29/11/2012

La plantation de Bois-Joli (Alain Dubos)

la plantation de bois-joli.jpgA la fin du XVIIIème siècle, après le « Grand Dérangement », véritable épuration ethnique avant l'heure au cours de laquelle les Acadiens se retrouvèrent déportés par les Anglais et traités comme des bagnards à croupir et à mourir de faim sur des pontons insalubres, une poignée d'entre eux se sont regroupés à Nantes en attendant de repartir vers le nouveau monde et cette fois non plus vers le Canada mais vers la Louisiane. Parmi eux, la jeune Lalie Cormier qui n'eut pas un démarrage facile dans la vie, ayant été violée par un bourgeois. A vingt-cinq ans, elle débarque à La Nouvelle-Orléans en compagnie d'Amand, son amoureux acadien qu'elle trouve frustre et mal dégrossi et pour lequel elle n'éprouve pas de véritable penchant. Après une installation difficile avec sa famille sur les rives du delta du Mississippi dans une nature luxuriante et sauvage, elle rencontre le beau Denis de Canizy, un aristocrate créole propriétaire de la plantation de Bois-Joli. C'est le coup de foudre et le début d'une relation compliquée. Belle-famille hostile, crise de l'indigo, dettes de jeu et duels...

Ce beau roman historique retrace une tentative d'immigration et de réimplantation qui se révèle assez loin de l'image d'Epinal du rêve américain. En effet, l'héroïne, sympathique au demeurant, se retrouve en butte à mille difficultés autant sociales (elle est issue d'un milieu pauvre et méprisé) que relationnelles (Denis, adepte impénitent de la « poque », l'ancêtre français du poker, accumule les dettes de jeu et met en péril la santé financière de son petit domaine). Très bien écrit, ce roman intimiste assez axé sur le sentimental, offre néanmoins une description intéressante de la société louisianaise de l'époque avec ses pauvres colons acadiens, ses riches aristocrates créoles et ses esclaves noirs dont Lalie, très en avance sur son temps, tente de soulager les souffrances. Le lecteur apprendra beaucoup également sur la vie quotidienne des uns et des autres au pays des maringouins et des ouaouarons...

4,5/5

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27/11/2012

Si je t'oublie, Bagdad (Inaam Kachachi)

Si je t'oublie Bagdad.jpgDe 2003 à 2008, Zeina se retrouve en Irak (à Tikrit puis à Bagdad dans la zone verte) interprète pour l'armée américaine. Son père, journaliste et présentateur de télévision arrêté et torturé par la police secrète de Saddam Hussein, s'est réfugié au Etats-Unis avec toute sa famille. Arrivée toute jeune, Zeina se sent autant américaine qu'irakienne de confession chrétienne chaldéenne. Elle accepte de s'engager dans l'armée à la fois pour le salaire mirobolant et par reconnaissance vis à vis de son pays d'adoption. Mais le retour au pays d'origine se révèle aussi amer que décevant. Sa grand-mère la reçoit très mal et lui fait bien sentir qu'elle est devenue une collabo. Les autochtones se montrent plus qu'hostiles et ses propres convictions s'effritent face à la réalité d'une guerre particulièrement sale. (Attentats suicides, enlèvements, égorgements, interrogatoires brutaux et humiliants).

Présenté sous la forme d'un témoignage très crédible, ce roman nous présente le portrait d'une jeune femme immigrée tiraillée entre ses deux « niches » : le pays natal qui la rejette et le pays d'adoption dont elle ne comprend pas bien les motivations. L'ambiance de l'Irak en guerre est très bien rendue avec sa chaleur de fournaise, ses menaces permanentes et à travers les drames d'une guerre sale et sans grand panache. Au départ, Zeina est convaincue de prêter la main à une juste cause : déboulonner le tyran responsable du malheur de sa famille. A la fin, elle n'est plus sûre de rien et se demande même si l'on n'a pas remplacé une dictature par une autre, une torture par une autre et une oppression par une autre. Un livre qui donne à réfléchir sur les horreurs de la guerre, sur l'identité, les racines, le patriotisme et sur la définition même de la résistance. Le terroriste des uns étant toujours le résistant des autres. L'écriture est fluide et agréable à lire et le lecteur peut aisément s'identifier au personnage tiraillé de la sympathique Zeina.

