31/12/2013

Bonne Année 2014 !

A toutes les lectrices et à tous les lecteurs de ce blog, une belle et bonne année pleine d'amour, de joie et de bonheur...

Lisez des livres...

Bonne année.jpg

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30/12/2013

OPERATION BAUCENT (Chapitre 6/3)

S'il avait tourné une page de plus, il serait tombé sur plus intrigant encore. Il aurait lu qu’Himmler et ses amis avaient fait lancer de nombreuses expéditions scientifiques pour retrouver des traces de la race aryenne un peu partout dans le monde, au Moyen Orient, dans les Andes et jusqu’au lointain Tibet, qu’ils avaient tenté de retrouver le saint Graal aux alentours de Montségur dans le sud de la France, ainsi qu’à Montserrat en Espagne catalane et dans le Massif Central autour de diverses commanderies de Templiers. L’auteur faisait même mention de certaines découvertes. Et puis Himmler et nombre de mystiques du même acabit, comme Heydrich, Hess et quelques autres, firent des études poussées sur des rites païens celtiques ou germaniques sans oublier sur diverses pratiques de sorcelleries anciennes ou modernes. Mais Renard ne prêtait plus du tout attention à sa lecture. Virginie s’agitait sur sa couche. Elle arrivait même à pousser quelques petits couinements qu’on entendait au travers du bâillon. Elle était réveillée, il fallait agir au plus vite. La nuit avançait, le temps jouait contre eux.

Il fila à la cuisine et revint chargé d’une bassine d’eau froide qu’il balança sans ménagement sur le visage de Loup qui émergea aussitôt des vaps.

- Ah, mon salaud, tu m’as bien eu ! Juste au moment où j’allais conclure…

- Tu as conclu, mon cochon, tu as conclu, lui affirma l’autre sans vergogne aucune. Lève-toi ! Assez rigolé. Tu te rappelles pourquoi on a capturé la gamine ?

- Ben, pour faire ch… Armen, répondit l’autre en se frottant le dessus du crâne.

- Pas seulement. Il nous a viré de sa société secrète. Il a osé nous menacer, ce pourri. Mais nous, on sait plein de choses et on va le faire chanter.

- Comment ça ? s’étonna le gros.

- On va lui téléphoner et lui réclamer un gros tas de pognon en échange de la fille. Tu te rappelles, c’était décidé comme cela. T'as fait le nécessaire pour la camionnette blanche que je t’avais demandée ?

- Ben non, avoua piteusement Loup. J’ai oublié.

- Mais t’es nul ! Et j’en ai vraiment marre d’un crétin comme toi. Tu vois ce que tu vas faire. Tu vas descendre l’escalier et récupérer le premier fourgon venu. Moi, je m’occupe des négociations…

- Ca serait pas plus simple que l’autre il amène le pognon ici et qu’on lui rende sa gonzesse en même temps ?

- Ferme-la ! Tu ne dis que des conneries ! Tu ne veux pas que j’appelle les flics pendant que tu y es ?

- Non, pas les flics, Renard, pas les flics, je t’en prie… Ce gros bloc de muscles devenait pitoyable.

Le maigrichon lui lança un regard mauvais : « Fais ce que je te dis, bon sang ! Va me chercher fissa une camionnette blanche et moi je m’occupe du reste… »

L’autre obtempéra et se précipita dans l’escalier. La rue était déserte. Il n’allait pas être facile de trouver le véhicule dont ils avaient besoin. « Encore heureux qu’il ne veut pas une marque particulière, songea Louis Dubois. Rien que pour me casser les pieds, il serait capable de vouloir un Ford à la place d’un Peugeot ou un Renault plutôt qu’un Citroën ! Blanc, c’est déjà beaucoup demander. »

Il marchait le long des trottoirs en examinant les voitures garées. De temps à autre, il essayait d’ouvrir les portières de divers camions et fourgons en stationnement, mais en vain. On n’était pas au cinéma, ici personne ne laissait son véhicule ouvert la nuit. De toutes les façons, Loup aurait été incapable de démarrer quoi que ce soit en trafiquant des fils sous un tableau de bord. Il regarda sa montre : trois heures moins le quart, il fallait faire vite. S’ils traînaient trop, ils allaient se retrouver avec les premiers travailleurs de l’aube, les éboueurs, les laveurs de carreaux, les balayeurs municipaux, les premières équipes de nettoyage ou d’entretien d’hôtels, d’entreprises ou de bureaux et puis ensuite toute la masse d’ouvriers et d’employés qui encombreraient chaussées, trains et autobus.

Dans une rue adjacente au boulevard Victor Hugo, il remarqua trois hommes qui se quittaient bruyamment. Manifestement ils avaient fêté un joyeux évènement à coups de copieuses libations.

(Fin des extraits gratuits)

On ne saurait toujours tout avoir gratis !

Mon ouvrage, s'il vous a plu, est disponible en version papier ou e-book... Merci de cliquer sur l'image correspondante. 

