05/03/2010

Le sari vert (Ananda Devi)

Dans une maison de Curepipe, sur l'île Maurice, Kitty, une femme d'âge mûr et Malika, une jeune fille, veillent sur un très vieil homme, le docteur Bissam, un médecin hindou surnommé Dokter-Dieu, qui vit ses derniers instants dans une grande souffrance morale. Entre eux trois, plane l'ombre de la mère de Kitty, morte dans des circonstances troubles, à l'age de vingt ans et peu de temps après qu'elle ait mis au monde un fils mort quelques jours après sa naissance. Bien que les deux femmes aient hâte que leur père et grand-père meure pour enfin toucher l'héritage, elles veulent néanmoins qu'il leur révèle auparavant toute la vérité sur ce drame familial. Le discours du mourant va être aussi surprenant que violent...Quel supplice que la lecture de ce bouquin ! Sur son lit de mort, ce toubib si dévoué envers ses patients se révèle avoir été un détestable mari, un médiocre père et un abominable grand-père. Quels trésors de haine recuite n'a-t-il pas accumulé contre sa famille : sa femme qu'il battait et insultait parce qu'elle n'était pas une bonne cuisinière, sa fille qui tomba amoureuse d'un minable bibliothécaire alors qu'il voulait un beau mariage et surtout sa petite-fille qu'il prend pour une débile mentale parce qu'elle a perdu sa place d'institutrice et parce qu'homosexuelle, elle fait l'amour avec une grosse matrone d'origine africaine. Ce livre n'est qu'une longue diatribe assez indigeste contre les femmes, non dépourvue d'une certaine mauvaise foi et de longs développements plus ou moins philosophiques. Jamais rien lu de plus nihiliste ni de plus hargneux écrit par une femme sur ses consoeurs dans un style un peu lourd et qui s'autorise parfois quelques menues privautés avec la ponctuation... 2,5/5Extraits :(On est prévenu dès l'introduction): « Si vous souhaitez des joyeuseries, passez votre chemin. Si vous pensez sortir d'ici le ventre grouillant de bons sentiments, vous vous êtes trompé de porte. »« Celui que l'on dit monstre est l'expression la plus belle et la plus achevée de l'espèce. »« Mais vous, les femmes, vous vous obstinez à jouer le beau rôle alors que vous êtes les ravageuses. Les glaneuses de souvenirs périmés. Votre envie de fouiller l'envers des choses vous perdra toujours, et toujours vous recommencerez. Vous êtes des mollusques, vous vous faufilez, vous vous trainez dans votre glaire, vous pénétrez les trous qui ne vous appartiennent pas... »« Mais l'errance risque d'être longue, mes pauvres amis. Car ce n'est toujours pas assez. Maintenant elles préfèrent se tourner vers les femmes et se passer des hommes, qui eux se tournent vers d'autres hommes. C'était prévu dans les livres sacrés. C'est l'ère de Kali, le Kali Yuga de toutes les déchéances, des valeurs bafouées, des cartes brouillées... »

08:45 Écrit par CCRIDER dans Livres | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ile maurice, femmes |  Facebook |

Commentaires

Interrogations On est sûr de l'identité de l'auteur, ce ne serait pas un myso qui se cacherait sous un pseudo féminin ? Parce que ce genre de phrases au vitriol, ça ne fait pas vraiment "la femelle de l'espèce"...

Écrit par : Véro et les Sibis | 05/03/2010

Apparemment oui ! Je me suis posé la même question et j'ai fait quelques recherches sur le Net qui le laissent penser... (Avec toutes les réserves que l'on doit prendre sur ce type d'infos).

Écrit par : CC.RIDER | 05/03/2010

Les commentaires sont fermés.