31/12/2012

Bonne Année 2013 !

Bonne et heureuse année 2013 à toutes les lectrices et lecteurs de ce blog. Que leurs voeux les plus chers soient exaucés : santé, amour, bonheur, prospérité...

bonne année 2013.jpg


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29/12/2012

Les bons Samaritains (Nouvelle extraite du recueil "Dorian Evergreen")

Le froid pinçait dur quand Pabo le clodo, sortit de l’escalator du Forum des Halles sur le coup de 22 heures. Un vent glacé balayait la rue Saint Denis. Un tas de gens marchaient en tous sens, vaquant sans doute à leurs derniers achats de Noël. Cette année, on allait encore dévaliser les marchands de jouets, piller les supermarchés, engloutir des tonnes de riches nourritures et avaler des hectolitres de boissons pleines de bulles. Personne ne se souciait de Pabo. Pour être honnête, il faut préciser que Pabo n’avait pas grand-chose d’attirant. Il portait de grosses godasses crasseuses et éculées et un pantalon sans forme ni couleur définie qui recouvrait un jean dépassant un peu en bas. Il protégeait sa tête à l’aide d’un bonnet péruvien si sale et si usé qu’on n’en distinguait plus les dessins ni les couleurs et son torse paraissait énorme en raison des chemises, pulls troués, veste et blouson qu’il portait les uns sur les autres… Malgré cette accumulation de couches de vêtements, Pabo se sentit saisi par le froid glacial de cette fin décembre et se mit à grelotter. Avec son baluchon de misérables affaires entassées dans un sac plastique, il se mit à remonter la rue, histoire de se réchauffer un peu…

Sur les marches du parvis de la petite église Saint Leu, il aperçut quelques miséreux de son acabit. Il s’en approcha. Dans le coin, il était impossible de faire un pas sans rencontrer de SDF. Pabo n’appréciait pas spécialement leur compagnie surtout depuis qu’il avait été frappé puis dépouillé d’une belle paire de bottes par deux d’entre eux. Ceux-là avaient l’air assez inoffensif. La porte de l’église était ouverte. On entendait de la musique et des chants qui venaient de l’intérieur.

- C’est la Madone qui chante avec ses anges, fit une vieille aussi puante qu’édentée…

Pabo tendit l’oreille. Les voix étaient douces, les chants beaux et rythmés, mais on ne pouvait pas vraiment en profiter à cause du bruit de la rue.

- Pourquoi qu’on n’entre pas ? demanda Pabo.

- Faut pas déranger la Madone. Elle est trop belle, on est trop sales, lui répondit un vieux vêtu d’un caban et d’une casquette de marin. Pabo fut immédiatement incommodé par son haleine avinée. Il remarqua la bouteille de rouge qui dépassait de sa poche. «Ils font ça tous les samedis soirs et quand ils sortent, ils oublient jamais de me donner un p’tit soleil ! » précisa le clodo de la marine.

Ce n’était pas la pièce de un ou deux dolros qui intéressait Pabo, mais plutôt l’abri et la chaleur relative qu’il aurait pu trouver à l’intérieur de l’église Saint Leu. Comme il n’osait pas se montrer plus inconvenant que les autres, il s’assit sur les marches et attendit. A l’intérieur, Violaine, une magnifique brune aux traits délicats et Jérôme, son ami qui l’accompagnait à la guitare, animaient de leurs chants la veillée hebdomadaire du groupe de prière charismatique qu’ils venaient de fonder. Le curé avait accepté de prêter son église à ce groupe de jeunes chrétiens à la condition expresse qu’ils n’oublient pas de se consacrer par la même occasion aux plus démunis de sa paroisse. Il ne voulait surtout pas que cette célébration ne soit qu’un caprice de gosses de riches. Il avait eu les plus grandes craintes quand Jérôme lui avait annoncé tout de go que son unique but dans la vie était de devenir « saint » et quand Violaine lui avait calmement assuré qu’elle se marierait vierge…

