31/08/2014

L'écrivain national (Serge Joncour)

L'écrivain national.gifDans une petite ville du centre de la France, un vieux maraîcher, ancien d'Indochine et soupçonné de disposer d'un joli magot, vient de disparaître sans laisser de traces. Aurélik et Dora, deux jeunes marginaux fort mal acceptés dans la région, sont soupçonnés de l'avoir assassiné et d'avoir fait disparaître son corps. Aurélik a été incarcéré et Dora laissée en liberté. Serge, surnommé autant par admiration que par dérision « l'écrivain national », a été invité dans le coin pour y écrire un feuilleton vantant les beautés de la région. Il s'intéresse à l'affaire et commence à mener une enquête très personnelle car il n'est pas insensible au charme de Dora, jolie hongroise de quinze ans sa cadette...

« L'écrivain national », même s'il a un volet « roman policier » ou « roman noir » n'en est pas seulement un tant la description de cette petite société villageoise, repliée sur elle-même et un peu endogame est soignée et réaliste. Joncour connaît bien la France profonde et la rend à merveille. L'intrigue policière est plutôt un prétexte. La résolution de l'énigme est assez convenue et au bout du compte assez secondaire. Les personnages, l'ambiance générale et les problèmes sociaux sous-jacents sont nettement plus intéressants. Ecrit à la première personne du singulier, ce texte donne l'impression d'être le témoignage sincère et honnête de l'auteur lui-même, enquêteur un peu gaffeur et fort peu perspicace qui accumule dans un premier temps bourdes et maladresses et n'est pas loin de se mettre tout le monde à dos... Très agréable à lire car écrit dans un style fluide et de fort belle facture, « L'écrivain national » est un livre passionnant autant par son réalisme et son naturalisme que par les confidences ou révélations sur la vie pas si exaltante que cela de l'écrivain moyennement connu. Joncour serait-il le Zola du XXIème siècle ?

4,5/5

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29/08/2014

L'affaire des vivants (Christian Chavassieux)

L'affaire des vivants.gifA la ferme de Saint Elme, quelque part entre Lyon et Roanne, à la fin du second Empire, l'aîné d'un couple de pauvres paysans, les Persant, se voit affublé par le grand père de l'impérial prénom de « Charlemagne ». Les brimades et les moqueries que cela lui vaudra à l'école, ainsi que sa forte corpulence et son caractère autorotaire lui forgeront une mentalité de battant auquel rien ne résiste. Ainsi prendra-t-il le dessus sur toute sa fratrie et sur ses parents. Très vite, il se lancera dans le commerce avec son oncle, puis dans l'industrie avec un certain succès. Cette réussite et ce début d'aisance lui permettront de se marier avec la belle Alma, fille de marchands de tissus, après avoir évincé son rival, le si beau et si séduisant Joseph Antoine Pajaud. Jusqu'où le destin de l'ambitieux Charlemagne le mènera-t-il ? Sera-t-il capable de faire le bonheur de sa famille ?

« L'affaire des vivants » est un roman à contexte historique (très bien expliqué dans une postface de l'auteur) avec une assez forte connotation « terroir ». Même si cette histoire illustre à sa manière l'évolution des campagnes, les débuts de l'industrialisation et la transformation des paysans en ouvriers avec quelques pages sur les luttes syndicales, les premières grèves et une intervention plutôt controuvée d'une certaine Louise Michel, le propos est surtout social, psychologique et un tantinet philosophique. Que de noirceur, que de personnages sombres, ridicules et antipathiques et que de situations dramatiques dans lesquelles la violence se déchaîne de façon assez inattendue voire artificielle. Avec Chavassieux, non seulement l'argent ne fait pas le bonheur mais en plus les patrons sont de vulgaires crapules et les paysans de parfaits abrutis. Seuls les ouvriers, et encore, échappent à la sombre vision de l'auteur. Pour faire bonne mesure et rester bien dans l'air du temps (le nôtre à défaut de celui de l'époque), le lecteur y trouvera une dose d'intolérance, de racisme et d'homosexualité avec une brave prostituée africaine et un ultime rejeton plus attiré par les garçons que pressé de se reproduire. Si on devine bien les influences de Zola, de Maupassant et de Hugo sur l'auteur, ce n'est que pour découvrir que cette pâle et insignifiante copie est loin d'être à la hauteur des ambitions affichées par celui-ci.

