30/04/2013

OPERATION BAUCENT (Chapitre 1)

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28/04/2013

La légende du rouge-gorge (Marie-Christine Vincent-Jeandenand)

la légende du rouge-gorge.jpgDans le grand nord canadien, un jeune inuit nommé Nutaq a atteint l'âge où il doit tuer un ours blanc pour pouvoir devenir un homme. Accompagné de son père, Maatsiaq et de huit chiens de traineau, il se met en route pour une longue expédition. Assez rapidement, il découvre des traces du grand animal, mais comme il semble hors de portée, le père et le fils décident de monter la tente pour passer la nuit. Il va falloir surveiller le feu sans s'endormir, ce qui ne va pas être facile pour Nutaq. Heureusement pour lui, un drôle de petit oiseau va intervenir tout au long de la nuit et même lui prêter main forte lors de sa confrontation avec le terrible ours blanc...

Une jolie légende qui s'adresse plutôt aux tous petits niveau maternelle. Elle les emmènera loin dans les territoires glacés de la banquise au temps où les Inuits chassaient encore avec des lances. Elle ne manquera pas de les faire rêver tout en leur distillant une philosophie du respect de la nature et de soi-même. Son père lui ayant imposé de laisser la vie sauve à l'ours, Nutaq réalise, déçu, qu'il ne sera jamais un grand chasseur comme lui. « Il n'est pas de plus grand chasseur que celui qui sait renoncer. » s'entend-il répondre. Ce gentil petit conte est également illustré par son auteure à l'aide d'aquarelles assez naïves voire même quasi enfantines, très fraîches et très agréables. Belle édition avec couverture rigide et papier de bonne qualité.

4,5/5

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26/04/2013

1001 secrets de jardiniers (Jean-Michel Groult)

1001 secrets de jardiniers.jpgCe très joli et très complet traité de jardinage aborde tous les problèmes que l'on peut rencontrer au verger, au potager voire simplement sur son balcon pour entretenir une simple potée ou quelques bacs à fleurs. Jean Michel Groult nous propose toutes sortes de trucs et de ficelles souvent simples et écologiques pour mieux cultiver sans rencontrer trop de déception. Avoir la main verte relève du mythe et cache plutôt un savoir-faire, une observation humble et efficace de la nature. Tous ces trucs et astuces ont été testés par lui-même ou par les anciens. Il ne livre que des conseils efficaces et tord le cou à toutes sortes de billevesées qui trainent partout et peuvent se révéler fort décevantes comme « l'ail éloigne la cloque du pêcher », par exemple. Il faut préciser que tous ces trucs sont écologiques et ne passent bien entendu par l'usage d'aucun pesticide ou autre produit chimique.

Cerises sur le gâteau : une très belle édition, soignée, de magnifiques illustrations à l'ancienne sans oublier un glossaire et un index, histoire de rendre ce livre consultable à tout moment. Un livre indispensable à toute jardinière ou jardinier qu'il soit débutant ou chevronné, occasionnel ou permanent.

5/5

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24/04/2013

Fin de l'Occident, naissance du monde (Hervé Kempf)

Fin de l'Occident.jpgLe monde arrive-t-il à la fin d'un cycle, celui du progrès technique exponentiel, de la croissance sans fin et de la finance triomphante se repaissant de bulles spéculatives de plus en plus énormes et de plus en plus incontrôlées ? Oui, répond l'auteur, en ce début de XXIème siècle, l'humanité se trouve bien à un tournant de son existence. Les contraintes écologiques, le dérèglement climatique et l'épuisement des ressources et particulièrement celle des énergies fossiles non renouvelables ne permettront jamais que le niveau de vie de type occidental se généralise partout. Il faudra donc par la force des choses réduire l'empreinte écologique de chacun ainsi que l'écart sans cesse grandissant entre les riches et les pauvres. En clair, cela signifie que la paupérisation de l'Occident est en marche et n'est pas prête de s'arrêter.

