30/07/2013

OPERATION BAUCENT (Chapitres 1 & 2)

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28/07/2013

Petits secrets et grands privilèges de l'Assemblée Nationale (Bruno Botella)

Petites secrets et grands privilèges.jpgLe journaliste et rédacteur en chef du mensuel « Acteurs publics » Bruno Botella a mené une enquête fouillée et difficile pour découvrir les secrets de fonctionnement d'une des institutions les plus prestigieuses de notre République : l'Assemblée Nationale. Le lecteur y découvrira qu'elle fonctionne dans l'opacité la plus complète, dispose d'un budget dispendieux, (plus élevé que celui du Parlement britannique ou du Bundestag allemand), paye royalement une armée de fonctionnaires de tous niveaux (plus de 1200), achète de nombreux biens immobiliers dans un des quartiers les plus chers de Paris, dispose d'une cagnotte qu'elle fait fructifier grâce à de juteux placements et prête même de l'argent en interne tout comme une banque, mais à faible taux d'intérêt...

Que n'apprend-on pas à la lecture de ce livre ? On savait déjà que les pléthoriques 577 députés de la nation disposaient de moult avantages (indemnités, voyages offerts, taxis payés, restaurants, voitures de fonction et autres commodités). On y apprend aussi que certains fonctionnaires de l'Assemblée sont encore mieux payés que les députés, qu'ils disposent d'appartements de fonction, disposent d'un régime social ultra-favorisé et que les questeurs font la pluie et le beau temps dans cette enceinte particulière. Et que dire de la réserve parlementaire, cette manne (de 130 000 à 625 000 euros selon la position dans la hiérarchie) dont chaque député peut disposer à loisir pour doter de subventions telle mairie, tel club ou telle association sans autre contrôle qu'une simple déclaration ? Bonjour le clientélisme... En un mot, on en découvre de belles dans cette institution toujours aussi rétive à se réformer et à faire des économies en des temps où le pouvoir n'a de cesse de demander de plus en plus d'efforts à la population. Quand donc ces gens-là montreront-ils enfin le bon exemple ? Quand rendront-ils des comptes autrement que par des bilans simplifiés voire truqués sur leur site ? Véritable plongée dans un microcosme de privilégiés qui ne pense qu'à se servir plutôt qu'à servir, cet ouvrage salutaire peut ôter les dernières illusions que l'on pourrait encore avoir sur la réalité de notre représentation démocratique.

5/5

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25/07/2013

Festivus festivus (Philippe Muray)

 Festivus festivus.jpgSous ce titre un peu étrange, se cache la compilation de sept longs entretiens que le romancier et essayiste malheureusement disparu a accordé à la journaliste Elisabeth Levy de 2001 à 2004 et qui furent publiés partiellement dans la revue « Immédiatement ». S'intéressant au monde moderne et surtout à l'avenir odieux qu'il nous réserve, Muray pense que l'Occident est en train de se retrouver de l'autre côté du miroir, dans ce qu'il appelle l'après-histoire, le post historique que l'on pourrait définir comme l'inversion de toutes les valeurs et la régression vers la barbarie par le biais d'une infantilisation généralisée soigneusement mise en place par certains nocifs bien connus comme Bertrand Delanoe. Festivus festivus serait le stade ultime de la décomposition et de la décérébration de l'homme. Tout comme il y eut l'homo sapiens puis le sapiens sapiens, nous avons vu apparaître successivement l'homo festivus, c'est à dire l'humain qui n'a qu'un seul but faire la fête, festiver. puis son ultime avatar, festivus festivus, celui qui festive de festiver plus qu'il ne festive pour festiver... Muray se comportant en moraliste et en sociologue, démonte tous les mécanismes pervers que les pourrisseurs déploient pour saper toutes les bases de nos sociétés. Pour étayer son étude, il se sert d'exemples plus ou moins anecdotiques piochés dans l'actualité. Il nous décrit Paris-Plage, ces quelques mètres carrés de sable étalés sur du macadam qui n'ont de plage que le nom et ne sont donc qu'une chimère ou qu'une illusion pour gogos et bobos. Il nous montre que tout est à l'avenant. Il s'agit toujours de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, nous faire renoncer à tout en échange de fausses valeurs, de fausses idées, de fausses réalités. Petit à petit, de technoparade en gay pride, de quinzaine de la haine anti FN en guerre d'Irak, de Mel Gibson à Saddam Hussein, du « fabuleux destin d'Amélie Jospin au piteux destin d'Amélie Poulautre », des tenants de l'art contemporain aux intermittents du spectacle, l'actualité se transforme en véritable mine d'exemples pitoyables illustrant la coruscante démonstration que nous présente l'auteur.