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28/12/2013

Nouvelles complètes (Marcel Aymé)

Nouvelles complètes.jpgCes « Nouvelles complètes », comme l'indique le titre, sont un recueil exhaustif de plus d'une centaine (105 au total) de textes du grand auteur malheureusement un peu tombé dans l'oubli aujourd'hui. Le lecteur y trouvera surtout l'ensemble des nouvelles publiées entre 1927 et 1967, mais également nombre de jolis contes dont les fameux « Contes du chat perché » qui font encore les délices des enfants dans les diverses versions illustrées que l'on peut trouver en librairie.

Marcel Aymé était un esprit curieux, indépendant et malicieux et par certains côtés, émule de Jean de la Fontaine. Tout comme l'homme des fables, il sut faire parler les animaux et même oser les rendre un tantinet précieux car les siens ont de la culture, ils ont appris à lire et peuvent en remontrer aux enfants. Humour léger, poésie et même une certaine forme de morale ou de philosophie latente parsèment ou illuminent cette oeuvre aussi brillante que non conformiste. Inutile de préciser qu'aucun de ces textes n'a pris la moindre ride et que le plaisir est partout présent.

De la lecture de ces textes courts mais soigneusement ciselés, ressort partout un grand amour de l'humanité et particulièrement des petites gens, Monsieur et Madame Tout le monde qui sont toujours croqués avec finesse et causticité mais sans aucune méchanceté. Et, par la grâce de ce démiurge bienveillant, toutes ces existences très ordinaires basculent à un moment ou à un autre dans un fantastique léger et bon enfant. L'un des personnages traverse les murs, un autre se retrouve en train d'arborer une bien encombrante auréole et un dernier se voit soudain doté du don d'ubiquité. Suivant l'ordre chronologique (très intéressant pour suivre l'évolution d'une production littéraire complète), cette somme ravira les inconditionnels de Marcel Aymé et pourra sans peine servir d'introduction à celles et ceux qui feront l'effort de le découvrir ou de le redécouvrir.

5/5

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26/12/2013

Cosplay (Laurent Ladouari)

Cosplay.jpgLa société technologique 1T, longtemps à la pointe de l'innovation est en perte de vitesse depuis le départ de Proteus, son plus prestigieux développeur. Sinind, son rival asiatique lui taille tant de croupières qu'elle est au bord du dépôt de bilan quand Zoran Adamas, dit le Gitan, un milliardaire cynique et haï de tous, décide de la racheter et ose déclarer que c'est pour la détruire. Il propose au personnel de jouer pendant trois jours au Cosplay, une sorte de jeu de rôles costumé, sous l'égide de la belle Ayako. Pendant ce temps, la jeune et talentueuse Katie Dûma réussit à se faire embaucher sans véritable statut. En compagnie des trois mille employés de la société, elle participera à ce jeu en apparence insensé car sans règle, dans l'anonymat d'un masque et d'un déguisement et avec quelques armes capables de détruire virtuellement. Très vite, les participants comprennent qu'il s'agit de les pousser à démissionner en masse et que, pour survivre, il va falloir s'unir et s'organiser différemment...

« Cosplay » est un livre étrange car difficilement classable. Entre la science-fiction et l'anticipation, mais pas tout à fait. Entre la fantaisie et le roman social, mais pas vraiment. Entre la BD manga et les aventures sur fond de jeu virtuel (genre « Player One »), mais pas seulement. Une lecture plus perspicace, inclinerait à penser qu'il s'agit plutôt d'une sorte de conte philosophique dans le style d'un Italo Calvino ou d'un Vian, mais sans le génie de ces deux-là naturellement. La description des rapports humains et des luttes de pouvoir au sein de l'entreprise pourrait être intéressante si l'auteur avait su s'extraire d'une forme de manichéisme simplificateur parfois agaçant. Les bons sont lisses et sans défaut et les méchants totalement répugnants. La morale véhiculée par l'ensemble est d'une simplicité enfantine et d'un angélisme bisounours. Elle repose sur des adages du genre : « Servir pour réussir », « N'ayez pas peur » et pourquoi pas « L'union fait la force ». L'intrigue qui démarre bien et promet beaucoup, aurait gagné à être plus rythmée et plus resserrée. Résultat, elle ne tient malheureusement pas la distance (474 pages). Le happy end est un peu décevant, tout comme les va et vient entre le réel et le virtuel. Le lecteur se retrouve souvent en train de nager entre l'improbable et le flou pas forcément artistique. Les lieux, les époques et les circonstances ne sont volontairement pas définis. A noter de très nombreuses allusions et clins d'oeil à la pop music des années 70/80 (Nina Simone, The Doors, The Rolling Stones, David Bowie etc...). Dommage que ce livre ne soit pas sonorisé et rempli de véritables effets spéciaux. Le style basique et les pauvres descriptions de Laurent Ladouari ne suffisant pas toujours à faire rêver le lecteur, un metteur en scène génial pourrait-il peut-être tirer une bonne adaptation cinématographique de cette histoire bizarroïde et un peu longuette ?

3/5

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24/12/2013

Joyeux Noël !

A toutes les lectrices et à tous les lecteurs de ce blog littéraire...

