30/06/2013

OPERATION BAUCENT (Chapitre 3)

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28/06/2013

Oser ne pas penser comme les autres (E. Ionesco)

ionesco.gifNe pas penser comme les autres vous met dans une situation bien désagréable. Ne pas penser comme les autres, cela veut dire simplement que l'on pense. Les autres, qui croient penser, adoptent, en fait, sans réfléchir, les slogans qui circulent, ou bien, ils sont la proie de passions dévorantes qu'ils se refusent d'analyser. Pourquoi refusent-ils, ces autres, de démonter les systèmes de clichés, les cristallisations de clichés qui constituent leur philosophie toute faite, comme des vêtements de confection ? En premier lieu, évidemment, parce que les idées reçues servent leurs intérêts ou leurs impulsions, parce que cela donne bonne conscience et justifie leurs agissements. Nous savons tous que l'on peut commettre les crimes les plus abominables au nom d'une cause  "noble et généreuse". Il y  a aussi les cas de ceux, nombreux, qui n'ont pas le courage de ne pas avoir "des idées comme tout le monde, ou des réactions communes". Cela est d'autant plus ennuyeux que c'est, presque toujours, le solitaire qui  a raison. C'est une poignée de quelques hommes, méconnus, isolés au départ, qui change la face du monde. La minorité devient la majorité. Lorsque les "quelques-uns" sont devenus les plus nombreux et les plus écoutés, c'est à ce moment là que la vérité est faussée.
 
 
Depuis toujours, j'ai l'habitude de penser contre les autres. Lycéen, puis étudiant, je polémiquais avec mes professeurs et mes camarades. J'essayais de critiquer, je refusais "les grandes pensées" que l'on voulait me fourrer dans la tête ou l'estomac, il y a à cela, sans doute, des raisons psychologiques dont je suis conscient. De toute manière, je suis heureux d'être comme je suis. Ainsi donc, je suis vraiment un solitaire parce que je n'accepte pas d'avoir les idées des autres.
 
 
Mais qui sont "les autres" ? Suis-je seul ? Est-ce qu'il y a des solitaires ?
 
En fait, les autres ce sont les gens de votre milieu. Ce milieu peut même constituer une minorité qui est, pour vous, tout le monde. Si vous vivez dans cette "minorité, cette "minorité" exerce, sur celui qui ne pense pas comme elle, un dramatique terrorisme intellectuel et sentimental, une oppression à peu près insoutenable. Il m'est arrivé, quelque fois, par fatigue, par angoisse, de désirer et d'essayer de "penser" comme les autres. Finalement, mon tempérament m'a empêché de céder à ce genre de tentation. J'aurais été brisé, finalement, si je ne m'étais pas aperçu que, en réalité, je n'étais pas seul. Il me suffisait de changer de milieu, voire de pays, pour y trouver des frères, des solitaires qui sentaient et réagissaient comme moi. Souvent, rompant avec le "tout le monde" de mon milieu restreint, j'ai rencontré de très nombreux "solitaires " appartenant à ce qu'on appelle à juste raison, la majorité silencieuse. Il est très difficile de savoir où se trouve la minorité, où se trouve la majorité, difficile également de savoir si on est en avant ou en arrière. Combien de personnes, de classes sociales les plus différentes, ne se sont-elles reconnues en moi ?
 
 
Nous ne sommes donc pas seuls. Je dis cela pour encourager les solitaires, c'est-à-dire ceux qui se sentent égarés dans leur milieu. Mais alors, si les solitaires sont nombreux, s'il y  a peut-être même une majorité de solitaires, cette majorité a-t-elle toujours raison ? Cette pensée me donne le vertige. Je reste tout de même convaincu que l'on a raison de s'opposer à son milieu.
( Eugène Ionesco - Antidotes 1977)
 

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26/06/2013

Les scripteurs de temps (Alain Delplanque)

Les scripteurs de temps.jpgDans un austère château d'un monde lointain et moyenâgeux, le roi Therendell s'inquiète d'étranges perturbations dans le déroulement du temps. Guenardell, le plus jeune chevalier de sa cour, est désigné comme seigneur faiseur. A ce colosse inexpérimenté revient la lourde tâche de remettre en ordre les rouages d'un temps pris de folie... Au même moment, à notre époque, à Bergen, Geoffrey, un reporter et son ami Gregory participent à un congrès scientifique perturbé par une terrible explosion. Bien vite, les deux amis vont se retrouver perdus dans une dimension inconnue. Ils ne seront pas seuls car Cynthia, une intrigante de leur temps et Lyz, une belle jeune femme venue d'un monde plus évolué que le nôtre, les accompagneront dans une aventure étrange où ils affronteront les forces du mal et profiteront de l'aide de Lliwanae, l'elfe et des pouvoirs de Danaësle, la Protectrice...

