02/07/2012

La geste des Sanada (Yasushi Inoué)

la geste des sanada.jpgUno, un vieux guerrier nippon toujours redoutable en dépit de ses 73 ans, se retrouve responsable de deux châteaux-forts. Il propose de faire allégeance au Seigneur Masayuki, mais ce dernier se méfie particulièrement du bonhomme... Majuna, autre vaillant guerrier, lassé de la vie militaire, abandonne les combats. En chemin, il échange armes et habits contre les haillons d'un paysan. Un peu plus loin, le voilà qui rencontre un autre déserteur qui veut en faire de même avec lui... Yukitsuna, fils du Seigneur Yukimara, disparaît dans une bataille désastreuse pour son clan. On retrouve les dépouilles de tous les guerriers qui ont pris sa place dans la mort, mais pas la sienne. Jusqu'au jour où on soupçonne un vieux charbonnier aux cheveux blancs d'être le fameux fils du Seigneur disparu... Seul rescapé d'un combat absurde, Shinzo est fait prisonnier par les vainqueurs. Ou il reprend du service dans leur camp, ou il a la tête tranchée... Le pas très vaillant soldat Inubo se promène avec trois têtes tranchées enveloppées dans un chiffon et devient garde du corps d'un puissant Seigneur de la guerre...

« La geste des Sanada » se compose de huit histoires (et non pas « nouvelles » car rien ne semble inventé) apparemment toutes tirées de chroniques anciennes d'un époque fort perturbée de l'Histoire du Japon. Les clans se déchainent. Les conflits éclatent à tout moment et pour n'importe quelle raison. Les luttes fratricides s'enchaînent sans fin. Tout le monde défend son honneur. Les petites gens sont mis à contribution dans des combats d'une grande violence. Pour ne rien arranger, le perdant se fait en général hara-kiri et ses plus fidèles guerriers le suivent volontairement dans la mort s'ils ont été battus. Un code de l'honneur assez différent de celui de nos chevaliers car poussé jusqu'au paroxysme, jusqu'à l'absurde. Livre intéressant pour qui veut découvrir l'univers des guerres moyenâgeuses de l'archipel, mais également assez décevant. Pas de souffle, pas de panache ni d'épopée. De petits « faits divers » pas toujours glorieux. Rien de vraiment insolite ou surprenant. Juste une série de descriptions de combats furieux. A la longue, cela devient plat, ennuyeux car répétitif. On ne s'attache pas non plus aux personnages. D'où un peu de déception à l'arrivée.

3,5/5

Citations : « Il s'apercevait que l'attitude irréprochable de cette femme qui, prise en étau entre Sanada et Honda, ne s'était prononcée ni pour l'un ni pour l'autre, était le meilleur parti que pouvait prendre une femme dans la position où se trouvait placée Tsukihimé. Elle ne s'était prononcée ni pour les Sanada ni pour les Honda qui étaient sa famille d'origine. Et elle avait, en définitive, choisi le parti de celui qui était désormais sa seule raison de vivre, à savoir son époux Nobuyuki. »

« Majima Moku était un personnage taciturne, qui, à première vue, avait l'air plutôt obtus et qui semblait ne pas trop savoir que faire son encombrante carcasse. Il paraissait déjà âgé, mais en fait il n'avait que vingt huit ans. Depuis son enfance, il avait été au service de Saémon-no-jô Yukimura, mais avant la bataille de Sékigahara, il avait, tout à fait par hasard, été affecté au contingent de l'héritier des Sanada, Nobuyuki, sous les ordres duquel il était donc désormais placé. »

« - Tu n'es donc pas un paysan ? Dit-il, puis : Puisque tu veux savoir mon nom, je vais donc me nommer. Homme-lige de Messire Saémon-no-suké, je m'appelle Sugi Kakubê ! Cela dit, paysan ou pas, ce dont j'ai besoin, moi, maintenant, ce sont tes vêtements !

A ces mots :

- Sugi Kakubê ? Et moi, je suis Majima Moku.

- Quoi ? Majima ?

Surpris, l'autre avait crié cela.

- Je venais tout juste, ce matin même, d'échanger moi aussi mes vêtements avec un paysan, dit Majima Moku. » 

09:01 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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