Mais comment allons-nous nous adapter à cette évolution ? En changeant volontairement de mode de vie, en réduisant volontairement nos émissions de gaz à effet de serre, en gaspillant moins, en relocalisant nos productions, en donnant une part plus importante à l'agriculture biologique, c'est à dire en nous comportant intelligemment ou en nous opposant violemment à toute remise en question, au prix des pires troubles et des pires violences ? Cette étude géopolitique a le mérite de parfaitement poser le problème et de bien montrer les deux voies possibles. L'auteur, bien qu'un peu idéaliste bisounours à mon goût personnel, ne cache pas les immenses difficultés d'une évolution sereine. L'Europe pauvre en énergie donc bien placée pour assumer la « décroissance » est engluée dans le marasme. La cause : la trahison par les élites de l'idéal européen qui se fondait sur les principes démocratiques de souveraineté des citoyens. « En réalité, écrit-il, l'Union a été progressivement remise aux mains du système financier. ». Parlant du rejet du projet de Traité constitutionnel par les peuples français, irlandais et néerlandais et validé par les parlements, il ajoute : « L'oligarchie a violé la souveraineté populaire pour un résultat pitoyable. » Les pages sur les Etats-Unis sont encore plus inquiétantes. « Cette psychologie quotidienne de la violence, la force du contrôle médiatique, le poids de l'armée, tout cela signifie que la tentation sera grande pour l'oligarchie des Etats-Unis de répondre par la violence aux problèmes qui ne peuvent que s'aggraver. Les Etats-Unis deviennent un risque pour la paix. Mais peut-être se déchireront-ils eux-mêmes. Ou changeront-ils pour embrasser la sobriété heureuse... » Et quand on sait que leur adversaire naturel est la Chine, dont l'auteur minimise d'ailleurs la dangerosité écologique, politique et sociale, le lecteur ne peut avoir que les pires craintes. Un livre pour bien comprendre les enjeux et ne pas être surpris par ce qui nous attend dans un avenir relativement proche !

4/5

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22/04/2013

Bloody Miami (Tom Wolfe)

Bloody Miami.jpgA Miami, éclate une altercation entre la petite amie d'un directeur de journal et une riche cubaine pour une simple place de parking... Nestor, un policier d'origine cubaine, réussit l'exploit d'arrêter un immigré clandestin cubain juché en haut du grand mât d'un schooner... Koroliov, un oligarque russe fait don au musée de Miami d'une série imposante d'oeuvres d'art estimées à 72 millions de dollars... Lors de la neutralisation mouvementée d'un dealer, Nestor et son collègue, dans le feu de l'action, sortent quelques insultes racistes qui malheureusement pour eux sont filmées et postées sur YouTube... Un professeur est accusé à tort d'avoir frappé un élève, en réalité un petit chef de bande qui terrorise toute la classe...

Il avait fallu attendre 7 longues années avant de pouvoir lire le nouvel opus de Tom Wolfe. Cette patience a été récompensée car on n'est pas déçu du voyage au coeur de cette ville étrange de Miami, la seule ville des Etats-Unis, et peut-être du monde où, en l'espace d'à peine une génération, une population immigrée, cubaine en l'occurrence, est devenue majoritaire et a établi sa domination dans tous les secteurs de la société. C'est une impression de voyage au bout de l'enfer, de plongée dans les turpitudes sexuelles et les haines communautaires qui se dégage de ce livre majeur. A chaque nouvel ouvrage, Tom Wolfe choisit un sujet sociétal (la vie à l'université dans « Moi, Charlotte Simmons », le monde des traders de Wall Street dans « Le bûcher des Vanités », l'armée dans « Embuscade à Fort Bragg » tout comme il avait précédemment enquêté sur le mouvement hippy avec « Acid Test » ou la conquête de l'espace avec « L'étofffe des héros »). Ici, il s'agit des conséquences souvent paradoxales de ces affrontements communautaires. Par exemple, le pauvre Nestor, qui n'a fait que son devoir, se retrouve dans la peau du traître dans l'histoire du clandestin cubain puis dans celle du raciste dans l'arrestation du dealer noir. Et ceci n'est qu'une des nombreuses situations ubuesques qui vont beaucoup plus loin que la simple intrigue romanesque. Un livre qui fait réfléchir sur les grands problèmes et le devenir de nos ultra-modernes sociétés. Ce qu'on y découvre peut même faire froid dans le dos. A la limite de l'enquête journalistique (excellemment documenté comme d'habitude), du thriller, du reportage, et du roman, en un mot c'est du Tom Wolfe, c'est à dire de l'inimitable. Seuls petits reproches : c'est un gros pavé (plus de 600 pages qui ne sont pas toutes indispensables) et quel besoin d'écrire quatre ou cinq ou dix fois le même mot et d'accumuler les points de suspensions...

