant que celles-ci furent publiques. L'auteur passe ensuite aux régicides comme Ravaillac (1610), Louvel (1820), Fieschi (1836) et Orsini (1858) avant de s'attaquer au cœur du sujet, les grands criminels, alternant les « célébrités » comme Lacenaire, Victor Noir ou Philippe, un Jack l'éventreur parisien ayant opéré avant celui de Londres, et les criminels moins connus mais tout aussi répugnants. Ces gens tuaient pour toutes sortes de raisons, politiques (les anarchistes révolutionnaires du début du 20ème siècle comme Ravachol), passionnelles ou simplement économiques, pour voler et s'enrichir le plus vite possible. Le livre s'achève d'ailleurs en apothéose avec les antillais Paulin et Mathurin, tueurs et tortionnaires de vieilles dames dans le XVIIIème (17 à 21 victimes ayant perdu la vie après avoir subi l'horreur) et le monstrueux métis Guy Georges, assassin, violeur et tortionnaire de belles jeunes femmes blanches dont un certain nombre aurait pu ne pas connaître ce triste sort si la police et la justice avaient correctement exécuté leur travail !

Un ouvrage majeur relativement bien écrit, illustré de nombreux documents d'époque, une somme (non exhaustive d'ailleurs) qui fait partie d'une série classée par région ou province, à déconseiller cependant aux âmes sensibles.

3/5

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17/11/2014

Humanité divisée / Episode 1 (John Scalzi)

Humanité divisée.jpgSuite à une catastrophe spatiale de la frégate « Polk », l'ambassadrice Sara Bair et son adjoint Roberts se retrouvent dans une capsule d'évacuation qui sert immédiatement de cible à un missile. Pendant ce temps, à bord de l'aviso Clarke, à des années lumière de là, Harry Wilson accompagne une autre ambassadrice auprès des Farnutiens. Les autorités leur demandent de se détourner vers les lieux du drame et de retrouver la boîte noire de la frégate pulvérisée. Qui se cache derrière cet attentat étrange ? Harry Wilson pourra-t-il mener à bien sa difficile mission ?

Cet épisode 1 d' « Humanité divisée » est un court roman de pure science-fiction publié sans doute à titre de « teaser » pour une série à suivre. Le lecteur se retrouve dans une histoire de négociations entre extra-terrestres et colonisateurs humains qui voyagent par simples bonds dans le temps et l'espace. En un clin d'oeil, ils sont capable de franchir allègrement des années-lumière... Autant dire qu'on nage en pleine fantaisie ce qui en soi n'est pas ennuyeux si l'on n'est pas trop regardant sur la vraisemblance de cette histoire digne d'une BD de série Z. La faiblesse vient plutôt de l'intrigue qui tiendrait au dos d'un timbre-poste et qui laisse (sans doute exprès le lecteur sur sa faim) et pire encore, de la forme qui est celle d'un scénario basique, simpliste, ne comportant que des dialogues parfois sans grand intérêt. Au total, une opération marketing des éditions Atalante qui risque de se révéler totalement contre productive dans la mesure où le lecteur déjà lassé par ce premier tome décevant risque d'hésiter à perdre son temps à lire une suite à peine digne d'un feuilleton télé japonais des années 80 !

2,5/5

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15/11/2014

Douce haine (Mario Ropp)

Douce haine.jpgQuelque part dans le Pacifique, un navire pris dans une terrible tempête fait naufrage et coule corps et biens. Seul rescapé du drame, François Ripert, un flic veuf en partance pour rejoindre un poste à Tahiti, se retrouve à bord d'un canot de sauvetage. Il repêche le jeune Hubert Landreau, une sorte de hippy joueur de guitare aux cheveux longs avec qui il va devoir partager cet étroit espace et tenter de gagner la côte. Ils finissent par débarquer dans une île perdue des Galapagos où ils commencent à essayer de survivre à la manière de Robinsons. Un jour, ils croient avoir aperçu au loin une femme blonde. L'île n'est donc pas déserte comme ils le pensaient au début. Le drame n'est pas loin...

