30/09/2014

Crimes de sang (Bellemare & Nahmias)

Crimes de sang.jpgA Padoue, un gardien de square, grand invalide de guerre, manchot et unijambiste, est retrouvé assassiné. Très apprécié dans le quartier, personne ne comprend pourquoi quelqu'un s'en est pris à lui... Dans un cirque américain, George Ribbon, un dompteur de fauves particulièrement audacieux, se retrouve dévoré par ses lions et ses tigres. Le directeur qui soupçonne un crime demande à un détective privé de mener l'enquête... En juin 1940, sur les routes de France, c'est la débâcle. Raoul Richard, canonnier de 2ème classe, marche avec son régiment depuis des jours et des jours. Il est épuisé. Et voilà qu'un gradé lui donne l'ordre de mettre en batterie une pièce d'artillerie et de se lancer dans un ultime et inutile baroud d'honneur. Autant dire un suicide avec des conséquences terribles pour les civils alentour... A Narvik, Olaf Nilsen est déçu par le comportement de Margret, sa fiancée qu'il juge un peu volage. Il rompt immédiatement avec elle et part droit au nord juste muni d'une hache et d'un fusil. Il se construit une cabane de rondins et mène une vie d'homme des bois jusqu'au jour où deux prospecteurs lui demandent de les accueillir...

« Crimes de sang » est une compilation de faits divers authentiques, remontant à des époques plus ou moins lointaines et qui se sont déroulés dans plusieurs pays (France, Italie, Grande-Bretagne, Allemagne et Etats-Unis principalement). Chaque anecdote est rapportée très brièvement, en quatre à six pages dans un style simple et journalistique. Toutes ces affaires sont plus étranges, plus surprenantes les unes que les autres. Bien souvent le coupable est loin d'être celui auquel on s'attend. Le lecteur s'aperçoit une fois que plus que la réalité dépasse largement la fiction et que l'homme mérite largement d'être considéré comme un loup pour l'homme. L'ennui c'est que cette suite d'une quarantaine d'anecdotes assez répétitives (qu'attendre d'autre d'un tel concept ? ) pourrait sembler lassante si on la lisait d'une seule traite. Comme le poison, il vaudra donc mieux la déguster à petites doses !

4/5

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28/09/2014

Du tour du monde à la transat (Eric Tabarly)

Du tour du monde à la transat.jpgDans ce livre, Eric Tabarly nous raconte quelques-unes de ses courses mythiques à bord de Pen Duick VI. Il commence par un tour du monde assez peu réussi et continue par diverses victoires : la Transat avec équipage et surtout le « Triangle de l'Atlantique » où il a brillamment officié avec quatorze hommes à bord. Il s'agit maintenant pour lui de s'aligner pour la Transat en solitaire avec un bateau solide et performant, mais prévu pour être manoeuvré à plusieurs. Eric a sous le coude un projet de multicoque à hydrofoils plus pratique et plus adapté pour un solitaire. L'ennui c'est qu'il ne pourra pas être prêt à temps. Il en est donc réduit à adapter Pen Duick VI autant que faire se peut. Ce sera une course exceptionnellement difficile, il essuiera cinq très fortes dépressions, cassera son pilote automatique et réussira l'exploit d'être le premier à l'arrivée malgré tout...

Avec « Du tour du monde à la transat », le lecteur se retrouve en compagnie d'un des plus valeureux navigateurs français et sans doute le plus modeste si ce n'est le plus prestigieux. Datant de 1976, ce livre qui n'a pas très bien vieilli, reste un document brut de décoffrage, une sorte de journal de bord très technique et sans le moindre pathos, sans doute édité à l'époque pour surfer sur le succès. L'ennui c'est que le texte reste assez terne et plat. Avec Tabarly le discret et secret taiseux, on est loin de la fougue, de l'emphase et du lyrisme d'un Moitessier ou même dans une moindre mesure d'un Bardiaux. A noter la présence de nombreux documents photographiques, de divers classements, de la liste impressionnante des abandons et même de celle des disparus en mer. Ils furent deux, Flanagan et Mac Mullen, à perdre la vie dans cette Transat qui fut l'une des plus dures. Livre qui peut intéresser aujourd'hui pour des recherches sur l'histoire de la course au large.