« Les scripteurs du temps » est un pur roman de fantaisie proche de l'esprit Tolkien, la grande référence, et néanmoins original. Le lecteur s'y retrouve entraîné dans des aventures assez époustouflantes se déroulant dans des dimensions et des mondes plus fantastiques les uns que les autres. L'imagination de l'auteur est remarquable même si l'on peut la soupçonner d'être souvent un peu psychanalytique. Que de parcours labyrinthiques dans des souterrains inquiétants, que de monstres baveux et puants, que de recherches et que de chutes où l'on atterrit sans se faire le moindre mal ! On l'aura compris, l'intrigue est marquée par le rêve, l'onirisme et même par une certaine poésie toujours agréable pour les amateurs du genre. Ce livre se dévore, jamais on ne s'y ennuie tant on est pris par cette histoire échevelée racontée avec rythme et brio. Seuls petits défauts : de ci de là, quelques coquilles, répétitions, lourdeurs et autres pléonasmes (« unies ensemble », par exemple) qui auraient pu disparaître grâce à une bonne révision. Mais c'est vraiment peu de chose par rapport au plaisir de lecture que ce livre apporte.

4/5

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23/06/2013

Le chant des veilleurs

Espérance

Le front penché sur la terre

J’allais seul et soucieux,

Quand résonna la voix claire

D’un petit oiseau joyeux.

Il disait : « Reprends courage,

L’espérance est un trésor

Même le plus noir nuage

A toujours sa frange d’or. » (bis)

Lorsque le soir se fait sombre

J’entends le petit oiseau

Gazouiller là-haut, dans l’ombre,

Sur la branche au bord de l’eau.

Il me dit : « Reprends courage,

L’espérance est un trésor,

Même le plus noir nuage

A toujours sa frange d’or. » (bis)

Mais il partit vers le Père

Et jamais ne le revis.

Je me penchai sur la terre

Et la contemplai, ravi.

Car il n’est que l’espérance

Pour animer notre cœur

Qui de nos plus noires souffrances

Sait toujours être vainqueur. (bis)

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21/06/2013

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 3/1ère partie)

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19/06/2013

Je suis un Maasaï (Xavier Péron)

Je suis un maasaï.jpgTout jeune, Xavier Péron fait un rêve récurrent : un homme noir drapé de rouge lui sauve la vie et l'entraine dans un monde inconnu. Et en 1982, un peu par hasard, il arrive, juché sur une simple mobylette, dans le village d'Entepesi en plein territoire maasaï. Il s'y sent d'autant mieux que toute la tribu l'adopte sans arrière pensée. Il y fera un premier long séjour, suivra les initiations des hommes de sa classe d'âge et fera la rencontre de la belle Selenoï. De retour à Paris où son travail de chercheur en anthropologie finira par être reconnu, il n'aura de cesse de revenir au Kenya puis en Tanzanie, en territoire Samburu, et de se comporter en ardent défenseur de la cause de ces peuples « premiers » dont l'existence est menacée par les sombres menées du monde moderne.

Un très beau témoignage en forme de plaidoyer pour une vie plus proche de la nature, plus humaine, moins mercantile et moins coupée des réalités de la bio-diversité. Le plus grand mérite de ce livre est de nous faire comprendre que l'enfer étant pavé de bonnes intentions, les grandes instances internationales, les gouvernements et même les ONG ne rendent pas service à ces peuples nomades et pastoraux en créant de plus en plus de réserves naturelles, en transformant leurs grands espaces en véritables peaux de chagrin de moins en moins compatibles avec leur mode de vie. Il démontre avec brio que seuls les Maasaï, s'ils peuvent continuer à vivre selon leurs traditions ancestrales, sont les seuls véritables protecteurs de la nature. Grâce à eux, la faune et la flore peuvent prospérer et s'épanouir ce qui n'est pas le cas s'ils sont remplacés par des paysans sédentaires ou des touristes en mal de safaris. Malheureusement, le lecteur achève ce livre avec la mélancolique impression que Xavier Péron et son ami Kenny, tels Don Quichotte et Sancho Pança, luttent contre des moulins à vent et qu'ils ont peu de chance de réussir dans leur croisade pour une prise de conscience de leurs contemporains, tant l'argent, le mondialisme et les intérêts économiques sont tout-puissants. Un livre important surtout par son côté spirituel, écologique et humain.

4,5/5

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17/06/2013

Poussière de diamant (Anita Desaï)

Poussière de diamant.jpgUn couple de paisibles retraités hindous s'apprête à quitter la touffeur estivale de la Nouvelle Delhi pour gagner la fraîcheur de leur résidence secondaire à la montagne quand un ami d'autrefois débarque à l'improviste... Deux soeurs rendent visite au fils de l'une qui a été élevé par l'autre. Il a suivi de bonnes études à l'étranger et s'est installé au Canada. Les vieilles dames découvrent, émerveillées, les étrangetés du monde occidental avant d'avoir de plus en plus envie de rentrer au pays... Monsieur Das, fonctionnaire irréprochable, éprouve une véritable passion pour Diamant son petit chien qui n'est en réalité qu'un vulgaire corniaud qui n'a de cesse de pourrir la vie de Mme Das et de tous les habitants du quartier... Bob McTaggart est le gérant d'un hôtel désespérément vide alors qu'il est bien placé au bord de la mer et que la saison bat son plein. Il faut dire que perturbé par l'état de santé de sa femme, il ne fait rien pour pour donner aux touristes envie de séjourner chez lui...

