08/09/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 6/10ème partie)

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Bienvenue sur Deliciosa couv.jpgL’autre ne le comprit pas du tout de cette façon. Il me fit arrêter en plein centre ville. Ces cochons devaient me surveiller depuis pas mal de temps. Je me retrouvais assis dans son bureau crasseux. Il commença à feuilleter un énorme dossier, puis à tapoter négligemment sur le clavier de son ordinateur avant de me regarder par-dessus ses lunettes à monture métallique.

- Monsieur Green, je me présente, Frantz Fanon, IGTP, section Blackpool et environs, je suppose que vous savez pourquoi vous vous retrouvez devant moi…

- Absolument pas.

- Vous n’avez pas reçu nos courriers ?

- Si. Il parait que je vous dois de l’argent…

- Enormément, Monsieur Green, beaucoup plus que vous ne pouvez payer…

- Oh, si vous me laissez un peu de temps, je finirai bien par y parvenir…

- Ce n’est pas si simple et pour nous, il ne saurait être question d’attendre 80 ou 100 ans avant de rentrer dans nos fonds… J’ai remis l’affaire entre les mains de la justice et en attendant, j’ai obtenu un mandat d’arrêt contre vous pour proxénétisme et fraude fiscale. Dès ce soir vous dormirez en prison…

A partir de cet instant, ils ne me lâchèrent plus jamais. Le tribunal me condamna à dix ans fermes et à plusieurs millions de dolros de redressement. Tous mes comptes bancaires furent vidés au profit du fisc, mon appartement saisi et vendu aux enchères de même que la totalité de mes biens, ce qui n’épongea qu’une partie de ma dette. Aucune fille ne vint jamais me voir au parloir. Sans doute furent-elles également inquiétées, arrêtées, rançonnées. Les seules visites que je reçus furent celles de la pauvre Mamy Blunt qui ne me retira jamais son affection et qui me fut fidèle jusqu’à la mort.

J’étais presque au bout de ma peine quand on me proposa ce séjour sur Déliciosa pour solde de tout compte. Je n’en revenais pas de mon aubaine. On me proposait ni plus ni moins que des vacances dans un cadre enchanteur à la place d’une durée triple à moisir dans un cachot. Entre l’enfer et le paradis, le choix était facile. Tout le monde aurait fait comme moi. Mais maintenant je me demande ce que cette proposition alléchante pouvait bien cacher… Et je n’ai encore pas trouvé !

- Tu étais donc un taulard n’ayant pas terminé sa peine. Tu devais encore plein de pognon à l’Etat et on t’a envoyé te goberger ici, commenta John, c’est tout à fait étrange…

- Il doit y avoir anguille sous roche. Je sais bien que les services sociaux sont parfois d’une générosité faramineuse, mais quand même…

A SUIVRE

09:24 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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