3/5  

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27/09/2014

Le retour du petit homme (Chapitre 1)

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26/09/2014

Johnny Milou (Guillaume Vincent)

Johnny Milou.jpgJohnny Milou est un jeune homme un peu paumé qui subit une agression alors qu'il va vérifier ses plantations d'herbe dans un coin perdu de la campagne. Il perd connaissance et se retrouve à bord d'une soucoupe volante. D'aimables créatures extra-terrestres le soignent et il se rendort. A son réveil, il se demande si tout cela est bien la réalité. Il essaie de témoigner. Personne ne le croit et pourtant il est sûr d'avoir entendu quelque chose. Pour en avoir le coeur net, il décide de consulter un psychiatre qui le fait immédiatement hospitaliser pour examens. Ce qui ne donne rien de probant non plus. Sans attendre l'autorisation de sortie qui tarde à venir, Johnny Milou s'échappe et part en cavale à la recherche de l'être qui lui a donné rendez-vous dans le désert de l'Atacama...

Ceci n'est qu'un court résumé du début des aventures de Johnny Milou autour du monde. En effet, le héros de cette histoire va passer son temps à courir de l'Europe à l'Amérique du Sud, puis l'Espagne et bien d'autres lieux toujours à la recherche de rencontres du troisième type. Il se posera beaucoup de questions, dissertera sur toutes sortes de sujets politiques ou économiques comme la démocratie, le libéralisme, le mondialisme et fera accessoirement quelques voyages dans l'espace... L'ennui, c'est que ce roman un peu bavard manque de rythme et de rebondissements. L'intrigue ne brille pas par son originalité et la fin ne surprend pas du tout. En fait, l'auteur n'a pas plus respecté les codes du genre « science-fiction » que ceux du roman d'aventures ou de divertissement. C'est dommage car il dispose d'un style fluide et agréable, de qualités narratives indéniables et d'une plume d'assez belle qualité en dépit de trop nombreux dialogues. Un ensemble moyen.

2,5/5

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24/09/2014

EXPRESSO LOVE (Chapitres 1 à 4)

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22/09/2014

Scènes de la vie de jeunesse (Henry Murger)

Scènes de la vie de jeunesse.jpgA Paris, quatre jeunes et riches aristocrates s'apprêtent à souper avec quatre jolies femmes quand l'un d'entre eux, un nommé Tristan leur annonce qu'il a invité un mort, Ulric de Rouvres parti se suicider en Angleterre suite à un chagrin d'amour... Théodore, jeune étudiant en médecine plutôt volage, séduit Clémence, jeune couturière de milieu modeste. Mais très vite, il se lasse et l'abandonne à son triste sort... Octave est un jeune homme trop sérieux. Il loue une petite chambre dans un immeuble modeste et fait la connaissance d'un vieux jardinier, ancien grognard de Napoléon qui s'étonne qu'Octave n'ait toujours pas de petite amie... Olivier aime Marie qui lui préfère Urbain. Mais un jour, Marie se retrouve emprisonnée. Olivier est inconsolable... Melchior, poète sans talent, va jusqu'à simuler la maladie pour se faire hospitaliser. Il veut se mettre dans la peau d'un écrivain phtisique et maudit... A la mort de sa maîtresse, Jacques un sculpteur inconsolable, veut garder un souvenir de son amour perdu. Il réalise un moulage du visage bien-aimé...

« Scènes de la vie de jeunesse » est un recueil de cinq nouvelles toutes sur le thème des amours de jeunesse. Magnifiquement écrites, elles sont quand même assez datées XIXème siècle. Murger (1822-1861), écrivain populaire et issu du peuple, qui obtint un joli succès à son époque (Puccini se servit de ses « Scènes de la vie de Bohème » pour le livret de « La Bohème » est tombé ensuite dans un oubli un peu injuste. D'inspiration réaliste, sociale et un tantinet fantastique (« Le souper des funérailles » avec son petit côté étrange mérite à lui seul le détour, les autres nouvelles sont autant de petits romans charmants mais un peu trop romantiques et même parfois un peu trop mièvres pour nos temps d'ultra moderne fureur), cet auteur ouvrait pourtant la voie au réalisme social d'un Jules Vallès ou au naturalisme d'un Emile Zola. Cette unique raison justifie que l'on s'intéresse à ce petit maître oublié !