Pour une veillée de Noël, l’assemblée était encore moins nombreuse que d’habitude. Seuls Pierre et Paul, les plus fidèles du groupe de jeunes, étaient venus et chantaient à s’époumoner pour compenser les défections. Ils venaient de terminer les habituels cantiques de louange quand Jérôme déclara : « Je ne peux pas continuer ainsi… alors qu’il y a tant d’enfants du Seigneur dans le froid… Nos invités ne sont pas venus ce soir… Convions les vrais amis du Seigneur, les pauvres, les malheureux, tous ceux qui souffrent, à partager avec nous ce moment de bonheur… »

Pierre et Paul se regardèrent, interloqués. Un doux sourire illumina le beau visage de Violaine. Elle avait compris. En se tenant par la main, les deux amoureux platoniques quittèrent le chœur et se présentèrent à la porte donnant sur la rue. D’une voix claire et joyeuse, ils invitèrent le petit groupe de clochards qui battaient la semelle à se joindre à eux : « Entrez, entrez, frères et sœurs, le Seigneur vous appelle, vous aussi ! » Jérôme reprit sa guitare et attaqua les premiers accords de « Venez, chantons notre Dieu ». Le chant de louange s’éleva d’abord timidement, puis une voix, puis deux se joignirent au chœur et tout le monde suivit le groupe à l’intérieur de l’église. Venus d’un peu partout, les pauvres, les passants, les badauds se mirent à entrer petit à petit, les uns entraînant les autres. Les travées remplies, la célébration devint joyeuse et magnifique, fervente et recueillie. Dans la pénombre à peine éclairée par les cierges et les bougies, on ne distinguait plus vraiment qui venait de la rue, qui était issu des beaux quartiers. Pendant une heure, on assista à la communion spirituelle d’un joyeux groupe d’enfants de Dieu qui chantaient et priaient ensemble…

Perdu dans la foule, Pabo était aux anges. Il y avait tellement longtemps qu’il n’avait pas entendu de musique, qu’il n’avait pas ressenti pareille impression de sérénité et de recueillement. Il ne savait plus vraiment s’il chantait, s’il priait ou s’il planait. Cela devait être ça, le paradis… Les yeux de Violaine et de Jérôme brillaient. Ils exultaient de joie. Jamais ils n’avaient animé une aussi belle célébration… « Merci, Seigneur ! Amen… Halleluyah ! », s’exclamèrent-ils. « Et surtout, Joyeux Noël à tous ! »

Le curé de Saint Leu s’approcha du micro et après avoir remercié ses jeunes animateurs, s’adressa à la foule : « Amis de la rue, la fête ne fait que commencer ! Nous vous invitons tous à rejoindre la place de l’Hôtel de Ville où on vous attend pour vous servir un vrai repas de réveillon sous un chapiteau chauffé. Ne ratez surtout pas ça !... » Puis la foule s’écoula lentement dehors, toute à sa joie de pouvoir continuer les festivités. Seul Pabo restait assis sur sa chaise, voulant sans doute encore prolonger un peu cet instant de bonheur. La douce Violaine s’approcha de lui… « Frère, vous ne suivez pas le mouvement ? »

- Non, répondit le clochard. Je n’en ai pas envie. Je veux rester encore un peu ici. J’ai l’impression d’entendre encore votre belle musique…

- C’est trop aimable, mon ami… Merci ! Mais vous devriez quand même vous rendre au réveillon du Secours Cahotique comme vous l’a conseillé le père Claude… C’est Noël, restons tous dans la joie du Seigneur !

Et elle retourna vers les trois garçons qui rangeaient le matériel et s’apprêtaient à partir. Ils discutèrent un moment et revinrent vers Pabo.

- Qu’allez-vous faire l’ami, si vous n’allez pas au banquet avec les autres ? lui demanda Jérôme.