2,5/5

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27/08/2014

Fleur et sang (François Vallejo)

Fleur et sang.gifAu temps de Louis XIV, en Touraine, Urbain Delatour apprend le métier de chirurgien apothicaire auprès de son père, issu lui-même d'une longue lignée d'hommes de l'art. Il tombe amoureux de la pulpeuse et bizarre Isabelle de Montchevreüil, dont le père souffrant de calculs dans la vessie reste longtemps éloigné de son domaine pour tenter de prendre les eaux de toutes sortes de lointaines stations thermales... De nos jours, Etienne Delatour éminent cardiologue, prêt à tout pour sauver ses patients est fasciné par la fille de son patron, l'intrigante Irène de Saint-Aubin. Un certain nombre d'opérations ratées se produisent attirant l'attention des autorités sur le taux alarmant de décès dans sa clinique...

Roman historico-médical, « Fleur et sang » est construit en parallèle sur les deux époques. Chapitre après chapitre, on alterne les deux histoires qui semblent se répondre au-delà des siècles et même se reproduire presque à l'identique avec des personnages un peu différents mais ayant quand même une sorte de destin commun. L'intrigue se déroule avec une certaine lenteur pour ne pas dire lourdeur. Le lecteur qui espère un basculement dans l'étrange ou le fantastique en est pour ses frais. Vallejo ne quitte jamais le plancher des vaches du réalisme, ne monte ni en rythme ni en puissance, tout juste nous gratifie-t-il d'un dénouement un peu surprenant. Le texte est dépourvu de tout dialogue direct, ce qui est sans doute un parti pris stylistique un peu risqué car cela donne une impression de distance un peu hautaine et même de manque de chair et de vie. Le volet historique semble un peu plus intéressant que l'autre somme toute assez banal. Ensemble moyen et un peu décevant au bout du compte.

3/5  

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25/08/2014

Bureau des spéculations (Jenny Offill)

Bureau des spéculations.gifLa narratrice, professeur de littérature à l'université est également documentaliste dans une revue scientifique chargée de la rubrique « Le Saviez-vous ? » Elle essaie ou a essayé de vivre de sa plume en servant de nègre à un riche qui veut écrire un livre sur la conquête de l'Espace. Elle vit dans un appartement infesté de souris. Après une première fausse couche, elle met au monde un bébé, une petite fille qui pleure beaucoup et très fort. Elle se dispute de plus en plus souvent avec son mari. Petit à petit son couple part à vau-l'eau. Son mari commence par lui proposer une séparation provisoire. La narratrice se doute bien qu'elle finira par se retrouver un jour seule avec sa fille...

De l'autofiction au nombrilisme, il n'y a qu'un pas que Jenny Offill franchit allégrement. Avec un sujet aussi quelconque et aussi peu original, il lui aurait fallu être une narratrice et une styliste de haute volée pour dépasser le niveau du journal intime juste bon à aller dormir au fond d'un tiroir. Le lecteur se demande d'ailleurs quelle vilaine mouche a piqué l'éditeur pour oser proposer pareille somme d'insignifiance et de faiblesse narrative. Commencée à la première personne du singulier, cette juxtaposition de notes, anecdotes et impressions jetées à la va vite et sans ordre ni soupçon d'intrigue vraiment construite, se termine à la troisième personne du singulier avec pour personnage « la femme » ! De qui parle-t-elle ? D'elle-même ? D'une autre ? De l'éternel féminin ? Un flou pas très artistique règne dans ce texte assez ennuyeux et déplaisant autant par le fond que par la forme. Seul point positif : une relative brièveté du discours (132 pages) avec quand même quelques redîtes et répétitions. Vite lu, vite oublié...

