01/09/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 6/9ème partie)

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Bienvenue sur Deliciosa couv.jpgL’idée m’en était venue en entendant à travers la cloison un gros PDG demander à May de l’attacher aux barreaux du lit par les poignets et les chevilles en lui disant : « Fais-moi tout ce que tu as envie… Je veux me soumettre totalement à ta volonté… » May, qui n’était pas encore habituée à ce genre de client, se contenta de le faire jouir de la façon la plus classique et l’autre repartit heureux, ayant assouvi son fantasme de captif enchaîné…

J’expliquais alors à May l’évolution sado-maso que je lui proposais. Moyennant quelques tenues en cuir et quelques instruments de base comme des fouets et des menottes, je la fis passer du statut de vulgaire prostituée jolie, mais quelconque à celui beaucoup plus recherché de maîtresse et dominatrice de haut vol. Je lui fis augmenter ses tarifs de manière plus que significative, et hanter les bars et les salons des grands hôtels. Immédiatement, elle rencontra un succès fou. Nous pratiquions à la manière des call-girls de haut vol. Un rendez-vous par téléphone et May se présentait à la chambre du palace ou au lieu de résidence du client… L’ayant soigneusement briefée, elle connaissait parfaitement son rôle et le jouait avec un grand sérieux. Elle arrivait, vêtue d’une sorte de longue houppelande noire, d’un boléro, d’une minijupe et de cuissardes de cuir. Sans un sourire, sans un mot de politesse ou de remerciement, elle ramassait l’enveloppe que lui tendait d’une main tremblante le terrible décideur ou le puissant manager transformé en agneau bêlant devant cette maîtresse aussi belle qu’impitoyable. Ensuite May se débarrassait de son long manteau et se dévêtait rarement beaucoup plus. Ses étranges clients ne recherchaient pas la jouissance dans un vulgaire accouplement, mais dans l’humiliation glacée, la soumission totale. Les contacts physiques, les attouchements voluptueux se retrouvaient donc hors de propos. Seule la maîtresse pouvait avoir l’initiative et devait rester lointaine, intouchable…

La plupart du temps, elle les attachait au lit à l’aide de deux paires de menottes, puis les griffait, les giflait, en fouettait même certains jusqu’au sang et surtout jusqu’à ce qu’ils crient « Pitié ! ». Le plus souvent, on convenait d’un mot ou d’un geste qui servait de signal à l’arrêt des mauvais traitements. Quelquefois, emportée par son élan, May poursuivait un peu au-delà, mais c’était assez rare. Son côté sadique ne s’exacerbait guère au-delà de l’admissible. L’immense majorité des clients se contentaient de cette séance de « torture ». Mais quelques-uns pouvaient aller très loin comme se laisser uriner dessus, se faire écraser les extrémités sous les talons de la belle, mais le plus souvent, ils ne refusaient pas les soins post-opératoires comme les massages avec onguents et crème cicatrisante quand ce n’étaient pas de véritables consolations sexuelles que May leur prodiguait moyennant un léger supplément. Pour les clients les plus atteints ou les plus accros, j’avais aménagé une véritable de salle des supplices dans une des caves discrètes que je pouvais utiliser dans un souterrain un peu à l’écart. Les plus vicieux de nos patients y trouvaient des crochets permettant de les suspendre comme ils le désiraient, des chaînes et même des sortes de treuils pour les soulever du sol, des étaux, des presses pour leur écraser les extrémités sans oublier la fameuse baignoire, la classique potence et le sinistre garrot. Pareils engins nécessitaient ma présence pour les manipuler car il me fallait faire preuve d’énormément d’habileté et de doigté. En effet, il s’agissait uniquement de faire souffrir et en aucun cas de blesser ni à fortiori de tuer aucun de ces misérables pervers…

Bizarrement, l’un des supplices les plus recherché était la pendaison car elle était censée entraîner une érection très importante et sans doute hors du commun chez le patient. Yeux bandés et poignets entravés, le maso montait complètement nu sur une chaise. Je lui passais alors le nœud coulant autour du cou et je le soulevais en tirant sur la corde passée dans une poulie. Dès que le membre entrait en érection, je relâchais aussitôt la traction et laissait retomber l’homme, souvent quasi évanoui sur la chaise. Une fois qu’il avait retrouvé ses esprits après avoir été aspergé d’eau, May n’avait plus qu’à passer à l’action. Il va sans dire que ce supplice particulièrement risqué faisait partie des plus onéreux de notre catalogue…

Notre petite entreprise fonctionnait si bien et notre fichier clientèle s’étoffait si vite, qu’il fallut bientôt prendre de l’extension et engager du personnel. J’embauchais ainsi une secrétaire pour noter les rendez-vous et servir de filtre ainsi que deux nouvelles filles dans un premier temps, recrutées d’ailleurs parmi d’anciennes collègues de May, puis très vite quelques autres ce qui amena mon équipe de « Drôles de dames » à un effectif d’une bonne dizaine de titulaires. Je les choisissais toujours très belles, très typées et surtout à tendance saphiques car j’avais remarqué un très net penchant pour la cruauté chez ces dernières. En toute tranquillité et en toute bonne conscience, elles laissaient s’exprimer leur mépris des mâles ce qui les rendaient encore plus attrayantes, plus professionnelles, en un mot, plus crédibles.

Etant leur protecteur, je me retrouvais être leur Pygmalion, leur référence, leur repère incontournable et cela me plaisait énormément. Je me sentais un peu comme une sorte de satrape au milieu de son harem. Quelle que soit leur sexualité véritable, je mettais un point d’honneur à la satisfaire et je reconnais que cette période de ma vie a représenté pour moi une sorte d’âge d’or. J’avais sous la main, tout ce qu’un homme pouvait souhaiter : les femmes, le sexe, l’argent, l’alcool. J’étais à l’aise et comblé. Je jouissais sans frein et sans jamais penser au lendemain…

Mal m’en prit. Un Inspecteur Général de la Taxation Planétaire, le plus enférocé des fonctionnaires des services d’impôts et de taxations, découvrit notre existence sans doute lors d’une partie fine avec une de nos filles. Se montra-t-il peine à jouir ou mauvais joueur, toujours est-il qu’il nous pourchassa de sa hargne. Cela commença par des courriers que je me permis d’ignorer superbement. Nous avions fonctionné près de douze années sans jamais verser un sou à l’Etat, il n’était pas question de commencer aujourd’hui, pensai-je bien naïvement.

A SUIVRE

09:17 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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