Joyeux Noël.jpg

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23/12/2013

Jules Matrat (Charles Exbrayat)

Jules Matrat .jpgDans les premiers jours d'août 1914, Jules Matrat, trente ans, est appelé sous les drapeaux. Ce jeune paysan de la Loire ne s'est éloigné qu'une seule fois de son village, c'était pour son service militaire. Il quitte ses vieux parents ainsi que Rose, sa promise qui va devoir l'attendre plus de quatre longues années. Sur le front, il rencontre Louis Agnin, un savoyard, homme des hautes terres comme lui, avec qui il se lie d'amitié. Jules fait la guerre par devoir et réussit à survivre à toutes les horreurs qu'il doit subir dans les tranchées. Avec son ami, ils espèrent la venue de jours meilleurs. Mais leurs projets d'établissement en commun tombe comme château de cartes le jour où Agnin meurt dans les bras de Jules. Et c'est un tout autre homme qui rentre chez lui, la guerre terminée. Personne ne reconnaît le nouveau Jules. Saura-t-il exorciser les démons qui hantent ses nuits, sera-t-il capable de vaincre la douleur, de faire son deuil et de mener une vie normale avec Rose ?

Avec ce roman de terroir largement mélodramatique, Exbrayat s'est aventuré dans un genre qui ne lui est pas habituel, lui qui s'est principalement illustré dans le polar décalé et fortement picaresque. Rien de tout cela dans « Jules Matrat », mais plutôt un récit sombre et mélancolique, assez lent et assez lourd, sans aucun humour ni légèreté. Le ton est grave, la psychologie du héros est longuement détaillée. Il est triste, malheureux, inadapté au monde qu'il retrouve après toutes ces années d'enfer. Le récit de guerre proprement dit est assez rapidement esquissé et presque secondaire par rapport à celui de l'après-guerre. Le personnage de Rose avec sa fidélité, sa douceur et sa patience semble nettement plus positif que celui de Jules qui finit par agacer. Au bout du compte, l'intrigue est assez peu originale en dépit d'une fin tout à fait réussie. Quand aux éloges dithyrambiques de la quatrième de couverture (« Un roman bouleversant et l'un des plus beaux récits inspirés par la Grande Guerre »), il faudra une fois de plus les classer dans la rubrique « publicité mensongère » ! Bilan général : un bouquin moyen sur les sinistres conséquences d'une guerre qui fut un quasi suicide européen assez loin des meilleurs titres du prolifique auteur.

3/5

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21/12/2013

Immortelle randonnée (Jean-Christophe Rufin)

Immortelle randonnée.jpgL'écrivain, ex-ambassadeur et membre de l'Académie Française, Jean-Claude Rufin décide un jour de partir pour une randonnée au long cours. Il hésite entre la haute route qui longe les sommets des Pyrénées entre Biarritz et Collioure et le Camino del Norte qui relie Biarritz à Saint Jacques de Compostelle en passant par le Pays basque espagnol, la Cantabrie, les Asturies et la Galicie. Sans aucune motivation religieuse ni aucune idée préconçue, il s'engage sur le second chemin ne sachant absolument pas ce qui l'attend sur cet itinéraire aussi mythique que millénaire. Il emporte une tente et du matériel de camping car il craint la promiscuité dans des dortoirs remplis de ronfleurs qui pourraient l'empêcher de dormir. De temps à autre, il va dans un petit hôtel, histoire de se décrasser et de profiter d'un peu de confort. Il lui arrive même de prendre le bus et même le métro. Autant dire que ce randonneur est un pèlerin des plus atypiques.

Tout est dit dans le sous-titre « Compostelle malgré moi ». Rufin part au hasard, ne sait pas dans quoi il s'est embarqué ni ce qu'il cherche, passe du rêve, aux réflexions puis aux envolées mystico-religieuses avant d'en arriver, vers la fin de son périple, à une sorte de béatitude proche de l'hébétude du ravi de la crèche ou du fumeur de joint. Il réalise que ce n'est pas l'homme qui prend le chemin mais plutôt le chemin qui prend l'homme. Devant ce nième livre sur la question, le lecteur hésitait à se joindre à l'intérêt collectif. Le bilan de sa lecture reste assez mitigé. En ce qui concerne le témoignage ou le récit de voyage proprement dit, il est plutôt resté sur sa faim. Les anecdotes sont peu nombreuses, les rencontres rares, éphémères et peu enrichissantes. Ruffin a refusé de prendre des notes. Au fur et à mesure de sa progression, il arrachait une à une les pages de son guide. De plus, il reconnaît avoir écrit son livre à la demande d'une éditrice. On pourrait avoir l'impression qu'en choisissant le chemin du nord, nettement moins fréquenté que le Camino Frances surpeuplé et en optant pour une immersion assez relative, il est passé à côté de pas mal de choses. En fait, il n'en est rien. Rufin livre avec honnêteté et précision toutes ses impressions. Agaçantes au début par l'ironie et la distanciation qu'il met entre lui, le marcheur néophyte qui se plaint de ses pieds souffrants et tous les autres, obscurs crétins marchant pour des raisons qui lui semblent étrangères. Puis au fil de la marche, sa vision s'élargit jusqu'à devenir enfin humaine, empathique et bienveillante. Comme la mer le fait en roulant les galets de la plage, les centaines de kilomètres, les conditions climatiques, la beauté ou la laideur des paysages (la description de certaines portions ne donne pas trop envie de s'y lancer) tout cela façonne tout doucement et presque à son insu son esprit cartésien et son âme gnostique. L'homme qui arrive au but ultime si décevant n'est plus le même que celui qui était parti de Biarritz tout guilleret. Et c'est là, dans cette analyse psychologique et dans cette réflexion philosophique, que se situe l'intérêt majeur de cet ouvrage. Avec énormément de finesse et d'intelligence, Rufin nous fait partager joies et souffrances du marcheur qui progresse pas à pas, humblement sur un chemin qui, en apparence chrétien, est surtout d'esprit bouddhique. Rien que pour cet aspect, il mérite d'être lu.