On peut ne pas toujours être d'accord avec les décapantes analyses de Muray, il n'en demeure pas moins que personne ne pourra en nier leur intelligence, leur subtilité et leur justesse. Nulle doute que notre époque a de quoi inquiéter même les plus insouciants. Même si cette utilisation constante de faits divers fait déjà un peu dater ces textes, ils n'en demeurent pas moins d'une lecture instructive et surtout agréable ne serait-ce que par le style fleuri, ardent et drôle de l'auteur qui n'hésite pas à user d'oxymores, de néologismes (artistocrate, rebellocrate), de jeux de mots (maton de Panurge, mutin de panurge) et de calembours (on sent l'influence de Jarry) pour emporter l'adhésion de son lecteur. Quel esprit et quel humour !

4/5

 

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21/07/2013

L'assassinat de la Via Belpoggio (Italo Svevo)

L'assassinat de la Via Belpoggio.jpgA Trieste, en pleine rue, un homme en poignarde un autre pour lui dérober une belle somme d'argent que la victime avait eu l'imprudence de montrer. Il s'enfuit à toutes jambes, bouscule une femme et se précipite à la gare dans l'espoir de prendre un train pour la Suisse avant d'être soupçonné. Mais au dernier moment, il change d'avis... En dépit de son caractère fantasque et de ses questions incessantes, le petit Umbertino fait le bonheur de son grand-père... A la fin de la guerre, un négociant qui a fait de mauvaises affaires laisse de plus en plus de responsabilités à son fondé de pouvoir jusqu'au jour où il se retrouve à signer un contrat léonin qui le dépossède pratiquement de son entreprise...

Ce court recueil (128 pages) est composé de trois nouvelles qui sont autant de descriptions d'épisodes de vie quotidienne, de petits évènements qui sont certainement arrivés à leur auteur ou ont pu être observés par lui. Le lecteur appréciera la finesse de l'observation, l'acuité du regard et un certain humour plus fait de détachement que de dérision ou d'ironie. Comme souvent dans ce genre d'ouvrage, les textes sont d'intérêt inégal. « L'assassinat de la Via Belpoggio » fait immanquablement penser à un « Crime et châtiment » plus bref, plus condensé et plus terre à terre que le chef d'oeuvre de Dostoïevski. « Umbertino » semble inachevé dans la mesure où il n'y a pas vraiment d'histoire et où on se perd un peu dans cette galerie de personnages sympathiques et très humains. Le meilleur texte reste « Un contrat ». C'est le plus ironique, le plus cruel et le plus désabusé de tous. A lui seul, il justifie la lecture de l'ensemble.

3,5/5

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19/07/2013

L'isolée (René Bazin)

L'isolée.jpgAu début de l'autre siècle, cinq religieuses, soeurs de Sainte Hildegarde, consacrent leur vie à éduquer des petites filles défavorisées d'un quartier populaire du vieux Lyon. Tout un petit monde d'ouvriers, de canuts et d'employés de manufactures fait appel à elles pour toutes sortes de menus services, de soutien moral voire d'aides matérielles diverses et variées. Jusqu'au jour où elles apprennent que, par décision des autorités politiques, leur école doit être définitivement fermée. Les soeurs espèrent pouvoir se réfugier dans leur maison-mère située à Clermont-Ferrand, mais cela s'avère impossible faute de place. Par la force injuste des choses, elles se retrouvent rendues à la vie civile, sans argent, sans famille et dispersées aux quatre coins de la France. Pour survivre, elles en sont réduites à accepter les travaux les plus ingrats, les tâches les plus rebutantes et les statuts sociaux les plus humbles. Seule soeur Léonide, l''ancienne tourière, pourra retrouver une place d'enseignante. Soeur Pascale, la plus douce et la plus jolie des cinq, devra subir un authentique calvaire...

