04/07/2012

Le vicomte pourfendu (Italo Calvino)

Le vicomte pourfendu.jpgLe vicomte Médard de Terralba part sur son fier destrier faire la guerre aux Turcs. Mais, au cours d'une bataille acharnée, un boulet le coupe littéralement en deux. Des médecins usent de toute leur science pour lui sauver la vie et c'est une moitié d'homme gravement mutilé qui est ramenée dans son fief sur une civière. Bientôt tout le monde découvre ce qu'est devenu le vicomte : un être mauvais, haineux et qui ne pense qu'à faire du mal à tout ce qui l'entoure. Mais un jour, l'autre moitié du vicomte réapparaît sous la forme d'une moitié d'homme ressemblante, mais totalement différente. Elle s'évertue à toujours faire le bien autour d'elle...

Ce conte philosophique fait partie avec « Le baron perché » et « Le Chevalier inexistant » de la trilogie « Nos ancêtres ». Magnifiquement écrite, cette histoire totalement improbable permet à Calvino de poser le problème du mal et surtout celui de la dualité toujours active en chacun de nous. Un livre qui fait réfléchir à l'aide d'une petite histoire légère et amusante en apparence. Et bien plus profonde en réalité. « Le Vicomte pourfendu » est également un des réquisitoires les plus convaincants sur l'absurdité de la guerre. Une sorte de démonstration par l'absurde. Spirituel, humoristique et plein de trouvailles poétiques, ce livre est à classer parmi les plus grands textes de la littérature italienne du XXème siècle.

4,5/5

Citations : « C'était une grande famille pleine de neveux et de brus, tous longs et noueux, qui cultivaient constamment la terre en costume du dimanche, noirs et boutonnés, les hommes coiffés d'un chapeau à larges bords, les femmes d'un bonnet blanc. Les hommes avaient de longues barbes et portaient toujours un fusil en bandoulière ; mais on disait qu'aucun d'eux n'avait jamais tiré – sauf sur des moineaux – parce que leurs commandements le leur défendaient. »

« Mais je fais aussi des quantités d'autres péchés ! M'expliqua-t-il. Je porte de faux témoignages, j'oublie d'arroser les haricots, je ne respecte pas père et mère, je rentre tard à la maison le soir. Maintenant, je veux commettre tous les péchés qui existent, même ceux dont on dit que je ne suis pas assez grand pour les comprendre. »

« Paméla, lui dit son père, le moment est venu de dire oui au vicomte Infortuné. A condition pourtant qu'il t'épouse à l'église.

- C'est une idée à toi ou c'est quelqu'un qui te l'a soufflée ?

- Ca ne te plait pas de devenir vicomtesse ?

- Réponds à ce que je te demande !

- Bien. Apprends que celui qui me l'a donnée est l'âme la mieux intentionnée qui soit : ce vagabond qu'on appelle le Bon.

- Ah ! Il n'en a pas fini avec ses inventions, celui-là ? Tu vas voir ce que je vais lui combiner ! » 

09:23 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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