20/04/2012

Le sillage de l'oubli (Bruce Machart)

Le sillage de l'oubli.jpgA Lavaca County (Texas) en 1895, Vaclav Skala, propriétaire terrien d'origine tchèque, perd la seule femme qu'il ait jamais aimée alors qu'elle met au monde Karel, leur quatrième fils. A partir de ce moment, pour Vaclav rien ne comptera plus que ses chevaux de courses qui vont lui permettre d'agrandir son domaine au fil des paris et des victoires remportées par Karel qui est un excellent cavalier. Mais tout va basculer quand Villasenor, un riche éleveur d'origine mexicaine, propose un nouveau pari qui engage tout l'avenir des quatre frère. Cette course décisive, Karel ne va pas la gagner. Il sera même battu par la fille de Villasenor...

Un premier roman relativement réussi, mais pas au point de mériter les dithyrambiques éloges de la quatrième de couverture : « épopée mythique et hypnotique », « écriture vertigineuse », « Le Sillage de l'oubli a valu à son auteur d'être comparé à Faulkner » et « des accents de Cormac MacCarthy ». Pour ce dernier, les accents n'ont rien à voir avec ceux de la période « La route », mais peut-être avec la période « Suttree », c'est à dire quand le maître écrivait encore avec une plume de plomb. Voir du Faulkner chez Machart est totalement controuvé, car à part la période décrite et les personnages de paysans américains, les deux auteurs n'ont pas grand chose d'autre en commun. « L'écriture vertigineuse » semble en réalité plutôt lourde et ennuyeuse car manquant de rythme. Se prenant pour un entomologiste, l'auteur s'évertue à décrire de nombreuses scènes sans intérêt et se perd dans un tas de détails inutiles, ce qui donne un style pompeux et vieillot à ce livre. « Epopée » est un bien grand mot pour cette histoire. Nous avons plutôt affaire à une saga familiale assez calamiteuse racontée de façon non chronologique avec d'incessants retours en arrière et des progressions en zigzag dans le temps qui n'aident guère à la compréhension. On apprend néanmoins pas mal de choses sur l'élevage des chevaux et en particulier sur leur castration qui est contée deux fois et dans tous les détails. Espérons que Machart, à l'instar de Cormac McCarthy, saura, dans ses prochains ouvrages, épurer son style et aller à l'essentiel. Là on pourra crier au génie...

3/5

Citations : « Et donc, quand cette fille – Graciela – s'avance vers Karel sous la faible lumière flottant dans l'écurie, déboutonne son chemisier et étend une couverture de selle sur des balles de foin, il est frappé, comme le sont souvent les jeunes hommes lors du moment de grâce qui les met pour la première fois en présence du miracle délicatement révélé d'un corps de femme, par sa propre gaucherie, par l'inexactitude et l'insuffisance de ce que lui avait suggéré sa faible imagination adolescente."

08:38 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Merci pour tous vos articles ! Ils sont géniaux.
Marie

Écrit par : caf rennes | 20/04/2012

Trop aimable, Marie !
Merci.
Cordialement
Bernard

Écrit par : CC.RIDER | 20/04/2012

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