« L'isolée » est un roman comme plus personne n'en écrit de nos jours. Bien que publié en 1905, il reste intéressant par les thèmes abordés : les conséquences des mesures de laïcisation de la société, les tentatives de destruction des congrégations et la volonté étatique d'extirper toute religion et toute solidarité d'un peuple encore croyant quitte à répandre injustice et malheur parmi les plus déshérités, sans oublier le mystère de l'appel de Dieu, de la vocation religieuse et de la voie de la souffrance et du martyre. Certains pourront penser que l'on nage dans la bien-pensance et la bondieuserie. Pourtant, à une époque gorgée d'hédonisme, dopée de violence et aveuglée par la haine de soi et le mépris de l'autre, un peu de fraîcheur d'âme, d'idéal, de solidarité et même de dévouement pour son prochain font encore l'effet d'une bien agréable brise un jour de canicule. La langue de Bazin est d'une fort belle élégance et d'une grande pureté ce qui permet une lecture agréable et fluide. L'intérêt se maintient de bout en bout d'autant plus facilement que le lecteur se sent tout de suite pris d'empathie pour ces cinq femmes et tout particulièrement pour le personnage de la malheureuse Pascale. Seul marque de l'outrage du temps : une certaine lenteur ; un auteur moderne aurait raconté la même chose sous forme d'une nouvelle ou d'une novella qui aurait utilisé moitié moins de pages. Chaque époque vit à son rythme ; nul doute que la nôtre est un tantinet plus rapide...

4/5


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17/07/2013

Le poison des intérêts (Margrit Kennedy)

Le poison des intérêts.jpgMargrit Kennedy commence son intéressant traité par cette phrase paradoxale: « L'argent gouverne le monde ! Personne n'en doute. Mais qui gouverne l'argent ? Même les experts s'accordent rarement là-dessus... » Une chose est sûre ; notre système économique actuel souffre d'un défaut majeur : les intérêts, les intérêts d'intérêts et même les intérêts d'intérêts d'intérêts ! Ainsi se créent et se perpétuent les crises de dettes, les bulles spéculatives et autres affaires de subprimes et de créances pourries astucieusement, pour ne pas dire vicieusement, titrisées. Par la spéculation sur tout et n'importe quoi, par l'endettement exponentiel des états et par la création artificielle de monnaie, les « banksters » arrivent à créer de toutes pièces des crises à répétition qui sont de plus en plus importantes et de plus en plus catastrophiques (124 en 37 années), à détruire de la richesse, ce qui en réalité consiste à ruiner 99% d'une population pour enrichir toujours plus le petit pour cent des extrêmement riches, l'argent ne disparaissant pas, tout « détruit qu'il soit », mais changeant simplement de mains. Grâce aux intérêts cumulés, ils réussissent le tour de force de faire payer plus de dix fois le montant d'une dette à tous les pays qui se laissent prendre dans leurs rets !

Margrit Kennedy propose une alternative intelligente, crédible mais sans doute fort difficile à mettre en place vu le contexte : suppression pure et simple de l'intérêt, recours aux monnaies locales pour les échanges locaux, mise en place de SEL ( service d'échanges locaux sous forme de troc de services), en un mot, en arriver à une « monnaie durable », stable et sécurisante. Adossée à la véritable richesse du monde réel, cette monnaie serait sectorielle, ne rapporterait aucun intérêt et ne supporterait que des frais de « demeurage » (perte de 4% pour les dépôts à court terme et jusqu'à 8% pour les comptes courants, ceci pour empêcher que l'argent dorme et pour encourager le prêt). Grâce à ce système « révolutionnaire », elle estime que tout le monde pourrait gagner plus de 40% de pouvoir d'achat ! En effet, tout individu, même s'il n'a contracté aucun crédit doit rembourser ces fameuses « dettes » à ce niveau d'où l'incroyable aubaine que cela représenterait...