4/5

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19/12/2013

Tartuffe au bordel (Alain Paucard)

Tartuffe au bordel .jpgUn charmant petit essai que ce « Tartuffe au bordel », rafraîchissant et marqué au coin du bon sens. Quelle sottise et quelle hypocrisie que de vouloir dans un premier temps interdire le racolage passif ou actif (on ne sait plus trop) pour ensuite s'en prendre au client et lui infliger une amende de 1500 euros, doublée en cas de récidive ! Chacun sait où mène ce genre d'interdiction... L'esprit libre, intelligent et un tantinet tonitruant du brave « Paucard de Paris », disciple du regretté Jean Dutourd, éminent membre du « Club des Ronchons », sait porter le fer là où il faut. Après le « Guide Paucard des filles de Paris », « Les criminels du béton », « Le cauchemar des vacances », « La crétinisation par la culture » et « Manuel de résistance à l'art contemporain », Paucard revient pour nous enchanter avec les productions décoiffantes de son esprit libre, indépendant et quasi anar. Quel plaisir de lire ce petit bijou fort bien ciselé. Un grand coup de vent du large à une époque où les libertés sont mises une à une à l'index et où les puritains, les donneurs de leçons et autres marchands de bonheur pullulent en pourrissant la vie de tout le monde avec leurs fausses bonnes intentions A noter une jolie couverture un brin désuète composée de cartes de visites de tenancières de maisons closes, salons de massage et autres lieux de rencontres qui firent la réputation de Paris avant qu'une certaine Marthe fasse fermer ces lieux et jette les filles sur le trottoir. Bravo au Dilletante d'avoir publié un tel texte !

5/5

Citations : « Quand Saint Louis voulut interdire complètement la prostitution, ses conseillers, religieux pour la plupart, le dissuadèrent d'entreprendre ce vain combat, car l'Eglise savait que la chair est faible et que le péché originel a rendu les rechutes inéluctables. »

(Jacques Le Goff)

« En leur défendant d'être nulle part, on les oblige à être partout. »

(René de Obaldia)

« Surcouf, corsaire français, prisonnier et apostrophé par un amiral anglais qui lui déclare : « Vous les Français, vous vous battez pour l'argent tandis que nous, c'est pour l'honneur » répond, superbe : « Chacun se bat pour ce qui lui manque. » De l'homme et de la femme, chacun se bat pour ce qui lui manque.

« Une littérature saine, intelligible, dont les mots restent dans un rapport fidèle avec les objets qu'ils désignent – et d'autre part une littérature viscérale, qui s'est donnée aux femmes et où le respect des mots, de leur valeur propre a fait place au culte du flou, du vague, de l'étrange. »

(Marcel Aymé)

« Il y a sans aucun doute pire que le strip-tease, le naturisme. L'homme nu, c'est l'esclave, c'est le prisonnier qu'on veut humilier, le questionné avant la torture. Dans les pratiques sadomasochistes, c'est le soumis qui est nu alors que le maître est vêtu. »

« Qu'est-ce qu'un puritain ? Gripari disait que c'est un mot-valise composé de pourri et de putain, ce dernier dans le sens figuré, celui de pute intellectuelle, prête à se vendre pour un prix littéraire ou une promotion dans son boulot. »

« Le monde n'est, d'âge en âge, qu'une grande conspiration de crétins malfaisants dont il faut à tout prix se démarquer. »

(Jean Dutourd)

« Il y a deux sortes de clients de prostituées : ceux qui vont les voir parce qu'ils n'ont pas de femme et ceux qui vont les voir parce qu'ils en ont une. »

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17/12/2013

Scarlet (Marissa Meyer)

Scarlet.jpgNon loin de Toulouse (France) dans la petite ville de Rieux, la jeune Scarlet Benoît recherche désespérément sa grand-mère, retraitée de l'armée reconvertie dans l'agriculture, qui a disparu depuis près de quinze jours sans raison apparente. Considérant ce fait comme une simple fugue de vieille dame fantasque, la police a décidé de classer l'affaire. Scarlet, qui vient de faire la connaissance d'un certain Loup, combattant de rue solitaire et cruel, ne l'entend pas de cette oreille d'autant plus qu'elle n'apprécie nullement que tout le monde prenne sa grand-mère pour une folle et qu'elle-même passe pour une caractérielle. Pendant ce temps, le capitaine Carswell Thorne condamné à six ans de réclusion dans une prison de Neo-Beijing pour vol, recel et détournement d'un spationef est rejoint dans sa cellule par Linh Cinder, une cyborg en passe de réussir une évasion spectaculaire grâce à une main métallique ultra-sophistiquée...

