26/07/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 6/4ème partie)

Bienvenue sur Deliciosa couv.jpg- Faut dire qu’il y en a qui ne nous facilitent pas la vie…

- Certains se couchent à des heures pas possibles alors que d’autres se lèvent aux petites aurores…

- Et d’autres, comme cette Lilia, nous pourrissent carrément la vie !

- Je ne comprends pas, fit Lili. Cette fille est une des rares résidentes volontaires et pourtant, c’est la plus rebelle… Elle serait un cas social ou une reléguée, je comprendrais…

En entendant cela, John se demanda dans quelle catégorie il devait se situer lui-même. N’étant pas volontaire, il n’avait pas payé son séjour, devait-il se considérer comme relégué ou comme cas social ? Il avait toujours pensé que des congés offerts par son administration relevaient d’une sorte de prestation sociale. Un doute s’immisça soudain dans son esprit. Et si sa dernière affaire avait été comprise comme une faute professionnelle entraînant sanction ? Une sorte de mise à pied provisoire ou définitive. L’exclusion discrète suivie de la relégation et du bannissement sans espoir de retour en grâce. Après tout, on ne lui avait remis qu’un aller simple vers Deliciosa. Son séjour était censé durer un mois, mais allez savoir… Ses supérieurs étaient passés maîtres en matière de duplicité. Peut-être n’avaient-ils trouvé que ce biais pour se débarrasser d’un traqueur qu’ils ne trouvaient plus assez fiable ? Il avait beau se forcer, il n’arrivait pas à intégrer mentalement cette hypothèse. Elle lui semblait complètement invraisemblable.

Les trois animateurs se trouvaient maintenant devant la case de Lilia. Sans frapper et en se faisant les plus discrets et les plus silencieux possible, ils entrèrent en s’éclairant avec leurs lampes torches. John s’approcha et risqua un œil dans l’interstice d’un volet. Il se retrouva témoin d’une scène pour le moins étrange. Lilia était étendue sur le lit, visiblement endormie. L’animatrice sortit de la mallette une sorte de masque à gaz constitué d’une matière translucide, y adapta une petite cartouche métallique que John soupçonna contenir un gaz anesthésiant. Elle l’adapta sur le visage de Lilia en le maintenant solidement et en appuyant de toutes ses forces pour l’obliger à respirer uniquement par son intermédiaire. Son corps fut parcouru de quelques soubresauts, puis se détendit complètement sous l’effet du produit. Les deux boys entrèrent en action. Pendant que l’un rabattait la chemise de nuit sur la poitrine de « l’opérée », l’autre lui ôtait son slip et lui écartait ensuite très largement les cuisses, découvrant ainsi un sexe largement offert. Du vanity, il sortit ensuite une sorte de godemiché de plastique beige prolongé par une assez longue canule qu’il introduisit dans le vagin de la malheureuse Lilia. Cela ne devait pas être très agréable car celle-ci se mettait parfois à remuer malgré l’anesthésie et le deuxième boy devait maintenir fermement les jambes de la patiente pendant que Lili en faisait autant du côté de la tête.

L’opérateur ressortit la canule et en plaça l’extrémité à l’intérieur d’un minuscule tube à essais qu’il cacheta aussitôt. Incroyable, ces monstres venaient de prélever les ovules d'une résidente inconsciente, en pleine nuit, comme des voleurs ! John ne chercha pas à en voir plus. Il se remit immédiatement en marche vers le Grand Hôtel…

 

Le lendemain matin, John retrouva Tom en train de transpirer abondamment sur un vibro-muscleur à contre poids. Lui-même enfourcha la machine placée juste à côté de lui, un rétropédaleur à galet d’inertie.

- Alors, lui demanda Tom, comment s’est passée ta petite escapade nocturne ?

Et John lui narra sa sinistre découverte…

- Ce ne sont pas les scrupules qui les étouffent, ces salopards, commenta-t-il. Figure-toi que pendant ce temps-là, il m’en est arrivé une bonne. Tu sais que je suis au mieux avec Eva. Et justement, hier soir, je la sentais bien disposée à mon égard. Bref, nous étions tout près de conclure. Nous étions en train de nous embrasser devant la porte de sa chambre quand soudain apparurent brusquement, à chaque extrémité du couloir de l’étage, comme sortis de terre, nos deux amis animateurs, Félina et Anlow…

- Et que vous voulaient-ils ?

- Simplement nous envoyer au lit, chacun de notre côté. Très câline, Félina me prit par la main et m’entraîna vers ma chambre pendant qu’Anlow, tout aussi persuasif, prenait Eva par les épaules et la menait dans la sienne.

- Et vous n’avez pas protesté ? s’étonna John Slim Kwick.

- Non, il faut que tu comprennes que cette fille, c’est la perfection faite femme. Dès qu’elle commence à s’intéresser à moi, je perds tous mes moyens, je n’ai plus aucune volonté. Elle est tellement douce, tellement câline, elle pourrait me mener n’importe où par le bout du nez…

- Ou celui d’autre chose…

- Ne plaisante pas, je t’en prie. C’est terrible, cela tient du sortilège, du maléfice… J’ai bien peur d’en être tombé amoureux…

- Pas du tout, Tom, c’est juste sexuel. Elle a un corps esthétiquement remanié. Tes yeux ont été charmés, ta peau émoustillée et tous tes sucs excités.

- Bien qu’asiatique, j’ai l’impression qu’elle pourrait me compléter parfaitement.

- On a toujours cette impression quand on désire fortement une femme, remarqua John.

- Mais est-ce vraiment une femme ? J’ai eu le sentiment d’avoir affaire à une diablesse ou à une androïde d’une humanité si parfaitement imitée que mes sens ne pouvaient plus faire la différence…

- Je pencherais plutôt pour un clone de la grande actrice eurasienne, Pee Lin, tu sais celle que l’on voit dans tous les films de kung fu de série D. C’est un véritable canon, cette fille…

- Je n’en sais rien. Toujours est-il, qu’à peine dans la chambre, elle s’est littéralement jetée sur moi. Ah, cette fille, c’est de la braise. J’étais dans tous mes états. Elle m’a débarrassé de mes vêtements très délicatement et est allé se changer dans la mini salle de bain. Elle est réapparue dans un petit kimono de soie rouge et a commencé à se trémousser devant moi. J’étais comme fou, mon sexe se dressait comme un mât qui relevait indécemment le drap du lit. Sur la table de nuit, je me saisis d’un verre de ce qui me sembla être un alcool de malt quelconque et je l’avalais d’un trait tant j’avais la bouche sèche. Félina laissa tomber le kimono à ses pieds et me rejoignit entre les draps. A cet instant, je ressentis comme un flash qui me fit basculer dans un monde d’irréalité. J’avais conscience d’une présence très tendre, très douce à mes côtés. Je flottais dans une sorte de béatitude bienheureuse. J’étais dans un rêve extrêmement agréable, mais je suis incapable de te dire si nous avons fait l’amour ou pas. Je n’ai qu’une certitude, c’est que ce matin, je me suis réveillé calme et reposé mais complètement seul dans la chambre.

A SUIVRE

08:33 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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