23/10/2012

Le grand jeu (Claude Cueni)

le grand jeu.jpgFils d'un riche orfèvre et changeur d'Edimbourgh, le jeune John Law de Lauriston est un génie précoce des mathématiques qui s'intéresse à la théorie des probabilités, doublé d'un joueur invétéré. Très beau garçon, il est déniaisé à douze ans par une servante et multipliera toute sa vie les conquêtes féminines. Ayant tué un adversaire dans un duel, il est condamné à mort par pendaison. Il s'échappe de sa prison et trouve refuge à Amsterdam et à Venise où il tente de rôder ses théories économiques sans pouvoir les appliquer. C'est finalement Philippe d'Orléans, le Régent, qui lui donnera les moyens de ses ambitions et ira jusqu'à le nommer Contrôleur général des Finances. Law fut à l'origine de la création de la Banque Générale, ou Banque Royale et de l'introduction du papier-monnaie en France. Si son système se révéla bénéfique pour l'économie devenue exsangue suite à trente années de guerre et de dépenses dispendieuses du Roi-Soleil, les adversaires du financier ne manquaient pas et ce premier pas dans la finance moderne, cette révolution économique aussi cruciale que l'invention de la roue ou de l'imprimerie ne se fit pas sans accidents...

Ce livre est plus qu'un roman historique. Très fidèle à la réalité de la vie du génial Ecossais, il serait plus judicieux de le classer dans les biographies. Mais quelle aventure exceptionnelle que ce destin hors du commun ! Que de péripéties, que de rebondissements ! Quelle réussite extraordinaire et quel effondrement tout aussi spectaculaire ! Law, homme le plus riche de son époque, n'aimait pas l'argent pour lui-même, mais pour les possibilités de libération qu'il pouvait procurer à l'humanité. Il annonçait déjà les temps révolutionnaires et la fin des royautés. Véritable précurseur, il fut le premier à comprendre qu'il fallait désaccoupler l'argent de sa valeur métallique pour libérer l'économie. Un livre qui fait réfléchir et aide à mieux comprendre la crise actuelle avec les bulles d'argent virtuel, l'inflation et la crise. Les mécanismes économiques sont restés très semblables, les passions humaines et la folie de l'enrichissement rapide toujours présentes. Cerise sur le gâteau, « Le Grand jeu » est fort bien écrit, très vivant. Il se lit comme un roman et ne peut se quitter avant la fin.

5/5

09:39 Écrit par CCRIDER dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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