19/12/2013

Tartuffe au bordel (Alain Paucard)

Tartuffe au bordel .jpgUn charmant petit essai que ce « Tartuffe au bordel », rafraîchissant et marqué au coin du bon sens. Quelle sottise et quelle hypocrisie que de vouloir dans un premier temps interdire le racolage passif ou actif (on ne sait plus trop) pour ensuite s'en prendre au client et lui infliger une amende de 1500 euros, doublée en cas de récidive ! Chacun sait où mène ce genre d'interdiction... L'esprit libre, intelligent et un tantinet tonitruant du brave « Paucard de Paris », disciple du regretté Jean Dutourd, éminent membre du « Club des Ronchons », sait porter le fer là où il faut. Après le « Guide Paucard des filles de Paris », « Les criminels du béton », « Le cauchemar des vacances », « La crétinisation par la culture » et « Manuel de résistance à l'art contemporain », Paucard revient pour nous enchanter avec les productions décoiffantes de son esprit libre, indépendant et quasi anar. Quel plaisir de lire ce petit bijou fort bien ciselé. Un grand coup de vent du large à une époque où les libertés sont mises une à une à l'index et où les puritains, les donneurs de leçons et autres marchands de bonheur pullulent en pourrissant la vie de tout le monde avec leurs fausses bonnes intentions A noter une jolie couverture un brin désuète composée de cartes de visites de tenancières de maisons closes, salons de massage et autres lieux de rencontres qui firent la réputation de Paris avant qu'une certaine Marthe fasse fermer ces lieux et jette les filles sur le trottoir. Bravo au Dilletante d'avoir publié un tel texte !

5/5

Citations : « Quand Saint Louis voulut interdire complètement la prostitution, ses conseillers, religieux pour la plupart, le dissuadèrent d'entreprendre ce vain combat, car l'Eglise savait que la chair est faible et que le péché originel a rendu les rechutes inéluctables. »

(Jacques Le Goff)

« En leur défendant d'être nulle part, on les oblige à être partout. »

(René de Obaldia)

« Surcouf, corsaire français, prisonnier et apostrophé par un amiral anglais qui lui déclare : « Vous les Français, vous vous battez pour l'argent tandis que nous, c'est pour l'honneur » répond, superbe : « Chacun se bat pour ce qui lui manque. » De l'homme et de la femme, chacun se bat pour ce qui lui manque.

« Une littérature saine, intelligible, dont les mots restent dans un rapport fidèle avec les objets qu'ils désignent – et d'autre part une littérature viscérale, qui s'est donnée aux femmes et où le respect des mots, de leur valeur propre a fait place au culte du flou, du vague, de l'étrange. »

(Marcel Aymé)

« Il y a sans aucun doute pire que le strip-tease, le naturisme. L'homme nu, c'est l'esclave, c'est le prisonnier qu'on veut humilier, le questionné avant la torture. Dans les pratiques sadomasochistes, c'est le soumis qui est nu alors que le maître est vêtu. »

« Qu'est-ce qu'un puritain ? Gripari disait que c'est un mot-valise composé de pourri et de putain, ce dernier dans le sens figuré, celui de pute intellectuelle, prête à se vendre pour un prix littéraire ou une promotion dans son boulot. »

« Le monde n'est, d'âge en âge, qu'une grande conspiration de crétins malfaisants dont il faut à tout prix se démarquer. »

(Jean Dutourd)

« Il y a deux sortes de clients de prostituées : ceux qui vont les voir parce qu'ils n'ont pas de femme et ceux qui vont les voir parce qu'ils en ont une. »

09:11 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.