« Poussière de diamant » est un recueil composé de neuf nouvelles de style à la fois intimiste et impressionniste qui bénéficie d'un style agréable tout en souffrant d'intrigues insipides, sans rythme, ni rebondissement, ni originalité. Il ne se passe pas grand chose de remarquable dans ces petites histoires de la vie quotidienne. Certaines sont même franchement ennuyeuses. Une seule sort du lot et mérite d'être remarquée particulièrement. Il s'agit de « L'homme qui s'est noyé deux fois ». Anita Desaï s'est risquée là dans un registre un peu plus fantastique, un peu plus angoissant mais sans développer ouvertement ce thème. Elle pose la problématique suivante : que faire de sa vie quand tout le monde vous croit mort y compris vous-même ? Le lecteur se retrouve pas loin de l'inspiration d'Edgar Poe, Lovecraft voire des romantiques du XIXème. Une petite pépite qui reste malheureusement un peu esseulée.

3/5

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15/06/2013

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 1/3ème partie)

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10/06/2013

Rose (Martin Cruz Smith)

Rose.jpgAu début de l'autre siècle, le chercheur d'or Jonathan Blair, de retour d'Afrique, se retrouve dans la sinistre petite ville minière de Wigan au fin fond du Lancashire. Employé de la riche famille Hannay qui possède la totalité des infrastructures minières, il se voit confier une mission un peu étrange par son patron, Lord Hannay, également évêque du lieu : retrouver la trace du révérend Maypole mystérieusement disparu depuis des semaines. L'enquête se révèlera d'autant plus difficile que cette disparition a coïncidé avec une explosion de gaz dans les galeries, laquelle a entraîné la mort de plus de soixante dix mineurs. Intrus mal accepté dans ce monde patriarcal clos, Blair sera rejeté par les mineurs et traité en paria par la famille des propriétaires à commencer par Charlotte, la fiancée du disparu. Une seule exception, Rose Molyneux, une belle et étrange rouquine qui travaille sur le carreau de la mine...

Ce livre, d'une lecture un tantinet laborieuse, n'est pas vraiment un roman policier, ni un roman social, ni même un roman historique, mais un peu de tout cela. L'intrigue ne brille pas par les rebondissements excepté à la fin qui tient de la pirouette et flirte avec les limites du vraisemblable. Que de pages passées à chercher en vain ce malheureux révérend qu'on ne trouve jamais ! Que de descriptions de paysages sans grand intérêt et de digressions inutiles ! Pour ne rien arranger, les personnages sont souvent à la limite de la caricature. L'aventurier digne d'un héros de BD, juste bon à se faire casser la figure à tous les coins de rue, l'évêque et sa famille de nantis paternalistes et puants de prétention, Charlotte, la pimbêche et surtout Rose, la jeune femme émancipée avant l'heure, aux attitudes troubles et troublantes qui ne s'expliqueront que lors du dénouement. Seul réel intérêt : la description des conditions de vie et de travail des mineurs anglais de cette époque. Au total, un ensemble décevant voire ennuyeux. Cruz Smith nous avait habitué à mieux. (Parc Gorki)

3/5

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03/06/2013

Le shérif de Bombay (H.R.F.Keating)

Le shérif de Bombay.jpgA Bombay, l'inspecteur Ghote se voit confier une mission un peu particulière par le préfet de police adjoint : escorter Douglas Kerr, un acteur anglais connu pour ses films d'aventures exotiques sous le nom du « Rodomont », dans une tournée des « Cages », les fameux bordels des quartiers chauds de la ville. Après la décevante découverte d'un personnage pleutre, ventripotent et fort éloigné du héros de cinéma qui avait enchanté sa jeunesse, Ghote doit encore subir la vision d'une jeune prostituée assassinée presque sous ses yeux par une célébrité qui n'est autre que le très respectable shérif de Bombay, ex-raja, ex-capitaine de l'équipe nationale de crocket. Autant dire un intouchable qu'il ne saurait être question d'incriminer alors que tout semble l'accuser...

Malgré un cadre exotique et une situation de départ qui semble pliée, « Le shérif de Bombay » reste un roman policier de facture classique, c'est à dire avec énigme, fausse piste, longue enquête et chute surprenante. L'ennui c'est que l'auteur reste très (voire beaucoup trop) longtemps sur la piste du shérif pour ne la quitter que dans les toutes dernières pages, ce qui donne une impression de lourdeur voire de lenteur dans le déroulement de l'intrigue. Au total une lecture de simple divertissement, pas loin du polar de gare, mais heureusement agrémentée par une plongée dans le monde de la prostitution indienne qui, au bout du compte, n'est pas si différent du nôtre. Pas vraiment un chef d'oeuvre...

3/5

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