30/05/2013

OPERATION BAUCENT (Chapitre 2)

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22/05/2013

Portrait du père Lagrange (Jean Guitton)

portrait du père Lagrange.jpgLe Père Marie-Joseph Lagrange (né le 7 mars 1855 à Bourg-en-Bresse – mort le 10 mars 1938 à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume), est un dominicain exégète et théologien, fondateur de l'École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem et de la Revue biblique. En février 1889, le prieur provincial de Toulouse décide de l'envoyer au couvent de Saint-Étienne à Jérusalem pour la fondation d'une école d'Écriture sainte.

L'inauguration de l'École pratique d’études bibliques a lieu le 15 novembre 1890. Le Père Lagrange crée ensuite la Revue biblique en 1892, initie le congrès de Fribourg en 1897, lance en 1900 la collection des Études bibliques, et les conférences de Toulouse en 1902.

Le Père Lagrange applique la méthode historico-critique à l'étude de la Bible. Plusieurs ordres et instances religieuses s'en émeuvent. Soupçonné de modernisme et de rationalisme, il reçoit des interdictions de publication et des blâmes, en 1907 et 1911. Il demeure humblement soumis. Sa méthode est condamnée par l'encyclique « Spiritus Paraclitus » du pape Benoît XV en 1920.

En 1914, la Palestine étant sous domination ottomane, il est expulsé par les Turcs. Il continue à Paris ses recherches et ses publications. Les cours reprennent à l'École après la guerre, avec le renfort des professeurs que le Père Lagrange a formés. L'Académie des inscriptions et belles-lettres projetant de créer une école archéologique à Jérusalem, constate que l'École biblique a les compétences pour tenir ce nouveau rôle. L'École devient École archéologique française en 1920 et prend le nom d'École biblique et archéologique française.

Ce livre qui retrace la vie de cet intellectuel religieux de manière furtive et esquissée ne se veut en aucun cas une véritable biographie, mais plutôt un portrait avec ce que cela suppose d'anecdotes disparates (Guitton a bien connu le père Lagrange), de digressions et de considérations philosophiques diverses et variées. Lagrange s'est trouvé au coeur du problème de l'historicité du Christ, humanité ou de sa divinité, de la réalité factuelle des « miracles » et, en un mot, de la dichotomie grandissante entre la religion et la science. En se consacrant à l'archéologie et à l'exégèse, à la fois humble, rigoureuse et pointilleuse de chacune des propositions de l'Evangile et de la Bible, Lagrange a ouvert la voie à un renouveau des études bibliques et a contribué à réconcilier la science et la foi. Ouvrage facile et rapide à lire qui fut une commande de Jean-Paul II en vue de la canonisation du savant, ce livre reste intéressant, mais pour un public particulier.

3/5

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20/05/2013

Ciel orange (Andreï Rubanov)

Ciel orange.jpgA Moscou, à la fin des années 90, Matveï Matveev, semble être un petit patron au sommet de la réussite. Importateur de vins français, il a une femme élégante, une belle voiture, un luxueux appartement et des bureaux cossus. En réalité, à force de graisser la patte aux douaniers, aux politiciens véreux et à quelques malfrats, il ne s'est pas vraiment enrichi et il a même emprunté de l'argent dont il peine à rembourser les intérêts. Un jour, il disparaît brusquement de la circulation. Marina, sa femme, fait appel à Plombov, un flic, ancien de la guerre de Tchétchénie, qui travaille également pour son compte, histoire d'arrondir ses fins de mois. Elle lui demande de mener l'enquête...

« Ciel orange » est plus une plongée mélancolique dans l'univers faisandé de l'ère post-communiste qu'un roman policier ou qu'un thriller à proprement parler. Aucun suspens, aucune hécatombe, aucun rythme haletant, mais plutôt de longues descriptions de petits faits (Rubanov réussit l'exploit littéraire de décrire la trajectoire d'une balle de révolver pénétrant dans le front d'un homme, traversant le cerveau et ressortant par la nuque, dégâts et conséquences physiologiques compris, en rien moins de cinq très longues pages !), voire d'interminables digressions et autres flashbacks remontant à l'enfance de quasiment tous les personnages. L'ensemble qui n'est pas inintéressant si l'on s'en tient au contexte, peut très vite devenir lassant du fait de la faiblesse de l'intrigue qui tient au dos d'un timbre-poste et du style faussement vivant avec une profusion de dialogues. Plus livre d'ambiance (glauque et désabusée bien évidemment) qu'ouvrage de divertissement et d'action (on est à mille lieues des Coben, Thilliez et autres Chattam), « Ciel orange » rappelle vaguement les oeuvres de Georges Simenon ou de Tom Wolfe, mais plusieurs crans en dessous. Un gros pavé de 474 pages en petits caractères qui, par moment, tombe un peu des mains...