3,5/5

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20/09/2014

EXPRESSO LOVE (Chapitre 4)

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18/09/2014

Cycle Beta (Frédéric Fabri)

Cycle Beta.jpgDans un futur très lointain, les Terriens ont peu à peu colonisés de nombreuses planètes dont certaines se trouvent à des distances phénoménales. Le progrès technologique permet aux vaisseaux spatiaux de se déplacer à une vitesse proche de celle de la lumière. Pour réduire le temps des voyages hors du système solaire, il faut procéder à des désintégrations/réintégrations des astronautes. Une armée galactique veille à la sécurité de toutes les colonies... Au cours d'une opération de débarquement sur la planète B112, le jeune Reno, bidasse maladroit et timide, débusque Glyon et Alsyen, deux créatures venues de Myrna pour récupérer du Philloxène, une plante hallucinogène très recherchée. Presque par réflexe, Reno dégaine son « fracasseur », tue Glyon à l'allure de gros monstre à tentacule et neutralise Alsyen, gentil petit être rappelant un petit singe, qui sera embarqué dans le vaisseau spatial. Il ne sait pas qu'Alsyen est un être beaucoup plus avancé que lui-même...

Malgré son contexte ouvertement « science-fiction » à prétentions techniques (les descriptions de technologies, d'appareillages, d'armements ou de modes de déplacement futuristes sont aussi nombreuses que fantaisistes), « Cycle Beta » reste avant tout un roman sur les grandeurs et servitudes de la vie militaire. Ce premier tome d'une trilogie annoncée s'évertue à nous raconter dans tous les détails (entrainement, exercices divers, combats virtuels et même épreuves réelles) le parcours et la formation d'une jeune recrue des temps futurs. En dehors du décor SF/space-opéra, tout est pareil qu'aujourd'hui pour le bidasse lambda. Il crapahute, fait ses classes, patauge dans la jungle, trimballe son barda et se sustente de rations peu appétissantes... L'auteur, ancien militaire lui-même, semble avoir largement puisé dans son expérience personnelle. Tout cela sent bon le vécu. L'ennui, c'est que l'intrigue laisse plutôt à désirer. Il ne se passe pas grand chose de bien palpitant dans cette histoire. Ca manque d'originalité, de rythme et de suspens. Les relations entre Reno et sa mascotte sont assez médiocrement exploitées tout comme l'idylle quasi platonique qu'il commence à nouer avec Élisa, une jeune soldate. Si on y ajoute un certain nombre de coquilles, d'erreurs lexicales, une conjugaison approximative et des tournures de phrases parfois maladroites, la lecture d'abord laborieuse finit même par devenir carrément pénible. C'est un peu dommage, mais vouloir rivaliser avec Orson Scott Card (Cycle Beta fait immédiatement penser à « La stratégie Ender ») demande tant de talent et de génie que cela reste hors de portée de la plupart. Les connaisseurs de ce genre littéraire pourront donc s'éviter la fatigue et la déception d'un pédalage sur ce Cycle...

2,5/5

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16/09/2014

SDECE Service 7 (Philippe Bernert)

SDECE Service 7.jpgDès la Libération, la France se dote de services secrets plus performants. Avec la création du SDECE, la grande centrale française de l'espionnage, rivale du KGB et de la CIA, les civils prennent le pas sur les militaires du Deuxième Bureau. Au coeur du dispositif, un organisme ultra-secret, le Service 7, qui réussit un nombre incroyable d'exploits comme d'emprunter aux Russes un moteur de Tupolev, le démonter pièce par pièce, tout microfilmer, le remonter et le remettre en place sans que personne ne s'aperçoive de rien... comme d'aller fouiller les poches d'un ministre endormi dans sa chambre de l'hôtel Majestic à Cannes... comme cambrioler l'ambassade d'Egypte et repartir avec une camionnette bourrée de documents compromettants... comme ouvrir des milliers de valises diplomatiques ou faire exploser un à un tous les bateaux transportants des armes destinées au FLN.