2,5/5

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23/08/2014

EXPRESSO LOVE (Chapitre 3)

08:37 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anticipation, sf |  Facebook |

20/08/2014

Mambo, mambo (Ysabelle Lacamp)

Mambo, mambo.jpgAlors qu'elle n'a que six ans, la petite Louise voit son père partir à la guerre pour n'en pas revenir. Fait prisonnier et placé dans une ferme, il a préféré en mai 1945, rester avec la fermière allemande plutôt qu'aller retrouver sa famille française. Puis c'est au tour de sa mère d'abandonner Louise quand elle a une vingtaine d'années et qu'elle suit des cours d'art dramatique. Elle veut suivre « Le Shérif », son nouveau compagnon qui a décidé de retourner vivre aux Etats-Unis. Se sentant libre et sans attache, Louise accepte une proposition mirobolante : acheter avec son amie Zoé et deux autres jeunes gens une hacienda en Equateur. Il s'agit en fait d'une pure escroquerie qui les laisse sans argent mais n'empêchera pas Louise de monter un restaurant français qui rencontrera un joli succès jusqu'à ce qu'un certain Ramirez en fasse son quartier général et entraîne Louise dans une nouvelle galère...

« Mambo, mambo » démarre sur les chapeaux de roues comme un haletant roman d'aventures dans une inspiration assez proche de celle de pointures anciennes comme Georges Arnaud, Jacques Perret, Blaise Cendrars ou MacOrlan avant de s'achever sur une note nettement plus sentimentale et mélancolique. Féminité oblige. Quelle aventurière hors pair que cette charmante petite Louise ! Elle accumule sur sa tête les péripéties, coups du sort et catastrophes en tous genres. Elle participe sans le vouloir à une tentative de coup d'état, elle se retrouve dans une horrible prison en pleine jungle, elle s'improvise cuisinière, chanteuse, chercheuse d'or, dame de compagnie d'une danseuse étoile caractérielle, patronne de restaurant et même négociante en langouste surgelée... Elle est en butte à la mafia, survit à un tremblement de terre, se fait voler, escroquer et dépouiller à plusieurs reprises et redémarre ruinée mais toujours battante ! Cela fait un peu beaucoup côté vraisemblance mais ça passe grâce au style simple, efficace et rythmé d'une romancière sympathique qui n'a pas son pareil pour faire partager cette rage de vivre contagieuse et enthousiasmante.

4/5

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18/08/2014

Les grandes mystifications de l'Histoire (Patrick Pesnot)

Les grandes mystifications de l'Histoire.jpgLa fête du 14 juillet ne célèbre pas la prise de La Bastille de 1789, mais le souvenir de la fête de la Fédération de 1790... Une vaste opération d'intoxication menée par les services secrets britanniques est à l'origine de la folle escapade de Rudolf Hess en mai 1941... De jeune Tunisiennes auraient été enrôlées pour accomplir un djihad sexuel auprès des islamistes en Syrie. Info ou intox ?... Depuis 2003, personne n'a encore trouvé trace des armes de destruction massive stockées en Irak par Saddam Hussein... Jeanne d'Arc n'a jamais été bergère et n'a jamais gardé de moutons... Roland, le neveu de Charlemagne a sans doute été tué par des Vascons (Basques) et non par des Sarrazins et peut-être ailleurs qu'au col de Roncevaux... Le masque de fer n'aurait été qu'un valet coupable de l'empoisonnement de son maître et non le frère jumeau de Louis XIV... Les soldats transportés par les taxis de la Marne n'ont été pour rien dans la victoire du même nom... Guillaume Tell n'a jamais existé. Benjamin Franklin n'a pas inventé le paratonnerre pas plus qu'Edison la lampe à incandescence ni le baron Bich le stylo à bille...