Thèse innovante, facile à lire, intéressante et même convaincante car étayée par de nombreux exemples d'initiatives locales (principalement en Allemagne, Autriche et Suisse). Mais saura-t-on négocier le virage avant le super-krach qui nous attend au tournant et aura-t-on le temps d'atterrir en douceur ? Margrit Kennedy semble y croire. Le lecteur a quand même pas mal de doutes, d'autant plus que le plan d'ensemble des responsables « mondialistes » de cette situation n'est jamais ouvertement dénoncé.

4,5/5

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15/07/2013

La dispute des économistes (Gilles Raveaud)

La dispute des économistes.jpgBienheureux qui comprend quelque chose aux discours contradictoires et aux explications fumeuses des « experts » en économie qui dissertent à longueur de temps dans les stations de radio et sur les plateaux de télévision. Entre eux, jamais ils ne sont d'accord sur rien. Pour l'un, il faut impérativement diminuer les impôts alors que l'autre insiste sur « la nécessité de les augmenter ». Certains pensent que la sortie de l'euro et un retour à un protectionnisme intelligent seraient la solution à la crise où nous sommes englués alors que d'autres hurlent au fou furieux et à la catastrophe absolue. Et les exemples sont légions. Ce livre permet au béotien qu'est le lecteur d'y voir un peu plus clair dans cette science des plus inexactes. Pour l'auteur, les économistes sont à classer en quatre catégories :

1/ Les « libéraux » (souvent qualifiés par leurs adversaires « d'ultra-libéraux », tous disciples d'Adam Smith, voient plutôt l'économie comme un immense marché qu'il faut laisser le plus libre possible car il s'auto-régule toujours, mais à la condition que la concurrence soit « libre et non faussée ». Reagan et Thatcher ont plus ou moins appliqué cette théorie avec les résultats que l'on connaît.

2/ Les « keynesiens » (adeptes de Keynes), pour qui l'économie est un circuit d'échange où l'argent règne en maître et ne fonctionne vraiment bien que si l'Etat intervient, contrôle, régule, redistribue et au bout du compte réinjecte de l'argent. Ce faisant, il finit par accroitre les dettes de façon exponentielle. C'est la ligne suivie par la plupart des pays occidentaux avec les ardoises et la pauvreté que l'on laisse en héritage aux générations futures.

3/ Pour la troisième chapelle, celle des économistes marxistes, l'économie n'est qu'un lieu de rapports de force. Tout y fonctionne selon le principe de la lutte des classes, de l'exploitation de l'homme par l'homme et de l'aliénation du travailleur. Le capitalisme allant de crise en crise ne peut finir que par s'effondrer sur lui-même ou même par être détruit. L'économie socialiste ou communiste qui pourrait prendre sa place a déjà été expérimentée dans plusieurs pays du monde comme l'URSS, les pays de l'Est, la Chine, la Corée du Nord, le Viet-Nam ou Cuba, sans parler de maints pays d'Afrique ou d'Amérique du Sud. Ce fut une catastrophe.

4/ Pour la quatrième courant, celui des économistes écologistes (Polanyi, Georgescu-Roegen, Meadows et quelques autres), l'économie doit être envisagée de manière beaucoup plus globale et dans son environnement naturel et humain. Dans un monde fini, la croissance ne peut en aucun cas demeurer infinie. Il faut passer à une alternative cohérente plus respectueuse de l'être humain et de l'environnement. (Agriculture responsable, relocalisation des productions, économie solidaire, logement accessible et de basse consommation, objets durables, réseaux de soins solidaires, coopératives de production et de distribution...) Encore fort peu mis en application, cette dernière option fort sympathique reste largement utopique dans le cadre actuel, on s'en doute, bien qu'elle bénéficie de toute la faveur de l'auteur...

Court ouvrage de vulgarisation, (moins de cent pages), bien mené et très facile à lire, « La dispute des économistes » peut être placé dans la lignée de « L'économie expliquée aux Nuls » et peut se révéler fort utile pour qui veut s'initier sérieusement à ces questions délicates.