4/5

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20/04/2013

Ma vie au coeur de l'école (Nicole Ruppert-Gambini)

ma vie au coeur de l'école.jpgEn 1956, Nicole Ruppert-Gambini, originaire de la région de Grasse, se retrouve remplaçante dans une des deux écoles primaires de la petite ville de Dammartin en Goële (Seine et Marne). Avec ses 1500 habitants, ce n'est encore qu'un modeste village briard un peu endormi et ne disposant même pas du tout à l'égout. D'abord logée au « Café de France », elle emménage un peu plus tard dans un logement de fonction à peine salubre. Elle se marie avec un jeune du pays encore étudiant, le suit en Seine-Maritime où elle exerce quelques années avant de revenir à Dammartin où elle exercera à mi-temps jusqu'en 1984, date à laquelle elle décidera de quitter l'enseignement sans attendre l'âge de la retraite.

Sous-titré « Récit », cet ouvrage est en réalité un témoignage très personnel sur l'école telle qu'elle était plus de dix ans avant le grand chambardement de Mai 68. L'auteur l'a pris de plein fouet et comme tous ceux qui ont connu ce qu'était l'enseignement « avant » son jugement est plutôt sévère sur toutes les « nouveautés » apportées à la pédagogie (disparition des devoirs, des cours magistraux, des notes, des classements, de la discipline, de la dictée, de la leçon de choses voire de la récitation, introduction des mathématiques modernes, de la grammaire structurale, de l'éveil, des enquêtes et travaux de groupe...) L'intérêt principal de ce livre réside moins dans les comparaisons entre méthodes ou les considérations techniques ou morales que dans les anecdotes amusantes ou attristantes qui illustrent bien la réalité d'un métier passionnant mais difficile et malheureusement souvent ingrat voire usant. Ecrit dans les années 80 (bien des choses ont évolué depuis et rarement en bien), et agrémenté d'une mise à jour de 2010 illustrée de photos montrant un autre temps et presque un autre monde ainsi que de textes et poèmes à la gloire de l'enfance, cet ouvrage a pour ambition finale de réhabiliter l'école laïque et de tenter de réconcilier toutes les parties prenantes en usant de bon sens et de bonne volonté. Le lecteur un peu introduit dans les arcanes du « Mammouth » ne peut qu'avoir les plus grands doutes sur les éventuelles possibilités de réforme de ce monstre froid. Madame Ruppert-Gambini propose un texte bien écrit, fluide et facile à lire à ceci près que le lecteur se demande pourquoi elle utilise la deuxième personne du singulier au lieu de la première pour lui raconter sa vie d'instit' de base. Technique rarement rencontrée en littérature qui donne l'impression que l'auteur se parle à elle-même en se regardant dans la glace sans vraiment s'adresser à quiconque, ce qui semble un peu étrange sans être gênant. Après tout, les rois se servaient bien de la première du pluriel...

3,5/5

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18/04/2013

Monet is money (Ted Escot)

monet is money.jpgQuand Peter Taylor, le plus célèbre critique d'art américain, se présente à Big Sur devant la somptueuse propriété du parrain Benedetto Luciano, il ne s'attend pas une seconde à ce qu'on lui demande de dresser la liste des 50 plus importantes oeuvres d'art de tous les temps et de toutes les époques. Et sa stupéfaction est encore plus grande quand il apprend qu'un hold-up sans précédent a été perpétré au musée Marmottan à Paris. « Impression soleil levant », le célèbre tableau de Monet et quelques autres chefs d'oeuvre de sa liste ont été dérobés. Et tout se complique quand le parrain s'aperçoit qu'il a été doublé et qu'il a récupéré les copies à la place des originaux. Il lance le détective privé Duke Mellow sur la piste d'un de ses rivaux, Falcone, qu'il soupçonne fortement de s'être mêlé de l'affaire. Bientôt entreront dans la danse la très charmante fille du faussaire et un astucieux agent secret français...

