08/09/2013

Il y avait quelque chose dans le noir qu'on avait pas vu (Thomas Gunzig)

Il y avait quelque chose (Gunzig).jpgLe jour de son mariage, l'Infante d'Espagne fait attendre tout le monde car elle n'arrive pas à programmer son magnétoscope toute seule... Un bateau de croisière fait naufrage. Seuls et uniques survivants de la catastrophe, un infirme et une très jolie fille se retrouvent sur une île déserte... Quelques volontaires essaient de subir avec courage sévices, tortures et internement dans un camp de concentration nazi reconstitué pour les besoins d'une cause peu claire... Lors d'un conflit, trois hommes se retrouvent attachés sur un pont pour faire office de boucliers humains... En route pour une soirée, trois jeunes hommes renversent avec leur automobile une auto-stoppeuse et cachent son corps dans le coffre de la voiture. Ils avaient perdu leur chemin et comptaient sur elle pour le retrouver... Un général invite un écrivain célèbre et le fait saluer par ses troupes...

« Il y avait quelque chose dans le noir qu'on n'avait pas vu » est un recueil regroupant neuf nouvelles de qualité malheureusement un peu inégale. Dans presque toutes on y retrouve le personnage récurrent de Minitrip, drôle d'image de la femme en général et en particulier à la fois belle, évaporée et capricieuse, mais également touchante et perpétuelle victime. L'ensemble de l'ouvrage qui garde une grande unité de ton (dans le macabre) commence gentiment avec l'absurde et l'humour décalé qui font la marque de fabrique de Thomas Gunzig puis dérive doucement vers un noir de plus en plus noir, une laideur de plus en plus glauque et s'achève dans le monstrueux, l'insoutenable voire la violence gratuite, inutile et plus drôle du tout. C'est d'ailleurs le plus gros reproche que l'on puisse faire à cet ouvrage. Un certain manque de légèreté, une lourdeur et une complaisance dans le sadisme absurde et la folie destructrice. Il n'en demeure pas moins que les trois premières nouvelles sont trois petits bijoux et que les autres, un peu plus faibles, seraient très acceptables chez un autre auteur. Mais Thomas Gunzig nous a habitué à un tel niveau de qualité littéraire, que le lecteur se croit en droit de se montrer exigeant avec lui. L'art de la nouvelle est un des plus difficiles et personne ne peut être génial en permanence.

4/5

08:27 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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