5/5

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12/07/2013

Roues carrées (Philippe Muray)

Roues carrées.jpgUn reportage surprenant nous présente la première « Grande parade de la Fierté adultère, adultère et adultère » comme une immense réussite. Cette belle manifestation n'aurait jamais existé sans l'initiative d'une certaine Marjolaine Lebarbier, de son amant Alain Senez et de son mari Paul-Louis Lebarbier, tous trois lassés de devoir dissimuler leur état et de se sentir perpétuellement rejetés, ostracisés et discriminés par d'infâmes réactionnaires rétrogrades atteints de clandestinophobie pathologique... L'association des « Vrais amis de Jean-Patrick Cerestes » vient de lancer sur Internet une grande pétition de soutien en faveur de l'auteur de deux romans « Enculés » et « Enculées », ouvrages ayant déclenché une polémique chez les esprits obtus qui menacent de réclamer des mesures de censure par voie judiciaire... Lassé de ses choix de vie qui vont tous dans la ligne générale et habituelle des bien-pensants, un écrivain décide d'arrêter de moderner. Mais ce n'est pas une mince affaire. Le modernisme est une drogue dure et la désintoxication risque d'être délicate...

« Roues carrées » se présente comme un recueil posthume composé de trois nouvelles ou plutôt de deux nouvelles et d'un roman inachevé (ou une novella vue le format) du très regretté Philippe Muray, esprit caustique et coruscant s'il en fut qui n'avait de cesse de fustiger son époque avec un brio tout particulier. Lire ces textes est un véritable régal pour l'esprit, une dégustation de caviar pour neurones. Tous les travers de nos contemporains, toutes les folies de notre temps, toutes les dérives, toutes les déviances sont égratignés avec élégance, finesse, mine de rien, l'air de n'y pas toucher et au bout du compte, l'ultra-moderne « connerie » s'y retrouve laminée, écrabouillée et ridiculisée comme ce n'est pas possible. Muray sait à merveille user du calembour, du paradoxe, du second degré (quand ce n'est pas du troisième ou du quatrième...), sans oublier l'oxymore, son arme favorite. Sa dérision désabusée, son humour noir ravageur font merveille dans ces trois charges contre le monde de ces bobos bizounours qui passent leur temps à se voiler la face, à nier la réalité et à donner des leçons de morale à tout le monde. Un petit bijou d'intelligence et d'esprit frondeur à ne rater sous aucun prétexte.

5/5

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09/07/2013

Pour un pacte écologique (Nicolas Hulot)

pour un pacte écologique.jpgParu en 2006, présenté par le célèbre « journaliste » Nicolas Hulot et ratifié par la plupart des candidats aux élections présidentielles de 2007, ce « pacte », véritable programme environnemental transcourant recueillit un accueil enthousiaste dans tous les grands médias. Montagne accouchant d'une souris, le « Grenelle pour l'environnement » de l'inénarrable Borloo en fut la concrétisation et la taxe carbone le fiasco. Quel intérêt peut-on trouver, sept années plus tard, à lire aujourd'hui un programme que peu de gens avaient lu à l'époque ? Apparemment aucun, ce genre de littérature est bien connue pour ne durer que ce que durent les roses, l'espace d'un matin, celui du rêve, des espoirs déçus et des promesses qui n'engagent que celui qui les écoute...

Et pourtant, dans le cas de ce pacte, il en va différemment. A croire qu'avec le temps qui passe et les occasions manquées, les problématiques posées, les catastrophes annoncées et les erreurs commises sont toujours là, bien visibles, bien prégnantes et toujours sans solution. Même si l'on ne souscrit pas totalement aux analyses de ce Comité de veille écologique surtout quand elles se laissent aller aux dérives catastrophistes type Al Gore (en climatologie, va-t-on vers un réchauffement, un refroidissement ou un dérèglement complet, nul ne le sait vraiment...), il n'en demeure pas moins que l'épuisement des ressources, la mondialisation et ses circuits fous de production et distribution, la pollution, le danger des OGM, de l'utilisation abusive des pesticides, herbicides et autres fongicides laissent à penser que nos civilisations mercantiles et consuméristes vont dans le mur sans crier gare. Mais là où le bât blesse et où l'on comprend pourquoi les politiques traînent un peu la semelle pour mettre en application les belles idées de Monsieur Hulot, c'est quand on découvre « les cinq propositions concrètes pour tout changer » dans la seconde partie de ce livre très bien documenté et relativement bien écrit : création d'un poste de vice-Premier ministre chargé du développement durable, instauration d'une taxe carbone progressive jusqu'à en devenir totalement confiscatoire, réforme de la Pac en faveur d'une agriculture de qualité, multiplication des débats publics pour impulser les nouvelles orientations et promotion d'une grande politique d'éducation à l'environnement en y mettant les moyens bien sûr. Tout cela fleure bon son vilain relent totalitaire, fiscaliste, directif et sectaire qui fait froid dans le dos et amène à conclure que l'enfer étant pavé de bonnes intentions, il n'est finalement pas si mal que ce genre de programme reste encore à décanter quelques années ou décennies de plus sur une étagère oubliée...