« Douce haine », paru en 1968 dans la collection « Spécial Police » du « Fleuve noir » sous le pseudonyme de Mario Ropp (Mario pour faire macho italien et Ropp comme allusion à une certaine marque de pipes célèbre à l'époque), a en fait été écrit par une romancière, Maïa ou Marie-Anne Devillers (1917-2007), auteur relativement prolifique qui fit partie d'une fine équipe de noircisseurs de papiers dont seul un petit nombre s'éleva du lot comme Léo Malet, Georges-J. Arnaud et surtout Frédéric Dard qui signait San Antonio. Ropp fait partie des oubliés et des sans-grades et quand on lit ce livre on comprend mieux pourquoi. Le style est plat, très quelconque, sans aucune originalité, à peine travaillé. Les personnages sont stéréotypés voire caricaturaux. Le flic désabusé, le jeune chevelu nihiliste, l'Allemand paranoïaque et totalitaire comme un nazi d'opérette et les personnages féminins soumis ou nymphomanes ! Si au moins il avait profité d'une bonne intrigue, le lecteur aurait trouvé son bonheur même dans ce genre de roman de gare qui cartonnait en ces temps lointains. Mais il n'en est rien. Ca part dans un style pur roman d'aventures et s'éternise jusqu'aux trois quart du bouquin sur l'affrontement entre les deux naufragés pour déboucher sur un meurtre résolu en quelques pages dès la découverte d'une douille de balle. Qui voulait faire fonctionner ses petites cellules grises en sera pour ses frais. Lisez ou relisez plutôt de l'Agatha Christie, du Maurice Leblanc ou du Conan Doyle que cette daube juste bonne pour le classement vertical !

1,5/5

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13/11/2014

Archipel aux sirènes (Somerset Maugham)

Archipel aux sirènes.jpgAux îles Samoa, au début de l'autre siècle, Walker, un aventurier d'origine irlandaise, règne en maître despotique mais bienveillant sur une poignée de Canaques nonchalants. Sans police ni justice, il gère son île d'une main ferme et paternelle. Il a un grand projet pour elle : la doter d'un réseau routier digne de ce nom pour faciliter le transport du coprah et doper l'économie. Tout va bien jusqu'au jour où une tribu se montre rétive à participer à ses grands travaux... A Tahiti, Bateman Hunter, un américain de Chicago retrouve Edouard Barnard, un ami installé là-bas depuis deux ans et qui semble ne pas du tout avoir envie de rentrer au pays où sa fiancée Isabelle l'attend... A Honolulu, Winter, fils d'un commerçant local, après avoir tenté sa chance comme comédien et avoir passé une vingtaine d'années sur les planches, décide de revenir pour reprendre le négoce familial. Il présente au narrateur un certain capitaine Butler qui est féru de magie et de paranormal...

Un anglais tombe amoureux d'une métisse tahitienne en la voyant se baigner dans un étang. Il l'épouse et l'emmène en Angleterre... Un pasteur ne supporte pas qu'une femme de mauvaise vie fasse du tapage et reçoive des marins dans sa chambre au rez de chaussée de la pension de famille où lui-même réside...