2,5/5

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18/05/2013

Un violon sur la mer (Gilbert Bordes)

Un violon sur la mer.jpgEn septembre 1869, Eric Beaurelec, capitaine respecté du « Beau René » fait naufrage avec tout son équipage suite à une tempête au large de Terre-Neuve. Il laisse une veuve et deux jeunes enfants qui, à l'âge adulte, choisiront des métiers n'ayant aucun rapport avec la mer. En 1908, Yann, petit-fils d'Eric et fils d'un médecin de Paimpol, tombe amoureux de Francesca, la fille d'un émigré italien accusé d'un crime qu'il n'a pas commis. Après s'être donnée à lui, la belle s'enfuit avec sa famille et disparaît sans laisser d'adresse. Yann est désespéré. Lui qui se destinait à une carrière militaire erre sur les quais de Paimpol et force la main du brave capitaine Caupiac qui, en souvenir de son grand-père, lui permet d'embarquer sur le « Reine-Marie » et de faire ses premières armes dans le « Grand métier ». Avec pour tout bagage le violon que lui a laissé en souvenir Francesca, il va découvrir le dur et ingrat labeur des terre-neuvas, ces forçats de la mer qui partent pour de longs mois de campagne de pêche sur des trois-mâts, très loin dans l'Atlantique nord sur des flots dangereux à la recherche des bancs de morues.

Bien qu'ancré sur la vie quotidienne des marins-pêcheurs du début de l'autre siècle, ce livre, remarquablement documenté, et, de ce point de vue passionnant, l'est beaucoup moins quand l'intrigue dérive dans le sentimental et les amours tragiques, contrariées voire un peu ridicules des deux personnages principaux, par ailleurs bien campés et fort attachants. Gilbert Bordes, auteur prolifique spécialisé dans le roman de terroir et également dans le roman purement historique (« La peste noire »), a voulu cette fois se lancer sur les traces de Pierre Loti (« Pêcheur d'Islande ») et de Victor Hugo (« Les travailleurs de la mer »). Il ne semble pas que le résultat soit à la hauteur de ces grands ancêtres. Néanmoins cet ouvrage permettra au lecteur de découvrir ou de redécouvrir un métier oublié et totalement disparu et d'avoir une pensée émue pour le courage de ces gens qui prenaient autant de risques juste pour nourrir leurs compatriotes. Un honnête ouvrage, intéressant par son volet historique et sociologique, mais pas le meilleur de Bordes.

3,5/5

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16/05/2013

Mille milliards de pas (Michel Gardère)

Mille milliards de pas.jpgEn 1828, suite à une humiliante défaite, le shah de Perse Fath Ali se retrouve condamné à verser un lourd tribut au Tsar de toutes les Russies. Il ne trouve rien de mieux que d'exiger des plus pauvres de son peuple de très lourds impôts tellement impossibles à payer que les habitants du petit village chrétien arménien de Khosrew-Abad doivent faire un énorme emprunt auprès d'usuriers musulmans. Après quelques années passées à ne rembourser que les intérêts, ils réalisent qu'ils vous finir par perdre leurs terres, être vendus comme esclaves et que leurs femmes risquent de se retrouver enfermées dans les bordels de Téhéran ou d'Istanbul. Leur seul et unique espoir : demander de l'aide à la France dont ils connaissent la générosité, ayant rencontré quelques années auparavant un émissaire de Napoléon Bonaparte. Trois hommes se déclarent volontaires pour rallier Paris à pied...