- Je vais traîner tout seul, encore plus triste qu’avant… Vous savez je m’appelle Pablo et tous les autres, ils se moquent de moi en transformant mon nom en « Pabo ». C’est vrai que je suis sale, moche et puant, mais comment être autrement en vivant dans la rue…

- Eh bien, c’est simple, nous vous invitons à venir dîner avec nous… Ca vous convient ?

- Ah non, je suis trop dégueulasse, je ne peux aller nulle part…

- Aucun problème, on se chargera de tout…

Les quatre jeunes l’escortèrent jusqu’au petit studio de Jérôme où il fut lavé, rasé et facilement rhabillé de pied en cap car il avait à peu près la même taille que le jeune guitariste. En se regardant dans le miroir de la salle de bains, il eut l’impression d’être un autre ou plutôt d’être redevenu lui-même, c'est-à-dire Pablo Dos Santos, tourneur au chômage, divorcé et père de trois enfants. La soirée puis le réveillon lui semblèrent ni plus ni moins que magiques. Les quatre jeunes l’entraînèrent dans un bar à la mode pour prendre l’apéritif dans une joyeuse ambiance. Ils passèrent ensuite le réveillon dans un restaurant chic avec orchestre tsigane. Pablo goûta de tout, mangea de grand appétit, apprécia vins fins et champagne et s’endormit même une petite heure sur la banquette de maroquin rouge. Au moment de se quitter, Violaine et Jérôme lui proposèrent de l’héberger, histoire de lui éviter de dormir dehors par une nuit aussi glaciale. Il refusa fièrement. Il n’y eut rien à faire pour le décider…

Le froid de la rue venait de lui rappeler qu’il n’était et ne resterait toujours que Pabo, le clodo. Il venait de vivre une parenthèse de bonheur inespéré dont il les remercia chaleureusement. Mais il lui était impossible de se remettre dans la peau de celui qu’il avait été autrefois et qu’il ne pourrait plus jamais redevenir.

- Nous respectons ta décision, mon frère, lui dit Jérôme. Mais tu sais maintenant où nous nous trouvons. Viens nous voir quand tu veux… On verra ce qu’on pourra faire pour t’aider…

Vêtu de ses beaux habits de bourgeois, Pabo se dirigea à petits pas vers la Seine. Le froid avait encore pris de l’intensité. Il regretta un instant son accumulation de fripes pouilleuses. Il se dit qu’il irait dès que possible les récupérer chez ses bienfaiteurs…

Le lendemain, le SAMU social le retrouva sur le coup de huit heures. Mort de froid une nuit de Noël dans le square du Vert Galant…

(Le recueil de nouvelles "Dorian Evergreen" est disponible en version papier sur TheBookEdition.com)


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27/12/2012

Le tour du monde de la politesse (Collectif)

Le tour du monde de la politesse.jpgLa politesse, que certains peuvent juger proche de l'hypocrisie voire de l'obséquiosité, est une sorte de lubrifiant qui permet d'adoucir les rapports humains, de rendre ceux-ci supportables voire agréables à condition de bien en connaître les codes et usages. Et ceux-ci peuvent être fort différents d'un pays à l'autre. Ainsi se salue-t-on en Inde d'un « Namasté » en joignant les mains sur la poitrine, au Japon d'une courbette alors qu'en Russie il n'est pas de bon ton de sourire dans la rue ou de dire bonjour à un voisin... De même, il n'est pas toujours bienséant de distribuer des bises dans nombre de pays voire d'éternuer ou de se moucher en public... Les usages des uns peuvent être les insultes des autres. Certaines règles intangibles chez nous peuvent n'avoir ni sens ni utilité ailleurs. D'où l'intérêt de ce petit livre qui permettra bien des découvertes et des surprises au lecteur.