Un roman policier ou thriller pictural, on ne sait pas trop. Pas assez de cadavres et de sadisme pour un thriller et pas assez de déductions pour un policier. Dès le début, on devine un peu trop facilement le coup à double bande pas très sophistiqué que cache cette affaire. Heureusement, le style est vivant et agréable à lire, émaillé de nombreux dialogues et juste alourdi de quelques rares passages inutiles sur le jazz. L'ensemble se lit vite et permet un agréable divertissement, mais cela ne va pas plus loin. Cet ouvrage à l'intrigue si simpliste relève plus de la bande dessinée ou du cinéma de série B que de la véritable littérature, même policière.

3/5

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16/04/2013

La ferme des orages (Joëlle Guillais)

La ferme des orages.jpgDe nos jours, dans le Perche, Patrick Le Henin, un jeune agriculteur, exploite avec sagesse et compétence son grand domaine agricole, la ferme des Egliers, en compagnie de Denise, sa vieille mère. Sur sa centaine d'hectares, il cultive des céréales, s'occupe d'un troupeau de vaches laitières et complète ses productions grâce à l'élevage de taurillons. Mais, un jour, il rencontre sur une foire, Irène, une belle et flamboyante rouquine représentante en matériel agricole qui essaie de lui vendre un tracteur dernier cri. C'est le coup de foudre et le début une série de péripéties qui finiront par déboucher sur un véritable drame paysan.

Roman de terroir contemporain, « La ferme des orages » nous raconte une histoire simple et même banale en abordant les thèmes de la solitude des agriculteurs, les crises qu'ils doivent subir, la course au machinisme, au toujours plus gigantesque, l'endettement insensé qui va avec et la difficulté à survivre simplement en retirant un salaire décent d'une activité pourtant si essentielle à un pays : nourrir ses habitants. Ainsi Patrick devra passer de la production de lait à celle de porc alors que les cours ne cesseront de s'effondrer. Les personnages sont attachants et crédibles, l'écriture pas désagréable à lire et les conclusions sinistres. Nos dirigeants n'ont-ils pas pris de mauvaises orientations dans le domaine de la politique agricole ? Etait-il judicieux de pousser vers cette agriculture extensive, vers cette production de masse et de mauvaise qualité qui, à l'arrivée, ruine les producteurs tout en intoxiquant les consommateurs ? Hormis les intermédiaires, tout le monde se retrouve perdant dans cette affaire. Telle est la problématique qu'évoque ce livre à travers ces destins finalement bien peu enviables.

4/5

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14/04/2013

Meurtre au presbytère (Jean-Paul Guetny)

meurtre au presbytère.jpgA Saint Silice, petite station thermale d'Auvergne, Peter Hoskyns, le libraire, surprend une étrange conversation entre deux individus qui semblent préparer un mauvais coup. Peu de temps après, Dominique Martin-Labreux, un jeune séminariste, est retrouvé étranglé dans son lit au presbytère du village. Bizarrement, Cheftaine, la gouvernante, s'empresse de nettoyer le corps, d'effacer tous les indices et de suggérer au médecin légiste que le jeune homme a succombé à un arrêt du coeur. Hoskyns tente de mener l'enquête dans ce milieu ecclésiastique feutré. Il découvre que Dominique s'apprêtait à renoncer à entrer dans les ordres pour des raisons d'ordre sentimental.

Un roman policier de facture classique qui malheureusement se perd très vite dans les arcanes de la vie religieuse. Certaines mauvaises langues diraient même qu'il se noie dans l'eau bénite. Il n'y a pas véritablement d'enquête à proprement parler. Tout le monde aurait pu commettre le crime, le libraire patauge et ne révèle l'identité du coupable qu'à la fin, ce qui semble normal, mais sans déduction ni raisonnement logique, ce qui l'est moins. Si l'on y ajoute des personnages caricaturaux, de longues digressions théologiques et une utilisation de noms de lieux aussi fictifs que ridicules (Saint Silice, Montoussain ou Bandégave), on s'aperçoit très vite qu'on est fort loin du chef d'oeuvre !

2,5/5

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12/04/2013

Les Beatles : la biographie (Hunter Davies)

Les beatles.jpgA Liverpool, en 1957, le jeune John Lennon, chanteur et leader du groupe de skiffle « The Quarrymen » fait la connaissance de Paul McCartney. Un peu plus tard, leur cadet, George Harrison vient les rejoindre. Avec le batteur Pete Best et le guitariste Stu Sutcliffe, ils forment quelques nouveaux groupes aussi éphémères que « Johnny & the Moondogs », puis les « Silver Beetles » avant d'opter pour leur nom définitif de « Beatles » avec le jeu de mot sur le rythme, « Beat ». Ils écumeront les petites salles de concert de la région, rassembleront un public de fans assez limité, tenteront trois fois leur chance à Hambourg, ville dans laquelle ils se produiront dans des caves crasseuses et iront jusqu'à jouer des huit heures non-stop. Stu restera en Allemagne, Best sera viré comme un malpropre au profit de Ringo Starr, batteur d'un groupe rival. Quand un client du magasin de disques de Brian Epstein lui demandera un disque des Beatles qu'il ne sera pas en mesure de lui fournir pour la simple raison qu'il s'agissait d'un enregistrement réalisé en Allemagne et à compte d'auteur, il s'intéressera à la question, deviendra un pilier de la « Cavern », le repère du groupe, leur trouvera de meilleurs engagements et leur ouvrira les portes des studios Parlophone. Après cinq années de galère, les « Fab Four » seront enfin propulsés dans la gloire par la grâce de la radio et de la télévision. Tout le monde connaît la suite de l'histoire. Un succès phénoménal, des tournées épuisantes, des concerts improbables dans des stades bondés (jusqu'à 50 000 spectateurs) devant des foules de fans hystériques capables de hurler sans jamais s'arrêter et de couvrir la musique. La fameuse Beatlesmania qui ne dura en réalité que six ans...

Cette biographie est la seule et unique qui ait jamais été autorisée par les Beatles et leurs familles. Hunter Davies est un ami très proche de John et de Paul. Il a partagé leur intimité, les a suivi tous les jours pendant dix-huit mois, a assisté à leur travail dans les studios d'Abbey Road, a interrogé les familles, les amis et les connaissances. Il nous présente donc une histoire complète et honnête du groupe mythique des débuts laborieux jusqu'à la fin d'abord mesquine (énormément de monde les avait grugés et leurs intérêts étaient si imbriqués qu'il fallut en passer par des procès. Encore aujourd'hui, ils ne sont même pas propriétaires de leurs oeuvres, c'est dire...) puis dramatique avec l'assassinat de John à New York le 8 décembre 1980 et la mort de George en novembre 2001. On en apprend de belles dans cet ouvrage sur à peu près tout le monde. Leur imprésario et producteur, Brian Epstein, homosexuel masochiste, était tombé amoureux de John, le beau rebelle tonitruant. John a même prétendu avoir eu une brève aventure avec lui. Davies en doute mais déclare également avoir subi des pressions de la part de la riche famille juive d'Epstein pour qu'il cache les tendances sexuelles de leur fils. On apprendra également que la séparation, longtemps attribuée à la détestation des compagnes (Yoko Ono et surtout Linda), a plus eu la lassitude, les problèmes d'intendance et d'ego pour causes profondes. On découvrira également que les images renvoyées par les quatre (John le chevaleresque, Paul le diplomate, George le gentil et Ringo le marrant) étaient relativement fausses. Tout autant d'ailleurs que leur statut de groupe « clean » et bien présentable. En Allemagne, ils passèrent tout leur temps sous amphétamines et autres excitants pour tenir le choc. Ils furent parmi les premiers de leur milieu à expérimenter le LSD et plutôt à l'avant-garde du mouvement psychédélique. Ils fumaient régulièrement de l'herbe, expérimentèrent la plupart des drogues disponibles (Paul se fit d'ailleurs prendre à plusieurs reprises lors de passages en douane) avant de renoncer définitivement (surtout George et Paul). Un ouvrage majeur illustré de très belles photographies en noir et blanc qui ravira les fans de la première heure (comme moi), de la dernière et même les posthumes. Un seul reproche : les annexes, qui comportent entre autre une discographie originale, ne proposent pas de chronologie récapitulative reprenant, date par date, les principaux évènements de cette incroyable histoire.

4,5/5

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10/04/2013

Mémoires d'Auvergne (Jean Anglade)

Mémoires d'Auvergne.jpg« Mémoires d'Auvergne », rebaptisé "Mémoires paysannes" par l'éditeur (De Borée) est tout d'abord un très bel album sur papier glacé grand format rempli de photos magnifiques sur le patrimoine architectural, géographique et culturel de cette région rude, froide et austère, mais aussi généreuse, accueillante et chaleureuse. Le lecteur y découvrira toutes sortes de scènes de la vie paysanne ou artisanale qu'il pourrait s'imaginer venir d'un autre temps. Et au fil des chapitres de la présentation plus ethnologique et plus humaniste de Jean Anglade, le régional de l'étape, il pourra rencontrer en plus de l'éleveur de vaches salers ou aubrac, la dentellière, le sabotier, le maréchal-ferrant, le forgeron, le batteur de cuivre, le papetier, l'émouleur, en un mot trente six métiers, trente six misères. Car dans ces régions sauvages, la vie n'était pas toujours facile pour l'homme du peuple. Il devait trimer du matin au soir ou du soir au matin juste pour manger et pour lui, un sou était un sou. Alors, en Auvergne, on économisait, on vivait chichement, on ne gaspillait rien, on allait même jusqu'à récupérer les miettes de pain ou la chaleur des bêtes à l'étable. Mais on savait également s'entraider, se rassembler pour des veillées au coin du feu ou pour de grandes processions comme à Orcival. Une terre envoûtante et des gens attachants. Un monde disparu ou en train de disparaître à la vitesse grand V. Pour tous ceux qui ont un peu ou beaucoup de sang arverne coulant dans leurs veines, histoire de cultiver la nostalgie ou de retrouver leurs racines. Pour tous les autres, ceux qui voudraient en savoir plus sur cette jolie région. Un livre à offrir ou à s'offrir.

4/5

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08/04/2013

Les perles de la Moïka (Annie Degroote)

Les perles de la Moïka.jpgEn 2003, en France, Ana, comédienne cantonnée dans les utilités et les rôles secondaire, décroche enfin un premier rôle dans « La Cerisaie » de Tchékov. Elle commence par refuser parce que le metteur en scène est russe. Pour elle, tout ce qui a un rapport avec la Russie est douloureux à commencer par ses rapports avec sa russe de mère qu'elle a perdu de vue depuis vingt ans...

En 1903, à Saint Petersbourg, Tatiana Alexandrovna, jeunesse aristocrate proche de la richissime famille Youssoupov, profite des derniers fastes du régime impérial. Elle rencontre Ivan, un bel officier de la Garde, se marie avec lui et se voit offrir deux magnifiques boucles d'oreilles ornées de perles. Deux jumelles, Olga et Natacha naîtront de cette union. Mais la révolution toute proche va faire basculer dans le drame la vie insouciante de la petite famille.

Cent ans plus tard, Ana découvre une unique boucle d'oreille en perle dans les affaires de sa mère qu'elle croit décédée. Ce bijou servirait-il de lien ou de fil rouge permettant de dénouer l'écheveau des destins de quatre générations de femmes ?

Le roman débute par une construction en miroir faite d'allers et retours entre deux époques, deux pays, deux mondes et deux réalités en apparence fort éloignées les unes des autres qui surprend un peu. A distance et quasiment en stéréo, Ana et Tatiana se répondent sans le savoir au-delà de l'espace et du temps avant que Sophia par une suite de révélations faites aux colocataires de sa maison de retraite, ne fasse apparaître, par petites touches délicatement amenées, l'esquisse d'une longue et douloureuse saga familiale s'étendant sur quatre générations. De Tatiana, l'aristocratique et optimiste arrière-grand-mère à Ana, la comédienne mal-aimée et incomprise de son indigne mère Sophia sans oublier sa grand-mère Tatiana. Quatre destins. Une longue lignée de femmes marquée par la souffrance, les deuils, les vies brisées, l'exil et toutes sortes de drames. En un mot, une famille broyée par la chute des Romanov, la révolution bolchévique, la folie totalitaire de Staline, les famines organisées en Ukraine et les horreurs de la Seconde Guerre Mondiale.

Un livre si magnifiquement écrit qu'il se dévore et qu'il est quasiment impossible de le quitter avant d'avoir atteint la dernière page. Une histoire prenante, touchante, émouvante. Quatre magnifiques portraits de femmes et de mères courage, belles, intelligentes et parfois un peu folles. Cet ouvrage est une véritable réussite (pas loin du petit chef d'oeuvre) sur les thèmes délicats de l'amour maternel, de la filiation et de la quête du bonheur mais qui sont développés avec intelligence, rythme et sans pathos.

4,5/5

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06/04/2013

Les années 68 (P & C Rotman)

Les années 68.jpgCet énorme livre, peut-être le meilleur de tout ceux qui ont été écrits sur cette « décade prodigieuse » se compose de trois parties : 1/ le monde des sixties (sous la houlette de De Gaulle, la croissance s'affole, la société de consommation et de loisir se met en place, les jeunes prennent de l'importance, la musique, la mode, le cinéma sont en ébullition créative) 2/ Dix semaines qui ébranlèrent la France (avec une suite d'évènements décrite par le menu depuis la Commune étudiante, l'agitation partie de Nanterre, la grève généralisée, les pénuries, les grandes manoeuvres politiques et la manifestation gaulliste du 30 mai sur les Champs Elysées) 3/ Les temps changent (un peu partout dans le monde, avec l'entrée des tanks de l'armée rouge dans Prague, les assassinats de Martin Luther King et de Robert Kennedy, l'homme sur la Lune, la mort de De Gaulle, les grands festivals tels Woodstock ou l'île de Wight, les communautés hippies, la révolution sexuelle, la fin de la guerre du Viet-Nam, les boat-people, le problème palestinien, la bande à Baader, l'avortement, les débuts de l'écologie militante, le Larzac, les Khmers rouges...)

Les années 68 ne se résument donc pas seulement à la secousse violente ou au spasme paroxystique des évènements proprement dits, elles s'étalent largement dans le temps et l'espace et auront toutes sortes de répercussions jusqu'à nos jours et l'onde de choc même assagie et retombée poursuivra encore longtemps sa progression. Un album magnifique qui restitue fort bien le lyrisme et la violence d'une époque inventive au travers de textes, de photographies, de dessins, d'affiches, de graffiti ou de pochettes de disques. Le lecteur ayant vécu cette époque n'apprendra pas grand chose. Il pourra cependant se rappeler avec nostalgie certains petits faits oubliés. Les plus jeunes comprendront mieux d'où nous venons et sans doute aussi où nous allons. Seul léger reproche : avec le recul de presque un demi-siècle dont nous bénéficions maintenant, les auteurs auraient pu dévoiler un peu plus les « dessous », les secrets bien gardés de toute cette effervescence qui fut « orchestrée ». Mais, comme dirait Kipling, ceci est une autre histoire.

4/5

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04/04/2013

Ici là, sur le rivage (Alain Boudet)

ici là, sur le rivage.jpgCe court recueil de poésies contemporaines se compose en réalité de deux longs poèmes : « Ici là », d'une part et « Sur le rivage », d'autre part. Ecrits en vers libres très courts, ces deux textes nous font partager les impressions visuelles d'un homme marchant dans la campagne, sur de petits sentiers caillouteux, ou au bord de la mer, le long d'une plage sablonneuse ou d'une grève parsemée de rochers. Des paysages privés de toute présence vivante ou presque, excepté un oiseau perdu dans le lointain. Car telle est bien la particularité de la poésie d'Alain Boudet. Elle ne relève ni du classicisme, ni du romantisme, ni du surréalisme, ni du symbolisme, ni de l'hermétisme, mais d'un courant différent, que l'on pourrait qualifier de « minéralisme » tant les roches, cailloux, pierres, minéraux, mica, sable, galets, rochers, gravier et autres rocailles semblent d'une importance capitale pour cet auteur par ailleurs « coordonnateur académique en poésie ».

« Qu'il parle

le cailloux

Qu'il invite en lui

la lumière et la source

Qu'il invente un babil de rocaille

où pourront cliqueter les heures

et chanter les chemins rugueux

Qu'il parle

et nous saurons peut-être

si son coeur tient la nuit

en otage. », dit-il.

 

« Trouver la pierre du reflet

La pierre intense et vive

comme l'ardeur inquiète d'un sourire

sur le visage ouvert des sentiers

Trouver la pierre

feuillage d'ombre

La poser sur le sable

La fixer aux amarres du ciel

et ancrer fermement son double

à l'envie des paupières. »

 

« Le chemin nous assaille de cris

Il nous rapporte la musique des saisons

plaintes brisées de feuilles mortes

roulant dans le moulin des pierres

Les galets se préparent en silence

à la poussière de demain

au vent qui guide la lumière

Alors

nous connaîtrons

dans quelle pierre se cache

le chant. »

 

D'aucuns pourront trouver que ces deux poèmes manquent un peu d'humanité, de chair ou de sentiment. Ils auront peut-être envie de crier à l'auteur : « Allez, Alain, lâche-toi ! Laisse tomber ton appareil photo et dis-nous sincèrement ce que tu ressens vraiment... » D'autres pourront penser que, contrairement à ce qu'il annonce en quatrième de couverture, l'auteur n'avance pas « dans les mots, avec les mots, vers les autres et avec les autres », mais se paie de mots et pratique même un peu trop l'exercice de style. Pour ma part, je me contenterais de considérer que la liberté des poètes se cache justement dans ces recoins étranges et qu'elle peut résonner de mille façons en nos âmes si curieuses.

3/5

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02/04/2013

La belle Rochelaise (Jean-Guy Soumy)

la belle rochelaise.jpgDans un village creusois, perdu aux confins du plateau de Millevaches, en 1832, Annibal, un jeune homme pauvre d'une vingtaine d'années, déclenche un terrible scandale. Il n'accepte pas de se soumettre à un mariage arrangé selon le principe de la double compensation. Pour que sa très jolie soeur puisse épouser sans dot un vilain aubergiste, il aurait dû se marier avec la très laide soeur (également dépourvue de dot) dudit bistrotier. Mais Annibal est vif, beau, rebelle et audacieux. Il se croit fait pour l'aventure et les grands espaces. Pour échapper à son sort, il annonce qu'au cours de ses saisons de bucheronnage en Charente, il s'est engagé avec une belle Rochelaise et qu'il la ramènera au village après sa prochaine campagne. Avec son ami, le bon colosse Bramefaim, ils louent à nouveau leurs bras comme scieurs de long dans une forêt d'Aunis. Le travail est pénible et dangereux. Un de leurs camarades est grièvement blessé. Les deux amis l'ayant emmené en urgence en ville, tombent à leur retour sur un groupe d'hommes en train d'importuner une jeune femme. En galants hommes, Bramefaim et Annibal interviennent et découvrent qu'il s'agit d'Ester, une jeune esclave antillaise qui avait tenté d'échapper à ses maîtres, ex-négriers. Dès lors, les deux amis n'auront plus qu'une idée : sauver Ester, ce qui les entrainera dans une longue fuite émaillée de mille péripéties...

Un roman d'aventures avec contexte historique et ancrage profondément territorial. Quelle épopée que ce sauvetage d'une esclave noire dans une période où l'esclavage, déjà aboli, continue néanmoins à perdurer ! Pour avoir pris fait et cause pour Ester, les deux jeunes gens doivent partager son sort et se retrouver traqués comme des criminels. Partout où elle passe, Ester qui est très belle, mais dont la couleur de peau surprend, suscite l'affolement, la peur et même la haine de pauvres gens qui n'ont jamais vu aucun être humain doté d'une telle couleur de peau. Une histoire bien rythmée, agréable à lire et pleine de rebondissements. Des personnages intéressants bien qu'un peu stéréotypés. Une situation peu banale et surtout, une ambiance socio-historique assez bien rendue. La Creuse et les départements du centre de la France étaient des régions si pauvres qu'un grand nombre d'ouvriers en étaient réduits à « limousiner », c'est à dire à s'expatrier le temps d'un chantier, pour des périodes plus ou moins longues dans des régions plus favorisées comme l'Aunis, la Saintonge ou la région parisienne. C'était le temps des maçons creusois, des scieurs de long ou des charpentiers de marine de l'arsenal de Rochefort. Soumy qui s'est fort bien documenté sur la question nous apprend pas mal de choses sur le sujet. Au-delà de ces « aventures » quelquefois à la limite du vraisemblable et de la « romance » sous-jacente, cet aspect particulier du livre est peut-être le plus intéressant de tous.

4/5

08:56 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |