10/10/2014

De la brousse à la jungle (Général Bigeard)

De la brousse à la jungle (Bigeard).jpgPetite explication du titre : la brousse, ce sont tous les combats qu'a mené Bigeard tout au long de ses trente années de carrière et la jungle, cela représente les douze années de vie politique comme secrétaire d'état à la défense, président de la commission éponyme et député à l'Assemblée Nationale. L'auteur ne se cache pas pour écrire que la jungle où personne ne meure jamais, avec ses coups fourrés, ses petitesses, ses combats des chefs sans oublier toutes les « affaires » déjà peu ragoûtantes à l'époque est bien pire que la brousse où l'on se bat d'homme à homme, où l'on vit et où l'on meurt dans de sales guerres perdues d'avance (Indochine, Algérie) mais avec panache et pour l'honneur. Né à Toul en 1916, Bigeard combat dans les corps francs pendant la Seconde guerre mondiale. Prisonnier en 1940, il s'évade en 1941 et rejoint la France Libre. Volontaire parachutiste, il est largué en qualité de chef du département de l'Ariège qu'il libère en 1944. Il effectue ensuite trois longs séjours en Indochine qui s'achèvent à Dien Bien Phu où il est fait prisonnier et voit des milliers de ses camarades mourir de faim dans les monstrueux camps de concentration viet-minh. Il se retrouve ensuite en Algérie où il participe activement à la pacification. Il refuse de se joindre au fameux « quarteron de généraux factieux » par fidélité au général de Gaulle. Il poursuivra son action en Afrique noir et à Madagascar avant d'être appelé au gouvernement par Valéry Giscard d'Estaing en 1975 et de démarrer une belle carrière politique, sujet des trois quart du livre.

« De la brousse à la jungle » est le troisième témoignage du général Bigeard qui fait suite à « Pour une parcelle de gloire » et à « Aucune bête au monde », ouvrages consacrés aux opérations militaires auxquelles il participa. Pas de langue de bois dans ce texte, mais une grande franchise, une belle honnêteté et des convictions fortes. Mais quel intérêt trouver à la lecture d'un livre datant d'une vingtaine d'années ? Celui du recul historique tout simplement et le plaisir ou la tristesse de pouvoir faire toutes sortes de parallèles et de comparaisons avec ce que nous vivons aujourd'hui. Ainsi découvrira-t-on que bien des maux dont nous souffrons prennent leur source à cette époque-là. Déjà dans les années 80, le chômage grimpait, grimpait, la dette commençait à devenir ingérable, les délocalisations devenaient inquiétantes et le pays n'en pouvait plus de l'amateurisme et de la corruption de ses dirigeants... Nihil novi sub sole ! (Rien de nouveau sous le soleil)

4/5

08:56 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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