4,5/5

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25/11/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 1/3ème partie)

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24/11/2012

Abraham, le messager d'Harân (René Guitton)

Abraham.jpgD'abord nommé Abram, Abraham est un descendant de Sem, fils de Noé. Fils de Terah, un riche sculpteur d'idoles, il a deux frères, Nahor et Haran. Haran meurt en laissant un fils, Loth. Abram épouse sa demi-sœur Saraï, qui est stérile. Un jour pour échapper à la colère de Nemrod qui ne veut pas entendre parler de dieu unique, Abram quitte Ur avec Terah, Saraï et Loth, son neveu. Ils s'installent à Haran, où Terah meurt. À l’âge de 75 ans, sur ordre de Dieu, Abram quitte Haran avec Saraï, Loth, ses bergers et ses troupeaux, et va dans le pays de Canaan, à Sichem puis au chêne de Mambré, où Dieu lui promet de donner ce pays à sa descendance. Abram y construit un autel, puis atteint le Néguev d’où une famine le chasse vers l’Égypte...

Ainsi débute la formidable épopée du père fondateur des trois religions monothéistes. L'Eternel lui ayant promis une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel, il devra cependant attendre d'avoir 99 ans pour être le père d'Ismaël que lui donnera son esclave égyptienne Agar et quelques années de plus pour qu'un miracle rende fertile Saraï (devenue Sarah) et lui permette d'enfanter Isaac alors qu'elle a dépassé les 100 ans. Dans cette histoire fort agréablement racontée à travers la correspondance entre deux témoins Elias et Eliézer, secrétaire et serviteur d'Abraham, les prodiges et les miracles ne manquent pas. Même si l'historicité du personnage reste discutée en l'absence de preuves archéologiques, René Guitton a pris le parti de rester relativement fidèle au livre de la Génèse ainsi qu'au Coran, ce qui n'en rend son livre que plus passionnant. Le lecteur remarquera au passage combien le message d'amour d'Abraham, diffusé 19 siècles avant notre ère reste plus que jamais d'actualité. Une très agréable plongée dans le Moyen Orient sauvage et perturbé des premiers temps.

4,5/5

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21/11/2012

Le dernier rappel (Pépito Matéo)

Le dernier rappel.jpgDans une maison de retraite imaginaire, Monsieur Korsakov erre dans les couloirs, attendant la mort. Pépito Matéo, dans son propre rôle assiste trois fois à son propre enterrement, s'entretient avec sa mère décédée, s'interroge sur le phénomène du vieillissement et se demande comment aborder la fin de vie et la mort. Il illustre son propos en évoquant le mythe de Gilgamesh, ce héros à la recherche de l'immortalité et en rappelant qu'avec ses 3500 ans d'ancienneté, ce texte gravé sur des tablettes d'argile est le plus ancien du monde...

Par son inspiration plus grave et plus personnelle, « Le dernier rappel » peut être considéré comme le troisième volet d'une trilogie nettement plus sociale voire plus philosophique. Après le séjour au service des urgences (« Urgence ») puis en prison (« Parloir »), il s'attaque au problème de la sénescence sans le placer dans un contexte de condamnation caricaturale des maisons de retraite ou de l'acharnement thérapeutique (mais non sans oublier de rappeler que si la vieillesse coûte à la société, elle rapporte également beaucoup en faisant vivre toutes sortes de professions). En fait, son spectacle, beaucoup plus sérieux que ceux de sa période humoristique et surréaliste, cherche, à travers son cas personnel (comment quitter la scène et prendre une retraite méritée ? ) à atteindre une sorte de philosophie positive. Comment rester en phase avec le monde ? Comment vivre plus ou autrement en disposant de moins ? Tout un programme. Certains pourront regretter les facéties, pirouettes et trouvailles littéraires de l'humoriste première version, d'autres (dont je suis) apprécieront le courage qu'il faut pour aborder pareil sujet avec autant d'élégance, de poésie et d'humanisme.