Tels sont quelques-unes des révélations de ce livre qui prend l'Histoire par le petit bout de la lorgnette, celui des aménagements, des mythes, des idées reçues, des forgeries et autres mystifications enseignés aux écoliers. Au total, 38 faits ou évènements qui ne furent pas exactement ce qu'on en a raconté pour toutes sortes de raisons dont celle de la propagande politique n'est pas la moindre. Bien entendu, cette compilation à la Prévert est loin d'être exhaustive. Le lecteur ne trouvera rien sur d'autres affaires plus inquiétantes et moins anecdotiques comme l'attaque sur Pearl Harbour ou toutes les opérations menées sous fausse bannière par exemple. Au bout du compte, un livre amusant, divertissant, vite lu, mais, par son principe même, sans grande profondeur sinon celle de faire toucher du doigt que l'Histoire doit rester une perpétuelle recherche et non une science exacte bâtie sur des dogmes coulés dans le bronze.

3,5/5

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16/08/2014

Pensées en chemin (Axel Kahn)

Pensées en chemin.jpgDu 8 mai au 1er août 2013, le médecin, généticien et, dans une moindre mesure, politicien Axel Kahn a traversé la France à pied du nord au sud, de Givet dans les Ardennes à Ascain au Pays Basque. Il en a profité pour arpenter toute la partie française du chemin de Saint Jacques de Compostelle du Poy en Velay à Saint Jean Pied de Port, mais en prenant soin d'éviter les hébergements collectifs et en se sustentant dans des auberges et des restaurants. Dans de nombreuses villes, des délégations d'élus et de journalistes locaux ou nationaux l'attendent. Il donne des conférences très suivies et informe chaque soir ses « followers » de sa progression grâce aux photos prises par son smartphone dernier cri et à l'aide de compte-rendus envoyés depuis sa tablette tactile. Ni véritable pèlerin, ni randonneur de base, Axel Khan, qui se déclare ouvertement agnostique, marche pour rencontrer la France d'en bas. Ce qu'il découvre au fil de sa lente progression le fera-t-il changer d'avis sur ce qu'il appelle « sa France », celle qu'il aime et qui ne ressemble pas tout à fait à l'image qu'il s'en était faite au départ ?

« Pensées en chemin » est un peu le journal de bord ou le carnet de route de cette traversée originale de la France. Axel Kahn ne cache pas avoir trouvé l'idée chez Jacques Lacarrière en lisant « Chemin faisant », magnifique ouvrage qui marqua son époque. Si l'inspiration et l'itinéraire sont voisins, l'esprit et la réalisation en sont assez éloignés. Près d'un demi-siècle sépare les deux « intellectuels », le pays a bien changé, les mentalités également. Les friches industrielles abondent maintenant, les villes sinistrées également. Dans chaque bassin d'emploi, la mondialisation a entraîné des délocalisations, des fermetures d'usines et de sites de production et au bout du compte du chômage. Même la filière bois nous a échappé. Les arbres de nos forêts sont abattus pour être transformés en parquets ou en meubles en Chine avant d'être revendus chez nous ! Kahn cherche désespérément les fameuses « destructions constructives » et ne trouve que les destructions, les créations étant réservées aux pays émergents et peu susceptibles de revenir là où elles ont disparu. Pour ne rien arranger, le mois de mai 2013 voit une météo particulièrement défavorable pour le marcheur : pluie, froid, vent, neige ou glace. Mais rien n'arrête le vaillant narrateur qui aligne les étapes avec un courage remarquable. Bien que moins charmant et moins poétique que « Chemin faisant », cet ouvrage est néanmoins fort agréable et fort intéressant à lire. Le passionné de voyages à pied le dévorera sans aucun problème.

4/5

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11/08/2014

L'effroyable tragédie (Marie-Pierre Rey)

L'effroyable tragédie.jpgEn 1812, alors que presque toute l'Europe continentale est sous sa domination, Napoléon 1er rassemble la Grande Armée qu'il a renforcée par de nombreux contingents venus de Pologne, Suisse, Autriche, Allemagne et autres lieux et se lance à l'assaut de la Russie. Face à lui, le tsar Alexandre 1er organise la résistance avec des forces comparables en nombre sous les ordres de Barclay de Tolly, de l'impétueux prince Bagration et surtout du vieux général Koutousov. Mis à part la sanglante et inutile bataille de Borodino, peu de véritables affrontements titanesques mais plutôt une guerre d'usure et de partisans faite de replis stratégiques et surtout de l'emploi systématique de la terre brûlée. Alexandre 1er profite de l'immensité de son territoire pour prendre peu à peu le dessus sur son adversaire avancé loin de ses bases et confronté à d'insolubles problèmes de logistique et de ravitaillement. Il organise l'incendie gigantesque de Moscou, sa sainte capitale, qui marque le point d'arrêt de la campagne de Russie et le début de la fin de l'Empire français.

