25/02/2014

Don Juan (Michel Zévaco)

Don Juan.jpgPour aller mâter une révolte en Flandres, l'empereur Charles Quint doit traverser la France de part en part, du sud au nord. Sur les bords de la Bidassoa, le roi François Ier lui laisse ses deux fils en otage pour preuve de sa bonne foi et comme garantie que son voyage se passera sans anicroche. Aussi ambitieux que désargenté, le jeune chevalier Amauri de Loraydan voudrait se marier avec la charmante Bérengère, fille de Turquand, un riche orfèvre capable de la doter richement. Il compte intriguer auprès de l'ambassadeur d'Espagne, le commandeur d'Ulloa, père de deux filles très belles, Reyna-Christa et Léonor, pour parvenir à faire tomber la Lombardie dans le giron du roi de France. Mais Don Juan Tenorio, prince débauché, après avoir poussé au désespoir Reyna-Christa, poursuit de ses assiduités sa cadette Léonor partie rejoindre son père en France pour lui annoncer la mort de sa soeur et pour lui demander de la venger... Et ceci n'est que le début d'une suite d'amours contrariés, d'idylles impossibles, de tromperies et autres forfaitures qui ne feront que se compliquer quand François Ier entrera dans la danse en compagnie de quelques autres grands personnages.

« Don Juan » est un roman d'aventures historiques de style « cape et épée ». François Ier et Charles Quint, qui lui apportent une caution historique certaine, ne sont pas pour autant les personnages principaux de cette histoire. L'enchevêtrement d'intrigues, de rebondissements et de quiproquos tient plus du rocambolesque et du roman feuilleton que du roman historique comme on le conçoit aujourd'hui. Les lecteurs férus de vérité historique n'y trouveront certainement pas leur compte. Le portrait brossé des deux altesses, bien que vraisemblable, est loin d'être flatteur. Charles-Quint est présenté comme un personnage calculateur, retors et fourbe. François Ier comme une sorte de prédateur sexuel, un obsédé peu soucieux de respect humain. Une sorte de fauve qui ne pense qu'à assouvir ses désirs quel qu'en soit le prix pour les malheureuses sur qui il pose son regard. Si on ne tient pas rigueur de quelques pages longuettes consacrées aux envolées lyriques de Don Juan (autre très sinistre personnage) et aux digressions philosophiques de l'auteur, on passe un très bon moment de détente et d'évasion dans un époque rude voire un peu sauvage, où de pauvres serviteurs et de malheureuses ribaudes ont parfois plus de noblesse de caractère que certains grands seigneurs.

4/5

09:19 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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