31/03/2012

Saga d'un petit homme (Tome 2, chapitre 26)

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30/03/2012

Un certain sens du réel (Graham Greene)

un certain sens du réel.jpgC'est parce qu'il a le sens du réel et même des réalités que le respectable Herr Doktor accepte d'enfreindre la loi en transformant sa belle demeure en casino d'un soir pour complaire à un général alors qu'il a refusé de le faire par pitié pour un malade. C'est parce qu'il a le sens du réel que le jeune Colin persiste à croire à l'existence du Père Noël depuis qu'il l'a vu débarquer d'un hélicoptère et être victime d'un improbable accident. Mais quel sens du réel peut avoir un jeune garçon à l'imagination enfiévrée par la lecture de « l'Ile au trésor » qui part explorer des souterrains et fait d'étranges rencontres ? Et qu'est-ce que le réel pour cet autre qui découvre, projeté dans un futur lointain, les vestiges devenus incompréhensibles de notre univers quotidien ?

Un recueil de cinq nouvelles de styles et de registres fort différents, n'ayant pour point commun que ce thème de la réalité. Trois d'entre elles sont plutôt sociales, paradoxales, humoristiques voire ironiques. Dans « La bénédiction », on trouve un archevêque bénissant des tanks et concluant : « Je n'ai jamais vu une bénédiction sauver une vie. » La dernière, « Découverte dans les bois », relève quasiment de l'anticipation ou de la science-fiction. Et la meilleure « Sous le jardin », fait nager le lecteur dans la fantaisie, la fantasmagorie et le monde onirique et magique de l'enfance. Des nouvelles intéressantes à lire si l'on veut découvrir de nouvelles facettes du talent de ce grand écrivain que fut Graham Greene.

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28/03/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 2 / 3ème partie)

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26/03/2012

Les séparées (Kéthévane Davrichéwy)

Les séparées.jpgAlice et Cécile sont deux jeunes femmes qui sont amies depuis qu'elles se sont rencontrées sur les bancs de leur classe de sixième. Inséparables, elles ont vécu ensemble leurs années d'adolescence, leurs premiers amours, leurs aventures diverses et variées. Plus sensuelle, Alice a multiplié les conquêtes alors que Cécile est restée plus réservée. Toutes deux se sont mariées, Alice avec David et Cécile avec Eric, puis ont divorcé. Ayant repris la boîte de son père, Cécile a engagé Alice qui a fini par se lasser et par reprendre son indépendance. Peu à peu la vie les a séparées jusqu'au jour où Cécile s'est retrouvée dans le coma suite à un grave accident de la route qui ressemblait d'ailleurs à un suicide.

Un roman sentimental bien ancré dans une époque, les années quatre vingt, la génération Mitterand, le disco, les paillettes. Une jeunesse nostalgique des années 68 qui découvrait le sida et qui ne pouvait avoir d'autre repères que la mort de Cloclo, celle de Tonton et le moonwalk de Mickaël Jackson. Une histoire bien ancrée dans un milieu aisé, insouciant, ignorant la précarité, le chômage et la vie difficile des classes inférieures. Uniquement intéressé par la vie facile, les petits plaisirs et les rencontres d'un soir. Au total, un ton léger, un peu superficiel mais pas désagréable (Madame Davrichewy a la plume rapide et légère), pour une intrigue sans grande originalité ni épaisseur particulière. A peine un cran au-dessus du roman de gare...

3/5 

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24/03/2012

Rêve-errance (Pépito Matéo)

Rêve-errance.jpegDon Quichotte de la Manche a trop lu de livres. Il rêve de rééditer les exploits des chevaliers errants de la grande époque. Il part à l'aventure sur d'improbables chemins, rencontre des VRP de multinationales qui le révulsent avec leur slogan « Business time is money ». Il les défie, mais ne sort pas vainqueur de ce combat inégal. Alors il décide de faire les choses dans les règles. Il se fait adouber chevalier et il engage un écuyer, le bon gros Sancho Pança à qui il promet de devenir gouverneur d'une île à la condition qu'il s'en empare lui-même. Dans sa quête illuminée, rien n'arrêtera le diable d'homme, ni les géants, ni les moulins à vent, ni les tonneaux de vin des tavernes.