« L'effroyable tragédie » est un document de recherche historique qui mérite bien son titre. On y découvre que cette campagne peu glorieuse dépassa en horreur toutes les précédentes. Des centaines de milliers de braves grognards partis vers l'est ne revinrent de cet enfer glacé que quelques pauvres milliers d'éclopés et de traumatisés. On assista aux plus abjectes manifestations de la méchanceté humaine, le froid, la faim, la peur ou la haine poussant les gens aux pires extrémités : anthropophagie, torture, exécutions sommaires, lynchages, viols, incendies, pillages et autres. Bien que décrivant indifféremment les deux camps en présence la plupart du temps au plus haut niveau (grâce à un remarquable travail de recherche dans les archives, les pages de notes et la riche bibliographie en attestent), l'auteur arrive également, grâce à des témoignages émouvants, à faire partager les souffrances incroyables des combattants. La campagne de Russie fut peut-être la première des guerres vraiment modernes, car elle fut totale, sans pitié aucune, elle tua autant de civils que de militaires et elle utilisa tous les moyens de destruction possible. Ouvrage sérieux, bien construit et intéressant pour qui se passionne pour cette période de l'histoire qui vit la fin du long et douloureux cycle des guerres révolutionnaires. En conclusion, le lecteur découvrira les conséquences proches et lointaines de cette cruelle et folle expédition. Il y apprendra également qu'Alexandre 1er se montra plus humain, plus magnanime et peut-être plus démocrate (en paroles et sans doute en intentions) que son adversaire plus soucieux de sa gloire et de son pouvoir...

4/5

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07/08/2014

Le testament de Galilée / Tome 2 Le parchemin (Sébastien Tissandier)

Le testament de Galilée2.jpgEn sortant du sarcophage de pierre fabriqué autrefois par Galilée, Anna a découvert qu'elle disposait maintenant d'un pouvoir tout à fait exceptionnel. Elle est capable d'accaparer à son seul profit les capacités de tous les autres mutants par simple contact de la main. Après avoir absorbé la puissance d'Hector le colosse, homme à tout faire des Originels, elle s'attaque à Carry, la bibliothécaire capable de mémoriser n'importe quel livre. Celle-ci l'implore de lui rendre la liberté maintenant qu'elle a obtenu ce qu'elle voulait. Anna comprend la requête dans un sens un peu particulier. Elle laisse Hector briser la nuque de Carry. Pour atteindre son rêve fou d'omnipotence, il ne lui restera plus qu'à s'emparer de la liste des trente deux mutants du Professeur Lombard, opération qui va se révéler plus compliquée que prévue.

Ce deuxième tome du « Testament de Galilée » se caractérise par une certaine brièveté (156 pages seulement) et par le fait qu'il ne permet toujours pas de découvrir le fin mot de cette histoire. Certes l'action se développe dans une quête aux pouvoirs un peu répétitive et dans l'évolution des principaux personnages. Jules, amoureux d'Emma, a trouvé en elle la femme de sa vie. Elle termine enceinte l'épisode et l'on nous promet d'ailleurs un troisième tome intitulé « L'enfant ». Un grand nombre de personnages secondaires passent de vie à trépas, quelques agents des services secrets américains travaillant en « free-lance » interviennent sans que l'auteur ne nous éclaire sur le contenu de ce fameux testament de Galilée ni sur la composition de la société secrète des Originels ni sur le but final de toute cette agitation... Un ensemble agréable à lire et divertissant mais que le lecteur aurait nettement préféré présenté d'un seul tenant ! A noter quelques répétitions, faiblesses lexicales et coquilles, heureusement peu nombreuses.