Ce roman, qui n'en est pas vraiment un puisque c'est la reprise du récit d'un authentique exploit réalisé par trois arméniens, Chahèn le vieux sage, Bartev le colosse sculpteur sur bois et Gaïdzad le filou, fourmille de péripéties et de rebondissements. Rien ne sera épargné au trio ni les attaques de bêtes sauvages, ni les agressions, ni les vols, ni les emprisonnements, ni les détours à n'en plus finir. Au total, presque un an d'une marche épuisante à travers l'Arménie, la Georgie, la Russie, la Pologne, l'Allemagne et la France via l'Angleterre. Des milliers de kilomètres à pied sous le soleil, dans le froid, le vent, la pluie, la neige ou la poussière. Une odyssée qui laisse le lecteur admiratif et un peu attristé devant l'attitude des églises, aussi cyniques que l'orthodoxe qui promène nos trois héros de patriarches en métropolites, les obligeant à se rallonger de centaines de kilomètres supplémentaires ou aussi cupide que la catholique qui organise une gigantesque tombola et fait disparaître les fonds recueillis par les généreux fidèles. L'écriture de Gardel, journaliste, est rythmée, agréable et facile à lire. Le récit est émaillé de considérations historiques et géographiques intéressantes et heureusement pas trop nombreuses. Les trois personnages principaux sont attachants par leur courage et leur candeur. Un magnifique récit de voyage qui démontre une fois de plus que la réalité dépasse toujours la fiction !

4,5/5

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14/05/2013

Le temple de Jérusalem (Steve Berry)

Le temple de Jérusalem.jpgEn Floride, Tom Sagan, ancien grand journaliste d'investigation et prix Pulitzer, est prêt à se donner la mort, désespéré qu'il est d'avoir vu sa carrière brisée suite à un reportage bidonné sans qu'il s'en aperçoive et de découvrir sa vie sentimentale détruite par le départ de son épouse. Au moment où il va appuyer sur la détente, un inconnu fait irruption chez lui, l'arme au poing. Il lui montre une video de sa fille Alle retenue prisonnière quelque part et qui mourra s'il n'obéit pas à une étrange injonction : demander l'ouverture de la tombe de son père Averam... Et voilà Tom embarqué dans une étrange affaire de course au trésor des plus rocambolesques. Des reliques sacrées (une ménorah, une table de sacrifice et deux trompettes) prises lors de la destruction du second temple de Jérusalem auraient été cachées par Christophe Colomb dans une grotte de la Jamaïque.

Un roman d'aventures dans un registre thriller à dominante historique selon la recette bien connue des best-sellers type Dan Brown ou Khoury à ceci près que, si Berry se permet quelques privautés avec la réalité historique, il annonce très honnêtement la couleur dans un ultime chapitre qui présente le bilan du vrai et du faux, qui démêle l'historique de l'inventé, ce que cet auteur est le seul à pratiquer. L'hypothèse selon laquelle Christophe Colomb aurait été un converti juif (un converso ou un marrane) repose sur plusieurs faits troublants : l'expédition a été financée par de riches commerçants juifs. Il n'y avait pas de prêtre à bord mais un traducteur d'hébreu. Colomb protégea les juifs tout le temps où il gouverna la Jamaïque. Comme les historiens ne disposent que de fort peu de documents sur les origines du grand navigateur, l'intrigue romanesque de Berry, même si elle relève du révisionnisme historique le plus échevelé, reste plausible. Comme toujours, cette histoire divertissante est intéressante et même souvent passionnante (on apprend beaucoup de choses en particulier sur les Marrons, ces Noirs qui se rebellèrent contre les Anglais et trouvèrent refuge dans les montagnes et les forêts), agréable à lire, bien qu'un peu longuette (552 pages). N'en déplaise au Washington Post, ce n'est quand même pas « le meilleur Berry ».

4/5

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12/05/2013

Par le sang d'un Prince (Paul Lombard)

par le sang d'un prince.jpgEn 1804, Bonaparte, alors Premier Consul, envoie de l'autre côté du Rhin plusieurs commandos de gendarmes d'élite (au total plus de mille hommes) pour s'emparer de la personne du Duc d'Enghien, dernier descendant de l'illustre famille des Condés. Sur les conseils de Talleyrand, Napoléon piétine toutes les conventions internationales, viole l'intégrité du territoire de l'électeur de Bade et tous les traités de paix pour kidnapper un présumé comploteur, lui faire subir une parodie de justice (il ne disposera d'aucun avocat) et le faire aussitôt fusiller dans les douves du château de Vincennes. Cette exécution de sang-froid mettra fin à toutes les tentatives de restauration monarchique, placera le Premier Consul sur un pied d'égalité avec les jacobins les plus enragés, assoira définitivement son pouvoir et lui permettra même de le transformer en empire légitime autant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Cet assassinat politique fut donc tout bénéfice pour Napoléon.

