09/02/2014

Retour de la rivière Kwaï (Joan & Clay Blair)

Retour de la rivière kwaï.jpgPersonne n'a oublié l'histoire du « Pont de la rivière Kwaï », célèbre film tiré du livre éponyme de Pierre Boulle, lui-même inspiré d'un fait authentique et fort peu glorieux de la guerre du Pacifique. En effet, dans des conditions particulièrement cruelles, dignes de camp d'extermination, les Japonais obligèrent des milliers de prisonniers de guerre anglo-saxons à construire une ligne de chemin de fer dans la jungle aux confins de la Thaïlande et de la Birmanie. Un grand nombre y laissa la vie. Mais nettement moins connu est ce qui advint des survivants à la fin de la guerre quand les Japonais décidèrent de se replier en les emmenant vers la mère-patrie en septembre 1944. 2218 prisonniers de guerre australiens et britanniques furent ainsi entassés dans des cargos. Ceux-ci croisèrent la route de sous-marins américains qui les torpillèrent et les envoyèrent par le fond sans savoir ce qu'ils transportaient. Les malheureux se retrouvèrent à l'eau, terrifiés, hagards, ne disposant que de radeaux de fortune au milieu de flaques de pétrole en feu et à la merci d'anciens geôliers refusant de leur porter secours. Ainsi débutèrent plusieurs jours tragiques surpassant en horreur et monstruosité tout ce qu'ils avaient déjà subi à terre.

Un livre historique bouleversant sur un événement méconnu ou oublié de la Seconde Guerre Mondiale. Une extraordinaire leçon de courage, de ténacité et d'endurance donnée par ces rescapés dont 656 seulement purent échapper à la mort. Quelques scènes sont à déconseiller aux âmes sensibles. Dans ces conditions extrêmes, l'homme devient un loup pour l'homme. Ainsi y voit-on des Japonais refuser toute aide à leurs prisonniers et ne sauver que leurs ressortissants, des Anglo-saxons se venger en noyant ou en trucidant leurs anciens geôliers, des hommes, devenus fous par manque d'eau ou de nourriture, en mordre d'autres pour tenter de boire leur sang etc... etc... Non, la guerre n'est ni jolie, ni fraîche, ni joyeuse. Et cet épisode particulièrement cruel ne lui apporte aucune lettre de noblesse (on y voit des Américains envoyés pour secourir les naufragés préférer aller d'abord torpiller un convoi ennemi, perdant ainsi un temps précieux et d'autres en abandonner faute de place et repartir sans même leur laisser de quoi boire ou manger, condamnant une seconde fois leurs frères d'armes). Un livre terrible mais intéressant pour amateur d'Histoire au coeur bien accroché.

4/5

09:01 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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