24/05/2012

Les chemins qui ne mènent pas à Rome (Georges Brassens)

Les chemins qui ne mènent pas à Rome.jpgQui était vraiment le brave Georges Brassens ? L'auteur-compositeur-interprète connu pour des chansons aussi célèbres que « L'auvergnat », « Gare au gorille », « Les copains d'abord » ou « Supplique pour être enterré sur la plage de Sète » ? Un simple fabricant de chansons parmi tant d'autres ? Que nenni ! Et s'il fallait retrouver trace de toutes les autres facettes d'un personnage bien plus complexe que l'impression qu'il donnait, il suffirait de lire ce livre, simple compilation de « Réflexions et maximes d'un libertaire », c'est à dire de pensées, sentences et aphorismes d'un esprit libre qui n'aimait rien tant que brocarder le pouvoir, la connerie, la consommation, les curés et les militaires. Ni Dieu, ni maître ! Eh oui, le brave Georges était un anar, un athée et un pacifiste convaincu, n'en déplaisent aux récupérateurs de tous poils.

Ce recueil de pensées est divisé en quelques grands chapitres (Moi, Georges Brassens, Etre ou avoir, Rêver, Résister, Croire ou ne pas Croire, Aimer, Gamberger, Lire, écrire, Chanter, Mourir) qui sont autant de grands thèmes de réflexion. En plus de comprendre la psychologie et les tendances de l'auteur du « Grand chêne », chacun pourra y puiser son miel tout en se disant que notre chanteur-poète était également un véritable sage, un authentique penseur, même s'il se défendait, modeste comme il l'était, d'être un philosophe ou de délivrer quelque message que ce fut...

5/5

Citations : « Je vis en marge. Chez moi, la nourriture, qui est indispensable évidemment, n'a pas une grande importance. J'ai longtemps vécu avec un morceau de pain et un morceau de fromage. Je suis un anthropoïde frugivore. Je suis le type même du végétarien. »

« Les idées sociales de Proudhon, de Kropotkine et de Bakounine correspondaient à ma nature et je les ai adoptées. Dire que je les ai suivies au pied de la lettre, c'est une autre histoire ! Il s'est trouvé qu'ils étaient anti-étatistes, ça me convenait assez. Ils n'étaient pas très partisans de l'armée, ça me convenait assez. Ils n'étaient pas très partisans de l'exploitation de l'homme, ça me convenait assez. Ils étaient partisans de l'égalité sociale, ça me convenait aussi. Ils étaient partisans d'une certaine indépendance de l'individu en face de la société, ça me convenait tout à fait. Alors, j'ai adopté ces idées, parce que je n'en ai pas trouvé de meilleures. »

« Je refuse qu'un groupe ou une secte m'embrigade, et qu'on me dise qu'on pense mieux quand mille personnes hurlent la même chose. »

« Les hommes ont de moins en moins besoin de Dieu. Ils « sont » leur Dieu. Ils se posent de moins en moins de questions ; en tout cas, cela reste au niveau du réfrigérateur, de la voiture, du métier, des femmes. Ils en arrivent à se foutre de tout ce qui ne les touche pas personnellement : on en vient à un monde d'indifférents et de hargneux. »

« Le seul paradis que je préconise, c'est le paradis de l'individu qui a sa liberté, même dans la société actuelle. Et même dans une société pire. »

« Si on m'enlevait tout ce que les autres m'ont donné, il me resterait peu de choses. »

« La femme est un être charmant quand elle s'en donne la peine, et pénible sans s'en donner la peine. »

« Les cons n'ont pas d'espoir. Ils n'en ont pas besoin. Du fait qu'ils sont cons, tout leur paraît simple. »

« Qu'est-ce que nous sommes ? Un peu d'argile et d'eau. Et nous voulons être éternels... C'est l'éternelle sottise. »

09:24 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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