« Par le sang d'un prince » est un excellent livre d'histoire plus passionnant qu'un roman historique. Le célèbre avocat Paul Lombard y produit un formidable travail d'historien basé sur une documentation sérieuse, des citations innombrables et un croisement de sources éclairant non seulement un fait historique qui put être controversé mais également une période particulièrement troublée. Le lecteur découvrira la personnalité rétrograde, pleine de bravoure et de panache du jeune duc, toujours en première ligne pour combattre « la Gueuse » sans ignorer son côté léger, irréfléchi et hédoniste. Au moment de sa capture, il ne s'occupe plus guère que de chasse et d'amour après avoir guerroyé pendant une quinzaine d'années sous divers étendards et dans l'armée du Grand Condé. Et, comme toujours, la réalité dépasse la fiction. C'est particulièrement vrai dans cette histoire qui se produit juste après l'attentat à la machine infernale rue Saint Nicaise (qui permettra d'ailleurs à Bonaparte de se débarrasser à la fois des jacobins et des royalistes), des complots de Moreau, Pichegru, Dumouriez et des ultimes tentatives d'assassinat de Georges Cadoudal. L'accusation impliquera le petit duc qui n'avait pourtant aucune connexion avec eux et le seul tort de se trouver trop près des frontières, de recevoir de l'argent anglais et d'être allé s'amuser au carnaval de Strasbourg. Un livre passionnant bien que d'une lecture un peu laborieuse, le style de Lombard manquant un peu de rythme et de vie comme tout traité historique sérieux qui se respecte.

4/5

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10/05/2013

Adagio pour une ombre (Marion Zimmer-Bradley)

adagio pour une ombre.jpgA San Francisco, Leslie Barnes, une jeune psychologue, est également voyante et médium. Elle a collaboré avec la police et permis d'arrêter des criminels, mais ne souhaite plus qu'on la sollicite car elle est perturbée par les manifestations plus ou moins agaçantes d'un poltergeist. Avec sa soeur cadette Emily, pianiste surdouée, elle achète une vieille maison de l'autre côté de la baie. L'ennui c'est que cette demeure un peu vieillotte a appartenu à Alison Margrave, une vieille dame retrouvée décédée près de son piano dans des circonstances étranges. Leslie découvre qu'Alison pratiquait la magie et que la maison semble fort peu accueillante. De nombreux phénomènes inquiétants s'y produisent : apparition furtive d'un chat blanc, bruits bizarres, odeurs étranges, portes et fenêtres qui s'ouvrent toutes seules, etc...

Un roman plus basé sur l'étrange et le paranormal que sur le fantastique ou l'horreur. Mme Zimmer-Bradley prend tout son temps pour instiller la peur, l'anxiété et la crainte que le destin des deux héroïnes ne basculent dans le drame. L'ennui c'est que l'ensemble manque un peu de rythme et d'originalité. Les ficelles semblent un peu grosses et même carrément usées. Le dénouement ne surprend absolument pas si ce n'est par certains points totalement invraisemblables de l'intrigue. Cette forme de fantastique du quotidien reste assez difficile à mettre en oeuvre. Tant de bien meilleurs textes ont déjà été écrits... N'est pas Edgar Poe ou Jay Anson qui veut. L'auteure, par ailleurs fabricante de best-sellers dans le registre fantaisie médiévale avec la série fameuse des « Dames du lac », aurait sans doute mieux fait de ne pas se fourvoyer dans un genre où manifestement, elle réussit moins bien.

3/5

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08/05/2013

Dark room - Mémoires en noirs et blancs (Lila Quintero Weaver)

Dark room.jpgEn 1965, Lila a cinq ans, son père est un pasteur argentin d'origine métisse et sa mère est une américaine d'origine européenne, professeur de dessin. Depuis quelques années, le couple n'a cessé de faire des aller et retours entre Buenos Aires et les Etats-Unis. Lila a un peu de difficulté à s'acclimater à sa nouvelle vie dans le sud des Etats-Unis, en pleine « Black Belt ». Pour ses camarades blancs de la petite ville de Marion (Alabama), elle reste inclassable : elle n'est pas vraiment blanche mais pas noire non plus. La ségrégation raciale vit ses derniers jours. Les Afro-américains commencent à revendiquer de plus en plus pour obtenir leurs droits civiques et vont finir par les obtenir. Lila découvre des préjugés qui sont à mille lieues de ce qu'elle vit dans sa famille...

