16/09/2011

La mère (Yves Viollier)

La mère.jpgAu début du siècle dernier, en Vendée, Reine, orpheline de mère à l'âge de sept ans, se retrouve à la charge de sa belle famille qui la transforme très vite en servante. Très jeune, on la marie à un survivant de la guerre de 14 qui ne l'aime pas et ne songe qu'à l'humilier et à lui imposer sa volonté. D'abord métayer sur un domaine où il survit difficilement, il décide d'acheter une ferme en ruine en Charente en prenant un crédit et en vendant le pauvre héritage de Reine sans même lui en parler. La malheureuse aura treize enfants, travaillera comme une bête de somme et se dévouera sans jamais se plaindre alors que son bellâtre de mari, non content de tyranniser sa famille, échouera dans la plupart de ses tentatives d'élevage ou de culture. A toutes les épreuves, Reine saura toujours opposer son amour pour sa famille et sa foi en Dieu.

Un portrait de femme absolument magnifique. Un itinéraire quasi christique, proche d'une sorte de long chemin de croix que ce roman de terroir (dans l'esprit du grand Giono) fort intéressant qui nous décrit la vie besogneuse de petites gens courageux dont les souffrances sont muettes et l'espoir en un au-delà meilleur immense. La vie de Reine aurait pu la broyer et l'aigrir et c'est tout l'inverse qui se produit. Au bout du compte, elle sera récompensée : elle est à l'origine d'une belle famille honnête, unie et prolifique. La fin du livre, touchante et généreuse, évacue le côté un peu mélodramatique des années trente et quarante. Le style de Viollier est toujours aussi agréable et facile à lire. Une histoire positive, un hymne à l'amour maternel, au courage et au dévouement d'une femme exceptionnelle dans son incroyable modestie, ce qui nous place aux antipodes des thèmes actuels. Emouvant et revigorant.

5/5 

09:12 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.