Sous-titré « L'extraordinaire histoire du colonel Leroy-Finville », ce livre présente à la fois le témoignage de l'homme qui fut l'âme et le moteur de ce service et le récit de vingt années d'actions d'espionnage assez étonnantes. Le lecteur y découvre que les agents secrets du Service 7 n'ont pas grand chose à voir avec des personnages de roman comme James Bond ou OSS 117. Ils ne roulent pas sur l'or, ne tombent pas les filles mais sont dévoués, patriotes, corvéables à merci, d'une fidélité et d'une abnégation exemplaire et ne reçoivent en retour que fort peu de reconnaissance. Bien commencée, cette histoire se termine de façon dramatique. A la fin de la présidence de Charles de Gaulle, les services secrets commencent à être infiltrés et pervertis par toutes sortes de barbouzes du SAC. Pour leurs actions « mouillées », les responsables font appel à des gangsters comme Jo Attia, Boucheseiche, Nottini la béquille et autres. Leroy-Finville y est fermement opposé car ces malfrats en plus d'être vénaux et de ne pas être fiables sont également terriblement inefficaces. Avec l'affaire Ben Barka, il sera d'ailleurs victime d'une machination d'une totale injustice et d'un complet arbitraire avant que son service ne finisse par disparaître vers la fin des années soixante. Un livre passionnant et tout à fait instructif pour qui s'intéresse à l'histoire de la guerre secrète.

4,5/5

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14/09/2014

L'infidèle (Catherine Hermary-Vieille)

L'infidèle.jpgEn 1976, à Beyrouth, c'est la guerre ; les Syriens bombardent les camps palestiniens et par la même occasion l'aéroport international. Toutes les voies d'accès à la ville sont bloquées. Aucun avion ne peut plus décoller. Un homme d'affaire américano-libanais, Samir Khoury, qui devait rentrer aux Etats-Unis, se retrouve prisonnier dans l'aéroport. Il rencontre Joumana et Maha, deux infirmières qui lui proposent de le ramener à son hôtel. Samir croise le regard de Joumana et c'est le coup de foudre immédiat et la passion torride peu après. L'ennui c'est qu'il est marié avec Carol et qu'il a trois enfants...

« L'infidèle » est un pur roman sentimental sans autre véritable intérêt que son contexte fort bien rendu : la guerre du Liban avec en point d'orgue l'assassinat du leader druze Walid Joumblatt et son cortège de représailles sur les chrétiens du Chouf. Sinon cette histoire de double adultère et de triple tromperie (si l'on compte le collègue et ami passant au statut d'amant une unique fois) laisse plutôt de marbre. Le mari trompe sa femme. La femme a un amant. L'amant se languit de ne pas arriver à faire divorcer la femme. La maîtresse n'en peut plus d'attendre le mari lequel ne supporte plus sa vie à New-York. En un mot, à tellement courir après le bonheur, tout le monde est malheureux ! Et on passera sur la fin tragique et sans la moindre originalité. De cette bluette assez quelconque ne surnage que le style très agréable et très maîtrisé de Catherine Hermary-Vieille. Insuffisant pour crier au chef d'oeuvre.

3/5

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12/09/2014

Une vie d'emprunt (Boris Fishman)

Une vie d'emprunt.gifLe dimanche 26 juillet 2006 à 7 heures du matin, le téléphone sonne dans l'appartement new-yorkais de Slava Guelman. Sa mère le dérange pour lui annoncer le décès de sa grand-mère. Ainsi, Slava, simple collaborateur du magazine « Century » qui aimerait tant que son talent d'écrivain soit reconnu et qu'au moins un article de lui y soit enfin publié, renoue-t-il avec sa famille d'émigrés juifs biélorusses originaires de Minsk. Alors qu'il ne rempli aucun des critères requis, le grand-père cherche à obtenir une indemnisation de l'ambassade d'Allemagne au titre de déporté, d'interné dans le ghetto de Minsk ou de transféré en commando de travail ou d'extermination. Il demande à Slava de lui rédiger un faux CV. Il est tellement satisfait du résultat qu'il propose à tous ses amis et connaissances de bénéficier, moyennant finance, des services de son petit-fils dont le coeur balance entre deux femmes, Arianna et Vera. Tout va pour le mieux jusqu'au jour où un enquêteur allemand, croulant sous des dossiers peu crédibles, s'intéresse à son cas...