« Archipel aux sirènes » est un recueil composé de six nouvelles qui sont autant de courts romans et de deux textes de présentation et de conclusion. L'auteur lui-même les a définis ainsi : « Ce ne sont pas des nouvelles, mais une étude des effets produits par le climat des îles du Pacifique sur les Blancs. » Allant au-delà de la modestie du grand auteur, le lecteur y verra beaucoup plus, toute une comédie humaine dans laquelle pratiquement personne n'est heureux alors que tout le monde vit dans un cadre enchanteur, dans une sorte de paradis terrestre tellement agréable qu'il en devient émollient et même déprimant. Que de personnages pathétiques et inadaptés ! Aussi bien du côté des Blancs qui se laissent aller à la paresse et à leurs mauvais penchants que du côté des indigènes qui se retrouvent perdus dans les brumes de l'Ecosse et ne le supportent pas. Au fil d'histoires la plupart du temps dramatiques, le lecteur s'aperçoit qu'il ne rencontre que des suicidaires, des alcooliques et des femmes battues ou malheureuses en amour. Et quand on ne se suicide pas, on meurt trucidé. Même sans partager totalement la vision très pessimiste de Maugham sur la condition humaine, on n'en admirera pas moins son style élégant, plein de mélancolie désabusée et de détachement aristocratique. Tout est observé et noté avec intelligence et finesse. En effet, en dépit de la légèreté du ton et de l'indéniable qualité du style, partout règne une sorte de spleen et parfois même de désenchantement quand ce n'est pas carrément du désespoir. Somerset Maugham reste un des grands maîtres de la littérature anglaise, un spécialiste de la nouvelle. Son œuvre n'a pas vieilli si l'on ne tient pas compte du contexte décrit, ces années vingt et trente aussi désuètes qu'oubliées. Il est donc encore tout à fait possible de la lire aujourd'hui avec grand plaisir.

4,5/5

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12/11/2014

Le retour du petit homme (Chapitre 3)

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11/11/2014

Snake Eyes (David Jacob)

Snake eyes.jpgA Atlantic City, célèbre station balnéaire de la côte Est des Etats-Unis, doit se dérouler le combat de boxe du siècle entre le tenant du titre Lincoln Tyler et son challenger, un mexicain nommé Ruiz. Ricky Santoro, policier municipal plutôt désabusé et Kevin Dunne, responsable de la sécurité de la salle y assistent dans les premiers rangs quand un coup de feu éclate. Kirkland, le ministre de la défense vient d'être atteint d'une balle dans la gorge. Un deuxième tir blesse une jeune femme blonde à l'épaule. Panique dans le complexe sportif. Kevin Dunne repère le tireur et le neutralise immédiatement en lui tirant une balle dans le dos...

« Snake eyes » est la simple adaptation du scénario du film éponyme de Brian de Palma. L'intrigue relève plus du roman noir que du thriller proprement dit. L'ennui c'est qu'elle est plutôt mal ficelée avec son complot cousu de fil blanc et son pauvre flic sur qui retombe toute la culpabilité. Les personnages sont sans grande consistance ni psychologie travaillée et le récit se déroule plus sur le registre du synopsis que sur celui du roman bien construit. Si on y ajoute un style quelconque, banal et plat, on en arrive à un ouvrage d'une complète médiocrité produit dans un pur et unique but commercial. Le lecteur savait déjà qu'un bon roman ne donnait pas forcément un bon film. Il découvre qu'un film quel qu'il soit ne saurait être à l'origine d'un bon roman malgré tous les efforts d'un tâcheron du clavier. Chacun son métier. Semblables passerelles entre cinéma et littérature ressemblent trop souvent à des impasses, à des coupe-gorges, en un mot à des attrape-nigauds.

2,5/5

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09/11/2014

La charrette à traverser le temps (René Escudié)

La charrette à traverser le temps.jpgEn 1981, à Montpellier, le jeune Antoine Cassignol, handicapé en fauteuil roulant, voit débarquer au milieu de la salle de séjour de son appartement, situé au douzième étage d'un immeuble, rien moins qu'une charrette tirée par une mule menée par une jeune femme vêtue à la mode d'autrefois. Elle dit s'appeler Fulcrande Reboul ou Reboulette. Elle embarque Antoine dans une histoire qui se déroule en 1781. Il s'agit de retrouver un mage enlevé par un seigneur pour d'obscures raisons. Entre les êtres du XVIIIème siècle et le garçon du XXème qui sera d'ailleurs grimé et qui devra jouer le rôle d'un automate surdoué par le miracle de la technologie, on ne sait pas qui sera le plus surpris.