« Scarlet », second livre des « Chroniques Lunaires » de l'américaine Marissa Meyer, est un roman jeunesse à la limite entre deux genres et même un peu plus. De par la présence d'engins spatiaux, de cyborgs et de voyages vers la lune, il relève de la science-fiction classique (c'est à dire avec boulons comme disait Pratchett). Mais l'utilisation de pouvoirs magiques, de manipulations mentales et l'apparition de loup-garous, soldats mi-humains mi-animaux, ou de « thaumaturges », sortes de magiciens maléfiques, ramènent plutôt vers la fantaisie. Sans oublier que toute cette histoire est fortement inspirée de classiques contes pour enfants comme le Petit Chaperon rouge, Blanche Neige ou Cendrillon. Il y aurait toute une analyse psychanalytique à mener à partir de ce texte. L'auteure elle-même ne se cache pas de cette influence qui sert de base à une intrigue assez simplette et qui lui permet d'aller plus loin dans l'horreur, l'étrange ou le fantastique. L'expérience de lecture, bien que parfois un peu laborieuse, est loin d'être désagréable. On passe un bon moment de détente. Que d'aventures, que de rebondissements mais quelle frustration quand arrive la dernière page ! On reste sur sa faim. Pour en savoir plus, il faudra se procurer le troisième tome, « Cress », (à paraître en 2014). De quoi rendre accros les amateurs. Une édition de très belle qualité (typographie sophistiquée, couverture somptueuse) malheureusement entachée de quelques coquilles, concordances de temps incorrectes (« Si elle aurait...) ou phrases bancales (exemple : « Celle que sa grand-mère s'était sacrifiée pour protéger. ») qui sentent la traduction par trop littérale. Dommage.

3,5/5

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15/12/2013

OPERATION BAUCENT (Chapitre 6/2)

Que venait vraiment faire Hess en Angleterre ? Hitler était-il au courant de sa démarche ? Qu’apportait-il ? Quel secret détenait-il pour qu’on le garde aussi longtemps en détention ?

Renard arriva au chapitre sur Heinrich Himmler, le « fonctionnaire de la mort », l’organisateur en chef des camps de concentration et de « la solution finale ». Et là, son attention fut captée. Ainsi cet ignoble individu se réclamait de l’héritage des chevaliers teutoniques. Avec ses SS, il croyait avoir recréé « l’élite en uniforme noir qui allait réincarner le vieil ordre de chevalerie germanique ». Comme beaucoup de nazis, il avait été influencé par deux idéologues fanatiques, Gobineau, le français et Houston Stewart Chamberlain, l’anglais pour qui la race nordique était l’archétype humain idéal pour ne pas dire supérieur, ce qu’Hegel avait déjà annoncé un siècle plus tôt.

Théoricien mystique, Himmler se voyait comme Grand Maître d’un nouvel ordre qui serait la réincarnation des teutoniques, officiellement dissous en 1938. L’auteur faisait remarquer que, dans le monde ésotérique, une dissolution cache souvent une résurgence sous une forme différente. Ainsi Himmler commença-t-il par édicter des critères très rigoureux pour l’entrée des postulants dans la SS. Jusqu’en 1937, la garde spéciale du Führer, unité d’élite s’il en fut, n’acceptait en son sein que des jeunes hommes blonds aux yeux bleus et d’une taille minimum de 1,80 m. Himmler édicta également une règle de mariage spéciale pour les SS. Ceux-ci ne pouvaient se marier qu’avec des femmes capables de justifier de la pureté de leurs origines aryennes depuis pas moins de deux siècles. Les nécessités de la guerre firent que ces règles furent assez vite aménagées. Mais une mystique fanatique du chef, un courage sans faille et une obéissance aveugle furent toujours exigés de ces troupes d’élite. On sent qu’Himmler voulait réécrire l’Histoire ou la reprendre là où, selon lui, elle n’aurait jamais dû s’arrêter. Le 2 juillet 1936, il organisa dans la collégiale de Wewelsburg la célébration du millième anniversaire de la mort de son héros préféré, le roi Heinrich I, dit Henri l’Oiseleur. Le bouquin citait un extrait du discours qu’il prononça après avoir déposé sur le tombeau du souverain une gerbe composée de fleurs et de rameaux de chêne: « Ici où reposent depuis toujours ceux de notre sang, cette magnifique maison de Dieu, née d’un sûr sentiment germanique, sera un lieu de culte où les Allemands viendront en pèlerinage (…) L’homme qui, après mille ans a repris avec une grandeur inouïe l’héritage humain et politique du roi Henri, notre Führer Adolf Hitler, nous le servirons fidèlement de nos paroles, de nos pensées et de nos actes, pour l’Allemagne et pour la Germanie. »

Le 7 avril 1942, il déclara devant les officiers supérieurs et tous les chefs de services de la SS : « Tout ce que nous faisons doit être justifié par rapport à nos ancêtres. Si nous ne retrouvons pas cette attache morale, la plus profonde et la meilleure parce que la plus naturelle, nous ne serons pas capables à ce niveau de vaincre le christianisme et de constituer ce Reich germanique qui sera une bénédiction pour la terre entière. Depuis des millénaires, c’est le devoir de la race blonde que de dominer la terre et de toujours lui apporter bonheur et civilisation. »

- Conneries ! s’exclama intérieurement Renard en rejetant le bouquin loin de lui.

(A SUIVRE)

Ouvrage disponible en version e-book sur Amazon.fr et en version papier sur TheBookEdition.com

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12/12/2013

Intrusion (Richard Matheson)

Intrusion.jpgUn écrivain sans succès mène une double vie entre sa femme et sa maîtresse, son métier et sa passion. Mais un jour, il ne retrouve plus le numéro de téléphone de son amante. Il appelle tous ceux qui l'ont connue. Personne ne se souvient d'elle... Un couple pique-nique au bord d'un lac. Puis, pendant que le mari fait la sieste, la femme part se promener dans la forêt. Elle finit par découvrir dans une jolie clairière une maisonnette qui ressemble comme deux gouttes d'eau à celle de l'histoire de Boucle d'or et des trois ours... Un homme disparait alors qu'il est parti quelques instants aux toilettes d'un restaurant perdu dans le désert... Des martiens jouent dans une troupe de marionnettes. Un journaliste se propose d'interviewer l'acteur vedette... C'est le jour annoncé comme celui de la fin du monde. Une famille se rassemble pour en finir dignement... Après s'être suicider en s'ouvrant les veines, le jeune Peter se réveille dans l'enveloppe métallique d'un robot fabriqué par son père pour complaire à sa mère...

« Intrusion » est un recueil de treize nouvelles publiées dans divers magazines entre 1952 et 1953 autant dire au début de la carrière du grand Richard Matheson. Elles relèvent des principaux genres dans lesquels excella l'auteur : le fantastique, le suspens, l'horreur et la science-fiction. Le style inimitable du maître y est déjà partout présent avec sa fluidité, ses phrases courtes et percutantes (pas un mot de trop, pas de perte de temps en descriptions inutiles), son sens de l'intrigue rondement menée et de la chute toujours surprenante. Avec lui, le lecteur explore les méandres inquiétants de la paranoïa, les cauchemars récurrents des phobies et les dérives insidieuses de la schizophrénie. Tout part toujours du banal et de l'anodin du train train quotidien et est toujours pétri de réalisme et d'humanité, même les plus terribles nouvelles d'horreur comme « La maison du crime », même les peu nombreux textes de pure science-fiction comme « Intrusion » ou « La boucle est bouclée ». Il faut lire ce recueil ne serait-ce que pour « Lazare II » qui est un authentique petit chef d'oeuvre d'intelligence psychologique et d'ambiguïté et pour toutes les autres car aucune n'est à jeter et aucune n'a pris la moindre ride. Le regretté Matheson est et restera sans doute longtemps un des plus grands dans son étrange domaine.

5/5

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10/12/2013

La cour des miracles (Michel Zévaco)

La cour des miracles.jpgLes aventures commencées dans le tome précédent, « Triboulet » redémarrent de plus belle avec une expédition contre toute la truanderie de la Cour des Miracles décidée par le roi François Ier et organisée comme un grand nettoyage par son prévôt Monclar, lui-même inspiré par le terrible Ignace de Loyola. A cette époque et depuis des décennies, ce lieu peu avenant, refuge des mendiants, truands et ribaudes, était devenu une sorte d'état dans l'Etat sur lequel régnaient quelques roitelets parmi lesquels un certain Tricot, roi des Argots qui, jouant double jeu, devait permettre un assaut facile. En réalité, il s'agissait surtout pour le roi de s'emparer des deux jeunes héros, Manfred et Lanthenay et d'assouvir sur eux une cruelle vengeance. Mais rien ne va se passer comme prévu...

Ce second tome de l'histoire de Triboulet, sorte de feuilleton historique peu regardant sur la vérité des évènements, semble encore plus rocambolesque que le précédent. Chaque chapitre amène un rebondissement nouveau. Gillette, la malheureuse héroïne, est en permanence traquée, pourchassée par un vieux roi obsédé sexuel qui ne pense qu'à une chose : abuser d'elle sans se soucier le moins du monde de sa probable ascendance royale. La magnifique figure du libraire et imprimeur Etienne Dolet, son supplice terrible tout comme le sacrifice volontaire de Triboulet, le bouffon plus courageux, plus généreux et plus chevaleresque que son maître, méritent à eux seuls le détour. Un livre fort bien écrit et habilement construit qui instruit en divertissant même si la caricature est souvent un peu grossière et les effets un peu faciles. Mais quelle imagination et quel tourbillon d'aventures !

