25/06/2012

Dix contes (Jules Lemaître)

Dix contes.jpegA Bagdad, le riche prince Touriri rencontre dans la rue une jolie petite mendiante. Attendri, il lui donne deux pièces d'or. Puis il croise un vilain petit garçon à qui il n'en octroie qu'une seule. Puis un très vieux et très laid mendiant qui ne recevra qu'une pièce d'argent... A Athènes, Helli, la fille du grand stratège Thémistocle et son amie Mnaïs sont désignées pour tisser et broder la robe de cérémonie de Pallas-Athénée... A Rome, Myrrha, jeune chrétienne fille d'un esclave se retrouve prise dans le tourbillon déclenché par la folie meurtrière de l'empereur Néron en train d'organiser l'incendie de la ville avant d'en accuser les chrétiens... A Jérusalem, Lilith, fille du terrible roi Hérode, cache l'enfant d'une amie pour qu'il échappe au massacre des innocents...

Un recueil de contes inspirés de l'histoire ancienne et de la Bible, magnifiquement écrits dans un style classique si indémodable qu'il en devient intemporel. De très beaux et souvent très touchants portraits d'enfants, de femmes et de jeunes filles. Des histoires morales, pleines de bons sentiments, comme on n'en écrit plus et comme on n'en lit malheureusement plus non plus. Tous ces textes plus ou moins émouvants font réfléchir sur la condition humaine, la vie, la mort, la foi ou la folie du pouvoir absolu (Lilith, Myrrha). « Dix Contes » de Jules Lemaître est un ouvrage qui mérite de quitter au plus vite le purgatoire où il est cantonné, ne serait-ce que pour nous aider à retrouver les valeurs.

4,5/5

Citations : « Leur vue te fut d'abord une surprise désagréable. Elle te rappelait trop brutalement l'existence de la souffrance et de la misère. Puis tu leur en voulais d'offusquer tes yeux par leur malpropreté et leur laideur. Tu leur en voulais aussi de leur avilissement, de la bassesse avec laquelle ils t'imploraient, et de l'opiniâtreté de leurs traînantes prières ; tu leur jetais l'aumône avec dégoût. Tu méprisais si fort les malheureux qu'un jour tu ne pus supporter leurs actions de grâces, car la grossièreté des effusions populaires t'irritait ; et la délicatesse de ton goût refusa à ses pauvres gens le droit de te prouver, par leur reconnaissance, qu'ils n'étaient pas indignes de tes bienfaits. »

« C'est une joie de signer sa foi de son sang, en bravant la colère impuissante de l'impie. Ce sang criera contre lui. Encore une fois, les temps sont proches... Et qu'est-ce qu'un moment de souffrance pour une vie éternellement bienheureuse ? Imbécile et lâche qui refuserait le marché ! »

« Petit-Pierre allait en trébuchant, de tout ce qui restait de force à son petit corps épuisé, vers cette gloire et vers ces cantiques. Tout à coup il tomba au pied d'un buisson encapuchonné de neige ; il tomba les yeux clos, subitement endormi, et souriant au chant des anges.

Les voix reprirent : « Il est né le divin enfant ! »

Au même moment, la descente molle et silencieuse des blancs flocons recommença. La neige recouvrit le petit corps de ses mousselines lentement épaissies...

Et c'est ainsi que Pierrot entendit la messe de minuit dans la chapelle blanche. »

09:08 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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