3,5/5

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04/08/2014

L'enquête Campbell (Colin & Thomas Campbell)

L'enquête Campbell.jpgIl y a deux mille cinq cent ans déjà, Hippocrate déclarait : « Que l'aliment soit ton seul médicament », postulant par là qu'une bonne santé restait irrévocablement liée à une bonne alimentation. De nos jours, Colin Campbell, en s'appuyant sur de nombreuses études scientifiques et expériences en laboratoires, apporte la preuve définitive de ce lien de cause à effet. Il démontre que manger de la viande et boire du lait augmentent nettement les risques de cancer et de maladies cardio-vasculaires sans oublier le diabète, l'ostéoporose et autres douloureuses maladies auto-immunes.

Best-seller international, cet essai majeur se présentant comme un gros pavé relativement facile d'accès a été traduit dans plus de trente pays. Il fait l'implacable démonstration de la nocivité de la malbouffe occidentale qui n'est pas faite que de donuts, hamburgers et autres hotdogs mais aussi d'une part trop importante donnée aux protéines animales et aux laitages. Il prône une alimentation végétarienne basée sur les légumes, les fruits et les céréales complètes, seul régime permettant de réduire de façon impressionnante les risques de cancer et autres. Le lecteur s'étonnera que personne ne lui ait diffusé plus tôt pareilles informations, mais quand il découvrira la puissance et les manoeuvres des lobbies pharmaceutiques et agro-alimentaires, il comprendra pourquoi l'argent qui mène le monde n'a aucun intérêt à ce qu'une telle information se diffuse. A lire absolument si l'on veut en savoir un peu plus sur les voies de la bonne santé et surtout si l'on ne veut pas « creuser sa tombe avec ses dents ! »

5/5

08:30 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/08/2014

La guerre invisible (Minano & Pascual)

La guerre invisible.jpgEn 2010, dans l'armée américaine, un viol était commis toutes les trois heures... Dans l'armée australienne, en 1995, 62% des soldates se disaient victimes de harcèlement... Dans l'armée suédoise, 35,9% des femmes déclaraient avoir été victimes de harcèlement sexuel... Dans l'armée britannique, c'est deux tiers. Dans l'armée israélienne, 500 soldates ont déposé plainte pour harcèlement et agressions sexuelles en 2012... Et dans l'armée canadienne, en 1997, la police militaire était saisie de 145 plaintes pour agression sexuelle... Et dans l'armée française ? Silence radio ! Circulez, y a rien à voir ! Ne pouvant pas y croire, deux journalistes ont mené l'enquête, épluché la presse, consulté les archives et découvert une soixantaine d'affaires jugées ou en passe d'être jugées. Elles ont également recueilli une centaine de témoignages de victimes. Cet ouvrage en est le résultat. Dans les écoles militaires, et même à Saint Cyr, au sein de l'armée de terre, de l'armée de l'air, de la Marine ou de la gendarmerie, c'est partout la même histoire. Depuis la fin du service militaire et l'ouverture aux femmes des métiers des armes, les femmes sont vécues comme des intruses, rejetées, moquées et parfois traitées comme des objets sexuels. Harcèlement, grivoiseries, rumeurs, photomontages pornographiques, attouchements, propositions indécentes et agressions pouvant aller jusqu'au viol en réunion peuvent à tout moment se produire et dans une proportion beaucoup plus importante que l'on peut s'imaginer. En effet, moins de dix pour cent des victimes portent plainte. Si elles ont le courage de s'y résoudre, la hiérarchie le prend très mal. En général, c'est la plaignante qui est déplacée alors que l'agresseur est maintenu dans son poste. Quand elles ne sont pas purement et simplement enterrées, les procédures sont interminables et les sanctions souvent minimes.

Une enquête de grande qualité. Tous ces témoignages font froid dans le dos. Ils permettent de se rendre compte que l'armée française, la plus féminisée d'Europe (avec 15% de femmes), n'est pas exempte des tares de ses consoeurs. Elle serait juste un peu plus hypocrite et même un peu moins disposée à lutter contre ce fléau. Livre utile et même indispensable pour lever un coin de l'omerta. Permettra-t-il de faire évoluer les choses ? On peut toujours l'espérer...

4/5

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