14/07/2012

Les racines du Yucca (Koulsy Lamko)

Les racines du yucca.jpgA Mexico, un étiothérapeute diagnostique chez un écrivain d'origine africaine en mal d'inspiration, une allergie au papier. Il lui conseille d'aller se mettre au vert au plus vite. Arrivé à Santo Domingo de Kesté, au fin fond du Yucatan, il rencontre quelques Mayas, survivants de la guerre du Guatémala, qui lui racontent leurs tribulations et leurs souffrances. Il se retrouve en eux et fait un parallèle entre les situations politiques de l'Afrique et de l'Amérique du Sud. Les guerres, la violence, le déracinement, les exactions de « L'Hydre » (comme il l'appelle sans préciser plus, à chaque lecteur de mettre un nom sur la coupable...) sont les mêmes de chaque côté de l'Atlantique.

Il faut préciser qu'étant juré pour le Prix Océans, je me suis obligé à lire ce texte de bout en bout. Et ce ne fut pas une petite affaire, mais un véritable pensum. Il va sans dire qu'en temps ordinaire, j'aurais abandonné dès le premier tiers tant je n'ai pas accroché à cette absence d'histoire, à ce patchwork prétentieux fait de bribes, de tout et de rien, rempli de digressions, de descriptions inutiles, de détours et d'accumulations de petites scènes de violence souvent répétitives jusqu'à l'obsessionnel. Nul doute que M. Lamko estime proposer un style narratif absolument génial de sophistication et de poésie. Permettez-moi de n'y voir que préciosité pédante, lourdeurs approximatives et bouffissures absconses. On a quelquefois la très pénible impression que c'est écrit pour écrire, rempli pour remplir, fait de bric et de broc, tel le brouet aussi infâme qu'indigeste de celui qui parle pour ne rien dire, saisi de logorrhée nombriliste et qu'on y applique à la lettre le fameuse sentence du regretté Michel Audiard : « Ce n'est pas parce qu'on est c... et qu'on n'a rien à dire qu'il faut fermer sa g... » J'ai noté au passage (ce qui explique tout peut-être) que ce pseudo-chef d'oeuvre avait été produit « dans le cadre d'une résidence d'écriture » hollandaise, euphémisme pour parler de ces bourses d'écriture qui sont rarement gages de qualité, mais très souvent tout le contraire.

2/5 

09:08 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.