28/02/2013

Confessions d'une radine (Catherine Cusset)

Confessions d'une radine.jpgFrançaise née à Paris, Catherine Cusset vit surtout à New-York car elle s'est mariée avec un américain. Elle est l'auteur de sept romans et se partage entre les deux côtés de l'Atlantique. Le couple possède deux appartements, un dans chacune des deux villes, et semble à l'abri du besoin. L'ennui c'est que Catherine a un rapport difficile pour ne pas dire pathologique avec l'argent. C'est une radine, une avare, une rapiate de la pire espèce. Elle ne sait comment faire pour ne pas dépenser son argent. Elle préfère les transports en commun à la voiture individuelle et la marche à pied aux déplacements en taxi. Elle s'arrange pour se faire offrir les consommations quand elle se retrouve avec des amis dans un bar etc, etc...

Ce récit intimiste et même nombriliste aurait pu être amusant et même désopilant si notre moderne Harpagon en jupon avait été au bout de la logique de sa démarche et avait pratiqué l'humour et l'auto-dérision à haute dose, mais il n'en est rien. L'auteure n'arrive pas à prendre un peu de recul par rapport à son triste penchant. Elle culpabilise d'être ce qu'elle est, avoue être la première victime de sa radinerie tout en incriminant son hérédité : un père très près de ses sous et une mère indifférente aux objets. Résultat : une fille acheteuse compulsive et si possible avec l'argent des autres... En fait de « confessions », on reste plutôt sur le registre tristounet de la complainte et de la lamentation. Si cette radine n'était pas aussi déplaisante, on en arriverait presque à la plaindre. Fort heureusement, ce livre, par ailleurs bien écrit en raison d'une plume vive et minimaliste, est plutôt court (109 pages) et donc vite lu, vite oublié.

3,5/5

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26/02/2013

La Rose du fleuve (Michelle Clément-Mainard)

La rose du fleuve.jpgRose Jaudouin a dix-sept ans. Elle est née au Canada. Son mari, Michel Jamonneau, dit « Moineau » en a trente. Il est arrivé de son Poitou natal depuis un an lorsqu'il épouse Rose le 1er septembre 1688. Le jeune couple travaille dans une ferme isolée, seule habitation d'une petite île sur le fleuve Saint Laurent. Ils dépendent du fils du seigneur, le pieux grand-père Boucher de Boucherville. Michel s'est lié d'amitié avec Louis-Marie, un huron, dit « Sondaka », avec qui il chasse. La vie n'est pas facile pour ces tout premiers colons, véritables pionniers du Canada français. Les hivers sont rudes, les récoltes maigres, la vie difficile et pour ne rien arranger, les Anglais arment et excitent les Iroquois pour les lancer ensuite contre les Français...

Dans ce livre, Michelle Clément-Mainard a fait un véritable travail d'historienne et s'est appuyé sur des documents de l'époque pour retracer la vie d'une petite communauté française au Canada. Faits et personnages sont donc authentiques et juste un peu romancés. Ce livre aurait pu s'intituler « Vie quotidienne au Canada français » tant les évènements retracés semblent ordinaires : accident de chasse, tempête de neige, vache malade, chien féroce apprivoisé, coup de main à l'ami huron et première grossesse de Rose. La construction du récit, pas totalement chronologique, est interrompue par de nombreux retours en arrière qui expliquent assez bien le parcours des deux protagonistes. Les très nombreux mots, tournures ou expressions de patois canadien qui sont utilisées ralentissent la lecture sans trop gêner la compréhension car tout est « traduit » en bas de page. Un livre intéressant plus pour le côté histoire sociétale et anthropologique que pour l'intrigue elle-même.

3,5/5

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24/02/2013

La caravane de la mort (Karl May)

la caravane de la mort.jpgUn soir du début de l'autre siècle, le narrateur, l'explorateur allemand Kara ben Nemsi et son ami britannique Sir David Lindsay, accompagnés de deux serviteurs Halef et Haddedin et d'une petite troupe veulent se reposer dans un village perdu du Kurdistan irakien. Mais leurs hôtes kurdes, aussi frustes que malhonnêtes, n'ont qu'une idée, les dépouiller de leur argent, de leurs armes et de leurs montures. Mais les deux occidentaux ne se laissent pas faire. Le fils du chef du village ayant été tué lors de l'affrontement, les Kurdes exigent le prix du sang, se référant à une tradition ancestrale qui veut qu'un mort d'un camp soit compensé par un mort de l'autre ou par son équivalence en argent, armes ou chameau. Mais Kara n'accepte pas ce genre de marché, il tente de s'échapper avec toute sa troupe. Il faudra l'intervention in extremis du fils du Bey pour que la petite troupe puisse se tirer de ce mauvais pas...