Cette pièce de théâtre en deux parties est la reprise burlesque du célèbre livre de Cervantès modernisé et surtout carrément passé à la moulinette par l'humoriste décalé Pépito Matéo. Le résultat donne un texte baroque, absurde, délirant, plein d'humour et même d'une certaine poésie. En ce qui concerne le style, l'homme fait feu de tout bois, utilise le jeu de mot, le calembour, le coq à l'âne, les citations en langue étrangère sans oublier les allusions les plus diverses, les plus saugrenues ou les plus anachroniques. Un vrai régal pour l'esprit...

4,5/5

Citation : « Espèce de tarte aux pommes ! Y va te d'mander d'êt' performant, d'faire des heures sup' ! Quel genre de patron c'est ? Ultra-libéral ancien'ment d'gauche, on connaît ça ! »

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22/03/2012

Borgia (Michel Zévaco)

Borgia.jpgLe jeune Ragastens, chevalier de fortune français, est en route vers Rome quand Primevere, une jeune fille enlevée par un mauvais moine l'appelle au secours. Aussi courageux que galant homme, il se précipite et met en fuite le kidnappeur. Il découvre que Primevere est la fille du Comte d'Alma, chef d'une faction de conjurés qui veulent débarrasser l'Italie des Borgia. Ceux-ci sont les maîtres détestés du pays. Le plus âgé, Rodrigue est le pape Alexandre VI. Il a trois enfants, François, César, homme de guerre sans foi ni loi et Lucrèce qui n'a pas plus de moralité que son frère. Tout commence quand César assassine François car il a couché avec sa soeur Lucrèce. Ragastens se retrouve au service des Borgia, puis est rapidement et injustement accusé de la mort de François...

Et ce n'est que le début d'une histoire rocambolesque, pleine d'action, de rebondissements et de suspens. Zévaco donne dans le genre cape et épée en prenant beaucoup de liberté avec la vérité historique. Introduction d'une sorcière, La Maga, qui aurait été enceinte des oeuvres de Rodrigue et véritable mère de Lucrèce, mort du pape par empoisonnement etc... Les Borgia sont présentés comme des criminels, des libidineux dégénérés qui abusent de leur pouvoir et ne s'y maintiennent que par une suite d'actions répréhensibles. Loin de les réhabiliter, Zévaco reprend à son compte toute la légende sulfureuse des Borgia non sans oublier une ou deux charmantes histoires d'amour pour lier la sauce. Un pur roman feuilleton comme on n'en écrit plus.

4/5

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21/03/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 2 / 2ème partie)

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20/03/2012

Danbé (Cissoko & Despléchin)

Danbé.jpgImmigrés installés dans le XXème arrondissement de Paris, les parents d'Aya ont eu bien de la peine à s'intégrer. Le père, malien, n'arrive pas à garder les rares petits boulots qu'il trouve et la mère courage ne parle pas un mot de français. De plus le sort s'acharne sur la famille sous la forme de l'incendie de leur immeuble qui provoquera la mort du père et de le petite soeur d'Aya, uis des insuffisances rénales de la mère qui doit subir dialyses puis transplantations. Aya devra surmonter avec courage toutes sortes d'épreuves et finalement se réaliser et se dépasser dans la boxe amateur, d'abord française puis anglaise. En une année, elle remportera tous les titres avant qu'un grave accident n'interrompe net une carrière des plus prometteuses.

Un témoignage émouvant et sans concessions écrit à quatre mains. Que de courage, de hargne et de rage de vivre chez cette petite fille rebelle qui arrive à se faire une belle place au soleil après un parcours scolaire des plus chaotiques et des succès pugilistiques fulgurants qui font penser au film de Clint Eastwood « Million dollar babies » (heureusement sans la fin dramatique, mais on passe pas très loin vu que la fracture des cervicales et l'opération avec la pose d'une plaque la fit échapper d'un cheveu à la tétraplégie) ! Le lecteur en reste pantois et admiratif. D'autant plus, qu'Aya est aujourd'hui, par la grâce de la Fondation Lagardère pour les athlètes de haut niveau, étudiante à l'Institut d'études politiques de Paris et donc promise à un très bel avenir professionnel. Livre roboratif et encourageant pour tous les enfants de la « diversité » qui pourront suivre ce magnifique exemple. Le style élégant et épuré de Mme Despléchin permet une lecture facile et agréable, ce qui ne gâte rien.

4/5

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18/03/2012

Héritage (Anne-Constance Vigier)

Gabriel Morel, cadre homosexuel d'une grande entreprise, se pose des questions sur le couple qu'il forme avec Vincent. Son partenaire le trompe-t-il ? L'aime-t-il toujours ? Il se prend de compassion pour Muriel, la secrétaire, que son fils Joris, jeune homme violent et asocial, bat régulièrement. Un soir, alors qu'il est resté au bureau après le départ de tout le personnel, il surprend Joris en train de forcer les serrures du bureau de Muriel dans l'espoir d'y trouver de l'argent. Gabriel veut l'en empêcher et, dans l'altercation qui suit, un geste malencontreux fait basculer leur destin...

Héritage.jpgSur un thème proche du fait divers et dans le cadre peu épanouissant des « open-space », Anne-Constance Vigier décrit avec une précision d'entomologiste des rapports humains complexes et campe avec finesse et intelligence des personnages intéressants et attachants. Le lecteur se retrouve quasiment dans la peau de Gabriel, nettement moins dans celle de Vincent qui garde du début à la fin un rôle ambigu et a même une petite faiblesse pour Maryvonne, la pittoresque technicienne de surface ou pour la turbulente grande famille de Vincent. Ainsi va la petite musique d'un livre qui aurait pu être une totale réussite s'il avait bénéficié d'une sérieuse relecture qui eut épargné au lecteur un certain nombre de répétitions, phrases emberlificotées, filandreuses ou à rallonges s'étalant sur des demi-pages... Entre l'effet de style facile (suppression de signes de ponctuation de dialogues ou autres) et le confort de lecture procuré par des phrases harmonieuses et bien équilibrées, le choix devrait pourtant aller de soi.

3,5/5

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16/03/2012

Un homme de tempérament

un homme de tempérament.jpgA Londres, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, H.G. Wells, vieil écrivain malade et passé de mode, survit alors que les V1 s'écrasent alentour occasionnant incendies et ravages. Le grand auteur n'a pas voulu se réfugier dans son manoir à la campagne. Il se remémore son incroyable parcours. Issu d'un milieu très modeste, il fut apprenti dans le textile, puis enseignant. De santé fragile, il se tourna très vite vers le journalisme et la littérature. Son premier roman « La machine à remonter le temps » rencontra immédiatement un immense succès, ce qui, très vite, lui assura aisance et admiration de la gent féminine. Visionnaire, il avait annoncé avec plus d'un demi-siècle d'avance, la montée des totalitarismes, la guerre aérienne et même la bombe atomique.

Cette biographie, particulièrement précise et bien documentée, s'articule sur trois axes. Tout d'abord l'oeuvre du célèbre romancier, ami de G.B. Shaw et Henry James, qui fut un écrivain aussi célèbre que prolifique et ne se cantonna nullement à l'anticipation et à la SF (« La guerre des mondes ») car il aborda pratiquement tous les genres : roman social, sentimental, politique et même vulgarisation scientifique et encyclopédique. Ensuite la politique : anarchiste, athée, libertin et anticlérical, Wells fut un membre influent de la Société Fabienne, creuset aristocratique du socialisme anglais, avant de se retrouver rejeté car minoritaire en raison de ses idées trop en avance pour son temps. En effet, il appelait de ses voeux le socialisme intégral avec redistribution de toutes les richesses, la création d'une société des nations, un gouvernement mondial et plaidait pour la libération de la femme par l'amour libre bien avant mai 68. Et enfin, le sexe, omniprésent dans cet ouvrage. Wells, marié deux fois avec des femmes qui ne le satisfaisaient pas sur ce plan, fut un séducteur compulsif et impénitent, eut une collection incroyable de maîtresses toutes belles, vierges et très jeunes. Oeuvre intéressante pour qui s'intéresse à Wells quoiqu'un peu indigeste, monotone et manquant singulièrement de la légèreté, de la drôlerie et de l'humour promis en quatrième de couverture et qui pourtant ne manquent pas dans les autres titres de Lodge.

Citation : « Le sexe pour Wells était idéalement une forme de récréation, comme le tennis et le badminton, quelque chose que l'on faisait quand on était venu à bout d'une tâche, pour se défouler et exercer un moment son corps plutôt que son esprit... »

3,5/5

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14/03/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 2 / 1ère partie)

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12/03/2012

Le monastère oublié (Steve Berry)

Le monastère oublié.jpgCassiopée Vitt est kidnappée après avoir dérobé une très ancienne lampe contenant du pétrole... Ni Yong, une vice-premier ministre chargé de la lutte contre la corruption, vient demander des comptes à Pau, un ancien dignitaire réfugié en Belgique. Leur rencontre se termine en fusillade. Le fils d'un géologue russe travaillant pour les Chinois dans le domaine de la recherche pétrolière disparaît mystérieusement. Ainsi débute une suite d'aventures compliquées qui entraînera Cotton Malone, ancien agent secret reconverti en libraire, et son amie Cassiopée au beau milieu de la Chine, sur le site de l'armée de soldats enterrés, puis au mausolée de l'empereur Qin Shi et finalement dans un monastère caché aux confins du Pakistan, siège de la confrérie secrète mais toute puissante du Ba...

Steve Berry a le don de concocter des thrillers « intelligents » selon une recette on ne peut plus originale : beaucoup d'aventures, d'action, de dépaysement géographique, une grande louche de réalité politique actuelle et une bonne dose d'éléments étranges ou paradoxaux de la petite Histoire d'un pays, ici, en l'occurrence la Chine. Il permet au lecteur d'apprendre beaucoup de choses sur les arcanes du pouvoir (l'opposition multi-séculaire entre le confucianisme et le légalisme, les changements de régimes ou de dynastie se pratiquant par l'élimination de tous les rivaux et par la pratique systématique de l'amnésie collective et de la table rase) et sur l'importance des eunuques à la cour impériale. Il aborde également le problème des enlèvements de petits garçons, calamité engendrée par la politique de l'enfant unique et celui de la double origine supposée du pétrole (biotique et abiotique) qui résoudrait le problème de la pénurie à venir. Bien entendu, à côté de tous ces grands sujets passionnants, les histoires de bagarres, poursuites et fusillades à la James Bond en deviennent presque secondaires. A noter, une démarche rare et pleine d'honnêteté de la part de l'auteur : en fin de volume, Berry précise ce qu'il y a de vrai et d'authentique et ce qui est inventé voire ésotérique dans son histoire. On aimerait que d'autres auteurs sévissant sur le même créneau (Dan Brown ?) aient le courage de l'imiter...

4/5

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10/03/2012

Délinquante (Martine Pouchain)

Délinquante.jpgEdna a 16 ans. En pleine crise d'adolescence, elle cultive un genre gothique avec cheveux en pétard noir corbeau, piercing dans l'oreille et blouson de junkie. Gustave, un plus grand, s'intéresse à elle et lui propose de la prendre en photo. Il commence par des poses artistiques puis en vient aux tenues plus déshabillées. Edna accepte parce qu'elle est tombée amoureuse de Gustave, mais ce n'est pas réciproque. Pour se rendre intéressante aux yeux des membres de sa petite bande, elle vole dans les supermarchés. Elle s'offre de belles giclées d'adrénaline jusqu'au jour où elle se fait prendre.

Ce mini roman ou novella pour ados a le mérite de raconter une situation si réaliste qu'elle en devient banale. Problème d'une jeune fille en recherche d'identité, famille recomposée, désir de s'affirmer, besoin d'amour et de reconnaissance et désir de sensations fortes. C'est bien analysé et un peu (beaucoup) démonstratif. On voit bien quel usage peut en tirer une pédagogue ou une psychologue scolaire. « Petit manuel de psychologie et de morale élémentaire » pourrait en être le sous-titre.

4/5

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08/03/2012

Nostradamus (Michel Zévaco)

Nostradamus.jpgA Paris, à la fin du règne de François Ier, Gerfaut de Croixmart, prévôt des hautes et basses oeuvres, est lancé dans une chasse aux sorcières impitoyable. Sa fille Marie est amoureuse d'un certain Renaud qui n'est autre que le fils d'une magicienne et sorcière de renom. Il deviendra plus tard célèbre sous le nom de Nostradamus. Le Comte de Saint André et le baron de Roncherolles servent d'intermédiaires pour les fils du roi qui s'intéressent de très près à la jolie Marie et veulent en faire leur maîtresse. La mère de Renaud annonce à Marie que son père doit impérativement rester chez lui car s'il paraît en public, il finira tragiquement. Croyant bien faire, la jeune fille prévient Gerfaut qui réagit en faisant arrêter et brûler la magicienne et en enclenchant une longue série de catastrophes : assassinats, arrestation de Marie, accouchement en prison, enfant récupéré par un spadassin chargé de le tuer qui y renonce au dernier moment. Vingt ans plus tard, devenu adulte, il réapparait bien décidé à assouvir sa vengeance...

On l'aura compris « Nostradamus » relève de ces romans d'aventures historiques rocambolesques qui eurent un immense succès au début de l'autre siècle quand ils paraissaient en feuilletons dans tous les grands quotidiens. De nos jours, c'est encore un plaisir de lire ce genre d'histoire basée sur une vraie trame historique avec un mélange de personnages ayant réellement existé comme Catherine de Médicis, François Ier ou Henri II et de personnages inventés comme le quatuor de spadassins truculents entourant le héros, Royal de Beaurevers, avatar du chevalier sans peur ni reproche, bâtard flamboyant, capable d'en remontrer en noblesse, courage et probité à tous les princes et nobliaux qui croisent sa route. Les rebondissements, les coups de théâtre, les traitrises, les escarmouches et les batailles à un contre dix ne manquent pas. Le suspens est si intelligemment entretenu que le lecteur a de la peine à lâcher ce livre écrit par un maître du genre « cape et épée », célèbre pour sa série des Pardaillan et autre Capitan, digne héritier du grand Alexandre Dumas et accessoirement de sensibilité anarchiste ce qui explique le tableau très sombre qu'il donne du règne d'Henri II et de la Régence de Catherine de Médicis. A noter quelques entorses avec la « vérité » historique : mort de François de France par empoisonnement alors que les historiens penchent pour une pleurésie et tour de passe passe au moment de la fameuse joute dans laquelle le roi reçut le coup de lance dans l'oeil qui lui fut fatal. Mais c'est la loi du genre et il n'y aurait pas de roman historique sans un peu d'invention et de romanesque. Un livre passionnant. A lire ou relire...

4,5/5

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06/03/2012

Jack (Alphonse Daudet)

Jack.jpgJack (avec un k) est un blondinet doux et gentil qui n'a jamais connu son père. Sa mère, Ida de Barancy, fausse comtesse mais vraie « cocotte » plutôt écervelée veut le placer dans un pensionnat pour avoir les coudées franches et profiter de la vie. Refusé par un établissement sélect, il échoue au Gymnase, piètre internat spécialisé dans l'accueil des « Petits pays chauds », enfants de notables, potentats ou roitelets d'Afrique ou d'Asie, désireux de donner à leur progéniture une éducation à la française. Sa mère tombe follement amoureux du professeur de français du Gymnase, un certain Vicomte d'Argenton, raté notoire et ombrageux poète qui va s'acharner à rendre la vie infernale à l'enfant. Et ce n'est que le tout début d'un long calvaire...

Un roman social et émouvant qui permet de suivre le sinistre déroulement d'une vie gâchée par l'insouciance d'une mère indigne et la méchanceté d'un beau-père sadique. Le malheureux Jack d'Alphonse Daudet peut dignement tenir la comparaison avec les autres enfants souffre douleur de la littérature comme Olivier Twist, David Copperfield, Poil de Carotte ou le Petit Chose. En plus d'une analyse particulièrement fine des caractères et des situations sociales d'une époque (condition des filles-mères subissant la honte et le déclassement), Daudet nous fait découvrir le travail ou plutôt l'exploitation honteuse des enfants dans la sidérurgie où Jack souffrira quatre années et dans les entrailles des grands bateaux à vapeur où il sera « chauffeur ». Sur ce registre naturaliste et social, Daudet rejoint Zola. Avec sa fin dramatique, ce livre peut paraître un peu mélo pour un lecteur d'aujourd'hui alors qu'il n'est que dramatique et surtout réaliste. Daudet, auteur apparemment léger, aimable et distrayant, ne se faisait aucune illusion sur la nature humaine et sur les rapports sociaux de son temps. Un grand classique.

4/5

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05/03/2012

Bienvenue sur Déliciosa (Chapitre 1 / 2ème partie)

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04/03/2012

Du pouvoir et des femmes (Jean-Pierre Friedman)

Du pouvoir et des femmes.jpgSept femmes politiques célèbres, Martine Aubry, Ségolène Royal, Rachida Dati, Marine Le Pen, Rama Yade, Christine Lagarde et Eva Joly se retrouvent dans ce livre analysées surtout sous l'angle de leur caractère par Jean-Pierre Frydman, docteur en psychologie, psychanalyste et psychothérapeute. Autant dire que leurs personnalités sont passées aux rayons X ! Le lecteur y fera certaines découvertes ou confirmera certaines de ses intuitions. « Martine Aubry avait besoin de l'approbation que son père lui refusait ; Ségolène Royal voulait se venger d'un père brutal en affirmant sa supériorité ; Rachida Dati savourait d'être admiré du sien « bien qu'elle ne soit qu'un femme » ; Christine Lagarde, qui n'en a certainement pas très envie, veut seulement réussir pour être digne du sien et Rama Yade, probablement pas plus motivée, afin de lui prouver qu'elle n'a pas besoin de lui. Marine Le Pen veut remplacer le fils dont « le Chef », homme traditionnel par excellence, aurait rêvé pour lui succéder. » Rapport au père. Divorce. Prépondérance de la mère...

Un livre passionnant pour qui s'intéresse à ces « monstres » aux egos sur-dimensionnés que sont nos femmes politiques qui, pour arriver à réussir, cultivent leur côté masculin au point de sembler parfois plus viriles que les mâles (cf Eva Joly). Ces études de caractères, présentées avec finesse, perspicacité, humour et intelligence, ne sont presque jamais méchantes (excepté pour Rachida Dati, mais il faut dire que le personnage s'y prête particulièrement). L'auteur a su éviter les ragots et autres potins type presse people pour en rester à l'essentiel, la motivation profonde qui pousse ces femmes à s'embarquer dans un milieu où ne réussissent que les plus tenaces, les plus autoritaires et les plus retors. Et là, les explications limite « psychanalytique » ne manquent pas. (cf Marine Le Pen, trainant son diable de père comme un boulet...) Très facile et très agréable à lire. A recommander à ceux qui aiment la psychologie et la politique. A noter une conclusion assez surprenante sur l'avenir du féminisme et sur le matriarcat en politique qui serait le nouvel avatar du patriarcat. Et cette ultime phrase : « Quel imbécile a parlé de sexe faible ? »

4,5/5 

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02/03/2012

La vampire (Paul Féval)

La vampire.jpgEn 1804, à Paris, il se passe des faits étranges quai de la Tournelle. Personne n'y a vu de poissons aussi gros et gras. Un pêcheur prend même un énorme brochet qui cache dans ses entrailles un doigt humain portant une baguette de grande valeur. Trois jeunes et riches étudiants allemands disparaissent mystérieusement. Une comtesse hongroise se marie plusieurs fois dans diverses églises. René de Kervoz, jeune étudiant en droit, neveu du célèbre Cadoudal, délaisse sa fiancée pour suivre une belle inconnue blonde. La capitale bruit de mille rumeurs, les complots se multiplient et tout un chacun se demande qui est cette « Vampire » que l'on rend responsable de tout. Est-ce une femme ou deux ? Une bande de conspirateurs ou de brigands ? Ou tout simplement l'allégorie de la ville elle-même ?

Ce roman fantastique sur fond historique reste assez surprenant. Le lecteur y croisera Bonaparte au moment où il n'est pas encore empereur et où il échappe à la mort lors de l'attentat à la machine infernale de la rue Saint Nicaise. Il suivra également Georges Cadoudal, le chouan qui vient défier Bonaparte jusqu'à Paris et qui finira tragiquement. Sur cette trame historique bien réelle, Paul Féval, le romancier du célèbre « Bossu », brode une sombre histoire de vampire en s'inspirant de la terrible légende du comte Szandor. Tous les ingrédients sont donc réunis pour obtenir une histoire palpitante et terrifiante. A un détail près. Le style qui a pas mal vieilli. Répétitions, descriptions et explications deviennent vite lassantes et nuisent au rythme et au suspens. Dommage.

3/5

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