Pour chacun des vingt deux pays étudiés, un spécialiste des bonnes manières et un correspondant étranger du journal « Le Monde » nous dévoilent les arcanes des bons comportements, ceux qui permettront de se faire accepter dans chacun des pays traversés. Codes de politesse ou de courtoisie qu'il est toujours bon de connaître et de respecter pour éviter de commettre un impair et de s'attirer sottement des ennuis. « A Rome, vis comme un romain », disait un proverbe totalement confirmé par ce petit livre qui regroupe une série d'articles pleins d'humour publiés au cours de l'été 2011 par le quotidien en question et repris dans cet ouvrage. A noter également et à marquer d'un signet, le dernier chapitre. Et les Français ? Comment se comportent-ils à l'étranger ? Comment se comportent-ils avec les étrangers ? Pas si bien que cela pour des gens qui pensent être des parangons de politesse vu qu'ils l'estiment presque innée chez eux. Si l'on se réfère à un sondage pratiqué sur 40 000 hôteliers du monde entier, le touriste français serait presque le pire du monde juste devant le chinois et l'hindou. Il serait arrogant, imbu de lui-même, prétentieux, radin et ne faisant aucun effort pour dire deux mots dans la langue du pays ou en anglais. Sans parler du fait qu'il trouve toujours que tout est mieux chez lui. Autant dire qu'avec la politesse et les bons comportements en société, il y a encore et toujours du travail... Un livre intéressant même si l'on ne voyage qu'autour de sa chambre.

4,5/5

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25/12/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 2/3ème partie)

Ce livre est disponible en version papier chez TheBookEdition et chez Lulu et en version e-book chez Amazon. Si ces extraits, vous ont plu, n'hésitez pas, cliquez dans les colonnes...

 

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24/12/2012

Joyeux Noël !

A toutes les lectrices et lecteurs de ce blog, qu'ils soient occasionnels ou assidus...

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ET PAIX SUR LA TERRE AUX HOMMES DE BONNE VOLONTE !

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23/12/2012

Un lit d'aubépine (Jean Anglade)

Un lit d'aubépine.jpgEn 1902, Pancrace Cervoni, un gendarme d'origine corse, débarque à Viverols, petite commune sise aux confins de l'Auvergne, du Velay, du Forez et du Vivarais. Il tombe amoureux d'une paysanne quasi illettrée, Tiennette Farigoule, qui accepte de devenir sa femme plus par devoir que par sentiment. Le couple aura trois garçons, Annet, Jean et André. L'aîné perdra un oeil lors d'un jeu de gamins et deviendra prêtre. Le cadet entrera à Saint Cyr et se retrouvera officier en Algérie où il épousera une autochtone après s'être converti à l'islam. Quand au benjamin, après des débuts peu enthousiastes comme facteur, il sera tenté par des profits plus substantiels et moins fatigants et deviendra proxénète à Lyon. Tiennette, en bonne mère, gardera un égal amour pour ses trois garçons aux destins aussi dissemblables.

Cette humble saga familiale qui s'étend sur un demi siècle permet au lecteur de traverser la Belle époque, la Première Guerre mondiale, la Seconde, l'Occupation et de terminer par l'Epuration, tels que ces évènements majeurs furent vécus par de petites gens de la campagne profonde. Les personnages de Tiennette, cette mère courage pas très finaude, et celui d'Annet, le prêtre borgne qui ne profite que de la moitié des choses de la vie, sont particulièrement attachants. La fin de l'homme de Dieu, en forme de montée au calvaire, a même quelque chose de christique. Le père et les deux autres frères relèvent plus du picaresque voire de l'eau-forte mais traités avec compassion et humanité par un Anglade toujours aussi excellent dans la description des ambiances villageoises. Bien que l'histoire soit assez banale malgré quelques anecdotes surprenantes comme cette improbable descendance de Louis XVII, l'ensemble reste agréable à lire ne serait-ce que par le dépaysement dans l'espace et le temps.

3,5/5

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22/12/2012

Flashmob de Noël aux USA

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21/12/2012

Ca m'agace ! (Jean-Louis Fournier)

ca m'agace.jpgEn une quarantaine de petits articles illustrés de dessins humoristiques, Jean-Louis Fournier nous présente à sa manière inimitable un inventaire à la Prévert de tout ce qui l'agace, l'énerve, l'ennuie, lui pourrit la vie. De la mite qui fait un gros trou sur le devant de son pull en cachemire au moustique qui l'empêche de dormir en passant par le désespéré qui se jette sous le TGV bloquant tous les passagers pendant cinq heures alors qu'il aurait pu choisir un train de marchandises. C'est amusant, décalé, plein de vérités pas toujours bonnes à dire comme : « J'aimais bien le préfet Poubelle, j'aime moins le préfet à Roulettes » ou « Pourquoi vous nous prenez pour des cons, Monsieur le Ministre ? » ou encore « Ne vous mettez pas à la place des gens intelligents, vous ne seriez pas à votre place. » Ca se lit en un rien de temps avec une grande délectation car c'est ciselé, plein d'humour et d'esprit, tout à fait dans la veine de « Mouchons nos morveux » et de « Les mots des riches, les mots des pauvres. » Ca pourrait sembler un peu jérémiade de vieux grognon, mais pas du tout. C'est présenté avec tant d'intelligence, d'élégance et de poésie qu'on en redemande.

5/5

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20/12/2012

Pied de nez à la fin du monde...

calendrier maya.jpg

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19/12/2012

Tout le monde fait l'amour (Pascale Clark)

Tout le monde fait l'amour.jpg« Tout le monde fait l'amour ». Même Maud, même trop. Même Gertrude, même mal. Même pas, comme Clara qui se demande comment font les autres. Ainsi résumée, on comprendra que l'intrigue tienne sur un seul timbre-poste. Trois jeunes femmes d'un milieu qu'on imagine aisé, bobo, et branché « Marais » ont trois approches différentes de la sexualité. Maud, la plus jolie, collectionne les amants avec une sorte de boulimie qui ressemble terriblement à de la nymphomanie. Gertrude, moins gâtée par la nature, tombe éperdument amoureuse d'un homosexuel et qui se retrouve enceinte et Clara, l'intello mal baisée, en dépit d'efforts aussi méritoires que dérisoires, ne parvient jamais à conclure. Trois personnages que l'on jurerait tirés de feuilletons télé style « Sex and the city » ou « Plus belle la vie »... De la chick-lit de série Z ! Le lecteur peine à s'intéresser à ces trois péronnelles travaillées par une sexualité virant à l'obsession. Si une enfance de « grosse » traumatisée par une première expérience particulièrement cruelle excuse le comportement de Maud, si la sottise crasse de Gertrude peut se comprendre, il n'en est pas de même du comportement de Clara, évident avatar de l'auteur. Son personnage reste agaçant, égoïste, nombriliste et lassant avec toutes ses interrogations, ses ricanements et sa vision aigrie du monde en général et des hommes en particulier. Elle semble avoir une si haute idée de sa valeur que personne n'est digne d'obtenir ses faveurs alors qu'elle ne cesse de se déclarer prête à céder au premier venu !

Avec un aussi maigre sujet et des personnages aussi navrants, une habile écrivaine aurait encore pu faire autre chose que cette médiocre littérature hormonale. L'ennui, c'est que Melle Clark n'est ni Millet ni Angot (elle n'en a pas la sensualité), ni Despentes ni Pancol ni Constantine (elle n'en a pas l'humour léger, décapant ou décoiffant). Tout juste l'aigre ironie grinçante et le ricanement agaçant. On ne lui déniera pas un joli brin de plume avec son style très « djeun », très parlé, pseudo-moderne, fait de très courtes phrases, de jeux de mots faciles et surtout de longs dialogues sur des sujets placés presque toujours bien au-dessous de la ceinture. Mais sans doute faut-il être indulgent pour un premier roman anodin, et sans doute publié pour surfer sur la célébrité de cette journaliste de radio et télé. Les deux autres opus qu'elle a commis ensuite sont peut-être plus réussis. A voir.

2/5

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17/12/2012

L'espace prend la forme de mon regard (Hubert Reeves)

L'espace prend la forme.jpgPetit livre de considérations et réflexions diverses et variées de l'astrophysicien canadien, cet « Espace qui prend la forme de mon regard » est une sorte de journal ou de carnet de bord rempli de notes écrites à la va-vite, de réflexions philosophiques ou morales plus ou moins profondes, ainsi que d'observations plus ou moins poétiques de la nature. Composé de quatre parties : « Le temps qui passe », « Au cimetière », « De la nature » et « La quête de sens », ce livre pose la plupart des questions essentielles. Qu'est-ce que la vie ? D'où vient-elle ? Une horloge peut-elle exister sans grand horloger ? Pourquoi l'homme a-t-il une conscience ? Y a-t-il une vie après la mort ? Que faisons-nous sur cette terre ? Autant de problématiques auxquelles le grand scientifique n'apporte aucune explication définitive, chacun s'en doutera. Alors quel peut bien être l'intérêt de publier ce genre de texte qui, s'il émanait du citoyen lambda, serait certainement resté douillettement niché au fond d'un tiroir ? L'indulgence naturelle du lecteur l'amènera à ne pas répondre à cette question tout en conseillant de faire un détour tant l'intérêt est réduit. Etre un astronome reconnu n'implique pas d'être également un grand poète ou un philosophe de haut niveau. Ingres jouait du violon, mais jamais personne ne l'a confondu avec Pagannini... Quelques photos d'art en noir et blanc dont une jolie reproduction d'un Giacometti illustrent ce petit opus assez quelconque.

2/5

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15/12/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 2/2ème partie)

Ce livre est disponible en version papier chez TheBookEdition et chez Lulu et en version e-book chez Amazon. Si ces extraits, vous ont plu, n'hésitez pas, cliquez dans les colonnes...

 

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13/12/2012

Constantin le Grand (Max Gallo)

Constantin le Grand.jpgAu début du IVème siècle, alors que les persécutions contre les chrétiens n'ont fait que les renforcer, monte au pouvoir Constantin Ier, fils de Constance 1er Chlore, César des Gaules, assez bienveillant avec les chrétiens et d'Hélène, chrétienne elle-même. Vaillant guerrier, capable d'affronter dans l'arène les plus terribles gladiateurs, Constantin devra batailler dur pour arriver au sommet et pour s'y maintenir. La veille d'un combat difficile, il remarque quelque chose dans le ciel. Une croix avec cette inscription : « Par ce signe, tu vaincras ». Toute sa vie, il s'appuiera sur les chrétiens pour conserver son pouvoir. Non seulement il fera cesser les persécutions, mais encore il fera construire des basiliques, maintiendra l'unité de l'église malgré le schisme d'Arius et fera de la nouvelle religion l'unique religion d'état. Et paradoxalement, il ne se convertira et ne se fera baptiser que sur son lit de mort. Habile et cruel, il sera resté païen toute sa vie et aura fait assassiner une grande partie de ses proches (fils égorgé, première femme ébouillantée). Il fera procéder à la fondation de Constantinopolis, la « Nova Roma », la ville de Constantin qu'il voulut encore plus belle, plus saine et plus prestigieuse que Rome.

Ce cinquième tome de la série « Les Romains » est sans doute le meilleur. Le personnage paradoxal et ambigu de Constantin y est certainement pour beaucoup. Max Gallo se sert de deux témoins, Marcus Salinator et Denys l'Ancien pour nous raconter par le menu ce destin exceptionnel. L'Empire romain est divisé, en proie à la pire des décadences. Les barbares sont aux portes, toujours prêts à l'invasion. Les luttes de pouvoir sont terribles et il faut un homme à la fois fort et providentiel. Ce sera Constantin. Il essaiera bien de faire en sorte qu'après sa mort son oeuvre devienne pérenne grâce à ses fils. Mais ce ne sera pas le cas. Julien l'Apostat tentera même de remettre au goût du jour les cultes anciens. Il restera deux ans sur le trône et sera assassiné. Son successeur, Jovien, rétablit la chrétienté mais ne règne qu'un an. Et en 476, ce fut la fin de l'Empire d'Occident. Un livre passionnant, très bien écrit, agréable à lire et qui donne envie d'en savoir encore plus sur cette période trouble de l'histoire de Rome.