Ce roman pour adolescent part sur un thème passionnant quoi qu'assez rebattu dans le fantastique et la science-fiction, le voyage temporel. Cette fois, pas de fusée, ni de machine sophistiquée encore moins de de Loréan comme dans « Retour vers le futur », mais une bonne vieille carriole magique. L'intrigue est un peu simplette, les aventures tout à fait classiques voire convenues et l'ensemble plutôt lourdement didactique. L'auteur s'en explique dans une post-face. Il a voulu montrer la petite histoire, celle des petites gens, loin des grandes batailles, des évènements politiques majeurs et des terribles intrigues de cours royales. « On nous dit que l'Histoire, c'est des Grands qui s'amusent, c'est des Grands qui se tuent. Mais que dit-on de nous, de nos parents, de nos aïeux ? Rien. Le 14 juillet 1789, Louis XVI écrit dans son carnet : Rien.. On ne sait pas qui on était, on ne sait même pas que nous existions. » De ce point de vue, ce livre peut présenter un certain intérêt. Dommage que le style soit assez quelconque.

3/5

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07/11/2014

Un pas d'homme (Marie Susini)

Un pas d'homme.jpgA Rome, Serge annonce à Manuela qu'il va partir. La jeune femme comprend qu'il va la quitter définitivement. Elle a l'impression que tout son univers va s'effondrer. Elle reste inerte, sans un mot, sans une réaction. Elle repense à son passé, à Jérôme, son amour de jeunesse avec qui elle a vécu trois années alors qu'elle était encore étudiante. N'aurait-elle passé tout ce temps qu'à attendre le retour de ses compagnons ? Manuela se pose mille et une questions existentielles. Au bout du compte, elle ne comprend pas grand chose à ce qui est en train de lui arriver.

Publié en 1957, ce court roman a fort mal vieilli. Avec le recul du temps, l'écume et l'esbroufe des modes littéraires étant retombées depuis longtemps, ce genre de texte très influencé par l'esprit du nouveau roman, apparaît pour ce qu'il est vraiment, un exercice de style vide, creux, sans la moindre substance. Un jeu d'intellectuel sec, une logorrhée désincarnée, un long tunnel de blablabla ennuyeux au possible. L'intrigue est si mince et si banale qu'elle tiendrait au dos d'un timbre-poste. Les personnages n'ont aucune épaisseur, aucune réalité. Ni plus ni moins que des fantômes ou des ectoplasmes qui laissent totalement indifférent. Quelle drôle d'idée d'aller ressortir d'un rayon oublié de ma bibliothèque cette daube sans intérêt ! On ne m'y reprendra plus. Repose en paix Marie Susini, grande intellectuelle et compagne d'un certain Jean Daniel. Je doute que ton « oeuvre » passe à la postérité...

2/5

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05/11/2014

Notre Imogène (Charles Exbrayat)

Notre Imogène.jpgDans la petite ville écossaise de Callander, Janet, la fille du boucher et Angus, l'ouvrier mécanicien sans famille s'aiment d'amour tendre. Ils voudraient bien se marier, mais le père de Janet, Keith Leadburn, ne veut pas en entendre parler. Une nuit, alors que Janet a fait sa valise et a échoué à fuguer avec Angus, son oncle pharmacien, Hugh Reston, sort pour parlementer avec le jeune homme. Un coup de feu déchire la nuit. Reston tombe à terre. Le vétérinaire et le boucher se jettent sur Angus qui est immédiatement accusé du meurtre car il a un révolver sur lui. Imogène McCarthery, la vieille fille aux cheveux rouges toujours prompte à lever le coude et à faire le coup de poing mène l'enquête à sa manière très particulière. Il faut dire que son souffre-douleur, le sergent Archibald McClostaugh, est vite dépassé par les évènements. La police lui adjoint un jeune inspecteur plein de morgue. Sera-t-il capable de faire éclater la vérité ?

« Notre Imogène » est un roman policier de facture classique avec ce côté bon enfant et picaresque qui est la marque de facture du grand Charles Exbrayat lequel n'avait pas son pareil pour rendre les ambiances alcoolisées et délirantes du pays des Highlands qu'il devait beaucoup aimer. L'écriture est agréable, rythmée au point qu'il est presque impossible d'abandonner la lecture à quelque moment que ce soit. Les personnages hauts en couleurs sans être caricaturaux restent proches de nous et sympathiques en diable. Cet ouvrage tonique mais un peu ancien (1969) procure un très agréable moment de divertissement. Il vaut bien tous les thrillers et autres romans noirs sanguinolents et déprimants qui sont produits actuellement.