5/5

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19/11/2012

La Marion du Faouët (Yvonne Chauffin)

Au XVIIIème siècle, aux confins du Morbihan et du Finistère sévit une troupe de brigands de grands chemins menée par une jeune et jolie rousse, Marie Tromel, dite « Marion du Faouët ». Fille de pauvres paysans, elle a passé une partie de sa jeunesse dans une maison bourgeoise ce qui lui a donné des goûts de luxe et l'a éloigné de sa condition d'origine. Pas question pour elle de trimer pour des salaires misérables. En compagnie de son amant, Henry Pezron, et de quelques compagnons, elle détrousse, sans jamais verser le sang, de riches maquignons au retour de la foire tout comme un pauvre curé en train de prier dans son presbytère. Capturé le premier, Henry finit pendu et étranglé. Marion échappera-t-elle à un sort identique ?

La marion du Faouët.jpgPrésenté comme « un grand roman historique », « La Marion du Faouët » est loin de tenir ses promesses. En effet, ce personnage atypique de brigande au grand coeur dans la lignée des Mandrin, Cartouche et Robin des bois a réellement existé et bénéficie encore de nos jours d'une certaine sympathie dans la mesure où elle prit aux riches pour donner aux pauvres, ce qui semble un embellissement de la réalité. L'ennui, c'est qu'avec un tel sujet, le lecteur pouvait s'attendre à une histoire romanesque, pleine de rebondissements et de rythme. Il n'en est rien. Excepté dans les dernières pages, les plus dramatiques, l'intrigue est menée de manière lente, l'action s'englue dans la mièvrerie et l'eau de rose. Que de pages et de temps perdu à nous démontrer son amour indéfectible pour Henry ou à analyser les sentiments et autres états d'âme de l'héroïne ! Et pour ne rien arranger, le style est très quelconque et parfois même un peu verbeux, voire filandreux. N'est pas Dumas ou Féval qui veut...

3/5

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17/11/2012

Laisser courir 2 (Philip Roth)

Laisser courir 2.jpgGabe, malade, se fait héberger par Martha qui le dorlote et qui voudrait bien qu'il élise domicile chez elle. Mais Gabe n'arrive pas à se décider. Pourtant, Martha fait tout pour se rendre disponible. Elle se sépare de sa colocataire et autorise son ex-mari à reprendre ses deux enfants. De son côté, Libby, suite à une maladie des reins, pense ne pas être en mesure d'avoir un enfant. Elle fait appel à une mère porteuse, Théresa, qui doit lui céder son bébé dès la naissance. Gabe joue les « Messieurs Bons Offices » en servant d'intermédiaire entre Théresa et Libby. Mais tout se complique quand le mari de Théresa intervient avec l'intention de tirer un maximum d'argent des Herz. Le couple en sortira-t-il consolidé ? Quelle décision prendra Gabe ?

Ce deuxième tome de « Laisser courir » ne rachète en aucun cas le premier. Etant plus long, il semble encore plus indigeste que le premier. L'intrigue est d'une grande banalité. Les dialogues sont quelconques et sans intérêt. Le personnage de Gabe aurait pu être intéressant par son côté serviable et attentionné aux autres. L'ennui c'est que le lecteur a très nettement l'impression que le côté velléitaire l'emporte un peu trop. Libby est une sorte de caricature ou de stéréotype de la fille capricieuse et égocentrique qui s'imagine que la venue d'un enfant va résoudre tous ses problèmes de couple et lui permettre de s'assumer totalement en tant que femme. Et là, on tombe dans le cliché. Martha reste la seule femme crédible et attachante. C'est quand même très peu pour motiver une lecture laborieuse et ne pas abandonner un bouquin qui n'est pas loin de tomber des mains. Premier roman de Roth, mais pas le meilleur.

3/5

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15/11/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 1/2ème partie)

Ce livre est disponible en version papier chez TheBookEdition et chez Lulu et en version e-book chez Amazon. Si ces extraits, vous ont plu, n'hésitez pas, cliquez dans les colonnes...

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14/11/2012

Laisser courir 1 (Philip Roth)

Laisser courir.jpegLe jeune Gabe Wallach, fils d'un riche dentiste new-yorkais, après des études sans problèmes, trouve une place de professeur d'anglais à l'Université de Chicago. Il a fait la connaissance de Paul Herz, un jeune et mélancolique collègue plutôt fauché qui se veut romancier et de Libby, sa jeune épouse envoûtante et capricieuse. Libby a abandonné ses études. Elle travaille pour le doyen, se retrouve enceinte et semble pas très heureuse dans son couple. Gabe lui sert de confident et peut-être plus si affinités. Il y a également Martha Reganhart, une divorcée au grand coeur, à l'esprit pratique et au franc parler qui n'est pas indifférente à Gabe. Comment ce pauvre garçon pourra-t-il concilier vie facile et un peu égoïste, aide à son prochain et amours contrariées ?

Ce roman du grand Philip Roth n'a pas grand chose à voir avec ses principaux titres (« Portnoy et son complexe », « Le grand roman américain » ou « Zuckerman délivré ») publiés ultérieurement. Pour un roman d'apprentissage, il est relativement achevé. Le style est affirmé quoiqu'un peu lourd et répétitif, les dialogues vivants, mais le fond et l'intrigue déconcertent un peu. Le lecteur découvre une sorte de chronique universitaire basée sur la description de saynètes de la vie de tous les jours de quelques personnages de profs plus ou moins sympathiques. A cela s'ajoute une construction non linéaire et non chronologique dans laquelle s'accumulent les points de vue et les angles d'attaque différents. Le « je » ne correspond pas toujours au même personnage, ce qui ne simplifie pas une lecture un tantinet laborieuse et, au bout du compte, pas spécialement passionnante. En conclusion, pas le meilleur de Roth et de loin...

3,5/5

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11/11/2012

L'écureuil des vignes (Jean Anglade)

L'écureuil des vignes.jpgVers 1830, en Auvergne, le jeune Sylvain Sahut aide son père carrier et tailleur de pierres de lave en travaillant comme « écureuil », c'est à dire en marchant à l'intérieur d'une roue qui servait de grue ou de monte-charge fonctionnant grâce à cette traction humaine. Malheureusement, la poussière de lave lui occasionne de graves crises d'asthme qui lui interdisent de prendre la suite de son père. Après de courtes études de médecine à Clermont Ferrand, il deviendra « officier de santé », sorte de sous-médecin, au Mont-Dore, centre de cures thermales, avant d'ouvrir un cabinet médical à Saint Gervais, un bourg des Combrailles. Il devra faire face à la concurrence des rebouteux, magnétiseurs, sages-femmes et même du curé, tant les superstitions et les croyances étaient vivaces à cette époque. Assez tardivement, il prendra pour épouse une artiste peintre parisienne. Le brave Sylvain trouvera-t-il le bonheur ?

Un roman de terroir bien écrit et fort intéressant. Une intrigue plutôt originale basée sur la biographie d'un médecin de campagne dévoué à ses patients dans une contrée où les gens cherchaient à éviter au maximum les recours au médecin et préféraient se soigner eux-mêmes ou avoir recours à toutes sortes d'expédients. Le lecteur en apprendra beaucoup sur le sujet. On n'imagine pas combien pouvait être archaïque la médecine d'avant Pasteur. Anglade a également beaucoup étudié la vie des carriers, le travail des sculpteurs de pierre et les moeurs des campagnes auvergnates encore très arriérées et loin de tout. Le personnage de Sylvain est particulièrement attachant. On n'en dira pas autant de celui d'Hermine qui n'intervient d'ailleurs que dans le dernier tiers de l'ouvrage. Rien que pour le style vif et agréable d'Anglade, pour l'étrangeté des balbutiements de la médecine et pour l'ambiance très bien rendue de l'Auvergne du XIXème siècle, ce livre mérite amplement d'être lu.