Un très gros (255 pages) et très bel album de bandes dessinées entièrement exécuté au crayon noir sur un registre à la fois historique et intime. On suit avec tendresse et affection le parcours de cette petite immigrante qui découvre avec effarement la réalité de ce « home of the free », cette terre de la liberté, cette patrie recevant tous les peuples de la terre qui se comporte si différemment selon la couleur de la peau des gens. Avec le recul, il est intéressant de remarquer qu'en l'espace d'à peine une décennie, les mentalités évoluèrent rapidement, passant de l'apartheid le plus strict à l'égalité la plus totale (plus en apparence, sans doute, que dans la réalité des faits) grâce à l'action des marches pour l'égalité, des grèves, des mobilisations de masse, des médias, de grands hommes comme Martin Luther King ou de simples artistes comme Joan Baez, Bob Dylan et tant d'autres. Un combat culturel qui porta de beaux fruits. Mais tout reste relatif. Les dernières pages sont là pour le prouver. A son retour en Argentine, trente ans plus tard, Lila découvre un tout autre pays. Homogène ethniquement, il était devenu multiracial et les tensions entre les communautés inconnues jusque alors apparaissaient. Doit-on en conclure que le racisme, tout comme la sottise, serait éternel et universel ? Un ouvrage d'une grande qualité plastique et esthétique à conseiller aux jeunes qui n'ont pas connu cette époque troublée et aux autres... pour s'en rappeler.

4,5/5

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06/05/2013

Il ne fait jamais noir en ville (Marie-Sabine Roger)

Il ne fait jamais noir en ville.jpgUne jeune femme recueille un petit chat abandonné. Elle est si heureuse d'avoir cette compagnie que, d'employée modèle, serviable, obéissante et ne comptant pas ses heures de travail, elle se transforme en rebelle, revendicatrice et n'accepte plus qu'on lui marche sur les pieds ou qu'on abuse de sa bonne volonté... Quelques personnes marginales vivant dans un gourbi misérable décident de réaliser le voeux le plus cher de l'une d'entre elles, une vieille dame un peu dérangée qui veut absolument rencontrer le Père Noël avant de mourir... Deux jeunes mariés se retrouvent, comme tous les amoureux, seuls au monde, même le jour de leur mariage... Une jeune femme a de plus en plus peur de son vieux voisin pourtant fort serviable, mais légèrement bizarre... Une vieille paysanne quitte la maison où elle a passé toute sa vie, ses rares amis et son village de plus en plus désert, pour s'installer dans un appartement moderne en pleine ville...

« Il ne fait jamais noir en ville » est un recueil de dix petites nouvelles rédigées d'une écriture légère et quasi minimaliste et, comme souvent, de qualité assez inégale. Pour ma part, j'ai surtout retenu deux petites pépites (« La loi de Murphy » et « Ce soir, c'est fête ») qui méritent vraiment le détour. Le reste va du faible au moyen en passant par l'improbable (« Il ne fait jamais noir en ville ») et relève plus du croquis, de l'esquisse voire de la scène de vie quotidienne. L'auteure va jusqu'à s'éloigner de la structure classique de la nouvelle sans grand bénéfice pour l'intérêt des intrigues. L'ensemble manque un peu d'imagination et d'originalité avec une exception pour « Ce bon Monsieur Mesnard » qui aborde aux limites du fantastique en n'osant malheureusement pas y accéder vraiment, ce qui laisse le lecteur sur sa faim bien sûr. Ce petit recueil reste néanmoins intéressant pour le style, le regard un peu décalé de son auteure et pour l'ambiance toujours un peu diffuse ou étrange

3/5

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04/05/2013

L'homme de Porquerolles (William Luret)

L'homme de Porquerolles.jpgFrançois Joseph Fournier naît le 6 décembre 1857 à Clabecq en Belgique dans une famille modeste. Son père, batelier, transporte le charbon de la vallée de la Sambre. Sa mère est serveuse dans un estaminet. Il entre aux chemins de fer belges comme manœuvre. À 15 ans il est aide-chauffeur conduisant les locomotives dans la gare de triage. A l'âge de 20 ans, il part pour Paris où il exerce plusieurs métiers : livreur aux Halles, ouvrier dans une entreprise de mécanique, garçon de laboratoire au Museum d'Histoire Naturelle. En 1883, il part au Canada sur le chantier du Canadian Pacific Railway puis il se rend à Panama pour travailler au creusement du canal. Il participe à la ruée vers l'or comme ouvrier. Il est envoyé par sa compagnie au Mexique dans la région du Chiapas pour prospecter les bois précieux, le pétrole et l'or. Rapidement il se met à prospecter à son compte et fonde sa propre société : "Las dos estrellas" (Les deux étoiles). Le 30 mars 1901 il découvre une importante veine de quartz aurifère dans les montagnes de Tlalpujahua ce qui lui permet de faire fortune. Il ne se contente pas de l'exploitation minière et veut réaliser une entreprise agricole modèle dans la région du Tabasco : la Colonizadora. Quittant un Mexique en crise, il rentre en Europe sans attache. Le 22 février 1912, lors d'une vente par adjudication, il achète l'île de Porquerolles qu'il met en valeur sur le modèle qu'il avait utilisé à la Colonizadora : développement des cultures viticole et fruitière, création d'une coopérative, mise en place d'une flottille de bateaux assurant la liaison avec la Tour Fondue sur la presqu'île de Giens.