« Une vie d'emprunt » est un roman qui sent le vécu. Quasi auto-biographique, on peut le classer dans l'auto-fiction dans le sens où la réalité semble fort peu romancée. Le milieu juif russe new-yorkais y est fort bien décrit dans toutes ses caractéristiques et pour cause. L'auteur s'en explique d'ailleurs dans une postface où il reconnaît qu'il s'est inspiré de faits réels vécus par lui-même, sa famille ou ses proches. « La fiction, dit-il, est souvent de la non-fiction déformée par l'artifice et la non-fiction inévitablement une réinvention de ce qui s'est vraiment passé. » Malheureusement, assez vite l'ennui s'empare du lecteur qui a l'impression de s'imposer une lecture laborieuse voire rébarbative tant l'intrigue est quelconque et inintéressante (cette histoire d'escroquerie à l'indemnisation est tellement petite, mesquine et minable qu'on s'en désintéresse très vite), tant ces personnages d'éternelles victimes, menteurs, tricheurs et toujours à la recherche de petits avantages n'attirent ni empathie ni sympathie, ce qui est quand même un comble. On aurait pu espérer que ce brouet fadasse et indigeste aurait pu être édulcoré par de grandes giclées du célèbre humour juif new-yorkais, il n'en est rien. L'ensemble est plat, quelconque, banal et même un tantinet nombriliste. Fishman, qui se présente comme un poulain de Joyce Carol Oates (rien que cela !) et un protégé de diverses fondations littéraires américaines et françaises aussi généreuses que prestigieuses, aurait mieux fait de s'inspirer de David Safier, Shalom Auslander ou même Woody Allen avant de tremper sa plume dans cet ennuyeux encrier mémoriel.

2,5/5

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10/09/2014

Retour à Little Wing (Nickolas Butler)

Retour à Little Wing.jpgLittle Wing est une toute petite ville du fin fond du Wisconsin, autant dire un trou perdu de l'Amérique profonde. Le personnage le plus emblématique de l'endroit est certainement Lelland Sutton que tout le monde appelle Lee et que le show-biz connaît sous le pseudo de « Corvin », guitariste et chanteur qui parvint à une certaine célébrité avant de revenir d'où il était parti. On y trouve également Kip, ancien trader, marié avec Felicia, qui a la folle idée d'investir sur place en réhabilitant un ancien silo à grains, Ronny, cow-boy de rodeo, qui a sombré dans l'alcoolisme suite à un grave accident, Eddy Moffitt, agent d'assurance capable de jouer les avocats et surtout Hank, l'agriculteur qui n'a jamais quitté Little Wing et son épouse Beth, la plus belle fille du patelin. Tout le monde se connait depuis l'école, tout le monde se fréquente et tout le monde se soutient. Il fait bon vivre à Little Wing à un point tel que ceux qui sont partis chercher fortune au loin rêvent tous d'y revenir un jour... Et pourtant, les jeux de l'amour, les errements sentimentaux des uns et des autres peuvent finir par gâcher les plus belles ambiances et obscurcir les cieux les plus radieux...

« Retour à Little Wing » est un très joli roman social et intimiste, rempli de personnages pétris d'humanité et d'histoires simples mais fortes racontées avec finesse, intelligence et délicatesse. Butler montre une grande empathie pour ses personnages qui, à première vue, pourraient passer pour des ratés, des ploucs, ou, à tout le moins, pour des gens quelconques, voire médiocres. Tous cachent une fêlure, un remords ou une faiblesse et en cela, ils nous apparaissent bien proches, humains, très humains. Le style narratif est assez particulier. Butler fait parler un à un tous ses personnages et toujours à la première personne du singulier, ce qui brouille un peu les cartes, demande au lecteur un léger effort intellectuel pour savoir qui parle, mais permet aussi de se retrouver au plus près de l'histoire et des gens. C'est une plongée au coeur de l'Amérique d'en bas, celle des grandes plaines, de la campagne, des petites villes qui s'enfoncent doucement dans la crise et dans l'oubli méprisant des gens des grandes métropoles. Le résultat final est assez bluffant mais toujours très agréable à lire. On se dit même que Butler est peut-être un émule de l'excellent Richard Russo (« Le déclin de l'empire Whiting », « Mohawk »), ce qui n'est pas un mince compliment quand on sait que ce dernier s'est vu décerner un Prix Pulitzer fort mérité pour le premier titre.