5/5

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09/12/2012

Marc-Aurèle / Le martyre des chrétiens (Max Gallo)

marc-aurèle.jpgA la mort de l'empereur-philosophe Marc-Aurèle, Commode, son fils, en réalité un batard que sa femme a eu avec un gladiateur, lui succède. Sadique et dépravé, ce dernier va se comporter comme un nouveau Néron et persécuter sauvagement les chrétiens. Un noble romain, Julius Priscus, disciple et ami de Marc-Aurèle est désolé du tour que prennent les évènements. L'attitude des chrétiens lui semble incompréhensible. Comment ces gens font-ils pour aller à la mort en chantant et pour se laisser martyriser aussi facilement ? Il interroge longuement Eclectos, un grec chrétien qui croit que le royaume de Dieu est proche et qui affirme que bientôt un empereur se convertira et que de l'alliance entre romains et chrétiens sortira un monde et une ère nouvelle.

Un roman historique sur une période particulièrement troublée. Décadence romaine d'un côté et montée en puissance des Chrétiens de l'autre. Le sang des martyrs étant semence de nouveaux Chrétiens. Au début, ceux-ci passent pour des renégats car, objecteurs de conscience avant l'heure, ils refusent de prendre les armes et ne rendent pas le culte dû à l'Empereur divinisé. Ils sont accusés de tous les maux, fouettés, battus, torturés et jetés aux lions. Gallo décrit longuement le supplice de Blandine, de l'évêque Pothin et de leurs malheureux compagnons suppliciés dans les arènes de Lugdunum. Une des scènes les plus gore du livre. Heureusement, il a su contrebalancer ces horreurs par de longues discussions entre Julius et Eclectos et faire quelques flashbacks sur la pensée et les écrits de Marc-Aurèle (humaniste qui n'alla pas jusqu'à faire grâce aux chrétiens) ce qui permet de comprendre les enjeux et les problématiques de cette véritable « révolution culturelle ». Très facile et très agréable à lire, ce livre donne une bonne idée de l'ambiance de l'époque sous une forme de vulgarisation historique simple et légère. Ouvrage plus divertissant qu'universitaire.

4/5

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07/12/2012

Un parrain de cendre (Jean Anglade)

Un parrain de cendre.jpgA Treignac en 1924, dans le Limousin, un couple d'agriculteurs, Clémente et Thérèse Peyrissaguet, en est à son dixième enfant quand un notable du coin les propose pour le Prix Cognacq-Jay, créé pour récompenser les familles nombreuses. Ils le remportent et touchent la coquette somme de 20 000 francs qui leur permet d'acquérir partiellement leurs terres et d'acheter une jument, une carriole et un moulin à céréales. Au douxième enfant, une petite fille, ils obtiennent le parrainage du Président de la République, Gaston Doumergue, mais cette glorieuse distinction n'apportera quasiment rien à ces paysans modestes, tout juste un diplôme, une lettre et une toute petite somme d'argent. Et pourtant, ils baptiseront leur fille « Gastounette », enverront leurs voeux au Président et feront tout leur possible pour se rappeler à son bon souvenir. Dotée de ce parrain « de cendre », la petite Gastounette, dite « Tounette » après un début aussi glorieux, n'aura qu'un destin des plus communs...