4,5/5

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09/11/2012

Contes et récits fabuleux du Gers (Ginette Dubosc)

Contes et récits fabuleux du gers.jpgUn soldat de bronze fraîchement repeint profite de cette nouvelle jeunesse pour quitter le socle de son monument aux morts et aller se dégourdir les jambes dans la campagne... Une petite fille chasse de vilaines sorcières en se servant d'un bâton magique... Bacchus dispute à Lucifer le jardin d'une gamine... Une revenante fait de l'auto-stop pour avertir deux automobilistes du danger représenté par un mauvais virage et leur éviter d'être victimes d'un accident ; puis elle disparaît mystérieusement... Un pauvre paysan doit se tuer au travail pour subvenir aux besoins de sa très nombreuse famille pendant que son fils aîné passe son temps à lire des livres toute la journée... Pour conjurer l'arrivée de la fin du monde qui doit ravager le triangle Auch-Condom-Mirande le 6 juin 1999, une jeune femme doit construire une maquette représentant la région et se répandre en prières... Une femme très laide et très pauvre voudrait bien s'acheter la beauté que peut lui obtenir un magicien qui la vend à prix d'or. Un jour, une fée lui permet de faire un voeu. Négligeant la beauté, la femme préfère demander la richesse, espérant ainsi faire coup double. Mais...

Tels sont les débuts de quelques-uns des dix huit contes et récits qui composent ce recueil. Un ensemble assez disparate rassemblant des histoires remontant au Moyen-Age et des textes plus ou moins anciens de la tradition ou non. Beaucoup relèvent de la fantaisie, de l'étrange et du paranormal. L'auteur dit vouloir s'adresser aussi bien aux enfants qu'aux adultes et c'est là que le bât blesse. Si quelques contes sont assez réussis, une grande majorité demeure quelconque, avec des chutes attendues et surtout mièvre voire un peu simplet. Le lecteur reste souvent sur sa faim en ce qui concerne le surprenant, le pétillant ou l'humoristique, ingrédients indispensables du genre. A cela s'ajoute un style d'une simplicité voulue et d'une approximation certaine, ce qui n'améliore nullement un ensemble plutôt inégal.

3/5

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07/11/2012

Isaac le mystérieux (Jerome Charyn)

Isaac le mystérieux.jpgDans le Bronx, Isaac Sidel, dit « le brave » est le premier adjoint de Tiger John, vieux commissaire revenu de tout qui ne reste en place que par la grâce du maire de New York, Sammy Dunne. Dans ce quartier particulièrement chaud, flics ripoux, maquereaux et prostituées prolifèrent. La corruption est telle que tout le monde en croque et que les alliances les plus incroyables se nouent. Un certain Dermott Bride, un irlandais brun de poil et de peau, semble tirer les ficelles et tenir la place de parrain des parrains. Il est d'ailleurs surnommé « le Roi », est quasi invisible et ne se salit jamais les mains. Après le démantèlement du gang des Guzman où il a chopé un ver qui lui dévore les entrailles, Sidel se terre dans un hôtel minable, déguisé en clochard pour mieux surprendre les malfrats. Ainsi rencontre-t-il Annie Powell, un belle fille aux yeux verts dont la joue a été balafrée au couteau et marquée d'un gros « D ». Sidel veut savoir qui lui a fait cela et qui dirige tous les réseaux de prostitution. Son enquête le mènera jusqu'au fin fond de l'Irlande...

Un roman policier pas vraiment classique dans le sens où il est plutôt basé sur l'ambiance d'un quartier et la description d'une faune très particulière constituée de personnages totalement improbables. Aux limites du roman noir, ce livre est foisonnant, paradoxal et tonitruant. Juif lui-même, Isaac se sent presque irlandais, tant il baigne dans ce milieu très particulier avec ses vieux flics en retraite méchants, tordus et sadiques, ses filles publiques à moitié et parfois complètement folles et ses luttes de pouvoir autant pour garder la mairie de New-York que le trône de Roi de la pègre. On cherchera en vain un héros positif ou simplement un honnête homme dans ce grand ramassis de tarés, de profiteurs et d'arrivistes. L'intrigue est fort mince et semble parfois partir dans tous les sens. La lecture de cette histoire plutôt longuette reste un peu laborieuse. Charyn a voulu pratiquer toutes sortes d'allusions et de rapprochements avec le célèbre et peu lisible « Ulysse » de James Joyce, ce qui n'a malheureusement pas fluidifié son style. Au total, pas le meilleur ouvrage de ce prolifique auteur.

