11/04/2012

Survie (Pépito Matéo)

Survie.jpegPépito, le conteur, a bien des soucis avec ses personnages. Roger-Roger, par exemple, collectionne les trains miniatures et transforme son séjour en gare de triage. Félicien, tête de chien comme on l'appelle, vit tout seul dans un immeuble abandonné jusqu'au jour où une famille africaine venue squatter l'adopte. Rémi et Colette montent une boutique de frites sur le bord de la RN12. Et le commissaire à la cour des contes est toujours en quête de cadavres exquis. Avec tout ce petit monde qui apparaît puis disparaît sans crier gare, il a bien de la peine à inventer une histoire qui tiennent à peu près la route...

Une amusante pièce de théâtre en un acte et pour un seul acteur, lequel interprète tous les rôles, qui est un véritable petit bijou d'intelligence et d'humour. Pépito Matéo possède un style inimitable. Il jongle avec les mots, les expressions, les allusions. Il arrive à nous faire prendre des vessies pour des lanternes. C'est drôle, absurde, délirant mais également léger et poétique. A déguster sans modération. Déjà excellent à lire, c'est encore mieux quand c'est joué sur scène par l'auteur lui-même !

5/5

 

Citation : « C'est ainsi qu'elle apprend la terrible nouvelle : l'auteur du feuilleton s'est donné la mort. Il a avalé trois stylos-plumes, son fax et une photocopieuse de marque ancienne. Conclusion intestinale : elle ne connaîtra jamais la suite du feuilleton. »

« Et de cette nuit-là sont nées les histoires. Des histoires en pagaille que la Terre nourrissait de ses rêves. Au début, c'était bien. Ils faisaient bon ménage, la Terre avait bon fond, au fond. Le Monde lui, cultivait son petit jardin secret, et la Terre lui apprenait tous ses mystères... Mais au bout d'un moment, le Monde a commencé à avoir la bougeotte.

Il a voulu vivre sa vie...

Il s'est mis à sortir dans les cavernes, à boire, à se battre, et, à jouer au 421. Ce qui fait que, quand il rentrait au petit matin ( dans la forêt de Brocéliande), il faisait les yeux doux à la Lune... »

(…) Je me suis dit : bon, cette histoire, je peux peut-être lui donner sa chance, après tout. Seulement, elle manquait de fond, et moi je n'avais pas la forme...

Alors j'ai essayé de remanier la forme... mais...

J'avais plus de fond. Je suis parti à la dérive... prêt à toucher le fond.

(J'étais prêt à jeter l'encre.)

09:25 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.