Quel destin extraordinaire que celui de ce petit Belge devenu « l'homme aux 400 millions de francs-or » qui vécut au moins dix vies avant de se retirer sur son île pour en faire une sorte de havre de paix, une enclave de sérénité dans laquelle toute une petite communauté pouvait vivre dans l'aisance et la sérénité du simple fruit de son travail. Utopiste et aventurier, Fournier saura ne point dévier de son cap et ne sacrifiera jamais son idéal de rêve et de paix. Homme secret, il a laissé pas mal de lacunes dans son parcours. Que revenait-il faire en Belgique alors qu'il n'y avait plus vraiment de famille ? Luret reconnaît avoir rempli de manière romanesque toutes les zones d'ombre que sa recherche bibliographique avait laissées. Que pouvait-il faire d'autre ? Ce qui n'est pas estampillé authentique reste totalement vraisemblable. Seul reproche, un style quelconque, souvent lourd et parfois trop descriptif et un déséquilibre entre les longues années d'aventures dans le monde largement détaillées et la période de mise en valeur de Porquerolles qui semble elle, à peine survolée. Intéressant quand même ne serait-ce que pour le récit de cette vie hors du commun.

3,5/5

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02/05/2013

Le monde en 2030 vu par la CIA

Le monde en 2030.jpgQuel va être l'avenir du monde ? Quelles grandes tendances peut-on déjà entrevoir aujourd'hui ? Les analystes de la CIA prévoient un accroissement de la population mondiale d'environ un milliard d'êtres humains. Les flux migratoires vont s'accélérer et entrainer un enrichissement important des pays d'origine, la population va devenir de plus en plus urbaine, de nouvelles mégalopoles vont surgir avec l'arrivée d'une beaucoup plus importante classe moyenne dans les pays émergents. Le développement de nouvelles technologies de l'information, une meilleure éducation et une amélioration des accès à la santé devraient permettre une plus grande émancipation des individus. La Chine atteindra le rang de première puissance économique du monde. L'Europe risque l'implosion. La Russie, de par son isolement et par la baisse de sa démographie, sera sur le déclin. Les Etats-Unis devraient s'en sortir nettement mieux grâce aux apports de l'immigration et à l'exploitation des gaz et pétroles de schistes lui permettant d'obtenir une véritable indépendance énergétique. Ce qui, avec l'hégémonie militaire qui ne devrait pas lui être contestée, représente trois atouts essentiels en une période où la demande en eau, en nourriture et en énergie devraient s'accroître de 35 à 40%.

Ce rapport censé, si l'on se réfère à la couverture, être « dévoré par tout le monde, pas seulement pas les Américains » qui regorge d'analyses, de schémas et autres statistiques certainement basés sur des travaux de chercheurs très sérieux laisse néanmoins une assez étrange impression de manque d'ouverture d'esprit. Même si la prévision géopolitique à relativement longue échéance est un art fort difficile et toujours sujet à caution, elle ne devrait jamais consister à se contenter de prolonger les courbes sans vraiment envisager de ruptures, d'incidents ou d'aléas divers et variés. Et là, le manque d'imagination est flagrant. Même dans le dernier chapitre, le plus intéressant, celui qui propose les quatre scénarios les plus probables, on reste dans le convenu et le train-train habituel très légèrement revisité. Bien des possibles ne sont même pas envisagés. Et le pire, cette vision reste totalement américano centrée. Jamais l'hégémonie américaine n'est remise en question. Pour la CIA, la mondialisation, entendons l'américanisation, ne peut que croître et embellir quels que soient les cas de figure. Aucun autre futur n'est crédible. Dormez sur vos deux oreilles, braves gens. Tout ira toujours pour le mieux dans le meilleur des mondes. Un peu agaçant surtout quand on se rappelle certaine déconfiture « d'empire qui devait durer mille ans » ou « d'internationale qui serait le genre humain ! »

2,5/5

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