Un joli roman de terroir comme sait si bien en écrire ce bon Jean Anglade qui nous fait suivre sur plus d'un demi-siècle la vie modeste d'une petite paysanne entre les prairies du haut Limousin et les coutelleries de la ville de Thiers. Occasion d'une plongée dans le monde de l'avant guerre avec la guerre d'Espagne, le Front Populaire, la montée en puissance d'Hitler, la Seconde Guerre Mondiale avec ses privations (pas pour tout le monde) et l'après-Guerre avec le début des Trente Glorieuses, l'arrivée de l'électricité, de la radio et enfin de la télévision jusqu'au fin fond des campagnes. Courageuse, malheureuse et fidèle, Tounette est un magnifique personnage attachant et bien représentatif des gens de cette époque. Famille et belle-famille sont particulièrement bien croquées et présentées avec humanité, tendresse et un soupçon d'humour et de malice. Ecriture fluide et agréable. Un petit bijou à consommer sans modération.

4,5/5

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05/12/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 2/1ère partie)

Ce livre est disponible en version papier chez TheBookEdition et chez Lulu et en version e-book chez Amazon. Si ces extraits, vous ont plu, n'hésitez pas, cliquez dans les colonnes...

 

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03/12/2012

La femme du futur (François Coupry)

la femme du futur.jpgDr Jekyll et Mister Hyde devisent en buvant quelques verres sur le thème de l'improbabilité et de l'incertitude d'un monde où rien ne se tient et où tout est fluctuant. Le révolutionnaire d'hier devient le réactionnaire de demain. Ce qui était d'arrière-garde voire du dernier ringard se retrouve soudain d'avant-garde et furieusement tendance... Un homme de trente ans qui se déclare fou n'arrive pas à se faire admettre à la crèche, ni à l'asile de d'aliénés, ni chez les gitans. Il veut rendre l'argent qu'il reçoit chaque mois et payer des impôts. Mais il n'y parvient pas car il n'existe pas, il ne figure sur aucun registre. Que devra-t-il faire pour devenir un homme comme tout le monde ?... Des microbes se promènent à l'intérieur d'un corps de femme qui leur semble immense et qui leur sert de garde-manger. De ci, de là, ils font toutes sortes de dégradations. Mais leur vie devient nettement plus compliquée quand des armées de rousses nues les pourchassent et réparent les dégâts causés... Après avoir été opéré de l'appendicite, un patient aggrave son cas pour pouvoir rester plus longtemps à la clinique... Anna Wooh vit dans un monde où l'on gagne de l'argent sans travailler, où tout les gens sont riches, où il n'y a pas de pauvres, où les machines se réparent toutes seules et où tout le monde est beau, insouciant et gentil. Mais Anna a des doutes. Elle cherche même à prouver que la réalité existe...

Cette compilation de cinq titres peut surprendre le lecteur autant par ses thèmes que par son style. Le format des quatre textes principaux est plus proche de celui de la novella que de celui de la nouvelle à proprement parler. A elle seule, chaque histoire aurait pu être un véritable roman et aurait d'ailleurs gagné à rester publiée séparément. En effet, Coupry cultive très soigneusement le paradoxe, l'incohérence et surtout l'inversion des valeurs et des réalités. Avec lui, l'argent fait le malheur et est inutile, le travail n'est pas la santé, les banques ne sont que des bâtiments vides et les bourses sont toutes virtuelles... L'ennui, c'est que sur la longueur, cela tourne au répétitif et à l'exercice de style. Il n'en demeure pas moins que l'univers de Coupry, particulièrement dans le titre éponyme, « La femme du futur », est hautement déstabilisant et a quelque chose à voir avec celui des plus grands auteurs de l'absurde et de l'étrange comme Lewis Carroll, Ionesco, Italo Calvino et même Kafka, par certains côtés. Néanmoins le style reste un peu lourd et cumulatif, voire agrégatif, ce qui demande un peu d'effort de la part du lecteur. Un ensemble étonnant et non dépourvu d'une certaine poésie. Cartésiens s'abstenir !

3,5/5

08:49 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |