31/05/2012

Les étranges noces de Rouletabille (Gaston Leroux)

les étranges noces de rouletabille.jpgEn 1913, les Balkans sont la proie de troubles extrêmement graves. Les Bulgares, récemment libérés du joug turc, participent à de terribles combats pour la reconquête de la Thrace. Joseph Rouletabille, jeune reporter à l'époque couvre les évènements pour le compte du journal « L'Epoque » avec l'aide du colosse La Candeur et de deux locaux, Vladimir et Tondor. Rouletabille est tombé éperdument amoureux de la belle Ivana Vilitchkov, nièce d'un grand général bulgare assassiné par les Turcs. Elle ne songe qu'à se venger du terrible Gaulow, alias Kara Selim, responsable de la mort de toute sa famille. Une course contre la montre est engagée car elle a promis de se donner à son cousin Athanase si celui-ci arrive à la débarrasser de Gaulow. L'ennui, c'est qu'elle n'éprouve rien pour lui. Et pour compliquer l'affaire, Rouletabille, non content de devoir gérer la conduite incohérente de sa dulcinée, doit encore subir les vols d'un certain Marko le Valaque, un faux journaliste qui peut lui faire grand tort dans la profession.

Ces « étranges noces de Rouletabille » sont un roman d'aventures à rebondissements et coups de théâtre multiples comme il y a longtemps qu'on en écrit plus. Et pourtant, le lecteur d'aujourd'hui peut encore y trouver un certain plaisir et même un plaisir certain ne serait-ce qu'en raison des trésors d'imagination déployés par Gaston Leroux qui complique à loisir son intrigue, part dans un sens, repart dans l'autre, liquide un personnage à un chapitre et le ressuscite pour les besoins de la cause deux chapitres plus loin. On nage dans le rocambolesque le plus échevelé. La vraisemblance n'est pas toujours scrupuleusement respectée, mais toute l'intrigue est menée au grand galop et sur un tel rythme qu'on pardonne tout et qu'on ne boude pas son plaisir. A condition d'avoir gardé une âme d'enfant, évidemment.

4,5/5

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29/05/2012

Clair de lune (Guy de Maupassant)

Clair de lune.jpgL'abbé Marignan n'a de cesse de pourfendre les péchés de chair. Quand il apprend que sa propre nièce n'a pas su y résister, il voit rouge... Après la défaite de Sedan, le Second Empire est remplacé par la République. Dans un petit village normand, deux notables se disputent farouchement la Mairie devant un rassemblement de paysans en armes complètement indifférents à ce passage de l'ombre à la lumière... Jacques rencontre Berthe, une jeune fille qu'il épouse. Mais voilà que sa vieille maîtresse meurt en donnant naissance à un enfant de lui... Pour tenter de la désensorceler, on fait contempler un ostensoir à une possédée... Une vieille fille un peu hommasse meurt en regrettant d'abandonner des enfants qu'elle n'a jamais eu... Un homme présente sa maîtresse à son épouse. Contre toute attente, les deux femmes deviennent les meilleurs amies du monde... Un cocher adopte une chienne qui affole tous les corniauds du quartier. La mort dans l'âme, il lui faut s'en séparer.

« Clair de lune » est un recueil de douze nouvelles du grand maître Maupassant. Avec un art et une technique remarquable, il parvient à rendre passionnantes de toutes petites histoires plus ou moins triviales. Le lecteur y retrouve tous ses sujets de prédilection : l'étrange, les amours coupables ou contrariées, les bassesses quotidiennes, le fantastique (Le pardon), la folie (Une veuve) et même les légendes normandes (Légende du Mont Saint Michel). Les caractères des personnages sont tellement intéressants, le style est tellement impeccable et les observations tellement incisives voire vachardes que ces textes qui ont parfaitement résisté à l'épreuve du temps se lisent avec grand plaisir encore aujourd'hui.

5/5

Citations : « Jamais on ne l'avait entendue se plaindre, regretter quoi que ce fut, envier n'importe qui. Elle disait : « Chacun sa part » avec une conviction de fataliste. Elle n'allait pas à l'église, n'aimait pas les prêtres, ne croyait guère à Dieu, appelant toutes les choses religieuses de la « marchandise à pleureurs ».

« Dieu, à son avis, n'avait créé la femme que pour tenter l'homme et l'éprouver. Il ne fallait approcher d'elle qu'avec des précautions défensives, et les craintes qu'on a des pièges. Elle était, en effet, toute pareille à un piège avec ses bras tendus et ses lèvres ouvertes vers l'homme. »

« On parlait d'un loup colossal, au pelage gris, presque blanc, qui avait mangé deux enfants, dévoré le bras d'une femme, étranglé tous les chiens de garde du pays et qui pénétrait sans peur dans les enclos pour venir flairer sous les portes. (…) Et bientôt une panique courut par toute la province. Personne n'osait plus sortir dès que tombait le soir. »

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27/05/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 4/4ème partie)

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26/05/2012

Le carcajou (Bernard Clavel)

le carcajou.jpgDans le grand nord canadien, deux couples de vieux Indiens Cris tentent de survivre tant bien que mal en chassant et piégeant selon les méthodes traditionnelles. Leur motoneige tombe en panne. Mooz, l'un des deux hommes, tousse et crache le sang. Et pour ne rien arranger, leurs pièges sont systématiquement visités et leurs proies dévorées ce qui les met en grande difficulté. Qui peut leur jouer un aussi vilain tour, sinon le carcajou, cet animal sauvage qu'on appelle aussi « glouton » tant son appétit est vorace ? Les Indiens le redoutent autant que le diable. Dernier homme valide, Waboos se lance avec son chien à la poursuite du néfaste animal. Il doit absolument le tuer. La vie de son petit groupe en dépend.

Un magnifique roman qui nous fait partager la vie traditionnelle des Indiens du Grand Nord. En fait, des tous derniers survivants car ils ne sont plus nombreux à vivre en plein hiver dans un wigwam et à essayer de vivre des produits d'une taïga qui se montre de plus en plus inhospitalière. Grands espaces, liberté et dépaysement garantis. Grandeur de la lutte de l'homme contre une nature hostile. On ne peut s'empêcher d'établir une sorte de parallèle d'inspiration avec « Le vieil homme et la mer » d'Hemingway. Même ode à la nature, à la liberté, au dépassement de soi, même quête désespérée et même nostalgie d'un monde qui est condamné à disparaître. Un style vif et prenant. Un roman bref, simple et admirable. Du très grand Clavel.

5/5

Citations : « L'ours, c'est le Frère. L'Indien, c'est le Vrai Homme. Celui qui, parce qu'il est un vrai homme, le tue sans lui porter le respect qu'on lui doit sera puni. Il connaîtra les pires maux. Il aura froid sans feu. Il aura faim sans rien à manger. Il aura soif sans pouvoir faire fondre la neige pour boire son thé. Il aura peur comme l'enfant a peur dans la tente tremblante et il mourra de ce froid, de cette faim, de cette peur. »

« La terre est pourtant aux Indiens, mais les hommes blancs sont venus avec des armées. Partout où le sol contient du métal, ils creusent. Ils élèvent vers le ciel des constructions étranges où grondent des machines monstrueuses. Des machines qui les aident à descendre dans le fond de la terre où ils arrachent l'or des pattes crochues du diable. Les hommes blancs font alliance avec toutes les forces du mal. »

« Ainsi les barrages vident de sa vie la forêt où les Indiens ont vécu depuis la nuit des temps sans jamais demander l'aumône aux hommes blancs. En tuant la forêt, les grands barrages ont tué l'âme indienne. Ils ont privé les vrais hommes de leur dignité. On n'achète pas l'âme d'un peuple avec de l'argent. Si un peuple accepte de se vendre pour des billets de banque, c'est que son âme est vraiment noire. Et l'âme des Indiens est lumière. » 

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24/05/2012

Les chemins qui ne mènent pas à Rome (Georges Brassens)

Les chemins qui ne mènent pas à Rome.jpgQui était vraiment le brave Georges Brassens ? L'auteur-compositeur-interprète connu pour des chansons aussi célèbres que « L'auvergnat », « Gare au gorille », « Les copains d'abord » ou « Supplique pour être enterré sur la plage de Sète » ? Un simple fabricant de chansons parmi tant d'autres ? Que nenni ! Et s'il fallait retrouver trace de toutes les autres facettes d'un personnage bien plus complexe que l'impression qu'il donnait, il suffirait de lire ce livre, simple compilation de « Réflexions et maximes d'un libertaire », c'est à dire de pensées, sentences et aphorismes d'un esprit libre qui n'aimait rien tant que brocarder le pouvoir, la connerie, la consommation, les curés et les militaires. Ni Dieu, ni maître ! Eh oui, le brave Georges était un anar, un athée et un pacifiste convaincu, n'en déplaisent aux récupérateurs de tous poils.

Ce recueil de pensées est divisé en quelques grands chapitres (Moi, Georges Brassens, Etre ou avoir, Rêver, Résister, Croire ou ne pas Croire, Aimer, Gamberger, Lire, écrire, Chanter, Mourir) qui sont autant de grands thèmes de réflexion. En plus de comprendre la psychologie et les tendances de l'auteur du « Grand chêne », chacun pourra y puiser son miel tout en se disant que notre chanteur-poète était également un véritable sage, un authentique penseur, même s'il se défendait, modeste comme il l'était, d'être un philosophe ou de délivrer quelque message que ce fut...

5/5

Citations : « Je vis en marge. Chez moi, la nourriture, qui est indispensable évidemment, n'a pas une grande importance. J'ai longtemps vécu avec un morceau de pain et un morceau de fromage. Je suis un anthropoïde frugivore. Je suis le type même du végétarien. »

« Les idées sociales de Proudhon, de Kropotkine et de Bakounine correspondaient à ma nature et je les ai adoptées. Dire que je les ai suivies au pied de la lettre, c'est une autre histoire ! Il s'est trouvé qu'ils étaient anti-étatistes, ça me convenait assez. Ils n'étaient pas très partisans de l'armée, ça me convenait assez. Ils n'étaient pas très partisans de l'exploitation de l'homme, ça me convenait assez. Ils étaient partisans de l'égalité sociale, ça me convenait aussi. Ils étaient partisans d'une certaine indépendance de l'individu en face de la société, ça me convenait tout à fait. Alors, j'ai adopté ces idées, parce que je n'en ai pas trouvé de meilleures. »

« Je refuse qu'un groupe ou une secte m'embrigade, et qu'on me dise qu'on pense mieux quand mille personnes hurlent la même chose. »

« Les hommes ont de moins en moins besoin de Dieu. Ils « sont » leur Dieu. Ils se posent de moins en moins de questions ; en tout cas, cela reste au niveau du réfrigérateur, de la voiture, du métier, des femmes. Ils en arrivent à se foutre de tout ce qui ne les touche pas personnellement : on en vient à un monde d'indifférents et de hargneux. »

« Le seul paradis que je préconise, c'est le paradis de l'individu qui a sa liberté, même dans la société actuelle. Et même dans une société pire. »

« Si on m'enlevait tout ce que les autres m'ont donné, il me resterait peu de choses. »

« La femme est un être charmant quand elle s'en donne la peine, et pénible sans s'en donner la peine. »

« Les cons n'ont pas d'espoir. Ils n'en ont pas besoin. Du fait qu'ils sont cons, tout leur paraît simple. »

« Qu'est-ce que nous sommes ? Un peu d'argile et d'eau. Et nous voulons être éternels... C'est l'éternelle sottise. »

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22/05/2012

Fini de rire, fillette ! (Charles Exbrayat)

fini de rire, filette.jpgA Baroquier-la-Benoîte, petit village perdu de la province profonde, les mauvaises langues vont bon train. Elles accusent la plus belle fille, Marguerite, de se conduire de façon des plus malhonnêtes avec les hommes, en un mot comme en cent, de les allumer et de se comporter comme une perdue. L'abbé Quettehou est désolé car il la considérait comme sa meilleure catéchumène. Mais quand elle est retrouvée étranglée dans un bois, trois hommes semblent particulièrement suspects : l'instituteur chez qui elle se rendait régulièrement, l'épicier qui était prêt à divorcer pour elle et le simple d'esprit qui en était éperdument amoureux. Aidé de l'inspecteur Rulles, le brave curé va avoir bien du souci à démêler la trame d'une affaire qui s'annonce compliquée dès le départ.

Un roman policier bien classique plus dans la ligne des Simenon que dans celle des Agatha Christie. En effet, pour une fois, Exbrayat ne nous emmène ni dans les brumes de l'Ecosse ni dans la chaleur de la Sicile, mais dans la campagne bien française et s'attache à décrire l'ambiance feutrée d'un village des années soixante, c'est à dire encore très rural et très influencé par la religion, même s'il ne reste plus que quelques bigotes pour assister à la messe. Le personnage de Quettehou, vieux curé traditionnel, un peu porté sur la chopine et peu enclin à se laisser aller aux nouvelles idées conciliaires, est assez intéressant par son humanité, sa naïveté et sa faconde. C'est écrit d'une plume alerte et pas désagréable à lire, même aujourd'hui, et pourtant c'est loin d'être le meilleur des Exbrayat. L'ensemble manque un peu d'humour et de rythme. A la décharge du maître, il faut dire qu'avec une production aussi énorme (plus de cent romans policiers), tout ne pouvait pas être toujours génial !

4/5

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20/05/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 4/3ème partie)

08:39 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : science-fiction, anticipation, création |  Facebook |

19/05/2012

La femme du métro (Mènis Koumandarèas)

la femme du métro.jpgKoula est une athénienne de quarante ans. Elle a un mari, deux filles, une maison en banlieue et elle exerce un bon métier, comptable à la perception. Mimis a vingt ans. Il est étudiant en architecture et tous les soirs il prend le métro pour rentrer chez lui quelques stations avant celle de Koula. Un soir, à force de se rencontrer, ils finissent par se parler d'abord de choses futiles puis de plus sérieuses. Il lui propose de poursuivre leur conversation dans une taverne, puis dans sa garçonnière. Koula acceptera-t-elle ? Iront-ils plus loin si affinités ? Quel peut être l'avenir d'une liaison entre deux êtres ayant une aussi importante différence d'âge.

Ce très court roman (70 pages) raconte avec une minutie d'orfèvre une rencontre éphémère entre deux êtres que le simple hasard rapproche un moment. Un étudiant qui n'aime pas trop les filles de son âge et préfère les femmes mures et une femme délaissée par son mari et qui veut se prouver qu'elle peut encore plaire. Son personnage est certainement le mieux décrit et le plus attachant. En quelques pages et descriptions subtiles, l'auteur arrive à faire vivre une époque (les années 70 avec la libération de la sexualité), une ambiance (la vie quotidienne des gens ordinaires dans toute sa grise monotonie) et un lieu (le métro d'Athènes). Il aborde le thème de l'amour, de la jeunesse, du bonheur et de la hantise du déclin et du vieillissement. Un livre très bien écrit et qui donne à réfléchir malgré une intrigue d'une simplicité biblique et une thématique mille fois abordée dans bien des romans d'amour.

3,5/5

Citations : « Au début, ils ne disaient pas un mot. Même pas le « pardon » d'usage, lorsque le jeune homme se levait pour descendre à Nèa Ionia. Ils s'en tenaient à des coups d'oeil furtifs ; les jambes de la femme, le visage du jeune homme ; les yeux de l'une, la bouche de l'autre. Ils se regardaient comme les visiteurs d'un zoo les animaux. »

« Koula aimait ce corps juvénile, elle le prenait dans ses bras, le berçait comme un bébé, et Mimis caressait tendrement tous ces endroits où sa chair à elle se relâchait, embrassant les rides avec passion, presque avec respect. »

« Dans le métro, elle commençait à voir des ennemis partout. En entrant, son premier souci était de voir qui était assis à côté de Mimis. Si c'était une jeune fille, elle l'observait avec inquiétude, si c'était une femme mûre, elle la regardait de travers. Seuls la rassuraient les vieilles et les infirmes. Il lui semblait que tout le monde sentait mauvais, que les gens étaient laids, arrogants. Elle n'avait d'yeux que pour son homme. » 

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17/05/2012

Petit abécédaire des entreprises malheureuses (Anne Matalon)

petit abécédaire des entreprises.jpgNathan Robinski est un cadre en apparence heureux qui travaille pour la GAL (Générale d'Assurances Limousines), une entreprise qui a le vent en poupe. En réalité, il se trouve au bord du gouffre. Adrienne Lévy, sa compagne qui passe le plus clair de son temps à jouer les ethnologues chez les Papous, n'a plus donné de signe de vie depuis pas mal de temps. La dizaine de cadres du staff de direction qu'il a expédié en stage de survie au milieu du désert vient d'y trouver la mort. Et lui passe son temps à soigner un aphte qui lui brûle la langue et à rafistoler un mental en berne sur le canapé d'une psychanalyste compréhensive...

A lire cette description de l'accroche (pitch) de cette histoire, le lecteur naïf peut croire qu'il va avoir affaire à un bon thriller à l'américaine avec suspens, rebondissements, dépaysement plus violence et sexe si affinités. Malheureusement, il n'en sera rien. Cet ouvrage ne relève en réalité ni du roman policier classique, ni du thriller tant l'intrigue part dans toutes les directions, se perd dans des digressions et oublie l'essentiel : maintenir l'intérêt. L'auteure s'est complu à raconter l'ambiance particulière d'une compagnie d'assurances, à se perdre dans la description d'un papier peint (1 page entière), voire à tartiner deux autres pages sur le wallabie et à promener ses personnages d'Afrique en Europe, de Paris à Stockholm et de l'Aubrac à Chamonix comme ectoplasmes en goguette. De plus, l'ensemble est présenté sous forme d'un abécédaire (ainsi que l'indique le titre), ce qui n'apporte strictement rien de plus, si ce n'est une forme d'originalité gratuite. Quelques citations d'ouvrages de management abscons et des extraits totalement inintéressants du journal intime d'une certaine Marie Berthier, sorte de candide de la photocopieuse, servent d'intermèdes. On quitte ce bouquin en ayant l'impression d'avoir un peu perdu son temps. Le style est quelconque, sans grand rythme, ni caractéristiques particulières. A noter, de ci, de là, quelques fulgurances ou traits d'esprit qui ne suffisent malheureusement pas à racheter l'ensemble.

2,5/5

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15/05/2012

Imogène et la dame blanche (Charles Exbrayat)

imogène et la dame blanche.jpgA Callander, petit patelin des Highlands écossais, Ken Benalder, un bon à pas grand chose, a disparu depuis plus de dix ans sans laisser de trace et sans jamais donner la moindre nouvelle. Suite à l'arrivée de trois lettres anonymes, Dave Belford, inspecteur à Perth, entame une enquête. Ken a-t-il été tué et par qui ? Le principal suspect est un certain Georges Macosquin, amoureux perpétuellement repoussé par Joyce, jeune femme qui attend amoureusement le retour de Ken. Et, pire que tout, Imogène McCarthery aurait été complice du forfait...

Un roman policier plein d'humour et d'esprit picaresque dans lequel Exbrayat se livre à son exercice habituel : décrire les excès de ses chers Ecossais, buveurs de scotch, braillards, bagarreurs et aussi plein de mauvaise foi que d'amour de leurs hautes terres. Le lecteur retrouvera la pétaradante Imogène, l'héroïne récurrente à la crinière rouge et aux manières très brutes de décoffrage. On aura compris que dans ces conditions très particulières, l'intrigue policière et l'enquête elle-même passent au second plan dans pareille ambiance et avec pareils personnages hauts en couleur et comme on n'en rencontre plus nulle part. Détente et amusement garantis.

4/5

Citations : « Toutes les mêmes, Tyler... A moitié folles ou complètement dingues comme votre Imogène ou encore cette tordue de Margaret Boolitt ! Et vous savez pourquoi elles nous turlupinent, tentent de nous jouer les plus méchants tours, s'acharnent à nous calomnier, s'acharnent à nous calomnier ? Parce qu'elles sont dépitées de notre indifférence à l'égard de leurs prétendus charmes ! »

« L'Ecossaise souligna son affirmation en pesant de tout son poids sur le pied gauche d'Haquarson, que des cors rendaient extrêmement sensible, et s'en fut, laissant le pasteur sur le trottoir où il invoquait le secours du Seigneur tout en dansant sur un pied. Attitude qui le fit mal juger par quelques-unes de ses ouailles estimant qu'il manquait de tenue et se promettant d'en référer à l'évêque. »

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13/05/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 4/2ème partie)

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12/05/2012

Le blé qui lève (René Bazin)

le blé qui lève.jpgEn Nivernais, sur le domaine du général de Meximien, travaille une escouade de bûcherons sous la houlette bienveillante de son fils Michel. Mais en ce début de XXème siècle, la vie n'est facile pour personne. L'un des plus anciens bûcheron, Gilbert Cloquet, a fondé le premier syndicat d'ouvriers agricoles de la région. Mais de revendications en provocations, il s'est laissé déborder au point que les plus extrémistes l'ont évincé et commencent même à se retourner contre lui. De son côté, Michel va devoir quitter une propriété agricole qui est restée plus de quatre siècles dans sa famille. Son père veut s'en séparer pour pouvoir assurer le train de vie de son épouse qui ne peut vivre qu'à Paris et sur un certain pied.

Un roman paysan d'un auteur assez oublié, mais qu'il serait peut-être intéressant de découvrir ou redécouvrir ne serait-ce que pour prendre connaissance du tableau qu'il brosse de la fin d'un certain type de société rurale et de rapports humains passant de la soumission à la révolte dans les années précédents la Première Guerre Mondiale. L'Eglise a perdu toute influence, c'est tout juste si sept ou huit femmes assistent encore à la messe du dimanche. Le dernier aristocrate est un jeune homme philanthrope, idéaliste et souffreteux qui mourra sans descendance. Les ouvriers prennent conscience que l'union fait la force. Le lecteur assiste à la montée en puissance du mouvement syndical, lequel n'apparut pas sans violence ni injustice. Un livre comme on n'en écrit plus. Une langue et un style impeccable bien qu'un peu alourdi par de nombreuses descriptions de paysages. Intéressant néanmoins pour qui s'intéresse à l'Histoire et à la sociologie.

3/5

Citations : « On veut vivre. C'est pas la fortune qu'on demande; c'est du pain, et, à condition de se priver de lard, un bout de ruban pour nos filles. »

« Des mots qu'on avait point entendu depuis un siècle montaient sous les taillis ou entre les haies. Quelques très vieux arbres avaient frémi, jadis, au passage de mots semblables. On disait : « Les intérêts communs des ouvriers... plus d'isolement... les individus sont faibles;... groupons-nous pour soutenir nos droits; … formons une caisse, nous abandonnerons chacun une part de nos salaires. » On disait : « L'avenir est au peuple. La démocratie va créer un monde nouveau... Le droit au pain, le droit à la retraite, le droit de partager... »

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10/05/2012

Moscou, cour des miracles (Martin Cruz Smith)

moscou, cour des miracles.jpgMaya, 15 ans, jeune mère célibataire russe, part en train tenter sa chance à Moscou en emportant avec elle son nouveau-né caché dans un panier. Au moment d'aller aux toilettes, elle manque d'être violée par un militaire avinée et n'y échappe que grâce à l'intervention d'une certaine « Tante Léna » qui lui offre une tasse de thé pour la réconforter. Maya s'endort aussitôt et à son réveil, son bébé a disparu. Tante Léna également. Ainsi débutent les tribulations d'une gamine paumée qui bénéficiera de l'aide d'Arkady, un inspecteur mal noté et menacé de révocation, et de celle de Zhenya, un jeune prodige des échecs.

Plus qu'un thriller ou qu'un roman policier classique, Moscou, cour des miracles est plutôt une sorte de roman noir tant est glauque l'ambiance du quartier des Trois Gares à Moscou, lieu où se déroule la majeure partie de l'histoire. Toute une faune y a établi ses quartiers : trafiquants tadjiks, prostituées, souteneurs, bandes de gamins clochards toujours à l'affut d'un mauvais coup, voleurs à la tire, pickpockets, etc... Les personnages principaux, au premier rang desquels se trouve la pathétique Maya, sont tous attachants et bien campés. Le lecteur les suit pas à pas dans cette jungle urbaine, cet enfer post-communiste dans lequel tous les coups sont permis, même les plus tordus. Et c'est là, plus que dans une intrigue assez simple avec un happy end peu vraisemblable, que réside l'intérêt premier de ce livre. Cette description minutieuse d'une société russe dont nous n'avons ici qu'une très vague idée. Style fluide et agréable.

4/5

Citation : « Bien entendu, il y avait prostituées et prostituées. Les beautés exotiques des clubs sélects comme le Night Flight ou le Nijinsky demandaient 1000 dollars la nuit. Au bar de l'hôtel Savoy, c'était 750. Le room service de l'Hôtel national, 300. Une masseuse thaïe pour la nuit coûtait 150 dollars. Une fellation place Loubianka, 10. Aux Trois Gares, 5.Il était même étonnant que le capitaine n'ait pas ramassé la fille à la pelle. » 

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09/05/2012

La fin de la Saga d'un petit homme... Mieux vaut en rire qu'en pleurer !

Saga d'Un Petit Homme Tome 2 Chapitre 28

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08/05/2012

Le chat au Congo (Philippe Geluck)

le chat au congo.jpgTout le monde connaît le Chat, ce bon gros félin philosophe devenu célèbre par la grâce du crayon simplificateur de Philippe Geluck, le plus français des humoristes belges ou le plus belge des humoristes belges. Pourquoi ce titre « Le Chat au Congo » alors qu'il n'est nulle part question de voyage, d'Afrique et encore moins de Congo ? Sans doute faut-il y voir une fine allusion à «Tintin au Congo » et à ses récents déboires médiatiques. Une chose est sûre, le Chat ne sortira pas de chez lui. Pourquoi irait-il se fourvoyer dans un Congo belge qui n'existe plus et où le bon roi Léopold n'a même plus de capitale ? Humour belge à n'en pas douter.

Ce recueil est composé de toutes petites histoires ou sketchs qui tiennent en une, deux ou trois images. Et plus rarement sur une page. C'est drôle, étrange, décalé, un peu absurde et souvent assez surprenant. Notre Chat se pose un tas de questions sur toutes sortes de choses. Il a une façon de voir les réalités de la vie on ne peut plus particulière. Jeux de mots, calembours et blagues en tous genres ne manquent pas. C'est un vaste et désopilant fourre-tout qui ne manque pas de charme et qui mériterait d'être remboursé par la sécurité sociale.

4/5

Citations : « Imaginons un instant que je commande un autre muscadet... Et le garçon qui me l'apporte trébuche et fasse un écart sur la rue. Le chauffeur de la voiture qui passerait à ce moment donnerait un grand coup de volant pour l'éviter. A son tour, l'autocar qui suivrait à vive allure, en freinant, déraperait sur une tache d'huile et faucherait trois petits vieux qui attendraient le tram. L'autocar terminerait sa course dans la tranchée des ouvriers du gaz en arrachant la canalisation. Il y aurait une énorme explosion dans toute la rue et... Je vais plutôt commander un jus de tomate. »

« J'aime beaucoup mon cardiologue. Je vais à l'oeil chez mon ophtalmo. Ma dermatologue je l'ai dans la peau. Mon radiologue écoute RTL. J'ai une dent contre mon prothésiste. Je partage les goûts de mon stomatologue. Mon entérologue me fait chier. Je suis fou de mon psychiatre. »

« Saluons l'initiative de la banque nationale de Suisse qui fait désormais imprimer sur ses billets les consignes de lavage permettant ainsi d'obtenir un meilleur blanchissement de l'argent sale sans risque de faire rétrécir les billets. »

« On dit que lorsqu'une oeuvre de Mozart s'achève, le silence qui suit est encore du Mozart. Moi, c'est pareil, quand j'ai dit une connerie, le silence qui suit a l'air très con aussi. »

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07/05/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 4/1ère partie)

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06/05/2012

Les amants du Saint Laurent (Alain Dubos)

les amants du saint laurent.jpgEn 1833, à Montréal comme dans tout le reste du Canada, les descendants des Français vivent sous le joug de l'Anglais depuis 1760. Ils sont traités comme des citoyens de seconde zone et subissent le favoritisme, la corruption, le déni de droit et même la spoliation pure et simple. La dernière révolte a été matée dans le sang. Lors d'un voyage à l'est du Saint Laurent, le jeune Frédéric Fonteneau, fils cadet d'un notaire et déjà clerc dans l'étude de son père, découvre la misère des paysans et les injustices qu'ils doivent subir. Il tombe amoureux de la belle Adeline Desrouets, fille d'un pauvre laboureur. Sa famille ne voit pas d'un bon oeil cette union qui ressemble à une mésalliance. Et les désaccords ne vont pas s'en tenir à cela. Adeline et Frédéric vont devoir prendre partie. Le rouleau compresseur de l'Histoire en marche épargnera-t-il les amants du Saint Laurent ?

Un roman sentimental et de terroir sur fond de trame historique qui ne laissera personne indifférent. Le mérite particulier d'Alain Dubos est surtout de nous faire découvrir une période de l'histoire des Canadiens français assez méconnue. La colonisation anglaise fut loin d'être un long fleuve tranquille. Elle ressembla plutôt à un injuste esclavage semé de révoltes et doublé de persécutions diverses et variées quand ce ne fut pas purement et simplement un nettoyage ethnique comme ce fut le cas pour les Acadiens déportés par bateaux entiers jusque dans les marais insalubres de Louisiane. Livre très agréable à lire et surtout très documenté (jusque dans les expressions si pittoresques du parler québécois !) Pas étonnant de la part d'un écrivain comme Alain Dubos, passionné par l'histoire et la culture des peuples francophones du Nouveau Monde. On lui doit également Acadie, terre promise, Retour en Acadie et La Plantation de Bois-Joli. Un livre à conseiller plus pour son volet Histoire que pour ses péripéties sentimentales.

4/5

Citations : « On ne peut guère concevoir nationalité plus dépourvue de tout ce qui peut vivifier et élever un peuple que les descendants des Français dans le Bas-Canada, du fait qu'ils ont gardé leur langue et leurs coutumes particulières. C'est un peuple sans histoire et sans littérature. » (John George Lambton, premier comte de Durham – 1839)

« Regarde là-bas. Des Loyaux, comme mon frère Julien. Ils t'écoutent, paraissent t'entendre, mais leur esprit est ailleurs, dans la compromission molle, la sujétion consentie. Ces faibles acceptent la défaite de Montcalm comme une fatalité. A quoi bon se révolter puisque personne, Français, Américain ou Chinois, ne viendra à leur secours ? Autant reconnaître la loi du vainqueur tout en y cherchant les failles par où se glisser, comme les rats le font entre les sacs de grain. »

«  Comment tolérer ça plus longtemps ? Comment continuer à vivre sous le joug, à voir tant d'énergie détournée et nos Canadiens réduits à mendier la liberté de vivre à leur guise sur leur terre ? Car c'est bien leur terre, n'est-ce pas, où gît leur ascendance, où palpite leur matrice. Cartier, Champlain, Talon, Frontenac ! Seigneur ! Que penseraient de nous ces hommes s'ils revenaient au monde ? »

09:00 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/05/2012

Le chant des adolescentes (Richard Millet)

le chant des adolescentes.jpg« Le chant des adolescentes » est une imposante galerie de portraits de 70 jeunes filles de 15 à 16 ans environ, croqués sur le vif et non sans un certain humour (amour) par leur professeur, le sieur Millet en personne. Cette collection pourrait ressembler de près ou de loin à un tableau de chasse de dragueur infantile, mais cela reste improbable dans la mesure où la différence d'âge et de position sociale font que les rapports ou tentatives de rapports restent toujours symboliques ou platoniques. Ces nymphettes, plus vraiment des enfants et pas encore des femmes, sont toutes jolies et, si elles ne le sont pas vraiment, ont toujours quelques parcelles de beauté parfaitement décrites en fort peu de mots (chaque portrait tient sur une ou deux pages maximum) par la grâce de l'incontestable talent littéraire de Millet.

L'ensemble est frais, sensuel et un tantinet équivoque. En effet, toutes ces lolitas cherchent par mille moyens à capter son attention, à mesurer leur potentiel de charme et de séduction en se servant du seul adulte qui soit à la fois à leur portée et qui ne risque pas de les entraîner trop loin, leur prof. Lequel subit une sorte de supplice de Tantale délicieux car la seule réponse qu'il peut leur apporter est forcément réduit à de petites privautés bien innocentes. Cet ensemble de descriptions d'une précision d'entomologiste aurait pu lasser à la longue, ne serait-ce que par la répétition. Il n'en est rien car toutes sont uniques, différentes et très bien campées. Bien entendu, un tel exercice de style, car il s'agit bien de cela, même mené avec la plus formidable maestria littéraire, reste néanmoins d'un intérêt assez limité.

4/5

09:22 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/05/2012

Le dépaysement (Jean-Christophe Bailly)

le dépaysement.jpg« Le dépaysement », sous-titré « Voyages en France », n'est en aucun cas un guide touristique ni même le récit du périple personnel d'un voyageur attaché à rencontrer lieux, monuments et habitants. Reste à définir ce qu'il est et là ce n'est pas si facile. L'auteur lui-même, semble ne pas trop savoir où il voulait en venir. Les lieux choisis arbitrairement sont pour la plupart improbables et assez peu « touristiques » : Culoz, Varennes, Barr, Salins, Font de Gaume ou Origny Saint Benoît. Mais pas uniquement, car l'auteur s'intéresse également à des sites classés et reconnus comme Fontainebleau, le Pont du Gard ou des villes aussi importantes que Bordeaux, Toulouse, Nîmes ou Paris. Mais s'il s'intéresse à ces lieux, c'est toujours pour les présenter par leurs côtés les plus insolites ou les plus improbables : une fabrique de filets et de pièges à Bordeaux, une passe à poisson à Toulouse, la cité universitaire de Paris, les jardins ouvriers de Saint-Etienne ou le familistère de Guise (un des chapitres les plus intéressants d'ailleurs). L'ennui c'est que l'ensemble donne une impression de complet fouillis. Un micro-évènement historique succède à une description géographique, à des considérations sur les Eduens, à une méditation sur la poésie de Rimbaud ou à une analyse des paysages peints par Courbet.

On ne contestera ni l'érudition ni le travail de recherche de l'auteur, respectable universitaire, mais on lui reprochera un style qui se veut élégant, précieux et ciselé et qui n'est malheureusement que pédant, tarabiscoté et amphigourique au point qu'il faille relire souvent deux fois certaines phrases pour vaguement comprendre la pensée de l'écrivain. « Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire en viennent aisément » ! Et là ce n'est pas le cas, d'où une impression d'ennui qui saisit très vite le lecteur. Et comme si cela ne suffisait pas, le texte est truffé de mots anglais non traduits (downtown, skyline, nextdoor et j'en passe) et de toutes sortes de vocables pompeux ou sophistiqués (certains sont d'ailleurs des néologismes particulièrement barbares) comme individuation, photonique, obituaire, délinéation, serlienne, prépanoptique, figural, muséal ou véridicité. Un jargon universitaire qui est loin d'être un plus. Ah ! Avec Bailly, comme on est loin des récits de voyage des grands de la littérature (Stendhal, Stevenson, Chateaubriand ou Nerval) et comme ce monsieur nous les fait regretter ! Un livre à éviter ne serait-ce que parce qu'il ne donne à personne l'envie de visiter notre beau pays.

1,5/5

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