Et ceci n'est que le tout début d'un long roman d'aventures foisonnant de péripéties et de rebondissements, et présenté comme un récit de voyage en deux parties, la première se passant chez les Kurdes et la seconde plus au sud, dans la région de Bagdad et de Kerbala. L'auteur, Karl May, sorte de Jules Verne allemand, n'ayant pas fait le quart des voyages qu'il raconte, s'est inspiré de guides touristiques et de récits de véritables explorateurs. Cela n'enlève rien à l'intérêt de ce texte qui se lit encore très facilement de nos jours et qui permet de se faire une idée de ce que pouvait être le Moyen-Orient à cette époque. Dangereux, avec des tribus en guerre permanente les unes contre les autres, des communautés chrétiennes comme les Nestoriens ou les Chaldéens persécutés par les Musulmans, des Kurdes en sécession contre les Turcs et des Perses, plus sympathiques (May les considère comme étant les Français d'Orient) mais tout aussi fanatiques. La description du pèlerinage chiite de Kerbala en est un bel exemple. On s'aperçoit quand même que ce récit est bien de son époque par une certaine forme de manichéisme et de simplisme dans les rapports humains. D'un côté, les Occidentaux avec leurs valeurs propres comme l'esprit chevaleresque; le respect de la parole donnée, la loyauté vis à vis de l'adversaire, l'honnêteté scrupuleuse et le respect de la vie. Et de l'autre, les Orientaux, brutaux, violents, voleurs, menteurs et tricheurs, toujours prêts à un mauvais coup, mais auxquels May reconnaît quand même un grand sens de l'hospitalité, une équité réelle et une capacité à pardonner les offenses. Les personnages sont assez stéréotypés et rarement sympathiques, excepté quelques belles figures de cheiks arabes et surtout celle du brave Halef, le serviteur d'une fidélité exemplaire qui ira jusqu'à partager l'épreuve de la peste avec son maître. Un bouquin comme on n'en écrit plus depuis longtemps. Rien que pour cela, il mériterait de ne pas tomber dans l'oubli.

3,5/5

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22/02/2013

Propagande noire (Fenech/Malafaye)

Propagande noire.jpgA Lyon, un adepte de l'Eglise Survivaliste se suicide en se jetant du haut d'un immeuble... Une jeune fille, contactée par deux recruteurs de la-dite secte disparaît du jour au lendemain. Il se trouve que c'est l'amie de la fille du juge Renan Le Goff, lequel enquête déjà sur le suicide de l'adepte et sur quelques autres affaires dont celle du financement occulte du PRP, le parti du président de la République. Aidé d'Agathe, sa fidèle greffière, le juge va avoir affaire à très forte partie. Blake, le gourou milliardaire américain patron de la secte, est prêt à tout pour empêcher que puisse s'exercer l'action de la justice. Il dispose de relais pratiquement à tous les niveaux de l'état et de complicités de toutes sortes, dans les médias, dans le monde politique et même dans la magistrature. L'incorruptible Renan parviendra-t-il à sortir vainqueur de cet audacieux bras de fer ? Rien n'est moins sûr.

Un très bon thriller d'un genre un peu particulier, car se situant très nettement dans un registre politico-judiciaire. Tout ce que le lecteur découvre lui semble inspiré de nombreuses affaires qui, en leur temps, avaient défrayé la chronique : procès de l'Eglise de Scientologie, scandale de la secte raélienne et quelques autres. Les moeurs sexuelles du gourou ressemblent fort à celles du fameux Raël, tout comme l'acteur américain, Tim Cross, a tout de l'avatar du célèbre Tom Cruise. Mais comme l'ensemble est imbriqué et recomposé pour donner cette « fiction », nous ne sommes pas vraiment face à un reportage ni à une enquête de journaliste d'investigation. Et pourtant, on sent la présence sous-jacente d'une forte documentation et d'une excellente connaissance des rouages très particuliers et des étranges arcanes de la mécanique judiciaire. Maître Fenech, le co-auteur de l'ouvrage, y est certainement pour quelque chose... Un peu lente à démarrer au début, l'action prend assez rapidement du rythme et atteint une vitesse de croisière digne des meilleurs ouvrages du genre. Rebondissements, coups tordus, péripéties diverses et variées ne manquent pas avant de déboucher sur un dénouement en deux temps. Le premier étant trop beau pour être vraisemblable, les auteurs ont astucieusement proposé un second et ultime retournement qui permet un atterrissage plutôt brutal dans la réalité, ce qui leur permet de rester en adéquation avec le ton général noir et désabusé du livre. Un ouvrage passionnant pour qui veut en savoir plus sur les dérives sectaires, la ploutocratie et la corruption généralisée, véritables gangrènes d'un état incapable d'assurer correctement ses fonctions régaliennes. Ouvrage de détente bien sûr, mais qui donne à réfléchir... Et cette réflexion finit par faire froid dans le dos !

4,5/5

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20/02/2013

OPERATION BAUCENT (Chapitre 2/1)

OPERATION BAUCENT Chap 2/1

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18/02/2013

Le pôle intérieur (Jean-Louis Etienne)

Le pôle intérieur.jpgJean-Louis Etienne est né en 1946 dans un petit village du Tarn où son père exerçait le métier de tailleur. Ayant toujours vécu à la campagne, il ne peut concevoir sa vie loin de la nature. D'abord intéressé par le bricolage et la menuiserie, il passe pourtant un CAP de tourneur-fraiseur, puis un bac pro. Il entre ensuite en fac de médecine, se spécialise même en chirurgie. Mais à la suite d'un échec au concours d'entrée à l'internat, il change de spécialité, s'installe à Grenoble, tente la radiologie tout en commençant à pratiquer l'alpinisme. Après un nouvel échec à ce concours, il part au service militaire et se lance dans une première expédition lointaine, au Fitz Roy (Patagonie). C'est l'échec en raison du mauvais temps. Sur le retour, il rencontre par hasard Eric Tabarly à l'aéroport de Rio. Il traverse ensuite l'Atlantique sur le Bel Espoir du père Jaouen et peut participer à la Grande Armada à New-York en l'honneur du bicentenaire de la création des Etats-Unis. Il retraverse l'Atlantique comme médecin de l'équipage du quatre-mâts d'Alain Colas. Et ceci n'est que le tout début d'une longue suite d'aventures.

« Le pôle intérieur », écrit après « Le marcheur du pôle » et « Transantarctica » est un récit intimiste dans lequel le docteur Jean-Louis a voulu témoigner de l'ensemble de son parcours. Son enfance campagnarde et un peu solitaire expliquant son goût pour les défis impossibles à relever. Ses rencontres improbables avec les plus grands aventuriers des temps modernes et sa capacité à intégrer aussi bien les équipes d'alpinistes dans l'Himalaya que de marins pratiquement sur toutes les mers du monde ou que de vulcanologues comme lors de son expédition vers l'Erebus en font un digne successeur de Paul-Emile Victor, Haroun Tazieff ou du Commandant Cousteau, qu'il a tous connu d'ailleurs. Dans cet ouvrage fort bien écrit et tout à fait passionnant (comme il reconnaît avoir bénéficié d'une « aide » littéraire pour « Le marcheur du pôle », on peut en déduire qu'il en a été de même pour celui-ci), l'auteur revient sur les deux aventures polaires qui l'ont rendu célèbre et sur les raisons qui l'ont poussé à se retirer trois années dans sa région pour y vivre simplement dans une cabane de rondins avec Elsa, sa compagne. Ce livre datant de 1999, chacun sait que notre aventurier des glaces, du feu et des mers est reparti depuis. A conseiller aux passionnés d'aventure et de grands espaces.

4,5/5

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16/02/2013

Du début à la fin (Franck Labat, alias Kanata)

Du début à la fin.jpgAu commencement du monde, dans la « soupe primordiale », deux unicellulaires s'attirent, se rencontrent et se repoussent. Un éclair inverse leurs polarités et provoque l'union puis la naissance du premier organisme multicellulaire... Qu'est-ce qui peut pousser une jeune cadre dynamique apparemment heureuse et équilibrée à monter sur le toit d'un immeuble et à sauter dans le vide ?... Un bloggeur découvre stupéfait que le compte à rebours de son propre décès a été placé dans les commentaires de son blog... Frappée par d'innombrables pandémies, l'espèce humaine est en voie de disparition. Les Sapiens chassent les Naturalis, mutants mieux adaptés et qui risquent de leur survivre... Sur une lointaine planète, la civilisation eldienne vit ses derniers jours. Un droïde est envoyé en direction de la terre en vue d'une éventuelle colonisation de la dernière chance... Louis Cifer et Gabriel se rencontrent dans un bar mal famé de Chicago pour discuter des modalités d'organisation de la fin du monde...

Ceci ne résume que très partiellement la teneur de ce court recueil (107 pages) proposant 9 nouvelles fantastiques révélant à la fois de belles qualités d'imagination, des intrigues bien menées avec des fins surprenantes et un réel talent d'écriture. Autant dire que leur auteur a su maîtriser l'art si difficile de la nouvelle ou du court récit. Si tous les textes proposés ne sont pas du même niveau, certains s'égarant un peu trop dans la simple vulgarisation scientifique (micro-biologie, astronomie ou astrophysique), trois nouvelles sortent très nettement du lot : « Le blog » dans un registre fantastique classique, « Naturalis » dans celui de l'anticipation apocalyptique et « Maverick 5 » dans celui de la pure science-fiction. Elles apparaissent pour ce qu'elles sont : de petites pépites, des joyaux presque totalement extraits de leur gangue. En effet, le style élégant, vif et rythmé de Franck Labat (Alias Kanata) peut parfois être entaché de quelques faiblesses orthographiques, de scories dans la concordance des temps et même de confusions lexicales (« incartade » employé à la place « d'incursion » ou « deviser » pour « envisager » par exemple); en gros, des bricoles qui pourraient être aisément corrigées. L'ouvrage de ce jeune auteur très prometteur devrait faire passer un agréable moment aux amateurs de fantastique, d'anticipation et de science-fiction.

4/5

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14/02/2013

Les flammes du paradis (Michel Peyramaure)

Les flammes du paradis.jpgAux confins du Périgord, au bord de l'Auvézère, se trouve la forge du Paradou tenue de main de maître par Martin Laveyssade, également propriétaire d'un austère château qui domine la vallée. Les temps sont durs sous le règne de Louis-Philippe, mais cette modeste industrie arrive à faire vivre une trentaine d'ouvriers, tous anciens paysans. Martin disparu sans avoir procédé aux investissements indispensables, ses deux frères devenus respectivement militaire et archéologue, c'est à sa fille Séverine que revient la lourde tâche de reprendre la direction du Paradou. Parviendra-t-elle à redresser une situation rendue de plus en plus difficile par l'ouverture des frontières et par la rude concurrence des aciers étrangers ?

Un roman de terroir et d'histoire qui permet de découvrir la vie de ces vallées sauvages qui basculent brusquement d'un univers patriarcal à un monde industriel résolument tourné vers l'avenir avec toutes ses inventions révolutionnaires (vélocipède, chemin de fer, automobile). Une période troublée du point de vue politique et social : Restauration, Conquête de l'Algérie, Révolution de Juillet 1848 et Coup d'état de Louis Napoléon Bonaparte. Au fil des pages, le lecteur pourra croiser la route d'Eugène Le Roy, l'auteur du célèbre roman « Jacquou le Croquant », d'Antoine de Tounens, l'aristocrate, voyageur et aventurier nostalgique, futur roi de l'improbable royaume de Patagonie et du terrible maréchal Bugeaud à la fois homme d'ordre et de répression et innovateur sur son propre domaine agricole. Les personnages sont attachants comme Séverine, cette femme courageuse qui fait un mariage de raison avec Sylvain en sacrifiant Pierre, son amoureux platonique, avant de tromper son infidèle mari avec un pianiste, puis divorcer, retrouver Pierre pour finalement revenir avec Sylvain à la mort de Pierre. Des amours compliqués et un peu romanesques. Les autres personnages sont hauts en couleurs : un père noceur, jouisseur et coureur de jupons, un frère joueur, une soeur quasi-nymphomane et une mère raide comme la justice. L'ensemble, qui peut sembler un peu caricatural tout comme la fin mélodramatique, est racheté par le style et la verve de Peyramaure qui distille son histoire à petites touches, sans se préoccuper d'ordre chronologique et en parlant par la bouche de Séverine. Un très bon moment de lecture pour celles et ceux qui aiment ce genre bien particulier.

4/5

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12/02/2013

Le voyageur intemporel (Jean-Marie Manson)

Le voyageur intemporel.jpgLors d'une promenade solitaire sur une plage bretonne, Richard, 60 ans, archéologue en retraite, découvre un chapeau de femme, sorte de capeline apparemment très ancienne, une paire de gants de fine dentelle et un très vieux livre. Ces objets vont lui permettre de résoudre un certain nombre d'énigmes aimablement distillées par une certaine Jeanne Lacordière, aristocrate ayant vécu et souffert à l'époque de la révolution française et qui vit dans une autre dimension. Très vite, Richard sera contacté par Marie, 50 ans, lointaine descendante de Jeanne. Autant intéressé par la beauté et la gentillesse de Marie que par le mystère entretenu par Jeanne, notre retraité tristounet ira de surprises en surprises dans une quête de la fameuse « Connaissance » qui, finalement, lui fera découvrir l'amour.

Ce roman de fantaisie sous-titré « Tout le royaume d'Osiris dans le chapeau de tante Berthe » (sacré programme !) démarre sur d'excellentes prémisses, le voyage temporel, les mondes parallèles, les mystères cachés. Il promet même beaucoup avant de mollement sombrer dans de pesantes descriptions de théories bien connues comme le mythe d'Isis et Osiris, l'Atlantide, les civilisations disparues, les Mayas, les Hyperboréens, les Titans voire les Celtes des origines. Tous ces peuples auraient été influencés par des voyageurs venus de l'espace et même été issus de croisements avec des géants extra-terrestres. Un fatras new-age, composé d'ésotérisme, d'occultisme, de paranormal et de philosophie maçonnique, le tout assez mal cuisiné par l'auteur et vite trouvé indigeste par le lecteur. Pour faire passer la pilule, Manson y a ajouté une grosse louche d'amour entre seniors (dommage que ses descriptions de scènes torrides soient plus pornos qu'érotiques...) L'auteur semble en effet ne pas savoir se contenter de suggérer quand c'est nécessaire. Le lecteur n'en donnera pour preuve que d'inutiles dérives triviales comme « envie de faire pipi » ou « satisfaire un petit besoin naturel », les menus complets des repas, goûters, collations et autres sans oublier la manière dont Richard a dormi chaque nuit, ce dont le lecteur se moque éperdument... Bon public, il acceptera volontiers les invraisemblances d'une intrigue convenue et sans surprise, les apparitions de fantômes ou d'Highlanders immortels comme Hiram (avatar d'Osiris) ou Jeanne, mais certainement pas l'absence d'intrigue construite ni le nombre incalculable de fautes d'orthographe, de syntaxe ou de conjugaison, ce qui donne l'impression d'inachevé et d'amateurisme. Une bonne correction, une complète relecture et une drastique remise en forme aurait été nécessaire. Un point positif quand même : ce texte est illustré par de très jolis et très élégants dessins en noir et blanc. J.M.Manson, qui révèle donc un très bon coup de crayon, se dit d'ailleurs « écrivain » et « dessinateur ». Il devrait surtout cultiver son second talent...

2,5/5

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10/02/2013

OPERATION BAUCENT (Chapitre 1/5)

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08/02/2013

L'or de Sparte (Clive Cussler)

L'or de Sparte.jpgEn 1800, alors qu'il se lance à la tête de son armée dans sa seconde expédition vers l'Italie, Napoléon Bonaparte fait une découverte prodigieuse dans une caverne proche du col du Grand Saint Bernard... En cherchant dans les marécages du Maryland le trésor de Patty Cannon, une tueuse du temps du Far West, Remi et Sam Fargo tombent sur un sous-marin de poche allemand qui date de la seconde guerre mondiale et renferme une bouteille de vin provenant de la cave personnelle de l'empereur... Bondarouk, un milliardaire ukrainien plus ou moins mafieux et d'origine persane, s'imagine être un lointain descendant du grand empereur Xerxès. Il veut à tout prix mettre la main sur le mystérieux trésor qui a échappé à son ancêtre...

Dans « L'or de Sparte », Clive Cussler nous entraine dans une suite d'aventures totalement improbables tout au long du périple suivi par le couple de héros (dont la femme porte un prénom masculin, Remi) allant des bayous américains jusqu'aux labyrinthes d'une grotte des Alpes françaises en passant par Monaco, Venise, l'île d'Elbe, la Bavière, Sébastopol et autres lieux. Nous sommes donc invités à suivre une course au trésor laborieuse et semée d'énigmes qui se résolvent au fur et à mesure de la découverte d'indices habilement dissimulés. Historiquement, le scénario est plus qu'improbable. Xerxès, après sa victoire des Thermopyles, aurait cherché à s'emparer d'un trésor caché dans le temple de Delphes. Mais des soldats spartiates auraient habilement déjoué ses plans en faisant disparaître le dit trésor. Entre temps, Napoléon, en 1800, puis quelques sous-mariniers allemands, en 1944 seraient intervenus pour diverses raisons. Le lecteur comprend vite que l'auteur se permet les plus grandes libertés avec la vérité historique et, se moquant totalement de la vraisemblance, lui distille une histoire si rocambolesque qu'il n'arrive pas à y croire même en y mettant de la bonne volonté. Le style de cet ouvrage n'est pas désagréable. Vivant, enlevé, rythmé, émaillé de nombreux dialogues mais avec un certain nombre de formules répétitives agaçantes à la longue. (Qu'est-ce donc que ces « vignes grimpantes » que l'on retrouve dans la plupart des descriptions de paysages et sous toutes les latitudes ?) On passe aussi beaucoup trop de temps sous l'eau et sous terre, dans des grottes, des souterrains, des caves et autres dédales troglodytes. Au total, une intrigue un peu infantile digne d'une BD ou d'une série Z, des situations convenues, des personnages caricaturaux, toujours en noir et blanc. Les gentils d'un côté, les méchants de l'autre. Le lecteur reste souvent sur la réserve car la magie du roman d'aventures opère rarement. A réserver aux amateurs de... spéléologie et encore... ?

2,5/5

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06/02/2013

Soslan le lumineux (Gilles Bizouerne / Hugues Micol)

soslan le lumineux.jpgDans le Caucase, en Ossétie du nord, vivait un peuple illustre : les Nartes. Ils étaient batailleurs et friands de belles histoires. Fiers pillards, à la fois barbares et raffinés, ils défendaient farouchement leur liberté... Un jour, Satana, la plus belle des femmes de leur peuple, vient laver son linge au bord d'une rivière. Elle conçoit un enfant né d'une pierre fécondée par un berger. Il s'appelera Soslan et sera si grand et si fort que tous le croiront indomptable et imbattable. Mais, suite à une intervention du diable, il aura un demi-frère Syrdon qui vouera sa vie au mal et à la destruction de Soslan. Lequel a une faiblesse. Si son corps a partout la dureté du roc, ses genoux sont restés de chair... Epreuves et tribulations ne manqueront pas au héros à la brillante épée...

Cette épopée traditionnelle dédiée à la mémoire de Georges Dumézil dont les recherches sur les mythologies anciennes (Alains, Scythes) ont permis à Bizouerne de découvrir les légendes ossètes est relativement originale. Soslan se bat contre les géants, descend jusqu'en enfer chercher quatre feuilles pour pouvoir se marier avec sa belle et trouve même le moyen de se venger après sa mort. Le lecteur pourra faire des parallèles avec d'autres mythes ou légendes (Isis et Osiris, Roland de Roncevaux, Ulysse, le Minotaure et bien d'autres...) par tel ou tel détail en reconnaissant que les différences sont néanmoins plus importantes que les ressemblances. Reste que dans l'esprit les valeurs véhiculées (force, courage, honnêteté et droiture) sont les mêmes. Le mal est inséparable du bien. Il est en lutte permanente avec lui. Et même s'il triomphe à la fin, cette victoire n'est qu'un leurre. Un texte, joliment illustré par les dessins d'Hugues Micol, qui peut se lire à plusieurs niveaux de sens et par tout public.

4,5/5

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04/02/2013

Avant toi (Jojo Moyes)

avant toi.jpgLouisa Clark, une jeune anglaise de 27 ans, se plait dans son travail de serveuse au café « Au petit pain beurré » mais un jour elle se retrouve au chômage quand son patron est obligé de mettre la clé sous la porte. Vivant encore chez ses parents, prolétaires qui tirent le diable par la queue, elle se voit proposer un poste d'auxiliaire de vie auprès d'un handicapé, Will Traynor, riche et beau trader, devenu tétraplégique suite à un très grave accident de la circulation. Mais dès sa prise de fonction, Louisa se sent fort mal reçue et même rejetée. Will semble aigri, négatif et très sarcastique. Il vit très mal le fait d'être cloué dans son fauteuil roulant, dépendant d'un soignant, Nathan, et incapable de pratiquer toutes les activités (parapente, saut à l'élastique, escalade, plongée) qui donnaient à sa vie antérieure tout son piment. Et pour ne rien arranger, Alicia, sa fiancée, vient même lui annoncer son mariage avec Rupert, un de ses amis... La mission de Louisa est d'autant plus difficile que Will a déjà attenté à ses jours et ne s'est laissé que six mois de sursis. Louisa parviendra-t-elle à lui redonner goût à la vie et à le faire revenir sur sa décision ?

Un roman à la fois sentimental et dramatique d'une telle intensité et d'un tel rythme qu'il est difficile de le quitter avant la fin. Beaucoup d'émotions, des personnages attachants, profondément humains avec lesquels le lecteur entre immédiatement en empathie. Des thèmes graves comme le handicap lourd et l'euthanasie traités avec intelligence, honnêteté et délicatesse. Ce livre, pendant littéraire (en plus grave) du célèbre film « Intouchables » va certainement permettre aux valides de mieux comprendre le drame que vivent certains handicapés. Un récit touchant, émouvant et même déchirant sur la fin, et -merveille- qui ne tombe jamais dans le mélo, l'eau de rose voire le sentimental grâce à l'humour, l'acuité du regard et la générosité de l'auteure, excellente observatrice et psychologue. Enfin, cerise sur le gâteau : un style impeccable, très vivant, rapide, fluide et rendu très vivant par de nombreux dialogues. Un petit bijou que cette rencontre improbable...

5/5

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02/02/2013

Un tunnel sous l'été (Henry Eynard)

Un tunnel sous l'été.jpgUn journaliste, Pierre-Marie Lettrin, ancien patron d'un journal local, se retrouve placé en détention préventive à la prison de la Santé après une perquisition à son domicile. Un juge d'instruction l'accuse d'avoir participé à une escroquerie consistant à toucher des chèques pour des prestations n'ayant jamais existé. Lettrin, qui a démissionné de ce poste après avoir renvoyé le subordonné indélicat, vit d'autant plus mal cet embastillement qu'il se sent totalement innocent... Au bout d'un mois dans cet environnement hostile, il espère être libéré. Le juge persiste et signe, rejette ses demandes, reculant de plus en plus son retour vers la liberté. L'été se profile avec la perspective d'une longue traversée du désert pour cause ds vacances judiciaires. Pierre-Marie devra-t-il attendre l'automne pour pouvoir enfin retrouver sa femme Catherine et ses deux enfants ?

Ce livre, présenté comme un récit et vendu comme « inspiré d'une histoire vraie » a le grand mérite de poser le problème de la « détention préventive » qui malheureusement est plus souvent qu'on croit, totalement arbitraire. Du fond de sa cellule humide et vétuste, notre journaliste se lamente beaucoup, trop à notre goût, multiplie les déclarations d'amour à sa femme et à ses enfants, tout en révélant vers le milieu du bouquin qu'elle l'a trompé et qu'il la soupçonne de ne pas vraiment l'aimer. Les séquences de pleurnicheries étant assez monotones et répétitives, l'ennui s'installe rapidement. Ainsi partage-t-on la lourde et sinistre ambiance du quotidien de la détention. On aurait aimé que l'affaire qui a provoqué tout ce gâchis soit présentée un peu moins succinctement et surtout que le style soit un peu plus enlevé. L'auteur utilise alternativement les première et troisième personnes du singulier. Tantôt lit-on une sorte de journal intime tristounet, tantôt découvre-t-on le personnage vu de l'extérieur comme dans un reportage. Effet littéraire qui n'apporte pas grand chose. Et pour ne rien arranger, la fin se révèle décevante car assez peu vraisemblable. Un ouvrage qui ne marque pas et ne laisse pas grand souvenir.

3/5

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