14/02/2013

Les flammes du paradis (Michel Peyramaure)

Les flammes du paradis.jpgAux confins du Périgord, au bord de l'Auvézère, se trouve la forge du Paradou tenue de main de maître par Martin Laveyssade, également propriétaire d'un austère château qui domine la vallée. Les temps sont durs sous le règne de Louis-Philippe, mais cette modeste industrie arrive à faire vivre une trentaine d'ouvriers, tous anciens paysans. Martin disparu sans avoir procédé aux investissements indispensables, ses deux frères devenus respectivement militaire et archéologue, c'est à sa fille Séverine que revient la lourde tâche de reprendre la direction du Paradou. Parviendra-t-elle à redresser une situation rendue de plus en plus difficile par l'ouverture des frontières et par la rude concurrence des aciers étrangers ?

Un roman de terroir et d'histoire qui permet de découvrir la vie de ces vallées sauvages qui basculent brusquement d'un univers patriarcal à un monde industriel résolument tourné vers l'avenir avec toutes ses inventions révolutionnaires (vélocipède, chemin de fer, automobile). Une période troublée du point de vue politique et social : Restauration, Conquête de l'Algérie, Révolution de Juillet 1848 et Coup d'état de Louis Napoléon Bonaparte. Au fil des pages, le lecteur pourra croiser la route d'Eugène Le Roy, l'auteur du célèbre roman « Jacquou le Croquant », d'Antoine de Tounens, l'aristocrate, voyageur et aventurier nostalgique, futur roi de l'improbable royaume de Patagonie et du terrible maréchal Bugeaud à la fois homme d'ordre et de répression et innovateur sur son propre domaine agricole. Les personnages sont attachants comme Séverine, cette femme courageuse qui fait un mariage de raison avec Sylvain en sacrifiant Pierre, son amoureux platonique, avant de tromper son infidèle mari avec un pianiste, puis divorcer, retrouver Pierre pour finalement revenir avec Sylvain à la mort de Pierre. Des amours compliqués et un peu romanesques. Les autres personnages sont hauts en couleurs : un père noceur, jouisseur et coureur de jupons, un frère joueur, une soeur quasi-nymphomane et une mère raide comme la justice. L'ensemble, qui peut sembler un peu caricatural tout comme la fin mélodramatique, est racheté par le style et la verve de Peyramaure qui distille son histoire à petites touches, sans se préoccuper d'ordre chronologique et en parlant par la bouche de Séverine. Un très bon moment de lecture pour celles et ceux qui aiment ce genre bien particulier.

4/5

08:52 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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