4/5

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03/11/2014

Absences (Pauline Doudelet)

Absences.jpgDe nos jours, à Paris, Amy, animatrice radio trentenaire d'une émission nocturne écoutée surtout par les routiers, est bouleversée de tomber sur Nicolas, un amour de jeunesse perdu de vue depuis longtemps. Elle se réfugie dans un café et appelle à son secours Philippe, son ami-amant artiste peintre chez qui elle séjourne quand elle enregistre dans la capitale. Philippe vient de divorcer de Delphine qui met beaucoup de mauvaise volonté à lui laisser la garde de leurs deux filles. Quant à Thomas, le compagnon d'Amy, il ronge son frein en province car il commence à s'apercevoir qu'il y a quelque chose de louche dans le comportement d'Amy.

Pur roman sentimental, fleur bleue eau de rose garantie mais avec quelque moderne « touch » de branchitude et de conformisme bien dans l'air du temps, « Absences » se laisse facilement lire vu la fluidité du style de Pauline Doudelet. Le lecteur amoureux de la belle langue regrettera de trop nombreuses coquilles et approximations langagières autant qu'il appréciera la finesse des observations sur la psychologie des différents personnages. Tout le monde cherche l'amour, le bonheur, le grand frisson et certains ou certaines comme la productrice homosexuelle Chris en deviennent pathétiques voire ridicules. On peut ne pas partager la vision du monde très fortement sexuée (genrée?) de l'auteur, on lira quand même cette oeuvrette sans doute juste pour se détendre entre deux ouvrages sérieux en se demandant d'ailleurs si l'on n'est pas tombé sur un bouquin de chez Harlequin version LGTB un tantinet porno.

3/5

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01/11/2014

La colère du dieu serpent (Roger Judenne)

La colère du dieu serpent.jpgAu Mexique, au l'époque de l'empereur Moctézuma, les Aztèques qui ont asservi la plupart des tribus de la région, craignent le retour de Quetzalcoatl, le serpent à plumes, qui devrait se venger par le fer et par le feu. Pour faire revenir la lumière et apaiser la colère de leurs dieux, les grands prêtres pratiquent des sacrifices humains en se servant de jeunes filles pures et de jeunes guerriers faits prisonniers au cours des innombrables guerres qu'ils livrent. Xaralt, un jeune indien Chichàn, doit faire partie de la prochaine fournée en compagnie de ses frères et sœurs. Ils doivent succéder à leur père, grand chef de la tribu, sacrifié précédemment. Mais Xaralt parvient à s'échapper en se jetant à l'eau lors du transfert. Avec tous les soldats aztèques à ses trousses, Xaralt parviendra-t-il à mener à bien sa mission : délivrer le reste de sa famille, trouver le trésor des Chichàn et faciliter le retour de son dieu-serpent ?

« La colère du dieu serpent » qui est à classer dans la rubrique « littérature jeunesse », peut parfaitement être lu par des adultes, tant la documentation est riche et l'intérêt certain pour les civilisations qui précédèrent la conquête espagnole. Une suite de prédiction catastrophiques, de quiproquos désastreux sans oublier la supériorité technique offerte par la maîtrise des armes à feu et l'utilisation du cheval et des armures permirent ainsi à une poignée d'aventuriers et de soudards de s'emparer d'un véritable empire un peu trop basé sur la violence, la haine, les sacrifices humains et les superstitions les plus improbables. Beaucoup de rebondissements dans cette histoire qui aurait pu être adaptée au cinéma, des personnages attachants avec lesquels le lecteur est immédiatement en empathie et une fin en demi-teinte. Rien ne sera plus jamais comme avant. Une domination en remplace une autre et le monde continue à tourner. Intéressant et didactique.

4/5

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