4/5

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08/12/2013

Triboulet (Michel Zévaco)

Triboulet.jpgLe roi François Ier commence à se lasser de sa maîtresse, Madeleine Ferron, plus connue sous le vocable de « La belle Ferronnière ». Pour s'en débarrasser définitivement, il fait en sorte que Ferron découvre son infortune. Son esprit est occupé par Gillette, une jeune fille de 17 ans qui se révèle être la fille adoptive de Triboulet, le célèbre fou que toute la cour redoute. L'ennui c'est que Gillette n'aime pas du tout François, bien trop âgé, bien trop cruel et bien trop cynique à son goût. Elle n'a d'yeux que pour le beau Manfred, un jeune homme sans fortune, fort habile à l'escrime et très apprécié dans le monde interlope des truands de la Cour des miracles.

Plus roman d'aventures ou de « cape et d'épée » que véritable roman historique, cet ouvrage fort bien écrit nous entraine dans l'ambiance plutôt délétère de l'entourage d'un François Ier aigri, vieillissant, coureur de jupons et d'une mentalité plus proche de celle d'un spadassin ou d'un prédateur que de celle d'un chevalier sans peur et sans reproche. Au fil d'évènements particulièrement rocambolesques, le lecteur rencontre de nombreux personnages historiques comme Rabelais, Monclar, Etienne Dolet ou Ignace de Loyola, froid, sadique et obsessionnel religieux espagnol, véritable décalque du terrible inquisiteur Torquemada ou bien enfin l'intrigante Diane de Poitiers, si pressée de voir François Ier quitter la scène pour laisser le trône au Dauphin, le futur Henry II. Il fait également connaissance avec le monde impitoyable des mendiants, tirelaines, coupeurs de bourses, ribaudes et autres truands qui officient la nuit dans un quartier aux petites rues qui sont de véritables coupe-gorges et tiennent leurs quartiers dans leur inexpugnable bastion de la Cour des Miracles. Au total, énormément de personnages négatifs voire repoussants pour un petit nombre de positifs comme Gillette, Manfred, Lathenay ou Rabastens. L'action, les rebondissements, les histoires d'enfants volés, perdus ou retrouvés, d'ascendance noble mais élevé par de pauvres gens ne manquent pas. En filigrane, l'éternel message anarchiste de Zévaco : la seule noblesse qui vaille est celle du coeur. Elle est plus facile à trouver chez les pauvres que chez les nobles... Reste que grâce au style fluide et enlevé de l'auteur, le lecteur a grand plaisir à lire cet ouvrage de divertissement construit sous la forme bien connue du feuilleton. Seuls regrets, les énormes privautés prises avec la vérité historique : un faux livre « hérétique » édité et publié par Loyola lui-même sous le nom de Calvin placé chez Dolet pour le faire arrêter ou cette improbable invasion du Louvre par toute une armée sortie des bas-fonds de la Cour des miracles ou Calvin et Loyola invités par un Rabelais sarcastique pour un incroyable dîner. Et pour connaître la fin de cette histoire abandonnée en plein milieu, il faut lire le second tome, « La Cour des miracles ». Pour les amateurs du genre.

4/5

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06/12/2013

Hypnose (Peter James)

hypnose.jpgCharley et Tom forment un couple de quadras sans enfant qui rêve de s'installer dans la campagne anglaise pour relancer une vie sentimentale routinière et, qui sait, enfin parvenir à avoir un enfant. Quand Charley découvre Elmwood Mill, un charmant moulin du XVème précédemment occupé par une grande couturière solitaire, elle a l'impression d'avoir toujours connu cet endroit et même d'y avoir vécu autrefois. Et lorsqu'elle y emménage avec son mari, son chien et son poisson rouge, l'impression tourne à la certitude au fur et à mesure de réminiscences, de rencontres et autres coïncidences troublantes. Elle tente alors de pratiquer une régression mentale sous la houlette d'une sorte d'hypnotiseur qui parvient à lui faire revivre des pans oubliés de son passé puis de vies antérieures à sa naissance. Loin de la rassurer, ces séances vont l'entraîner de plus en plus profond dans l'horreur et le drame.