4,5/5

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09/09/2014

Les Faux As (Chapitres 1 à 10)

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08/09/2014

Peine perdue (Olivier Adam)

Peine perdue.gifDans une station balnéaire de la Côte d'Azur, Antoine, un jeune homme instable, gloire du football local, est abandonné par un inconnu sur un banc devant l'hôpital. Il est dans le coma. On lui a fracassé le crâne à coups de battes de base-ball... Pour ne rien arranger, un raz de marée ravage tout le littoral, provoquant noyades et disparitions... Une vingtaine de personnages (personnel hospitalier, retraités, familles de victimes, petits mafieux, barmaids, techniciennes de surface et autres saisonniers) vivent cette catastrophe dans ce décor de ville désertée et de plages à l'abandon. Grindel, le flic dépressif va avoir pas mal de pain sur la planche avec tous ces drames.

« Peine perdue » est à la fois un roman social, un roman noir et un roman intimiste de très belle facture. Chaque chapitre est centré sur un personnage, lequel a sa propre vision des choses et permet de faire avancer l'intrigue par petites touches. Ainsi passe-t-on en revue l'ensemble des protagonistes de cette histoire assez foisonnante même si elle est composée de faits assez ordinaires voire triviaux et de situations d'un grand réalisme. Olivier Adam arrive, dans un style dépouillé et souvent familier, à parfaitement décrire tout un microcosme de petites gens, de paumé(e)s et autres personnages bien pétris d'humanité. Aucun artifice, aucune distance, le lecteur a l'impression d'observer la vie de ces êtres d'une banalité proche de la sienne par le biais du microscope de l'entomologiste. Du grand art avec une chute à double détente assez surprenante par sa brièveté mais toutefois parfaitement logique. Nul doute que ce texte aura l'intérêt de représenter une sorte de photo ou de métaphore de l'état de notre société dans ce début de XXIème siècle.

4/5

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06/09/2014

Nous faisions semblant d'être quelqu'un d'autre (Shani Boianjiu)

Nous faisions semblant....gifDans un village perdu d'Israël, non loin de la frontière libanaise, la (ou les) narratrice(s) (Yaël, Avishag ou Léa) et quelques-unes de ses camarades de classe de terminale tentent en vain d'organiser une petite fête. Elles auraient besoin d'inviter du monde par téléphone mais il n'y a pas de réseau et de disposer d'une maison vide mais personne ne veut leur en prêter une. Une fois l'examen passé, toutes partent faire leur service militaire. Certaines dans la police militaire, d'autres sur un improbable check-point au milieu de nulle part sur une route interdite et fermée à la circulation où quasiment personne ne passe.

« Nous faisions semblant d'être quelqu'un d'autre » n'est pas vraiment un roman au sens classique du terme et pas non plus un témoignage, mais plutôt une suite de notes, d'impressions, d'anecdotes ou des extraits de journal intime écrits au fil de la plume. Cette composition un peu aléatoire, ces scènes proposées en vrac, sans ordre ni véritable logique peuvent dérouter le lecteur et même finir par sérieusement l'agacer. D'autant plus que le style laisse également beaucoup à désirer. L'auteure emploie la première personne du singulier pour plusieurs personnages, puis passe à la troisième et revient à la première au fil des paragraphes et selon son bon plaisir, ce qu'elle trouve peut-être original mais qui ne facilite pas la compréhension du pauvre lecteur lequel peine à se retrouver dans une lecture laborieuse. L'absence d'une intrigue sérieuse, la construction à la Dubout, le style approximatif et les personnages de jeunes filles finalement assez peu intéressantes donnent un résultat très proche de la médiocrité. Il faut se forcer pour finir ce bouquin qui fait presque regretter le temps passé à sa lecture. C'est dire...

2/5

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04/09/2014

Le règne du vivant (Alice Ferney)

Le règne du vivant.jpgPour Magnus Wallace, grand défenseur des requins et des baleines, tous les moyens sont bons pour protéger ces animaux en voie de disparition. Il est capable de tout, même de couler un baleinier comme le « Léviathan ». Désireux de suivre la nouvelle campagne de protection de « Gaïa », le groupe d'écologistes activistes qui l'entoure, Gérald, le narrateur, un journaliste et photographe globe-trotteur, embarque à bord de leur navire amiral « l'Arrowhead ». Au large des Galapagos, Wallace et son équipage composé d'une vingtaine de personnes de toutes nationalités et de toutes origines sociales et professionnelles, s'interposent lorsque des pêcheurs équatoriens se mettent à braconner impunément à l'intérieur même d'une réserve naturelle. L'échauffourée est plutôt violente. Mais quand la police maritime intervient, c'est pour donner tort aux défenseurs de l'environnement.

Difficile de classer « Le règne du vivant » dans la catégorie roman tant tout ce qui est raconté semble inspiré de situations réelles et rappelle les grandes heures des débuts héroïques de « Greenpeace » quand de frêles zodiacs venaient se placer devant les canons-harpons des baleiniers japonais pour sauver les baleines en prenant tous les risques. Les années, les décennies ont passé et le problème reste entier et encore bien plus prégnant qu'à l'époque. Certains comme les militants de l'association « Noe » ont tout misé sur le dialogue, les conférences, les parlottes qui ne servent à rien. Ils sont devenus respectables et respectés. D'autres, comme Magnus Wallace se sont radicalisés. Leurs méthodes violentes et spectaculaires semblent plus efficaces mais elles les relèguent au niveau des terroristes et autres hors la loi. Sur ce thème intéressant, le lecteur s'attendait à un livre fort et enthousiasmant. Il n'en est rien. Trop de dialogues et de longs discours théoriques. Une intrigue convenue qui dès le début laisse deviner la fin tragique. Des personnages sans épaisseur ni charisme... Heureusement, le texte est court (171 pages seulement) et vite lu grâce à la plume vive et alerte de Mme Ferney. Mais n'est pas Melville ou Hemingway qui veut.

2,5/5

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02/09/2014

La condition pavillonnaire (Sophie Divry)

La condition pavillonnaire.gifM.A a tout pour être heureuse, un gentil mari, trois beaux enfants, un bon travail et un petit pavillon dans une jolie banlieue. Et pourtant, il lui manque toujours quelque chose. Il lui semble que son bonheur n'est pas absolu. Alors, elle multiplie les expériences, les tentatives et les échappatoires : elle trompe son mari, se lance dans l'humanitaire, le yoga, les sorties culturelles et même la rédaction de petits poèmes. Toute petite, déjà, elle s'ennuyait ferme... Velléitaire, frustrée et inassouvie, trouvera-t-elle un jour plénitude et accomplissement ?

« La condition pavillonnaire » retrace la totalité d'une vie de femme au sein de sa famille. Ainsi suit-on M.A de l'enfance à la mort. Une existence normale, banale, celle d'une Madame Tout le Monde de la classe moyenne. Avec un thème aussi peu porteur, Sophie Divry réussit le tour de force d'intéresser et même de passionner le lecteur grâce à son regard acéré ou décalé et à la pertinence de ses observations et constations. Au fil des pages, on ne peut que s'identifier aux principaux personnages, M.A. dans sa quête désespérée mais également François, le brave compagnon ou Philippe l'amant égoïste tellement ceux-ci semblent proches de nous. D'une certaine façon leur histoire c'est un peu notre histoire. Ou comment la banalité peut devenir surprenante et même originale. Nul doute que le style fluide et agréable de l'auteur ne gâche rien même si l'on peut regretter une navigation hasardeuse entre les temps de la conjugaison et quelques descriptions inutilement triviales (« comment faire un créneau » ou « comment programmer un magnétoscope ») que l'on classera dans la rubrique « fantaisie d'artiste » !

3/5

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