03/08/2013

Les maîtres de l'ombre 1/ Nightrunner (Lynn Flewelling)

Les maîtres de l'ombre.jpgTout juste âgé de seize ans, le jeune Alec de Kerry est emprisonné et torturé par les sbires du terrible Seigneur Asengaï quand un certain Rolan Feuillargent se retrouve placé dans le cul de basse fosse où il croupit sans véritable raison. L'arrivant se présente comme étant un barde injustement embastillé et ne tarde pas à mettre au point une évasion spectaculaire. Comme il semble avoir sympathisé avec Alec, le fugitif l'entraîne dans sa cavale. Mais Feuillargent est un bien étrange personnage qui se fait également appeler Seregil, sait user de magie, est capable de prendre les apparences les plus diverses et même se faire passer pour une noble dame quand le besoin s'en fait sentir. Etant également d'une honnêteté à géométrie variable, un jour, Seregil dérobe un talisman qu'il glisse sous sa chemise et qui va lui causer bien des ennuis... Ainsi débute une longue série d'aventures pour nos deux héros qui bénéficieront de l'aide d'un troisième larron, Micum, un colosse fort sympathique.

« Les maîtres de l'ombre » se présentent comme un pur roman de fantaisie à rebondissements qui, par certains aspects, fait un peu penser aux aventures du célébrissime Harry Potter. Tout comme le petit sorcier, Alec est jeune et naïf, il découvre la vie et apprend mille choses au contact de son étrange mentor dont le lecteur peine à savoir s'il est barde, sorcier, magicien ou simple espion. D'ailleurs tout l'art de l'auteure réside dans l'ambiguïté permanente où elle maintient son intrigue. L'ensemble en reste flou et volontairement sujet à caution, ce qui place le lecteur dans une position inconfortable tout en titillant en permanence sa curiosité. De plus, Lynn Flewelling prend tout son temps pour brosser ses décors, camper ses personnages, lancer des bribes d'intrigues, de complots politiques voire de débuts de grandes fresques historiques imaginaires bien sûr. Sur plus de six cent pages d'une lecture parfois un peu laborieuse, elle ne fait qu'introduire une immense saga dont on ne discerne que les prémisses en se doutant bien que toutes les zones d'ombre disséminées au fil des pages ne s'éclaireront que dans les tomes suivants. Un peu frustrant, mais diaboliquement addictif. Le livre à peine refermé, il va de soi qu'on n'a plus qu'une envie : retrouver au plus vite ce « monde raffiné de magie et de complots » comme indiqué en quatrième de couverture. Une belle réussite qu'entachent malheureusement quelques coquilles, lourdeurs et surtout erreurs dans la concordance des temps (un seul exemple parmi d'autres : « au cas où elle avait... » au lieu de « aurait », page 172). Faiblesse dans la traduction ? Relecture trop hâtive ? C'est un peu dommage...

4/5

09:04 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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