3/5

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05/11/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 1/1ère partie)

Ce livre est disponible en version papier chez TheBookEdition et chez Lulu et en version e-book chez Amazon. Si ces extraits, vous ont plu, n'hésitez pas, cliquez dans les colonnes...

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04/11/2012

Autour du fauteuil (Anthony Galifot)

autour du fauteuil.jpgUn coiffeur rêve qu'il se venge d'un client désagréable en le coiffant comme Louis XVI et en le menant à une petite guillotine dressée dans l'arrière-cour de son salon de coiffure... Une femme tente de prendre un rendez-vous chez le coiffeur pour son mari retraité. Celui-ci est tellement occupé qu'elle n'arrive pas à lui trouver un seul créneau... Lassé des mauvaises blagues de premier avril de son patron, un jeune coiffeur se lance dans un sabotage systématique des colorations des clientes, histoire de se venger une bonne fois pour toutes... Pour calmer un sale môme et donner une bonne leçon à sa mère qui est incapable de se faire obéir, un coiffeur malicieux propose un marché : pour chaque mèche coupée à l'enfant, il en coupera une à la mère... La chevelure d'une petite fille est infestée de poux. Le coiffeur trouve une solution ingénieuse pour régler ce problème...

Un tas de petites nouvelles ayant toutes pour décor un salon de coiffure ou un rapport proche ou lointain avec le système capillaire, souvent cocasses, amusantes, parfois étonnantes voire légèrement étranges ou fantastiques (comme celle du salon de coiffure de « satanistes ») et même de pure anticipation (avec la machine futuriste « Fastcoiff »). C'est croqué sur le vif. Ca sent le vécu. Anthony Galifot aime bien sa clientèle mais se surprend parfois à rêver un peu sadiquement de se venger de ce qu'elle lui fait endurer. L'écriture est simple, agréable, fluide et comme évidente. Comme quoi, même avec un thème aussi banal et des personnages aussi communs, il suffit d'un oeil acéré et d'un peu de talent pour produire un joli et court recueil de petits textes intéressants sans être tous géniaux bien sûr.

4/5

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02/11/2012

La peau de l'appeau (A.A.Fair)

la peau de l'appeau.jpgBarney Adams, patron d'une petite compagnie d'assurances automobiles fait appel au duo de détectives privés Bertha Cool et Donald Lam. En effet, Barney vient de découvrir dans un journal local une petite annonce qui lui semble très suspecte. Son auteur propose 300 dollars de récompense à toute personne qui voudrait bien témoigner dans un accident qui s'est produit entre une Ford Galaxie et une Cadillac un certain jour à un certain carrefour. L'affaire ayant déjà été soldée, Barney craint une escroquerie à l'assurance. Donald Lam répond à l'annonce. Sa candidature est immédiatement rejetée. Mais celle d'une jeune femme très charmante est acceptée. Croyant tenir un début de piste, Donald se rapproche d'elle et se retrouve embarqué dans une histoire plutôt rocambolesque.

Encore un roman policier à arrière plan judiciaire assez réussi. Le lecteur se retrouve vite perdu dans une intrigue particulièrement sophistiquée dans laquelle personne ne joue le rôle auquel on pourrait s'attendre. C'est très bien mené, intelligent et tarabiscoté à souhait. Du coup la curiosité du lecteur est titillée au point de ne pas pouvoir lâcher le bouquin avant d''avoir lu la clé de l'énigme. Le style de A.A.Fair qui n'est autre que Earle Stanley Gardner (ex-avocat et grand spécialiste des entourloupes judiciaires) est vif, agréable à lire et rempli de dialogues percutants et d'humour léger. Que demander d'autre pour une simple lecture de divertissement ?

4,5/5

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