2,5/5

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06/07/2013

Des pions sur l'échiquier (William Guy Carr)

Des pions sur l'échiquier.jpgPublié en 1948 en langue anglaise et très récemment traduit en français, « Des pions sur l'échiquier », livre majeur de W.G.Carr, ancien haut gradé des services secrets canadiens, est une étude historique sérieuse et approfondie de la conspiration internationale menée depuis plusieurs siècles par un groupe de gens puissants agissant dans l'ombre, les « Illuminatis ». Cette société secrète, fondée en Bavière en 1776 par un certain Weishaupt, s'était donné comme but de renverser ou de neutraliser tous les rois puis tous les gouvernements nationaux, d'en finir avec la propriété privée, l'héritage, le patriotisme, la famille et la religion. Elle a perduré à travers les siècles et, de nos jours, montre ses effets et réalisations à travers les grands organismes internationaux comme l'ONU, la mondialisation, l'Union Européenne et le « nouvel ordre mondial ». Pour parvenir à ses fins, la dictature universelle d'un groupe de banquiers tout-puissants, tous les moyens, même les plus immoraux sont bons : campagnes de calomnies, assassinats (Lincoln fut assassiné sur ordre de Rothschild car il refusait que l'Etat soit obligé de passer par une banque privée pour battre monnaie), grèves, révoltes, révolutions, endettement des états, main mise sur les hommes politiques et sur l'économie, campagnes de presse, perversion de la jeunesse, marchandisation des corps, diffusion de la pornographie, promotion des déviances et exacerbation des haines et des envies.

Chacun peut avoir une opinion personnelle sur cette thèse bien connue et souvent moquée, dite de « la théorie du complot ». Il va de soi que Carr considère qu'une « main cachée dirige » et que les peuples, tout comme les individus, ne sont que de simples « Pions sur un échiquier ». Pour Carr, tant que l'opinion publique n'aura pas compris dans quel mécanisme pervers ces néfastes l'entraînent, le monde s'enfoncera chaque jour un peu plus dans la pauvreté, le malheur et l'asservissement généralisé. L'auteur s'attache à présenter les différentes révolutions (anglaise, française, russe ou chinoise), les guerres mondiales ou civiles, les krachs boursiers, les crises économiques sous cet angle particulier. Et il faut bien reconnaître qu'une telle accumulation de faits historiques concordant de façon aussi répétitive, systématique et allant toujours dans le même sens devient troublante, même si elle ne parvient pas à convaincre à 100%. Ces forces du mal, identifiées comme une poignée de gros magnats de la finance cosmopolite (très souvent juive mais pas uniquement), sont capables de manipuler tout le monde sans exception, de financer aussi bien Staline qu'Hitler, de promouvoir d'une main de nazisme et de l'autre le communisme pour mieux organiser le chaos et la destruction, pour s'enrichir toujours plus et accroître leur pouvoir de façon exponentielle. Une fois le but atteint, une fois les protagonistes utilisés, on s'en débarrasse tout aussi facilement qu'on aura ridiculisé ou sacrifié les opposants, dissidents et autres personnages gênants. On n'en donnera que quelques exemples. Pour en finir avec la prédominance de l'Europe et pour mettre à bas les Romanov et déboulonner les empires centraux, la conspiration avait absolument besoin de déclencher non pas une mais deux guerres mondiales. Elle arma autant de tueurs qu'il fut nécessaire. L'Archiduc François-Ferdinand d'Autriche, Jean Jaurès, qui aurait pu empêcher ce conflit, et bien d'autres furent assassinés sur leur ordre. En Grande-Bretagne, le gouvernement du premier ministre Lord Asquith, soupçonné de vouloir mettre un terme trop rapide à la guerre, fut renversé. De même, en mai 1940, Chamberlain, averti des manigances de ces fauteurs de guerre, dut subir une terrible campagne de dénigrement dans tous les médias avant d'être évincé du gouvernement et de céder la place à Churchill, va en guerre notoire totalement inféodé aux Illuminati. Le jour même de son accession au pouvoir, le « grand » homme donnait l'ordre des premiers bombardement de populations civiles en Allemagne, lançant la guerre à outrance. De même, en 1945, l'explosion de bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki fut décidé alors que le Japon avait déjà demandé l'armistice. On sacrifia des centaines de milliers de gens (la population la plus catholique de l'archipel) sans autre raison que de démontrer à Staline la puissance de feu des Etats-Unis et mettre en place la guerre froide dans l'attente de la troisième guerre mondiale, celle qui devrait définitivement asseoir cette monstrueuse dictature universelle. Un livre si dérangeant pour le politiquement correct qu'on comprend qu'il ait fallu aussi longtemps avant que les francophones puissent en disposer. A lire pour soulever un tout petit coin du voile qui cache les coulisses de ce grand jeu de dupes et pour prendre conscience, par le biais de l'Histoire secrète du monde, que tout n'est peut-être pas aussi simple qu'il n'y paraît.

4/5

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03/07/2013

Louis Aragon, "La chanson de France"

louis aragon.jpgTant qu’un enfant rêvera de l’aurore,
tant qu’une rose embaumera la nuit,
tant qu’un coeur quelque part éprouvera le vertige,
tant qu’un pas chantera sur la chaussée,
tant que l’hiver quelqu’un se souviendra du printemps,
tant qu’il y aura dans la tête d’un seul homme
une manière de musique,
et dans le silence une douceur comparable à la femme aimée,
tant qu’il flottera un peu de jour sur le monde et sa destinée …
 
… on entendra la chanson de France.
 
Tant qu’il y aura dans la dernière maison de l’univers
un restant de chaleur et de tendresse,
tant que dans la dernière chambre humaine dévastée
un bout de miroir encore se souviendra de la beauté,
tant qu’une trace de pied nu attestera le passage
d’un être de chair et de sang sur une plage,
tant qu’un livre sera pour des yeux la porte des songeries,
tant que de la cathédrale à l’audace des ponts,
de la fresque à la carte postale,
et de la prose de Sainte-Eulalie
à la parole enregistrée d’un poète qui naîtra,
toute forme de la mémoire n’aura pas été saccagée,
anéantie …
 
… on entendra la chanson de France.
 
Tant qu’une petite fille bercera sa poupée,
tant qu’on aura plaisir à Peau d’Ane
ou à la Belle au bois dormant,
tant que les garçons lanceront des pierres plates
sur l’eau des rivières,
tant qu’on s’appellera tout bonnement Marie ou Jean,
tant qu’on jouera à la main chaude, aux billes,
aux barres, à chat-perché,
tant qu’on cachera des fèves dans la brioche au jour des Rois
et qu’on fera des crêpes en carnaval,
tant que les tout-petits s’essaieront à retrouver sur les pianos
l’air d’Au clair de la Lune,
tant qu’on dira d’Yseut, de Manon, de Nana …
 
… on entendra la chanson de France.
 
Mais surtout, mes amis,
quels que soient les péripéties de l’immense troupeau,
les catastrophes des continents,
les aléas monstrueux de l’histoire,
surtout, surtout,
quelles que soient les transformations imprévisibles
d’une humanité en proie aux miracles de son esprit,
aux conséquences infinies de l’immense partie d’échecs
qui va donner la clé de l’avenir,
quels que soient les développements de ce qu’elle enfante,
et l’apocalypse commencée,
ô mes amis surtout,
tant que s’élèvera la double harmonie aux répons merveilleux,
qui de deux noms dit tout un peuple,
et c’est Jeanne d’Arc et Fabien,
soyez-en sûrs, on l’entendra …
 
… car c’est la chanson de France.
Le crève-coeur (1941)

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