« Hypnose » se présente comme un thriller plus psychologique que policier qui explore les méandres de l'inconscient du personnage principal à la lumière ou plutôt dans les ténèbres du paranormal, de l'ésotérisme, de la démence et de la parapsychologie. L'intrigue menée sans grand rythme démarre sur le thème de la maison hantée (plutôt soft, rien à voir avec les monstruosités d'Amityville...) puis se développe sur celui de la régression mentale, des vies antérieures avant de monter en puissance et d'accélérer enfin (aux alentours de la 300ème page seulement) pour laisser entrevoir le « pot aux roses », le « pourquoi du comment », l'abomination de la désolation qu'il est hors de question de dévoiler pour le pas faire perdre tout intérêt à d'éventuels lecteurs. On s'attache assez facilement au personnage de la pauvre héroïne sur qui s'accumulent tant de malheurs et de déboires et nettement moins à celui de Tom, stéréotype de la lâcheté et de l'égoïsme masculin qui disparaît très vite pour réapparaître un peu artificiellement à la fin, pas plus qu'aux personnages secondaires, tous un peu caricaturaux. L'histoire, au bout du compte assez peu originale, est bien menée, quoiqu'un peu trop lentement à mon goût personnel. Le style est fluide et agréable à lire. L'ennui, c'est qu'une fois le livre refermé, on a l'impression de ne pas avoir appris grand chose et d'avoir passé pas mal de temps à se divertir à la lecture d'un ouvrage calibré, formaté, efficace mais sans génie ni signe particulier. De là à assurer que « Peter James a trouvé son créneau, quelque part entre Stephen King et Michael Crichton », comme indiqué en quatrième de couverture, il y a un pas et même un gouffre que le lecteur ne saurait franchir. Nul doute que le « créneau » en question n'est que commercial et se situe quelque part, mais quelque part bien en dessous des deux grands romanciers en question !

3,5/5

08:31 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/12/2013

Un Cinzano pour l'Ange Noir (Frédéric Dard)

Un cinzano pour l'AN.jpgA Paris, Sophie, une fille à papa un peu cinglée, rêve de cambrioler le coffre-fort de son paternel, un industriel enrichi dans la conserve. Ce forfait devrait lui permettre de financer sa cavale avec Rilley, un gangster américain pas très doué. Dès son arrivée sur le sol français, l'Ange Noir se retrouve assommé d'un magistral coup de bouteille sur la nuque par la fille en question et le voilà embarqué dans une nouvelle aventure rocambolesque avec un encombrant premier cadavre à faire disparaître le plus discrètement possible sans attirer l'attention des flics sur sa trop célèbre personne...

Ce roman policier picaresque n'est pas du niveau des autres volumes de la série « Ange Noir ». L'intrigue est tirée par les cheveux, truffée d'invraisemblances et de rebondissements qui ne tiennent pas la route. Les personnages sont caricaturaux et même carrément inintéressants. Seul l'Ange Noir est égal à lui-même : violent, cynique, égoïste et sans aucune morale. Sa route est toujours parsemée de nombreux cadavres et il séduit toujours autant toutes les beautés féminines qu'il rencontre. L'ennui, c'est que cette fois le charme n'opère pas. Même le style fait de faconde, de truculence et de langue verte semble nettement moins brillant, moins flamboyant qu'à l'accoutumé. Le lecteur a l'impression que l'auteur a fait oeuvre alimentaire, ce qui n'est pas impossible. Pendant sa carrière littéraire, il s'est en effet montré trop prolifique pour pouvoir rester en permanence au top. Bouquin sans intérêt, même pour les inconditionnels de Frédéric Dard.

2,5/5

08:42 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/12/2013

Le bouillon d'onze heures (Frédéric Dard)

le bouillon d'onze heures.jpgTraqué par le FBI, l'Ange Noir a quitté les Etats-Unis pour aller se mettre au vert en Grande-Bretagne. Installé à Londres au Grand Hôtel Continental, il surprend un homme en train de s'envoyer à lui-même par voie postale une grosse liasse de billets, sans doute peu honnêtement acquis. Il file au domicile de l'homme dans l'espoir d'intercepter le magot avant lui et arrive au moment précis où celui-ci fait une chute fatale dans une cage d'ascenseur. Il n'en faut pas plus pour que Scotland Yard mette le grappin sur notre héros. Mais l'Ange Noir s'échappe en boxant l'inspecteur MacGwer et file se planquer au Red Dog, un club tenu par un certain Seruti qui l'embarque dans une sombre histoire de trésor numismatique perdu. Nulle doute que cette nouvelle aventure du terrible gangster s'annonce fort périlleuse...

« Le bouillon d'onze heures », suite des aventures de l'Ange Noir, marque une sorte de tournant dans cette série qui annonçait déjà celle, bien plus étoffée et bien plus célèbre des San Antonio. En effet, au-delà de sa verve habituelle, Frédéric Dard instille à son texte encore plus de rythme, de rebondissements et de péripéties que dans les précédents titres de sorte qu'il est quasiment impossible de lâcher cette histoire menée tambour battant. Bien sûr, toutes ces pirouettes, triple saltos et autres sauts périlleux littéraires rendent l'intrigue aussi peu vraisemblable que probable, mais, qu'importe, le lecteur ne boude pas son plaisir accru d'ailleurs par la présence d'un style inimitable (et totalement disparu aujourd'hui, ce qui est bien dommage !). Le recours permanent à l'argot, à la langue verte, aux expressions burlesques voire aux trouvailles linguistes amusantes est un vrai régal pour qui, bien sûr, n'a nul besoin d'un décodeur pour comprendre toutes les subtilités de ce langage si particulier. Excellent.

5/5

09:01 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |